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Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

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De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Phenomena par Chiron

[9 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Bonjour, cher lecteur, distinguée lectrice,

Voici ma participation au concours proposé par Lucette

L'énoncé du concours était : 

- Ecrire un crossover, humour, drame, romance, enfance, Maraudeurs ou Next-Gen, tout est libre à condition d'écrire une enquête.
- Ecrire au moins deux chapitres de mille mots
- Préparer une liste de musiques à écouter pendant la lecture

Voici donc la liste des musiques que j'ai choisies. Elle s'écoute dans l'ordre, et sa longueur devrait normalement couvrir la totalité de la lecture.

Chapitre 1 : Apocalypse
Version altérée de la suite bergamasque de Debussy
Mixla– Fresstyle Battle Hip-hop 

Chapitre 2 : Vérités
Bobby 'Blue' Bland - Ain't No Love In The Heart Of The City
Atticus Ross, musique du film "Le Livre d'Eli", piste 3 : The Journey

Chapitre 3 : Mensonges
Version altérée de la Sonate au Clair de Lune de Beethoven
Version altérée de la Gymnopédie n°1 de Satie

Chapitre 4 : Trahisons
Bande originale du film Kiss Kiss Bang Bang
Bande originale du film Dune

Chapitre 5 : Réunion
Primavera de Ludovico Einaudi

Note de chapitre:

L'action se déroule pendant l'année des ténèbres, quelques mois après La Tête haute (ma première fiction publiée sur HPF). Dans le précédent chapitre, Pénélope Deauclair, menacée d'arrestation car née moldue, décidait de tenter sa chance hors du monde magique. Nous la retrouvons dans dans sa nouvelle vie, à travers les yeux de son petit ami moldu.

Je m'efforce de respecter le canon des livres, mais, vous le verrez, j'ai pris de sérieuses libertés avec l'histoire contemporaine. Après tout, je n'ai pas entendu parler d'écroulement de pont en 1996, ni de ministres anglais imitant un canard. J'ai donc décidé que si la réalité n'était pas canon, autant y aller franchement.

Bienvenu dans une version alternative et post-apocalyptique de 1998. J'espère placer d'autres fictions dans cet univers, et ce concours était une excellente occasion de l'introduire.

Je rappelle que Penelope Clearwater est un personnage appartenant intégralement à J.K. Rowling et Muad'dib à Franck Herbert (Le Cycle de Dune) (si, cette précision est en rapport avec le texte qui suit).

Bande sonore du chapitre 1 :
Version altérée de la suite bergamasque de Claude Debussy
Mixla– Fresstyle Battle Hip-hop

Pénélope fit quelques pas dans les rues dévastées et glaciales au-delà de Time Square, cherchant à rattacher le spectacle de la désolation qui l’entourait à ses lointains souvenirs d’enfance. Elle se souvenait avoir parcouru la 42ème rue lorsqu’elle était petite fille. A l'époque, une immense foule souriante faisait bourdonner la ville, les trottoirs grouillaient de new-yorkais stressés et de touristes souriant. Partout sur les murs, des écrans publicitaires s’animaient à en faire mal aux yeux et elle associait cette rue au souvenir chaleureux d'une odeur mélangeant le hot-dog et les cappuccinos de Starbuck. Mais de ce spectacle féerique, il ne restait que quelques cadres noirs et brisés sur les murs de ce qui avait été la 7è Avenue, et sur sa droite, l’enseigne de Madame Tussaud qui pendait, éteinte, terne, grotesque.

– Madame Deauclair, vous ne devriez pas vous éloigner.

Pénélope ignora la recommandation du chauffeur, qui était sorti de la voiture et observait avec méfiance un groupe d’enfants assis sur un conteneur à ordures débarassé de l'épaisse couche de neige qui couvrait le reste de l'avenue. Au bout de la rue, elle voyait l’un des théâtres de Broadway. Était-ce celui dans lequel elle était allée voir « Wicked » avec ses parents ? Elle ignorait, à l’époque, qu’elle était une sorcière, mais l’histoire l’avait étrangement touchée.

– On dirait que c’est la première fois que tu revois New-York depuis la guerre.

Jake s’était approché d’elle, et lui avait affectueusement posé la main sur l’épaule. Il sentait son trouble.

– C’est le cas. Je n’avais pas idée…

Jake hocha la tête, compréhensif.

