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Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
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De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


En un éclair, sa vie prit fin par Dentellys

[2 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Ecrit depuis onze heures ce matin, j'ai mangé James, pensé James et pleuré James toute la journée. En espérant que cela vous plaise, joyeux Halloween à tous, à toutes et vive la Jamesie Team !

Note de chapitre:

Bonsoir, Potteheads !


 


Me revoici pour une seconde participation au projet Deathly Hollow de la Jamesie Team !


Cette fois-ci, je vous laisse en pleine immersion dans la tête de James. Vivez avec lui ce qui fut son dernier jour.


 


Bonne lecture, et joyeux Halloween !  


 


(MAJ : j'ai appris que le canon relatait que James n'avait pas de baguette lorsque Voldemort est entré dans la maison, donc j'ai changé en conséquence)

Et soudain, ce fut la fin

 

     Cela faisait des semaines que Lily et James Potter se cachaient du Seigneur des Ténèbres lorsqu'ils avaient trouvé, avec l'aide d'Albus Dumbledore, cette petite maison à deux étages, située à Godric's Hollow. De toutes leurs cachettes, c'était de loin leur préférée. Se faire passer pour des Moldus n'était, la plupart du temps pas un problème et ils s'appliquaient à ne rien faire qui puisse attirer l'attention sur eux. James était peut-être celui qui avait le plus à souffrir de ne pouvoir pratiquer la magie, même dans leur propre maison. C'était notamment le cas chaque fois qu'il changeait la couche de leur tout jeune fils, Harry, et cette fois ne fit pas exception :

- C'est bien, mon fils ! Papa est très fier ! Oh, par Merlin, tu pourrais remplacer une bombe capillaire... dit le jeune père en se bouchant le nez tout en s'appliquant à ne tenir la couche qu'avec deux doigts.

- On dit « nucléaire », James ! Lui répondit Lily, dont la voix provenait de l'étage inférieur.

- C'est pareil, chuchota James à l'adresse de son fils en parvenant enfin à retirer la couche, à la rassembler et à la jeter dans la petite poubelle la plus proche.

 

     Puis, après avoir habillé Harry d'une nouvelle couche et d'un body, il le prit précautionneusement dans ses bras – pas comme il saisirait un Vif d'or, par exemple – et descendit les escaliers pour rejoindre sa femme, lovée dans leur fauteuil rouge, occupée à lire un livre sur la couture, ou tout de moins à faire semblant que ce sujet l'intéresse. Elle se trahit en soupirant juste au moment où son époux arriva à sa hauteur, ce qu'il ne manqua pas de relever :

- Pour une demoiselle trop absorbée dans sa lecture pour s'occuper de la couche de Harry, je te trouve bien contrariée...

     Lily ne put s'empêcher de ricaner et lui répondit :

- Peut-être n'étais-je pas tant passionnée que cela...

     Lily referma aussitôt l'ouvrage pour le poser, sans regret, sur la table basse en chêne. Harry passa des bras de son père à ceux de sa mère, le regard vert et brillant. Il se mit à faire les bruits de gazouillements qui avaient la drôle de qualité d'attendrir n'importe qui, et surtout ses parents. James s'assit à demi sur la bordure du fauteuil, puis, comme bien souvent, tendit la main vers son fils pour lui faire des petites chatouilles. Le visage de Harry s'éclaira de plus belle et son petit front immaculé se plissa sous la pression de ses sourcils arqués de candeur. En croisant le regard de sa femme, James y vit une petite émotion qu'il voyait souvent chez son épouse ces derniers temps : du bonheur terni par la crainte. Elle replongea son regard dans celui de Harry en disant d'une voix légèrement nostalgique :

- Je pourrais passer le reste ma vie à vous regarder.

     Dans ces moments, James hésitait toujours entre l'embrasser d'une manière presque solennelle ou bien faire une plaisanterie. Comme souvent, il tenta d'abord la deuxième approche :

- Un petit Pétrificus totalus, ça te tente ? dit-il en sortant sa baguette magique de son jean.

     Lily lui répondit par une petite moue amusée, mais sa joie fut de courte durée et laissa de nouveau place à cette étrange nostalgie. James la ressentait aussi, parfois, en raison de ce qu'ils pouvaient craindre de pire : affronter Voldemort, perdre et ainsi perdre leur fils. Souvent, ils vivaient comme s'ils n'avaient aucune chance de mourir demain, mais de temps en temps, la réalité s'imposait à eux et ils vivaient comme si ce jour, cette heure, cette minute étaient les derniers.

     James perdit à son tour son sourire, optant finalement pour la première approche : il saisit doucement le menton de sa femme du bout des doigts pour approcher lentement son visage du sien et embrasser ses lèvres. Ils échangèrent un regard entendu et amoureux avant que tous deux ne reportent leur attention sur leur fils, qui les observait tour à tour. Au moins leur enfant était-il épargné par toute cette nostalgie : ce n'était qu'un bébé, il ne pouvait avoir conscience de tout ce qu'il se passait. Lily et James faisaient tout pour cela : il était hors de question pour eux d'angoisser leur fils. James reprit ses chatouilles sous le regard bienveillant de Lily.

