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Inscrivez-vous aux Journées Reviews !


Lire, écrire…

La Journée Reviews d’octobre se déroulera du vendredi 22 au dimanche 24 octobre. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.



De Les JR le 19/10/2021 20:31


Semaine d'adaptation ludique


La SAL revient !

Que vous ayez envie de découvrir le forum et ses sites, de braver des défis en équipes, ou de partager votre savoir de fossile de l'asso, vos pokeballs et vous pouvez vous inscrire dès à présent dans le vestibule !


De La SAL le 18/10/2021 14:50


Le Grand Ménage Orange 2020


Bonjour à toutes et tous, ici les Schtroumpfettes !

Nous adressons un message à nos adhérents ou anciens adhérents : le Grand Ménage Orange (plus connu sous le nom de GMO) pour la période 2012-2020 vient officiellement de prendre fin ! Ce sont plus de 9800 chapitres qui ont été passés au crible par nos yeux scrutateurs. Vous trouverez plus d'informations ici.
Pour les membres dont le compte aurait été verrouillé ou qui auraient perdu leur validation automatique suite au GMO, veuillez nous envoyer un mail à l'adresse hpf.moderation@gmail.com.

A très vite !

De L'équipe de modération d'HPFanfic le 10/10/2021 10:21


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d'épine, Juliette54, Drachvador, Polock et Uzy qui remportent la toute mignonne (ou moins) Sélection Famille !

Pour novembre 2021, c'est le thème de Deuil qui vous arrachera peut-être quelques larmes. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois d'octobre, voyagez et rêvez dans des Lieux Magiques. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Entrez dans des grottes et des contrées jusque-là inexplorées !


De L'équipe des Podiums le 08/10/2021 13:54


116 ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 116e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 22 octobre à partir de 20h. Cette nuit sera en collaboration avec l'organisation de la SAL, la semaine d'intégration d'HPF. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 05/10/2021 19:15


115 ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 115e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 18 septembre à partir de 20h. Il s'agira d'une nuit où les musiques serviront aussi d'inspiration ! Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 08/09/2021 19:17


Le revoir par Smittina

[14 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Bonjour tout le monde !

Alors aujourd'hui, c'est avec une certaine pression que je vous poste ma première participation à un concours lancé sur le forum par Labige et Lucette, intitulé "D'un personnage à l'autre". 

Le but de ce concours est le suivant : 

- Ecrire sur un moment du canon du livre, un passage d'un POV d'un personnage autre que celui du Trio.

- Le passage en question devra faire au moins 500 mots, dans une participation qui en fera 1000 au minimum. 

- Une description, libre, d'un des personnages du Trio devra être ajouté. 

- Choisir de placer au moins 3 mots parmi les 10 suivants: éclore - mètre - port - exclusif - poil -converser - étoiler - chlorophylle - arachide - fiole

 

Pour ma part, j'ai choisi le moment du tome 3 où Sirius revoit Harry pour la première fois sur Magnolia Crescent. En espérant que ça vous plaise !

Bonne lecture !

 

Note de chapitre:

Alors déjà, sachez que j'ai essayé (et réussi !) de placer les 10 mots proposés par Labige dans mon texte. Vous les retrouverez en gras souligné. Pour les parties en gras et italique, ce sont juste les (pour ne pas dire l'unique dialogue), extrait du tome 3.

Et avant de commencer, je voulais dire un grand merci à Satchre, ma bêta, pour les corrections qu'elle a apporté à mon texte :hug:

Bonne Lecture !

