S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Pourpre ou L'Envoyée Assassine par Aeda

[2 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Adela Nott est un deuxième OC qui me tient à coeur, j'espère que vous aimerez :)

 

Je signale qu'il est question de vie après la mort et de dieux, j'espère ne choquer personne et ceci n'est pas de la théologie ^^

 

Oh et, j'avais oublié, pour ceux qui suivent Notes de Musique et Vie de Serpent, on ne peut pas considérer cette histoire comme une suite mais elle contient tout de même de gros spoilers sur la vie d'Harmony Cunnan à l'âge adulte ^^'

 

 

 

 

I. La voix(e) de Gryffondor

 

 

 

Un souffle chaud dans l’obscurité. Voilà la seule façon dont ses cibles pouvaient deviner sa présence assassine. Une main gantée de soie pourpre et un éclair vert jaillissant de sa baguette. Pas même un murmure, c’est un informulé.

 

Elle attaquait toujours les nuits de nouvelle lune. Habillée de noir, gantée de pourpre. Elle répandait la mort partout où elle allait et terrorisait toute personne n’ayant pas la conscience tranquille. Ses crimes étaient toujours signés de la présence d’oiseaux ensorcelés et d’une phrase macabre. « Âmes noires et torturées, vos crimes seront châtiés. Monstres dénués d’humanité, je viens vous tuer. La Perle Pourpre. »

 

***


***

 

Adela se promenait sur le chemin de traverse. Elle ne savait pas quoi faire et finit par entrer à contrecœur au Chaudron Baveur afin d’y acheter la Gazette. Elle s’assit et commanda un jus de citrouille au barman. Les grands titres du jour qui s’affichaient en grosses lettres grasses était : « La Perle Pourpre a encore frappé ! Un magnat du commerce illégal sous le joug de la baguette du célèbre meurtrier ! »

 

Adela soupira et replia le journal qu’elle fourra négligemment au fond de son sac bleu. À chaque nouvelle lune, le même cinéma. Elle se rendit ensuite chez Weasley & Weasley afin de contempler les dernières inventions du jumeau esseulé et peut-être croiser Roxanne dans l’arrière boutique. Au long de sa scolarité à Poudlard, elle n’avait pas été très proche de Roxanne Weasley mais leurs études supérieures les avaient beaucoup rapprochées. Adela entra dans la boutique florissante de Farces et Attrapes et fit le tour des horizons. Pas de Roxanne en vue. Ni même la moindre tête rousse. Il n’y avait que Lee Jordan qui gérait l’ensemble des clients.

 

-        Bonjour Adela ! Tu es venue pour me prêter main forte ?

-        Bonjour Lee ! Non je cherchais Roxanne mais je peux t’aider si tu veux ?

-        On est dimanche en période de Noël, tête en l’air, les Weasley sont tous au Terrier ! Mais oui, je veux bien un peu d’aide.

 

Il n’était pas rare qu’elle vienne donner un coup de main dans la boutique, elle y avait fait de nombreux stages et venait souvent aider Roxanne dans la confection de potions dans lesquelles elles étaient toutes deux expertes. Aussitôt, la jeune femme remplaça Lee à la caisse et le laissa gérer les stocks et les clients. Ravie de pouvoir occuper son temps, Adela resta toute l’après-midi à aider Lee Jordan et ne put souffler qu’à la fermeture.

 

-        C’est un plaisir d’avoir une assistante comme toi pour m’aider Adela.

-        Merci Lee.

-        Tu n’étais pas obligée, tu n’es même pas rémunérée !

-        Ce doit être mon côté Poufsouffle qui ressort, mais si vous avez un poste fixe pour moi, tu sais que je ne refuserais pas.

-        On en a déjà discuté Adela, coupa Georges qui venait d’entrer.

-        Je sais Georges, excuse-moi, mais je suis encore obligée de refuser.

 

Le rouquin sourit tristement et lui proposa un café qu’elle déclina.

 

-        Nous t’offrons de voyager à travers le monde aux frais de la boutique, Adela.

