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News

128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Frivolité par Bevy

[10 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Ceci est ma participation au concours de princesse « Tatoo…l’art dans la peau » .
Le thème est évidement le tatouage, sa perception, ...dans le monde des sorciers !
Voici les conditions du concours :
Ainsi, au niveau des contraintes, qu’est-ce que ça donne exactement ?!
- Vous pouvez utiliser n’importe quelle époque et n’importe quel personnage pour planter votre décor, et votre histoire.
- Vous pouvez choisir librement le tatouage de votre personnage, ainsi que son histoire, mais vous devez expliquer le symbolisme de ce tatouage et ce qu’il représente pour votre personnage, et pourquoi il a décidé de se le faire tatouer.
(ex: Si Harry Potter avait réellement eu un Magyar à Pointes tatoué sur le torse :lol: , vous auriez dû expliquer pourquoi le Magyar, et pourquoi le torse !)
- Cinq des douze mots suivants seront obligatoires à placer => pigments, henné, scarification, social, celtique, traditionnel, subtilité, ethnie, marque, pointilliste, estampe…
…Et mention très spéciale pour ceux qui réussiront à placer le mot «horimono » , qui signifie littéralement la sculpture en Japonais, mais qui désigne plus communément le Tatouage.


- Dernière contrainte : cela serait intéressant de retrouver dans votre fiction l’étymologie du mot Tatouage, qui est la suivante : « Le mot vient du Tahitien ‘tatau', qui signifie marquer, dessiner ou frapper et dérive de l'expression « Ta-atouas ». La racine du mot, ‘ta’ signifie « dessin » et ‘atua’ signifie « esprit, dieu ». »
Libre à vous de l’exprimer comme vous le désirez dans votre fiction… soit vous pouvez la laisser telle quelle comme information, soit vous pouvez la romancer ou la synthétiser. Faites comme bon vous semble !
- La fiction comptera minimum 500 mots jusqu’à un maximum de… 10 000 mots pour les plus audacieux ; ) et tous les formats sont acceptés (comme les drabbles ! )
Note de chapitre:

Le résumé est extrait de la chanson « Tatoue moi » de Mozart Opéra Rock. Je pense qu’on l’a tous assez entendu à la radio et à la TV^^. J’ai juste mis la « citation » au féminin, pour le coup, vu que le texte est du POV de Juliet Edgecombe, ma petite OC chérie. Aussi la grande sœur de la canonique Marietta Edgecombe et meilleur copine d’Adrian Pucey ( aussi canonique).
Merci à princesse pour son concours qui m’a permise de réécrire de l’inédit long pour mon couple de chouchous ! ça me manquait !
Un méga big hug à ma béta et copine Lilimordefaim qui m’a conseillée et corrigée pour l’occasion. Pardieu, on en a parlé de ce concours et en voici le résultat. Et n’hésitez pas à aller lire sa participation sur Teddy Lupin quand elle la mettra en ligne. Elle déchire.
« Tu es sûre que ça va aller ta cheville. Tu boitais drôlement quand même, fait remarquer Lee.
- Y’a pas de raisons. J’ai déjà connu pire comme gamelle. Vraiment, t’inquiète pas. »
Néanmoins, lorsque Juliet pose sa cheville sur la table basse, elle ne peut retenir une grimace.
« On va faire ça à la moldue, d’accord ? propose Lee. C’est-à-dire, des glaçons et une serviette pour désenfler tout ça. Mais si demain ça te fait toujours mal, va voir un Médicomage …
- Je n’ai pas vraiment le choix, je reprends le boulot dans deux jours et je ne compte pas servir les clients en sautant sur une jambe.
- On peut oublier la virée à la plage. Désolée Cassie, mais ta maitresse n’est pas en état de crapahuter dans les rochers. »


Le labrador noir regarde très sérieusement le jeune homme avant de reposer sa truffe sur ses pattes. Juliet se penche et tend le bras pour lui gratter le derrière des oreilles. Lee s’est éclipsé dans la cuisine et elle peut entendre l’eau couler.