             Les criquets frottaient leurs pattes contre leurs ailes dans les jardins, les chats rôdaient dehors à la recherche d’un bon vieux mulot à se mettre sur la dent. Le ciel, quant à lui, offrait l’une de ses plus fantastiques couvertures étoilées. C’était ce que l’on appelait communément, une belle soirée d’été. Pourtant, les résidents de Little Whining, petite ville située au sud de Londres, ne semblaient pas décidés à en profiter. Non, bien au  contraire, ces banlieusards préféraient rester enfermés à l’intérieur de leurs belles et grandes maisons - prisons dorées - assis autour de leur boîte à images ou autour d’un bon repas concocté par l’une de ces ménagères de quartier, vivant d’amour et surtout de commérages épicés. Un grognement se fit soudain entendre dans une ruelle sombre et abandonnée du centre ville : un gros chien semblait désapprouver, quelque peu amer face à l’ironie de la situation. Ces moldus-là ne savaient pas profiter des choses simples de la vie, de leur liberté. Voilà, ce qu’il pensait.

            Trottant, la langue pendue et les oreilles tombantes, celui qui autrefois se faisait appeler Patmol errait dans les rues désertes de cette bourgade puant la bourgeoisie à pleine truffe, à la recherche d’un endroit tranquille où il pourrait trouver la dernière information qui lui manquait. Ensuite, il pourrait enfin le revoir après toutes ces années. C’était son seul et unique souhait depuis qu’il avait décidé de s’échapper. Il devait s’assurer qu’il allait bien, qu’il était en parfaite santé, et en sécurité. Mais il savait surtout que pour y arriver, il devait continuer à faire ce pour quoi il était doué depuis près de trois semaines : rester caché, invisible aux yeux de tous. Il n’avait pas vraiment d’autre choix car d’après le journal sur lequel il avait mis la patte dans la matinée, il était l’ennemi publique numéro 1, aussi bien pour les sorciers que pour les moldus. Celui-Dont-On-Devait-Se-Méfier. Sirius Black, ce meurtrier. Le seul sorcier à n’avoir jamais réussi à s’échapper d’Azkaban : cette prison de haute sécurité.

            Un autre grognement, amer, retentit dans cette ruelle sinistre. Ces gens-là ne savaient pas de quoi ils parlaient. Ce n’était pas lui, le traître. Pas lui la menace, non. C’était l’autre. Le fourbe, le manipulateur. Mais ça, personne ne pouvait s’en douter. Personne ne pouvait savoir, à part lui. Tout comme personne n’aurait pu imaginer ce soir là qu’un redoutable sorcier se dissimulait sous les traits d’un gros chien noir dans les rues de Little Whinning, Surrey. Non, personne, pas même les sorciers, n’aurait pu penser une seule seconde que Sirius Black était un Animagus non déclaré.

            Soudain, l’animal s’arrêta dans sa course, les oreilles relevées. Les pupilles fortement dilatées, il venait de porter son regard au loin, sur une vieille cabine téléphonique abandonnée. Il semblait hésiter, tourmenté. La dernière pièce du puzzle était devant lui, tout près. Il le savait. Mais pour l’obtenir, il lui fallait prendre un risque : revêtir ses véritables traits. Des traits humains qu’il savait fatigués, tirés, méconnaissables. Depuis sa fuite, il n’avait pas une seule fois eut le luxe de se poser et de prendre le temps de s’observer dans une glace. Tout ce qu’il avait pu voir jusqu’à présent avait été son reflet de chien, très maigre, dans les vitrines des commerces situées en amont du port de Sunderland, en Ecosse.

            Cet endroit était le premier que ses pattes avaient foulé, où il avait enfin pu profiter de l’air frais de la liberté qui était venue s’abattre avec violence contre sa truffe. Il s’en était enivré même, tout comme il s’était laissé griser par cette délicieuse sensation de pouvoir aller où il voulait quand il le voulait, et de pouvoir enfin manger à sa faim après treize longues années de captivité. Oui, c’était bien ce qu’il avait fait pendant près de trois jours consécutifs. Il avait fouillé les poubelles, volés des poissons sur les quais. Il avait quémandé avec ses yeux délavés par le poids de ces années où, enfermé, il avait fini totalement rongé par sa propre culpabilité. Mais à Sunderland, il avait mangé et repris des forces car il savait qu’après coup un long périple l’attendrait. Il devrait rejoindre Londres et sa banlieue. Il devrait le trouver, lui, en premier lieu. Et à présent, Patmol était sur le point d’y parvenir, enfin, après plus de deux longues semaines passées dans les quais de gare, afin de gagner le sud.

