S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous!!

Me revoilà avec un nouveau chapitre :D qui ne porte pas un nom anodin ;-)

Je crois que c'est l'un de mes plus longs chapitres, mais personnellement j'ai ADORE l'écrire. C'était tellement intéressant de pouvoir m'immerscer dans les pensées de chacun, et de voir le "jeu" d'un point de vue à l'autre.

 

Les autres chapitres vont assez rapidement suivre, et il y aura bien d'autres surprises ;-)

 

Sur ce, je vous souhaite une belle lecture :)

 

Son cœur tambourinait contre sa poitrine à mesure que les invités venaient lui souhaiter son anniversaire. Ils semblaient tous contents d'être présents. Une immense banderole rouge et or trônait au milieu de la pièce, qui semblait à peine assez grande pour contenir l'immensité de la foule présente. Il semblait que tous les Gryffondors de septième année étaient présents, ainsi que quelques Poufsouffles et Serdaigles qu'elle peinait à reconnaître. Elle savait pertinemment que la plupart n'étaient là que pour les Bieraubeurres gratuites ainsi que les petits fours concoctés par les elfes de maison de la cuisine, mais peu lui importait. Ce qui était important, c'était que ses amis au complet étaient présents. Elle comprenait désormais beaucoup mieux le déroulement de la journée, qui lui avait parfois paru interminable. Mais ils avaient tous dû jouer le jeu, Nelly la première. A ses côtés, elle semblait beaucoup plus détendue et souriait. Lily voulut la remercier, mais, pour elle ne sut quelle raison, rien ne sortit de sa bouche. A la place, elle lui fit un sourire éclatant et s'apprêtait à dire bonjour à une personne lorsque son cœur s'arrêta :

-Salut, Lily.

C'était Jason Wesley, de Serdaigle, son premier et seul petit-ami de date. Elle sentit sa gorge se nouer et ses joues devenir rouges. Il était comme dans ses souvenirs : mignon, assez sûr de lui pour ne pas rougir, relativement populaire et bon élève. Elle se racla la gorge : ça n'était pas réellement qu'elle lui en voulait, mais elle savait pertinemment que la raison pour laquelle ils avaient rompu était autre que « mes sentiments ont changé ». Jason avait trouvé en la personne d'Irina Patil une fille plus encline que Lily à essayer des choses nouvelles, que la jeune femme ne se sentait pas prête à franchir. Jusqu'à peu.

-Salut, dit-elle rapidement afin de laisser d'autres souvenirs s'installer.

Le garçon la détailla de haut en bas, et elle sentit ses joues s'embraser un peu plus : elle n'avait pas prévu de fêter son anniversaire de manière aussi grandiose, c'est pourquoi elle portait les mêmes vêtements que la journée : un pantalon noir ainsi qu'un pull bordeaux. Elle fut cependant rassurée en voyant que le thème de la soirée semblait relativement décontracté.

-Tu es toujours aussi jolie, lui dit-il avec un sourire charmeur.

Jason faisait partie de ces garçons qui n'étaient ni des plus gentils, mais de loin pas des plus méchants. Il était joueur de Quidditch, avait des notes raisonnables, ses deux parents étaient sorciers, d'une famille moyenne. Il passait la plupart de son temps avec ses copains de Serdaigle. Il n'avait eu, à la connaissance de Lily, qu'elle et Irina en tant que petites-amies. C'était ce qui l'avait fait craquer au départ : il était commun. Tous deux passaient inaperçus dans la foule de Poudlard, et personne ne s'attardait sur le fait que la moldue de Gryffondor ne sortait avec un joueur de Quidditch. Cependant, c'était aussi ce qui avait fait tarir leur relation : elle était la seule à choisir quand ils devaient se voir, qu'est-ce qu'ils devaient faire, jusqu'où aller... Jason était le genre de garçon banal, pour qui les étapes de la vie se faisaient naturellement. Il n'était pas leader, mais avait assez de confiance en lui pour ne pas se sentir sous-estimé face à ses amis plus populaires que lui. Il était... sécure. Lily s'en rendait compte à présent : elle avait un feu intérieur qu'elle aurait senti se détériorer si elle s'était abandonnée à Jason, et s'était installée dans la vie stable et confortable qu'il lui offrait.

-Merci, dit-elle d'une petite voix, incapable de lui retourner le compliment. Tu es venu seul ?

Elle s'en voulut de poser la question : le garçon allait croire qu'elle s'intéressait à lui. C'était exactement ce qu'il semblait penser en affirmant avec un sourire qui en disait long :

-Seul non, mais avec les mecs du Quidditch.

Il avait insisté sur le « mec ». La jeune femme acquiesça, puis vit une porte de sortie :

-Eh bien, je ne peux décemment pas fêter mon anniversaire sans Bieraubeurre ! Tu m'excuses quelques petites minutes ?

Elle s'éclipsa avant de voir le visage déçu du garçon qui, elle le savait, il allait falloir éviter toute la soirée. En remerciant les personnes qui se retournaient sur leur passage pour lui souhaiter leurs vœux, elle finit par approcher le bar improvisé du fond de la salle, près des grandes fenêtres de la salle commune. Au dehors, la neige tombait drue à présent, et il faisait nuit. Elle aperçut les lumières dans la cabane de Hagrid et sourit : son entrevue de l'après-midi lui avait fait du bien. Elle se servit une Bieraubeurre en dépréciant le fait que ce ne soit pas de l'hydromel. Pendant quelques instants, le bruit de la foule lui parut lointain. Elle ferma les yeux brièvement, afin d'intégrer le fait qu'elle avait dix-sept ans, qu'elle était majeure, et que ses amis lui avaient prévu une fête géniale. Le sourire aux lèvres, elle reprit une gorgée du liquide sucré, agréable, et se tourna lorsqu'elle sentit une main sur son épaule.

-J'espère que je n'ai pas gâché la surprise, ce matin !

Incapable de dire quoi que ce soit devant la déception qu'était la vue d'Amos Diggory, Lily reprit une plus grosse gorgée cette fois-ci et dit avec un sourire forcé :

-Figure-toi que pas du tout ! Je ne me serais jamais doutée de tout cela.

Elle fit un pas pour se défaire de l'emprise que le garçon avait sur elle, désormais qu'il faisait barrage entre la foule et qu'elle se retrouvait acculé au bar, mais il prit son geste comme une invitation à se rapprocher, et, la main toujours sur son épaule, dit :

-Je suis vraiment content qu'Alice et Nelly m'aient invité. Elles m'ont dit que tu apprécierais.

