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Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous!

 

Merci à ceux qui ont laissé des reviews sur le chapitre précédent, c'est vrai que ça me redonne goût et me motive pour continuer. N'hésitez pas!

Me voici donc avec un nouveau chapitre. J'ai eu un peu plus de peine à l'écrire, car c'est un peu un chapitre de transition, lorsque la tension redescent.

Il est tout de même très important pour beaucoup de choses qui vont se produire dans la suite!

Je vous laisse donc le découvrir :) Bonne lecture!

 

Il n'avait pas encore réussi à calmer son cœur. Il respirait toujours comme si sa vie était en danger. Comme s'il s'apprêtait à mourir, sans que personne ne déplore sa perte. Il n'arrivait pas à organiser ses pensées. Ses mains tremblaient, et il devait planter ses ongles dans ses paumes pour s'assurer que ça ne se voit pas. Il aurait eu envie de pleurer, ce qui ne lui arrivait jamais. Pour empêcher les larmes de couler, il se concentrait sur sa jambe qui bougeait nerveusement, pour évacuer la terreur qu'il venait de vivre. Comment tout cela avait-il pu se produire ? Ça lui semblait impossible qu'à Pré-au-Lard, l'endroit où il se sentait le plus en sécurité après Poudlard, Voldemort ait réussi à s'introduire. Il l'avait vu de ses propres yeux, à quelques centimètres d'eux. Il aurait juré qu'il les avait vu aussi. C'était impossible que c'en ait été autrement. Jamais quelques adolescents de dix-sept ans à peine ne pourraient le tromper. Il avait les yeux du démon, rouges et injectés de sang. Ses dents, à moitié pourries, s'étaient étirées en un sourire cruel et sans aucune humanité. Jamais Sirius n'avait ressenti une peur aussi vive, aussi destructrice : son corps s'était momentanément arrêté de vivre. C'était l'effet que lui avait fait Voldemort : la mort. Imperceptiblement, l'image de son frère Regulus lui vint en tête. Et Sirius se demanda : l'avait-il déjà rencontré ? Avait-il ressenti, lui aussi, la peur de la mort aussi vivement ? Était-ce cette même peur qui le faisait rester ? Dans ce cas-là, Sirius le comprenait. Lui-même, qui se considérait plus courageux que la norme, avait été paralysé, et aurait été incapable de combattre. Les larmes menacèrent à nouveau de couler, et le garçon planta ses ongles un peu fort, laissant probablement une trace. Encore une fois, la bande pouvait remercier Albus Dumbledore d'être venu à leur rescousse. Dès que le directeur eut mis les pieds à Pré-au-Lard, Voldemort et ses acolytes prirent la fuite, et les adolescents avec. Ils avaient couru, la cape d'invisibilité toujours sur leur dos, incapables de parler, de penser. Ils avaient couru, plus vite que jamais, pour voir l'ampleur des dégâts. Arrivés à Poudlard, jamais Sirius n'avait senti un soulagement aussi intense qu'en voyant la tête morte d'inquiétude de Cassidy qui les attendait devant le château, comme bon nombres d'élèves qui apparemment n'avaient pas assisté à l'attaque. James avait bondi de sous la cape, ne se souciant pas que quiconque le vit, et avait couru vers Cassidy pour la prendre dans ses bras. Les deux pleuraient. Sirius en avait fait de même mais, une fois arrivé devant la jeune femme, il fut incapable de la toucher. Il lui avait simplement demandé ce qu'il s'était passé, et Cassidy avait expliqué qu'elle et Benjamin étaient partis juste avant que l'attaque ne commence. Puis, en voyant le village lointain enseveli sous ce qui semblait une tempête de neige, ils avaient compris. Ils étaient allés prévenir les professeurs, qui tous s'étaient préparés au combat. Elle avait voulu revenir, mais Benjamin l'en avait fermement empêché. Sirius n'avait pu regarder le Serdaigle dans les yeux, tant il avait envie de concentrer toute la peur, le ressentiment et la colère qu'il avait ressenti les dernières minutes sur son visage. Depuis ce moment, ses tremblements n'avaient cessé.

-Et Marlene ? avait-il fini par demander, en se souvenant que la jeune femme s'était faite enrôler par sa bande de copines et que lui était allé retrouver ses amis.