 « Little Whining », avait-il sans cesse pensé, jour et nuit.

            Ces deux petits mots l’obsédaient. Les détraqueurs lui avaient peut-être abimé l’esprit et il admettait avoir peut-être oublié l’odeur de la menthe ou le goût du beurre d’arachide sur du pain grillé mais sa mémoire concernant les faits de cette nuit là elle, demeurait intacte. Comment aurait-il pu oublier ce 31 Octobre 1981 ? Impossible pour lui. Ce jour maudit constituait la pire tragédie de sa vie.

 « Je l’emmène dans le Surrey. A Little Whining », lui avait dit Hagrid, avec le nourrisson entre les bras.

            Ces paroles aussi, jamais il ne les avait oubliées et jamais il le pourrait. Elles avaient été la seule et unique piste qu’il avait eue afin de le retrouver. Alors, durant toutes ces années de troubles, hanté par ses erreurs de jugements, son passé, il s’était accroché à cette idée comme il se serait accroché à la vie, avec l’espoir infime qu’un jour, il pourrait le revoir. Harry.

            Le chien regarda autour de lui pour la énième fois, attentif au moindre mouvement suspect aux alentours. Il ne pouvait prendre aucun risque ce soir-là, comme il ne pourrait le faire les autres jours à venir. Il avait une mission à accomplir. Une mission de la plus haute importance qui nécessitait de devoir rester encore caché dans l’ombre, coupable aux yeux de tous, mais innocent dans son cœur. Cependant, à ce moment précis, il ne pouvait que constater que la rue était bel et bien déserte et ne représentait ainsi aucun danger pour lui. Alors, il prit le risque de faire un premier pas en avant vers la résolution de cette équation à une seule et dernière inconnue mais il fut stoppé dans son élan lorsque l’un de ses coussinets entra en contact avec une masse molle et collante. Patmol grimaça aussitôt et ferma les yeux, exaspéré. Il ne manquait plus que ça à sa collection : du vieux chewing-gum à la chlorophylle collé à sa patte droite comme un veracrasse resterait accroché à sa laitue. Les puces qui le démangeaient et l’odeur de vieux poisson pourri qui lui collait à la peau ne suffisaient-elles pas ? Merlin, qu’est-ce qu’il ne donnerait pas pour pouvoir prendre une bonne douche depuis son évasion ! Pourtant, il n’avait passé que trois misérables jours dans ce fichu port, mais cela avait suffi pour que cette odeur putride n’imprègne fortement ses poils, hirsutes et noirs de jais.

            Cependant, il savait qu’il n’avait pas le temps de tergiverser à ce sujet. La rue était encore déserte et il était parfaitement conscient que cela pouvait ne pas durer. Alors, il prit une profonde inspiration et entama sa transformation, quelque peu anxieux. A vrai dire, il se serait senti plus rassuré s’il avait eu en sa possession une fiole de Polynectar pouvant lui permettre de se promener librement sous l’apparence d’un quelconque moldu. Oui, ne pas aborder les traits de Sirius Black, l’assassin, lui aurait été d’une grande aide durant sa cavale, du moins, il se disait que cela lui permettrait de louer une chambre et de pouvoir enfin se nettoyer.  Car debout sur ses deux jambes, des guenilles lacérées sur le dos et les cheveux aussi emmêlés qu’un Filet du Diable, l’odeur de poisson était bien pire sur sa peau que sur ses poils. Il puait et il s’étonnait même encore de continuer de passer  inaperçu aux yeux des moldus avec une telle senteur qui émanait de lui. Il était à lui tout seul, une véritable infection pour les narines…

