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Inscrivez-vous aux Journées Reviews !


Lire, écrire…

La Journée Reviews d’octobre se déroulera du vendredi 22 au dimanche 24 octobre. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.



De Les JR le 19/10/2021 20:31


Semaine d'adaptation ludique


La SAL revient !

Que vous ayez envie de découvrir le forum et ses sites, de braver des défis en équipes, ou de partager votre savoir de fossile de l'asso, vos pokeballs et vous pouvez vous inscrire dès à présent dans le vestibule !


De La SAL le 18/10/2021 14:50


Le Grand Ménage Orange 2020


Bonjour à toutes et tous, ici les Schtroumpfettes !

Nous adressons un message à nos adhérents ou anciens adhérents : le Grand Ménage Orange (plus connu sous le nom de GMO) pour la période 2012-2020 vient officiellement de prendre fin ! Ce sont plus de 9800 chapitres qui ont été passés au crible par nos yeux scrutateurs. Vous trouverez plus d'informations ici.
Pour les membres dont le compte aurait été verrouillé ou qui auraient perdu leur validation automatique suite au GMO, veuillez nous envoyer un mail à l'adresse hpf.moderation@gmail.com.

A très vite !

De L'équipe de modération d'HPFanfic le 10/10/2021 10:21


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d'épine, Juliette54, Drachvador, Polock et Uzy qui remportent la toute mignonne (ou moins) Sélection Famille !

Pour novembre 2021, c'est le thème de Deuil qui vous arrachera peut-être quelques larmes. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois d'octobre, voyagez et rêvez dans des Lieux Magiques. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Entrez dans des grottes et des contrées jusque-là inexplorées !


De L'équipe des Podiums le 08/10/2021 13:54


116 ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 116e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 22 octobre à partir de 20h. Cette nuit sera en collaboration avec l'organisation de la SAL, la semaine d'intégration d'HPF. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 05/10/2021 19:15


115 ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 115e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 18 septembre à partir de 20h. Il s'agira d'une nuit où les musiques serviront aussi d'inspiration ! Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 08/09/2021 19:17


I don't wanna do this anymore par Liliana

[1 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour, bonsoir =D !

Me voilà de retour avec une brève songfic que j'ai écrite dans le cadre du concours de Short Edition que certains/certaines d'entre vous connaissent sûrement. Si ce n'est pas le cas, je vous mets le lien ici : http://short-edition.com/prix/fanfictions-harry-potter-2016 Vous pouvez proposer des textes jusqu'au 15 juillet, donc il n'est pas encore trop tard ^^

Pour la petite histoire, je n'étais pas du tout partie sur cette idée de départ, mais je suis tombée sur cette chanson et... je ne sais pas, j'ai eu un choc xD Ne riez pas, mais c'était la première fois que je l'entendais ^^'

En espérant que ça vous plaise, ces 25.000 caractères ont été durs à gérer pour le moulin à paroles que je suis xD

Les paragraphes en italiques sont tirés de la chanson "Unfaithful" de Rihanna - je les ai traduits moi-même.

Attrapant l’écharpe noire qui pendait contre le coin de son armoire, elle la noua rapidement autour de son cou, soulevant au passage ses épaisses boucles noisette. Elle vérifia une dernière fois son ensemble dans le miroir, rectifia nerveusement quelques mèches qui tombaient devant ses yeux et se força à sourire, les mains crispées autour des lanières de son sac en cuir. Puis, elle pivota sur la pointe de ses escarpins cirés et sortit de la chambre silencieuse. Elle dévala les escaliers grinçants d’une démarche qui se voulait légère et traversa rapidement le salon. Ses doigts se nouaient autour de la poignée quand une voix grave l’interpella :

     - Tu sors ?

     - Je viens de recevoir une chouette, ça avait l’air assez urgent, répondit-elle sans se retourner.

     - Encore ?

Elle l’entendit soupirer et son cœur se serra.

Comme à chaque fois.

     - Bon… Je ne t’attendrais pas alors. N’oublie pas que Ginny et Harry dînent avec nous demain soir.