Benjamin lui avait expliqué que la jeune femme était à l'infirmerie, blessée mais pas en danger de mort. Sirius avait été soulagé : jamais il n'aurait pu avoir la mort de la jeune femme sur la conscience, en plus de tout ce qui le tourmentait. C'était ainsi qu'il se retrouvait au chevet de Marlene McKinnon, à l'infirmerie. A ses côtés se tenait Emmeline, en pleurs dans les bras de Franck, ainsi que Benjamin et Cassidy, qui le tenait par l'épaule. A l'instant même, Sirius se détestait. Il se détestait de ressentir tout ce qu'il ressentait. La journée à Pré-au-Lard avait été une erreur, et le fait que Marlene se retrouve à l'infirmerie le lui prouvait. Il avait prétendu. Prétendu qu'il pourrait être comme tout le monde, qu'il pourrait inviter une jeune femme à la St-Valentin, se mettre en couple avec elle sans que ça ne lui retombe dessus, sans que ça ne lui porte préjudice. Prétendu qu'il pouvait être ce jeune homme qui sortait avec une fille, développait des sentiments pour elle et ne lui faisait pas de mal. Prétendu qu'il pourrait être comme James. Sirius planta ses ongles plus fort. Il était persuadé qu'il venait de sentir des gouttes de sang s'échapper de ses paumes. La seule et unique raison pour laquelle Sirius avait agi comme il l'avait fait n'était autre que la jalousie. De voir James heureux en couple, de le voir s'agiter à la vue de Lily, parler de Lily et des plans qu'il avait avec elle. De voir Cassidy se rapprocher de Benjamin, jusqu'à elle-même se mettre en couple avec lui. Encore une fois, Sirius avait agi comme quelqu'un qu'il ne serait jamais. Et cette pensée le dégoûtait. Car à l'instant même, alors qu'il regardait Marlene allongée sur le lit de l'infirmerie, inconsciente et des contusions sur tout le visage, la seule et unique chose qu'il ressentait était de la jalousie. Il ne pouvait même pas regarder Cassidy dans les yeux, encore moins voir ses mains entrelacées à celles de Fenwick. Les pleurs d'Emmeline lui donnaient envie de cogner la jeune fille contre un mur. Et lui-même, il aurait voulu disparaître. Sirius avait l'impression que rien ne se serait passé s'il n'avait pas agi comme le garçon égoïste qu'il était. Une culpabilité tenace et lancinante se joignit à sa jalousie. Il serra les dents, dernière étape avant que les larmes ne coulent pour de bon. Soudain, le bruit d'une porte que l'on ouvrait à la volée et les remontrances de Madame Pomfresh vint le délivrer momentanément de ses sentiments insoutenables.

-Pas plus que six à la fois ! Vous êtes bien trop.

-Madame Pomfresh, ça fait des heures que l'on attend. On vient juste voir comment elle va, et on part, c'est promis.

Malgré sa jalousie tenace, Sirius fut soulagé d'entendre la voix de James. C'était le seul qui réussissait à le rassurer dans ces moments-là. Déboulèrent près du chevet de Marlene James et Lily, l'air inquiets, Remus et Peter, la tête basse et Nelly et Alice, qui suivaient derrière. En regardant la dernière, Sirius tourna immédiatement la tête : Emmeline se tenait toujours blottie contre Franck, et le garçon eut juré que ce dernier avait resserré son emprise en voyant Alice entrer dans l'infirmerie. Sirius eut envie de vomir : comment étaient-ils tous tombés aussi bas ? Il y eut pendant plusieurs secondes un vide lourd et pesant dans la pièce. Sirius vit les yeux d'Alice se remplirent de larme haineuses et Nelly lui attraper la main. Personne ne pipa mot. Avec précaution, Lily s'avança de quelques pas et demanda d'une voix douce :

-Comment va-t-elle ?

Emmeline prit la parole et se détacha de Franck - ce qui soulagea Sirius dont la respiration lui manquait - et répondit en sanglots :

-Elle va s'en remettre. Madame... Madame Pom... Pomfresh dit que... ça aurait pu être bien pire. Elle... Elle n'a... Pas... Pas besoin d'aller à l'hôpital Ste-Mangouste. Mais ces pa...Parents viendront lui rendre visite.

Si Sirius n'avait pas été témoin de cette scène, il se serait toujours demandé si Emmeline était capable de ressentir des émotions. C'était le cas. Pourtant, bien que la jeune fille le touchait, il ne put s'empêcher de ressentir le profond malaise et les regards qui passèrent entre ses amis.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-il en s'étonnant qu'un son ne puisse sortir, bien que rauque, de sa gorge si nouée.

James hésita, mais tout le monde avait désormais les yeux rivés sur lui.

-James, parle, l'intima Cassidy, que Sirius n'arriva pas à regarder.

Il vit son meilleur ami, plus mal à l'aise que jamais, murmurer :

-Dumbledore a réussi à capturer un Mangemort du nom de Filius Oxtoburn. Ils l'ont amené au ministère et les Aurors l'ont interrogé. Apparemment... Ce serait pour la famille de Marlene qu'ils étaient venus à Pré-au-Lard.

Sirius eut l'impression qu'on le poignarda. Ce qu'il ressentait depuis l'attaque, ce malaise, cette culpabilité, était en fait complétement justifié : de par ses mensonges et ses manipulations, il avait failli entraîner Marlene à la mort.

-Comment ça ? demanda Emmeline qui se remit à pleurer de plus belle.

-Le père de Marlene, Monsieur McKinnon, est très connu au ministère, expliqua Remus. Il est réputé pour avoir mis plusieurs des partisans de Vous-savez-qui à Azkaban. Les Mangemorts voulaient le lui faire payer. Alors ils se sont dit...

