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News

Journées reviews du 3, 4, 5 décembre 2021


Lire, écrire…

PAPA-NOËL : Oh oh oh ! Viens aider les lutins lors de la Journée Reviews de décembre !
MAMAN-NOËL : Elle se déroulera du vendredi 3 au dimanche 5 décembre !
LUTINS : Alors viens nous rejoindre en t'inscrivant ici !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.




De le 24/11/2021 10:54


117ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 117e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 20 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De Équipe des Nuits le 11/11/2021 14:44


Sélections du mois


Félicitations à Taka, Catie et popobo qui remportent l'enchanteresse Sélection Lieux Magiques !

Pour janvier 2022, c'est le thème de Créatures Magiques qui vous arrachera peut-être quelques frissons d'horreur... ou quelques soupirs de Boursoufflets attendris ! Vous pourrez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de novembre, pleurez, criez, lamentez-vous ou peut-être, guérissez en faisant votre Deuil. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Et on se retrouve en décembre pour la Sélection de Noël qui sera tout à fait spéciale (comme l'année dernière en fait) !


De Equipe des Podiums le 08/11/2021 12:08


26ème édition des Nuits Insolites HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 26e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 6 novembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 30/10/2021 19:21


Inscrivez-vous aux Journées Reviews !


Lire, écrire…

La Journée Reviews d’octobre se déroulera du vendredi 22 au dimanche 24 octobre. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.



De Les JR le 19/10/2021 20:31


Semaine d'adaptation ludique


La SAL revient !

Que vous ayez envie de découvrir le forum et ses sites, de braver des défis en équipes, ou de partager votre savoir de fossile de l'asso, vos pokeballs et vous pouvez vous inscrire dès à présent dans le vestibule !


De La SAL le 18/10/2021 14:50


Monsters par Catie

[136 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Tout l’univers d’Harry Potter appartient bien sûr à J.K.Rowling. Cette histoire sera parsemée d’OC qui sont par contre sortis tout droit de mon imagination. ^^

Note de chapitre:

Hello tout le monde ! :) Bonne rentrée à ceux qui ont malheureusement repris le chemin de l’école ou du travail !

Me revoilà avec une nouvelle fiction, qui est en projet depuis trèèèès longtemps. :mg: L’idée de la trame m’est venue lorsque Lucette a lancé son concours sur les enquêtes policières, mais je n’ai pas pu l’écrire avant un long moment. ^^

Cette histoire sera donc une enquête policière, menée par Harry, environ une dizaine d’années après la Bataille de Poudlard. Et comme vous l’avez deviné je pense, cette enquête se déroule à Azkaban ! Comme je l’ai dit au-dessus, il y a aura beaucoup d’OC, étant donné la période choisie, j’espère que cela ne vous rebutera pas trop. :) Si vous avez des questions sur tel ou tel personnage, n’hésitez pas à demander !

Avant que vous ne commenciez, je tiens à adresser un immeeeeeense merci à Clo pour son bêtatage de malade, je vous jure, elle fait un boulot fantastique, alors un très grand merci à elle. ♥ Puis merci à Julia aussi, qui m'encourage et me motive dans l'écriture ♥, et surtout parce que sans elle j’aurais sûrement oublié de poster aujourd’hui. :mg:

Trêve de bavardages, félicitations aux courageux qui ont lu le petit pavé, et sur ce, j’espère que ce premier chapitre vous plaira ! o/

Les cris enthousiastes des enfants retentirent à l’instant où Ginny entra dans la salle à manger, un énorme gâteau au chocolat dans les bras. Harry les entendait depuis la pièce voisine. James tapait dans ses mains,  Albus zozotait d’une voix implorante pour avoir une plus grosse part, et Lily bredouillait des onomatopées qui n’avaient de sens que pour elle.

— Harry ? Le dessert est servi !

— J’arrive !