-        C’est non, Georges.

 

Elle salua ses deux potentiels employeurs et s’en alla dans la nuit qui couvrait le Chemin de Traverse de ses ailes cotonneuses. Londres commençait à blanchir d’une neige douce et les décorations de Noël illuminaient les rues. Face à la boutique d’Ollivander, elle transplana sans réfléchir.

 

 

***


***

 

 

Adela contempla le manoir devant elle. Une grande bâtisse d’habitude si sombre aujourd’hui illuminée de toutes parts. On entendait même des rires cristallins percer à travers les fenêtres. Elle poussa la grille du portail et aussitôt, un elfe de maison l’accueillit à bras ouverts.

 

-        Madame Adela ! Quel plaisir de vous revoir après tout ce temps ! Monsieur Votre Père commençait à désespérer de votre présence !

-        Merci Maddy, je suis heureuse d’être rentrée. Alors, que s’est-il passé depuis mon départ ?

-        Pas grand-chose Madame Adela. Monsieur Malefoy est venu voir Monsieur Votre Père accompagné de Monsieur Scorpius et Madame Votre Grand-Mère est arrivée hier.

-        Cette vieille harpie va encore me faire la peau… Maddy, arrête de mettre des Monsieur et des Madame partout s’il te plait.

-        Mais Madame Adela, ce serait être irrespectueux.

-        Non Maddy. Lorsque nous sommes toutes les deux, je te le permets.

-        Bien Ma… Adela.

 

Adela soupira. Elle était fortement attachée aux valeurs de la S.A.L.E et désespérait de voir encore les elfes s’effacer devant elle et tous les autres, et ce n’était pas faute de les avoir libérés. Elle eut à peine passé la porte que son père l’attira vers elle et la serra si fort qu’elle eut l’impression d’étouffer.

 

-        Ma chérie, tu m’as tellement manqué !

-        Tu m’as manqué aussi, Papa.

-        Viens dire bonjour à ta grand-mère !

-        Non, laisse-moi aller me préparer avant. Cette vieille goule va encore trouver le moyen de me traiter de souillon et franchement, je n’ai pas envie de l’entendre.

-        Je sais mais…

-        Théodore, mon cher, serait-ce ta fille qui daigne enfin nous infliger sa présence ?

 

Adela soupira à nouveau. La semaine s’annonçait très, très longue. Elle tenta vainement de réajuster sa jupe bleue et sa marinière à la française puis entra dans le salon en confiant son sac à main et son caban à Maddy.

 

-        En effet, Grand-Maman, dit-elle en insistant sur cette appellation que la vieille femme détestait par-dessus tout. Mon père a choisi de vous faire un immense honneur en requérant ma présence au manoir cette semaine. Cela va sans dire que je suis absolument ravie de vous revoir.

 

Derrière, son père étouffa un rire nerveux et sa grand-mère pinça les lèvres.

 

-        Insolente en plus… Je maintiens ma position, jeune effrontée. Vous ne méritez pas de porter le noble et pur nom des Nott, ni même celui des Greengrass.

 

La jeune femme sortit aussitôt sa baguette et la pointa sur la vieille femme qui afficha un rictus sournois. Daphné, sa mère, qui n’était pas intervenue par souci d’équité, se leva soudain et s’interposa entre sa fille et sa mère.

 

-        Adela, range ta baguette et monte immédiatement dans ta chambre.

-        Mais Mère…

-        Je ne veux rien entendre. Tu monte et tu ne redescends pas.

 

La jeune femme obéit rageusement et claqua la porte derrière elle. Elle s’effondra sur son lit et lança des sorts à tout va pour se défouler. Elle appela alors Maddy qui lui déposa ses affaires puis elle sortit de son sac bleu une tablette de chocolat et se mit à la dévorer à toute vitesse. Un grincement de porte la fit se retourner vivement et elle fit face au rictus méprisant de son frère aîné, Tobias.

 

-        Alors, la mangeuse compulsive, encore en train de te faire renier ?