La sorcière hocha la tête, ouvrit la porte et bondit à l’extérieur. Ses talons trébuchèrent sur les pavés gris londoniens mais ses jambes restèrent fermes ; elle inspira un grand coup et entreprit de remonter la rue, le dos droit et le ventre noué. Le tonnerre gronda au-dessus de sa tête ; il n’allait pas tarder à pleuvoir. « Tant mieux » songea-t-elle en accélérant le pas. Une bonne averse lui permettrait peut-être de retrouver un semblant de contenance. Quelques gouttes heurtèrent son visage et un bref sourire étira ses lèvres. Ça l’avait toujours amusée de voir les parapluies se déployer autour d’elle comme des fleurs s’ouvrant au premier rayon de soleil, même s’ils étaient souvent d’une couleur d’enterrement. Un éclair traversa le ciel de ténèbres, illuminant les immenses bâtiments d’une brève lueur aveuglante. Les passants se pressèrent, tirant sur les laisses ou pressant les mains pour aller se réfugier sous les portiques et les galeries, indifférents à la silhouette qui s’était immobilisée au milieu du trottoir. Un roulement sourd se fit entendre ; une, puis deux, puis trois, puis dix petites taches apparurent sur le goudron, bientôt suivies par un milliers d’autres. La sorcière ferma les yeux, savourant la froideur des gouttes qui se déversaient sur les rues de Londres.

 

Story of my life (L’histoire de ma vie)

Searching for the right (En quête du droit chemin)

But it keeps avoiding me (Mais celui-ci m’évite toujours)

 

Si seulement… Si seulement tous ses souvenirs pouvaient disparaître ainsi, emportés, noyés par la pluie orageuse de décembre. Tout irait tellement mieux. Dire qu’elle avait cru qu’une fois la guerre terminée, le monde marcherait un peu plus droit… Stupide. Voilà ce qu’elle était. Complètement stupide.

Les sorciers avaient été brisés. Bien que le Ministère de la Magie fît tout ce qui était en son pouvoir pour essayer de regagner la confiance qu’il avait perdue, la société magique se remettait difficilement de ses blessures. Certains lieux gardaient encore les traces des affrontements desquels ils avaient été témoins, cicatrices à jamais incrustées dans la pierre londonienne. Poudlard avait été reconstruite consciencieusement et le Chemin de Traverse en avait profité pour faire peau neuve ; de nouvelles boutiques s’étaient ouvertes, même si quelques années supplémentaires seraient nécessaires avant qu’il ne retrouve sa splendeur d’antan. Au moins, il avait recommencé à respirer, ce qui était loin d’être le cas pour tous.

Ce qui était loin d’être son cas.

 

Sorrow in my soul (Mon âme est en peine)

'Cause it seems that wrong (Car il semble que ce mal)

Really loves my company (Aime réellement ma compagnie)

 

N’avait-elle pas assez combattu ? N’avait-elle pas mérité de déposer les armes le temps de fermer les yeux un instant ? « Il n’y a pas de repos pour les braves » avait déclaré Kingsley lorsqu’elle lui avait confié son désir de s’isoler quelques temps. Elle s’était contentée d’acquiescer silencieusement. Elle pourrait prendre un peu de distance quand la situation serait moins catastrophique. C’était ce qu’elle avait pensé. Stupide. Complètement stupide. Le Ministère n’avait jamais eu l’intention de les laisser partir. Ni Harry, ni Ron, ni elle. Ils étaient devenus des symboles vivants de la communauté sorcière. S’ils étaient là, tout irait bien. Voilà ce qu’ils pensaient. Ils avaient survécu à la guerre, ils avaient affronté Lord Voldemort, Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom, ou peu importe la façon dont on l’appelait maintenant que son âme avait été définitivement détruite. Ils étaient des prodiges. Le Trio d’Or. Ils étaient invincibles. La sorcière laissa un échapper un éclat de rire amer et reprit sa marche, ignorant les regards surpris de ceux qui attendaient la fin de l’averse pour continuer leur chemin.

Stupide. Complètement stupide.

Les êtres humains n’étaient pas des machines. Aussi forts qu’ils paraissaient être, il y avait toujours un moment où la crainte, la solitude, la peine lui enserraient le cœur jusqu’à la faire suffoquer et lui faire perdre connaissance. Elle avait cru qu’en restant soudés tous les trois, ils arriveraient à s’en sortir. Elle avait cru que c’était la meilleure chose à faire.