-Qu'ils s'en prendraient à sa fille, finit Sirius, dont le corps entier se relâcha.

Il était désormais certain que du sang s'écoulait de ses paumes, et ne fut pas surpris de voir une larme s'écraser sur sa cuisse. Marlene aurait pu mourir. Pendant quelques secondes, personne ne pipa mot, et les sanglots d'Emmeline étaient les seuls à venir briser le silence.

-Elle va s'en remettre, pas vrai ? demanda James d'une petite voix.

-Oui, répondit Benjamin d'une voix cassante. On sera là pour elle. Nous, ses amis.

Sirius le regarda enfin. S'il avait pu le tuer d'un regard, il l'aurait fait. Il devinait que James avait eu la même réaction au bruit que Lily avait fait en le retenant.

-Nous connaissons Marlene depuis autant de temps que toi. Et nous serons là pour elle, dit-il en se levant, menaçant.

-Ah oui ? Et comment ça ? demanda Benjamin en délaissant Cassidy et en se rapprochant de lui.

Bien qu'il se sentait plus coupable que jamais, qu'il voulait se promettre de ne plus faire le même genre d'erreurs, de ne plus céder à la jalousie, et contre toute sa volonté, Sirius dit :

-Je suis son petit-ami. Je me comporterai en tant que tel.

 

 

La nouvelle avait fait le tour du collège, et la journée qui devait être la plus romantique de l'année avait tourné en faits divers : Pré-au-Lard avait été attaqué. Narcissa n'en revenait pas. Il lui semblait impossible qu'il se passe quoi que ce fut dans ce village, si ce n'était les sorts que Madame Rosmerta lançait aux ivrognes qui s'approchaient trop d'elle. Pourtant, Le Lord et ses partisans avaient été vus. Elle n'avait pas voulu le croire au départ. Mais c'était impossible de nier les faits : l'histoire était entièrement vraie. Elle se trouvait sur les canapés de la salle commune, accompagnée d'Erin et d'autres filles de sa maison, qui entretenaient une vive conversation sur les morts à déplorer :

-Que deux morts, disait Erin comme si elle commentait le dernier match de Quidditch. On ne peut pas dire que ce soit un exploit. Bien sûr, notre cher directeur est venu à la rescousse, comme d'habitude.

Les autres filles gloussèrent à son ton ironique. Mais Narcissa ne trouvait pas cela drôle. Aucun Serpentard n'avait été à Pré-au-Lard. En entendant qu'une journée de la St-Valentin se préparait, la jeune femme avait espéré que Lucius l'y emmène. Cependant, son petit-ami avait trouvé bon comme prétexte qu'il ne voulait pas se mélanger à la masse de moutons ignares qui fêtaient cette stupide fête, et avait annoncé préférer passer la journée avec ses amis, d'un ton qui n'acceptait aucun refus. Narcissa avait donc demandé à Erin de l'y accompagner, dans le but de se venger, mais cette dernière avait tenu à rester à proximité d'Evan Rosier, qui l'avait ignoré avec aplomb la journée durant. La blonde avait un très mauvais pressentiment, et le regard figé sur la porte de la salle commune afin de pouvoir infirmer ses doutes. Elle n'écoutait pas les paroles de ses congénères et sauta du canapé lorsque la porte s'ouvrit enfin. C'était Lucius et sa bande. Mulciber était en premier, et avait un sourire carnassier de celui qui venait de manger quelque chose de particulièrement savoureux. Regulus le suivait de près, et Narcissa eut l'impression que lui, au contraire, était sur le point de vomir. Elle fut surprise de trouver Severus, qui apparemment s'était refait une place d'exception dans la bande. Lui aussi était encore plus blanc qu'à l'ordinaire, et ne pipait mot. Puis Lucius et Evans suivaient. C'était difficile de déchiffrer leur expression : ils ne semblaient pas particulièrement contents, mais aucun des deux ne semblaient donner l'envie de se jeter du haut de la tour d'astronomie. Narcissa n'hésita pas une seule seconde et, ignorant les questionnements d'Erin, fonça droit vers lui :

-Il faut que je te parle, dit-elle d'un ton qui, à son tour, ne permettait pas de refus.

Lucius jeta un regard imperceptible vers Rosier et la suivit malgré lui. Ils allèrent dans un coin de la salle. Le blond s'appuya négligemment contre le mur et fit mine que la conversation qu'ils s'apprêtaient à avoir n'était pas importante.

-Qu'est-ce qu'il y a ? demanda-t-il en essayant de lui attraper la main.

Narcissa la retira, folle de colère :

-Ne joue pas à ça avec moi. Tu sais parfaitement ce qu'il y a. Tu crois peut-être que je suis stupide et que je vais gober que tu voulais juste passer une simple journée avec tes amis le jour de la St-Valentin ?