-        Va te faire voir, Tobias.

-        Ce n’est pas très sympa de ta part, ça.

-        Dégage !

-        Dis-moi, qu’est-ce que tu fais de ta vie, traître à ton sang ? Tu fais encore des potions pour ces Weasley répugnants ?

-        Va-t-en, sors de ma chambre, pourriture !

 

Alerté par les cris de sa fille, Théodore Nott accourut et renvoya son fils dans le salon. Il prit la jeune femme dans ses bras et la berça comme une enfant.

 

-        Calme-toi, Chérie, tout va bien.

-        Pourquoi tu m’as invitée, Papa ? Tu savais ce qu’il allait arriver ! Ils me détestent !

-        Mais non ma puce.

-        Ils me méprisent parce que je suis une Gryffondor ! Et ne le nie pas. Je m’en vais, je ne veux pas les voir une seconde de plus !

-        Non Adela, tu n’iras nulle part. Tu vas leur prouver que les Gryffondor sont forts et courageux, que tu n’as pas besoin d’eux. Cela va faire deux ans que tu n’as pas fêté Noël avec nous, reste s’il te plait.

 

Devant l’air suppliant de son père, Adela ne put qu’accepter. Aussi loin que la jeune femme puisse se souvenir, son frère aîné l’avait toujours détestée puis haïe lorsqu’elle était entrée à Gryffondor alors qu’il était Serpentard confirmé comme toute sa famille. Sa mère s’était occupée d’elle jusqu’à son entrée chez les Rouge et Or et sa grand-mère, qui fondait tant d’espoir sur elle, se rendit compte que Adela n’accepterai jamais de devenir la personne souhaitée. Il n’y avait guère que son père, Théodore Nott, qui l’avait soutenue quelle que soit la situation et il n’y avait que pour lui qu’Adela revenait vivre l’enfer au manoir. Pour lui et pour Maddy.

 

Elle appela l’elfe en question et lui demanda de la préparer pour le long et difficile dîner d’avant-veille de Noël. Celle-ci lui déposa une robe bustier courte blanche aux motifs d’hirondelles noires. Devant les sourcils froncés de sa maîtresse, Maddy argumenta.

 

-        Cette robe ira très bien à votre corps, elle vous donnera de la légèreté et s’associera avec vos cheveux noirs.

-        Merci Maddy mais j’aimerais mieux une robe à l’effigie de ma maison, tu vois ?

-        Ma jeune maîtresse voudrait-elle provoquer la vieille harpie ?

 

Adela rit franchement et acquiesça. L’elfe lui proposa alors une robe rouge sang au bustier brodé de dentelle dorée et tout un lot de bijoux en or. Cette fois, la jeune femme fut ravie de la tenue et enfila des escarpins noirs. Dans le salon, tout le monde était vêtu « à la sorcière » et cela fit enrager Astrid Greengrass, sa grand-mère maternelle, de la voir habillée « à la moldue ». La potionniste s’assit confortablement dans un des fauteuils en cuir noir puis se servit du Whisky Pur-Feu ce qui offusqua sa mère. Adela haussa alors l’un de ses sourcils noirs en direction de Daphné Nott et porta son verre à ses lèvres carmin avec provocation.

 

-        Vous buvez de l’alcool, Adela ? demanda Astrid.

-        Oui, Grand-maman. Cela vous offusque-t-il ?

-        Il n’est pas convenable d’une jeune femme de votre âge de boire un alcool aussi fort.

-        Ah oui ?

 

Adela commença à boire en fermant les yeux, appréciant la brûlure du Whisky dans sa gorge. Arrivée à la moitié, elle s’arrêta pour écouter la remarque d’Astrid Greengrass.

 

-        Vraiment, non. C’est irresponsable de la part de votre père de vous laisser boire de la sorte.

 

Théodore Nott voulut intervenir et protester d’une quelconque façon mais sa fille l’arrêta.