– Bien sûr, on en entend parler, mais quand on le voit en vrai, c’est un choc.

Pénélope sourit, un peu gênée de ne pas pouvoir lui dire qu’elle n’en avait même pas entendu parler. Ses parents avaient mentionné la guerre, bien sûr, mais les moldus anglais n’avaient pas été touchés, et c’était très loin des préoccupations qu’une jeune sorcière étudiant à Poudlard pouvait avoir. Mais bien sûr, Jake ne savait rien de Poudlard.

– Je comprends mieux que Mr Frederick aie tenu à nous donner un garde du corps, maintenant.
– Oui, il faut-être prudent par ici.

Il n’osa pas lui demander si elle voulait rentrer, mais il avait la question au bord des lèvres et regardait régulièrement vers l’armoire à glace qui était restée proche de la voiture. Pénélope frissonna, et pas seulement à cause du vent sec de février.

– Tu avais raison, venir ici était une mauvaise idée. Rentrons.

Ils remontèrent dans la voiture, et le chauffeur ne se fit pas prier pour partir loin de ce quartier déchu. Tandis qu’ils roulaient, Pénélope tapota sur son téléphone pour comprendre comment la ville qui ne dormait jamais était devenue ce ghetto misérable. Elle trouva rapidement une fiche historique. Ce que les américains appelaient « la guerre » était un ensemble de conflits tout autour du globe dans lesquels ils s’étaient engagés, alors que leur puissance déclinait. Plusieurs d’entre eux avaient fini par dégénérer, le gouvernement de l’Union s’était retrouvé isolé et contesté dans ses propres frontières, et tout avait fini avec une impulsion électro-magnétique d'une puissance colossale grillant tout ce que les Etats-Unis comptaient de circuits électriques. Les sites consultés par Pénélope divergeaient quant à la provenance de cette attaque, l’hypothèse la plus probable étant celle d’activistes internes équipés par des puissances extérieures. Personne n’avait revendiqué la triste responsabilité de ce désastre.

La voiture avait rejoint Madison Avenue, et longeait le mur bétonné de l’Enclave, cette zone internationale à l’est de Manhattan qui s’étendait autour des Nations-Unis, et dans laquelle les puissantes multinationales étrangères conservaient jalousement les derniers vestiges de la gloire passée de New York.


Ils passèrent le poste de contrôle sans être inquiétés par les gardes qui avaient reconnu les plaques d'immatriculation de la firme Tyr & Miller Ltd. La voiture roula encore sur quelques mètres.

– Que dirais-tu d'aller manger ? demanda Pénélope. J'ai faim.

Jake leva les yeux au ciel. Pénélope s'attendait à une moquerie sur l'heure du dîner britannique, mais il se retint. Il avait peut-être fini par se lasser. La veille, dans l'avion, Jake lui avait parlé d'un restaurant à deux rues de leur hôtel, dans laquelle ils servaient des burger gigantesques, témoins dérisoires du passé de la ville. C'est tout naturellement que Pénélope proposa l'adresse, et Jake approuva l'idée avec un sourire gourmand.

La nuit commençait à peine à tomber lorsqu'ils sortirent, serrés l'un contre l'autre. Les rues étaient désertes. L'Enclave, comme le reste de New York, était soumise à un rigoureux couvre feu. Leur statut au sein de Tyr & Miller leur donnait droit à une dérogation, mais ils évitaient d'en abuser. Les agents de sécurité étaient généralement brutaux lors de leurs contrôle des autorisations. Ce soir là, toutefois, Pénélope n'avait pas le choix.

– Il faut que je repasse au bureau. Frederick m'a demandé de lui finir sa présentation et de l'envoyer ce soir.

– Tu veux que je t'accompagne ? Demanda Jake, visiblement inquiet de la laisser marcher seule, même dans le périmètre relativement sûr de l'Enclave.

– Tu ne m'avais pas dit qu'un ami de fac voulait te voir ? demanda Pénélope pour éviter de répondre. Elle se désolait de son inquiétude, mais elle ne pouvait pas lui expliquer que sa magie la gardait plus en sécurité que tous les murs et les gardes de l'Enclave réunis.

– Ray ? fit Jake avec une moue. Oui, il m'a invité pour boire un verre.

– Tu devrais l'appeler. Nous ne sommes à New-York que pour deux jours. C'est l'occasion.

