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Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous!

Comme promis, me voici plus rapidement avec un nouveau chapitre! Je l'ai écrite presque d'une traite en une journée, et je dois dire que j'ai beaucoup aimé faire monter en tension ce jeu des vérités!

 

De plus, j'ai principalement apprécié le paradoxe Gryffondor/Serpentard, où la maison verte semble en bien meilleure posture que nos rouges et or ;-)

 

Bonne lecture!

 

C'était une sensation autant nouvelle qu'elle était plaisante : son ventre lui chatouillait, mais il n'avait pas envie de vomir - et ça, c'était salvateur. Tout en lui semblait léger, et sa tête tournait, ce qui voulait dire qu'il ne réfléchissait presque plus. Il avait envie de fermer les yeux, mais savait pertinemment qu'au moment où il le ferait, il s'endormirait. Et il avait envie de profiter encore quelques instants de cette brèche, où plus rien en lui ne le faisait souffrir. Il souriait légèrement, et se fichait des moqueries de ses congénères quant à son air bienheureux. Severus Rogue se sentait bien. Dans la salle commune des Serpentards, une douce fumée légèrement verte parfumait la pièce, et il pouvait sentir que l'ambiance était aussi légère que sa personne. Les personnes présentes rigolaient entre elles, jouaient à des jeux, ou fumaient. Crabbe et Goyle s'adonnaient toujours à leur partie de cartes mais, à mesure qu'ils buvaient un breuvage qui donnait à Rogue l'impression de planer, ils jetaient les cartes en l'air en se bidonnant. Dans un coin, Avery et Wilkes discutaient entre eux, mais le premier ne cessait de lancer des regards au groupe de filles qui était à leur droite. A sa gauche se tenait toujours Rosier, qui buvait et testait de nouveaux cocktails qu'il passait aux autres. Mulciber se tenait toujours près de Lucius, mais cette fois-ci avait engagé la conversation avec Erin. Rogue était subjugué, presque fasciné, du pouvoir du garçon sur autrui. Toute inhibition ayant quitté son système, il n'avait aucune peine à s'avouer à quel point Mulciber pouvait lui faire peur. Cependant, ça n'arrêtait pas les filles de se prosterner à ses pieds. Il le sentait au regard que toutes lui lançaient depuis le coin du feu, et il le sentait à la manière dont Erin avait engagé la conversation avec lui. La jeune femme, qui d'ordinaire se montrait si sûre d'elle-même, si sarcastique et piquante, donnait l'impression d'être une petite fille. Elle avait les joues rouges, le regardait avec un sourire timide, et Rogue voyait à sa posture qu'elle s'efforçait de paraître élégante, alors que Mulciber lui-même était affalé, et la sondait du regard - comme il le faisait toujours. A ce moment-même, Rogue l'envia. En sentant ses joues rougir considérablement, il regarda le groupe de filles, et se rendit compte qu'il rêverait de pouvoir aller leur parler, comme tout garçon normal, et qu'elles lui répondent sans aucune once de moquerie ou de pitié. Mais, malgré l'alcool et la fumée, il n'était pas dupe. Il ne plairait jamais aux filles de Poudlard, ni à aucune fille quoi qu'il en fût. Mais l'attraction principale de cette soirée était sans nul autre Lucius et Narcissa. Dès le moment où la blonde avait mis les pieds dans la salle, Rogue avait senti l'atmosphère changer du tout au tout. Lucius avait beau prétendre n'en avoir rien à faire, ou se montrer froid et peu avenant, Rogue savait qu'il tenait énormément à Narcissa. Il l'avait vu à la manière du blond de se redresser une fois qu'il l'avait vu, à la manière qu'il avait eu de remettre en place sa chemise, et à la manière dont il la mangeait du regard. Encore une fois sous le coup des substances, Severus s'était laissé aller à regarder la jeune femme, à la regarder vraiment : elle était belle. Du genre de beauté qu'il était impossible de feindre ou d'imiter. C'était inné, elle n'avait besoin de rien. « C'est une Black », avait-il pensé amèrement. Mais c'était l'unique vérité qu'il y ait : les traits de la famille Black entière leur étaient propres, et regorgeaient d'élégance, de beauté froide et mystérieuse et de condescendance. Narcissa n'échappait pas à la règle. Rogue l'admirait presque : sa façon de ne rien laisser échapper de ses émotions était enviable à ses yeux. Puis, il se surprit à penser qu'elle lui rappelait une autre personne... Une autre personne qu'il s'efforçait de garder le plus loin possible de son esprit. Il avait regardé alentours : Narcissa faisait le même effet à tout le monde. Les filles avaient beau essayer de la mépriser, ça n'était que de l'admiration muette qu'il percevait sur leur visage. Et, Mulciber, Avery et les autres pouvaient faire toutes les blagues qu'ils voulaient, mais la jeune Black était intouchable, et eux aussi l'avaient compris. La salle avait retenu son souffle lorsqu'elle avait pris place non pas à côté de Lucius, mais de Regulus. Ils étaient désormais les deux en grande conversation, et Rogue remarquait désormais à quel point ils se ressemblaient : cette famille était définitivement celle qui fascinait le plus Rogue, si ce n'était un seul membre qu'il détestait par-dessus tout.

-Goûte ça vieux.

