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Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous!

 

Me revoilà avec un nouveau chapitre! Je suis en plein dans la dernière ligne droite de mon Travail de Bachelor. Je vais donc enfin avoir plus de temps pour écrire! Car je dois dire que l'inspiration revient en flèche.

Je remercie comme à mon habitude les personnes qui continuent à me lire et à me laisser des reviews.

 

Je reste encore avec ces chapitres dans l'ambiance "Poudlard" et les préoccupations du quotidien (ou un peu plus que ça...)

 

J'espère que ce chapitre, que j'ai eu beaucoup de plaisir à écrire, vous plaira! :)

 

Belle lecture!

-Je n'accepterai ni provocation, ni de sort jeté depuis le fond de la classe, ni même aucun acte venant briser la paix que je m'efforce de garder au sein de ce cours. Il me semble que vous ne pouvez réellement pas vous permettre de perdre plus de points que ce que vous n'en avez déjà perdu. Ainsi, si je perçois le moindre écart dans cette classe, vous écoperez directement de trois mois de retenu, ainsi que, pour ceux que ça concerne, une privation de jouer dans votre équipe de Quidditch lors du prochain match. Inutile de me faire les gros yeux, le professeur Mcgonagall et le professeur Slughorn sont de mon avis.

Le professeur Burbog avait toujours été l'un des plus intimidants. Sa grosse voix, sa prestance, son calme à toute épreuve mais aussi sa promesse de tenir ses convictions à la lettre faisait qu'à l'instant même, personne n'osait bouger ou même murmurer quoi que ce soit. Les Gryffondors d'un côté de la classe, les Serpentards de l'autre, chaque élève avait les yeux rivés sur le professeur, en robe vert pomme cette fois-ci, qui les regardait par-dessus ses lunettes.

-Bien. Je crois m'être fait comprendre. J'espère que vous avez tous passé d'agréables vacances, et je souhaite à ceux que je n'ai pas encore vu une très belle nouvelle année. Il ne vous reste que quelques mois avant les ASPICS. Je me suis efforcé, durant cette année, à vous transmettre le plus de connaissances possibles. En fin d'année, nous passerons en revue tous les apprentissages et les questions que vous pourriez avoir lors des examens finaux. Mais pour ce faire, il me reste encore quelques sorts élémentaires à vous enseigner. C'est pourquoi, aujourd'hui, nous reprendrons les Patronus, qui est l'une des formes de magie les plus puissantes qu'il existe. Il est normal de ne pas réussir du premier coup. Vous pourrez réussir vos ASPICS sans être capable de produire un Patronus entier, avec sa forme animale. Cependant, sachez que si vous y parvenez, cela est le signe d'un très haut niveau de sorcellerie.

Nelly frissonna. Elle en avait marre que les professeurs leur rappellent sans cesse que Poudlard allait prendre fin, que les examens approchaient à grands pas, que Gryffondor avait perdu tous ses points, que les matchs de Quidditch étaient en suspens le temps que les élèves reprennent les cours et qu'ils allaient devoir se bâtir un avenir, hors du cadre protégé de l'école.

-Quelqu'un pourrait-il me rappeler ce qu'est un Patronus ?

Jamais Nelly n'avait vu autant d'élèves lever la main en même temps. Apparemment, le fait que le professeur Burbog avait mis en avant le manque de points de Gryffondor et Serpentard avait réussi à raviver les foules. L'enseignant interrogea d'abord Rosier, qui ne sut pas exactement ce qu'était un Patronus, mais savait qu'il émanait une lumière bleue lorsqu'on en produisait un. Le professeur Burbog n'accorda aucun point, et Nelly se demandait si Rosier avait fait exprès de donner une telle réponse. Vu sa mine déconfite, il avait apparemment fait de son mieux. Bien qu'il fût un Serpentard, elle ne comprenait pas bien comment il pouvait avoir des émotions semblables à la déception. Il lui semblait évident que le garçon, à l'instar de sa maison, ne se souciait de rien. Pourtant, lorsque la jeune femme vit que les Serpentards se concertaient entre eux pour avoir la bonne réponse, elle comprit vite que les temps étaient graves, et qu'il fallait se battre pour gagner la coupe. Après tout, c'était la dernière fois qu'ils en auraient l'occasion. Elle regarda les élèves de sa maison, eux aussi occupés à se concerter. Bien entendu, Lily avait la main bien haut. Nelly savait que son amie avait la bonne réponse. James et Sirius aussi, demandaient qu'on les interroge. Le professeur Burbog les avait probablement vus. Nelly comprit rapidement qu'il ne souhaitait pas que ce soit toujours les mêmes qui répondent juste. Le cœur battant, elle chercha au plus profond de sa mémoire : elle n'avait pas réussi à faire apparaître un patronus lors de la dernière séance. Cependant, c'était un temps heureux : elle était avec Remus, sa relation avec Lily était telle qu'elle l'avait toujours été. Nelly soupira : beaucoup de choses avaient changé. Elle secoua la tête et se força à voir plus loin : le professeur Burbog avait parlé d'un esprit protecteur, qu'il fallait faire apparaître à l'aide d'un souvenir très heureux et très puissant. Bien qu'elle fût heureuse à l'époque, Nelly n'avait réussi qu'à faire apparaître un halo de lumière bleu. « Ça sert principalement à repousser les détraqueurs », avait dit Sirius. Mais le sort qui pouvait le faire apparaître était...

