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Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous!

 

Me revoilà avec un nouveau chapitre!

Je tiens à remercier de tout court les personnes qui continuent à lire et à laisser des reviews pour ma Fanfic. Je suis vraiment touchée. Etant donné que je prends plus de temps entre les chapitres dû à ma situation personnelle, j'essaye au maximum d'éviter les incohérences. Si vous en voyez qui pointent le bout de leur nez, n'hésitez pas à m'en faire part ! :)

 

Je vous laisse donc à la lecture de ce chapitre, qui pour moi était nécessaire car il couvre plusieurs points de vue, et que j'avais besoin de faire un petit tour de tous les personnages de ma fiction. J'ai aussi tenu à reprendre le point de vue Dorcas et Cassidy, qui sont deux personnes que j'adore, malgré le fait qu'elles sont parfois moins présentes. Je vous laisse donc découvrir leurs aventures, et vous souhaite une très belle lecture!

 

Il aurait eu envie d'en finir. De ne plus exister. Toute sa vie il s'était battu pour faire partie de quelque chose, pour être reconnu. Mais à l'instant même, jamais il n'aurait autant aimé qu'on ne le voie pas. Qu'il soit invisible. Non seulement il allait devoir subir les humiliations et les brimades de son coéquipier de potions, mais en plus il allait falloir affronter la haine et le mépris de sa propre maison. Severus Rogue était devenu le paria des Serpentards, l'opprobre de la maison vert et argent. Et ce pour quoi ? Il n'avait eu aucun remerciement, aucune reconnaissance. Bien au contraire, c'était vers Potter et sa bande que les éloges iraient, forcément. Potter et Black, qui, il le sentait, allait lui faire passer l'une des pires heures de cours de sa vie.

-Bouge de là, c'est ma place.

Black venait d'entrer dans la salle, comme si elle lui appartenait, comme à son habitude. Il l'avait poussé de son sac, et Rogue sentit une douleur lancinante dans le bras droit, là où Malefoy l'avait attrapé. Le garçon n'osa pas se retourner, de peur de ne voir le courroux dans le regard du roi des serpents. Il osa tout juste lever les yeux de son livre pour lancer un regard haineux à Black, qui le regardait avec l'air de celui qui perdait patience.

-Va te faire voir, Black.

-Ce n'est pas très gentil de parler comme ça. Surtout pour quelqu'un qui a perdu tous ses amis. Ou devrais-je dire ses maîtres ? Il est bien évident que tu n'as pas d'amis. Je te le répète : bouge.

Cette fois-ci, Black lui serra le bras et, contraint par la douleur, Rogue échangea de chaise. Son coéquipier s'assit, un air plus satisfait que jamais sur le visage. Le Serpentard ressentit quelque chose qu'il n'avait pas l'habitude. D'ordinaire, il méprisait Black et Potter, il les haïssait, leur voulait du mal. Et il savait qu'il partageait cela avec le reste des Serpentards, notamment Malefoy. Il se savait donc protégé. Mais actuellement, personne ne viendrait à sa rescousse. Et Rogue ne l'admettrait pas, mais il avait peur. Comme jamais dans sa vie. Il choisit donc de regarder son livre, la tête baissée.

-Alors, dis-moi : c'est comment d'être la honte de sa maison ? Que dis-je : la honte de Poudlard ?

Black ne le lâcherait pas. Il ne lâcherait pas jusqu'à ce que Rogue ne cède. Mais le garçon savait qu'il ne pouvait se permettre aucune incartade, car le professeur Slughorn avait été clair : toute dispute serait immédiatement sanctionnée d'un renvoi. Et le jeune homme ne pouvait prendre le risque : qui l'accueillerait si jamais il se faisait renvoyer ? Poudlard était sa seule et unique chance. Bien entendu, Black n'en avait que faire des règles. Rogue aussi haïssait cette manie d'être tellement rebelle que l'on se sentait au-dessus de toutes les lois. Jamais il n'aurait ce genre de courage. Il ne répondit toujours pas, mais son sang ne fit qu'un tour.

-Et bien, maintenant que tu es là, tu vas au moins pouvoir être utile. Faire une potion, j'ai cru comprendre que c'était dans tes cordes. Je t'ai vu le faire.

Black avait soudain pris une voix teintée de quelque chose de plus dangereux : il était menaçant. Rogue sentit de l'électricité parcourir son corps et consentit à lever les yeux de son vieux livre de potions racorni. Black le regardait, avec une haine tenace, et ne comptait pas cligner des yeux. Il ne sut pour quelle raison, le Serpentard eut le cœur qui s'affola.

-Comment ça ? demanda-t-il, la voix rauque à force d'avoir gardé le silence pendant plusieurs jours, personne ne risquant de lui adresser la parole.