Il lui sembla qu'il lui fallut plusieurs minutes pour retourner sa tête et regarder Rosier, qui lui tendait un cocktail d'une couleur douteuse. Severus le sentit et grimaça : ça n'avait pas l'air bon.

-Allais, tu verras c'est magique ! Après cela, toutes tes peurs s'évanouiront.

Rogue haussa des sourcils : Rosier avait l'air sérieux. Evan faisait partie de ceux que Severus ni ne détestait, ni n'appréciait particulièrement. Il avait toujours été le plus modéré dans ses moqueries, sans non plus tomber dans l'empathie. Mais Rogue lui trouvait un mystère que peut-être les autres ne possédaient pas. Il prit le verre et but une gorgée : c'était plus agréable que l'aspect ne laissait paraître. Il en rebut une autre. Immédiatement, il sentit son corps vibrer d'une sensation nouvelle : il se sentait confiant. Qu'importait ce que Rosier avait mis dans ce verre, Rogue se promit de lui demander la recette. Evan le regardait avec un sourire entendu.

-Maintenant, va draguer une de ces filles !

Rogue s'étouffa avec une nouvelle gorgée : Rosier devait avoir perdu la tête. Il regarda le groupe de filles, qui étaient toujours entre elles et n'accordaient toujours aucune attention à Avery qui tentait d'aborder la conversation, et il secoua la tête.

-Non, affirma-t-il.

-Alors bois encore un peu plus, le poussa Rosier.

Que pouvait-il bien y avoir dans ce breuvage ? Car, à mesure qu'il buvait, Rogue se sentait empli d'une sensation nouvelle, qu'il n'avait jamais connu : il se sentait chanceux. Il tourna la tête et observa encore une fois ses congénères : Mulciber s'était rapproché d'Erin, et lui chuchotait quelque chose dans l'oreille - auquel la jeune femme éclatait de rire. Lucius avait changé de place, et avait demandé à Regulus de lui laisser la sienne, ce que le benjamin de la bande avait fait sans rechigner. Et, Rogue fut surpris, il s'était lui-même lancé auprès d'une fille avec qui il semblait avoir une conversation animée. Narcissa semblait froide envers Lucius et c'était désormais le blond qui la taquinait. Il les enviait : il aurait aimé, une fois dans sa vie, ressentir cela. Puis il regarda à nouveau les filles : elles avaient toutes les yeux tournés vers le couple phare des serpents. « Peut-être que ça leur ferait aussi plaisir... ».

-Et toi alors, tu ne viens pas ? dit Severus.

Rosier secoua la tête :

-Ma proie n'est pas là ce soir. Vas-y, je te regarde.

Le garçon regarda de manière suspecte son camarade, mais il n'y avait aucune trace de moquerie dans la voix d'Evan. Alors, Severus finit son verre d'une traite, ressentit plus vivement que jamais la sensation que tout allait lui réussir, se leva et approcha les filles. Il lui sembla que la salle entière s'était arrêtée de respirer, mais peu lui importait, puisqu'il était persuadé de réussir. Il s'assit à côté d'Elena Cayne, une jolie brune de sa maison. Celle-ci parut d'abord surprise, puis les filles se jetèrent entre elles un regard entendu. Severus sentait que non seulement Rosier le regardait, mais que tous les autres aussi. Et il s'en fichait : il allait leur montrer de quoi il était capable. Il s'approcha de la jeune femme et lui murmura à l'oreille :

-J'ai toujours trouvé que tu étais l'une des plus belles de notre maison, et j'avais envie que tu le saches.

La jeune femme rigola doucement et le remercia.

-Jamais je n'aurais pensé voir Severus Rogue dans cet état ! dit-elle.

Et Rogue sut que c'était gagner : personne ne s'était moqué de lui. Au contraire, les filles au complet s'étaient rassemblées autour de lui, lui demandant des anecdotes croustillantes sur la bande, que Rogue donnait volontiers - en n'hésitant pas au passage à humilier Avery qui le fusillait du regard. Elena s'était rapprochée de lui et avait posé une main sur sa cuisse : Rogue ne savait pas qu'il était possible de ressentir ce qu'il avait ressenti à ce moment-là. Il en aurait rougi s'il n'était pas si occupé à se sentir aussi bien. Désormais entouré des plus jolies filles de Poudlard, Severus savait que c'était officiellement la plus belle soirée de sa vie.

 

 

Elle s'efforçait de rester présente dans le moment. Elle s'efforçait de ne regarder que son frère, et son air bienheureux sur le visage. Pourtant, alors qu'il venait de poser la question à sa meilleure amie, Cassidy sentait tout son corps se tendre. Sirius lui donnait envie de fulminer. Elle avait envie de lui crier ce qu'elle retenait depuis beaucoup trop longtemps désormais. Elle avait envie de lui jeter son verre à la figure, de se jeter sur lui et de le frapper jusqu'à ce qu'il s'excuse. Cassidy fulminait, et rester assise par terre à jouer à un jeu stupide ne faisait qu'augmenter son sentiment de colère intense. Elle reprit une gorgée de Whiskey Pur Feu, et faillit s'étrangler avec en entendant :

-Bien sûr, qu'est-ce que tu crois !