-Si c'est ça qui t'ennuie tu sais très bien que j'avais prévu quelque chose pour ce soir...

-Arrête, dit-elle fermement alors qu'il s'approchait d'elle. Tu pensais peut-être que tu allais pouvoir orchestrer une attaque à Pré-au-Lard et venir récolter les fruits de ton courage auprès de moi ce soir ? Tu ne me connais vraiment pas.

Narcissa vit Lucius changer d'air : il soupira et se redressa.

-Moins fort, dit-il plus sèchement. Tu vas faire une scène.

La jeune femme regarda autour d'elle. Plusieurs regards étaient tournés vers eux, dont ceux insistants de Mulciber, Wilkes et Avery. A contrecœur, elle baissa la voix :

-Lucius, dis-moi ce qu'il s'est passé.

Elle vit le blond regarder lui aussi ses amis et hocher imperceptiblement la tête.

-On n'en sait pas plus que toi. A vrai dire, on s'est vu aujourd'hui pour ça. Ça nous a paru complètement fou et...

-Si tu n'arrêtes pas de me prendre pour une idiote sur-le-champ, je hurle dans tout Poudlard que tu es le coupable.

Lucius semblait commencer à perdre ses moyens. Il s'approcha d'elle et la tint fermement par le bras :

-Cissy, ton arrogance ne nous sera pas d'une très grande aide sur ce cas. Moins tu en sais, mieux ce sera pour toi, crois-moi.

Sa voix était sombre et sèche. Narcissa en eut des frissons. Il l'avait appelé comme Bellatrix la surnommait.

-Deux personnes sont mortes.

-Des villageois venus aider, personne de l'école, répondit Lucius comme si ça rendait les choses plus simples.

-Marlene McKinnon a failli y passer.

Lucius jeta encore un dernier regard en biais à sa bande, mais Narcissa ne le lâcha pas des yeux.

-Très bien. On savait que quelque chose se tramait, mais on ne savait pas quoi. On pensait que ça allait juste être de l'intimidation. Les choses n'auraient jamais dû aussi mal tourner. Apparemment, un de ceux qui étaient présents, un dénommé Filius Oxtoburn, a pris les choses personnellement. Il a des comptes à régler avec le père McKinnon, alors il s'en est pris à sa fille. Plus de peur que mal, grâce à Dumbledore...

Le ton lourd de sous-entendus de Lucius ne rassurait en rien Narcissa. Pourtant, l'histoire que Lucius venait de lui raconter était plausible : en effet, ce n'était qu'un Mangemort qui avait été emprisonné suite à l'attaque.

-Rassurée ? demanda-t-il avec un sourire.

Narcissa ne l'était pas le moins du monde. Mais que pouvait-elle faire ? Il était évident que Lucius n'avait pas pris part à l'attaque. Et puis, comment aurait-il pu aider de quelconque façon ? Sans doute disait-il la vérité. Avec hésitation, elle finit par hocher la tête.

-Parfait. On se voit toujours ce soir j'espère ? lui dit Lucius avec un sourire entendu et une bise sur la joue, comme si rien ne s'était produit. J'ai déjà hâte, rajouta-t-il avec un clin d'œil avant de rejoindre sa bande.

La blonde regarda son cousin, Regulus, et se rendit compte qu'elle devait approximativement ressentir la même sensation de froideur, de dégoût et d'impuissance que lui.

 

 