– La dernière fois que je lui ai parlé, il m'a pratiquement traité d'assassin parce que je travaille pour Tyr & Miller. D'après lui, nous sommes des terroristes à l'origine de de...

Il montra la silhouette noircie de l'Empire State Building au delà de la clôture.

– Tout ça !

– Je suis sûre que vous arriverez à passer la soirée sans vous disputer à propos de politique. C'était ton ami, ce serait dommage de tout gâcher en restant sur un mauvais souvenir. Et puis c'est lui qui t'a recontacté. Il veut peut-être faire la paix, dit Pénélope d'un ton mélancolique. Elle pensait à Kate, sa meilleure amie, qu'elle avait laissé en arrière lorsqu'elle s'était enfuie du monde des sorciers. Elle se demanda si elle la reverrait, et si elle arriverait à se faire pardonner. Jake ne savait rien de Kate, mais il dû lire sa peine dans ses yeux, parce qu'il déposa sur ses lèvres un rapide baiser.

– D'accord, je vais y aller. Ne t'assomme pas au travail, Penny.


Elle avait besoin de marcher un peu seule, malgré la neige et le froid, et tandis qu'elle traversait l'Enclave vers le siège de la firme, elle se demanda si elle n'était pas en train de trahir Jake, comme elle avait trahit Kate, en restant à ses côtés sans lui révéler qui elle était vraiment. Cette visite dans les décombres de la puissante Amérique l'avait marquée, et avait fait ressurgir en elle les ruines d'une autre guerre, moins visible mais aussi cruelle, qui l'avait privée de sa vie et de son foyer quelques mois plus tôt. Pénélope s'était reconstruite, malgré les mangemorts. Elle avait refait sa vie, elle avait trouvé Jake, et elle menait une vie au sommet, en travaillant pour la firme la plus puissante du monde. Elle n'arrivait pas, cependant, à faire passer cet arrière goût d'amertume, cette petite voix qui l'accusait de tricher, d'être là où elle était, non pas à cause de ses talents, mais grâce à sa magie, au pouvoir d'un monde qui l'avait rejetée. Et où était-elle donc, d'ailleurs, si ce n'était parmi d'autres seigneurs régnant sur un autre pays en ruine ? Walter Frederick, Martin Tyr et Lawrence Miller, valaient-ils tellement mieux que les mangemorts qu'elle avait fui ? L'ami activiste de Jake, ce Ray, avait peut-être raison au sujet de leur responsabilité dans la dernière guerre. Ils en étaient ressortis grands vainqueurs. Pénélope s'interdit de se laisser aller au doute, et les tableurs exigés par son supérieur représentaient un excellent moyen d'occuper son esprit.


Elle resta plusieurs heures dans la pénombre des bureaux déserts avant de finalement se décider à appeler un taxi pour retourner à l'hôtel, à la vie, et à Jake. Lorsque le chauffeur la déposa devant le hall de l'hôtel, elle fut frappée par l'attroupement qui s'était formé à l'extérieur malgré l'heure tardive et le vent glacial. Pénélope surprit quelques commentaires sur l’événement du jour :

– Un drogué, certainement. Vous avez vu comment il était habillé ? Il n'aurait jamais dû entrer dans l'Enclave. La sécurité va m'entendre.

Les remarques les plus bruyantes étaient le fait de deux vieilles femmes, fièrement assises sur les canapés du salon d'accueil. Elles centralisaient avec gourmandise les rumeurs, et même les agents de sécurité étaient forcés de rester proches d'elles pour rassembler les témoignages. L'un d'entre eux vint interroger Pénélope pour confirmer qu'elle était bien cliente de l'hôtel, qu'elle venait seulement d'arriver et qu'elle n'avait rien vu. Il était glacial et pressé d'en finir, mais elle finit par comprendre qu'un homme était venu mourir juste devant l'entrée de l'immeuble. La cause du décès n'était pas très claire, mais la sécurité penchait pour une overdose. On recherchait encore comment un drogué avait réussi à passer la clôture de la zone internationale.


Pénélope ne s'attarda pas pour connaître le détail des ragots sur la mort de ce malheureux, elle prit rapidement congé et monta vers l'appartement. Jake était dans la chambre, et travaillait sur son portable. Dès qu'il la vit entrer, il se précipita sur elle et l'embrassa comme s'il ne l'avait pas revue depuis des jours.