            Sans plus attendre, l’homme en cavale qu’il était devenu s’empressa d’entrer dans une cabine téléphonique qui se trouvait là. Puis, il se rua sur le bottin dont elle était pourvue, comme toutes ses sœurs disséminées aux quatre coins de la Grande Bretagne. Il n’avait pas de temps à perdre. Il devait les trouver et grâce à son amie, il savait parfaitement comment s’y prendre. C’était une chose typiquement moldue de répertorier les noms accompagnés des adresses dans un livre et Sirius n’y aurait sûrement jamais pensé si Lily Potter ne lui avait pas montré l’astuce, un jour d’automne 1980.

 

« Stupides moldus » avait-il pensé à l’époque et pensait-il encore à ce jour.

            Ils étaient totalement inconscients de laisser de telles informations à la disposition de n’importe qui. Entre de mauvaises mains, cela pouvait faire que des ravages, et ce soir-là, Sirius pensa ô combien il était fort heureux pour tous qu’il ne soit pas le fol allié meurtrier que tout le monde s’évertuait à montrer du doigt et qu’il n’ait nullement l’intention de s’en prendre au jeune Harry Potter, le garçon qui a survécu. Après tout, pourquoi l’aurait-il fait ? Il n’était pas le fanatique partisan qu’on l’accusait d’être.

— « Eastwood, Emerck, Ersther, Fawley, murmura-t-il, haletant. Evans… Pourquoi est-ce qu’Evans n’est pas là ? »

Pris d’une certaine frénésie, Black consulta de nouveau la liste de noms présents dans ce bottin mais rien n’y faisait : celui qu’il cherchait était absent. Alors, il serra des poings avant d’enfouir profondément sa tête entre ses mains ; et il se mit à rire d’une façon pour la moins inquiétante et quelque peu déconcertante. Quoi qu’il en dise, toute personne qui l’aurait aperçu à ce moment précis, l’aurait pris pour un fou qui parlait seul dans une cabine, où un écriteau indiquait en gros : « Hors Service ».  

— « Impossible. Elle est là. Quelque part. Réfléchis. Réfléchis ! »

Soudain, son esprit fut frappé d’un éclair de lucidité et il se maudit d’avoir était aussi stupide sur ce coup. Il ne cherchait pas au bon endroit. C’était évident à présent. Alors, il fit une dernière fois appel à sa mémoire avant d’arriver à mettre le doigt sur ce détail qui faisait toute la différence. Puis, il remonta le bottin jusqu’à la lettre D.

— « Mr & Mrs Dursley, 4 Privet Drive », lança-t-il soudain, satisfait.

Un sourire inquiétant s’étira alors sur son visage mais il ne resta pas longtemps en place car un bruit métallique ressemblant à une poubelle tombant lourdement sur le sol se fit entendre derrière lui. Alors, il paniqua de nouveau et jugea qu’il avait passé suffisamment de temps sous sa forme humaine. Personne ne devait savoir qu’il était venu ici. Jamais. Il en allait du bon déroulement de sa mission qu’il s’était octroyée. Mais avant de se retransformer en Patmol, il arracha brutalement la page du bottin qui l’intéressait.

« Au cas où, se dit-il, cela peut toujours servir. »

L’instant d’après, la rue fut de nouveau déserte, du moins, il n’y avait plus la moindre trace d’un humain à des kilomètres à la ronde. Seuls des chiens errants demeuraient présents, la truffe plongée dans les poubelles d’un restaurant de quartier. Seulement, l’un d’entre eux ne semblait pas vouloir se joindre au festin. Il était étrange ce chien là. Il fuyait la nourriture et se contentait de prendre la direction du quartier pavillonnaire de la ville, un morceau de papier coincé entre ces crocs.

« Privet Drive. 4, Privet Drive », n’arrêtait-il pas de se répéter intérieurement tandis qu’il empruntait Magnolia Crescent par le Nord.