Black jeta un coup d'œil au professeur Slughorn, qui donnait ses instructions, et s'approcha dangereusement :

-Je sais ce que tu as fait à mon frère. Et crois-moi, tu vas le payer.

Rogue eut la soudaine envie de vomir. Toute la colère, le ressentiment, la honte, la peur qu'il avait vécu ces derniers jours menaçaient de sortir. Alors que la salle commençait à se brouiller face à sa vue, il se leva d'un bond et, non sans prendre son livre au passage, se fraya un chemin hors de la classe pour vomir. Il entendit les rires et les moqueries. Et il sut que sa vie se résumerait désormais à cela. Jamais Severus Rogue n'aurait pensé qu'il ne puisse tomber plus bas, mais il l'avait fait. Et il n'y avait personne pour le sauver de son misérable sort.

 

 

 

 

Bien qu'entendre Servilus déverser ses tripes à l'autre bout du couloir de la salle de potions lui ait valu l'un de ses plus grands fou-rires, Sirius trouvait le cours de potions abominablement long. D'une part car il devait accomplir les philtres lui-même, n'ayant plus son ennemi juré pour les faire à sa place, et d'une autre parce que l'ambiance de la salle était d'une telle tension qu'elle en devenait palpable. Il jetait régulièrement des coups d'œil à Cassidy, qui, il le voyait, devait essuyer les méchancetés et petits coups de baguette acéré de la part de sa coéquipière, Elia Parkinson, à qui elle le rendait bien. Il aurait aimé pouvoir faire quelque chose pour lui éviter cela, mais se rappela que la jeune femme ne le tenait pas haut dans son estime. Pas plus que Remus qui, quelques mètres plus loin, faisait sa potion dans son coin, hermétique aux geignements de son coéquipier qui apparemment n'avait jamais su faire une potion convenable de sa vie. Sirius eut la boule au ventre en voyant son ami, ou ex-ami ? Il ne savait plus. Cependant, il voulait aller lui parler. Car la Pleine Lune approchait, et il était exclu pour lui de laisser son ami seul dans cette épreuve. Ce qui le ramena à James : il était d'une tension qu'il lui avait rarement vue, s'efforçant de rester le plus loin possible de Malefoy, qui lui tournait sa potion comme s'il voulait briser le chaudron. Sirius imaginait ce que son meilleur ami devait ressentir : devoir s'assoir à côté de Malefoy, et ce sans oser ne serait-ce que lui adresser la parole sous peine d'être renvoyé, devait être la pire des punitions. Il se promit d'aller lui parler à la fin du cours. Sirius sentait que la complicité légendaire qu'il avait créé avec James s'effritait depuis quelque temps, et il voulait à tout prix éviter cela. Il savait qu'il était en partie responsable, et il savait aussi ce qu'il lui restait à faire pour arranger les choses. Il ne voulait pas être ce que Remus avait sous-entendu. Il ne voulait pas être celui qui profitait d'être un Black pour faire ce qu'il voulait. Il était quelqu'un de bien, et faisait son possible pour le rester. Mais James était son pilier, et c'était le premier qu'il devait aller voir. Pensif, Sirius finit sa potion et se fit froidement féliciter par son professeur. Une chose était au moins sûre : les examens n'étaient pas le sujet qui préoccupait le plus le jeune homme. Lorsque la sonnerie retentit, jamais les élèves ne se levèrent aussi vite pour sortir de la salle de classe. Sirius en fit de même, et profita pour se retrouver directement aux côtés de James :

-Sacré cours hein ?

Son ami acquiesça, apparemment encore très irritable.

-Et Servilus qui va dégobiller dans son coin.

-Qu'est-ce que tu lui as dit ?

Sirius haussa les épaules :

-Rien que la vérité : qu'il n'était qu'une boule puante et qu'il ferait mieux de se laver la prochaine fois qu'il ne daigne s'assoir à côté de moi.

James éclata de rire, et Sirius fut soulagé : ça faisait longtemps qu'il n'avait pas vu son ami rire de la sorte. Ce fut ainsi que les deux meilleurs amis s'en allèrent au prochain cours, se moquant de Servilus, comme au bon vieux temps, où la seule chose qui importait était de trouver les meilleures blagues et de passer l'année. Sirius était soulagé, mais savait que sa rédemption ne s'arrêterait pas là, et il savait pertinemment quelle était la deuxième personne à qui il souhaitait parler.

 

 

 

Elle se massait le bras douloureusement. Sa coéquipière de potions ne l'avait pas ratée. Cassidy haïssait ces cours plus que tout, et elle avait même commencé à les craindre. Elle savait qu'elle pouvait se défendre, mais Elia Parkinson n'avait aucune limite. Les menaces, les coups-bas, tout était permis. Cassidy ne possédait pas cette arrogance que son frère pouvait avoir lorsqu'il s'agissait d'enfreindre les règles, et son avenir à Poudlard était bien trop important pour qu'elle ne le compromette à cause d'une Serpentarde. Cependant, elle ne pouvait continuer à se laisser faire de la sorte : c'était désormais un grand hématome qui s'étalait sur son bras à la sortie du cours qui lui fit dire que c'était la dernière fois qu'elle laisserait Elia Parkinson s'en prendre à elle.