Plus très sûre de vouloir remercier ses amies pour la surprise, elle les chercha du regard, prête à les fusiller afin qu'elles viennent la délivrer. A la place, ce sont d'autres yeux qu'elle trouva. D'eux, elle fut incapable de se détacher. Son feu intérieur, qui se rappelait sa décrépitude avec Jason et qui actuellement criait à Lily de fuir le plus loin d'Amos se réveilla instantanément. Avec, les souvenirs qu'elle tentait d'enfuir et d'enterrer depuis plusieurs semaines désormais. Elle n'entendait plus Amos qui lui balbutiait à quel point il était heureux de venir fêter cet événement, ou ne sentait sa main sur son épaule, qui devenait insistante. Elle aurait eu envie de détacher son regard, ou de l'intimer de le faire, de feindre l'ignorance, ou d'éclater de rire à la blague d'Amos. Cependant, elle n'en fit rien. Et, comme elle savait qu'il le savait, il lui sourit. Avec arrogance, comme à chaque fois qu'il gagnait un peu plus de terrain sur elle. Comme à chaque fois qu'il la gagnait un peu plus. Ramenée brusquement à la réalité, Lily sursauta lorsque la main d'Amos descendit dans son dos. Elle le regarda, il lui souriait : elle serait incapable de dire ce qu'il venait de lui murmurer dans l'oreille. Prise de panique, elle finit sa Bieraubeurre d'une traite et dit :

-Je suis contente que tu sois là. Tu m'excuses ? Il faut vraiment que j'aille remercier mes copines.

Puis elle se détacha de lui et, bien qu'elle ne se retourna pas, le sentit pantois derrière elle. Elle repéra Jason au loin, qui parlait avec Irina et qui semblait lui faire le même compliment qu'elle venait de recevoir, puis Lily prit attention à s'insérer dans la foule de telle manière qu'il ne pourrait la reconnaître. Elle sentait que les yeux qui la guettaient depuis le début de la soirée ne la lâchaient pas. Puis, soudainement bloquée dans la foule, d'autres souvenirs vinrent se rajouter à ceux qui avaient désormais pris possession de sa mémoire : la fête d'Halloween où, complètement perdue, il était venu la sauver. Elle secoua la tête : c'était ses dix-sept ans, et elle ne pouvait pas laisser James Potter contrôler ce qu'elle avait mis tant d'énergie à oublier. Elle s'extirpa donc de la foule, qui faisait désormais barrière entre elle, Amos, Jason et James. D'un œil, elle trouva Alice et décida d'aller la rejoindre. La jeune femme lui sauta au cou :

-Je suis tellement contente que tu aies été surprise ! C'était vraiment génial ! Nelly a eu une tellement bonne idée de t'amener chez Hagrid. Oh, tu as mis mes boucles d'oreille ! Elles te vont bien. Tu sais, c'est Benjamin qui va mixer ce soir, et je crois bien que Cassidy...

-Parfait, mais avant de continuer dis-moi une chose : pourquoi est-ce que Jason et Amos sont invités à ma fête ?!

 

 

La pression qu'elle avait ressenti dans l'entièreté de ses veines s'évaporait à mesure que le liquide ambré descendait sa trachée. Elle ne voulait plus penser à ce qui l'avait tracassée la journée durant. Elle voulait profiter de la soirée qu'elle avait mis de l'énergie à préparer. Elle voyait qu'Alice et Lily étaient au loin. Cependant, il lui restait un détail à régler avant d'aller les rejoindre et de décider définitivement de profiter de la fête. Ce détail, elle le tenait dans les mains : un magnifique portrait, qui lui avait pris des mois à mettre au point. Au départ, ça n'était qu'une manière de combler les heures interminables où Lily l'emmenait à la bibliothèque. Puis c'était devenu plus sérieux : elle faisait attention à ce que la rousse ne l'y prenne pas, se cachant derrière ses épais livres de cours. Elle y avait mis tout ce qu'elle pouvait : de la tâche de rousseur qui s'évaporait juste derrière son oreille, à la mèche rebelle qui venait se poster devant ses yeux en amende qui se plissaient lorsqu'elle était penchée sur un parchemin. Les couleurs, les ombres, les formes, rien n'avait été choisi au hasard. Une petite voix dans son esprit l'avait toujours guidée : ce sera pour ses dix-sept ans. Cependant, elle ne savait plus très bien si elle voulait donner ce portrait à sa meilleure amie : l'était-elle réellement encore ? Ce lien ne s'était-il pas tari au fil des mois, des semaines, sans qu'aucune des deux ne prenne la décision de le rétablir ? Nelly n'avait-elle pas une rancœur à la fois inexpliquée et persistante qui lui cognait contre les tempes lorsqu'elle regardait la rousse, entourée de tous ses amis ? N'y avait-il pas un sentiment vilain, de jalousie, d'épuisement, d'être la deuxième dans tout ? Sans qu'elle ne le contrôle, Nelly se mit à trembler, et elle sentit quelques larmes lui picoter les yeux.

-A quoi tu penses ?

En sursautant si fort qu'elle faillit renverser du Whiskey Pur Feu sur son dessin, Nelly mit quelques secondes à reprendre contenance devant un Remus qui s'excusait de l'effet provoqué :

-Désolé, je ne voulais pas te faire peur. Tu vas bien ? Tu as l'air un peu sonnée.

Nelly secoua la tête et se mit à rire nerveusement :

-Oui ça va, c'est juste que...Ça a été une longue journée. J'ai dû mettre en place tous les subterfuges que je connais pour qu'elle ne se doute pas de quoi que ce soit. Tu la connais, elle est plutôt douée pour deviner les secrets.

-Tu ne crois pas si bien dire...Qu'est-ce que tu tiens dans ta main ?

Le cœur de Nelly, qui venait tout juste de reprendre un rythme normal, s'affola à nouveau : le montrer, c'était prendre une décision. Puis elle se rendit compte que si elle le tenait dans la main, la décision était déjà prise, qu'elle le veuille ou non :

-Le cadeau de Lily. Je ne suis pas réellement sûre que ce soit si bon que ça alors...

Lorsqu'il déplia la feuille épaisse, en vieux papier cheminé, Remus sembla s'arrêter de respirer. Son expression était impossible à définir, et Nelly commençait à sentir le désespoir la gagner.

-Nelly c'est... C'est toi qui arrives à faire ça ?

La jeune femme fronça des sourcils : il était sérieux. Il semblait presque ému de voir le dessin :

-Eh bien... Oui.