Cassidy se tourna immédiatement vers son amie avec de gros yeux, mais Dorcas ne la regardait pas. Elle n'avait pas rougi - signe qu'elle ne mentait pas. Au contraire, elle semblait ravie de l'effet escompté. Elle regardait James avec un signe de défi, lequel leva son verre en signe de reddition. Elle rigola et tourna finalement sa tête vers Cassidy : Dorcas dut percevoir son énervement, car son sourire s'évanouit. Mais, au lieu de s'expliquer, elle dit avec entrain :

-A mon tour... Hmmm... Je vais choisir Alice ! Alors Mademoiselle : action ou vérité ?

-On a tous vu où ça me menait de mettre des actions à profit. Je vais choisir vérité.

Cassidy n'écoutait à peine. Son corps flambait. C'était la pire soirée qu'elle n'ait jamais vécu. Son cœur lui faisait mal tant il tapait fort dans sa poitrine. Elle détestait tout le monde : Sirius, qui semblait bien plus à l'aise qu'elle-même au milieu de ce jeu, Alice - qui venait de lui rappeler la trahison qu'elle avait commis à son égard comme si c'était la chose la plus drôle du monde - et Dorcas, qui lui mentait depuis qu'elles se connaissaient. Y avait-il quelqu'un sur qui Cassidy puisse compter ? Soudain, la colère laissa place à l'émotion qu'elle ne voulait ressentir pour rien au monde : la douleur lancinante de la solitude. Elle rebut une gorgée.

-Très bien. Que s'est-il réellement passé avec Amos Diggory ?

-He bien...Disons qu'il n'embrasse pas si mal que ça !

La bande au complète exclama un : OH ! suivi d'un éclat de rire, mais Cassidy ne pouvait pas y participer. C'était devenu impossible pour elle de cacher sa colère. Elle bouillonnait, et il fallait qu'elle puisse diriger sa haine contre quelqu'un.

-Cassidy ?

La jeune femme sursauta, se sachant aussi rouge que le pull de celle qui venait de l'appeler. Avec un temps d'attente trop long, elle comprit qu'Alice la défiait elle. Parfait, c'était ce dont elle avait besoin.

-Action ou vérité ?

-Vérité, maugréa-t-elle, ignorant le froncement de sourcils de James à son égard.

Cassidy ne regardait qu'Alice, avec une détermination nouvelle de faire souffrir les personnes qui lui avaient menti, qui l'avaient détruite.

-Jusqu'où es-tu allée avec Benjamin ?

Alice avait demandé le tout de manière naïve et, si Cassidy n'avait pas été si embuée par son sentiment de vengeance, elle le saurait. Cependant, elle en avait marre de pleurer : elle ne l'avait que trop fait. Elle but encore et, les yeux plantés dans ceux d'Alice, dit de la manière la plus sèche qu'il soit :

-On a couché ensemble. C'était absolument horrible. Je ne le recommande pas.

James faillit s'étrangler dans son verre, et Peter dut lui taper dans le dos pour que sa toux ne se calme. Il pleurait à moitié lorsqu'il lui dit d'une voix suppliante :

-Comment ça ?

Cassidy le regarda enfin :

-J'ai couché avec lui. Il me semble que tu es familiarisé avec la procédure, ou est-ce que je dois te l'expliquer ?

La jeune femme vit Lily rougir et se cacher dans son verre. Elle se sentirait désolée si elle ne détestait pas autant tout le monde qui était autour d'elle à présent. Elle ne regardait toujours pas Sirius, mais pouvait le sentir à ses côtés, ce qui était déjà trop. James ne disait plus rien, le regard dans le vague, la mine dégoûtée. Cassidy prit une grande respiration et, pour ne pas complètement gâcher l'anniversaire de son grand frère, continua le jeu.

-Dorcas, dit-elle sans la regarder.

La jeune femme sembla surprise qu'on lui donne à nouveau la parole.

-Est-ce que tu penses que tu es plutôt une menteuse, ou plutôt une fille qui se donne l'air d'être quelqu'un d'honnête ?
Pendant quelques secondes, on entendit les mouches voler. Personne ne pipait mot. Mais Cassidy n'en avait que faire. Elle regarda cette fois-ci son amie, plus déterminée que jamais : Dorcas avait rougi cette fois-ci, et déglutit avec peine lorsqu'elle finit par dire :

-Tu ne m'avais pas demandé si je choisissais Action ou Vérité, dit-elle froidement.

Cassidy eut un petit air ironique.

-Très juste, Madame je-respecte-les-règles, pas vrai ? Alors : action ou vérité ?

-Action, lança durement Dorcas dont Cassidy voyait que l'énervement était en passe d'égaler le sien.

« Parfait, tu veux jouer, on va jouer », pensa la jeune Potter, plus remontée que jamais.

-Toi qui embrasses à tout va : vas-y, embrasse le garçon de ton choix.