-Tu vas bien ?

La jeune femme, dans ses pensées, sursauta et tira machinalement sur la manche de sa chemise. Puis elle rougit en voyant qui était son interlocuteur. Benjamin, dont le prochain cours était apparemment les potions, la regardait avec un fin sourire. Cassidy lui sourit à son tour, gênée. Le garçon l'intimidait. Il faisait partie de ces personnes populaires, qui n'avaient cas exister pour que les gens ne les apprécient. Une autre qualité qu'elle n'avait pas hérité de son frère. A Poudlard, elle était connue pour être la sœur de James Potter, souvent garçon manqué, imbattable au Quidditch certes, mais la plupart du temps invisible. Avec Benjamin, c'était la première fois qu'elle avait l'impression d'exister uniquement par elle-même.

-Je sors des potions, c'est toujours un peu mouvementé, expliqua-t-elle après quelques secondes de silence.

Benjamin hocha la tête : tous les élèves de Poudlard étaient au courant de la manière dont se passaient les cours entre Gryffondor et Serpentard.

-Oui, vous nous avez bien amoché notre petit Slughorn. Lui qui était si joviale !

Cassidy éclata de rire. Benjamin semblait d'une aisance à couper le souffle. Mais, pour elle ne savait quelle raison, c'était sur elle qu'il avait jeté son dévolu.

-Eh bien, dites-vous que grâce à ça, vous aurez peut-être une mince chance de l'emporter sur Gryffondor à la fin de l'année.

Cassidy faisait référence à la coupe des maisons, et le fait que la maison rouge et or avait perdu tous ses points après la violente dispute entre Malefoy et son grand frère ainsi qu'entre Lily et Narcissa. Cassidy en avait voulu à James, mais se sentait bizarrement compatissante envers Lily qui, elle le savait, n'avait fait que se défendre.

-Ah oui ? Comme ça tu crois que c'est notre seule chance ?

Benjamin venait de se rapprocher, et Cassidy sentit son corps palpiter. Il était incroyable beau, ses yeux marron perçants et ses cheveux bruns parfaitement coiffés, à l'instar de toute sa personne : il frôlait la perfection à ses yeux.

-Eh bien, vous feriez bien de vous dépêcher, car on ne va pas tarder à combler notre retard. Aussi loin que je m'en souvienne, Serdaigle n'a jamais battu Gryffondor, n'est-ce ? C'est un peu la même chose en Quidditch.

Benjamin souriait, puis il se rapprocha encore de quelques centimètres :

-Je dois avouer que tu ne rends pas la tâche facile. Mais considère-moi intrigué Miss Potter : je relève ce défi.

Cassidy sourit, ses joues probablement aussi rouges que sa cravate. Soudain, Benjamin recula de quelques pas et reprit un air sérieux :

-Aufaite, une sortie à Pré-au-Lard est prévu pour bientôt : ça te dirait de m'y accompagner ?

Il l'avait demandé comme s'il savait pertinemment ce qu'allait être la réponse. Pas une bribe d'inconfort n'était à déplorer de sa part. Cassidy, quant à elle, se sentit rougir encore un peu plus, mais réussit à bafouiller :

-Eh bien euh... oui, bien sûr. Chouette !
-Super. Alors à bientôt ma jolie ! Tu devrais te dépêcher d'aller en cours, tu as du retard à rattraper, lui dit-il avec un clin d'œil.

Cassidy se sentit soudain comme sur un nuage et mordit sa lèvre : c'était la première fois que ça lui arrivait. De se faire draguer, et courtiser. Et elle appréciait cela. Son moment d'euphorie fut rapidement coupé par la vision qui embuait son esprit : Marlene et Sirius, en grande conversation, la première éclatant de rire aux propos du second. Cassidy sentit une pointe lui lanciner le ventre. Marlene était incroyablement jolie : des yeux en amande, une chevelure bouclée et soyeuse, des traits féminins et doux. Lorsqu'elle se regardait dans le miroir, Cassidy ne voyait qu'une jeune femme banale, avec un style à déplorer. En jetant un coup d'œil à ses pantalons un peu trop larges pour elle et la jaquette qui lui descendait jusqu'aux genoux, elle se sentit affreusement nulle. Comme pour accentuer son sentiment, Sirius lui jeta un coup d'œil, et Cassidy crut y déceler de l'agacement. Il devait probablement en avoir marre qu'elle le regarde sans arrêt. Loin de la vibration ressentie auparavant, Cassidy se mit en marche vers son nouveau cours, la tête basse et une horrible envie de pleurer dans la gorge.