Elle s’était trompée. Et elle n’avait pas peur de le dire.

Hermione Jean Granger Weasley, héroïne de guerre, femme de Ronald Bilius Weasley, meilleure amie de Harry James Potter surnommé « le Survivant », membre célèbre du Département de contrôle et de régulation des créatures magiques, s’était lourdement trompée.

 

He's more than a man (Il est plus qu’un homme)

And this is more than love ( Et c’est plus que de l’amour)

The reason that the sky is blue (C’est la raison pour laquelle le ciel est bleu)

 

Elle aimait Ron. Bien sûr qu’elle l’aimait. Elle avait tellement eu peur de le perdre durant la guerre qu’elle avait accepté sa demande en mariage sans même réfléchir. Ça lui avait paru normal ; ils avaient toujours été ensembles après tout. Les premières années qui avaient suivi la destruction de Voldemort avaient été étranges. Harry et Ginny s’étaient tout juste mariés qu’il se lançait à la chasse aux Mangemorts, décidé à éradiquer toute menace le plus vite possible pour assurer une reconstruction paisible tandis que Ginny veillait sur Molly et Arthur, que la mort de Fred avait bouleversés. Percy faisait de son mieux pour soutenir la famille qu’il avait trop longtemps renié ; ils se croisaient parfois au Ministère. Il avait toujours l’air pressé, zigzaguant entre les couloirs avec des dizaines de dossiers dans les bras, s’assurant de l’organisation et de la coopération entre chaque département. Subitement, il entrait dans son bureau comme une tempête, râlant après l’imbécile qui avait mal rédigé le dernier décret ministériel, puis repartait aussi vite qu’il était venu. Le voir s’investir sans réserve l’avait longtemps aidée à garder le moral. Maintenant, elle ne pouvait même plus le regarder en face.

 

The clouds are rolling in (Les nuages déferlent)

Because I'm gone again (Parce que je suis encore partie)

And to him I just can't be true (Et que je ne peux pas être honnête avec lui)

 

A quel moment s’était-elle rendue compte qu’elle n’était pas heureuse ? Elle avait beau y réfléchir - et Merlin ce qu’elle le faisait ! - elle ne le savait pas. Peut-être à la naissance de James. Harry et Ginny avaient l’air tellement fiers… tellement heureux… Qu’elle avait songé qu’elle ne connaîtrait jamais cette joie avec Ron. Elle s’était sentie seule. Entourée de ses meilleurs amis, de ceux qui étaient devenus sa famille, de ceux qui formaient son univers, elle s’était sentie énormément seule. Elle avait essayé de leur en parler, mais elle ne trouvait jamais les mots justes pour exprimer les sensations qui l’assaillaient, pour exprimer ce vide qui grandissait en elle à mesure que le temps s’écoulait sans jamais tenter de ralentir, juste quelques secondes, juste assez pour qu’elle comprenne pourquoi son cœur dépérissait silencieusement dans sa poitrine. Elle s’était sentie faner, incapable de résister à cette mort lente et inexplicable. Et aucun d’eux ne l’avait vu. Ni Harry, qui aurait dû la comprendre mieux que quiconque, ni Ron, qui l’avait choisie pour partager sa vie, ni Ginny, trop occupée à panser les plaies de sa famille. Pourquoi auraient-ils dû s’inquiéter, n’est-ce pas… ? Elle était Hermione Jean Granger Weasley, par Merlin !

Elle savait tout mieux que tout le monde. S’il y avait bien une sorcière qui pouvait être heureuse dans ce monde en ruines, c’était elle. Elle était toujours là pour aider, toujours là pour se battre, toujours là quand il le fallait.

Elle était une Gryffondor, fière et brave !

Mais elle n’était pas une machine.

Et elle souffrait.