-Oui, Miss Wilbongs ?

Nelly fut surprise qu'on lui donne la parole, puisqu'elle n'avait à peine remarqué qu'elle venait de lever la main. Les joues rouges, elle s'éclaircit la gorge et dit :

-Un Patronus est un esprit protecteur, que les sorciers font apparaître avec un souvenir particulièrement heureux. Il sert principalement à repousser les détraqueurs. Le sort pour le faire apparaître est « Spero Patronum ».

Le professeur Burbog eut un petit sourire :
-Parfait, Miss Wilbongs. Vingt points pour Gryffondor.

Ses congénères l'applaudirent, et jamais une maison n'avait été aussi contente de récolter des points. Nelly se sentit rougir un peu plus, mais sourit tout de même aux élèves qui venaient la féliciter. Pour elle ne savait quelle raison, il semblait que Lily avait de la peine à faire partie de ces élèves.

-Bien. Après les explications très claires de Miss Wilbongs, je propose que l'on se mette directement au travail. Eparpillez-vous dans la salle, si possible à côté de personnes que vous appréciez, lança le professeur d'un air sévère. Mettez-vous dans votre bulle, imprégnez-vous d'un souvenir heureux, puissant, d'un sentiment qui enveloppe tout votre être. Puis dites la formule.

Nelly regarda autour d'elle. Lily s'était brusquement évaporée, et elle l'a retrouva dans un coin reculé de la classe, les cheveux lui cachant le visage. Nelly n'eut pas envie d'aller tout près. Alice semblait déjà concentrée dans son exercice et tenait sa baguette avec tellement d'ardeur que Nelly comprit qu'elle ne voudrait pas être dérangée. Elle décida donc de rester où elle était, et de fermer les yeux. Cependant, lorsqu'il fallut trouver un souvenir heureux, la jeune femme se sentit complètement bloquée. Elle essaya de repenser à la période de Noel, qu'elle avait passé en famille avec ses parents. Elle murmura faiblement la formule, puis ouvrit les yeux : sa baguette n'avait émis qu'un faible halo de lumière.

-Il vous faut un souvenir puissant, certes, mais cela ne suffit pas. De la confiance en vous, c'est la clé.

Nelly sursauta. C'était le professeur Burbog, qui la regardait par-dessus son épaule. Elle rougit en voyant le regard entendu de son enseignant par-dessus ses lunettes, et lui sourit.

-Vous êtes une sorcière douée, Miss Wilbongs. Il est temps que vous en preniez conscience.

Le professeur partit plus loin, mais ses paroles résonnèrent dans les oreilles de Nelly. Perturbée, elle referma les yeux.

-Est-ce que je peux me mettre près de toi ?

Elle sursauta. Remus venait d'arriver devant elle, sa baguette en main. Il semblait gêné d'avoir osé poser la question. Elle haussa les épaules :

-Ce n'est pas dit que tu y arrives mieux, je n'ai pas encore réussi à faire apparaître quoi que ce soit.

-Eh bien on est deux...J'ai presque réussi la dernière fois, mais impossible cette fois-ci.

Remus ferma les yeux à son tour, prononça la formule et, comme pour Nelly, une trainée bleue unique sortit de sa baguette.

-Burbog m'a dit que je n'avais pas de souvenir assez heureux, dit le garçon avec un sourire.

Nelly éclata de rire :

-Eh bien, il est au moins direct. Il m'a dit d'avoir confiance en mes talents de sorcière, qu'il suffisait d'y croire.

-Je suis d'accord avec lui, sourit Remus.

Nelly rougit encore un peu plus, puis les deux jeunes gens se remirent dans leur travail. La jeune femme se sentait soudain plus légère. Un vague sourire lui traversait le visage. Elle s'imprégna de cette sensation de joie, plus que d'un souvenir précis. Elle pouvait sentir l'odeur de Remus à côté d'elle, sentir ses bras qui bougeaient imperceptiblement, et ça la fit sourire encore plus fort. La sensation grandissait en elle. Puis il y avait la remarque du professeur Burbog, qui était plutôt avare de compliments. Elle pouvait le faire. Elle avait donné la bonne réponse, elle était une bonne élève, une sorcière légitime. Elle allait faire un patronus. Empreinte d'un sentiment de bien-être et de confiance, Nelly leva quelque peu sa baguette et dit :

-Spero Patronum.

Elle ouvrit les yeux et, à sa grande stupéfaction, fit face à un somptueux cheval de lumière, qui semblait lui faire une révérence avant de galoper une fois autour de sa taille et de s'évaporer. Sans qu'elle ne comprît, les Gryffondors se mirent à l'applaudir : apparemment, elle était la première à avoir fait apparaître un patronus entier.