 

     Quelques minutes plus tard, le couple entreprit de se plier à la tradition et d'aller acheter des décorations d'Halloween dans la petite épicerie du coin. Sur le point de partir, James ouvrit la porte d'entrée, laissant sa femme passer tandis qu'elle traînait Harry à l'aide d'une poussette. Il lui dit :

- Quand je pense qu'on aurait pu les faire apparaître d'un seul coup de baguette, au lieu de marcher dans le froid dans tout le village ! En plus, je suis persuadé qu'il n'y a plus rien : on n'achète pas les décorations le jour même !

- Mais Harry adore les citrouilles en papier... et si nous les faisions apparaître, nous prendrions un risque inutile.

- Je sais bien... Allons-y.

 

     Il referma la porte derrière eux, faisant tourner la clé dans la serrure. Les autres clés du trousseau s'entrechoquèrent ; parmi elles, celle de leur coffre à Gringotts. Ce bruit agita Harry dans sa poussette. Lily prit les clés à James pour les donner à leur fils, qui se mit à les secouer vivement dans sa toute petite main, un sourire à quatre dents aux lèvres. Sur ce son, James s'empara de la poussette, son épouse enroula son bras autour du sien et ils entamèrent leur voyage jusqu'à l'épicerie.

 

     Le couple avança à petits pas à travers le village, envahi par un léger brouillard, rendant l'atmosphère humide et frisquette. Malgré que son manteau vert foncé et son écharpe blanche soient largement assez épais pour la maintenir au chaud, Lily se pressa contre son mari. James finit par ne prendre la poussette de Harry que d'une main pour entourer de son bras désormais libre les épaules de sa femme. Lily accueillit ce geste en se blottissant davantage contre lui, fermant par moments les yeux pour mieux profiter de cet instant, qui semblait comme flotter dans l'univers. Ils saluèrent quelques visages connus en souriant, jetèrent un regard en direction de la petite église, la contournèrent, passèrent à côté du cimetière où James rappela pour la énième fois à sa femme que son plus vieil ancêtre s'y trouvait, longèrent un nouveau pâté de maison puis une petite allée étroite pour déboucher sur une autre place, plus grande que la précédente, dont l'espace était comblé par une petite fontaine, inactive en cette période de l'année et une statue en cuivre foncé d'un héros Moldu, Winston Churchill, qui dès qu'elle était approchée par des sorciers se transformait en une représentation de Godric Gryffondor regardant au loin, son épée plantée dans son socle, dont il tenait le manche de ses deux mains. Les Potter contournèrent la statue, observant avec une pointe d'émerveillement les maisons fraîchement décorées des habitants de Godric's Hollow puis arrivèrent enfin à destination : L’épicerie de Doris.

     Doris était une Moldue particulièrement sympathique et loufoque d'une cinquantaine d'années, que le couple prenait plaisir à rencontrer. Ses cheveux noirs et bouclés, constamment décoiffés n'étaient pas sans rappeler ceux de James, aussi chacun compatissaient-ils pour les problèmes capillaires de l'autre. Doris eut un jour proposé à James un masque à cheveux naturel aux œufs, censé régler leur petit problème d'indiscipline, mais, bien évidemment, cela n'avait marché ni sur elle, ni sur son client.

     Lorsqu'elle les vit, Doris se précipita vers eux, oubliant de s'occuper de ses clients à la caisse.

- Mais c'est les Miller ! Quelle bonne surprise ! S'exclama t-elle d'une voix joyeuse.

     Les Potter n'avaient hélas pas pu dévoiler leur véritable identité à la charmante épicière. Pour le village de Godric's Hollow, ils étaient Élisabeth et Henry Miller. Doris se baissa pour approcher son visage de Harry et lui donner un baiser sur le front, mais ne put repartir : le petit garçon eut saisi ses cheveux et s'amusait à les tortiller entre ses doigts. La commerçante se mit à rire tout en tentant de se libérer de la prise du bambin, qui recommença à émettre des gazouillements que le terme « mignons » ne suffirait pas à définir. Lorsqu'elle y parvint, elle se redressa d'un bond, le sourire accentué.

- Votre fils est un véritable bol d'air frais ! dit-elle au couple. Comment allez vous ? Élisabeth, comme toujours, tu es radieuse ! Et toi, Henry ! Aurais-tu encore gagné du muscle ?

     Lily eut très mal pris ce dernier compliment la première fois que Doris l'eut prononcé. Mais depuis, elle avait eu le temps de comprendre qu'il ne s'agissait que de séduction cordiale, destinée à mettre à l'aise ses clients. Doris joignit ses mains en les frottant avec enthousiasme et ajouta :

- Alors, que puis-je faire pour vous ? J'imagine que votre petit Sylvestre n'aura rien contre une sucette en forme de citrouille gratuite ?

     Sylvestre... quel drôle de prénom. C'est ce que Lily eut toujours pensé, mais James eut trouvé que cela faisait « distingué » et cette perspective l'amusait.

- Merci beaucoup, Doris, mais Sylvestre n'est pas encore en âge pour les sucettes, lui répondit Lily avec douceur.