Cassidy ne savait pas très bien ce qu'elle attendait, mais dans le fond, elle savait pertinemment ce qui allait se produire. Peut-être que c'était ce qu'elle recherchait : comme cela, Dorcas ne pourrait plus jamais se cacher derrière son image de jeune femme parfaite et naïve. La brune se leva, s'approcha de Sirius, le prit par le menton et l'embrassa langoureusement pendant de longues minutes. Alors que les autres se mirent à applaudir et que l'ambiance reprit, Cassidy sentit quelque chose retomber en elle : elle avait la confirmation qu'elle avait cherchée. Elle ne comptait pour personne. Personne ne la respectait, ne se souciait de ses sentiments. Et elle s'était trompée sur toute la ligne : elle avait pensé être la pire amie dans sa relation avec Dorcas, mais c'était tout le contraire. Laquelle finit par se détacher de Sirius, et regarder Cassidy avec un air de défi. Mais la jeune Potter ne voulait plus jouer. Elle avait déjà tout perdu. Plus dégoûtée et soudainement vidée de toute énergie, elle se dit qu'elle ferait désormais acte de présence jusqu'à ce que ce soit acceptable qu'elle s'en aille.

-Sirius, dis-moi, tu comptes embrasser toutes les filles de cette école ? dit Alice pour rire.

-Attends ton tour, lui lança le garçon avec un clin d'œil.

Mais Cassidy n'y prit pas attention. Elle regardait le tapis, et devait désormais combattre tous les nerfs de son corps pour ne pas éclater en sanglot. Elle était trahie, et toutes les personnes qui comptaient pour elle en rigolaient.

-A ton tour, Miss j'embrasse des garçons, lança James encore dans un éclat de rire.

-Très bien : Remus, action ou vérité ?

Si Cassidy avait été dans un état normal, elle se serait rendu compte de la voix enrouée et tremblante de Dorcas. Mais, l'unique chose dont elle était capable de penser, c'était à quel point elle voulait quitter cette pièce, quitter Poudlard, pour toujours.

 

La soirée venait de prendre une autre tournure, mais pas assez pour que ça n'entache son bonheur actuel. Il se sentait comme un homme nouveau : il n'avait même pas envie de s'en vanter auprès de ses amis, au contraire, il voulait le garder un peu à lui encore quelques temps. C'est pourquoi Remus avait décidé, d'un commun accord avec Nelly, de ne pas officialiser leur relation de suite. Ils avaient envie de profiter de ces moments qu'ils avaient à deux, sans que d'autres personnes ne s'en mêlent. De plus, il devait avouer qu'il ne voulait pas refaire les mêmes erreurs, et que s'attacher à Nelly continuait à lui faire une peur immense. Mais ça n'entachait pas le petit nuage sur lequel il se trouvait.

-Remus, action ou vérité ?

Il venait d'assister à l'échange comme tout le monde. Seulement, alors que ses amis huaient Sirius et félicitaient Dorcas, il n'arrivait pas à prendre part à la joie environnante. Parce qu'il l'avait vue. Elle pouvait peut-être cacher ses émotions face aux autres, mais Remus ne l'avait fait que trop de fois pour ne pas le reconnaître chez autrui. Et Cassidy souffrait, c'était indéniable. Il ne sut trop pour quelle raison, il était irrité par l'attitude de Sirius. Le garçon n'avait qu'à se tenir couché de manière nonchalante autour du cercle pour que les filles ne se battent pour lui. Il regardait la pièce : Alice et Dorcas l'avaient les deux embrassé, et il ne trouvait rien d'autre à redire que de lever ses mains en signe de reddition et de fausse innocence. Pourtant, Remus n'était pas d'accord pour mettre la faute uniquement sur les filles. Il ne savait pas bien pourquoi Cassidy réagissait de la sorte, mais apparemment, Dorcas lui avait fait du mal. Il avait pu comprendre le geste d'Alice. Mais la manie qu'avait Sirius d'arriver dans une pièce et de tout détruire sur son passage irritait de plus en plus Remus. Il regarda Nelly : peut-être que c'était à cause d'elle qu'il se sentait ainsi. Et si elle-même n'était pas insensible aux charmes de son ami ? Avait-il réellement confiance en Sirius ? Il secoua la tête et répondit :

-Vérité.

Il était presque persuadé que s'il répondait « action », il devrait embrasser Nelly, et il n'avait pas envie de leur donner cela trop tôt.

-Quelles sont les filles pour qui tu as eu le béguin durant toute ta scolarité ? demanda Dorcas avec un petit sourire.

L'ambiance était quelque peu retombée, pour redevenir un jeu sympathique et sans histoire. Remus prit une gorgée : il regarda Nelly. Après tout, elle pourrait sans doute comprendre. Puis il regarda Sirius et dit sans penser aux conséquences :

-Eh bien j'imagine qu'il y en a une dont vous vous doutez, lança-t-il en rigolant et en regardant Nelly qui rougissait. Mais je dois avouer que, dans ma folle jeunesse, j'ai eu un certain temps le béguin pour toi, Cassidy.

A nouveau, James s'étrangla dans son verre et dit :

-Vous voulez me tuer ou quoi ?!

Peut-être Remus en rajoutait quelque peu, surtout pour voir les réactions des personnes présentes et, il ne savait exactement pourquoi, celle de Sirius. Lorsqu'il vit son ami se redresser et sembler mal à l'aise, Remus fronça des sourcils. Il avait un pressentiment qui ne disait rien qui vaille. Mais c'était la vérité : lors de leur quatrième année, Remus avait beaucoup apprécié Cassidy, mais n'avait jamais osé faire quoi que ce fut par respect pour James. Et puis, la jeune femme ne semblait pas particulièrement intéressée par lui. Il regarda Lily, qui lui souriait de toutes ses dents, puis Nelly, qui semblait sourire plus difficilement. Il lui lança un regard d'excuse. Puis il se tourna vers Cassidy, qui avait réellement l'air de le remercier. Remus fut touché de voir sa réaction : elle semblait prendre conscience d'à quel point elle avait pu compter pour lui.