 

Les cours étaient plus longs les uns que les autres. Les potions avaient été un calvaire, aux côtés d'Evan Rosier qui n'avait pipé mot sauf pour la réprimander lorsqu'elle avait fait tomber la poudre d'armoise. Elle n'avait pas écouté une bribe en histoire de la magie lorsque le professeur Binns s'était mis à narrer la guerre entre les trolles et les sorciers de 1646, s'était trompée lors du cours de sortilège sur le sort d'Enervatum, puis avait rejoint la Grande Salle pour y prendre son déjeuner, la boule au ventre. Elle n'avait pas l'habitude de se sentir aussi seule au sein de Poudlard. Elle se rendit compte que, pendant des années, Lily avait été sa seule réelle amie. Elle appréciait énormément Alice, mais celle-ci était accompagnée de la première depuis le début de matinée. La semaine avait été longue pour elle, à essayer de trouver toutes sortes de moyen pour les éviter. Les repas étaient insidieux : elle les avait pris une fois accompagnée de Léane Parsley, mais avait vite été à cours de sujets de discussion. Elle n'aimait pas se forcer à parler à des gens avec qui elle n'avait rien en commun. C'était un trait caractéristique chez elle : elle ne se faisait pas facilement des amis. En entrant dans la salle, la jeune femme se dit qu'il était temps qu'elle ait une conversation avec sa meilleure amie. Cependant, les actes de Lily l'avait blessée. De plus, elle considérait que c'était à la rousse de revenir vers elle. Après tout, c'était elle qui était se balader avec Remus. Nelly avait toujours beaucoup de peine à accepter leur amitié, surtout depuis que le jeune homme ne lui adressait plus la parole. Elle se disait que, pour une fois, elle souhaitait que le premier pas vienne de son amie. Et s'il fallait qu'elle soit seule jusqu'à ce que ça se fasse, elle le serait. Elle prit donc place à la Grande Salle, entre deux groupes de deuxième année trop occupés à parler des cours pour la remarquer, et se servit du potage, la boule au ventre.

-Cette place est prise ?

Quelqu'un lui avait tapoté l'épaule, et Nelly se retourna, surprise : c'était Remus. Il avait l'air très fatigué, et était seul, lui aussi. Il pointait du doigt la place en face d'elle. Nelly fit non de la tête, plus honteuse que jamais. Le garçon fit donc le tour de la table des Gryffondor et prit place en face d'elle. Pendant quelques instants, le silence rendit l'atmosphère absolument insoutenable. Nelly se forçait à diriger son attention vers la conversation de deux garçons qui parlaient d'à quel point le professeur Mcgonagall était exigeante.

-S'ils savaient... dit soudainement Remus, un fin sourire aux lèvres.

Nelly consentit enfin à le regarder : ses traits étaient tirés, il semblait avoir froid sous sa veste beige et les cernes qui entouraient son regard étaient très clairement visibles. La jeune femme ne put s'empêcher de se demander ce qui n'allait pas. Mais, même comme ça, elle le trouvait beau. Si attirant qu'elle reposa sa cuiller, incapable d'avaler une goutte de plus du potage aux légumes. Remus, lui, dévorait son assiette.

-Tu t'en sors, au niveau des cours ? lui demanda-t-il.

Nelly haussa des épaules :

-Je dois t'avouer que j'ai de la peine à les suivre, ces temps. Mais ça peut aller. J'essaye de ne pas prendre trop de retard. Mais impossible pour moi de me projeter vers les ASPICS. Et toi ?

-Pareil. J'ai essayé d'organiser mes révisions avec l'agenda que Lily m'a offert à Noël, mais impossible de m'y mettre. J'imagine que c'est encore trop tôt.

Nelly eut à nouveau une pointe au cœur. Remus et Lily étaient encore plus proches qu'elle ne s'imaginait. Alors que le silence se faisait à nouveau ressentir, ils furent interrompus par James, Sirius et Peter, en grands éclats de rire. Ils s'assirent à ses côtés, semblant l'avoir à peine remarqué. Lorsqu'elle vit Sirius, Nelly se sentit rougir : elle se sentait coupable de quelque chose, mais ne savait pas dire quoi. Le jeune homme, quant à lui, semblait parfaitement à l'aise et prit place aux côtés de Remus en lui tapant dans le dos. Nelly observa la réaction de Remus : il semblait surpris, et quelque peu renfermé. Mais quelque chose lui disait qu'il était heureux que ses amis soient présents. Il fallait qu'elle trouve un moyen de s'éclipser.

-Eh bien, on peut dire que cette année, ils n'ont pas lésiné sur la dose de devoirs ! J'en viendrais presque à stresser, dit Sirius avec nonchalance.

James pouffa de rire :

-Il m'en faudra bien plus. C'est plutôt le Quidditch qui m'inquiète ! On l'a trop laissé tomber, avec les événements qui se sont passés. C'est le moment ou jamais de remonter la pente.