- Mais qu'est-ce que tu racontes, Lizzie ?! S'opposa aussitôt « Henry ». Je suis sûr que Syl s'en sortira très bien ! Doris, nous voulons une sucette en forme de citrouille ! Et puis, tu as entendu, chérie, c'est gratuit !

     A entendre son époux adopter ce ton enfantin, Lily leva les yeux au ciel en souriant. Bien qu'être père eut révélé les aspects les plus matures de James, Lily était bien forcée de constater que, parfois, elle avait deux enfants à la maison au lieu d'un. Et malgré tout ce qu'elle pouvait en dire, James savait pertinemment que cela ne la dérangeait pas, bien au contraire. Doris alla chercher l'aval de Lily au travers d'un regard, puis reprit :

- Va pour une sucette gratuite ! Autre chose ?

- Oui : des suspensions de citrouilles en papier, de fausses toiles d'araignées, hum... Henry, qu'est-ce qu'on pourrait prendre d'autre ?

- Des fausses dents de vampire ! s'exclama James d'une voix animée.

- Des fausses dents de vampire, et... hum...

- Une immense faux !

- Vous en avez ? L'interrogea Lily.

     Doris approuva d'un signe de tête.

- Une immense faux, donc, et...

- J'ai aussi des costumes de sorciers, si vous voulez ! Suggéra l'épicière. Même si je te vois mal placer une fausse verrue sur ton si joli nez, Élisabeth !

     James sourit, amusé en s'imaginant Lily avec une grosse verrue en plastique sur le nez. Les clichés sur les sorciers sont tenaces, chez les Moldus.

- Non merci, répondit Lily, sans surprise. Hum... je crois que ça suffira, Henry, non ?

- Doris, vous auriez de quoi faire du jus de citrouille à la cannelle ?

     La commerçante l'observa, intriguée :

- A la cannelle ? Vous ne voudriez pas faire de la soupe aux potirons, plutôt ? J'ai une recette divine !

     A la caisse, certains clients commencèrent à croiser les bras et à taper du pied. Doris fit mine de ne pas les entendre et attendit la réponse du jeune couple sans sourciller. Lily et James se consultèrent du regard avant de répondre en chœur :

- Nous ferons les deux !

- Magnifique ! Répondit Doris. Je m'en vais de ce pas vous chercher tout ça !

     Et c'est à pas précipités qu'elle disparut dans les rayons, leur liste de courses en tête. Lorsque Lily et James orientèrent leurs yeux en direction des autres clients, ceux-ci leur renvoyèrent des regards mauvais, froissés qu'ils étaient d'avoir été délaissés par la commerçante. Aucun d'eux ne s'en offusqua et ils préférèrent attendre calmement le retour de Doris, dans leur coin. James s'abaissa pour faire des grimaces en tous genres à Harry, qui recommença à agiter le trousseau de clés dans sa main, manquant de trancher le nez de son père au passage.

- Il sera peut-être batteur, en fin de compte ! déclara-t-il en regardant sa femme.

     Bien entendu, aucun Moldu ne comprit de quoi diable ils étaient en train de parler.

- Vu ses étonnantes capacités à attraper les cheveux, le nez et les bijoux des gens, je l'imaginerais plutôt devenir attrapeur ! Répondit cette dernière en riant.

     Cette perspective enchantait James au plus haut point. Il s'imaginait déjà, dans un futur pas si lointain, retourner à Poudlard en utilisant le passage secret de Honeydukes pour assister aux matchs de Quiddich de son fils. Il porterait Lily sur ses épaules, cachant ainsi la vue de quelques adultes mécontents. Il n'était pas sûr que sa femme accepterait, mais il se disait qu'il finirait bien par la convaincre, même si, contrairement à lui, elle n'aimait pas « se faire remarquer » et qu'au pire, il essaierait de grimper sur ses épaules... Non, probablement pas.

     Le couple échangea un sourire, rempli de complicité et de jeunesse. Malgré tous les événements qui eurent perturbé leur existence ces derniers mois, ils n'oubliaient pas qu'il n'avaient que vingt-et-un ans et qu'ils avaient encore, avec de la chance, mais aussi un peu d'astuce, toute la vie devant eux. C'est en tout cas à cela que James se raccrochait : il était persuadé de voir son fils grandir et de voir un jour des rides se former sur le front de sa femme ; d'ailleurs, lorsqu'il s'imaginait sa Lily plus âgée, il la voyait toujours avec la ride du lion, car il savait que jamais il ne cesserait de lui faire froncer ses jolis sourcils, intentionnellement ou pas.

 

     Doris revint bientôt avec tout le nécessaire, dans un immense panier en osier. Elle donna la faux à James puis invita tous les Potter à aller en caisse, devant tout le monde. Lily s'y opposa, gênée :

- Nous pouvons attendre, Doris. Monsieur, passez devant, je vous en prie, dit-elle ensuite à l'adresse de l'homme le plus proche.

     Ce dernier, loin d'être reconnaissant, leur passa devant non sans leur adresser un petit regard contrarié, bientôt imité par ses voisins. Doris les fit passer les uns après les autres, en « s'excusant platement pour la gêne occasionnée » tandis que James regardait Lily en faisant les gros yeux et en brandissant sa faux. Au début, Lily fit mine de ne pas trouver ça drôle, puis, ne pouvant se retenir davantage, émit un rire éclatant : le son préféré de James, à la hauteur des gazouillements de son fils.