– Tu ne devineras jamais ce qui s'est passé ce soir, Penny !

– Tu ami Ray t'as convaincu d'entrer dans sa croisade contre le capitalisme corrompu ?

Jake la regarda avec surprise, et éclata de rire.

– Il a essayé, et je suis parti. Heureusement, d'ailleurs, parce que si j'avais passé la soirée avec lui, j'aurai tout manqué. Devine encore !

Penny réfléchit une seconde, et tenta :

– C'est l'homme qui a fait une overdose en bas qui te mets dans cet état ?

– Alors c'est ça, leur excuse ? Une overdose ? J'étais sûr qu'ils allaient camoufler l'affaire. Remarque, tant mieux pour le groom, ça lui fera un bon pourboire. Je me demande combien ils payent pour acheter le silence d'un groom...

Pénélope jeta sa sacoche sur un fauteuil et retira ses talons.

– De quoi tu parles ? Qui a camouflé quoi ?

– Le type mort en bas n'était pas un drogué. Il a été assassiné. J'étais là, j'ai tout vu, et tu ne devineras jamais par qui il a été tué...

Pénélope eut soudain un étrange pressentiment. Un assassinat camouflé en accident malgré la présence de témoins. Elle avait une idée assez précise de qui procédait de cette façon.

– Par qui ? demanda-t-elle en redoutant la réponse.

– Par un extra-terrestre !

Penny était en train d'ôter son manteau, et resta suspendue au milieu de son geste.

– Un ? tenta-t-elle prudemment, espérant avoir mal entendu.

– Un extra-terrestre ! Je les ai vus dès que je suis arrivés. C'était difficile de les manquer, ils se battaient avec des sortes d'armes laser, sur le parking derrière l'hôtel. Il y avait des rayons rouges, des rayons verts. L'un d'entre eux était habillé avec une cape, comme une sorte de Jedi. Il n'y avait personne, bien sûr, à cause du couvre feu, et les gens de l’hôtel n'ont pas dû les entendre crier, parce que personne n'est sorti. Et à la fin, il y a eu un flash vert, l'autre est tombé mort, celui à la cape l'a rapidement fouillé, il a pris des papiers et il s'est téléporté.

Pénélope pâlit. Elle se représentait parfaitement la scène. Elle imaginait tout à fait ce qui s'était passé, et aussi pourquoi personne dans l'hôtel ne s'en souvenait. Personne à l'exception de Jake. Elle souleva le rideau pour regarder par la fenêtre, s'attendant presque à voir un sorcier en faction, avec cape et chapeau. C'était absurde. Le MACUSA -l'équivalent américain du ministère de la magie-, devait être capable de déguiser ses oubliators. Avait-elle croisé certains d'entre eux, alors qu'elle rentrait innocemment de son bureau ? Savaient-ils qu'une sorcière britanique résidait dans cet hôtel ? Et comment Jake avait-il encore le souvenir de la scène ?

– Qu'est-ce que tu as fait ensuite ? demanda-t-elle, la gorge serrée.

– Voir des aliens, ça n'arrive qu'une fois dans une vie. Il n'y avait que le groom de l'hôtel qui regardait de loin et qui avait l'air terrifié. Il faisait noir. J'ai mis quelque chose autour de ma tête pour qu'il ne me reconnaisse pas, et je me suis approché. Ça a dû marcher, d'ailleurs, parce que personne n'est venu m'interroger.

Pénélope ne s'était jamais intéressée au mode opératoire des oubliators, mais elle avait entendu dire qu'il impliquait l'usage de véritasérum sur les témoins direct pour identifier d'éventuels fuyards. En ne se laissant reconnaître par personne, Jake avait donc eu un très bon réflexe. Pénélope ne savait pas si elle devait se montrer fière ou inquiète de sa paranoïa. Mais cela semblait trop facile.

– Personne ? Ils n'ont pas interrogé les résidents ?

– Je n'en sais rien. Je ne voulais pas que la sécurité sache que j'étais là, tu comprends, et le groom m'aurait reconnu et dénoncé ! Je suis parti dans la direction opposée, j'ai fait le tour du quartier, et je me suis trouvé un recoin à l'écart pour examiner les affaires de l'extraterrestre. Quand je suis revenu, j'ai enlevé mon manteau et je l'ai caché sous mon pull au cas où quelqu'un l'aurait reconnu, et je suis rentré par la porte de service pour remonter ici. J'ai tout de suite filmé le fonctionnement de ce mouchoir pour garder une preuve et j'étais en train de sauvegarder la vidéo quand tu es arrivée.