 

-        Premièrement, Grand-maman, je ne suis pas votre pantin et si j’ai envie de boire, je bois. Deuxièmement, mon père n’est pas irresponsable. Après tout, il a toujours refusé de s’associer à Voldemort contrairement à ce que son père voulait et ce que vous, vous auriez voulu s’il avait déjà épousé ma mère à cette époque. Et puis, il vous a sauvé de la ruine et de la disgrâce lorsque vous avez eu besoin de lui. Troisièmement, j’ai vingt-trois ans et je suis donc majeure. Il n’a plus à surveiller ma conduite comme si j’étais une adolescente amoureuse de la débauche. Pour reprendre une vieille expression moldue, je suis majeure et vaccinée donc responsable de mes actes et, que cela vous déplaise ou non, je fais ce que je veux.

 

Cela eut l’avantage de fermer le claquet de la vieille femme mais Adela comprit bien qu’il fallait qu’elle s’attende à des représailles. Soucieuse de détendre l’atmosphère, Maddy annonça que le dîner était prêt à être servi.

 

-        La mangeuse compulsive va pouvoir assouvir sa faim, lança Tobias. Effectivement, travailler pour les traîtres à leur sang doit être éprouvant.

-        Tobias, je t’interdis de parler comme ça ! rabroua le père de famille. Les Weasley sont des gens respectables et leurs valeurs sont bien plus honorables que tu ne le penses ! Tu n’es pas autorisé à juger les gens sur leur sang.

-        Ai-je bien entendu ? coupa Astrid. Adela, vous travaillez pour les Weasley ?

 

La jeune femme regarda sa grand-mère. Elle laissa s’écouler deux secondes de silence morbide puis sourit de toutes ses dents blanches et bien alignées. La vieille femme fronça les sourcils, étonnée et offusquée d’un tel manège.

 

-        Non Astrid. (La harpie hoqueta.) Je ne travaille pas pour les Weasley. En revanche, j’aide régulièrement Georges, Angelina et Lee Jordan à tenir la boutique. Je les aide parce qu’ils sont mes amis et que cela me fait plaisir. Mais je ne crois pas que vous ayez un jour connu le bonheur que procure le don de soi à autrui. Vous n’avez jamais rendu une personne heureuse, pas même votre mari. C’est pour ça qu’il s’est donné la mort, n’est-ce pas ? Il n’était pas heureux avec vous.

 

Astrid Greengrass, à la peau d’habitude si blanche, devint rouge Gryffondor, pour le plus grand plaisir de son gendre et de sa petite fille. Elle tentait de garder son calme avec toute la maîtrise de soi dont elle pouvait faire preuve. Daphné se leva et prit sa mère dans ses bras. D’un coup de baguette, elle jeta un Silencio à sa fille afin qu’elle ne fasse plus de remarques dans ce genre. Tobias, qui avait observé la scène avec un détachement propre à sa petite personne, devint livide en voyant la flamme assassine traverser le regard de sa petite sœur.

 

Adela contempla avec délice l’effroi naissant et grandissant de son frère, de sa mère et de sa grand-mère. Pourtant, la situation n’évoluait pas.  Personne n’osait bouger. Théodore Nott, dont le regard passait sans cesse de sa fille à son épouse, semblait être figé sur place. Tobias Nott était simplement pétrifié de peur – le courage du Serpent –, Astrid Greengrass semblait partagée entre le désir de tuer sa petite fille, la répudier définitivement ou la détruire à coup de Doloris quant à Daphné Nott, elle se contentait de fermer les yeux en attendant la provocation en duel, tenant fermement sa mère entre ses bras.

 

La jeune Gryffondor se leva et rendit son plus beau sourire. Elle lança d’une voix qu’elle voulait enjouée mais détachée :

 

-        Bien, et si on passait à table ? C’est presque Noël après tout !