-Excellent Miss Wilbongs ! Dix points de plus pour Gryffondor.

Nelly sourit et se sentit incroyablement bien. Remus vint lui taper légèrement sur l'épaule pour la féliciter, ce qui ne fit qu'accroître son bien-être. Cependant, son regard croisa celui de Lily à l'autre bout de la salle : la jeune femme semblait être la seule à ne pas l'avoir félicitée.

 

 

 

Elle était rouge de honte et de fureur : comment se faisait-il qu'elle n'y arrive toujours pas ? Elle pensait pourtant à des souvenirs heureux : son bulletin de notes, la promesse de devenir Auror, la première fois qu'elle avait réussi à lancer un sort. Lily passait en revue les moments les plus satisfaisants de son école, et pourtant rien n'y faisait : à chaque fois qu'elle prononçait la formule, c'était un ridicule jet de lumière bleu terne qui sortait de sa baguette. Ils étaient désormais plusieurs à avoir réussi à arriver à une forme complète de patronus, après Nelly... Lily secoua la tête : bien entendu qu'elle était heureuse pour son amie, mais comment se faisait-il qu'elle n'y arrive pas non plus ? Une petite voix dans sa tête lui intima qu'elle était la pire amie qu'il soit. En la chassant mentalement, la rousse se concentra à nouveau : elle ferma les yeux, prit une grande respiration, se visualisa en train de réussir son patronus - qui prendrait la forme d'un oiseau, elle en était certaine - et prononça la formule. Lorsqu'elle ouvrit les yeux, c'était toujours le même faible jet de lumière. Ses épaules s'affaissèrent : elle ne serait pas Auror, et elle était définitivement l'amie la plus nulle qu'il soit. Elle était morte de honte, et elle voyait bien les regards que lui lançaient les élèves alentours : la Préfète-en-cheffe Lily Evans, qui réussissait toujours tout, échouait à la Défense contre les forces du mal.

-Il semblerait qu'on ait de la peine ?

Lily sentit ses doigts se contracter violemment contre sa baguette. C'était plus que ce qu'elle ne pouvait supporter. Et pourtant, James Potter semblait bien décider à venir la narguer. Il se posta devant elle, les bras nonchalamment posés sur sa baguette.

-J'ai à nouveau réussi à faire apparaître mon cerf, si mon aide t'intéresse.

Il venait de s'approcher encore plus près. Lily sentit son cœur s'affoler, et ses mains devenir moites. Elle le détestait. Et elle se détestait de ne pas réussir son patronus.

-Va-t'en, Potter, fut la seule chose qu'elle réussit à dire.

-Je suis ravi de voir que nous revenons à des bases saines. Du coup, Evans, qu'est-ce qui te bloque dans cet exercice ? Si c'est un souvenir heureux que tu cherches, j'en ai quelques-uns à te conseiller.

Il n'était plus qu'à quelques centimètres. Elle aurait voulu lui sauter à la gorge et lui faire du mal, comme il lui en avait fait. Mais c'était impossible : elle voyait que le professeur Burbog les observait au loin, par-dessus ses lunettes. Elle prit donc une intense respiration, et, les joues fumantes, planta son regard dans celui qui semblait être son adversaire :

-Ecoute-moi bien, je vais réussir à faire ce patronus sans ton aide. Mais si ça requiert d'être serein et heureux, il va falloir que tu t'éloignes le plus loin possible de moi, Potter, car tu me provoques tout le contraire.

-Est-ce que tu dirais que je t'irrite grandement ? Et que tu te sens déboussolée en ma présence ?

C'était un jeu pour lui. Et, plus ça le faisait rire, plus elle avait envie d'exploser. Soudain, Lily prit conscience que c'était exactement ce qu'il recherchait. Qu'elle explose devant la classe.

-Oui, tu m'irrites, Potter. Je dirais même plus : il y a parfois où je te déteste. Et actuellement, c'est le cas. Alors peut-être que ça te fait rire de me mettre dans tous mes états et de me faire rater mon avenir, mais à moi pas. Alors je t'en prie, va-t'en.

Elle remarqua un faible changement dans la posture du jeune homme : il avait brièvement froncé les sourcils. Mais bien vite, son sourire narquois reprit le dessus :

-La haine est très proche d'un autre sentiment, tu dois le savoir. Je suis ravi de savoir que je te fais autant d'effet. En ce qui concerne ton avenir, je sais bien que tu as une certaine propension à l'exagération, mais si Lily Evans ne devient pas Auror, personne ne le pourra.

Il semblait sérieux. Pour elle ne savait quelle raison, ses épaules s'affaissèrent et son cœur reprit un rythme normal. Ce fut de courte durée :
-Bien, si tu veux mon aide, tu sais où me trouver. On pourra même s'entrainer ce soir.

-Ce soir ?

-A la ronde.

-Si tu penses que je vais...

-Je ne pense pas : j'en suis sûr. Mcgonagall a été très claire : on doit faire les rondes de Préfets-en-chef ensemble. Tu ne voudrais pas être agressée dans les couloirs ? Une pauvre fille sans défense comme toi. Je ne serai pas de trop pour te protéger. Et je pourrai même t'apprendre à créer un patronus. Ou qui sait ? On pourra créer d'autres souvenirs heureux. A ce soir, Evans.