Pénélope regarda sa montre. L'aiguille avait dépassé onze heure.

– Combien de temps es-tu resté dehors avant de revenir ? Deux heures ? Deux heures et demi ?

– A peu près. Je voulais être sûr que personne ne me voit près de l'hôtel. Pourquoi tu me demande ça ?

– Pour, euh... Pour savoir combien de temps la sécurité a mis pour intervenir, à peu près.

La réponse semblait stupide, mais elle n'était pas fausse. Si le personnel de l'hôtel avait subi un sortilège d'amnésie, alors le MACUSA, savait qu'un sorcier avait mis en péril le secret, et il avait envoyé des oubliators nettoyer les lieux. Or, ils avaient peut-être des détecteurs de magie. Étaient-ils passés au cours des deux heures d'absence de Jake, ou l'un d'entre eux patrouillait-il, en ce moment même, à la recherche d'indices qui leur auraient échappé ?

– Je... Je dois aller aux toilettes. Je reviens immédiatement.

C'était le meilleur prétexte qui lui était venu pour sortir sa baguette à l'abri du regard de son petit-ami. Une fois la porte refermée, Pénélope réalisa qu'il aurait mieux valu donner une envie pressante à Jake, plutôt qu'à elle-même, mais elle ne connaissait pas de sortilège pour causer cet effet de toute manière. Lancer des sortilèges de protection s'étendant, au-delà de la salle de bain, à toute leur chambre qu'elle ne voyait pas n'était pas simple, mais Pénélope n'avait pas été préfète en chef à Poudlard pour rien. Elle avait eu un an de fuite pour pratiquer ces sorts, et lorsqu'elle revint auprès de son petit ami, elle était un peu plus rassurée. Les sorts de détections du MACUSA ne leur apprendraient rien sur elle. Elle ne pouvait pas en dire autant de ceux qui avaient envoyé les deux combattants, qu'ils soient du ministère ou de la résistance, mais elle ne pouvait s'inquiéter que d'une chose à la fois.

– Tu es sûr que ça va, Penny ? demanda Jake.

Pénélope se dit qu'elle devait avoir une mine épouvantable et un comportement franchement suspect. Elle se força à sourire. Après tout, c'était Jake qui avait vu quelqu'un mourir.

– Oui, oui, très bien. Tu me disais que tu t'étais approché de ce s... de cet extra-terrestre. Il y avait quelque chose de particulier ?

Avec un sourire victorieux, Jake ouvrit un tiroir. A l'intérieur, Pénélope reconnu quelques mornilles anglaises et dragots américains, un mouchoir en tissu, une carte magnétique d'hôtel et une baguette magique.

– Tu as volé ça ?

– Je ne l'ai pas volé, il était mort et c'était par terre. L'autre lui avait retourné toutes les poches avant de partir. J'ai juste eu à les ramasser. Regarde-ça !

Jake avait pris le mouchoir, et fit couler de l'eau dessus. Il le donna à Pénélope qui sut qu'il était parfaitement sec et propre avant de le toucher. C'était l'un des articles sorciers qui lui manquaient le plus en hiver.

– Je me demande comment ça fonctionne. Je penche pour des sortes de nanites qui évaporent l'humidité et maintiennent la douceur. Et ça, dit-il en prenant la baguette, c'était son arme. Je n'ai pas encore réussi à la faire fonctionner. Il n'y a pas de gâchette, ni rien de visible dessus.

Il fit plusieurs vastes mouvements sans obtenir de résultat.

– Ils se battaient en poussant des cris, un peu comme dans le film de David Lynch, Dune.

Jake pointa la baguette vers la lampe, et cria :

– Muad'dib !

Dépité devant le manque de résultat, il baissa les bras.

– Je n'arrive qu'à me rendre ridicule, pas vrai ? Mais je te promets que des lasers en sortaient !

– Je te crois, dit Pénélope, mais je ne comprends pas pourquoi tu as gardé ces choses. Elles sont peut-être dangereuses.

– Je ne pense pas, répondit-il avec désinvolture. Ça ne t'excite pas ? J'ai la preuve que nous ne sommes pas seuls dans l'univers !