Le pavillon des Dursley devait se trouver dans ce quartier. Il le sentait, en était persuadé. Bientôt, il le verrait.

« Enfin », pensa-t-il.

            A cette idée, Patmol se replia sur lui-même durant quelques instants. Il commençait à peine à réaliser qu’il était sur le point de revoir le fils de James et Lily, son filleul. Il ne savait pas du tout comment il réagirait à ce moment précis. A vrai dire, il s’était interdit de se poser la question jusqu’à présent. Mais une chose était sûre : il redoutait ce moment. Après tout, il n’avait pas tenu personnellement la baguette qui avait tué les parents du petit – ses meilleurs amis – mais c’était tout comme. Il ne pouvait pas nier sa part de responsabilité dans le drame qui s’était produit à Godric’s Hollow treize ans plus tôt. Il était coupable, cela ne faisait aucun doute, même pour lui. Coupable d’avoir convaincu ses meilleurs amis de changer de Gardien du Secret au dernier moment, sans rien dire à personne. Il les avait tout bonnement trahis, c’était indéniable ; et depuis, il essayait de vivre avec ce poids sur la conscience. En vain.

            Perdu dans ses pensées les plus sombres, trottant, Patmol ne remarqua pas le petit écriteau indiquant Privet Drive sur sa droite, ni même l’énorme bouée humaine qui hurlait comme un cochon que l’on égorge, et qui flottait dans les airs, au dessus du numéro 4 de cette rue, tant recherchée par l’Animagus. Non, il ne vit rien de tout ça et il continua son chemin sur Magnolia Crescent, tout simplement. Cependant, au bout de quelques minutes, un bruit étrange et peu commun dans une rue pavillonnaire comme celle-ci, finit par retenir son attention.

« Des roues. Non, des roulettes. Une valise », en déduit-il alors presque immédiatement.

            Mais pas n’importe quelle valise. Non. Une valise qui se dirigeait dangereusement dans sa direction traînée par une personne au pas lourd et pressé. Un pas énervé, même. Alors, Patmol ne réfléchit pas bien longtemps et se faufila vers une allée plongée dans l’obscurité, entre un garage et un muret. D’ici, personne ne pourrait le voir mais lui pourrait tout observer dans l’ombre qui était devenue sa meilleure et unique alliée depuis sa fuite.

            L’instant d’après, avant même qu’il n’ait eu le temps de dire « Quidditch », Patmol n’était plus seul sur Magnolia Crescent. Il y avait quelqu’un d’autre à présent, non loin de lui. Mais cette personne n’était pas n’importe qui. C’était un jeune homme assez petit et maigre pour son âge. Lorsqu’il l’aperçut Patmol eut l’impression de sentir son cœur s’arrêter, totalement écrasé dans sa poitrine. L’air eut ensuite du mal à arriver jusqu’à ses poumons. Il suffoquait petit à petit tandis qu’il voyait ce petit bout d’homme s’arrêter à seulement quelques mètres devant lui. Il avait tout simplement l’impression de voir un fantôme. Mais pas l’un de ceux que l’on a l’habitude de croiser à Poudlard ou dans le reste du monde des sorciers. Non. Ce fantôme là était différent et en bien des points. Il était fait de chair, d’os et de sang. Il marchait, pouvait sentir comme lui l’humidité s’installer dans les rues de Little Whining, et s’il en venait à tomber au sol, ce fantôme pourrait même se blesser. Devant lui, se tenait contre toute attente le portrait craché de son meilleur ami. Il n’y avait aucun doute. Ca ne pouvait être que lui. Harry Potter, le Survivant. Harry, le fils de James et de Lily.

« James », pensa-t-il alors avec une certaine et profonde mélancolie.