« On ira la semaine prochaine fifille. Je n’ai pas plus envie que toi de rester enfermée ici. Dès que ça ira mieux, on retournera à la plage. Promis. »


Se redressant, la jeune femme se laisse aller dans le canapé. Juliet ferme les yeux et n’a aucun mal à imaginer la salle d’attente blindée du Médicomage : les enfants braillards, les adultes excédés, les petits vieux plaintifs souffrant de tous les maux existant. Sans compter l’attente et l’inconfort des sièges. En plus, il y avait toujours une désagréable odeur de chou brulé dans le cabinet de son Médicomage. La sorcière d’accueil de Saint Mangouste l’enverrait sans doute paitre, sans une once de subtilité, ne considérant pas une entorse comme un accident magique majeur. Les Médicomages en service, lui rappellerait-elle, avaient de vraies urgences, nécessitant une intervention plus sérieuse qu’un sort de désenflage et une potion contre la douleur. Juliet aurait pu la faire elle-même. Elle se souvient l’avoir étudiée en cours, mais son stock d’ingrédients est quasiment à sec. En plus sa préparation demande de la concentration. Elle ne souhaite pas en plus finir intoxiquée par sa propre potion.


« Tiens, tes glaçons. »
Juliet rouvre les yeux et chasse les mèches blondes qui lui cache la vue.
« La flemme de me relever. Tu m’aides ?
- Appelle-moi Docteur Ross, ça sera plus simple, rigole Lee en lui tendant la main pour qu’elle puisse se rassoir.
- C’est qui ce Ross ?
- Oh, tu ne connais pas Doug Ross* ? La série télé avec les médecins beaux gosses à la vie toujours très compliquées, ironise Lee.
- Non, ma Télévision a rendu l’âme. Le moldu qui habitait là me l’a vendue à un prix dérisoire. Il ne s’en ait pas débarrassé pour rien. Elle est plus là pour la forme, si je dois faire entrer un de mes voisins. Quand je suis chez Coleen, on regarde parfois la télévision, mais on préfère sortir voir un film au cinéma. C’est mieux que ce petit écran ridicule.
-Tu ne perds pas grand-chose, vraiment. Mais évite de le dire devant ma mère, elle croit que j’adore regarder ça avec elle.
- Pourquoi tu le lui fais croire alors ?
- Ça lui fait plaisir. Et ça me donne un prétexte pour manger chez elle à l’œil.
- Et moi qui pensais que tu faisais ça dans l’unique but d’être un gentil garçon, rigole Juliet. Bon, je m’occupe de cette cheville maintenant.
- Je vais nous préparer du thé et une assiette de biscuits. Apelle si tu as besoin.
- J’y compte bien, c’était ton idée le roller. »


Juliet s’assure néanmoins que son petit ami a bien saisi la plaisanterie. Lee n’est pas du genre à s’offusquer pour un rien, mais leur relation reste encore tendue, même s’ils se sont promis de faire table rase de leurs disputes passées.


« Dans ce cas, je suis votre humble serviteur, Milady. »
En enlevant sa chaussette, Juliet grimace une nouvelle fois. Elle l’expédie en boule à côté des rollers, ces drôles de chaussures moldues à roues dont Lee lui a vanté les mérites. Les glaçons la soulagent immédiatement. Attrapant sa baguette sur la table basse, la jeune femme fait atterrir à côté d’elle la bande adhésive magique de « Grande ‘Ma la bonne sorcière ». La marque de Grande’Ma est plus chère mais de bonne qualité, ses bandes adhésives se dégradent avec un simple sort, n’abimant ni la peau, ni les tissus en cas de petits bobos. C’est du moins ce que vantent les publicités de la Gazette.

Ainsi Juliet est sûre d’avoir les mains libre le temps que les glaçons fassent effet. Elle ne sera pas contrainte de rester assise comme une empotée.


« Le goûter est servi ! annonce Lee avec entrain, un plateau à la main. »
Cassie le suit la queue battante, la faute aux biscuits au beurre.
Juliet sert le thé dans les deux tasses et donne au passage un biscuit à la chienne.


***



Une fois leurs tasses vides et la boite de biscuits bien entamée, la jeune femme constate que sa cheville l’élance déjà moins.

« Tu me montres ce que ça donne ? J’aimerais voir si c’est en voie de guérison avant de partir…
- Tu ne passes plus l’après-midi avec moi ? demande Juliet d’une voix boudeuse. Je boîte en plus.
- Je te l’ai dit, j’ai une grosse émission demain. J’ai des choses à revoir et on n’a pas encore le planning complet des interviews et des matchs. Si vraiment tu as trop mal, tu…
- Le match d’ouverture des Pies de Montrose, c’est ça ? Disolve ! »

La bande disparait. Lee a maintenant le nez plongé dans un agenda en imitation de cuir de dragon.