Il lui avait fait un clin d'œil, ce qui avait enterré tout espoir de bien-être et de sérénité pour Lily. Elle fulminait. Elle aurait voulu hurler. Elle regarda autour d'elle : heureusement, les autres élèves étaient trop occupés avec leur formule pour se rendre compte dans l'état que James l'avait mise. Lui avait regagné sa place, près de Sirius, et avait nonchalamment fait apparaître un majestueux cerf. Il se délectait de cette situation. Et elle perdait du terrain, toujours un peu plus. En décidant que ça ne servait strictement plus à rien de faire apparaître un patronus dans cet état, la rousse décida de se mettre dans le coin le plus reculé de la salle, et d'attendre que le cours se termine enfin. Quiconque lui aurait adressé la parole en cet instant aurait subi ses foudres. Elle voulait être seule et, plus que tout, elle ne voulait absolument pas être le soir même.

 

 

 

L'exercice était bien plus difficile qu'il n'y paraissait. Il ne suffisait pas de penser au goût de la tarte aux pommes, il fallait réellement être envahi de bonheur. Et Rogue n'avait aucune idée de ce que ça faisait. Il n'arrivait pas même le conceptualiser dans sa tête. Heureusement, il n'était pas le seul en grande difficulté : aucun élève de la maison Serpentard n'avait réussi à faire apparaître un semblant de patronus. Narcissa y était presque parvenue, mais lorsqu'elle avait remarqué que le professeur Burbog la toisait du regard, le jet de lumière bleu s'était évaporé. Elle avait rougi, et évité le regard de Lucius, qui la fixait avec insistance. Malefoy s'énervait tellement que non seulement il ne faisait pas apparaître de lumière bleue, mais des traits d'étincelles rouge sortaient de sa baguette à la place, ce qui ne faisait qu'augmenter son désarroi. L'élève le plus en difficulté était sans aucun doute Mulciber, que Burbog était venu reprendre à plusieurs reprises. Rogue devait avouer qu'il prenait un malin plaisir à voir son congénère aussi dépassé. Mulciber était en règle générale un bon élève, mais, lorsqu'il s'agissait non pas de faire partie des Forces du Mal mais de les repousser, il avait encore plus de peine que les autres Serpentards.

-Severus ? Où en êtes-vous ?

Le garçon sursauta face à son professeur. Rogue n'appréciait pas spécialement Burbog, mais il en avait peur. Il le trouvait impressionnant, et son regard voulait dire quelque chose : comme s'il savait exactement ce que pensaient les élèves au moment où ils le pensaient.

-Eh bien... Je n'y arrive pas.

-Montrez-moi ça.

Rogue se sentit rougir. Il sentait les regards des autres Serpentards, et il sentait que s'il ne réussissait pas, ce serait encore une fois une vague d'humiliation pour lui. Il ferma les yeux : aucun souvenir ne lui vint en mémoire. Ou que les pires : son père qui le battait avec sa ceinture, sa mère qui le rabaissait, les enfants du quartier moldu, qui se moquaient de sa dégaine avec ses habits déchirés et trop grands. Puis une petite fille lui vint en mémoire : les cheveux auburn, les taches de rousseur étincelantes, et des yeux en forme d'amande vert émeraude dans lesquels se perdre... Il entendit de vagues rires à sa droite, et il comprit qu'il était en train de sourire bêtement. Il se reprit, et faillit perdre le souvenir. Pourtant, il entrouvrit les yeux et vit la même fille, quelques années plus âgée, dans un coin : elle aussi semblait avoir de la peine. Puis il se rappela leur entrevue à la volière, son odeur de fleur. Il se rappela la première fois qu'elle avait fait apparaître une fleur dans sa main : il avait été le premier témoin de sa magie. Lily avait été la première, et peut-être même l'unique, personne à le traiter comme un être-humain, comme quelqu'un de bien. Il se sentit envahi d'une sensation qu'il n'avait jamais connu : ça partait de son ventre, ça venait lui chatouiller la poitrine et faire bouillir ses joues. Il se fichait pas bien mal d'avoir un sourire niais. Car cette sensation était bien plus importante que les moqueries de ses camarades. Avec une confiance qu'il n'avait pratiquement jamais connue, il leva sa baguette et dit fermement :

-Spero Patronum.

Il ouvrit les yeux : ce fut en premier le sourire bienveillant du professeur Burbog qu'il aperçut. Puis les regards ahuris de Lucius, Mulciber et les autres. Enfin, il le vit : une forme bleue, qui gravitait autour de lui, comme une protection face au monde environnant. C'était un animal à quatre pattes, mais il lui était difficile de dire lequel : il n'avait pas encore une forme assez distincte. Pourtant, derrière lui, Severus se sentait apaisé, comme si rien ne pouvait l'atteindre. Puis, soudain, l'animal disparut. Rogue n'en revenait pas : il avait fait apparaître un Patronus.