Il soupira une dernière fois en regardant la lettre de Kingsley. Ginny n’allait pas être contente. Il quitta le salon pour gagner la tablée familiale sans se départir de son air sombre. La vue de ses jeunes enfants adoucit à peine la ride d’inquiétude qui se formait entre ses sourcils.

— Tout va bien ? s’inquiéta Ginny.

— Plus tard, dit-il succinctement, avant de reprendre d’un ton enjoué. Je prendrais bien un morceau de gâteau !

Il avait bien le temps de manger un peu de dessert. Et puis, l’odeur était bien trop alléchante pour qu’il s’en aille sans y goûter.

Durant la demi-heure qui suivit, il se régala d’une part de gâteau, s’amusa avec James et Albus, et aida Lily à finir son biberon, le tout sous le regard suspicieux de sa femme. Malgré les apparences, il ne parvenait pas à s’ôter cette lettre de la tête et Ginny voyait bien que quelque chose le préoccupait. De toute façon, il ne fallait pas être doué du troisième œil pour comprendre qu’il avait l’esprit ailleurs.

Il finissait de débarrasser la table lorsqu’elle passa à l’attaque, la petite Lily encore dans les bras. Toujours assis sur leurs chaises, James et Albus jouaient apparemment à celui qui crierait le plus fort.

— Qu’est-ce qui te tracasse ? demanda Ginny.

Harry ne prit pas la peine de tourner autour du pot. Après un dernier coup de baguette pour nettoyer les assiettes sales, il se tourna vers elle avec un air contrit.

— Le hibou était de Kingsley. C’est urgent.

Le visage de Ginny se ferma aussitôt, et il vit sa main se crisper sur la brassière blanche de leur fille.

— C’est ton jour de congé, Harry, dit-elle d’une voix sèche.

— Je sais bien, tenta-t-il d’un ton prudent. Mais il a besoin de moi. C’est important.

— Ça l’est toujours.

Son ton était amer. Il tenta de capter son regard, mais elle garda ses yeux résolument fixés au niveau de son épaule. Il retint un soupir, sachant que ce simple geste enclencherait une dispute stérile. Après l’avoir embrassée sur le front, faisant fi de la raideur de sa nuque, il fit de même avec Lily, et quitta la cuisine à l’ambiance soudainement glaciale. Il passa par la salle à manger pour demander à James et Albus d’être sages avec leur mère, puis gagna l’entrée d’un pas rapide. Ginny allait lui en vouloir, c’était sûr, mais il n’avait pas le choix. Il se rattraperait plus tard.

Malgré son manteau, il frissonna lorsqu’il fut pris par les assauts venteux de ce début d’hiver. Il aurait dû prendre une écharpe. Le col relevé, il traversa le jardin qui paraissait être laissé à l’abandon, quitta l’enceinte de leur propriété, et disparut dès qu’il eut franchi les hautes grilles du portail. En réapparaissant dans l’enceinte protégée de la Salle de Transplanage du Ministère, il  passa une main dans ses cheveux en bataille, dans une vaine tentative de les aplatir, puis gagna l’Atrium à moitié vide.

Il salua d’un signe de tête le Sorcier Vigile et gagna la batterie d’ascenseurs au fond de l’immense hall pour monter au niveau deux. Le quartier des Aurors tournait au ralenti en ce début novembre. Ils n’avaient rien eu d’intéressant depuis plusieurs mois.  Exceptés quelques cambriolages et incidents sans importance, ils n’avaient que de la paperasse à remplir. Rien de bien palpitant.

Traversant le couloir vide d’un pas rapide, Harry gagna son box pour y récupérer l’épais classeur de l’affaire Curtis Ward. Quitte à avoir une entrevue avec Kingsley, autant lui parler de cette épine qu’il avait dans le pied depuis de longs mois. Cela faisait des semaines qu’il s’épuisait à constituer un dossier en béton sur le bonhomme. En parler avec le ministre rendrait sans doute Robards plus attentif au problème.