« Je n’en saurai pas plus avant demain, on est toujours prévenu au dernier moment avec les Pies. Et vu le chargé de com’ qu’ils ont…ah, mais j’avais noté que tu prenais une semaine à la fin du mois. On pourra retourner à Blackpool ce week-end-là, si tu veux ? »


Juliet suspend son geste, une main autour de la serviette détrempée.


« Je croyais que tu détestais cette station balnéaire. Notre dernier séjour là-bas était…
- Oui mais toi tu l’aimes bien. Et on est hors saison. Tu devrais survivre à un week-end pluvieux non ? rigole-t-il.
- C’est pas ça. J’ai décalé mes vacances pour pouvoir passer quelques jours en Allemagne avec Marietta et maman. On lui a réservé un Portoloin pour Berlin. Si on a le temps, on ira même voir Häuschen*.
- Häu quoi ?
- Häuschen, reprend Juliet. C’est l’école de magie allemande. Elle va jusqu’au BUSEs. Après, les élèves partent en patronage pour terminer leurs études. Enfin, Maman y est resté jusqu’à ses treize ans avant de partir vivre en Angleterre. Mais ne t’inquiètes pas, je nous ramènerai de la bière traditionnelle. Quoi ? »


Lee ne l’écoute plus et la fixe d’un air curieux.


« C’est quoi à ta cheville ?
- Oh ça, c’est mon cadeau de Noel. J’avais envie d’un tatouage. Il est joli, non ?
- Tu aurais dû mettre plus de couleur. Puis les fleurs, c’est un classique, dit Lee d’un air neutre.
- Tu aurais préféré une pinup qui fait un clin d’œil aguicheur. C’est ça ? rigole Juliet. Quand même pas un vif d’or ou un souafle ?
- Je ne me souvenais pas que tu voulais un tatouage. C’est tout. Cet été, ta lubie, c’était de te faire percer le nombril.
- Oh ça m’est passé. Adrian connait un mec qui s’est retrouvé avec une infection à ça de l’œil, explique-t-elle en pointant son doigt à quelques millimètres de son œil gauche. Je n’ai pas envie de me retrouver avec des plaques rouges ou des boutons.
- Je trouvais le piercing plus sexy que ton tatouage. Puis te connaissant, dans six mois, tu n’en voudras plus, prédit Lee avec une certaine raideur.
-Et alors ?»


Juliet soupire. Lee l’agace avec son drôle d’air. Qu'il n'aime pas, elle peut le comprendre. Qu'il exprime son mécontentement, passe encore. Mais au moins il pourrait y mettre les formes, ou trouver des arguments qui tiennent la route. Lee montre une telle aversion contre son tatouage, qu'elle le soupçonne de le comparer en secret à la Marque des Ténèbres. Elle sait que beaucoup de gens associent le tatouage à la terreur et à la mort. Particulièrement Lee, qui a participé à la Résistance, à Potterville et à la Bataille de Poudlard. C'est justement la raison pour laquelle elle a choisi un motif simple et positif. Sa fleur est dénuée de toute symbolique, c'est juste pour embellir sa cheville. Juliet a même insisté auprès du tatoueur pour qu'elle soit semblable aux tatouages moldus, pour ne pas attirer l’attention sur elle. Tout ça, elle est prête à l'expliquer à Lee, mais ce dernier continu d'observer sa rose comme une tranche de lard ayant séjourné trop longtemps dans le garde-manger.

Tandis qu’il donne les derniers biscuits à Cassie, Juliet verse le restant de glaçons dans les tasses vides.


« Je retourne à la cuisine, je te ramène le cendrier ?
-Pas la peine. J’ai presque réussi à arrêter. »


A force de s’entendre dire qu’elle y laisserait sa peau, ses poumons et son budget, elle a réussi à baisser considérablement sa consommation. Lee y était arrivé avant elle, d’ailleurs. Qu’il n’ait pas rechuté l’encourage à penser qu’elle arrivera, un jour prochain, à se passer de nicotine.