Sirius approuva.

-Moi, j'ai très peur de ce rendez-vous avec Mcgonagall. Qu'est-ce qu'il faudra lui dire vous pensez ? lança Peter, rouge en apercevant que Nelly le regardait parler.

-Quel rendez-vous ? demanda James.

-Celui pour notre avenir !

-Facile, répondit son ami, je veux devenir Auror, et j'ai les notes pour. Ce sera le rendez-vous le plus rapide qu'elle n'ait eu ! Si elle me garde, ce sera pour d'autres raisons...

Ce fut au tour de Sirius de pouffer, et Nelly remarqua que Remus avait lui aussi souri. Elle avait complètement oublié le rendez-vous avec sa directrice de maison : encore une chose pour laquelle elle devrait s'affoler.

-Et toi, qu'est-ce que tu veux faire ?

Complètement perdue dans ses pensées et trop mal à l'aise pour s'être rendue compte qu'ils l'avaient aperçu, Nelly fut surprise de voir que Sirius s'adressait à elle. Elle se sentit rougir, et voulut trouver un moyen pour échapper à la conversation.

-Eh bien... Je dois avouer que je ne sais pas encore trop. J'imagine que ce sera l'occasion de voir les possibilités, choisit-elle de répondre.

Sirius devait avoir vu son malaise, car il ne rebondit pas.

-Je te comprends, lança Remus après un moment, alors que James, Sirius et Peter avaient dévié sur le sujet du transplanage - un autre événement que Nelly avait oublié. Je t'avoue que j'ai moi aussi de la peine à me projeter.

Nelly voulait à tout prix s'en aller, car elle se sentait réellement de trop, mais quelque chose la faisait rester. James et Sirius ne semblaient pas le moins du monde gênés de sa présence, et Peter devait l'être de toute personne qui n'était pas ses amis proches. Mais c'était surtout l'effort que faisait Remus pour lui parler qui la faisait rester. Elle en oubliait à quel point elle avait souffert et à quel point elle lui en avait voulu. Elle savait cependant que si elle acceptait de converser à nouveau avec lui, c'était pardonner, et c'était accepter d'être uniquement son amie. Cependant, lorsqu'elle regardait sa vie actuelle, et son manque de relations humaines, Nelly décida qu'il était temps qu'elle relâche quelque peu sa rancœur. Elle sentit ses épaules s'affaisser, et reprit une cuiller de soupe :

-Il y a des domaines qui t'intéressent ? demanda-t-elle.

-Plusieurs oui, mais je ne sais pas s'ils seront possibles pour moi.

-Tu es l'un des meilleurs élèves, s'ils ne le sont pas pour toi ils ne le sont pour personne.

Remus lui sourit, mais le sourire semblait triste et faux.

-Et toi, vraiment aucune idée ?
Nelly comprit qu'il souhaitait changer de sujet.

-J'ai bien des idées, mais ce ne sont pas vraiment des filières conventionnelles. Je ne sais pas si Mcgonagall sera ouverte à d'autres propositions.

-Tu m'intrigues, il faut que tu m'en dises plus.

-Eh bien, disons que j'aime beaucoup tout ce qui touche aux vêtements, et plus particulièrement les confectionner moi-même. Mais... Je ne suis pas sûre que ce soit réellement possible. Sinon, mes parents ont une boutique d'apothicaire. C'est quelque chose qui pourrait me plaire. Si on ne devait pas les partager avec les Serpentard, je pense que les potions seraient ma matière préférée.

Remus la questionna sur son talent caché, sur les cours en général et sur ses parents. C'était des questions anodines, mais qui n'avaient jamais été abordé lorsqu'ils étaient ensemble. A chaque fois qu'elle essayait de le questionner, le jeune homme réussissait à rabattre la conversation sur elle. Nelly ne s'en formalisa pas, et fut ravie de voir qu'à mesure qu'ils parlaient, Remus reprenait des couleurs. Malgré tout ce qu'il s'était passé, elle se sentait en confiance avec lui. Alors qu'ils abordaient la manière dont Gryffondor pourrait rattraper son retard pour la coupe des maisons, Nelly sentit son ventre se tendre. Lily et Alice venaient d'entrer dans la Grande Salle. La première la vit et lui sourit, mais se tendit lorsque James la regarda. Alice sourit à son tour, et se dirigea vers eux, ce qui força Lily à la suivre. Soudain, les conversations s'amenuisèrent dans le groupe. Alice prit place à côté de Nelly, et Lily à côté de Remus. Nelly sentait que James, à ses côtés, avait bougé et s'était tendu. Sirius avait la tête plantée dans son assiette, incapable de regarder Alice. Seuls Remus et Lily avaient commencé à parler gentiment des cours. Nelly reposa sa cuiller, et eut à nouveau envie de prendre la fuite.