En regardant une dernière fois le portrait, Remus secoua la tête et le rendit à Nelly :

-C'est absolument incroyable. J'ai cru à une photo moldue d'abord. Tu as un talent fou. C'est de ça dont tu me parlais quand tu disais que tu aimerais faire quelque chose qui sorte de l'ordinaire après Poudlard ?

Il se souvenait. Nelly rougit, puis sourit sincèrement : Remus était la personne la plus attentionné qu'elle connaisse. Elle acquiesça :

-A peu près.

-N'attends pas une seule seconde de plus. Donne-le-lui.

Nelly sourit : cependant, Lily venait de disparaître avec Alice, et elle n'avait pas envie que son dessin ne se retrouve le sous-verre des élèves présents. Soudain, elle eut une idée, une idée qui à la fois lui conviendrait à elle, et ferait plaisir à Lily :

-Tu m'attends une seconde ? Je vais aller le déposer pour qu'il ne s'effrite pas.

A la vitesse grand v afin que Remus ne parte pas ailleurs, Nelly monta quatre à quatre les marches qui conduisaient vers le dortoir des filles, ouvrit les rideaux du lit à baldaquin de Lily et, délicatement, posa le dessin dessus : ainsi, ce serait à la rousse de faire le premier pas, mais Nelly lui témoignait tout de même l'importance que son amitié avait eu jusqu'à présent. Elle le regarda une dernière fois : Remus disait vrai, elle avait du talent. C'était son domaine. Elle était première en quelque chose. Elle referma rapidement les rideaux puis dévala les marches, pour se rendre compte que le garçon l'avait attendu :

-Petite cachotière.

-Comment ça ? dit-elle, encore essoufflée de sa course folle.

Le garçon s'approcha, un sourire malicieux pendu aux lèvres :

-Ce n'est pas de la Bieraubeurre que tu as dans ton verre.

Elle éclata de rire : il était vrai que le choix s'était fait rapidement. Elle n'était pas la plus grande buveuse mais, le soir même, sentait le besoin de quelque chose de plus fort qu'à l'habitude. Remus se rapprocha encore de quelques centimètres :

-Je suis ravi de t'avoir initiée à quelque chose.

La pression qui s'était installée, puis se dissipait, puis avait gonflé, menaçait d'exploser dans le ventre de Nelly. Puis, peut-être dictée par cette dernière, ou plutôt pour la faire disparaître définitivement, elle fit ce qu'elle voulait depuis désormais trop longtemps. Elle garda d'une main plus assurée que ce qu'elle pensait le Whiskey Pur Feu, puis, de son autre main, attira Remus à elle. Lorsqu'elle eut ses lèvres posées sur les siennes, Nelly sentit la pression s'évaporer complètement. Elle se sentait à nouveau légère, comme si c'était exactement ce qu'elle se devait de faire. Remus parut au premier abord étonné, puis il lui rendit son baiser. De manière presque animale, comme si c'était quelque chose qu'il avait attendu depuis trop longtemps. Il lui agrippa le bas du dos et la pressa contre lui. Elle sentait son verre lui glisser dangereusement des doigts, mais peu lui importait. Elle n'arrivait même plus à entendre le bruit environnant, la musique qui devenait plus forte, les rires des élèves prêts à faire la fête. Il n'y avait que Remus, son odeur, ses lèvres, ses mains. Jusqu'à ce que :

-Eh bien ! Je vois que c'est reparti vous deux ! Il semblerait que les ex n'en soient plus !

Sirius venait de passer. Il tapa l'épaule de Remus et fit un clin d'œil à Nelly, qui devint plus rouge qu'elle ne l'avait été. Elle se sentait flageolante, et le Whiskey Pur Feu - qui ne restait désormais dans son verre qu'à une goutte près - n'y était pour rien. Sirius parti, Remus se retourna vers la jeune fille, une main à sa bouche, très gêné :

-Eh bien... Je ne sais pas quoi dire.

-Je suis vraiment désolée. Je n'aurais peut-être pas dû. C'est juste qu'avec tout ce qu'il s'est passé dernièrement...

Il lui mit un doigt sur la bouche :

-Tu n'as pas à t'excuser, lui dit-il avec un sourire. En plus, j'avais vraiment envie de goûter à du Whiskey Pur Feu.

Il l'attira à nouveau à lui et l'embrassa. Nelly se sentit soudain plus légère qu'elle ne l'avait été depuis de nombreuses semaines.

 

-Ça fait beaucoup trop.

-Arrête de geindre.

-Je ne geins pas, je suis réaliste. Je ne suis pas à l'aise là-dedans. Et puis... Ce n'est pas moi !

-Tu geins. Et tu te défiles. Cette tenue te va à ravir ! Et puis, n'oublie pas que je ne te laisse pas le choix.

Narcissa se sentait sur le point de verser. Pendant de longues minutes, Erin s'était amusée à faire d'elle un clone de toutes les filles de sa maison qu'elle méprisait. Elle portait un jean serré, d'une matière qu'elle ne saurait identifier. Son pull, ou devrait-elle dire le bout de tissu vert foncé qu'elle portait en-haut, laissait entrevoir tout son soutien-gorge de la même couleur. Son amie lui avait bouclé les cheveux, et mis une grosse couche de crayon noir ainsi que de rouge à lèvres foncé. Narcissa se sentait déguisée, et n'assumait en aucun cas de descendre les marches du dortoir accoutrée de telle façon. C'était sans compter Erin :

-Ecoute-moi bien. Evan se trouve là en-bas, et je ne compte en aucun cas le laisser me filer entre les doigts pour le donner à cette bécasse d'Elena Cayne. Alors si tu veux rester seule dans ce dortoir à te demander ce que ton précieux Lucius peut bien trafiquer, grand bien te fasse. Ne t'inquiète pas, je te raconterai dans les moindres détails la façon dont le rapace Parkinson l'aura fait rouler entre ses griffes.