            Quand il posa les yeux sur ce garçon, Sirius ne pouvait s’empêcher de le voir, lui. Cela allait de ses cheveux noirs de jais totalement indisciplinés et hérissés à l’arrière,  à ses lunettes rondes qui  semblaient reposer de travers sur son nez. Ses traits quant à eux semblaient tirés et ses sourcils froncés. Son visage arborait la même expression que James des années auparavant lorsqu’il se prenait des vestes de la part de Lily. Cela ne faisait aucun doute pour lui : le jeune Potter était contrarié, irrité.

            Soudain, il vit le jeune homme soupirer, visiblement agacé. Du haut de ses treize ans, ce dernier se pencha en avant sur  sa valise qu’il s’empressa d’ouvrir. Il cherchait frénétiquement quelque chose apparemment. Mais Sirius ne s’en soucia guère sur le moment car son esprit était subitement assailli par de multiples interrogations à son sujet. Que faisait-il dehors à cette heure-ci ? Pourquoi n’était-il pas chez ces maudits Dursley qu’il s’imaginait facilement vivre une vie parfaitement policée ? Se serait-il attiré des ennuis, comme James  qui en avait toujours eu la fâcheuse habitude ? Et puis, n’était-il pas au courant qu’un meurtrier s’était échappé récemment d’Azkaban ? Il était insouciant, comme James et lui avaient pu l’être à son âge ; et à cette pensée, Patmol esquissa un sourire quelque peu inquiétant pour un chien car il laissait ainsi apparaître l’une de ses belles, grandes et tranchantes canines. Il ne connaissait pas Harry mais il pouvait déjà deviner qu’il ressemblait énormément à son père. Et à présent qu’il l’avait vu, il n’avait plus qu’une envie : celle de pouvoir enfin lui parler.

 « Bientôt », pensa-t-il alors.

            Car Patmol n’avait aucune idée de tout ce que les sorciers avaient bien pu lui raconter à son sujet. Aussi, il se voyait mal traverser la rue pour aller converser avec lui, comme si de rien n’était. Aux yeux de ce jeune homme, il devait sûrement être un meurtrier qui avait lâchement trahi ses parents et il ne pouvait pas lui en vouloir de penser ainsi, comme tous les autres. Non, il ne pouvait pas car lui seul détenait la vérité exclusive de cette sombre histoire et à cause de ça, il ne pouvait pas traverser cette rue. Cela serait trop prématuré et il savait qu’il lui restait à faire preuve d’une vertu qui lui faisait souvent défaut. Il devait être patient et attendre le bon moment afin d’exposer toute la vérité et rien que la vérité aux yeux du monde du sorcier et à ses yeux à lui. Le fils de James et Lily.

            Perdu dans des pensées profondément tristes et mélancoliques, Patmol sursauta quelque peu lorsqu’il se rendit compte qu’Harry s’était rapidement redressé et qu’il s’était mis à observer chaque recoin tout autour de lui. Il avait dû sentir que quelqu’un l’observait, tapis dans l’ombre.

« Il a de l’instinct, conclut-il alors toujours avec certain sourire, étrange sur la face d’un chien errant. Tout comme son père… »

            Cependant, le trouble du jeune Potter ne dura pas bien longtemps et il le vit reporter toute son attention dans sa valise. Du moins, c’était l’impression qu’il lui avait donné sur le moment car presque aussitôt, Harry se redressa de nouveau avec une main crispée autour de sa baguette magique, tendue en avant et le regard braqué dans la direction du chien noir qu’il ne pouvait pas voir mais dont il semblait parfaitement sentir sa présence.

 « Lily », pensa immédiatement Patmol qui ne bougea pas d’un iota, la gorge nouée à présent.