 

And I know that he knows I'm unfaithful (Et je sais qu’il sait que je suis infidèle)

And it kills him inside (Et ça le détruit de l’intérieur)

To know that I am happy with some other guy (De savoir que je suis heureuse avec un autre gars)

I can see him dying (Je le vois mourir)

La sorcière traversa la petite ruelle et grimpa rapidement les trois marches du perron avant d’entrer dans l’immeuble. Le hall était vide ; Hermione secoua ses cheveux trempés, replaça son sac sur son épaule et entreprit la longue ascension jusqu’au quatrième étage. Les marches grinçaient à chaque fois que ses talons se posaient, couvrant à peine les cris furieux qu’elle entendait résonner derrière la porte du second. Elle se souvenait très bien de sa première venue ici. L’odeur rance était ce qui l’avait frappée dès qu’elle était entrée ; puis l’aspect miteux des murs et l’état clairement délabré de l’ensemble de la bâtisse lui avaient sauté aux yeux. Elle avait cru qu’elle s’était trompée d’endroit. Elle avait vérifié l’adresse que John lui avait griffonnée sur un bout de parchemin et elle était montée, la main crispée sur sa baguette même si elle était en territoire « moldu ». Elle avait fait face à la porte blanche sans vraiment y croire, prête à réagir au moindre signe contradictoire.

Elle avait frappé.

Et il avait ouvert.

Comme à cet instant. C’était exactement le même air surpris qui s’était peint sur son beau visage pâle, à la différence qu’aujourd’hui, il paraissait plus déconcerté que suspicieux quant à sa présence sur le seuil de son appartement.

 

I don't wanna do this anymore (Je ne veux plus faire ça)

I don't wanna be the reason why (Je ne veux pas être la raison pour laquelle)

Every time I walk out the door (A chaque fois que je m’en vais)

I see him die a little more inside (Je le vois mourir un peu plus à l’intérieur.)

 

    - Hermione ? Qu’est-ce que tu fais là ?

L’interpellée sentit un frisson remonter le long de sa colonne vertébrale à l’entente de son nom. Ses lèvres s’entrouvrirent pour répondre mais elle fut incapable de formuler le moindre son. Les yeux gris du sorcier se plissèrent, sondant probablement chaque parcelle de son visage humide pour comprendre la stupide raison qu’il l’avait conduite devant sa porte en ce mardi de décembre. Puis il attrapa doucement son épaule et l’attira vers lui :

    - Entre. Tu es trempée.

Elle se laissa faire, soulagée qu’il ne pose pas de question supplémentaire. Après avoir refermé derrière eux, il prit son trench ruisselant, son écharpe, puis son sac tandis qu’elle s’avançait vers la cuisine ; une casserole bouillonnante était posée sur le feu. Il en exhalait une douce odeur de vanille qu’Hermione inspira avec bonheur. Merlin, ce qu’elle aimait ce parfum ! Mais Ron n’aimait pas le lait chaud alors… La sorcière sentit sa gorge se nouer et s’écarta aussitôt de la casserole. Son talon heurta une chaussure et un juron étouffé résonna à ses oreilles.

    - Oh, désolée Drago ! Je ne t’avais pas entendu approcher !

L’ancien Serpentard se releva en grommelant, une main posée sur sa hanche et ouvrit le placard au-dessus de leurs têtes. Il en sortit deux tasses blanches, qu’il posa à côté d’eux. Puis il coupa le gaz, filtra l’épaisse boisson à l’aide d’un tamis fin et posa la casserole vide dans l’évier. Il attrapa deux cuillères en argent dans un tiroir à sa gauche et ouvrit le bocal en verre qui trônait majestueusement devant eux. Hermione le regarda faire sans chercher à se dégager. Elle aurait aimé pouvoir se laisser aller contre lui, comme ça, simplement, mais rien n’était simple en ce moment.

    - Tu viens ?

Une tasse fumante dans chaque main, il la guida jusque dans le vieux canapé du salon, où tous deux s’assirent en silence. La sorcière souffla lentement sur le lait cacaoté ; ses lèvres frôlèrent le liquide brûlant et avalèrent une première gorgée. Hermione s’enfonça un peu plus dans le canapé, les jambes repliées contre sa poitrine, et la main de Drago reposant sur son épaule. Elle adorait ces moments où ils somnolaient l’un contre l’autre, à boire leur chocolat chaud pendant que la pluie automnale s’abattait impitoyablement sur Londres. Elle se sentait protégée, au calme. Personne ne savait qu’elle était là. Elle pouvait enfin souffler. Elle n’avait plus à sourire continuellement, à se montrer sans failles et toujours énergique. Elle n’avait plus à endosser son armure étincelante d’héroïne de guerre et de symbole vivant. Elle était simplement Hermione, une sorcière fatiguée, rompue par une guerre qui l’avait forcée à grandir plus vite qu’elle ne l’aurait souhaitée. Elle n’était pas invincible.