-Parfait, Monsieur Rogue. C'est de la grande magie que vous faites ici. Il est difficile de faire apparaître un animal bien distinct. C'est déjà un très grand premier pas. Continuez à travailler dur. Dix points pour Serpentard. Quant à vous, dit le professeur en se tournant vers les autres Serpentards, vous auriez plusieurs choses à apprendre de votre camarade.

En s'en allant, il tapa sur l'épaule de Rogue qui, encore une fois, sourit. Pendant quelques instants, il n'y eut de bruit. Narcissa le félicita timidement, et il répondit par un signe de tête. Il regardait par terre en tortillant sa baguette, incapable de soutenir le regard de Lucius et de Mulciber. Ce fut le premier qui prit la parole :

-Eh bien, vas-y, apprends-nous.

Severus leva la tête : le ton n'était pas ironique. Les yeux n'étaient plus brûlants de haine. Ceux de Mulciber le méprisaient toujours autant, mais il y avait presque une demande désespérée derrière les dires de Malefoy.

-Dis-nous comment faire ce truc, et tout est oublié, continua le blond.

Severus sentit son cœur palpiter : il ne serait plus seul. Il allait être pardonné. Il ne serait plus humilié. Cependant, retourner dans le groupe des rois des serpents, ça voulait aussi dire... Imperceptiblement, son regard dévia vers la rousse, toujours en proie à une grande difficulté : Lily Evans l'avait sauvé un nombre incalculable de fois.

-Bien, alors il faut d'abord fermer les yeux.

Bien qu'il ne sût pas s'il avait pris la bonne décision, Rogue se sentit soudain beaucoup plus léger.

 

 

 

 

Sa journée avait été très agréable : il avait réussi son patronus comme de rien, avait assisté au patronus parfait de Sirius, puis aux bonnes tentatives de Cassidy et de Remus. Il avait aidé Peter, qui semblait plus en difficulté cette fois-ci. Puis il avait pu se moquer gentiment de Lily. Bien qu'il fût très surpris que la rousse ne réussisse pas l'exercice, il était absolument certain qu'elle y arriverait avant la fin de l'école, c'était pour cela qu'il se permettait de la chambrer. Les cours avaient été intenses, mais, en sachant que c'était les derniers mois qu'il les suivrait, James y prenait presque du plaisir. Lui et Sirius avaient ensuite mis au point dans la Salle commune de nouvelles blagues, qui impliquaient notamment de rendre fou Rusard et de déchainer Peeves. Remus avait obtempéré, mais avait fini par sourire - comme à son habitude - et Peter les avait écouté avec avidité - comme à son habitude. James était heureux : de voir qu'il était toujours le roi de Poudlard, et que son école revenait petit à petit à un train de vie routinier, plus léger, plus habituel. Il avait même réussi à avoir une conversation avec sa sœur, et les deux avaient déblatéré pendant de longues minutes sur les stratégies à mettre en place pour les prochains matchs de Quidditch. James avait été ravi de voir que Cassidy s'était entrainée d'arrache-pied, et Franck les avait même rejoints pour la conversation, ce qui indiquait à James qu'il était moins en colère contre lui. Enfin, il avait croisé Alice et Dorcas, qui faisaient leur devoir, et leur avait fait la peur de leur vie en transformant la plume qu'elles essayaient de faire voler dans un parcours monté au préalable en une immonde araignée. Il était entouré de ses amis, et c'était ce qui faisait son bonheur. Puis il y avait ce souvenir... Celui qu'il utilisait dès qu'il devait former un patronus. Et le fait de voir ce souvenir en chair et en os le soir même dans une ronde - bien qu'elle fût exaspérée par sa présence - venait parfaire son sentiment de plénitude.

-A toute à l'heure les mecs. Vous me gardez de la tarte pour ce soir ! Et vous m'attendez pour les batailles de Bavboules.

-Entendu ! lui lança Sirius, étonnamment pris dans un livre, les sourcils froncés.

-A plus ! Bonne ronde, dit Remus.

-A bientôt, Cornedrue, sourit timidement Peter.

James fit un dernier signe de la main, et sortit par le portrait de la Grosse Dame. Ils avaient prévu de se rencontrer devant le local des Préfets-en-Chef. A sa grande surprise, elle y était déjà et l'attendait en faisant les cent pas. Il sourit.

-J'espère que je ne t'ai pas trop fait attendre.

Lily soupira :

-Tu as presque dix minutes de retard. Ces rondes sont importantes, et j'ai encore des devoirs à faire. Dépêche-toi.

Elle avait sa baguette sortie, et la tenait le long de sa cuisse. Cuisse qu'il détailla un peu trop longtemps, avant de se reprendre en voyant le regard inquisiteur de la jeune femme :

-Eh bien allons-y, dit-il, plus déstabilisé qu'il ne le pensait.

Lui-même n'avait pas sorti sa baguette, il n'en voyait pas l'utilité. Cette ronde ne serait qu'un prétexte pour faire ce qu'il aimait le plus à l'instant même : rendre folle de rage Lily Evans.