     Lorsque ce fut à leur tour de payer, Doris leur demanda quels étaient leurs projets pour la soirée :

- J'imagine que vous allez faire la tournée des maisons avec votre fils ?

     James répondit :

- C'est une très bonne idée ! Lizzie, qu'est-ce que tu en dis ?

     Lily parut sceptique :

- Je ne suis pas sûre que ce soit...

- Mais si ! insista-t-il. Syl va adorer !

     Lily réfléchit un instant lorsque James perçut ses craintes : peut-être n'était-ce pas une si bonne idée que cela de sortir aussi souvent de la maison. Le soir venu, les rues allaient être très fréquentées, augmentant ainsi leurs chances de tomber sur des sorciers qui pourraient, éventuellement, les reconnaître. Ils n'étaient pas des célébrités, mais il valait peut-être mieux rester prudents et ne pas baisser leur garde sous prétexte que ce soit le jour d'Halloween.

     C'est ainsi que James se ravisa en premier. Il posa sa main sur l'épaule de son épouse et lui dit :

- Tu as raison, Syl risque de tomber malade. Il fait déjà froid, dehors.

     En échangeant un nouveau regard, Lily se sentit profondément soutenue et comprise. Elle adressa à son mari un sourire reconnaissant et répondit :

- Une soupe nous réchauffera et tu pourras lui raconter toutes les histoires effrayantes que tu veux.

     James s'en réjouît et Doris leur tendit leur du. Ils la payèrent un peu plus que prévu en lui demandant de garder la monnaie.

- Merci ! Bonne soirée à vous trois ! Leur dit-elle lorsqu'ils franchirent la porte de sortie.

 

     Alors que Lily était sur le point d'entamer le chemin inverse de celui qu'ils eurent entamé pour arriver jusqu'ici, James lui suggéra d'aller acheter des chocolats. Elle accueillit joyeusement cette nouvelle et, après cet ultime détour, ils effectuèrent le chemin de retour et tout comme à l'aller, James sentit Lily se serrer contre lui avec tendresse. Il posa sa joue sur le haut de sa chevelure acajou en tenant la poussette de Harry d'une main, lequel fit tomber les clés à plusieurs reprises sur le sol. Débordante de patience, Lily les ramassait au fur et à mesure pour les lui rendre, sans se soucier qu'elle aurait à recommencer quelques secondes plus tard. Si ce tout petit effort permettait à Harry d'être heureux, Lily acceptait son sort avec plaisir. Au bout de la cinquième chute, James prit le relais.

- Syl, papa voudrait que tu gardes les clés dans ta main. Tu peux faire ça pour papa ? Lui dit-il.

- Ba ! Répondit Harry en souriant de plus belle.

     Lily leva les yeux au ciel et dit à son mari :

- Tu sais, ce n'est pas en lui répétant « papa » cent fois par jour qu'il le dira plus vite...

     James fit la moue et répliqua :

- Il dit déjà « ba », je te signale ! Il y a du progrès !

- Tu sais très bien que, pour lui, « ba » signifie « non » !

- Et comment peux-tu en être aussi sûre, hein ? Dit James de sa petite voix puérile. Tu as un traducteur de bébé sous la main ?

     Lily sourit pour toute réponse avant de se serrer de nouveau contre lui. James dut encore se baisser trois fois pour récupérer les clés avant qu'ils ne soient rentrés à la maison.

 

     Il ouvrit la porte pour laisser sa petite famille rentrer la première. Lily soupira d'aise en retirant son manteau et en l'accrochant au mur. Elle retira en douceur celui de Harry tandis que James se lamentait de ne pas avoir pu lui mettre le bonnet Vif d'or en laine qu'il eut acheté au Chemin de Traverse peu de temps après sa naissance.

- Il ne l'aura porté qu'une seule fois, c'est quand même dommage ! J'aurais adoré le montrer à Sirius, Remus et Peter...

- Tu leur a envoyé une photo, lui répondit Lily, c'est bien assez !

- Sirius voulait lui offrir une panoplie complète de déguisement d'attrapeur pour Halloween ! Tu imagines ? Si seulement ils avaient pu tous venir...

- Oui, j'imagine très bien : tu m'aurais demandé de me déguiser en vampire sexy tandis que tu aurais mis le même bonnet que ton fils ; Sirius aurait porté la version Souafle, Peter se serait déguisé en Cognard et Remus aurait mis la caquette buts que tu lui avais acheté en prévision. Nous aurions tous porté notre écharpe de Gryffondor et nous aurions fait le tour du village en riant devant les expressions incrédules des Moldus qui auraient croisé notre chemin.

     James jeta un regard rêveur à sa femme :

- C'est fou comme tu captes bien mes rêves...

- A la longue, j'ai appris à te connaître, James Potter, lui répondit-elle en sortant Harry de sa poussette pour aller le poser dans son parc pour bébé.