-Fort heureusement, l'amitié passe avant tout pour toi, lança James en lui tapant dans la main.

Remus se tourna vers Sirius et le vit prendre une grosse gorgée de son verre.

-Sirius : action ou vérité ? demanda-t-il, une idée derrière la tête.

-Tu me connais Lunard, je suis un homme d'action.

Remus but une gorgée : ça n'était pas ce qu'il avait prévu. Il réfléchit à tue-tête, soucieux de ne plus mettre qui que ce fut en péril. Puis, en prenant toutes les boissons qu'il pouvait trouver sous la main, il concocta un mélange particulièrement répugnant et dit :

-Bois ça, cul sec.

 

 

La soirée n'était pas autant désagréable qu'elle l'avait pensé. Encore une fois, elle s'était faite traînée ici presque de force, mais elle était contente d'avoir accepté. Narcissa n'en pouvait plus de prétendre à la jeune femme parfaite, et de passer ses journées à réviser ses cours et aller à la bibliothèque. Elle avait besoin de se sentir vibrer et, bien qu'elle ne se sentait pas forcément à son aise entourée de ces personnes-là, ce genre de soirées lui en donnait l'occasion. Seulement, Erin avait promis qu'elle la passerait ensemble. Et Narcissa devait se rendre à l'évidence : son amie avait disparu de la circulation. Cependant, elle se devait de la chercher. Erin avait confié à Narcissa vouloir avoir une discussion avec Rosier qui, bien que la jeune femme aux cheveux rouges ne l'avouerait jamais, avait laissé des traces dans son sillage, la Serpentarde le sentait. Mais Rosier se tenait assis sur le canapé, en train de concocter des boissons toutes plus étranges les unes que les autres. Elle s'était donc mise en tête de la trouver - bien qu'elle était persuadée que la réponse ne lui plairait pas - notamment lorsque Lucius avait demandé à Regulus de lui faire de la place. Elle voulait encore le faire mariner quelque peu, mais ça devenait de plus en plus difficile de l'éviter. Et elle n'était plus très sûre d'en avoir envie. Elle avait tout de même prétendu devoir aller aux toilettes et avait quitté momentanément la salle commune. Près des dortoirs, le froid était glacial et, peu vêtue, Narcissa se tenait les bras. Elle ne savait pour quelle raison, son cœur battait. Elle détestait se retrouver seule dans les couloirs à Poudlard lorsque la nuit était tombée. D'une petite voix, elle demanda :

-Erin ?

Plusieurs fois, elle regardait en arrière. La vérité, c'était qu'elle ne se sentait pas en sécurité au milieu des siens. Que depuis plusieurs semaines, un regard la mettait toujours plus à l'aise, mais qu'elle n'osait en parler à personne. Un bruit mat se fit entendre et elle sursauta. Elle se maudit intérieurement d'avoir oublié sa baguette. Et si Avery l'avait suivie ? En se promettant de ne plus se balader seule à des heures pareilles, elle s'apprêtait à rebrousser chemin lorsqu'elle entendit encore le bruit, plus distinctement cette fois-ci. C'était la voix de Mulciber. Le cœur battant, Narcissa ne put s'empêcher de s'approcher, dictée par la peur qu'elle ressentait pour son amie. Et si Erin était en danger ? elle contourna le couloir dans lequel elle était, celui qui menait au dortoir des garçons, mais s'arrêta net devant les toilettes qui se trouvaient juste avant. Les bruits venaient de là. La porte était entrouverte. En sachant pertinemment qu'elle ne devrait pas, Narcissa ne put résister : elle la poussa délicatement, sans faire de bruit. Et ce qu'elle avait pressenti se passait devant ses yeux : Erin et Mulciber s'embrassaient. Le garçon la tenait plaquée contre le lavabo - c'était ça le bruit qu'elle avait entendu. Elle voyait bien à la réaction de son amie que c'était loin d'être forcé. Narcissa fit une mine de dégoût et partit en courant, en faisant attention à faire le moins de bruit possible. Elle avait eu de nombreuses conversations avec Erin, et les deux étaient toujours tombées d'accord : Avery et Mulciber étaient hors d'atteinte. Pas parce qu'ils étaient mieux qu'elles, mais parce qu'ils étaient dangereux. Erin avait eu l'air particulièrement d'accord lorsque la blonde avait exposé ses arguments pour dire à quel point Mulciber pouvait être infâme. Mais elle se rendait compte que son amie lui avait menti : elle ne voulait pas avoir une conversation avec Rosier. Elle avait prévu ce moment avec Mulciber depuis longtemps. Peut-être même que ce n'était pas la première fois. Avec une désagréable sensation de solitude s'ajoutant au froid, elle regagna la salle commune, confuse. La fumée verdâtre la réchauffa instantanément. Elle parcourut la salle rapidement et fut surprise de découvrir que Lucius n'avait pas bougé, et qu'il se tenait seul sur le fauteuil. En soupirant, elle se rendit compte qu'il était le seul avec qui elle ait envie d'être à l'instant. Naturellement, elle vint se rasseoir à côté de lui, soupira et dit :

-Il y a des choses que je ne comprendrai jamais.