-Tu as réfléchi à mon offre ?

-Laquelle ? répondit-elle, sur la défensive.

-Que je te donne des cours privés. Pour le patronus, bien entendu.

Il vit ses joues rosir, et sa main se resserrer autour de sa baguette, et sourit.

-Alors ?

-Alors rien du tout. Je n'ai pas besoin de cours privé, pour quoi que ce soit.

Il sourit encore plus :

-Je ne nie pas que tu aies des compétences dans beaucoup de domaines, Miss Evans, mais il semblerait que je puisse tout de même t'apporter quelques compléments.

Elle respira fortement, et il sut que c'était gagné. Elle s'arrêta et se posta devant lui :

-Le fait que l'on ait fait... Ce que l'on a fait, ne te donne en aucun cas le droit de m'humilier là-dessus. Compris ?

Il fronça des sourcils : pourquoi pensait-elle toujours qu'il voulait l'humilier ?

-Absolument compris. Enfaite, c'était plutôt un compliment que je voulais te faire. Sûrement pas t'humilier.

Il la vit rougir.

-Eh bien, ne me complimente pas, dit-elle, plus mal à l'aise.

-Entendu. Ça devient difficile de te parler : je n'ai pas le droit de te chambrer, de te complimenter...

-Tu as compris : arrête de me parler dans ce cas.

Il leva les bras et mima le silence. Puis il croisa ses bras dans son dos. Pendant plusieurs minutes, ils restèrent ainsi, à déambuler dans les couloirs. Ils croisèrent quelques fantômes qui parlaient entre eux - ou tout seul -, mais aucun signe de Peeves à l'horizon. Les élèves présents dans les couloirs avaient tous des raisons valables : un cours de rattrapage, une heure de colle, une visite à l'infirmerie. Poudlard était calme. Après quelques instants, James n'y tint plus - il ne voulait pas que leur ronde se passe ainsi :

-Je me permets de briser la loi du silence pour réitérer mon offre.

Il la vit prendre une respiration et se tendre encore plus. Ça ne la rendait que plus inaccessible, et donc, plus désirable. Elle n'était qu'à quelques centimètres de lui. Il pouvait sentir sa délicate odeur, voir ses boucles tomber en cascade dans son dos, et c'était une torture que de ne pouvoir la sentir contre lui.

-Je t'ai déjà dit : je n'ai pas besoin que tu m'apprennes à faire un patronus, j'y arriverai toute seule.

-Et je te l'ai déjà dit : je n'en doute pas un seul instant. Ce n'était pas de cette offre dont je parlais.

-Laquelle ?

Sans réellement penser à ce qu'il était en train de faire, ou à tout ce qu'elle pourrait lui reprocher par la suite, il l'attrapa gentiment par le poignet et la poussa contre le mur du couloir du quatrième étage, près de la salle de potions du professeur Slughorn. De surprise, il entendit la baguette de la jeune femme tomber sur le sol. Ce fut le seul bruit qui venait briser le silence et leur respiration respective, saccadée. James sentait son cœur battre plus fort, et ses sens s'affoler. Il ne maitrisait plus réellement la situation, mais devait en donner l'air. Il plaça ses mains des deux côtés du visage de Lily et approcha son visage à quelques centimètres d'elle :

-Je parlais plutôt du fait de recréer des souvenirs heureux.

Il la vit déglutir.

-Je te l'ai dit, ce n'est pas parce que nous avons fait ce que nous avons fait que ça te donne le droit de...

-Je le sais bien. Tu sais que je ne suis pas un monstre, je ne te forcerais jamais à quoi que ce soit.

James eut la sensation que Lily avait besoin d'entendre ses mots. Et il les pensait, plus fort que jamais. Même si elle lui ordonnait de ne plus l'approcher, il le ferait. Il ne voudrait jamais lui faire du mal, quelle que soit la manière. Elle eut l'air soulagée, et ne lui demanda pas de partir. Il comprit donc qu'une petite partie d'elle, avait envie qu'il reste.

-Tu vois, faire apparaître un patronus, ce n'est pas juste réciter une formule apprise par cœur. Il faut accepter, pendant quelques instants, de perdre le contrôle.

A mesure qu'il parlait, il se rapprochait. Puis, gentiment, il déplaça une de ses mains vers la cuisse de la jeune femme, qui le tentait tant depuis le début de leur ronde. Il l'effleura à peine, mais il sentait que la rousse faisait face à un combat intérieur : elle faisait de son mieux pour ne rien laisser paraitre, mais ne pouvait cacher le rythme effréné de sa respiration, ou le fait qu'elle n'avait pas bougé d'un millimètre.

-Tu dois te laisser envahir, pas uniquement par un souvenir, mais par la sensation qui l'accompagne.

Il monta sa main, puis atteignit sa hanche. Il déplaça ensuite son visage, et lui effleura le cou des lèvres pour venir murmurer à son oreille :

-C'est la sensation qui doit te contrôler, et pas toi qui dois contrôler la sensation.