 

     James observa le moindre de ses gestes, saisi tout à coup par sa beauté renversante. C'était loin d'être la première fois que cela se produisait, mais le jeune homme se laissa surprendre, comme à chaque fois. Il s'approcha d'elle en lui jetant un regard charmeur qu'elle ne vit pas, trop occupée à parler avec Harry, lorsqu'il lui saisit les hanches pour la tourner dans sa direction et l'embrasser fougueusement. Lily sursauta à peine et participa volontiers à ce baiser soudain. Elle prit son visage entre ses deux mains et pressa plus fort ses lèvres contre celles de son mari.

- Je sais bien que je t'ai eue à l'usure, lui dit celui-ci entre deux baisers.

- Tais-toi donc, répliqua-t-elle en lui prenant quelques cheveux pour l'attirer plus près d'elle.

     Tandis qu'il embrassait la femme de sa vie, James remercia une énième fois le ciel, ou quelque soit la force qui eut poussé Lily Evans dans ses bras. Il avait encore du mal à réaliser que cette force fut seulement la sienne. L'amour de Lily à son égard ne pouvait être qu'un pur miracle. Ces moments remplis de douceur et de sensualité le remplissaient tellement que parfois, il avait honte de le dire, il se retenait de pleurer de joie. Car jusqu'au jour, merveilleux jour où Lily Evans lui eut dit « oui » devant leurs plus proches amis, James eut douté que cela se produirait. Et le seul moyen qu'il avait de se persuader que tout ceci était réel était de plonger ses yeux dans ceux de Harry : un peu de Lily dans un tout-James, un peu de lui en plus sur cette terre, mêlé à la beauté de la sublime rouquine qui passa le plus clair de leur scolarité tantôt à le remettre en place, tantôt à le faire décoller.

 

     Lorsque leur baiser prit fin, James eut toutes les difficultés du monde à relâcher Lily. Une douleur étrange venait de s'emparer de sa poitrine, une douleur lourde, incroyablement violente. Pourtant, la douleur n'était pas tant physique... Il ne savait pas comment la décrire. Ses doigts se resserrèrent sur les bras de sa femme, qui remarqua aussitôt son trouble et lui demanda d'une voix anxieuse :

- Tout va bien ?

     James ne supportait pas l'idée de l'inquiéter inutilement. Il se ressaisit et la douleur disparut, si bien qu'il put lui répondre en toute sincérité :

- A merveille, Evans.

     Le sourire rassuré que lui offrit alors Lily n'avait pas de prix. Il lui donna un baiser plus bref avant de se baisser pour dire à son fils en lui adressant un petit clin d’œil complice :

- Papa espère que tu auras un jour une femme aussi belle que celle-ci.

 

     Harry répondit par de nouveaux babillages en donnant de grands coups de pieds à son mobile, duquel pendaient trois balais en peluche. Lily se dirigea vers la cuisine et entreprit de ranger les courses faites chez Doris, James ne tarda pas à l'assister – ou plutôt à faire le mariole avec les fausses dents de vampire puis avec la citrouille, la posant sur sa tête en levant un pied de temps à autres, jusqu'au moment où Lily perdit patience et la lui reprit.

- Eh ! S'exclama-t-il tandis qu'elle la reposait sèchement sur la table.

     Puis, tout sourire, il s'avança vers elle les mains jointes et lui proposa son aide pour la cuisine, ce qui ne manqua pas d'amuser Lily. Une de ses mains vint se poser sur sa hanche lorsqu'elle lui dit :

- Te rappelles-tu de ce qu'il s'est passé la dernière fois que tu m'as proposé de « m'aider à cuisiner » ?

     Le sourire de James s'accentua :

- Non, je ne m'en souviens pas. Pas du tout.

- Eh bien, moi oui ! Et ce n'était pas beau à voir... Tu ne sais absolument pas te servir d'un mixeur !

     James lui chuchota à l'oreille :

- Et si on faisait un tout petit peu de ma...

- Non, James ! Le coupa t-elle fermement. Hors de question qu'on utilise la magie !

     Il grogna avant de répondre :

- On croirait entendre ta sœur !

- Laisse Tunie en dehors de ça ! Lui dit-elle en brandissant le couteau qu'elle venait de sortir pour couper la citrouille.

- Personne ne verra quoi que ce soit...

- Potter...

     Ce regard noir et cette appellation ne disaient rien de bon. James leva les bras en signe d'abandon et dit :

- Très bien, je ne t'aiderai pas à cuisiner ! Que veux-tu que je fasse, dans ce cas ?

- Tu n'as qu'à décorer la maison.

     James approuva d'un signe de tête et sortit les décorations de leurs emballages en mordant le plastique. Il remarqua alors que Lily l'observait avec surprise :

- Quoi ? dit-il.

- Tu vois la petite languette rouge qui dépasse, là, sur le côté ? C'était pour ouvrir le paquet.

- Je préfère ma méthode, répliqua-t-il. Bien plus viril !

     Lily rit avant de se remettre à l'ouvrage, vidant la citrouille de tout ses petits grains. James déroula celles en papier et se mit debout sur la table pour accrocher une des extrémités au plafond. Lorsque cela ne fut plus possible, il prit une chaise puis, voyant que poser ses pieds sur la partie plane ne suffirait pas, il les posa sur les bords du dossier, cela ne lui demandant pas plus d'équilibre que s'il était sur un balais ; la chaise finit par ne tenir debout que par un pied. Lorsque Lily s'en aperçut, elle s'empressa de sermonner son mari :

- Par Merlin, Potter ! Peux-tu faire quelque chose normalement, rien qu'une fois dans ta vie ?