-On parlait de l'anniversaire de Lily. C'est moi qui organise. Tu veux en être ? demanda Alice.

Nelly jeta un coup d'œil à sa meilleure amie et Remus qui, elle le savait, avaient tous deux entendu la question posée par Alice. De même que James et Sirius, qui faisaient mine de parler de Quidditch. Nelly fut à nouveau mise devant un fait accompli : c'était soit elle décidait de pardonner et de passer à autre chose, ou alors elle raterait les dix-sept ans de sa meilleure amie. Cette option lui paraissait impossible :

-J'espère bien. On va en faire l'événement de l'année !
Lily lui jeta un regard reconnaissant et lui adressa un sourire flamboyant, auquel Nelly répondit par un signe de tête. Elle savait qu'il lui faudrait avoir une conversation avec son amie, mais Lily avait eu son lot de malheurs dernièrement, et elle méritait de fêter dignement sa majorité dans le monde des sorciers. Alors que les conversations avaient gentiment repris, Sirius se leva de table :

-Alice, est-ce qu'on pourrait aller parler s'il te plait ?

Le silence se fit à nouveau, et la jeune femme acquiesça, les joues rosées.

-Je n'avais pas vu le temps passer ! Il faut impérativement que j'aille à la bibliothèque, lança Lily en terminant rapidement son assiette. Aufaite Remus, ça tient toujours pour la ronde ce soir ?

Nelly savait que Lily avait décidé de faire ses rondes avec Remus, pour éviter de les faire avec James, lequel se tendit à ses côtés.

-Ce soir... Je ne pense pas que je vais pouvoir.

Lily baissa la tête et acquiesça. Nelly ne comprenait pas, mais eut la soudaine impression qu'elle manquait quelque chose.

-Bien sûr je comprends. Je la ferai seule il n'y a pas de mal à ça. Il faut que j'y aille. Nel's, tu m'accompagnes ?

La jeune femme, brouillée par tout ce qu'il venait de se passer en un déjeuner, prit son sac et acquiesça.

-A bientôt, lui lança Remus.

Elle lui accorda un signe de tête, mais ne put lui répondre, puis suivit son amie vers la bibliothèque, où les conversations étaient uniquement tournées vers la matière des cours.

 

 

 

Elle se sentait un peu plus soulagée qu'auparavant. Sa journée avait certes été longue, comme toute celles depuis le Nouvel an. Mais elle sentait que certaines situations se démêlaient, et c'était la bribe d'espoir dont elle avait besoin pour avancer. Alice venait de parler à Sirius. Le jeune homme avait tenu à la prendre en aparté, et tous deux s'étaient promenés dans l'enceinte glaciale de Poudlard afin de mettre les choses à plat. Sirius s'était excusé, ce que la jeune femme avait apprécié mais avait bien vite contré en insistant qu'elle n'était que la seule responsable. Il lui avait avoué que Franck ne lui parlait plus, et qu'il ne le voyait que rarement ces temps-ci. Alice avait eu le ventre noué à la mention de son désormais ex petit-ami. Sirius avait donc changé de conversation. Ils avaient mentionné les cours, mais la jeune femme avait tenu à éviter ce sujet-là aussi, en se rendant bien compte qu'elle avait pris un retard qu'elle ne pouvait se permettre. Ils avaient donc abordé la piste du rendez-vous avec Mcgonagall, mais Alice ne tenait pas non plus à se projeter dans son avenir. Il lui avait semblé qu'il en était de même pour Sirius, qui semblait plus que morose à l'idée de quitter Poudlard. Les relations n'étaient décidément pas une conversation à aborder, c'est pourquoi Alice n'avait pas osé parler de Cassidy. Ils avaient donc papoté au sujet du transplanage, rigolé sur la monotonie des cours du professeur Binns et salué au passage Hagrid qui portait sur ses épaules tout un tas de branches. Une fois l'atmosphère quelque peu détendue, Alice et Sirius s'étaient pris dans les bras, et la jeune femme l'avait remercié une dernière fois. Elle regagnait désormais la Salle commune de Gryffondor, prête à retrouver ses amies. Elle se sentait plus légère. De plus, elle se rendait compte de l'immense erreur qu'elle avait commise : bien entendu que Sirius lui avait toujours plu, mais à le voir ainsi, elle se rendait compte qu'elle ne pourrait jamais rien entamer avec le jeune homme. Non seulement par respect pour Cassidy, mais aussi car il n'y avait personne d'autre que Franck qui n'occupait ses pensées. Sirius avait été une erreur, et elle était contente qu'au moins une personne ne lui en tenait pas rigueur. Ils resteraient amis, et c'était à Alice tout ce qu'il fallait pour que son cœur ne cesse de se tordre en permanence.