Alors qu’il sortait de son box avec les documents sous le bras, Harry tomba nez à nez avec une petite blonde menue qui le regardait avec curiosité.

— Salut Gabrielle ! dit-il en souriant. Tu as failli me faire peur.

— Désolée, rit sa collègue. J’ai entendu du bruit et je me suis demandé qui ça pouvait être. Je suis censée être la seule de garde ce week-end.

— Je sais bien, je passais juste récupérer ça.

— Tu veux bosser sur le dossier Ward, chez toi et pendant tes jours de congés ? Ta femme va avoir ta peau, tu le sais ?

Harry eut un rire embarrassé, puis haussa les épaules d’un geste évasif.

— Je dois y aller, s’excusa-t-il. Bon courage, on se voit lundi !

Gabrielle plissa les yeux, soupçonneuse. Mais avant qu’elle n’ait pu lui poser des questions, Harry partait d’un pas pressé, écourtant l’entrevue. Il aimait beaucoup Gabrielle, elle était sûrement l’une des personnes avec lesquelles il préférait travailler, mais elle avait ce don agaçant de toujours deviner quand quelqu’un lui mentait. Et Kingsley avait insisté sur le fait de n’en parler avec personne pour le moment. Il s’esquiva donc avec la délicatesse d’un Hippogriffe et descendit au niveau un.

Quelques minutes plus tard, il entrait dans le bureau du Ministre de la Magie, un air poli peint sur le visage. Les deux hommes se saluèrent d’un signe de tête et Kingsley l’invita à s’asseoir d’un geste.

— Tu voulais me parler de quelque chose d’important ? demanda Harry en prenant place, son épais classeur sur les genoux.

— Oui, il s’agit d’un sujet sensible.

Harry se pencha en avant, intrigué.

— Je sais que c’est ton jour de congé, mais tu es celui en qui j’ai le plus confiance, et je ne peux pas confier cette affaire à n’importe qui.

— Kingsley cesse donc de tourner autour du pot et dis-moi ce qu’il se passe.

Le grand sorcier au crâne rasé sourit devant tant de franchise. Il soupira, puis regarda enfin Harry dans les yeux.

— Il y a une quinzaine de jours, j’ai reçu une lettre d’Azkaban. Stanley Scabior est mort.

Harry haussa les sourcils devant la pause théâtrale observée par son supérieur.

— Ca ne fait qu’une ordure de moins sur Terre, ce n’est pas plus mal, fit-il remarquer avec prudence.

— Certes, approuva Kingsley avec diplomatie. Il est cependant décédé dans des conditions pour le moins particulières, d’où le hibou. Ils sont tenus de nous prévenir à chaque incident sortant de l’ordinaire.

Harry se pinça les lèvres. Il n’allait pas aimer ce qui allait suivre.

— Les résultats du légiste de Sainte-Mangouste sont arrivés hier. Scabior a sans aucun doute été assassiné. J’ai transmis ces observations à la directrice de l’établissement pénitentiaire, Anna Young, et elle souhaite que nous menions une enquête dans ses locaux.

— Et tu veux que moi je m’en occupe ? le coupa Harry, incrédule.

— Après une longue réflexion, je me suis dit que c’était la meilleure solution. Tu n’es bien évidemment pas tenu de répondre tout de suite. Prends quelques jours pour réfléchir. Tu me donneras ta réponse vendredi prochain.

— Mais pourquoi moi ? La moitié des prisonniers meurent d’envie de m’envoyer dans la tombe.

— Parce que tu es celui en qui j’ai le plus confiance, je te l’ai dis. Qu’il y ait une histoire de corruption là-dedans ne m’étonnerait pas, j’ai besoin de quelqu’un à qui je peux entièrement me fier. Sans compter que Robards est proche de la retraite et cette enquête pourrait sûrement faire décoller ta carrière.

Harry en resta sans voix pendant quelques instants.

— Je serais seul ? demanda-t-il avec prudence.