« Cool, je ne serais pas tenté comme ça. »


Lorsque Lee est de retour dans le salon, Juliet se saisit du dernier Sorcière Hebdo. Il l'a un peu irritée, alors elle décide de jouer les indifférentes pour quelques minutes au moins. Il l'a bien mérité ! Et ce sera l'occasion pour elle de lire l’article sur Les Ramoneurs De Menhirs*, ce groupe celtique qui cartonne déjà outre-mer. A force d’entendre leurs tubes à la radio, elle voudrait bien voir la tête qu’ils ont. Peut-être même acheter des places de concerts pour aller les voir, à l’occasion.


« Quand même, ça t’a pris comment cette envie de tatouage ? Je vais quand même le voir quasiment tous les jours.
- Parce que ma cheville est ta partie préférée de mon anatomie ? Ne me dis pas que tu es devenue un fétichiste des pieds ? »
Juliet achève sa question en haussant le sourcil en même temps qu’un sourire étire ses lèvres à l'idée que Lee soit devenue un maniaque des orteils. De toute façon, bouder ne la mènera nulle part, alors elle préfère prendre l’entêtement et le scepticisme de Lee avec bonne humeur. Si elle prend la chose trop au sérieux, c'est bon pour finir en prise de tête comme avant.
« Quoi je n’ai pas le droit d’être un peu curieux ?
- Arrête de me souffler dessus Lee. Tu me déconcentres !
- Herbiers en folie, notre nouvelle tendance du printemps deux mille, lit le jeune homme par-dessus son épaule. Mesdames, le printemps arrive ! Mettez vos gants et à vos outils de jardin. Plus besoin d’avoir un jardin pour laisser libre cours à … »
- C’est bon, t’as gagné ! En prenant un verre avec un ami tatoueur de Mason, ça m’a donnée envie de m’en faire un. En plus, Gordon connait vachement bien son boulot et il a pris le temps de m’expliquer pleins de choses comme le fait que c’est tahitien et que ça vient du mot « tatau ». Qui veut dire marquer, dessiner et ça dérive de l’expression « Ta-ouatas ». « Ta » signifie « dessin » et « atua » veut dire « esprit, dieu ». Il m’a même permis de…
- C’est sympa de sa part en effet. Il n’était pas obligé de se donner toute cette peine pour te convaincre. »


Lee a brutalement retiré son bras de ses épaules. Juliet se sent doublement vexée. Déjà parce qu’il a interrompu ses explications. Son exposé est-il si soporifique ? Pourtant, elle a pris beaucoup de plaisir à en discuter avec Gordon, ses explications l'avaient vraiment intéressée. Et comme le dit souvent sa mère « Tout homme s'enrichit quand abonde l'esprit. ». Apprendre des choses à la fois distrayantes et savantes reste quand même plus amusant que de connaître par cœur la chronologie des guerres de géants ! Mais elle est d'autant plus irritée par l'interruption brutale de Lee. Il lui a coupé la parole avec une raideur qui ne lui ressemble pas.

Il y a quelques minutes, ils étaient confortablement installés et même avec sa cheville douloureuse, elle passait une très bonne après-midi avec son petit-ami. Par Morgane, quel Billywig l'a piqué ? Juliet sait que si elle lui demande des explications, la discussion va mal tourner, mais c'est plus fort qu'elle.


« Qu’est-ce que tu veux dire par là ? demande-t-elle.
-Que Mason a dû lui prémâcher le boulot, répond Lee en montant d’un ton.
- Que Mason lui a prémâché le boulot, répète lentement Juliet en refermant son magazine sèchement. Qu’est-ce que Mason a avoir là-dedans ? Il ne m’a obligée à rien, je te signale.
- Sans doute qu’il a dû te dire que les tatouages sont cool, tendances et sexy ! s’exclame Lee. Et son copain a achevé de te vendre l’affaire comme il t’aurait vendue une énième babiole ou paire de chaussures. Cette histoire d’étymologie, ce n’est qu’un attrape nigaud pour faire croire aux gens qu’ils font un truc spirituel et intelligent. Alors qu’ils se font juste injecter dans la peau des pigments dont tu ne sais rien. T’y as pensé, aux saletés qu’il t’a balancées dans le sang pour que ta rose soit aussi bleue ?
- Dis franchement que je suis stupide et influençable ! Tu économiseras ta salive.
-Je n’ai pas dit ça, J’ai…
-Tu as dit que dans six mois je me ferais enlever mon tatouage et que je gobe tout ce qu’on me dit. On en revient au même. Si c’est pour m’insulter, tu peux rentrer chez toi tout de suite. »