 

Daphné sursauta en entendant la voix de sa fille, comme le reste de sa famille. Elle regarda son mari puis son fils et sa mère mais personne ne tenait sa baguette et n’avait pu libérer Adela de son sortilège de Mutisme. Cette dernière, en revanche, arbora un air innocent en rangeant sa baguette dans une poche cachée de sa robe. Astrid n’avait rien vu mais Tobias à qui la scène n’avait pas échappé dévisagea sa petite sœur d’un air hagard. Lui-même, plus âgé, ignorait que le contre-sort du Silencio pouvait être lancé en informulé.  

 

La pièce sembla sortir de sa torpeur et le bruit saccadé des respirations retenues par la peur résonna petit à petit. Doucement, Tobias se leva à son tour, se déplaça lourdement vers la salle à manger et s’affala sans la moindre élégance sur l’une des chaises d’acacia. Daphné fut la suivante, rapidement suivie de son mari. Comme la vieille femme paraissait ne pas pouvoir se lever, Adela lui tendit la main d’un air encourageant. Astrid regarda la main de sa petite-fille comme s’il s’agissait d’une bouse de dragon.  Elle eut un rictus de dégoût qui amusa la jeune femme.

 

-        Astrid, tendre la main à une personne qui en a besoin, nous appelons ça la charité. C’est l’une des nombreuses qualités qui caractérisent les Gryffondor et accepter de reconnaître que l’on a besoin d’aide n’a jamais tué personne. Alors ravalez votre orgueil de Serpentard et prenez ceci comme une trêve temporaire entre nous, comme un traité de paix relative à l’approche de Noël.

 

Astrid Greengrass n’eut d’autre choix que d’accepter la main tendue de sa fille, bien que cela blessât énormément son égo. Comme un épais silence régnait, uniquement distendu par le tintement des couverts, Adela lança la conversation.

 

-        Les Malefoy viennent-ils cette année ?

-        Oui Adela, commença Tobias. Nous recevons demain matin Narcissa, Drago, Astoria et Scorpius Malefoy. Ils viennent une année sur deux et nous nous rendons chez eux l’autre année. Il s’agit de ta grand-tante, ton oncle, ta tante et ton cousin. Tu sais, il a le même âge que toi et il est avocat.

 

La jeune femme tira puérilement la langue à son frère et continua.

 

-        Mère, cela fait combien de temps que tu n’as pas vu ta petite sœur ?

-        Deux mois, chérie.

-        Pardonne ma curiosité mais quels liens entreteniez-vous à Poudlard ? Toi, Papa, Drago et Astoria ?

-        C’est compliqué, chérie.

-        Nous avons tout notre temps.

 

Daphné soupira et Théodore s’intéressa brusquement à la constitution de son morceau de dinde et à la composition de la sauce qui l’enrobait.

 

-        Eh bien je m’étais entichée de Drago mais ça n’a jamais été sérieux. Ton père… ne le fréquentait pas vraiment.

-        Pas du tout, corrigea Théodore.

-        Astoria était à Serdaigle et n’allait pas… très bien. Notre père nous battait beaucoup et elle, de part sa répartition chez les aigles, subissait davantage que moi. (Adela parut horrifiée.) Drago est tombé amoureux d’elle lors de notre sixième année. Comme tu le sais, il était sous les ordres de… (Daphné déglutit difficilement.) Voldemort et tout a été très compliqué cette année là. Lui Mangemort, il lui a été impossible de voir Astoria pendant un temps. Durant notre septième année, nous avons continué nos études et je me suis rapprochée de ton père qui passait ses journées à la bibliothèque pour éviter les Carrow. Ils haïssaient cet endroit. Lui a décidé d’aider Londubat, Weasley et Lovegood et d’intégrer la nouvelle Armée de Dumbledore. Je ne l’ai pas suivi. Lorsque… (Daphné déglutit encore.) Voldemort est définitivement mort, nous avons reprit nos études plus ou moins normalement et tous les élèves ou presque ont refait leur année. Drago et Astoria ont pu sortir ensemble, c’était très sérieux et ton père et moi avons fini par… tomber amoureux. Et voilà le résultat.

-        C’est un beau résultat, maman.