— Bien sûr que non. Demande à deux de tes collègues. Choisis-les bien.

Ginny allait le tuer. Il le savait. Il lui avait promis de ne plus accepter de grosse enquête pendant quelques mois, le temps de l’aider un peu à la maison avec les enfants. Mais la tentation était trop forte. Un tueur qui avait commis son crime au sein d’une des prisons les mieux gardées du monde sorcier ? Il était soit complètement siphonné soit diablement intelligent.

— Je te le répète, tu as plusieurs jours pour y réfléchir, Harry, insista Kingsley. Prends le temps de bien considérer la chose.

— Je le ferais, dit-il en hochant le menton.

Il se leva, les mains toujours serrées autour du dossier Ward.

— Tu voulais me parler d’autre chose ? demanda Kingsley en montrant le volumineux classeur.

— Ca peut attendre, affirma Harry.

L’autre haussa les épaules, l’air de dire « comme tu voudras ». Sa paperasse sous le bras, Harry quitta le bureau ministériel, le cerveau en ébullition. Le mafieux Curtis Ward semblait soudain peser bien léger contre le tueur d’Azkaban. Sa décision était prise à l’instant où il entra dans l’ascenseur pour rentrer chez lui. Ne subsistait à présent qu’un seul problème.

Comment allait-il l’annoncer à Ginny ?

***

— Mais Hermione, tu as déjà réussi à faire passer une loi pour créer le nouveau statut de salarié pour les Elfes de Maison, ce qui oblige les sorciers à les rémunérer, c’est déjà un changement important, tu ne trouves pas ? Pourquoi t’obstiner à vouloir leur imposer des jours de congé dont ils ne veulent pas ?

Harry retint difficilement son fou rire en voyant les yeux d’Hermione s’étrécir sous la colère. Malgré toutes ces années, Ron n’avait toujours pas compris qu’il s’agissait d’un sujet extrêmement sensible.

— Ton rôti est délicieux, intervint Ginny, souhaitant éviter un énième débat vu et revu.

— Merci, sourit Hermione en jetant un coup d’œil agacé à son mari, l’air de dire « tu ne perds rien pour attendre ». C’est ta mère qui m’a donné la recette.

— Elle s’est entraînée pendant deux semaines, c’est moi qui ai eu droit aux essais ratés. Quoi ? rit Ron lorsque sa femme lui frappa le bras. Tu sais très bien que je ne t’ai pas épousé pour tes talents de cuisinière mais pour ton incroyable cerveau. Il va contrebalancer les gènes Weasley, et peut-être que nos enfants auront une chance de s’en sortir dans la vie.

— Avec un père aux réactions émotionnelles confinant à la pathologie, je demande à voir, répliqua Hermione.

Son ton cinglant était toutefois contredit par la lueur d’amusement qui brillait dans ses yeux. Ron lui envoya un baiser exagéré qui fit rire Harry. Par automatisme, il se tourna vers Ginny, avec qui il s’amusait toujours des bêtises de leurs amis. Mais il n’eut pas le droit à un regard, et encore moins à un sourire. Une légère grimace aux lèvres, il se reconcentra sur son assiette. Elle était toujours aussi furieuse.

— Tout va bien ? demanda aussitôt Hermione.

Harry maudit la perspicacité de sa meilleure amie. Ils avaient réussi à feindre jusque-là sous son regard redoutablement observateur, mais elle était passée à l’attaque, et il savait qu’il n’y avait plus aucun espoir. Pourtant, il mentit quand même, avec une ingéniosité désarmante.

— Oui bien sûr, affirma-t-il.

Il savait que Ginny détestait parler de leurs affaires de couple à qui que ce soit. Peut-être s’était-elle confiée à Hermione auparavant, mais toujours en privé, et jamais devant son frère, que ces conversations embarrassaient. Pourtant, cette fois-ci, elle le surprit.

— Non, répliqua-t-elle avec aplomb.