Bien que bondés, les couloirs étaient silencieux. La Grande Salle, au contraire, grouillait de bruit et d'élèves qui n'étaient pas présents avides des détails les plus croustillants. Les professeurs semblaient errer dans le château, parlant fébrilement entre eux, ou parfois tout seul, ne semblant pas remarquer les apprentis-sorciers en quête d'explications. Le professeur Dumbledore était introuvable, probablement parti pour le ministère. Madame Pomfresh avait fait valoir son autorité, et les visites étaient désormais exclues jusqu'au lundi, le temps que l'histoire ne se tasse. La bibliothèque était déserte, mais Madame Pince avait refusé tout élève, sous prétexte que personne ne serait capable d'étudier un tel jour. Et c'était la vérité. Nelly se sentait incapable de quoi que ce fut. La petite bande avait trouvé refuge dans un coin de la salle commune, près du feu. Lily et James avaient fait valoir leur droit de Préfets-en-Chefs pour n'être dérangés sous aucun prétexte auprès des plus jeunes venus leur demander des détails. La jeune femme se sentait vidée. C'était le deuxième combat qu'elle vivait cette année-ci, et elle était persuadée que s'il devait en avoir un troisième, elle y laisserait la vie. C'était impossible de les combattre. Ils étaient plus rapides, plus fourbes, plus haineux et plus effrayants que tout ce qu'elle avait jamais vu dans sa vie. Elle l'avait senti, comme, elle le savait, tous ses camarades présents sous la cape à ce moment-là. Le sourire vicieux et avides de sang, des yeux proches de ceux d'un serpent. Elle avait senti la mort la frôler lorsque Lord Voldemort avait posé ses yeux sur eux. Et elle savait pertinemment que la cape d'invisibilité de James n'y avait rien changé. Il les avait vu. Nelly avait l'impression que ce regard glacé ne la quitterait plus jamais. Que plus jamais elle ne se sentirait en paix, en sécurité. Elle eut froid et se blottit un peu plus dans son fauteuil. A ses côtés, Alice semblait incapable de dire quoi que ce soit, et Nelly comprenait à sa gestuelle qu'il était inutile de lui adresser la parole ou d'essayer de la réconforter. James et Lily se tenaient près d'elle, mais ne se touchaient pas non plus, eux aussi en proie à des émotions qui leur étaient propres et, bien qu'ils les eut tous ressenti, semblaient impossible à exprimer à haute voix. Peter avait disparu dans sa chambre, les yeux mouillés et Nelly le soupçonnait d'avoir été le plus affecté par la peur. Sirius était lui aussi monté dans son dortoir, plus fermé que jamais après la visite de Marlene à l'infirmerie. Cassidy était partie rejoindre, ce qui avait semblé à contrecœur à Nelly, Benjamin dans la salle commune de Serdaigle. Puis il y avait Remus. Il se tenait quelque peu en retrait derrière Alice. Lui aussi avait envie de consoler la jeune femme, mais ne savait pas comment. Lorsqu'elle le vit, Nelly se rendit compte d'à quel point son attitude envers lui n'avait pas été justifiée. À ce moment-même, elle aurait eu besoin de se blottir contre lui, qu'il lui dise que tout allait bien se passer. Il fallait qu'elle lui parle, mais ça n'était définitivement pas le bon moment. Perdue dans ses pensées, elle sursauta lorsqu'elle sentit une main se glisser dans la sienne. Elle pensa d'abord à Remus, mais celui-ci n'avait pas bougé et dirigeait toujours son regard vers la cheminée. Puis elle tourna la tête et découvrit Lily qui lui souriait gentiment. Nelly eut une subite envie de pleurer. Tout le ressentiment, la jalousie, les émotions négatives qui l'avaient consumée ces dernières semaines s'évaporaient avec ce simple de geste de soutien. Lily sembla le remarquer et l'interrogea du regard. Nelly se tourna vers Alice et les trois filles s'adressèrent un regard commun : elles avaient besoin de parler. Les garçons semblaient l'avoir compris aussi, et eux-mêmes se regardèrent. James prit la parole :

-Il faut que l'on aille retrouver Sirius et voir comment il va. On se voit demain ?

Les trois filles acquiescèrent d'un même mouvement de tête. Il fit un baiser sur la joue à Lily et s'en alla. Avant de partir, Remus lui lança un regard doux auquel Nelly répondit par un sourire.

-A demain, lui dit-elle pour lui faire comprendre qu'ils auraient la discussion attendue.

Remus lui sourit et s'en alla à son tour. Pendant quelques secondes, un malaise se fit ressentir entre les trois filles, qui regardaient toujours le feu crépiter dans la cheminée. Après les remontrances de Lily et James, les élèves avaient gentiment déserté la salle commune et ceux présents ne faisaient que peu de bruit. Nelly décida que c'était son rôle de briser ce silence :

-J'ai cru qu'on allait y passer. Je n'ai jamais eu autant peur de toute ma vie.

Alice acquiesça et laissa couler les larmes qu'elle semblait retenir depuis trop longtemps le long de ses joues. Nelly et Lily vinrent l'enlacer et se mirent autour d'elle.

-Ça parait stupide n'est-ce pas, de pleurer parce que Franck s'est mis avec Emmeline alors que des gens sont morts.

-Pas du tout, coupa Lily d'un ton qui n'acceptait aucun commentaire. Nelly l'a bien dit : jamais on n'a eu autant peur de notre vie. C'est humain d'avoir besoin de réconfort dans ces moments-ci. Tu aurais eu envie que Franck soit là pour toi et lui, qu'est-ce qu'il fait ? Il ne trouve rien de mieux que de se mettre avec Emmeline ? C'est un lâche, et il me déçoit beaucoup.

Nelly était d'accord avec son amie. Elle ne comprenait pas comment il pouvait faire cela, à un moment aussi critique.

-Merci, dit Alice d'une petite voix entre deux reniflements. Merci pour tout. Je serais sans doute morte sans vous. Surtout toi, Nelly. Tu as su garder ton sang-froid.

La jeune femme se sentit rougir. Elle ne savait si c'était son combat contre Mulciber ou son combat contre les Mangemorts lorsqu'ils étaient allés sauver le père de Cassidy et James, mais Nelly avait acquis une détermination plus forte à ne plus finir à l'infirmerie, ou pire. Lorsque l'attaque leur était tombée dessus, à elle et Alice alors que les deux s'apprêtaient à rentrer au château, jamais Nelly n'avait été aussi sûre d'elle sur la marche à suivre, sur les gestes à avoir, sur les sorts à prononcer. Cependant, lorsqu'elle s'était retrouvée face au Lord, elle avait ressenti la même chose que tous les autres : tout cela ne servait à rien. Il serait de toute manière le plus fort.