Elle était juste elle. Et elle n’en pouvait plus.

Elle aurait dû se sentir bien. Elle était là où elle souhaitait le plus être.

Et pourtant, elle se sentait incroyablement mal.

Elle se détestait.

Elle se détestait tellement…

 

I don't wanna hurt him anymore (Je ne veux plus lui faire de mal)

I don't wanna take away his life (Je ne veux pas lui enlever la vie)

I don't wanna be (Je ne veux pas être)

A murderer (Un assassin)

 

    - Tu pleures, Hermione.

    - Je sais.

Sa voix avait à peine été un murmure ; elle ne savait même pas s’il l’avait entendue. Au-dehors, le tonnerre continuait de gronder, comme s’il désapprouvait sa présence en ces lieux. Lentement, elle le sentit desserrer ses doigts et prendre sa tasse, qu’il posa à côté de la sienne, sur la petite table de chevet qu’il y avait de son côté. Puis sa main effleura doucement sa joue et essuya la larme qui s’était échappée. Elle ferma les yeux, savourant ce contact qu’elle aurait dû détester de toute son âme. Il suivit le contour de son menton, essuya la seconde larme, et d’un geste tendre, inclina sa tête vers lui. La sorcière plongea dans son regard anthracite qui en disait long sur les pensées qui l’animaient. Il savait. Il comprenait.

Ses lèvres tremblèrent, et d’autres larmes coulèrent dans les sillons humides qui s’étaient déjà imprimés sur sa peau.

Drago l’amena alors contre lui, comme il l’aurait fait avec un enfant ayant fait un cauchemar.

Peut-être parce qu’elle était un enfant.

Et que sa vie avait réellement tourné au cauchemar.

 

I feel it in the air (Je le sens autour de moi)

As I'm doing my hair (Pendant que je me coiffe)

Preparing for another date (En me préparant pour un autre rendez-vous)

A kiss upon my cheek (Un baiser sur ma joue)

As he reluctantly (Quand il demande à contre-coeur)

Asks if I'm gonna be out late (Si je rentrerai tard)

 

Toute cette histoire avait commencé par une stupide rencontre dans un bar, deux ans auparavant. Elle était d’humeur massacrante ce jour-là ; elle avait eu une sale journée au Ministère et au lieu de transplaner directement chez elle, elle s’était arrêtée boire un verre au Petit Londonien. C’était un bar-restaurant assez chic dans un quartier moldu qu’elle avait trouvé en poursuivant un éleveur frauduleux de strangulot. Le propriétaire de l’établissement était un grand adepte de jazz et il avait entièrement rénové le bar délabré dans une atmosphère tout droit sortie des années 50. La sorcière s’était mise à le fréquenter car elle n’y avait jamais croisé de sorcier. Du moins, jusqu’à ce qu’elle rencontre Drago. Enfin, c’était lui qui lui était tombé dessus plutôt. Si elle avait été un peu plus attentive à ce qu’il se passait autour d’elle, ça ne serait jamais arrivé.

Mais ce jour-là, elle en avait eu marre. Marre d’être vigilante à chaque geste qu’elle faisait, chaque mot qu’elle prononçait, chaque expression qu’elle arborait. Elle avait eu envie de disparaître de la surface de la Terre.

De changer de visage et de partir loin. Très loin… !

Hermione soupira et ferma les yeux.

Elle se les rappelait très bien, ces sentiments qui l’avaient empêchée de prendre le large. Abandonner Harry alors qu’il avait besoin de tout le soutient possible ? Abandonner Ron, alors qu’ils étaient mariés ? Abandonner Ginny, Molly, Arthur et tous les Weasley qui essayaient tant bien que mal de recommencer à vivre ? Abandonner Kingsley qui comptait sur elle ? Abandonner les sorciers à leurs ruines ? Comment aurait-elle pu le faire… Elle n’était pas assez lâche, ni assez égoïste pour ça. Elle était simplement fatiguée. Épuisée. Exténuée. Elle avait le droit, non ?