Alors qu'elle se dirigeait vers le portrait de la Grosse Dame, la jeune femme tomba tout droit vers Lily et Nelly. Les deux jeunes femmes revenaient de la bibliothèque.

-Comment ça va ? lui demanda la première.

-Bien, répondit sincèrement Alice avec un petit sourire.

Un silence gênant vint divaguer autour des trois amies. N'y tenant plus, Alice lâcha un gros soupir :

-Il me semble que cette année est la plus difficile que l'on n'ait vécu à Poudlard. Et je sais bien que l'on fait tous des erreurs, et que je suis probablement la pire de toutes. Mais j'ai besoin de vous. Vous êtes mes seules vraies amies ici. J'aime nos moments à trois, nos échanges de cadeaux à Noël, tous les souvenirs que l'on a de cette école, ensemble. Alors, je ne prétends pas savoir ce qui se passe réellement entre vous, et je n'ai pas à m'en mêler. Mais est-ce que l'on peut juste redevenir des copines qui vont en cours ensemble, normalement ? Sans drame, sans pleurs. Des Gryffondors de septième année prête à rendre les derniers mois à Poudlard magiques. Ça vous dit ?

Le cœur d'Alice palpitait. Lily et Nelly la regardaient, leur expression difficile à déchiffrer. Puis elles se regardèrent, Lily rougissant quelque peu. Alice remarquait que Nelly était plus froide. Cependant, ce fut elle qui prit la parole :

-Il me faudra peut-être du temps pour que tout redevienne comme avant. Mais oui, c'est ce que je veux aussi. Plus de drame. Plus de pleurs. Des copines qui vont en cours ensemble.

Lily semblait ravie :

-Je vous suis, quoi qu'il arrive.

Les trois amies se prirent brièvement dans les bras, et se dirigèrent ensemble vers leur prochain cours, en parlant naïvement des prochaines rondes qu'auraient à faire Lily. Alice avait le cœur plus léger.

 

 

 

La journée avait été longue et fournie. Le cours de potions la laissait à chaque fois plus pantoise. Elle essayait de résister. Elle l'essayait de toutes ses forces, chaque jour. Elle se détestait pour ce qu'elle faisait. Un peu plus, chaque jour. Elle avait espéré que le professeur Slughorn ne décide d'arrêter ces duos catastrophiques et qu'elle ne puisse partager le cours avec sa meilleure amie, comme elle le faisait pour tous les autres. Elle aurait tant aimé pouvoir vivre une expérience de Poudlard comme semblaient le faire les autres élèves : participer avec véhémence aux matchs de Quidditch, faire la fête aux joueurs lorsqu'ils gagnaient, se faire plein d'amis, prendre plaisir à tous les cours, sortir avec une autre personne de sa maison... Le ventre de Dorcas se tordit à cette pensée. Elle ne s'était jamais sentie comme les autres. Réservée, timide, elle avait passé ces premières années d'école à se faire le plus invisible possible. Fort heureusement, Cassidy avait été la seule qui l'ait considérée. Toutes les autres filles qui l'avaient abordée par la suite ne l'avaient fait que dans l'unique but de savoir si elle était proche de James et Sirius. Dorcas ne l'était pas spécialement. Elle appréciait les garçons, mais ne s'était jamais sentie faire partie de la bande. Seule Cassidy la comprenait. Cassidy, à qui elle mentait effrontément, un peu plus chaque jour. Mais le professeur Slughorn n'avait pas décidé de changer de protocole. Et elle s'était retrouvée, comme à chaque cours de potions, avec lui. Son cerveau pouvait résister longtemps. Elle arrivait souvent à l'oublier, lorsqu'elle était entourée d'autres Gryffondors, qu'elle se concentrait sur les cours ou qu'elle passait du temps avec sa meilleure amie. Elle pouvait même feindre de l'ignorer, lorsqu'elle le croisait dans les couloirs, affublé de sa bande. Personne n'aurait jamais pu se douter de quoi que ce soit. Et pourtant, lorsqu'elle s'était assise à côté de lui, avait pris son chaudron sans un mot et avait fait sa potion, machinalement, comme depuis le début de l'année, toute sa raison s'envolait. Et son corps, elle n'avait jamais pu le contrôler. Elle ne pouvait contrôler les battements de son cœur s'affolant, la moiteur de ses mains, son souffle s'accélérant, les tremblements de ses jambes. Il était comme à son habitude impassible, sûr de lui, froid, distant. Il ne lui adressait pas un mot. Puis, comme à chaque fois, il effleurait sa cuisse avant de se lever et de partir, sans un regard pour elle. Dorcas se détestait. Il était de plus en plus difficile pour elle de vivre avec ce secret, qui devenait un fardeau. Et pourtant, à mesure qu'elle prenait l'ampleur de la situation, son attraction redoublait d'intensité. Elle avait voulu lui échapper. Elle aurait donné n'importe quoi, pour être comme toutes les autres filles. Consciente des myriades de pensées qui se bousculaient dans sa tête, Dorcas se dirigeait pourtant là où il lui avait demandé d'être : dans la salle de classe vide du professeur Chourave. Elle ne voulait pas savoir comment il s'était procuré les clés. Elle avait prétendu avoir un cours particulier de sortilège avec un Serdaigle auprès de Cassidy, puis s'était évaporé. Personne ne pouvait deviner ce qu'elle s'apprêtait à faire. Il n'y avait que son cœur qui battait la chamade, et sa tête qui lui infligeait de partir en courant.