     James tenta de faire diversion en changeant de sujet :

- Je voudrais tant que Sirius, Remus et Peter soient présents !

     Lily fronça les sourcils :

- Descends de là, tu as fini d'accrocher cette guirlande depuis longtemps.

     James songea à ne pas obéir, mais, en croisant le regard de sa femme, il préféra ne pas s'y risquer. Ni une, ni deux, il fit un bond et posa les pieds bien au sol. Un bruit de Harry attira son attention ; il lui dit :

- Tu as vu ça, fils ? La classe, non ? Hein que ton papa a la classe ? Hein ?

- James, je ne veux pas te vexer, mais je crois qu'il se fiche complètement que tu te balances sur une chaise !

- Cesse de jouer les interprètes, Evans ! Moi, je suis sûr que mon fils m'admire...

- Certainement pas pour ta modestie, en tout cas ! Répliqua-t-elle. Allez, maintenant, accroche les toiles !

- Où dois-je les mettre, Merline ? Plaisanta-t-il.

- Derrière le canapé, sous les étagères de la bibliothèque, un peu sur la table, la liste est longue... improvise !

- A vos ordres, madame ! Répondit James en se mettant à l'ouvrage.

 

     Et, pendant tout le long de cette activité, ses pensées allèrent vers ceux dont il regrettait le plus l'absence : ses amis. Ses « Maraudeurs » comme ils aimaient bien s'appeler. Le regard clair et malicieux de Sirius lui manquait au plus haut point, de même que les plaisanteries pleines d'esprit de Remus. Même Peter, qui n'avait pas beaucoup changé en grandissant et ses expressions maladroites commençaient à manquer à James. Cela faisait plus de six mois qu'il n'avait pas vu les deux premiers et trois qu'il n'avait pas vu Peter. Pour le groupe d'amis, qui s'était à peine séparé plus d'une semaine depuis la fin des études, cela représentait une éternité. Bien sûr, ils s'écrivaient régulièrement – même si, depuis quelques temps, ils avaient dû réduire leurs contacts – mais ce n'était pas du tout la même chose. Et puis, pour être tout à fait honnête, James regrettait Poudlard, lorsque lui et ses amis n'avaient qu'à songer à leur prochaine plaisanterie et qu'il pouvait rêvasser d'une Evans certes inaccessible mais dont la vie n'était pas en danger. La carte du Maraudeur était restée là bas, et James aurait adoré savoir à qui elle appartenait maintenant, si tant est que quelqu'un eusse trouvé comment l'actionner...

     Harry était bien la seule personne, en dehors de Lily, pour qui James était prêt à faire ce sacrifice. Le regarder lui donnait davantage de courage, en plus de bonheur. Car il ne laisserait personne toucher un seul cheveux de son fils et, si cela n'eut tenu qu'à lui, il aurait affronté Voldemort depuis longtemps, se moquant bien de ce qui lui serait arrivé, du moment que Harry et Lily eussent été en sécurité.

 

     Lorsqu'il eut placé la dernière fausse toile d'araignée – sur le parc de son fils – il prit Harry dans ses bras. Le petit s'empressa de lui voler ses lunettes, puis, avec une dextérité impressionnante, se les colla sur le nez. James rit aux éclats, interpellant Lily, occupée à mélanger sa citrouille broyée avec un peu de crème fraîche. Elle ne tarda pas à imiter son mari.

- Ça te va comme un gant, fiston ! Dit James, hilare. Regarde ça, Lily, déjà un bourreau des cœurs ! Pourrais-tu résister à cette avalanche de charme ?

- Non, je ne pourrais pas, répondit-elle tendrement.

- Il faut dire que les yeux y sont pour beaucoup, ajouta-t-il en plongeant tout à tour dans ceux de son fils, puis de sa femme.

     Il crut mourir de bonheur en voyant Lily rougir. Elle lui tourna rapidement le dos pour ne pas être vue, faisant mine d'avoir une urgence dans la marmite. James alla s'asseoir dans la cuisine pour être plus près d'elle, tout en admirant Harry et son « avalanche de charme ». Finalement, il le posa sur la table, espérant, comme souvent, le faire marcher.

     Et soudain, l'incroyable se produisit :

- LILY ! Hurla t-il, la faisant sursauter – elle s'éclaboussa de la soupe sur son pull blanc en laissant retomber la cuillère en bois dans la marmite. Regarde !

     Lily se retourna d'un bond et son visage s'éclaira : Harry était en train de faire ses premiers pas. Elle fonça vers lui pour l'encourager, tout en s'inquiétant qu'il puisse tomber de la table avant d'avoir rejoint James. Elle entreprit donc de se placer sur le côté le plus dangereux, les bras grand ouverts, les sens alertés. Mais Harry ne chuta pas. Harry alla droit dans les bras de son père, gagnant pas après pas en assurance et en équilibre. La fierté de ses parents déteignit rapidement sur lui et son sourire devint éblouissant. Lorsqu'il arriva au niveau de James, il tendit ses petits mains. A ce moment précis, le jeune père se dit que jamais les yeux de son fils n'eurent tant ressemblé à ceux de Lily.