Il y eut un instant de silence gênant. Ron marmonna qu’il devait aller chercher le poivre et fuit la salle à manger en jetant un regard désolé à son meilleur ami. Hermione leva les yeux au ciel devant ces gamineries avant de concentrer son attention sur Harry.

— Que se passe-t-il ?

— Harry a l’intention d’accepter une enquête.

Ils entendirent quelque chose se briser dans la cuisine, un juron, puis Ron reparut en écarquillant des yeux effarés.

— Quoi ? dit-il avec hébétude.

— Je ne vois pas en quoi c’est si surprenant, répliqua Harry d’un ton légèrement agacé. Vous l’avez peut-être oublié mais je suis Auror, c’est mon métier.

— On le sait bien Harry, intervint diplomatiquement Hermione d’un ton délicat. On est surpris, c’est tout. Tu ne voulais pas alléger ton emploi du temps pour passer plus de temps à la maison ?

— Nous serons trois à travailler à plein temps sur cette affaire, se défendit Harry. J’aurais bien plus de temps libre que si j’étais seul. Sans compter que cela ne me semble pas être un cas bien compliqué.

Ginny eut un reniflement dédaigneux, montrant clairement son scepticisme. Ron et Hermione échangèrent un regard anxieux, ne sachant comment calmer les choses.

— De quoi s’agit-il ? demanda Ron après un bref instant d’hésitation.

— Je ne peux pas entrer dans les détails, répondit Harry. Mais quelque chose est arrivé à Azkaban et la directrice veut que nous menions l’enquête.

— Tu préfères donc passer tes journées dans une prison sordide plutôt que de rester avec moi et les enfants ? releva Ginny d’une voix acide.

— Aide-moi à débarrasser, dit précipitamment Hermione à son mari en rassemblant les assiettes à moitié pleines.

Harry vit ses amis s’enfuir d’un œil critique. Et on les disait Gryffondor ? Des héros de guerre ? Il suffisait que Ginny élève la voix et il n’y avait plus personne. Quoique, il devait avouer qu’à cet instant, il aurait bien voulu les imiter. Il déglutit bruyamment sous le regard de feu de sa femme. L’orage qui couvait depuis ces dernières heures était apparemment à deux doigts d’éclater.

— Ginny…, tenta-t-il maladroitement, je sais que tu es en colère. Mais je ne peux pas refuser une telle mission. Kingsley lui-même veut me la confier. Et Robards est proche de la retraite, résoudre le mystère me permettrait sûrement de gagner des points, j’aurais la possibilité de prendre sa place lorsqu’il partira, et…

Sa voix s’éteignit devant le regard implacable qui lui faisait face. Les bras croisés, assise dans une position sévère, Ginny mit un temps infini à réagir.

— Cet argument est censé me gagner à ta cause ? finit-elle par demander d’une voix atone. Cette enquête pourrait te permettre de devenir chef du bureau des Aurors ? Pour que tu passes encore moins de temps à la maison ?

Elle poussa un profond soupir, et son masque de froideur s’évanouit, remplacé par une fatigue intense.

— Ecoute, Harry… Je t’aime, tu le sais. Plus que tout. Mais c’est vraiment difficile pour moi en ce moment. Lily n’a que quelques mois et tu oublies déjà tes belles promesses. Je vais devoir recommencer à travailler dans peu de temps, je sais que ma mère nous aide, mais elle se fait vieille. Elle ne se plaint pas, mais prendre soin de trois jeunes enfants est fatiguant pour elle.  J’ai besoin que tu sois plus présent, au moins pour quelques temps. Parce que je…

Sa voix se brisa, et elle détourna le visage pour lui dissimuler ses yeux brillants de larmes. Harry poussa un profond soupir, se sentant horriblement coupable. Il tendit le bras à travers la table et mêla ses doigts aux siens pour serrer sa main inerte.