Narcissa bouillonnait. Elle savait pertinemment qu'Erin disait vrai : si elle restait dans ce dortoir, elle s'avouait vaincue. Mais elle aurait espéré pouvoir passer plus inaperçue. Elle savait cependant que jamais son amie ne la laisserait sortir autrement que comme elle en avait décidé. En évitant de se regarder dans le miroir, elle prit une grande respiration et sortit du dortoir. Elle pouvait entendre les basses de la musique qui tonitruaient dans la salle et faisaient trembler les murs. Elle pouvait se sentir trembler au même rythme. A mesure qu'elle descendait les marches, elle se cachait derrière Erin, qui elle-même était toute vêtue de cuir ce soir-là. Puis les deux filles pénétrèrent dans la salle commune. Heureusement pour elle, la lumière était tamisée. La scène qu'elle s'était imaginée dans sa tête - où tout le monde se serait retourné pour les regarder arriver et où Lucius aurait piqué une colère monstre - n'était que le fruit de son imagination. Avery et Wilkes furent les seuls à se retourner, et furent bien vite obligés de regarder ailleurs lorsqu'Erin les fusilla du regard. Il émanait de l'atmosphère une lumière verdâtre, dont Narcissa préférait ignorer la provenance. Elle fit un rapide tour des yeux de la salle. Pendant un instant, elle se demanda s'il n'était pas allé se coucher, en se rendant compte qu'elle ne viendrait pas. Elle se sentit soudain stupide d'être venue, habillée de la sorte. Ce ne fut que jusqu'au moment où un Serpentard de sixième année se déplaça, dégageant la vue sur l'équipe de Quidditch au complet, devant la cheminée en cercle sur les fauteuils. Il était au centre, à côté de Mulciber qui préparait une préparation apparemment à base d'alcool. Evan était de l'autre côté, et parlait effectivement à Elena. Puis il y avait Lucius. Il riait avec ses amis, fumait cette chose qui provoquait la fumée verdâtre, goûtait aux préparations de Mulciber et, surtout, tenait le dos d'Elia Parkinson, qui ne se trouvait autrement ailleurs que sur ses genoux. Narcissa se sentit emplie d'un sentiment nouveau, que, malgré la famille qu'elle avait et le monde environnant, elle n'avait que rarement senti : de la haine. Elle eut envie de sauter sur Elia et de lui arracher les yeux des globes, de se retourner vers Lucius et de les lui arracher à son tour. Ça venait lui tirailler l'estomac, lui brûler les joues et lui faire serrer ses poings jusqu'à ce que ses jointures devinrent blanches.

-Je te l'avais dit, fut la seule chose qu'Erin trouva à dire en voyant sa colère.

Elle savait que le sentiment de tristesse allait suivre, mais elle ne pouvait décemment pas se laisser aller à cela. Car sinon, ça voudrait dire accepter la situation, pleurer, et remonter dans son dortoir. Prise d'un élan nouveau, elle voulut s'approcher pour mettre à bien tout ce qu'elle s'était imaginée en les voyant ainsi proches.

-Je peux savoir ce que tu fais ? dit Erin en la retenant par le bras.

-Je vais aller leur arracher les yeux. Il verra s'il peut m'humilier comme ça devant tout le monde !

-Pas si vite, ma vieille.

Erin venait de lever les yeux au ciel et de soupirer, comme si elle s'apprêtait à expliquer quelque chose de passablement compliqué à un enfant de cinq ans :

-Narcissa, il faut vraiment tout t'apprendre. Si tu y vas maintenant, il gagne. Tu seras encore bien plus humiliée. Tu les connais, Evan et Mulciber vont se regarder en souriant avec mépris, Avery et Wilkes se bidonneront derrière, et Lucius pourra te lancer toutes les méchancetés qu'il veut devant ses amis. Sans compter la Parkinson, elle ne risque pas de te ménager.

-Et qu'est-ce que tu proposes exactement, toi qui sais toujours tout ?

Erin eut à nouveau ce sourire qui en disait long :

-Tu te venges, dit-elle simplement.

Narcissa se sentit un peu moins haineuse qu'auparavant, mais un peu plus inquiète. Se venger ? De quoi exactement ? Et comment ? Erin avait raison : elle n'y connaissait absolument rien, et elle n'était pas sûre de préférer s'en tenir à son premier plan : rester dans son dortoir.

-Ecoute. Ton Lucius, il sait qu'il est en position de force, et il en profite. Sans compter qu'il a une image à garder devant ses amis. C'est le chef, après tout. Il sait pertinemment que ça va venir à tes oreilles, et il le fait exprès.

-Tu ne penses donc pas qu'il irait plus loin ? demanda Narcissa d'une petite voix, qui sentait la blessure faire place à la haine, ce qui ne lui convenait pas.

Erin haussa des épaules :

-A toi de me le dire, tu le connais mieux que moi. Mais ça m'étonnerait. Et puis... Entre toi et Elia, il n'y a pas l'ombre d'un doute ! Ce serait comme... Être habitué à l'hydromel et finir par boire de l'urine de snargalouf !

Narcissa ne put s'empêcher de rire.

-Et donc ? Quel est le plan ?

-Le plan, c'est de jouer sur l'imprévu. Jamais il ne se serait imaginé que tu viennes à cette soirée, encore moins habillée comme ça. On va le lui faire remarquer.

Devant l'air que prit Erin, Narcissa ne ressentit plus de haine, ni d'inquiétude. Elle se sentait fébrile. Elle regarda une dernière fois l'imagine que lui renvoyaient Lucius et Elia, puis dit avec confiance :

-Je crois en effet qu'il est temps de prendre ma revanche.

 

 

Il regarda sa montre, qui indiquait vingt heures. Alice était censée être aller chercher le gâteau. C'était ce qu'il avait prévu : Lily soufflerait ses bougies, et il lui offrirait ce qu'il avait préparé. Il se sentait à la fois fébrile et un peu anxieux. Ils ne s'étaient que peu reparlé depuis l'entrevue avec Mulciber, et James ne savait plus sur quel pied danser. Cependant, il voulait réellement lui offrir quelque chose de plus que le cadeau groupé. Ils ne s'étaient pas encore adressé un mot de la soirée, mais James avait fait en sorte de garder un œil rivé sur elle tout du long. Actuellement, elle parlait avec Léna Malarkey, qui apparemment partageait ses cours d'arithmancie. En faisant un rapide tour de la salle, il se rendit compte qu'Alice était en train de parler avec un Poufsouffle dont il ne connaissait même pas le prénom. Il s'approcha :

-James ! Je suis tellement contente que tu sois là.

« Mauvais signe », lui indiqua une voix dans sa tête qui, immédiatement, revit les événements de la soirée du nouvel an défiler dans sa tête. Alice semblait à nouveau éméchée, mais cette fois-ci, ne faisait rien pour le cacher. Au contraire, elle semblait encline à rire plus fort que d'habitude, à se cogner à plus de garçons qu'à l'habitude. Il était même persuadé que la discussion qu'elle avait avec le Poufsouffle était calculée. Il se tourna automatiquement vers le tourne-disque afin d'y trouver Franck. Une vilaine sensation lui parcourut le dos lorsqu'il y trouva Benjamin, en grande conversation avec sa sœur. Il se promit de régler cette affaire plus tard. Il fit un rapide tour des yeux de la salle, mais cette dernière grouillait tellement de monde qu'il n'y voyait pas clair. Cependant, il finit par voir Franck au loin, qui discutait lui aussi avec une fille - était-ce Irina Patil ? -, et qui ne semblait pas le moins du monde intéressé de savoir ce qu'Alice trafiquait. Il soupira : la soirée ne présageait rien de bon.