Surpris du revirement de situation, Lucius l'interrogea du regard. Narcissa demanda à Rosier de lui servir un verre - en insistant sur le fait qu'il devait être corsé - attendit qu'il le fasse, but une gorgée qui lui arracha la gorge, toussa et, sous les rires de Lucius, dit :

-Erin et Mulciber. Dans les toilettes des garçons, avant votre dortoir.

-Tu ne m'apprends rien, dit Lucius en haussant des épaules.

Narcissa le regarda : elle le trouvait beau. Et elle se rendait compte qu'il ne lui faisait pas peur. Au contraire, elle aimait être avec lui. Encore plus lorsqu'il abandonnait sa bande. Elle était ravie de découvrir le ton blasé de son petit-ami lorsqu'il ajouta :

-Tu diras à ta copine de se méfier. Ce n'est vraiment pas quelqu'un à qui il faut s'attacher.

Narcissa acquiesça. Rosier les écoutait d'une oreille, mais la jeune femme ne le trouva pas particulièrement touchée par le fait que son soi-disant ami ne soit avec son ex petite-amie au moment présent. Elle secoua la tête : il y avait décidément des choses qu'elle ne comprendrait jamais. Soudain, elle sentit qu'on lui caressait gentiment le dos. C'était Lucius. C'était d'une rareté extrême que les deux ne se montrent un tant soit peu attentionnés l'un envers l'autre devant autrui. Mais Narcissa s'en fichait. Peut-être à cause du breuvage de Rosier, ou parce que tout le monde était dans un état second, la jeune femme se laissa aller contre le dossier du fauteuil et posa gentiment sa tête sur l'épaule de Lucius. Il accueillit le geste, et lui fit même un baiser dans les cheveux. Il lui prit la main et dit :

-C'est rare que je te vois boire autant !

-Disons que parfois ça aide.

Il rigola, ce qui fit bouger sa tête et Narcissa se releva, un sourire aux lèvres.

-D'ailleurs, comment ça marche ce truc ? demanda-t-elle en pointant le doigt sur l'espèce de pipe géante qu'Evan avait ramené.

Le garçon ne se fit pas prier pour répondre :

-Tu veux essayer ? Ce n'est pas si difficile. Le tout, c'est d'inspirer un grand coup, mais de recracher la fumée de suite.

Narcissa prit l'embout dans ses mains, perplexe. Elle n'avait jamais fumé de sa vie. Mais elle avait envie d'essayer. Sans penser aux conséquences, elle fit ce que Rosier lui avait dit. Seulement, après deux secondes d'inspiration, elle sentit sa gorge lui brûler et éloigna immédiatement l'embout de ses lèvres. Elle recracha la fumée en toussotant, les larmes aux yeux.

-Facile, oui, dit-elle d'une voix étranglée.

A ses côtés, Lucius et Rosier se bidonnaient. Elle ne s'en formalisa pas, mais au contraire rit avec eux. Elle réessaya plusieurs fois, jusqu'à ce que l'exercice lui sembla facile. Une étrange sensation de flottements l'accompagnait désormais. Elle sentait ses yeux se fermer gentiment, mais elle voulait à tout prix les garder ouverts. Car la scène qui se produisait devant ses yeux lui plaisaient : Crabbe et Goyle s'étaient endormis sur leur carte, le premier bavant sur le roi de trèfles. La fumée l'empêchait de voir Avery et Wilkes - qui n'avaient pas bougé depuis le début de la soirée, et ce n'était pas pour lui déplaire. Elle chercha des yeux Regulus, mais celui-ci semblait avoir disparu, ainsi que Ruby Mcwain. Mais le plus improbable était sans doute Severus : il se tenait au milieu du groupe de filles, qui rigolaient face à ses blagues et semblaient le trouver appréciable. Elle s'en voulait de penser ainsi, mais elle se demandait comment c'était possible. Rogue était si renfermé, si noir d'habitude, qu'elle ne comprenait pas ce changement subit de situation. Lucius matérialisa à voix haute ses pensées :

-Et si tu nous disais ce que tu as fait pour que cet individu se transforme aussi drastiquement ? demanda-t-il à Evan.

Rosier, qui venait de prendre ses encens, rigola en laissant s'échappa la fumée.

-Si je te le disais, tu ne me croirais pas. Disons qu'il avait besoin de s'amuser.

Narcissa regarda Lucius, qui observait Severus comme s'il le voyait pour la première fois. Il secoua la tête et but :

-Incroyable, maugréa-t-il.

Elle sourit : elle était reconnaissante à Rosier d'avoir fait ce geste. Reconnaissante pour cette soirée, qui semblait être un temps de répit dans les guerres que tous devaient mener continuellement. Elle prit une gorgée du liquide brûlant, qui lui semblait plus agréable et ferma les yeux. Elle sentit que Lucius la prenait pas le bras. La vérité, c'était que Narcissa ne changerait sa vie pour rien au monde.