     Il le prit contre lui et le serra fort, bientôt accompagné par Lily. Et tandis qu'au dehors, le ciel trahissait la fin de l'après-midi, James Potter se dit qu'après avoir vécu des moments aussi parfaits, il pourrait mourir sans le moindre regret. Cette pensée ne le traversa qu'un instant, mais il se sentit incroyablement... complet. Puis, il se dit que, vivre plus longtemps, ce serait tout de même beaucoup mieux.

 

     Une petite heure plus tard, ils furent tous trois autour de la table à siroter la soupe au potiron de Lily, qui, pour une première était franchement réussie. Harry finit son biberon jusqu'à la dernière goutte. Les deux parents lui firent sa toilette du soir et le bordèrent ensemble, ce qui est rare : en général, ils le font à tour de rôle.

 

 

     Puis, ils descendirent bras dessus, bras dessous les escaliers en se poussant gentiment contre les murs. James atteignit le rez de chaussée le premier et porta sa femme malgré ses protestations comme si elle était un sac de pomme de terres. Lily laissa échapper un petit jappement surpris avant de crier :

- Potter, fais-moi descendre !

- Tout de suite, Potter, une minute, répondit-il en l'emmenant jusqu'au canapé du salon.

 

     Il la posa sans grande précaution avant de bondir sur elle pour l'embrasser. Lily répondit sans hésiter et glissa ses mains dans son dos, d'une manière très sensuelle... Finalement, James s'éloigna d'elle, à nouveau saisi par cette douleur étrange et lourde, qui pourtant n'était pas physique. Ce sentiment, enfin, James le reconnut : un mauvais pressentiment. Pire que ça, une angoisse profonde. D'où cela pouvait-il bien provenir ? Il avait plusieurs théories, mais une sortait du lot : peut-être était-ce le contrecoup de tous ces mois de cachette, mêlé au manque de ses amis. Avant que Lily n'ait pu lui demander ce qu'il se passait, James plongea son visage dans son cou pour se saouler de son odeur, celle qui pouvait lui faire oublier jusqu'à son nom, mais Lily n'était pas dupe. L'horloge affichait vingt-deux heures, et elle ne pouvait oublier que, pour la seconde fois de la journée, une émotion étrange eut transpercé son regard. Elle lui prit la joue pour l'obliger à la regarder dans les yeux et murmura :

- James, qu'est-ce qu'il se passe ?

- Je...

     Il ne savait pas s'il était en droit de partager cette angoisse étrange avec son épouse. Et puis, il se dit qu'il le lui devait, que cela faisait partie de ses vœux de mariage, tous deux ayant choisi de reprendre quelques uns des vœux Moldus, dont celui qui leur parlait si bien : pour le meilleur et pour le pire.

- Je me sens... étrangement... angoissé, lui répondit-il sur le même ton avant de se redresser.

     Elle posa sa tête sur son épaule. Leurs regards se rencontrèrent de nouveau lorsqu'elle lui dit, après quelques secondes d'hésitation :

- Tu vas trouver ça fou, mais... moi aussi.

     Elle enfouit son visage dans le pull noir de James, tout à coup confuse de ce conjoint aveu. Son époux, de son côté eut l'impression de ne pas être assez proche d'elle. Dans un réflexe qui la fit timidement rire, il retira son pull, ne gardant plus que sa chemise bordeaux ; elle y enfouit de nouveau son visage. Ils restèrent ainsi pendant un long moment, à n'écouter rien d'autre que leurs respirations et leurs battements de cœur qui, au fil des minutes, se synchronisèrent.

 

     Lorsque l'horloge annonça vingt-trois heures, Lily se leva subitement et se dirigea vers la cuisine. James suivit son trajet en lui demandant :

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Reste où tu es, je vais chercher à boire, lui répondit-elle.

     James la vit de loin ouvrir le frigidaire et en sortir de la vodka, puis le jus qu'elle eut produit avec la seconde moitié de citrouille. Elle y mit quelques pincées de cannelle, mélangea le tout puis le versa dans deux grandes choppes initialement destinées à boire de la bière. Elle revint vers son mari, lui tendit la sienne et se remit à sa place. James, entre temps, s'était couché à demi sur le canapé, le dos calé entre le dossier et un coin. Lily retrouva avec bonheur sa place initiale, l'observant boire sa première gorgée. Il se secoua la tête et plissa exagérément les yeux avant de lui dire :

- Ça décoiffe !

- Tu es toujours décoiffé, de toute façon, plaisanta t-elle en regardant sa propre choppe.

     Elle en but une première gorgée avec moins d'application que son époux et fut surprise par l'amertume de son cocktail. Elle toussa brusquement. James lui tapota le dos pour l'aider à se calmer, armé de son regard mi-amusé mi-bienveillant. Lorsque sa crise de toux s'acheva, il s'empressa de se moquer d'elle :

- Petite nature, lui dit-il.