 

Non, Adela n’avait eut pas le cœur de faire une remarque sarcastique à sa mère. Ni même à sa grand-mère. Dans son grand lit, elle regardait le plafond, son plafond ensorcelé comme celui de la Grande Salle, à Poudlard. Il neigeait dans sa chambre, il neigeait dehors. Les flocons glacés n’atteignaient jamais le matelas ou le plancher mais, dans le vaste jardin, la neige purifiait tout d’un grand manteau blanc sur son passage. Toute la maison était endormie. Prise d’une idée folle, elle se saisit de sa robe de chambre et de sa baguette puis sortit le plus silencieusement possible dans le jardin à la française du manoir Nott. Sur le palier, elle fut prise d’un frisson mais ne rebroussa pas chemin et enfonça ses pieds dans la neige. Le fin croissant de lune qui surplombait le ciel n’éclairait pas les cheveux noirs de la jeune femme.

 

Un léger mouvement fit sursauter Adela. Un bruissement de sabot contre la poudreuse qui craquelait. Empoignant fermement sa baguette dont l’extrémité s’alluma, elle observa autour d’elle mais ne vit rien. Nouveau craquement. Cette fois, la jeune femme conjura un bouclier autour d’elle et ferma les yeux, maîtrisant son souffle. Un, deux. Le bruit se rapprocha de son dos et elle se retourna très lentement… et se retrouva nez à nez avec un gronian, un beau gronian au pelage argenté et aux yeux lavande tirant sur le gris. Pour avoir étudié les créatures magiques à Poudlard, Adela adopta immédiatement les mesures de courtoisies indispensables. Elle le regarda dans les yeux et fit une profonde révérence à la créature qui le lui rendit après quelques secondes durant lesquelles il la regarda suspicieusement. Rassurée, la brune tendit la main et le cheval ailé se laissa caresser. Nouveau craquement. Elle se retourna brusquement, surprise, et fit face à son père.

 

-        Je vois que tu as fait connaissance avec cette belle créature. Tu t’y prends beaucoup mieux que d’autres.

-        J’ignorais que nous avions un gronian.

-        Il ne nous appartient pas. Il vit dans la forêt de derrière et vient s’abreuver au lac. Je ne l’avais jamais vu dans le jardin. Je n’ai jamais pu le toucher, non plus. On dit qu’ils sont attirés par les personnes ayant vu et vaincu la Mort.

-        C’est un cheval ailé très rapide, il vit habituellement en horde, pourquoi est-il seul ?

-        Je l’ignore.

 

Un silence lourd s’installa.

 

-        Ne restons pas là, tu vas prendre froid, ma chérie.

 

Comme pour approuver les propos de son père, Adela frissonna et éternua. Théodore la conduit dans le salon et héla Maddy pour qu’elle leur prépare un irish coffee. Lorsque la petite elfe revint, ils étaient tous deux installés dans un fauteuil, ne sachant trop quoi dire.  Le père ouvrit la bouche puis la referma, hésitant à lâcher à sa fille une parole qui ne lui plairait pas.

 

-        Tu sais, je ne t’ai pas seulement invité pour que tu voies ta famille.

 

Adela haussa un sourcil et but sa première gorgée de café irlandais.

 

-        Il y a plein de choses que je dois te dire et… tu dois me promettre de ne pas d’énerver. (Adela opina du chef.) La première concerne la soirée de demain. Astrid, Daphné et Tobias avaient interdiction de t’en parler mais… Il n’y a pas que les Malefoy qui viennent. Il y a aussi Blaise Zabini et sa fille Mona. Non je sais que tu ne l’aimes pas et qu’elle est trop jeune mais comprends bien que nous allons fêter les trente ans de la mort du … de Voldemort. C’est très important pour nous tu sais.

-        Je vais devoir supporter cette peste hystérique de Mona ?

-        Oui chérie. Ainsi que ta grand-mère et la fiancée de ton frère.

 

Cette fois, Adela manqua de s’étouffer. Elle toussa un moment puis reprit ses esprits, bien qu’elle parût complètement abasourdie.