« Encore un diabolo, Granger ? »

Elle entendait la question amusée résonner à ses oreilles comme si c’était hier qu’il lui avait apporté son diabolo grenadine. Elle ne l’avait même pas regardé, perdue dans ses pensées moroses, et s’était contentée de répondre d’une voix lasse : « Fous-moi la paix, Malefoy. » Il y avait eu un silence et elle avait brusquement relevé la tête vers le serveur immobile. Leurs regards s’étaient croisés et elle avait dû se faire violence pour ne pas céder à ses réflexes et bondir de son siège, la main sur sa baguette. Mais il avait simplement lâché « Ce n’est que maintenant que tu t’en aperçois ? » et il était parti vers une autre table, le dos droit dans son uniforme noir et blanc. Il n’était pas revenu la voir.

Cette nuit-là, elle n’avait pas réussi à dormir. Elle n’en avait même pas parlé à Ron.

Après tout, Drago Malefoy était censé être mort.

 

I say I won't be long (Je dis que je ne serai pas longue)

Just hanging with the girls (Je sors juste avec des amies)

A lie I didn't have to tell (Un mensonge que je n’ai pas besoin de dire)

Because we both know (Parce nous savons tous les deux)

Where I'm about to go (Où je suis sur le point d’aller)

And we know it very well (Et nous le savons très bien)

 

La réponse était venue d’Harry. Elle avait mis du temps à se décider, mais elle avait finalement craqué au bout d’une dizaine de jours. Elle n’était pas retournée une seule fois au Petit Londonien, pas certaine de la réaction qu’elle allait avoir si elle lui faisait face une deuxième fois. Alors elle était descendue au Bureau des Aurors. Seamus l’avait accueillie avec un grand sourire et l’avait accompagnée voir le « Grand Manitou » comme ils l’appelaient pour plaisanter. Harry avait sourit lui aussi en la voyant ; mais ce sourire s’était vite fané quand elle avait abordé le sujet. Il avait aussitôt verrouillé la porte et insonorisé la pièce, avant de lui demander ce qu’elle savait exactement.

C’était de cette manière qu’elle avait appris que Drago Malefoy était bel et bien vivant. Après l’assassinat de sa mère par Fergus Hildegarde, l’ancien Serpentard avait été condamné trois ans à Azkaban et tous ses biens avaient été saisis par le Ministère. Mais la communauté sorcière avait jugé cette punition trop douce et nombreux avaient été ceux qui avaient essayé de le tuer à sa sortie. C’était à ce moment qu’Harry était intervenu. Il avait bien sûr été actif au cours du procès et c’était grâce à son témoignage que Drago avait évité la prison à perpétuité, mais il considérait qu’il avait toujours une dette envers Narcissa. C’était en partie grâce à son mensonge qu’il avait pu vaincre Voldemort et par conséquent, il s’était senti lié à Drago. Il avait mérité une seconde chance selon lui.

C’était la raison pour laquelle il s’était arrangé avec Kingsley : l’ancien Serpentard pourrait continuer à vivre sous une autre identité, cependant, il devait se tenir éloigné de son monde d’origine le temps que la situation se calme. Sa baguette avait été brisée et sa mort présumée avait été diffusée dans tous les journaux. Harry avait lui-même veillé à lui trouver un appartement et un emploi dans un quartier strictement moldu, là où aucun sorcier ne viendrait le chercher. Puis il avait chargé un auror de confiance – John Jilks – de le surveiller durant la première année de sa « nouvelle vie » et de lui rapporter régulièrement ses faits et gestes. Hermione avait été abasourdie. Elle avait même refusé de le croire.

Mais sa curiosité avait été la plus forte et elle était revenue au Petit Londonien. Drago lui avait servi un autre diabolo grenadine, élégant dans son veston bouteille et l’air goguenard, comme s’il l’avait attendue depuis tout ce temps.

Si seulement elle avait su ce qui allait se passer… Peut-être ne serait-elle jamais revenue.

 

Cause I know that he knows I'm unfaithful (Car je sais qu’il sait que je suis infidèle)

And it kills him inside (Et ça le détruit de l’intérieur)

To know that I am happy with some other guy (De savoir que je suis heureuse avec un autre gars)

I can see him dying (Je le vois mourir)

 

    - A quoi tu penses ?