            Depuis qu’il l’observait dans le silence le plus complet, Patmol venait de croiser pour la première fois son regard ; et ce dernier était en tout point similaire à celui de son amie disparue : en amande, et d’un vert brillant. Un océan émeraude où vous pouviez facilement vous perdre tellement il était profond. Des yeux qui pouvaient lire en vous comme dans un livre ouvert et révéler ainsi la meilleure partie de votre âme ; et ce, même si celle-ci demeure profondément enfouie en vous, dissimulée. Un regard empreint d’une profonde gentillesse qu’il était difficile d’oublier, une fois qu’il s’était porté sur vous, tellement il pouvait réchauffer le cœur.

— Lumos, marmonna Harry.**

            Aussitôt la formule prononcée, une vive lumière sortit du bout de sa baguette magique et vint aveugler le jeune homme qui l’avait portée à hauteur de ses yeux. Patmol, lui, fut épargné par l’éclat scintillant et à présent, il savait au fond de lui qu’il était temps de fuir. Il ne pouvait pas prendre d’être approché par le jeune Potter. Pas maintenant. Pas dans ces circonstances. Il avait des choses importantes à régler avant. Cependant, il avait beau vouloir s’en aller, il se retrouva dans l’incapacité de bouger. Son cerveau commandait mais ses muscles, eux, refusaient tout simplement d’obéir, paralysés, tandis qu’il voyait devant lui Harry lever sa baguette au dessus de sa tête. Aussitôt, l’obscurité dans laquelle il se complaisait tant fut chassée, balayée, aussi bien de la surface crépie du muret situé à sa droite, que de la porte du garage sur sa gauche. A présent, Patmol était certain que sa position était découverte et il était prêt à parier que ses yeux s’étaient forcément mis à scintiller sous l’effet des rayons lumineux portés dans sa direction. Il n’avait aucune idée de la manière dont il devait apparaître aux yeux du jeune sorcier mais il aurait pu jurer que son aspect devait être suffisamment effrayant car il le vit subitement reculer et trébucher sur sa valise.

            La suite se déroula très vite. Harry perdit l’équilibre et tomba dans le caniveau tout en perdant sa baguette des mains. Patmol réussit alors à faire un premier pas instinctif en avant, dans sa direction. Il avait voulu s’assurer que dans sa chute, le garçon ne s’était pas blessé, agissant ainsi de la manière dont James et Lily l’aurait sûrement souhaité ; et il aurait sûrement réduit davantage cette distance entre eux, si une forte détonation n’avait pas subitement retenti dans la rue déserte de Magnolia Crescent, le coupant net dans son élan. Puis, une lumière encore plus aveuglante jaillit soudain de l’ombre et Patmol réalisa qu’il était trop tard et qu’à présent, ce moment où il avait retrouvé Harry après tant d’années, venait de prendre fin. Ils n’étaient plus seuls, à l’abri des regards indiscrets, car le monde des sorciers venait à nouveau de s’interposer entre eux.

            Il y eut un cri de la part d’Harry qui roula sur le sol, puis un bus violet à impériale qui sortit de nulle part, comme par magie. Patmol quant à lui avait fui l’allée où il était resté jusqu’à présent pour rejoindre un bosquet situé plus loin, bosquet qui demeurait toujours plongé dans une profonde obscurité. De là, il continua alors à observer son filleul qui semblait étonnamment surpris par la présence d’un tel bus, sur Magnolia Crescent.

 « N-a-t-il jamais entendu parler du Magicobus ? » s’interrogea alors Patmol intérieurement.

            A vrai dire, il arborait la tête d’un chien dont les sourcils, s’il avait été sous sa forme humaine, auraient été fortement froncés. Cependant, il n’eut guère le luxe de se pencher davantage sur la question car il vit, au loin, le contrôleur en uniforme violet, accoster Harry et lui faire part de son discours habituel de bienvenue. Cependant, le garçon ne semblait pas particulièrement intéressé par ce qu’il pouvait bien lui raconter. Non, le digne fils de James et Lily se mit plutôt à regarder en direction de l’allée située entre le garage et le muret où sa silhouette de chien errant se tenait seulement quelques minutes plutôt. Mais il n’y avait plus rien. Bien évidemment. Patmol avait fui, et ce fut le cœur serré que ce dernier porta une dernière fois son regard sur son filleul qui avait fini par monter dans le Magicobus au bout de quelques minutes supplémentaires.