 

-        Tobias est fiancé ? Mais vous vous foutez de moi dans cette maison ? Quelle idiote voudrait de ce type aux idées démodées et étriquées dignes de Voldemort ?

-        C’est Phaulia Goyle, la fille de Gregory Goyle.

 

Adela blanchit. Phaulia Goyle était une jeune fille à peine sortie de Poudlard, entrée en première année à Serpentard quand la jeune Nott entrait en quatrième année. Elle ressemblait comme deux gouttes d’eau à sa mère et était donc très mince, squelettique voire rachitique et possédait un visage de rapace. Sa méchanceté et son attachement aux vieilles valeurs Sang-Pur avaient fait le tour de l’école en à peine une semaine et la jolie fortune des Goyle dont elle avait hérité à la mort de son père n’avait pas bougé de son coffre à Gringotts tant elle était pingre. La seule chose qu’Adela se demandait c’était comment son frère avait bien pu se retrouver enchaîné à une harpie comme elle car même si Tobias avait été – et était toujours – le bourreau de son enfance, elle avait de la peine pour lui.

 

-        Comment est-ce que ? Quand ? C’est un mariage arrangé ?

-        Ils se sont fiancés en novembre, le mariage est prévu pour le 4 janvier. Ce n’était pas arrangé et je suis dans l’incapacité de comprendre cette union, crois-moi. J’ai essayé d’en parler à Tobias mais il refuse de s’expliquer.

 

Adela fut bien tentée de demander davantage d’explications mais, d’un regard, son père lui fit comprendre qu’elle n’en saurait pas plus. La discussion se tourna ensuite vers des sujets moins passionnants mais non moins amusants et, interloquée, Adela remonta dans sa chambre et se renfonça dans ses couvertures désormais froides. Décidément, elle allait de surprises en surprises. Les gronians sont attirés par la Mort, tout comme les Sombrals, selon Théodore ; son frère était fiancé à une personne peu recommandable ; son père avait failli dire « Le Seigneur des Ténèbres », expression réservée aux Mangemorts. La jeune fille, perspicace et un peu conspirationniste, était persuadée qu’on lui cachait quelque chose.

 

Malgré sa courte nuit, Adela fut ce matin-là la première levée. Vêtue simplement d’une robe de lin blanche, elle descendit au petit-déjeuner et se constitua un solide repas. Maddy fut ravie de voir sa maîtresse en si bon appétit et lui resservit trois fois du bacon. Après cela, personne n’était encore levé aussi elle se changea et s’habilla chaudement pour visiter la forêt, espérant croiser à nouveau le bel étalon, ailé. Elle fut cependant stoppée par « Mamie la Harpie » qui s’empressa de lui demander où elle allait, vêtue de la sorte. Elle râla ensuite sur le fait qu’une jeune femme de sa condition n’avait ni à porter un pantalon ni à sortir tôt le matin pour jouer dans la neige comme une fillette juvénile.

 

C’est donc à contrecœur qu’elle remit sa robe de lin et attendit, droite et fière, l’arrivée des invités dans le hall. Si Maddy se chargeait discrètement de les faire entrer en ouvrant le portail, Adela, elle, devait les accueillir, les décharger de leurs manteaux, les emmener jusqu’à Daphné et Astrid, qui gardaient le salon comme deux statues de cire, afin qu’ils saluent les deux grandes dames de la maison puis les guider jusqu’à leurs chambres. Et si Adela devait se charger d’un tel travail « peu honorable pour une Sang-Pur » c’était parce que les elfes n’étaient pas autorisés à se montrer aux invités et que les Nott n’avaient plus de domestiques depuis bien longtemps.

 

Adela s’assura que sa robe – moldue – n’était pas froissée, que ses manches étaient correctement pliées, que ses sandales n’étaient pas sales, que ses cheveux étaient correctement coiffés, que ses mains étaient propres et, alors qu’elle terminait sa vérification, la petite voix de Maddy susurra à son oreille que la famille Malefoy, à savoir Drago, Astoria, Scorpius et Narcissa, arrivaient à la porte. Ravie de n’avoir à affronter ni Zabini, ni Goyle, la Gryffondor ouvrit, un grand sourire sur ses lèvres nacrées. Astoria était la première et serra la jeune fille dans ses bras avant même qu’elle ne put dire quoi que ce soit.