-Où est le gâteau ? demanda-t-il à la fille qu'il voyait tituber.

Celle-ci haussa les épaules et éclata de rire. En lançant un regard d'excuse au Poufsouffle, James la prit par le bras et l'entraina vers un coin plus calme :

-Alice, tu as promis d'aller chercher le gâteau. Il devrait déjà être là.

-C'est tellement mignon, comme tu t'inquiètes de son sort ! De Lily je veux dire, pas du gâteau.

Elle se remit à glousser et James se prit la tête dans les mains et soupira :

-Qu'est-ce qu'il se passe ? C'est avec Franck ?

Il s'était promis d'être plus présent pour son amie, et comptait bien tenir cette promesse. Alice se renfrogna immédiatement :

-Ne me parle pas de lui. Nous avons officiellement rompu aujourd'hui. Je suis donc libre !

Elle avait dit cela en levant son verre, d'où quelques gouttes s'échappèrent. James secoua la tête :

-Vous faites une grosse bêtise. C'est de la fierté mal placée !

Elle haussa à nouveau les épaules :

-Va dire ça à ton grand ami, qui drague Irina Patil. D'ailleurs, y'a-t-il un garçon qu'elle n'ait pas envie de se... ?

-Peu importe, la coupa James. L'important, c'est le gâteau.

Alice finit par soupirer. Elle finit son verre d'une traite et dit :

-Ça va, je vais le chercher.

James se rendit compte à son changement de ton que la jeune femme n'était pas aussi ébréchée qu'elle ne paraissait, et qu'elle savait parfaitement ce qu'elle faisait. Il fut soulagé, et se promit de lui parler un autre jour de sa situation avec Franck. Il voulut se diriger vers le jeune homme afin d'avoir aussi une conversation, mais fut bloqué par Sirius :

-Mec ! Cette fête est grandiose. Alice n'était pas censée apporter le gâteau ?

James expliqua brièvement la situation à son meilleur ami, qui sembla se renfrogner :

-Je devrais aller lui parler, finit par dire Sirius en voulant se diriger vers Franck. C'est à cause de moi tout ça.

James le bloqua dans son geste :

-C'est les dix-sept ans de Lily, ne faisons pas d'écart veux-tu ? On lui parlera ensemble au prochain entrainement de Quidditch.

Sirius acquiesça.

-Au faite, pourquoi est-ce que ma sœur parle avec ce naze ?

Lorsqu'il vit la mine de son meilleur ami se détériorer, James comprit qu'il était dans son bon droit de ne pas apprécier Benjamin. Il était tout ce qu'il n'aimait pas : vaniteux, imbu de sa personne, provocant lorsqu'il s'agissait de Quidditch, avec une horde de filles à ses pieds. Il était... « Toi », lui intima une voix qu'il aurait étouffée s'il l'avait pu. Mais James savait bien au fond de lui que c'était vrai : depuis la quatrième année, une espèce de compétition informelle s'était installée entre Benjamin et lui. Tous deux capitaines de Quidditch, boute-en-train de leur maison et appréciés de la gente féminine, c'était au départ une compétition amicale qui avait eu lieu. Qui ne deviendrait plus si amical si Benjamin s'obstinait à tourner autour de sa sœur.

-Je suis persuadé qu'il ne le fait que pour me faire réagir, dit-il à Sirius.

Ce dernier semblait être passé de la joie intense à l'énervement. Il lui reconnaissait sa tête des mauvais jours :

-Sûrement. Mais ne t'inquiète pas, ça ne va pas durer. Ce n'est pas le genre de Cassidy.

James arqua un sourcil :

-Et comment tu saurais ce que c'est, son genre ?

Si James ne le connaissait pas mieux, il aurait juré que Sirius avait rougi :

-Bah, je sais juste que ce n'est pas des gars qui ont des Irina Patil qui leur courent après. On ne va pas gâcher notre soirée pour Benjamin Fenwick, si ?

James lança un dernier coup d'œil pour s'assurer que sa sœur n'était pas trop proche du Serdaigle, puis acquiesça.

-Tu as raison. D'ailleurs, tu ne nous avais pas parlé du fait que tu voulais te trouver une copine ?

Sirius reprit cet air si malicieux que James lui connaissait bien :

-Cornedrue, tu viens de toucher la corde sensible.

-Alors, qui est ta cible ce soir ?

Il vit Sirius faire mine de faire le tour de la salle :

-Eh bien, Marlene est présente, mais je dois t'avouer que...

-Ça parle de nous, les garçons ?

James faillit s'étrangler avec sa Bieraubeurre lorsqu'une voix, un peu trop connue à son goût, s'éleva à ses oreilles. Il se retourna et aperçut d'abord ses jambes : longues, fines, à son image. Elles étaient dénudées ce soir-là. Ainsi que son dos, d'où venaient s'élancer ses fins cheveux bruns. Il ne sut pour quelle raison, il n'avait absolument pas envie de lui parler ce soir-là.

-Touché, finit par dire Sirius en prenant conscience du malaise qui menaçait de s'installer. Comment allez-vous ?