-C'est vrai, acquiesça Lily. Si vous ne m'aviez pas trouvé, je pense que... Je ne m'en serais pas sortie. Je n'ai jamais été aussi paralysée de ma vie. Merci.

Nelly regarda sa meilleure amie et elle comprit. Elle comprit qu'elle avait mal jugé Lily. Ce qu'elle prenait pour un manque d'intérêt n'était enfaite que la manière de la rousse de cacher ce qu'elle ressentait vraiment. Elle était aussi pétrifiée que tout le monde. Elle ne réussissait pas mieux que les autres, mais se donnait peut-être plus les moyens. Et Nelly l'avait jalousée pour cela. Et de ce fait, elle l'avait traitée de manière injuste.

-Je suis désolée les filles, dit-elle dans un soupir, se délestant d'un poids qui la rongeait depuis trop longtemps. Je suis désolée d'avoir été comme j'ai été ces derniers temps. C'était... Injuste. Il s'est passé... des choses et... Je crois que j'attendais que vous veniez plus vers moi, que vous me compreniez. Mais comment vous pouviez me comprendre ? Je ne me comprenais pas moi-même.

Nelly avait dit le tout d'une traite et en ne délogeant pas son regard du feu. Lorsqu'elle bougea la tête, elle se rendit compte que Lily comme Alice semblaient toutes les deux aussi perplexes l'une que l'autre.

-Comment ça ? demanda Alice d'une voix douce. Tu n'as pas à t'excuser. Tu as été une amie formidable lorsque Franck m'a quittée. Et... C'est vrai que j'ai remarqué que tu n'étais pas dans ton assiette. J'aurais dû te demander pourquoi, je suis désolée.

-C'est à moi de m'excuser, finit par dire Lily qui semblait triste. J'ai vraiment été nulle. Je n'ai été présente pour aucune de vous deux. Alors que vous m'avez organisé une fête géniale pour mon anniversaire, m'avez offert les plus beaux cadeaux. Et moi... J'ai été prise dans mes stupides histoires de petite fille...

Nelly regarda ses deux amies et se mit à rire. D'un rire incontrôlable, qui semblait malvenu dans les circonstances actuelles, mais qui la libérait tellement que cette fois-ci, elle ne s'en excuserait pas. Alice et Lily la regardèrent d'abord comme si elle était folle, puis elles se joignirent à elle. Les larmes aux yeux, les trois filles finirent par se calmer :
-Qu'est-ce qu'on peut être bête, parfois, dit Nelly en secouant la tête. On avait fait un pacte il me semble ? Amies, quoi qu'il arrive. On va dire que l'on a toute été prise dans notre monde, et c'est compréhensible. J'accepte vos excuses.

-De même, sourit Alice.

-Je vous rejoints, rigola Lily.

Alors que l'atmosphère semblait s'être détendue, Nelly sentit soudain une chaleur lui monter le long du cou, et ses joues devenir aussi chaudes que le feu qui crépitait à quelques mètres d'elle.

-A vrai dire... J'ai une dernière chose à vous avouer.

Alice et Lily se tournèrent d'un même mouvement, entièrement à son écoute :

-Je sais que ça paraît complètement stupide d'y penser maintenant, compte-tenu des circonstances...

-Le monde ne se doit pas d'arrêter aujourd'hui, au contraire, lança Lily d'une voix déterminée, ce qui conforta Nelly dans ses paroles.

-Eh bien... A ton anniversaire Lil's, moi et Remus...

-Je vous ai vu ! s'exclama Alice. C'était chaud dis-voir ! Vous êtes rentrés tôt par contre, impossible de vous trouver après minuit.

Nelly se sentait devenir de plus en plus moite et rouge. En s'affaissant de quelques centimètres sur le fauteuil, elle finit par dire d'un petite voix :

-Eh bien... C'est parce qu'on l'a fait.

-QUOI ?! hurla Lily.

-Comment ça ?! surenchérit Alice.

-Chut, leur intima Nelly en regardant que personne que les avait entendues.

Les personnes présentes dans la salle commune étaient trop occupées dans leur conversation pour faire attention à la leur.

-Eh bien, continua Nelly, qui se sentait brûler des joues. Je dois avouer que je me sentais vraiment seule. Et ton anniversaire Lily... ça m'a donnée l'impression que nous n'étions plus amies comme avant. Alors, quand j'ai vu Remus, j'ai craqué. Je n'aurais jamais pensé que ça aille aussi loin. C'était... Dans le feu du moment.

-Où ? s'exclama Alice qui semblait avide de détails et dont les larmes avaient séché.

-Dans une cabane que je ne connaissais pas. Je pense que c'est où ils se retrouvent entre eux.

Nelly vit Lily froncer des sourcils.