Pénélope s'autorisa à sourire de l'explication fantasque de son compagnon. Son enthousiasme avait toujours été communicatif. Elle restait cependant préoccupée par sa sécurité, et demanda :

– Ils sont arrivés ensemble ? Ils avaient l'air de se connaître ?

– Je ne sais pas. Ils se battaient déjà quand je les ai vus, et ils ne parlaient pas. Enfin, sauf pour activer leurs armes, bien sûr.

Pénélope envisagea l'hypothèse la plus grave, celle dans laquelle deux sorciers l'avaient trouvée indépendamment l'un de l'autre et l'avaient fait savoir à la fois au ministère et à ceux qui le combattaient.

– Qu'est-ce que tu vas faire, maintenant ? demanda Pénélope.

– Il y a l'adresse d'un motel sur la carte. Le Travelodge. C'est bizarre que l'autre ne l'ai pas prise, avec ses autres papiers, d'ailleurs. C'est la première chose que j'aurai faite.

Pénélope doutait qu'un sorcier de souche sache identifier une carte magnétique, mais s'abstint de le dire. La chambre du Travelodge Motel allait certainement lui permettre de déterminer qui il était, peut-être même qui le pourchassait et à qui ils avaient parlé d'elle. Jake souriait. Il était visiblement surexcité par ce qu'il pensait découvrir.

– Jake, tu ne crois pas que c'est dangereux ? Quelqu'un a déjà couvert l'affaire ici. Si on s'aperçoit que tu creuses...

– Je promettrai de me taire contre monnaie. Comme le groom en bas. Mais au moins, j'aurai essayé.

Pénélope ne pouvait pas lui révéler que le groom n'avait reçu, en fait de pot-de-vin, qu'un sortilège d'amnésie. Les américains avaient la réputation d'être intraitables sur le respect du Secret, et Pénélope ne pouvait pas se permettre d'avoir affaire à eux dans sa situation, sans compter qu'elle ne les laisserait pas effacer ses souvenirs. Son petit ami était tout ce qu'il lui restait et elle se sentait le devoir de le protéger, y compris contre lui-même. Jake la regardait étrangement. Elle se souvint qu'elle n'était pas sensée connaître l'existence du surnaturel, et que son inquiétude était un peu trop visible pour être innocente. Elle se serra contre Jake pour faire diversion, et il accepta volontiers ce câlin inattendu.

– Tu veux bien que je t'accompagne lorsque nous irons visiter son hôtel ? demanda-t-elle.

– Alors tu me crois ?

Pénélope le regarda dans les yeux, et réalisa qu'une grande partie de l'excitation de son petit-ami était en fait de la nervosité. Jake craignait qu'elle ne le croit pas, qu'elle le prenne pour un fou. Il ignorait que le corps tombé dans la neige aurait pu être le sien, qu'elle était certainement la cause de ce meurtre, même si elle ne savait encore comment. Peut-être n'avait-elle pas suffisamment joué la surprise, mais lui mentir lui pesait énormément.

– Bien sûr que je te crois. Après-tout, tu as ce mouchoir comme preuve, non ?

 

Serrée contre Jake, Pénélope prit la décision de ne pas céder à la panique, et de rester à l'hôtel au moins pour la nuit. En y repensant froidement, si les sorciers du MACUSA savaient qui elle était, ils l'auraient déjà retrouvée et interrogée. S'ils n'était pas venus, il ne fallait surtout pas les alerter par un comportement suspect. Quant à l'assassin, soit il ne faisait que suivre sa victime et ignorait tout d'elle, soit il restait temporairement à l'écart à cause du MACUSA. Dans ce second cas, cela signifiait qu'il allait revenir, et elle frissonna en songeant qu'elle risquait d'être obligée de faire pour protéger Jake. Elle ne voulait pas y penser. Demain, Pénélope allait traquer ce tueur. Pour sa nouvelle vie et pour Jake. En attendant, la nuit serait être longue.  

Note de fin de chapitre :

Le MACUSA, dont Pénélope redoute l'intervention, est le "Magical Counsil of the United States of America". La géniale Mrs Rowling a publié plusieurs articles sur Pottermore sur cette instance américaine prohibant toutes les relations entre sorciers et "no-majs".

 

Suite à une remarque d'AlbusDumbledore, j'ai corrigé le texte. C'est bien évidemment David Lynch, et pas David Fincher qui a réalisé Dune.

Merci de votre lecture !

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