 

 

Elle aurait voulu échanger sa place, ou être à la place de quelqu'un d'autre. C'était réellement le pire rôle qu'elle connaissait : savoir que tout était sur le point d'exploser, ne serait-ce qu'avec un faux pas de la part de quelqu'un, peut-être même d'elle-même. Elle se sentait sur le fil du rasoir, et elle détestait cela. Toute sa vie, Lily Evans avait fait en sorte d'avoir une morale irréprochable : ainsi, personne ne pourrait rien lui reprocher. Cependant, elle trouvait cela difficile désormais qu'elle connaissait les secrets de tout le monde, et qu'elle devenait à son tour la menteuse. C'était un rôle plus compliqué que ce qu'elle n'avait pensé. Le jeu durait depuis trente bonnes minutes, et les esprit s'échauffaient. Alice avait dû embrasser à nouveau Sirius, qui l'avait fait de bon cœur. Puis elle avait défié Nelly de l'embrasser, et, sous les regards ahuris des garçons, les deux filles l'avaient fait. Cassidy restait dans un coin et ne parlait plus, et Lily avait mal pour la jeune femme. Elle méprisait de plus en plus Dorcas, qu'elle ignorait avec aplomb. Plus la soirée avançait, plus James semblait être le seul épargné par les révélations et les actes alentours. Le garçon continuait de boire, et pensait que tout cela n'était que de bonne guerre. Lily savait que c'était bien plus que cela. Elle-même essayait de noyer son angoisse à grands coups de Whiskey Pur Feu, mais elle devait avouer que ça ne marchait que moyennement. Elle déglutit péniblement lorsque Sirius prononça son nom :

-Ma chère Lily Evans. Action ou vérité ?

Elle regarda aux alentours et se demanda : est-ce que le mensonge était naturel pour certaines personnes ? Au vu de l'impassibilité de Dorcas, elle se disait que oui. Mais elle-même ne pourrait pas. Elle deviendrait rouge, et tout le monde comprendrait qu'il y avait anguilles sous roches. C'est pourquoi elle répondit d'une petite voix :

-Action.

Après tout, Sirius était le meilleur ami de James. Par conséquent, il l'épargnerait.

-Embrasse n'importe qui, à condition que ce ne soit pas Jamesi !
Elle s'étouffa dans son verre et s'approcha d'Alice. Après tout, ça ne voulait rien dire. Mais Sirius s'éclaircit la gorge :
-Bien que ce spectacle me ravirait bien plus que vous ne pouvez le soupçonner, j'en ai marre d'être celui qui doit boire des mixtures immondes, avouer mes pires hontes sexuelles et embrasser n'importe qui. Je rectifie : embrasse n'importe quel garçon, à condition que ce ne soit pas Jamesi.

L'atmosphère sembla se tendre d'un coup. Sirius se voulait joueur, mais Lily voyait dans son regard reluire quelque chose qui devait être propre à la famille à laquelle il appartenait. Il semblait enclin à faire du mal ce soir-là. Elle regarda James, qui lui venait de mettre une tape légendaire sur le derrière du crâne de son ami :

-Patmol, t'es pas bien ou quoi ?

-C'est pour rire, tu l'as dit toi-même, s'écria Sirius. Et je te rappelle que tu m'as demandé d'embrasser Alice. Alors je ne fais que suivre tes règles.

Lily comprenait que Sirius faisait ça pour se venger, et, renfrogné, James la regardait désormais. N'allait-il pas plus la défendre ? Elle paniqua : que devait-elle faire ?
-Tic Toc, Tic Toc. On attend, Madame, lança Sirius.

-Oublie, elle ne le fera jamais. Elle n'est pas aussi aventurière que vous !

Nelly venait de parler. Elle avait été la plus discrète, mais Lily sentait qu'elle l'ignorait d'une telle manière qu'elle voulait que ça se voit. Elle avait dit le tout sur le ton de la rigolade, mais la rousse savait pertinemment que son amie ne rigolait pas du tout lorsqu'elle disait cela. Elle remarquait que, depuis le début de la soirée, Nelly débordait de confiance, et qu'elle semblait très complice avec Alice. Sans réfléchir réellement à ce qu'elle faisait, elle s'approcha de Remus, le prit par le col et, en empêchant le garçon de donner suite à l'air outragé de son visage, l'embrassa à pleine bouche. C'était plus qu'un smack, leur langue se mêlèrent même pendant quelques secondes. Puis, sous la salve d'applaudissements de la salle, Lily se décolla de Remus et regarda Nelly d'un air satisfait, laquelle la fusillait du regard. Elle n'osa pas regarder James, mais dit d'une voix assurée :

-Sirius, action ou vérité ?

-Je le répète : pas de blabla pour moi. Je suis un homme d'action.

-Très bien. Embrasse James.

-Stop stop stop ! Qu'on se le dise : c'est mon anniversaire et jusqu'à maintenant, j'ai appris que ma petite sœur avait... fait des choses avec cet abruti de Fenwick, que mon meilleur ami avait envie de faire avec elle soit-dit en passant, j'ai dû assister à ma copine qui embrasse mon autre meilleur ami, le même que je devrais à mon tour embrasser. Qu'est-ce que vous ne comprenez pas dans le mot amitié ?

La tirade était sincère, mais Lily ne pouvait s'empêcher de rire. James semblait éméché et, très vite, tout le monde se mit à rigoler.

-C'est exact ! lança Alice. Les filles ont dû le faire, je ne vois pas pourquoi ce serait différent pour vous.