-Et alors ? s'égosilla Alice qui sautillait sur son fauteuil. Comment c'était ?

Nelly ne savait pas quoi répondre. Elle ressentait sa gorge se nouer, et eut à nouveau cette étrange mais tenace sensation de mal-être.

-Aie. Aussi mal que ça ? Tu sais, ce n'était que la première fois, je suis persuadée que Remus peut s'améliorer et puis...

-Non, coupa Nelly alors qu'Alice semblait prête à argumenter, ce n'était vraiment pas Remus. Il était... Eh bien, comme on peut s'attendre à ce qu'il soit. Gentil, compréhensif, et... Jamais je n'aurais pensé qu'il avait ce corps.

Alice gloussa comme une petite fille. Nelly ne pouvait s'empêcher de remarquer que Lily ne pipait mot, ce qui augmenta son malaise. Pourtant, les semaines passées l'avait prouvé, cela ne menait à rien de garder des choses pour soi. C'est pourquoi elle choisit de tout avouer :

-Mais après, je me suis sentie... Si bizarre. J'ai eu envie de pleurer. Je n'avais pas envie qu'il me touche, qu'il m'embrasse. Et je m'en veux tellement. Est-ce que vous croyez que je suis anormale ? Qu'enfaite je n'aurais pas dû le faire ?

Alice et Lily se lancèrent un regard entendu, et la deuxième prit enfin la parole :

-Tu aurais vraiment dû venir nous en parler Nelly. J'ai toujours pensé que l'on partagerait ce genre de moments...

Elle semblait peinée, et Nelly ne le comprenait qu'à présent. C'était une forme de trahison d'avoir tenu Lily à l'écart de tout cela. La rousse s'était quant à elle confiée beaucoup plus facilement. Elle se demanda si elle avait bien fait de tout avouer, car elle avait pensé que ses amies allaient la réconforter, non pas la faire sentir encore plus mal.

-Mais non, tu n'es pas anormale du tout, finit par dire sa meilleure amie dans un soupir. Il n'y a même rien de plus normal ! Quand ça s'est passé avec James, je me suis sentie exactement comme toi. Etrange. Je me suis demandé si j'avais bien fait. J'ai retourné la scène des milliers de fois dans ma tête, en me demandant si j'avais envie de recommencer ou non. C'est normal. C'est un changement, une étape à passer.

-Oui, renchérit Alice. Moi aussi quand on l'a fait avec... Enfin bref. Même si c'était mon petit-ami, j'ai ressenti la même chose que toi. Tu n'es pas quelqu'un de mauvais, Nelly Wilbongs, bien au contraire.

La brune se sentit soulagée comme jamais. Elle se sentait aussi stupide de n'avoir pas osé prendre la parole plus tôt. Ça lui aurait évité de se torturer l'esprit pendant des semaines. Maintenant qu'elle avait la confirmation que ce qu'elle ressentait était naturel, elle pensa à Remus, et au fait qu'elle avait réellement envie de le revoir.

-Et donc... Miss Wilbongs, comment est notre cher Remus dans le feu de l'action ? Plutôt poète déchu romantique, ou animal mort de faim ?

Lily éclata de rire et secoua la tête tandis que Nelly voulut disparaître dans son fauteuil. Elle prit un coussin et le jeta sur Alice, qui éclata de rire. Les trois filles se regardèrent et Nelly sut que ses amies se sentaient autant soulagées d'être en vie qu'elle.

-Eh bien, ça fait du bien de rire. Qui aurait cru que ce qui sauverait cette journée serait la virée nocturne de Nelly et de...

 

 

-Remus, donne-moi un caramel s'il te plaît.

Ils étaient affalés, chacun dans leur lit, la lumière du feu dans leur chambre tamisant la pièce, les rideaux des lits à baldaquin ouverts et la neige tambourinant les fenêtres. Il se sentait comme s'il avait fait quatre jours de Quidditch d'affilée. Il avait des courbatures, son dos lui faisait atrocement mal et sa tête semblait fonctionner au ralenti. Pourtant, James se sentait pour la première fois de la journée soulagé. Soulagé d'être en vie, avec ses meilleurs amis en train de manger des friandises de chez Honeydukes.

-Eh bien... commença Remus, mais il ne sembla pas savoir ce qu'il voulait dire.

James acquiesça. Il comprenait le sentiment. Peter s'était blotti sous ses couvertures et engloutissait la moitié du paquet de caramels, tandis que Sirius était couché sur ses draps, le regard perdu.

-Mec, tu n'y es pour rien, finit par dire James.

Son meilleur ami mit un moment à le regarder.

-Facile à dire. Si c'était arrivé à Lily, comment tu te sentirais ?

James savait que Sirius avait raison. Il ne se serait jamais pardonné d'avoir entrainé sa petite-amie là-dedans. Mais Lily était en effet, sa petite-amie. Tandis que Marlene et Sirius...