-Je vois que tu es venue.

Sa voix était froide, implacable, son ton dur et rauque. Ses yeux d'un noir d'ébène la scrutaient de haut en bas, légèrement moqueurs. Il portait ses cheveux noirs épais en arrière, comme souvent. Elle ne réussit qu'à acquiescer, incapable de parler. Cela faisait des mois que ça durait, mais Dorcas se sentait toujours comme une petite fille prise en faute lorsqu'elle le voyait. Sa tête lui hurlait de fuir, plus résonnante que jamais.

-Eh bien entre.

Dorcas le fit, ferma la porte, mais resta collée contre elle. Elle avait les bras croisés, et son cœur menaçait d'exploser.

-Tu es moins timide d'habitude, fit le garçon, cette fois-ci carrément moqueur.

Dorcas hésita : devait-elle prendre la fuite ? Il la rattraperait. Il le faisait toujours. Il arrivait toujours à ses fins. Il s'avança de quelques centimètres, puis la plaqua contre le mur. Elle fut forcée de décroiser ses bras pour se retenir contre la matière froide et peu accueillante. Il avait ses bras de part et d'autre de sa tête, qui lui hurlait toujours plus fort de prendre la fuite, de résister. Son corps tremblait. Puis il fit ce qu'il faisait toujours lorsqu'il la sentait réticente : il lui prit le menton dans ses doigts, et la força à la regarder :

-Tu veux que j'arrête ? demanda Mulciber, d'une voix plus douce.

La voix dans sa tête s'était tue, se sachant vaincue. Dorcas sentit les muscles de son corps abandonner eux aussi, et son cœur suivre leur rythme. Elle s'éclaircit la gorge et, en se perdant dans son regard, murmura :

-Non.

Alors Mulciber se mit à l'embrasser, durement. Il descendit rapidement dans son cou, et lui mordilla la naissance de son épaule. Il venait de lui ôter son pull. Comme si c'était la chose la plus facile au monde, il la souleva du sol, enroula ses jambes autour de sa taille et se dirigea vers le bureau du professeur. Il fit tomber les quelques papiers qui y trainaient, et Dorcas se sentit allongée de tout son long. Le bureau était aussi froid que le mur, mais bientôt son corps entier fut réchauffé par celui de Mulciber qui prit place sur elle. Il continuait à embrasser son corps, ses seins, son ventre - que Dorcas sentit se contracter. A mesure qu'il passait son corps en revue de sa langue, ses mains devenaient insistantes, lui agrippant les cuisses avec possession. Puis elles passèrent sur son soutien-gorge et l'ôtèrent.  Il descendit ensuite plus bas, lui enleva son pantalon sans cérémonie, et continua les baisers sur ses jambes. Dorcas se sentit exalter. Son cerveau ne fonctionnait plus. Ses yeux s'étaient voilés. Il n'y avait plus que son corps qui, incapable de lutter, s'abandonnait entièrement aux gestes du jeune homme. C'était un expert. Chaque geste était calculé pour qu'elle se donne à lui. Elle sentait des vagues électriques parcourir son ventre. Puis Mulciber se déshabilla. Elle resta allongée sur le bureau, les bras se tenant à la jointure. Lorsqu'il se retrouva à nouveau placé sur elle, Dorcas consentit à ouvrir les yeux. Il la regardait comme un lion regarderait une proie. Ses yeux noirs luisaient d'une chose encore plus forte que du désir. En cet instant, Dorcas se sentait vibrer. Le souffle court et saccadé, elle plongea son regard dans le sien, et tous deux surent exactement ce qu'il en était : elle lui appartenait.

 

Note de fin de chapitre :

Merci de votre lecture, j'espère sincèrement que ce chapitre vous aura plu!

 

Personnellement, j'adore switché de point de vue, entre le personnage mal aimé de Rogue, les populaires que sont James et Sirius, les relations entre Alice, Lily et Nelly, mais aussi des personnages plus discrets comme Dorcas, qui finalement peuvent cacher beaucoup de choses.

 

J'ai beaucoup d'idées pour la suite, et me réjouis de reprendre l'écriture de cette Fanfic!

 

 

Encore merci pour vos views qui, je le crois, vont bientôt passer la barre des 20000!

 

A tout bientôt pour la suite!

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