— Je suis désolé, chuchota-t-il. Je n’avais pas réalisé à quel point tu souffrais de la situation. Je ferais des efforts. Mais je ne peux pas refuser cette mission, ne me le demande pas, s’il te plaît.

— Pourquoi est-ce si important pour toi ? demanda Ginny. Je ne comprends pas.

— Kingsley me fait confiance. A moi et à personne d’autre. Je ne peux pas le laisser tomber.

— Le complexe du héros, souffla-t-elle avec un sourire résigné.

Après l’avoir fixé en silence quelques secondes, elle se leva pour faire le tour de la table et se planta devant lui sous son regard interrogateur.

— Tu me promets que cette histoire sera vite  réglée ?

— Je ne peux rien promettre avec certitude, tempéra Harry d’un ton raisonnable. Mais au premier abord le cas n’a pas l’air bien compliqué.

Après tout, ce n’était pas comme si la population sur l’île d’Azkaban était des plus foisonnantes.

— Et tu promets de déléguer à tes collègues et de trouver du temps pour nous ?

— Bien sûr, sourit-il avec tendresse.

— Si tu ne tiens pas cette promesse, je n’hésiterais pas à te lancer un Chauve-Furie, le menaça-t-elle avec un calme effrayant.

Harry hocha frénétiquement le menton. Il croisait les doigts pour résoudre l’affaire le plus vite possible. Cela vaudrait mieux autant pour sa carrière que pour son mariage.

***

Coincé au fond d’un des ascenseurs du Ministère, Harry fut obligé de jouer des coudes pour se frayer un chemin entre les employés matinaux et sortir au premier niveau. Cela faisait des années qu’il travaillait au Ministère, mais ce rituel quotidien restait une épreuve. Agglutinés les uns sur les autres, le nez empli de l’odeur corporelle de ses collègues, il en serait presque devenu claustrophobe.

— Harry ? s’étonna Kingsley en le voyant paraître sur le seuil de sa porte. Si tu es là pour me parler du dossier que tu avais l’autre jour, je n’ai pas le temps d’en discuter, j’ai un rendez-vous dans peu de temps avec le responsable du département des jeux et sports magiques.

— Ce ne sera pas long, le coupa l’Auror. Je voulais juste te dire que j’accepte la mission dont tu m’as parlé samedi.

— Tu as déjà pris ta décision ? s’étonna-t-il.

— Je n’ai pas besoin de plus de temps pour réfléchir, dit Harry d’une voix ferme. Je veux le faire.

Kingsley sourit devant son regard brillant. Il acquiesça, puis saisit des dossiers posés à l’extrême bord de son bureau et les lui tendit.

— Le rapport d’autopsie de Scabior en trois exemplaires. Qui as-tu choisi pour t’accompagner ?

— Gabrielle Wilson et Andrew Miller.

— Bonne décision.

Kingsley ne cacha pas le sourire fier qui s’étalait sur son visage.

— Bonne chance à vous trois.

Harry hocha le menton et le remercia d’un sourire avant de se rendre sans attendre à l’étage supérieur. Il avait hâte d’annoncer la nouvelle à ses collègues. Et il espérait sincèrement ne pas s’être trompé lors de sa décision.

Son premier choix s’était tout naturellement porté sur Gabrielle dès qu’il avait su qu’il accepterait la proposition de Kingsley. De deux ans sa cadette, c’était une jeune femme perspicace et futée, très intuitive. Elle savait tirer les vers du nez des gens mieux que personne, et il était toujours très agréable de travailler avec elle. Même dans les circonstances les plus dramatiques, elle savait rester détendue et amicale.