-Tu peux m'expliquer ce que tu faisais avec elle le jour de la St-Valentin à Pré-au-Lard ? demanda-t-il en fronçant des sourcils.

Sirius le regarda dans les yeux :

-Ça t'est réservé ?

En temps normal, James aurait tiqué. Mais il comprenait au ton acerbe mais épuisé de Sirius que ça n'était réellement pas le moment. Il soupira :

-Quand bien même. C'est ta copine maintenant. Elle va sûrement avoir besoin de ton soutien.

-Je sais, marmonna sombrement Sirius.

Ce fut au tour de Remus de soupirer :
-C'est n'importe quoi tout ça. Poudlard est censé être l'endroit le plus sûr au monde. Et là... Vous pensez qu'on pourra retourner à Pré-au-Lard ?

Personne ne répondit, et le silence occupa pendant un instant le dortoir des Maraudeurs. James n'avait pas envie de parler de l'attaque, de ce que les professeurs allaient mettre en place pour les protéger. Il se sentait vidé, incapable de puiser dans ses émotions pour les affronter.

-Franck et Emmeline... dit-il soudain.

Bien qu'ils venaient de vivre un drame, que deux personnes étaient mortes, qu'une de leur congénère avait été blessée, James pensait à des choses aussi futiles que son ex petite-amie qui sortait avec un de ses camarades de classe.

-Ouais... Si on me l'avait dit... répondit Sirius, et James comprit que lui aussi avait envie de changer de sujet.

C'était aussi le cas de Remus qui renchérit :

-La pauvre Alice... Je n'aime vraiment pas comme il a fait les choses.

Peter ne parlait pas, mais James devinait au fait qu'il ne mangeait plus que lui aussi était content de la tournure que prenait la conversation.

-C'était lâche, dit Sirius. Et Emmeline... On est d'accord pour dire qu'elle l'utilise n'est-ce pas ?

Les trois autres acquiescèrent vivement. Soudain, James eut envie de rire. Peut-être pour relâcher la tension, mais aussi parce qu'il fallait qu'il partage quelque chose avec ses acolytes.

-On peut savoir pourquoi tu ris ? demanda Remus, l'air circonspect.

-J'étais en train de me dire que le cerveau humain est bien étrange... Vous voulez savoir la première chose qu'il m'est venu à l'esprit lorsque nous nous sommes retrouvés et que tu as sorti la cape, Lunard ?

-Cornedrue, tu lis dans mes pensées, dit Sirius qui sourit enfin.

Remus sembla comprendre et se prit la tête dans les mains.

-On va sûrement mourir, on doit se sauver d'ici, mais par Merlin, cette cape n'a pas été lavée.

Les quatre amis éclatèrent de rire. D'un rire bruyant, grossier, qui faisait du bien. Ils se tenaient les côtes, Sirius semblait aboyer, et James se sentit instantanément mieux.

-La cape... Cette fichue cape, rigola Remus en essuyant ses larmes. Il semblerait qu'elle remplisse à merveille ses fonctions.

Sirius rigola plus fort et James lança un coussin sur la figure de Remus.

-Je te promets de la laver.

-Il faudra que j'explique à Lily, pour la cape...

Les trois autres acquiescèrent en silence, signe qu'ils ne souhaitaient en aucun cas prendre part aux possibles remontrances qui en suivraient. Puis l'ambiance se calma à nouveau et, à l'atmosphère qui s'alourdit, James devina que ce qu'ils essayaient de fuir était plus présent que jamais dans leur esprit. Il repensa à l'attaque. A la peur qu'il avait ressentie, la terreur même. La panique, en se rendant compte que peut-être, quelqu'un qu'il connaissait était mort. C'était la première fois que ça le frappait avec autant de force : ils pouvaient tous mourir. Les sorciers étaient en guerre. James s'était toujours considéré comme un sorcier brillant, peut-être au-dessus de la norme. Il avait pensé que c'était chose due, que ça coulait dans ses veines et qu'il n'avait pas à s'en excuser. Mais ce jour-là, il n'avait été capable de rien. Pas même de réaliser le moindre sort appris en classe. Dumbledore les avait sauvés, car lui, c'était un réel sorcier. Mais qu'adviendrait-il lorsqu'ils partiraient de Poudlard ? Le directeur ne pouvait pas les protéger tous. Et James se rendait compte que lui et ses amis étaient incapables de se défendre correctement. Tout d'un coup, alors qu'il regardait dans le vague à travers le feu, les flammes lui parurent plus nettes que jamais. Une détermination nouvelle, qu'il ne pensait plus pouvoir ressentir, s'accapara de son ventre. Il se redressa, inspira bruyamment et regarda ses amis.

-Il faut que l'on apprenne à se défendre. Il faut que l'on apprenne à se défendre par nous-mêmes. Et on doit le faire maintenant.

 

Note de fin de chapitre :

Merci de votre lecture!

Qu'avez-vous pensé de ce chapitre et surtout, que va-t-il se passer pour la suite?

 

A bientôt! :)

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