Marlene, qui accompagnait Emmeline, prit la parole. James se sentait complètement démuni, et il comprit à son air que son ex petite-amie l'avait bien deviné. La jeune femme avait toujours eu cet effet sur lui. Comme si, peu importe ce qu'il pouvait dire ou faire, elle se moquait de lui. Il ne l'aurait jamais avoué à ses amis, mais James s'était toujours senti inférieur à Emmeline. Elle était d'une très grande beauté, mais, le plus dérangeant, c'était qu'elle le savait pertinemment. Elle n'était pas une fille que tout le monde pouvait avoir comme, il se détestait à le penser, Irina Patil. C'était pourquoi James s'était senti fier qu'elle le choisisse. Sirius avait bien essayé, mais c'était sur lui qu'Emmeline avait posé son dévolu. C'était une chose qu'il n'avait jamais avoué non plus, mais de ça aussi, il était fier. Il était pour une fois le premier dans le domaine où son meilleur ami excellait déjà : les filles. Les premières semaines, le couple semblait parfait : ses amis avaient validé Emmeline, sa sœur la détestait, tout paraissait normal. Sirius l'avait bien chambré sur le fait qu'il ne devienne un de ces petits-amis niais, mais James savait pertinemment que dans le fond, son meilleur ami était jaloux. L'idylle avait commencé à la fin de la sixième année, lorsque James en avait eu marre de courir après une cause perdue. Et puis, Lily Evans sortait bien avec ce Jason alors, après tout, lui aussi pouvait faire ses expériences. Emmeline s'était très vite montrée très exigeante dans le couple, et James se sentait bien souvent comme si rien n'était jamais assez bien : il ne passait pas assez de temps avec elle mais, lorsqu'il le faisait, elle le voulait moins collant. Il ne choisissait pas d'activités à lui proposer mais, lorsqu'il le faisait, ça n'était pas les bonnes. Emmeline se montrait aussi très possessive : il n'avait pas le droit de parler à des filles en-dehors des entrainements de Quidditch, et critiquait tout le temps qu'il passait avec ses amis, bien qu'elle se montrait d'une gentillesse extrême en leur présence. Emmeline Vance provenait d'une famille de sorciers très aisée, comme celle de James. Cependant, le garçon sentait que c'était quelque chose qui était plus monté à la tête de la jeune femme que pour lui. Bien entendu, il aimait être le roi de Poudlard. Mais ce qu'il aimait par-dessus tout, c'était tout simplement prendre du bon temps avec ses amis. Emmeline semblait tellement confortée dans son rôle que James avait bien vite sentie que l'idylle parfaite qu'il s'était imaginée ne serait pas. Cependant, jamais il ne se serait avoué vaincu, surtout pas devant Sirius qui ne cessait de lui répéter qu'il deviendrait bientôt le pantin d'Emmeline, qu'il qualifiait de « marionnettiste experte ». Bien qu'il avait tout nié en bloc, James ne pouvait s'empêcher de remarquer avec quelle aisance Emmeline jouait à la meilleure amie parfaite avec Marlene, tout en lui faisant comprendre qu'elle ne lui arriverait jamais à sa hauteur. Avec quelle aisance elle se montrait avenante avec Peter, tout en lui laissant entendre que ça ne lui ferait pas de mal de perdre du poids. Avec quelle aisance elle parlait de Sirius en termes élogieux, tout en dépréciant son manque d'élégance et de subtilité avec les filles. Avec quelle aisance elle louait l'intelligence de Remus, tout en déplorant le fait qu'il n'ait pas de plus beaux habits. Puis avec quelle aisance elle se montrait jalouse et possessive envers James, tout en laissant entendre aux garçons de sa maison qu'ils avaient une chance avec elle. Emmeline Vance n'avait pas été la petite-amie idéale. Il l'avait réellement compris le soir où elle était venue passer pour la première fois du temps à la maison. Sa mère, d'ordinaire si accueillante envers qui que ce soit, lui avait lancé un regard qu'il n'aurait jamais pu oublier : mon fils, tu fais fausse route. En le comprenant, James avait bien vite pris les devants et avait rompu avec Emmeline. Il n'aurait pas pensé que la jeune femme devienne aussi hystérique en l'apprenant. Apparemment, elle était de ces filles qui n'avaient pas souvent connu la frustration. James n'en avait été que conforté dans son choix, et ne l'avait jamais regretté.

-Salut, Emmeline, finit-il par dire.

Il ne voulait surtout pas laisser à la jeune femme l'occasion de prendre du terrain sur lui. C'était de l'histoire ancienne. Car, bien que son physique était tout ce qu'il y eut de plus attrayant, James ne se laissait pas berner : il était hors de question qu'elle ne déploie ses charmes sur lui.

-Super fête n'est-ce pas. Tu es proche de Lily ? demanda-t-elle, feignant de ne pas connaître la réponse.

James savait parfaitement que si elle posait la question, c'était parce qu'elle en connaissait déjà l'issue. Elle venait tâter le terrain, voir à qui elle devrait s'affronter.

-Très, répondit-il en la regardant dans les yeux.

Emmeline parut troublée quelques secondes, puis reprit ce fameux sourire parfait qu'elle maîtrisait à la perfection avant de s'intéresser à la conversation de Marlene et de Sirius. James voyait que son ami faisait le plus grand effort pour ne pas déployer de ses charmes sur Marlene. Car si Emmeline était consciente de l'effet qu'elle produisait sur les garçons, il en allait de même pour Sirius sur les filles. James commençait d'ailleurs à penser que c'était pour cela qu'Emmeline l'avait choisi lui au détriment de son meilleur ami : Sirius ne se serait pas une seule seconde laisser berner, puisque lui-même connaissait les ficelles de la manipulation amoureuse. Il lui semblait que son ami faisait réellement des efforts pour changer, ou du moins ne plus tomber dans les travers du Nouvel An.

-Marlene, il faut toujours que tu t'en mettes partout.

Emmeline venait d'essuyer une tâche de Whiskey Pur Feu sur le haut de Marlene, qui rougit et s'excusa. James eut envie d'éclater d'un rire ironique. Décidemment, il y avait des gens qui auraient toujours un pouvoir sur les autres.

-Je te trouve très jolie, lui dit Sirius, et Marlene le remercia du regard.

James lui lança un clin d'œil furtif, auquel son meilleur ami répondit par un sourire.

-Pas vrai Cornedrue ?

-Tout à fait Patmol. Si je ne trouvais pas la reine de la soirée aussi jolie, je dirais que c'est toi la plus belle.

Marlene devenait de plus en plus rouge, mais James jubilait intérieurement : Emmeline avait l'air d'avoir avalé un liquide particulièrement immonde, et déployait tous ses efforts pour ne pas le faire remarquer.

-Je ne suis amie qu'avec des filles jolies, finit-elle par dire. Aufaite Sirius, joli coup au dernier match de Quidditch. Je disais à Marlene combien c'était dommage que vous n'enleviez pas vos maillots en fin de match, comme les grands joueurs. Tu en aurais la carrure.

« Elle est trop douée », pensa James en voyant Sirius flancher. Si le garçon était un as de la séduction, il était aussi très facilement aveuglé par des cils ravageurs. Alors qu'Emmeline reprenait du terrain et que Marlene se faisait toujours plus petite, James eut soudain l'impression de flancher : Lily se trouvait entourée de ce qui semblait être ses deux soupirants de la soirée. James les avait bien observés : ni l'un ni l'autre n'avait décroché leur regard de la rousse, qui, il l'avait cru au départ, essayait tant bien que mal de les éviter. Pourtant, à l'instant même, elle riait fortement à la blague de Jason, qu'Amos regardait comme s'il était battu d'avance. Et James savait que ce serait le cas, si duel il devait y avoir entre les deux jeunes hommes. Seulement, il était hors de question que Jason l'emporte sur Amos, car il était hors de question pour James que qui que ce soit d'autre que lui ne l'emporte. Il dut la fixer trop longtemps, car la rousse finit par lui retourner le regard. Il semblait tout autant glacial, et soudain, James comprit : Jason n'était pas drôle. Et Amos n'avait aucun souci à se faire, car aucun des deux ne repartirait avec elle. Elle voulait le rendre jaloux, lui. Sa bête intérieure qui s'était montrée si réticente en voyant Emmeline se mit à danser la polka, mais il ne le montra pas. Si c'était un combat des ex petits-amis, elle n'allait pas être déçue.