Andrew était d’une tout autre trempe. Il faisait partie des plus anciens Aurors encore présents dans le département. C’était un homme imposant et bourru, qui n’hésitait pas à utiliser son expérience pour fermer leurs clapets aux jeunots qui venaient d’être diplômés. Les débuts avaient été difficiles entre eux, Andrew s’était montré sceptique devant les prétendues compétences du Survivant. Il avait fini par accepter le fait que ses aptitudes ne reposaient pas uniquement sur des affabulations, et il régnait à présent un respect mutuel entre eux. Harry l’avait choisi pour son côté observateur, qui lui avait valu pendant des années le surnom affectueux d’Œil de Lynx. Très attentif, Andrew remarquait toujours des détails que les autres pouvaient considérer comme sans importance, et c’était sans conteste son plus grand atout. A eux trois, ils allaient former une équipe efficace.

— Ton week-end s’est bien passé ? demanda Gabrielle d’une voix joyeuse lorsqu’il se planta devant la porte de son box. Ta femme ne t’en a pas trop voulu ?

— Si, avoua Harry. Mais pas pour le dossier Ward.

Il eut immédiatement son entière attention. La jeune femme cessa de fouiller dans les tiroirs désordonnés de son bureau et se redressa pour le scruter avec intensité.

— Tu veux dire que tu comptes enfin m’avouer la véritable raison de ta présence ici samedi dernier ?

— On ne peut rien te cacher, sourit Harry avec humour.

Il lança sur son bureau un des rapports d’autopsie, et fut satisfait de voir une lueur curieuse dans son regard.

— Nous partons demain matin.

— Où ça ?

— Lis le rapport, tu comprendras.

— A vos ordres, chef, répondit-elle en levant les yeux au ciel, une grimace amusée sur le visage.

Sans perdre davantage de temps, Harry la laissa à sa lecture et gagna le fond du couloir, là où Andrew s’était exilé « pour avoir la paix ». Il frappa contre la porte en bois d’un coup bref, et entra lorsqu’un grognement lui répondit.

— C’est pour quoi ? marmonna le vieil Auror sans lever les yeux du dossier qu’il était en train de consulter.

— Envie de revivre l’excitation de tes jeunes années Andy ? le taquina Harry.

Son interlocuteur posa sur lui un regard dubitatif.

— Qu’est-ce que tu veux de moi Potter ?

— De l’aide. Kingsley m’a confié une affaire, et m’a demandé de choisir deux de mes collègues.

— J’ai autre chose à faire fiston, bougonna-t-il. Désolé, mais ce sera sans moi.

— Scabior a été tué, répliqua Harry sans se démonter. A Azkaban. Il y a deux semaines.

Il vit briller dans les yeux d’Andrew la même lueur qu’il savait briller dans les siens. Résoudre un crime dans le huis clos de la prison sorcière était une perspective alléchante pour tout bon Auror qui se respectait. Le défi était trop intéressant pour être refusé.

— Quand partons-nous ? demanda sobrement son aîné.

— Demain matin. Lis d’abord ça.

Il lui tendit un des rapports d’autopsie. Andrew s’en saisit en hochant le menton. Harry pouvait sentir l’excitation qui émanait de lui, si reconnaissable. A chaque nouvelle affaire, c’était la même chose. Cette soif de savoir, de faire éclater la vérité, l’envie de résoudre un mystère. Le besoin de glaner des indices, de démasquer le coupable.

Un sourire aux lèvres, Harry retourna dans son propre box. Lui aussi devait avoir fini de lire ce rapport avant ce soir.

Et dès demain, une nouvelle enquête pourrait commencer.

Note de fin de chapitre :

Merci d’avoir lu ! :D

J’espère que ce premier chapitre vous a plu, il s’agissait d’une petite mise en place, on attaque plus sérieusement dès le prochain chapitre. :)

Si vous avez des questions, des remarques, ou autre, n’hésitez pas à laisser une review, ça me fait toujours plaisir de connaître vos avis !

Pour ce qui est de la publication, je publierais normalement un chapitre par semaine, le jeudi donc. J’ai pour l’instant sept chapitres écrits et bêtatés, et je viens de commencer le huitième, donc vous ne devriez pas trop attendre entre chaque. ^^

Merci encore pour votre lecture, et à la semaine prochaine ! :D
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