 

Astoria était une Serdaigle mais personne ne savait pourquoi. Astoria avait la peau diaphane, les cheveux noirs de jais, les yeux bleus azur, le corps gracile et ressemblait à un ange. Astoria aimait son fils et son mari comme personne n’avait jamais aimé et avait appris à voir à nouveau sa mère comme une femme et non comme un monstre et sa sœur comme une mère et plus comme une « couche-à-tout ». Astoria connaissait l’enfer de n’être plus rien parce que pas répartie à Serpentard et Astoria avait toujours soutenu Adela lors de sa scolarité à Poudlard en lui envoyant des lettres de soutien et des cadeaux. Pour Adela, Astoria était une sœur, une seconde mère, une amie.

 

Narcissa était la seconde. Narcissa était Serpentard mais personne ne savait pourquoi. Narcissa avait la peau pâle, les cheveux blonds platine, les yeux bleus clairs, le corps mince et rappelait la neige par sa pâleur omniprésente. Narcissa aimait sa famille, son mari enfermé à Azkaban, comme personne ne pouvait aimer les Malefoy et avait appris à revivre sans Lucius, à s’ouvrir au monde. Narcissa connaissait l’enfer de ne pas être chez elle dans son propre manoir et Narcissa n’avait jamais soutenu Adela. Pour Adela, Narcissa était froide, vaniteuse et méprisante mais admirable.

 

Scorpius était le troisième. Scorpius était Serpentard et tout le monde savait pourquoi. Scorpius avait la peau blanche, les cheveux blonds presque blancs, les yeux gris très pâle, le corps d’un jeune homme et ressemblait, lui aussi, à un ange. Scorpius aimait sa mère mais ne le montrait pas et avait appris à vivre au-delà des préjugés de son père. Scorpius ne connaissait rien à l’enfer mais ne se montrait jamais méprisant avec personne. Pour Adela, Scorpius était le cousin avec qui elle avait grandi mais toujours un mystérieux étranger.

 

Drago était le dernier. Drago était Serpentard jusqu’au bout des ongles et l’avait excellemment prouvé tout au long de sa vie. Drago était surnommé « le bonhomme de neige » par Adela petite et était physiquement identique à son fils. Drago aimait sa femme et sa mère plus que tout au monde mais se gardait bien de leur dire et avait appris à vivre malgré la marque noire qui lui sillonnait le bras, malgré son passé noir comme les cheveux d’Astoria. Drago connaissait mieux que quiconque l’enfer de ne pas être à la hauteur des espérances de quelqu’un et avait toujours encouragé sa femme à soutenir Adela. Pour Adela, Drago n’avait pas eu de chance dans la vie mais méritait qu’on l’aime.

 

Adela débarrassa les invités de leurs affaires que Maddy emporta sans être vue. Elle les guida dans le salon où Daphné et Astrid attendaient patiemment. Astoria et Narcissa les serrèrent chaleureusement dans leurs bras dénudés, Scorpius et Drago se contentèrent d’un baisemain. Adela les emmena ensuite dans leurs chambres respectives où leurs affaires avaient été déposées. Tobias et Théodore ne daignèrent pas se montrer. Un hibou des Zabini arriva et dans leur lettre, ils s’excusaient d’être retardés et de n’arriver que dans l’après-midi. Daphné choisit d’accueillir elle-même Phaulia Goyle, pour le plus grand plaisir de sa fille, un sourire extrêmement hypocrite sur le visage.

 

-        Phaulia ! Quel plaisir de vous revoir, trésor ! Vous nous avez manqué, vous et votre sourire rayonnant !

 

Note de fin de chapitre :

A suivre !

A très bientôt pour le prochain chapitre intitulé "L'amour de Scorpius"

 

Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.