-Au faite, je voulais te dire Emmeline, toi aussi tu es très jolie ce soir.

James venait apparemment de couper la jeune femme dans son élan de complimenter Sirius. Elle parut déstabilisée pendant quelques secondes, et James savait qu'elle se demandait s'il était sérieux ou non. Elle dut décider que oui, puisqu'elle répondit :

-Eh bien Monsieur Potter, les compliments venant de votre part sont toujours les plus appréciés.

 

 

Sirius savait parfaitement à quoi son meilleur ami jouait. Il ne le connaissait que trop bien, et lui-même n'y avait que trop joué. La vérité, c'était que c'était ce qu'il aimait le plus : la chasse, la séduction. Sentir que l'autre perdait gentiment du terrain, se laissait aller, s'abandonnait à lui. Il ne le pensait pas de manière négative, mais Marlene était une joueuse avec laquelle il gagnerait toujours : parce qu'elle était plus naïve, et qu'elle se laissait faire, de bon gré. Emmeline était plus retors : non seulement elle connaissait les règles du jeu à la perfection, mais elle faisait les siennes. Sirius savait pertinemment qu'elle serait une adversaire de taille. C'était pourquoi il devait s'empêcher de regarder ses jambes beaucoup trop longues et sa taille beaucoup trop fine : car James aussi savait. James était un moins grand joueur qu'eux deux, ou peut-être avait-il des intentions plus pures. James était la personne la plus loyale que Sirius ne connaisse, et c'était une qualité qu'il lui avait souvent enviée. C'était pourquoi il savait que son meilleur ami ne lui pardonnerait jamais si jamais il venait à craquer, et à jeter son dévolu sur Emmeline. Il y avait bien entendu une autre personne avec laquelle il aurait aimé instaurer ce jeu. Mais si James serait en colère s'il se passait quelque chose entre Sirius et Emmeline, ce ne serait rien comparé à la rage qu'il ressentirait si jamais il apprenait pour lui et Cassidy. Bien que très prudent, il jetait régulièrement des coups d'œil vers la droite. La jeune femme ne l'avait pas lâché une seule seconde de la soirée : Benjamin restait derrière son tourne-disque (Sirius aurait détesté l'avouer, mais le jeune homme avait de très bons goûts musicaux), et Cassidy restait à ses côtés. Sirius se demandait même comment ils pouvaient trouver de quoi parler après tant d'heures. Ce que James lui avait dit lui restait dans la tête : et si Benjamin se servait de Cassidy ? « C'est ce que tu voudrais », lui intima la voix qui, depuis un certain temps, prenait de plus en plus de pouvoir dans son esprit. Mais c'était la vérité : Sirius voudrait que Benjamin fasse du mal à Cassidy, et qu'elle en souffre tellement qu'elle ne veuille plus jamais l'approcher. Lui serait là pour elle. Il secoua la tête : il avait promis d'être son ami, et sa réaction était tout sauf amicale. Il décida plutôt de se reconcentrer sur le jeu dont il était en train de tirer les ficelles quelques minutes plus tôt :

-Il me paraît évident que vous êtes les mieux placés pour y répondre.

Sirius fut déstabilisé : il n'avait pas écouté la conversation, mais Emmeline semblait lui demander quelque chose. Elle finit par éclater de rire :

-Eh bien Sirius Black, je te pensais plus loquace que ça. J'étais en train de parier avec James sur le temps que Benjamin mettrait pour embrasser Cassidy.

« Elle sait », fut la première chose que Sirius pensa. Emmeline plissait des yeux et ne le lâchait pas du regard : il sentit une goutte de sueur lui tomber sur le dos. James avait les sourcils plissés et regardait sa petite sœur d'un très mauvais œil. Marlene semblait à nouveau déçue que son amie ait repris son avance. Amie qui ne le lâchait pas du regard. Son sourire en disait long : Emmeline était au courant pour lui et Cassidy, et c'était la chose la plus menaçante qu'il pouvait lui arriver actuellement. Il but une gorgée d'hydromel et releva la tête, un sourire plus joueur que jamais sur le visage :

-Dans vingt minutes montre en main.

James se tourna vers lui, l'air horrifié. Emmeline le regardait toujours, mais son sourire s'estompait quelque peu. Elle semblait dubitative : peut-être que s'il réussissait à brouiller les pistes...

-Et toi, Marlene ? demanda-t-il en passant son bras autour de ses épaules.

La Serdaigle, qui jusque-là avait accepté son rôle de spectatrice, crut comprendre le rôle qu'elle devait à son tour jouer, puisqu'elle lui passa un bras autour de la taille :

-Je suis persuadée que tu vas m'embrasser avant que lui ne fasse un pas.

Sirius fut étonné d'autant d'audace, et apprécia le geste. James le regardait avec un air à la fois moqueur et contrefait sur le visage : il savait que son ami ne changerait pas de sitôt, mais ne voyait aucun problème à ce que ce soit avec Marlene. Puis il regarda Emmeline, qui semblait à la fois le défier du regard et menacer sa supposée meilleure amie. Marlene relevait le défi : il sentait que ce n'était pas uniquement pour lui. Elle voulait aussi prouver quelque chose à Emmeline, qu'elle pourrait gagner là où elle échouerait. Sirius serait ravi de l'aider à y contribuer. Cependant, il se rappela la promesse qu'il s'était faite : il ne devait plus faire souffrir les filles. Il avait déjà trop joué. Puis il regarda une dernière fois Cassidy, qui s'était rapprochée de Benjamin. Sans autre pensé, il attrapa la taille de Marlene, la fit basculer et l'embrassa à pleine bouche.

-Un point pour Sirius et Marlene ! s'écria James avec un grand sourire. Et je dirais, zéro pour Emmeline.