     Pour toute réponse, elle lui donna un coup de coude dans les côtes. Surpris, James recracha la gorgée qu'il avait entamée, aspergeant Lily au passage. Elle lui adressa une moue plaintive, James répliqua :

- Bien fait.

     Lily rit et but une nouvelle gorgée. James la laissa faire sans la perturber, bien qu'il fusse tenté de se venger. Elle n'en dit rien, mais elle apprécia le geste.

 

     Lorsqu'ils eurent fini leurs boissons, ils les posèrent sur la table basse. Lily, se sentant fatiguée, s'assoupit sur James. Il profitait de sa présence en lui caressant les cheveux. Ces cheveux qui n'avaient rien de commun avec les rousses qu'il eut rencontrées : son roux tirait davantage vers l'acajou que le orange, et c'est cela qui interpella James, avant même ses yeux verts. Ce même acajou présent sur sa baguette magique, qu'il avait tant admirée le jour où il était allée l'acheter en compagnie de son père Fleamont. Cette même baguette magique qui se trouvait logée dans la poche arrière de son jean, constamment depuis qu'il a obtenu son diplôme, depuis tellement longtemps qu'il ne la sentait même plus.

     Il se souvint du jour de son mariage et du magnifique moment d'émotion qu'il eut partagé avec ses parents : pour la première fois, ce jour là, il vit son père pleurer. Et pour la première fois, Euphemia Potter put serrer la fameuse Lily Evans dans ses bras. Cette première fut également la dernière, puisque moins de deux semaines plus tard, Fleamont mourut de la dragoncelle, suivi peu de temps après par Euphemia. James ne l'avait jamais dit tout haut, excepté à Lily, mais il avait toujours trouvé la mort de ses parents, malgré qu'elle fusse douloureuse pour lui, très poétique. A cette occasion, il avait d'ailleurs dit à son épouse que, si elle disparaissait subitement et s'il n'y avait pas Harry, il aurait prié pour la suivre rapidement dans la mort.

 

     Pourquoi ces pensées le traversaient-ils, pile en cet instant ? James n'en avait pas la moindre idée, mais il plongeait, beaucoup plus sereinement qu'autrefois, dans ces beaux souvenirs.

     Malgré l'angoisse qui flottait dans sa poitrine, cette douleur étrange et lourde qu'il ne pouvait clairement expliquer. Il continua de caresser les cheveux de sa femme avant d'avoir une petite pensée pour Harry, qui dormait en haut. Une pensée simple : j'aime mon fils.

 

     C'est à ce moment précis qu'un bruit sourd retentit dans toute la maison.

 

     Lily se réveilla en sursaut, réalisant une seconde après James ce qu'il était en train de se produire. Cette chose, impossible, qui leur tombait dessus : la barrière de protection de leur maison venait tout juste d'être détruite.

     Le couple se leva brusquement de son canapé. James, en tâtant les poches de son jean découvrit avec horreur que sa baguette magique n'était pas à l'endroit où elle était habituellement. Il l'avait laissée à l'étage. Pour la première fois depuis des mois, il ne l'avait pas sur lui. Au pire moment : celui où Voldemort était là, à leur porte, dont la noirceur n'avait rien d'un déguisement. Le Destin avait parfois un drôle de sens de l'humour.

 

     Tout à coup, les choses s'accélérèrent et une avalanche d'actions se déroulèrent sous leurs yeux comme s'ils n'en étaient plus que de simples spectateurs : Lily et James se regardèrent, chacun redoutant le pire. Il fallut prendre une décision rapidement. Il était hors de question pour James de laisser Lily au rez-de-chaussée pour qu'il ait le temps d'aller à l'étage récupérer sa baguette magique. Sa femme n'eut pas besoin de mots pour comprendre. Brun dans vert, leurs yeux se confondirent avec la désagréable impression que ce serait la toute dernière fois. Lily se précipita à l'étage ; James sentit son cœur s'arracher sous ses yeux lorsque la porte d'entrée s'ouvrit avec fracas, dévoilant la silhouette noire et abstraite de Lord Voldemort, baguette magique à la main, le regard malfaisant. James laissa sa rage l'envahir et ses seules pensées, les dernières pensées qu'il n'eut même pas le temps de formuler explosèrent dans son esprit :

     « Pas ma famille. »

     Puis, sans même qu'il ait pu faire quoi que ce soit, ses yeux rencontrèrent un éclair de lumière verte et James Potter cessa d'être.

 

 

     Et ce qu'il ne vit pas, ce qu'il n'entendit pas, c'est qu'à l'étage, juste à côté d'une Lily Potter terrifiée mais résolue, son fils Harry prononça pour la première fois « papa ».

Note de fin de chapitre :

*AVALANCHE DE TRISTESSE*

 

N'hésitez pas à commenter si vous en avez envie, j'espère ne pas vous avoir sappé le moral x) J'ai tout fait pour donner beaucoup de lumière et de tendresse, afin que la lecture ne soit pas trop lourde. J'espère avoir réussi et j'espère que vous avez aimé.

 

A la prochaine,

Dentellys.

 

(PS : pour ceux et celles qui suivraient les aventures de Lynn Vrangester, sachez qu'il est possible que je sorte une seconde version de ce texte, à la lumière des changements que cela impose)

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