Juliet s’est levée, comme pour l’inviter à prendre la porte et à transplaner. Elle ignore où ça va la mener. Une autre explication germe dans son esprit, mais elle a assez joué aux devinettes avec Lee l’année passée pour lui faire cracher la source du problème à force de questions et provocations. Avant, c’était sa dépression, son déni, son « tout va bien je vais bien » enrobé de mensonges. Aujourd’hui, la source du problème n’a rien à voir avec la mort de Fred Weasley, ni avec sa participation secrète à Potterville et à la résistance. Aujourd’hui, la source du problème est de toute évidence une simple crise de jalousie. S’en est tellement dérisoire que Juliet en est encore plus agacée. Lee ne pourrait-il pas dire les choses clairement, pour changer, au lieu de s’enliser dans sa mauvaise foi ?


« C’est une manie chez toi de foutre les gens à la porte, commente-t-il en enfilant sa veste avec de grands gestes.
- Quand mon copain me fait passer pour une conne plutôt qu’admettre qu’il est jaloux, oui ! crie presque Juliet.
- Je me fiche totalement de ce mec !
- Oh non. Tu es persuadé que je me suis fait tatouée pour lui plaire à lui. Et je te rassure, si ça avait été le cas, j’aurais eu son prénom de marqué ou une autre débilité de ce genre.
- Sérieusement Juliet, tu n’es pas le nombril du monde, affirme-t-il en essayant de reboutonner pour la troisième fois sa veste.
- Peut-être pas du monde mais du tien, il y a des chances Lee. C’est toi qui me fait une scène, rappelle-t-elle d'un ton acerbe. Pas moi. Tu aurais pu laisser cette histoire couler ou juste admettre que ça ne te plait pas que je me sois fait tatouée alors que je sortais avec quelqu’un d’autre. Mais non, tu persistes à me faire passer pour une écervelée. Moi, je ne t’aurais pas fait une telle scène.
- Non, tu aurais juste arrêté de me parler à vie ! Ce que je constate, c'est qu'en mon absence tu t'es bien amusé. Je n’ai pas du beaucoup te manquer. »


Juliet se rassoit dans le canapé. Sa cheville commence à la relancer, mais elle est tellement en colère qu’elle y pense à peine. Lee devrait savoir que quand on la cherche, on la trouve. Mais lui non plus n’est pas non plus un as de la diplomatie.


« Tu veux que je te fasse la gueule, parfait. Et je peux même te donner une raison en or. Mariam Griffith, la gardienne de l’équipe des Vagabonds de Wigtown, tu es sortie avec elle ? Vu comment tu la draguais durant ton émission, ça ne m’aurait pas surprise. »


Que Lee se démène avec ça ! C’est facile de l’accabler, alors qu’ils savent tous les deux qu'il est tout sauf timide et introverti quand il est avec une jolie fille. Surtout avec les joueuses de Quidditch. Juliet s’en fiche tant qu'il ne le fait pas en sa présence et que ça ne va plus loin qu'un flirt innocent. Mais la façon de minauder de Mariam Griffith a achevé de gâcher sa journée le jour où elle a écouté l’émission de son alors ex- petit ami. Elle a même espéré qu’Amanda Burns, la responsable de Vif comme un Vif d’Or* lui passe un savon pour ce manque total de professionnalisme. Ça l’avait blessée alors qu’elle aurait dû y être hermétique à ce moment-là.


« Ce n’est pas comparable je te signale. Toi tu t’es carrément jeté sur ce type. Tu n’as jamais pensé à ce que moi, j’ai pu endurer, lui reproche Lee avec colère dans son dos.
-J’avais peur d’être seule, avoue Juliet d'une voix fatiguée. Je voulais qu’on s’occupe de moi. Je voulais me sentir utile à quelqu'un d'autre qu'à Cassie. »
La chienne soulève son museau en entendant son nom, en même temps que Juliet sent une drôle de boule se former dans sa gorge. Elle la chasse. Elle ne pleurera pas. Elle gardera la tête haute à défaut de l’avoir froide. Cassie quitte son panier et vient se coller à ses pieds. Caresser la tête de la chienne est un nouveau prétexte pour ne pas regarder Lee.
« Dépanner quelqu’un à chaque fois qu’il claque tous ses galions au poker, ce n’est pas lui être utile. »


La voix de Lee a redescendu d’un cran. Il lui parait toujours énervé, mais moins. Elle sent qu'il se rassoie sur le canapé derrière elle.
« Je sais, reconnait-elle. Mais je me sentais seule, alors voilà, j'ai pris le premier venu… »


Quelque chose de léger vient heurter le bas de son dos. La touchant de sa main libre, Juliet reconnait la veste de Lee.