Sirius décolla sa bouche de la jeune femme qui éclatait de rire et se tourna vers Emmeline avec un air entendu : il avait gagné. Alors qu'il s'apprêtait à regarder à nouveau vers le tourne-disque, un grand fracas se fit entendre vers le portrait de la Grosse Dame. Sirius crut d'abord que le professeur Mcgonagall venait les réprimander, puis il se rendit compte que ce n'était autre qu'Alice, qui arrivait enfin avec l'énorme gâteau au glaçage blanc dans la salle commune. James fit quelques signes vers sa gauche afin d'éteindre les lumières. Les bougies éclairaient faiblement la pièce, et tous les élèves présents se mirent à chanter joyeux anniversaire. Tant bien que mal, Alice arriva devant Lily, laquelle souffla ses dix-sept bougies d'un seul coup, ce qui lui valut un tonnerre d'applaudissements. Lorsque les lumières se rallumèrent, Sirius se rendit compte que Lily était aussi rouge que son pull, et comprit désormais qu'il avait fait le bon choix en décidant de ne pas fêter son anniversaire. Il éclata tout de même de rire et continua à applaudir. Puis il fronça un sourcil, s'approcha de James et dit d'une voix forte pour combler les quolibets des élèves :

-Au faite, où est Remus ?

 

 

Son cœur tambourinait contre sa poitrine comme jamais. Elle se sentait perdre pied, et pourtant, pour rien au monde elle n'aurait voulu arrêter ce qu'ils étaient en train de faire. Ça avait été ainsi depuis il lui semblait des heures. Remus l'avait d'abord embrassée dans la salle commune, aux yeux de tous. Sirius était venu les féliciter, puis tous deux étaient passés vers Alice afin de s'assurer que la soirée se déroulait comme prévu. En remarquant que Lily était happée par la foule, Nelly se sentit légitime à aller prendre quelque peu l'air. Puis ils s'étaient embrassés à nouveau dans les couloirs, étaient sortis en douce du château, s'étaient embrassés au-dehors, où ils grelottaient de froid. Remus les avait finalement emmenés vers ce petit sentier que lui seul connaissait. Au bout de ce chemin, que Nelly n'avait jamais réellement vu, se trouvait une minuscule cabane. Ils entrèrent tous deux, et Remus lança un sort d'Assurdiato ainsi que pour les réchauffer. Nelly avait ouvert grand les yeux, pour se retrouver dans ce qu'il semblait un quartier général : y trônaient des fioles, des bouts de parchemins ainsi qu'une vieille cape de sorciers. Lorsqu'elle voulut la prendre, Remus la bloqua et l'embrassa à nouveau. Il lui expliqua, entre deux baisers, que c'était un endroit où lui et ses amis passaient la plupart de leur temps, lorsqu'ils préparaient des mauvais coups principalement. Nelly ne posa pas plus de question, car déjà Remus s'accaparait de ses lèvres à nouveau. Ils étaient à l'étroit, mais ce n'était pas pour déplaire à la jeune femme. Jamais elle n'avait senti le garçon aussi entreprenant, aussi pressant. Son corps à elle exultait. Elle se tenait contre l'une des fenêtres. Remus était appuyé contre elle, mais elle ne sentait pas le poids de son corps. Il avait une main dans ses cheveux, l'autre sur sa hanche. Ses baisers étaient parfaits : ni trop langoureux, ni trop brutaux. Soudain, il lui prit la lèvre inférieure entre ses dents et mordilla légèrement. Nelly fut surprise et le jeune homme s'arrêta, inquiet :

-Je t'ai fait mal ?

Elle secoua la tête, gênée : c'était tout sauf du mal qu'elle avait ressenti. Remus était en train de lui faire ressentir des sensations inédites. Son cerveau s'était complètement arrêté, et elle comptait sur le garçon pour décider de la marche à suivre : elle-même se sentait bien trop démunie. Il semblait lui aussi en proie à une multitude de questionnements, mais, après avoir regardé la jeune femme de bas en haut, il s'accapara à nouveau de ses lèvres, et cette fois se fit plus pressant. Nelly sentit les mains du jeune homme sous son pull, qui venaient lui chatouiller puis lui agripper le ventre. Elle se laissait faire, mais dut se retenir au bras et aux cheveux du jeune homme pour ne pas flancher. Puis, après une seconde d'hésitation, Remus lui enleva son pull, dévoilant un sous-vêtement simple, en dentelle noire. Nelly se sentit rougir, et fut à nouveau désemparée, puis Remus la regarda et dit :

-Tu es magnifique.

Elle le croyait. Elle le voyait dans ses yeux. Lui aussi était beau : il semblait plus vivant, plus fébrile qu'à l'ordinaire. Ses yeux miel luisaient d'une lueur nouvelle, que Nelly trouvait presque animale. Mais elle n'avait pas peur. Au contraire. Jamais ses bras n'avaient semblé si puissants, si réconfortants à la jeune femme. Elle le voulait tout à elle, et elle savait qu'il ressentait la même chose. Remus reprit ses baisers, et descendit cette fois-ci dans le cou, pour venir lui chatouiller de sa langue l'orée de sa poitrine. Elle-même déplaça ses mains vers le t-shirt du jeune homme, et le pressa à l'enlever. Elle ne s'était pas imaginée Remus si musclé, lui qui semblait toujours plus fragile que ses amis. Pourtant, son corps était digne d'un joueur de Quidditch. Nelly posa une main dessus, tremblante, et se mit à découvrir le torse du garçon, lequel reprit ses baisers, cette fois-ci de l'autre côté de son cou. Nelly sentait sa respiration devenir de plus en plus incontrôlée. Puis, sans ménagement, Remus prit la cape qui trainait dans le coin de la pièce et la jeta à terre. Avec plus de douceur, il invita Nelly à s'y coucher. Elle était douce, et plus épaisse qu'elle n'en avait l'air. Nelly s'y sentait bien. Remus se coucha à son tour et l'embrassa à nouveau. Leurs jambes s'entremêlèrent et, si elle n'était pas aussi occupée à l'attirer encore plus à elle, Nelly aurait à nouveau rougi de tant de proximité. Alors que l'atmosphère devenait presque insoutenable tellement il y avait d'électricité, Remus se détacha d'elle, regarda dans ses yeux et murmura :

-Tu es sûre ?

Elle acquiesça sans une once de doute. Elle était prête, et ce ne serait avec aucun autre que lui. Alors, Remus lui ôta son pantalon, prit sa baguette et murmura :

-Nox.

 

Note de fin de chapitre :

Et voilà!!

Dites-moi qu'avez-vous pensé de ce chapitre, qui un est peu inédit puisqu'on y voit réellement les pensées de chaque POV? Vous attendiez-vous à la fin? :)

 

Je vous remercie pour votre lecture et éventuelles reviews, et à bientôt pour un nouveau chapitre!

Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.