            Patmol grogna. Cet imbécile de Stan Rocade – d’après ce qu’il avait cru percevoir grâce à son ouïe fine et particulièrement développée -  venait de lui voler ce moment de retrouvailles. A présent, il savait que la prochaine fois qu’il verrait Harry serait soit à Poudlard, soit une fois qu’il aurait accompli cette tâche qui lui incombait. Bien sûr, il continuerait de veiller sur lui, mais de loin, tapi dans l’obscurité. C’était évident même qu’il le ferait, étant donné qu’il s’était échappé d’Azkaban uniquement dans ce seul et unique but : celui de le protéger. Car il savait pertinemment, lui, ce qui s’apprêtait à faire sa rentrée à Poudlard en même temps qu’Harry. Il savait ce qui se cachait aux yeux de tous, sans en être suspecté ou inquiété une seule seconde. Ce misérable traître qui avait lâchement vendu les Potter à Voldemort, treize ans plus tôt. On pouvait le traiter de fou ou de menteur mais seul Patmol connaissait la vérité. Il l’avait vu sur ce journal que Fudge lui avait laissé et il l’avait immédiatement reconnu. Comment aurait-il pu en être autrement ? Il l’avait vu tellement de fois se transformer devant lui auparavant… Et puis, un rat à qui il manquait un doigt sur sa patte avant, ce n’était pas si courant, n’est-ce pas ?

            Oui, Patmol en était persuadé. Pettigrow était toujours en vie. Pire encore, il semblait avoir été adopté par les Weasley dont le fils fréquentait Poudlard, tout comme Harry. Il ne pouvait pas laisser passer ça. Il ne pouvait pas fermer les yeux sur ce qui pouvait arriver. Pas cette fois. Pas après qu’il ait été dupé à deux reprises par celui qu’il considérait jadis comme un ami. Il devait protéger l’unique personne qui comptait à ses yeux. Ce petit bout d’homme qu’il avait eu la chance d’apercevoir et qui était le portrait craché de ses parents, morts par sa faute.

            Et pour cela, Patmol avait une idée qui avait su prendre racine en lui dès son incarcération et qui était demeurée en sommeil durant les années où il était resté inerte, accablé par le poids de sa propre culpabilité. Mais cette idée avait éclos dans son esprit dès l’instant où ses yeux s’étaient posés sur cette photographie. Dès l’instant où il l’avait revu. Ce traître n’avait pas su se tenir loin de lui et malgré la chute de Voldemort, Patmol savait qu’il représentait encore une menace pour Harry. Alors, à présent qu’il avait revu son filleul et qu’il s’était assuré de sa bonne santé, il savait ce qu’il lui restait à faire. Il fallait qu’il retrouve ce misérable rat de champs et qu’il lui mette la patte dessus. Et lorsque cela serait fait, il ne devrait pas commettre la même erreur cette fois. Il ne devrait pas prendre le risque d’être dupé de nouveau. Patmol le savait. Patmol avait une mission. Il devait venger les Potter.

Il devait tuer Peter.

 

 

** Dialogue extrait du tome 3 « Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban » de J.K.Rowling

Note de fin de chapitre :

Voilà voilà ! 

J'espère que ce texte vous a plu et même si c'est pas le cas, je vous invite à me faire part de vos impressions. :D

Sinon, je tenais juste à remercier les organisatrices du concours parce que j'ai pris vraiment beaucoup de plaisir à participer, surtout avec l'un de mes personnages préférés de la saga HP ! Et pensez aussi à aller les lire autres textes si ça vous dit car ils sont vraiment cool ! La série, c'est par ==> ICI <==

Merci d'avoir lu ! :)

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