Elle avait fermé les yeux, et James comprit qu'elle l'invitait à faire ce dont ils avaient envie depuis leur retour à Poudlard. Il ferma les siens à son tour et, alors que leur bouche allait se retrouver, un énorme éclat de rire se fit entendre :

-Eh bien eh bien ! Je comprends mieux ce que l'on fait quand on est préfet-en-chef.

James sursauta et, à contrecœur, se détacha de Lily. Ses joues rosirent, puis rougirent carrément de colère lorsqu'il vit qui les avait interrompus : Mulciber se tenait devant eux, sa baguette bien haute. D'un coup d'œil, James regarda la baguette de Lily par terre et fit un mouvement vers sa poche arrière pour récupérer la sienne :

-Ne bouge pas, lui ordonna Mulciber, qui avait vu son geste.

James n'osait pas détourner son regard, mais il aurait voulu voir Lily. Il la sentait imperceptiblement sur sa droite, mais n'aurait su dire si elle était autant effrayée que lui à l'instant même.

-Tu n'es tout de même pas assez bête pour attaquer deux préfets-en-chefs à dix-neuf-trente un soir de semaine, Mulciber ?

James s'efforçait de garder un ton calme, sûr de lui, mais ses tremblements devaient le trahir. De tous les Serpentards, Mulciber était celui qui lui inspirait le moins confiance. Il était retors, vile et dangereux. Le Gryffondor espérait pourtant lui donner une seconde d'inattention pour reprendre leur baguette. Il savait pertinemment que le garçon ne pourrait rien contre eux deux. Il se permit à regarder Lily, qui avait le regard rivé sur sa baguette et semblait se concentrer plus que jamais.

-St Potter. Toujours les grands mots. Dis-moi : qu'est-ce qui m'empêcherait de vous attaquer tous les deux maintenant ? Personne ne vous entendrait. Et personne ne saurait que c'est moi. Je n'aurai cas dire à Rogue de me couvrir, et il le ferait. Qu'est-ce que t'en dis, toi ?

Il venait de lancer un signe de tête méprisant vers Lily, qui avait détaché son regard de sa baguette pour fusiller Mulciber. Lorsqu'il s'adressait à lui, James remarquait que le Serpentard avait un sourire ironique, moqueur. Mais, lorsqu'il parlait à Lily, il était méprisant, et semblait plus en colère que jamais. Mulciber était un vrai Serpentard, et James avait réellement peur pour leur vie.

-Ils sauraient que c'est toi. C'est toujours toi, dit James d'une voix un peu plus assurée.

Lui aussi sentait la colère prendre le pas sur la peur. Il fallait récupérer sa baguette, et Mulciber n'aurait plus aucune chance.

-Tu as raison. C'est toujours moi, répondit-il avec un sourire dangereux en avançant vers eux. Et que m'ont-ils fait ? Rien. Car ils n'avaient pas de preuve. Tu sais pourquoi ? Parce que Severus Rogue m'a couvert.

James avait envie de vomir. Bien entendu que ce lâche de Servilus avait couvert les pires atrocités de Mulciber. Il n'osait à peine regarder Lily mais, lorsqu'il le fit, il vit qu'elle-même était répulsée.

-C'était toi ? A cause de toi, Mary n'a plus jamais osé revenir ici ! Et pourquoi ? Simplement parce qu'elle était meilleure que toi en duel ?

Mulciber s'était avancé dangereusement, mais gardait sa baguette pointée sur les deux jeunes gens.

-Toi, la sang-de-bourbe, ne t'adresse pas à moi. Tu as peut-être des petits-copains qui aiment bien te protéger, mais une fois que l'on sera dehors d'ici, toi et ta famille, vous êtes les premiers sur la liste.

James se sentait nauséeux. Parce qu'il savait pertinemment que les menaces de Mulciber n'étaient pas en l'air. Cependant, il fallait que Lily continue à le provoquer. Car, comme cela, il se concentrerait sur elle, et il pourrait attraper sa baguette et les sortir de là. C'est pourquoi il choisit de ne rien dire.

-Ne t'avise jamais de faire du mal à ma famille, ou tu le paierais très cher.

Mulciber éclata d'un rire sans joie, plus dangereux que jamais :

-Sinon quoi ? Tu n'es même pas capable de faire apparaître un Patronus. Tu ne vaux rien, tu n'es pas une vraie sorcière. Alors si tu veux vraiment protéger ta famille, prends-les et disparaissez dans le monde des sales moldus dans votre genre. Reste à ta place.

Bien qu'il eut envie de lui bondir dessus et lui arracher les yeux, James combattit chacun de ses nerfs afin de ne pas réagir. Car Mulciber tombait dans le piège : petit à petit, il s'approchait de plus en plus de Lily, et le délaissa. James se détestait de la mettre dans une telle situation, mais il se promit de l'en sortir en premier. Puis, soudain, sans que personne n'y prit garde, Lily administra la gifle la plus puissante à Mulciber et, profitant du moment de surprise, s'écria :

-Accio !

Sa baguette lui réapparut dans les mains, et James en profita pour sortir la sienne.