Hermione sursauta ; elle n’avait pas remarqué qu’il était réveillé. Elle détourna les yeux du plafond et les posa sur le beau visage du sorcier. Même si les détraqueurs n’en étaient plus les gardiens, Azkaban l’avait marqué au plus profond de lui-même et cela se lisait dans ses traits, même s’il avait toujours eu cet aspect si caractéristique des Malefoy. Un nez droit, des yeux plus durs que l’acier et des cheveux blonds, presque blancs. D’ailleurs, il les avait laissés pousser et les attachait maintenant en une petite queue-de-cheval qui lui donnait un air un peu plus décontracté, même si son maintient aristocratique ressortait aussitôt quand il revêtait son complet de serveur. C’était presque déstabilisant, mais Hermione avait appris à apprécier ces deux aspects de lui-même.

Malgré elle.

    - Tu veux deviner ? murmura-t-elle sans bouger.

    - Pourquoi pas. Hum… Je pense que tu as faim.

La sorcière se releva sur un coude, perplexe.

    - Tu crois vraiment que j’ai l’air affamée ?

    - C’était une boutade. Tu veux vraiment que je te réponde ?

Il soupira.

    - Tu as l’air de quelqu’un qui va sauter dans le vide sans baguette, Hermione.

Elle ne répondit pas.

    - Tu croyais que je ne l’avais pas remarqué ? Ton état empire à chaque fois qu’on se voit.

    - Je…

    - Qu’est-ce qu’il se passe ?

L’ancienne Gryffondor s’écarta, incapable de soutenir son regard. Comment pouvait-elle lui expliquer ? Comment lui faire comprendre qu’elle l’aimait plus que sa propre vie ? Car c’était ce qu’elle était en train de lui donner.

Sa vie.

Une fois qu’elle l’aurait avoué, elle serait toute seule. Harry ne lui adressait même plus la parole depuis que Ron le lui avait dit. Ginny n’était pas encore au courant ; les garçons avaient préféré que ce soit elle qui lui annonce la nouvelle. « De fille à fille » avaient-ils conclu. Peut-être espéraient-ils qu’elle serait suffisamment énervée pour lui passer la baguette en travers de la gorge avant qu’ils ne le fassent d’eux-mêmes. Comment allaient réagir Molly et Arthur ? Leurs visages déçus et dégoûtés en apprenant ce qu’elle avait fait apparaissaient parfois dans ses cauchemars. Elle les avait trahis. Tous.

Elle ne pourrait plus jamais les regarder en face.

Elle ne pourrait plus jamais leur reparler.

Et Ron…

    - Hermione ?

L’interpellée sursauta et descendit du lit, échappant à l’étreinte réconfortante du sorcier. Elle se tourna vers lui, le cœur au bord des lèvres. Elle l’aimait tellement… Drago l’observait d’un air méfiant, prêt à bondir pour l’attraper comme s’il s’attendait à ce qu’elle saute d’une minute à l’autre par la fenêtre. Mais elle n’était pas assez désespérée pour réellement faire le grand saut. Non. Elle allait les affronter la tête haute et mettre fin une bonne fois pour toute à cette mascarade qui les faisaient souffrir tous les deux. Elle était une Gryffondor, par Merlin !

n’est-ce pas… ?

 

Hermione sentit les larmes couler le long de ses joues.

Ses lèvres tremblèrent.

Et sa voix chevrotante résonna à travers les ténèbres de l’appartement :

 

I don't wanna do this anymore (Je ne veux plus faire ça)

I don't wanna be the reason why (Je ne veux pas être la raison pour laquelle)

Every time I walk out the door (A chaque fois que je m’en vais)

I see him die a little more inside (Je le vois mourir un peu plus à l’intérieur.)

I don't wanna hurt him anymore (Je ne veux plus lui faire de mal)

I don't wanna take away his life (Je ne veux pas lui enlever la vie)

I don't wanna be (Je ne veux pas être)

 

A murderer (Un assassin)

Note de fin de chapitre :

Alors ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Je voulais attendre la fin du concours avant de vous la présenter, mais je n'ai pas réussi à tenir ^^'

Donc si vous l'y retrouvez, c'est normal xD

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