« Mariam Griffith a piqué une crise a notre seul et unique rencard. Le meilleur pote de ta sœur est modeste à côté d’elle*. C’est te dire.
-Qu’est-ce-qui s’est passé ? demande Juliet en posant sa voix sur celle de Lee. »


Les choses semblent s'apaiser, et c'est un grand changement. Avant, Lee serait parti sans se retourner et ils seraient restés fâché plusieurs jours. Jusqu'au moment où l'un d'entre eux aurait décidé de faire le premier pas pour repartir comme si de rien n'était. Jusqu’ à la nouvelle dispute. Mais aujourd'hui, les choses sont différentes. Cette fois-ci, ils semblent l’un et l’autre décidés à ne pas mettre de filtre sur les non-dits.


« Elle est tombée sur ça, répond Lee. »


Quelque chose effleure la main de Juliet. Quelque chose de carré, petit et glacé vient lui toucher les doigts. Portant le papier devant ses yeux, elle reconnait sans peine le photomaton du centre commercial de St David's, à Cardiff. La photo a facilement plus d’un an et demi. Le contour est usé et les portraits pliés à plusieurs endroits.


« J’adorais ce pull, se souvient Juliet d’un ton nostalgique. Il est fichu depuis que Marietta a renversé un flacon de vernis changeant dessus. »


Une pensée insidieuse vient effleurer Juliet. Lee pourrait tout aussi bien lui mentir et ressortir cette relique pour l’amadouer. Mais si c'est vrai, Juliet ne préfère même pas savoir comment cette fille a pu avoir accès à ces photos.

Après de longues secondes à fixer les photographies, elle fait glisser son regard sur sa cheville et sur la rose bleue. Sa décision est prise.


« Je vais me la faire enlever, annonce-t-elle
avec fermenté. »


Toujours de dos, elle tend le bras pour reposer la photo derrière elle.


« Tu n’es pas obligée Juliet. Après tout, ce n’est qu’un tatouage, souffle Lee dans son dos. J’ai bien compris que… ».


Elle se retourne enfin, cessant de regarder la rose à l'origine de leur discorde. Elle croise le regard de Lee. Ses yeux ont retrouvé leur douceur.


« Je veux bien le faire pour toi Lee. Alors n’en parlons plus. »


Elle ne lui laisse pas le temps de répondre et se blottit contre lui. Pour une fois, le jeune homme ne rajoute rien et passe ses bras autour de sa taille.


« Tu crois qu’on arrivera à quelque chose, nous deux ? ose-t-elle demander.
-On y arrivera. J’ai confiance. »

Juliet ferme les yeux. L’après-midi n’est peut-être pas perdu au final.
Note de fin de chapitre :

*Encore merci à Lili pour son soutien. Ça faisait quelques temps que je voulais débloquer un texte inédit sur mon petit couple de chouchous !!


*Docteur Ross, Docteur Shepherd, Docteur Shephard, Docteur House, Docteur Who…. La TV ne manque pas de toubibs canons et charismatiques !


*Häuschen est de la pure fiction. N’ayant pas de base d’allemand, j’ai choisi ce nom d’école de magie fictive au hasard. L’histoire du patronage est un clin d’œil à mes vieux cours de fac d’histoire… puis pour changer du côté académique de Poudlard ^^ .


*Les Ramoneurs De Menhirs existe vraiment. Youtube est ton ami !


*Vif comme un Vif d’or m’a été soufflé par Lili, dans sa fic sur Olivier Dubois et Katie Bell.


* Citation de Rowena Serdaigle, HP 7.


*Lili, si tu passes par-là, je pense que tu auras une idée de qui est le meilleur copain de Marietta ^^.
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