-Expelliarmus, s'écria-t-il en faisant voler la baguette des mains de Mulciber.

Le Serpentard hurla de rage, mais ne put qu'abdiquer lorsque Lily et James le contraignirent à rester contre le mur. La rousse avait appuyé sa baguette et l'enfonçait dans la joue du jeune homme, chose que James ne l'en empêcherait jamais. Il était brûlant de haine, et ne savait même pas ce qu'il allait faire, jusqu'où il serait prêt à aller.

-J'ai maintenant les aveux qu'il me faut pour te faire couler. Alors écoute-moi bien : tu ne feras plus jamais de mal à qui que ce soit dans cette école. Et ne t'avise pas de me menacer. Tu sais pourquoi ? Parce que je suis une bien meilleure sorcière que tu ne le seras jamais. Tu sens ton sang bouillir de l'intérieur ? C'est moi. « Les sortilèges informulés », on les verra en cours bientôt. Disons que j'aime avoir une longueur d'avance.

James comprenait maintenant pourquoi Lily regardait sa baguette avec tant d'insistance : elle voulait la faire apparaître uniquement en prononçant la formule dans sa tête. Pendant un instant, il oublia la situation pour la regarder et se rendre compte d'à quel point il l'admirait. Puis il revint vite à la réalité en entendant Mulciber taper contre le mur de rage, de la transpiration s'écoulant le long de ses tempes.

-Tu sais ce que c'est ton problème, Evans ? lui cracha-t-il comme si c'était le nom le plus répugnant du monde.

James en eut des frissons de malaise : lui aussi l'appelait comme ça, mais pour des toutes autres raisons.

-Ton problème, c'est que tu te mêles sans arrêt de ce qui ne te regarde pas. Tu fouines, et ensuite tu t'étonnes de ce que tu trouves. Et tu te mélanges à ceux dont tu ne devrais pas avoir le droit de t'approcher. Tu crois savoir des choses, mais moi aussi j'en sais un tas sur ton sujet. Laisse Rogue où il est, il est bien mieux sans toi. Il est de notre côté maintenant. Et ta petite copine, Mary, ce n'était pas uniquement parce qu'elle m'avait combattu en duel que je l'ai faite déguerpir de Poudlard. Mais toi qui fouille dans les couloirs, tu dois savoir de quoi je veux parler.

James n'avait aucune idée de ce que Mulciber était en train de raconter, mais, au vu de la tête décomposée de Lily, elle semblait comprendre quelque chose qui lui échappait. Cependant, le garçon, lui, aperçut rapidement le mouvement de Mulciber pour s'évader, et il se dépêcha d'à son tour le menacer de sa baguette :

-Ecoute-moi bien espèce de sale type. Tes menaces, je m'en contrefiche, et je ne comprends pas un traître mot de ce que tu racontes. Ça m'est bien égal la raison pour laquelle tu as fait ce que tu as fait à Mary. Et je m'en fiche de savoir quel rôle tu as eu dans la prise d'otage de mon père. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne va rien se passer ce soir, dans ces couloirs. Car je suis préfet-en-chef, et je compte avoir mon diplôme, pour devenir Auror, et combattre les ordures en ton genre.

Il avait pris sa décision : malgré sa colère, il ne pouvait laisser Mulciber gâcher son avenir à lui et à Lily.

-Dégage, lui dit-il une dernière fois d'un ton menaçant.

Mulciber ne souriait plus. Il se contentait de les regarder avec haine. Avant de partir, il se retourna et dit en s'adressant à la rousse :

-Si tu ne veux pas que d'autres de tes copines finissent comme McDonald, tu ne dis rien à personne. Ça vaut mieux pour tout le monde.

Puis il disparut dans les couloirs. Pendant ce qui semblaient des heures, James et Lily restèrent silencieux, la respiration haletante. Le jeune homme se sentait sur le point de vomir, ou de tomber dans les pommes. C'était trop d'informations à la fois, trop de frayeurs en une soirée. En un quart de seconde, il était passé à l'euphorie du désir à la peur de voir sa vie s'envoler devant ses yeux. Mais ça n'était rien face à ce que Lily semblait ressentir. Elle tremblait de partout, et ses yeux se remplissaient dangereusement. James voulut faire quelque chose, mais la situation lui échappait :

-Qu'est-ce qu'il voulait dire bon sang ? Il faut qu'on aille le signaler à Mcgonagall ! Au professeur Dumbledore. Nous avons ses aveux !

Sans qu'il ne comprit quoi que ce soit, Lily fit non de la tête :

-On ne dira rien. Nous avons fait un tour, les couloirs de Poudlard étaient sans danger, et nous sommes retournés dans notre salle commune.

Puis elle s'en alla et, sans qu'il ne sut comment ni pourquoi, Lily Evans lui échappait encore une fois.

Note de fin de chapitre :

Et voilà ce chapitre! Qu'en avez-vous pensé?

A bientôt pour la suite, qui s'annonce tout aussi mouvementée, mais de manière un petit peu différente... Avec cette fois-ci d'autres POV ! ;-)

 

A bientôt pour un nouveau chapitre!

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