-Parce que je ne veux pas toucher les lèvres de cet abruti. Elles traînent partout !

Sirius s'était relevé, et se tenait près de James, la bouche en cœur :

-Allais mon bébé, vis ton rêve !
Lily avait les larmes aux yeux tellement elle riait. Comme s'il devait faire la chose la plus répugnante au monde et en pleurant presque, James ferma les yeux très fort, approcha sa tête et, l'espace d'une demi-seconde, toucha la bouche de Sirius avec la sienne. S'en suivi des crachats dramatiques et l'ingurgitation immédiate d'un verre entier de Whiskey Pur Feu.

-Je comprends ce que Lily te trouve, lança Sirius, faussement admiratif.

Lily était contente de son effet. A ses côtés, James maugréait toujours.

-Allais Jamesi, je vais être gentil : action ou vérité ?

-Action, lança férocement le roi de la soirée en menaçant son ami du regard.

-Embrasse une fille, qui ne soit pas Lily.

La rousse faillit s'étrangler avec son verre et fusilla du regard Sirius, lequel fut particulièrement ravi de son effet. Elle regarda James, qu'elle s'apprêtait à voir désespéré, mais celui-ci avait l'air plus que ravi sur son visage.

-Merci Patmol, dit-il doucement.

Puis, bien qu'elle le savait pertinemment, Lily dut regarder James s'avancer vers Nelly, qui avait déjà fait un pas dans sa direction, la prendre par la nuque et lui administrer un baiser des plus langoureux. Une fois finie, son amie se tourna vers elle et :

-En effet, je comprends ce que tu lui trouves.

Plus remontée que jamais, Lily sentit ses joues lui brûler et pensa : « qu'ils aillent tous au diable avec leurs secrets, ils mériteront ce qui va leur arriver ».

 

 

Elle était restée dans son coin, le plus discrètement possible. Tout ce qu'elle souhaitait, c'était une porte de sortie. Elle pensait avoir pu berner les autres. Du moins, son frère ne se doutait de rien et c'était le principal. James était plus que jamais enclin à jouer, bien que Cassidy remarquait les joues écarlates de Lily après que le garçon ait embrassé Nelly. Elle ne comprenait pas bien ce qu'il se passait durant cette soirée : il lui semblait que les masques tombaient, et que le seul qui ne se rendait compte de rien était James. Dorcas était toujours à ses côtés, mais Cassidy pensait pouvoir être capable de lui mettre un poing dans la figure si jamais elle faisait quoi que ce fut. Elle avait été touchée de la réponse de Remus, et regardait le garçon de plus près : il semblait changé, plus sûr de lui, plus sexy aussi. Pendant un certain temps, elle regretta de ne s'être concentré que sur un seul garçon. La boule à la gorge, son regard dériva vers Sirius : c'était incontestablement lui, le maître de la soirée. Cassidy savait qu'il était très ébréché, mais ça ne le rendait pas moins apte à ses capacités. Il semblait prendre un malin plaisir à mettre dans l'embarras ses amis et, par son indifférence, à lui montrer que - comme elle s'en doutait depuis bien trop longtemps - elle ne comptait absolument pas. Cassidy sentait la colère la quitter subitement. Elle se sentait désormais vide, seule, démunie, comme si jamais personne ne l'aimerait, ou du moins pas assez.

-Cass ?

C'était comme si une voix lointaine lui avait parlé. Elle releva la tête et se rendit compte que c'était Sirius. Le jeu avait continué, et c'était elle la prochaine. Pendant quelques secondes, elle ne dit rien. Puis elle s'éclaircit la gorge et, d'une voix plus tremblante qu'elle n'aurait voulue, dit :

-Vérité.

-Est-ce que c'est toi ou Fenwick qui a décidé d'arrêter la relation ?

Il voulait l'entendre dire. Il voulait qu'elle abdique, là, devant tout le monde. Elle le voyait à la noirceur de son regard, le sentait à la manière dont il la mettait au défi. Cassidy sentit les larmes lui monter aux yeux et, avec, l'énorme flot de colère qu'elle avait retenu toute la soirée, dit :
-Comment oses-tu ? murmura-t-elle, tremblante. Tu sais très bien que c'est lui qui m'a quitté, puisque tu as vu Marlene et qu'elle t'a dit qu'il sortait maintenant avec Irina Patil Qu'est-ce que tu veux, Sirius ? Tu veux m'humilier encore un peu plus, c'est ça ? C'est ton petit plaisir à toi ? Oui, il m'a quittée. Et il m'a dit des choses horribles. Et j'ai pensé que c'était la pire personne que j'avais connue. Mais j'avais tort. La pire personne, c'est toi.

 

La soirée avait tourné d'un moment à l'autre : il ne savait plus très bien ce qu'il devait faire, ou dire, pour réparer ce que Cassidy venait de faire. Elle s'était levée, en pleurs et surtout en colère, et avait claqué la porte du local. Sirius voulait la rattraper, mais, avant cela, devait brouiller les pistes. Il voyait que James le regardait bizarrement, et, aussi bizarrement, Remus regardait à l'opposé. Alors qu'il se sentait perdre pied, Peter lui offrit une porte de sortie. A son tour, il se leva et partit hors du local. Soudain, Sirius se souvint que son ami était amoureux d'Irina Patil. En s'éclaircissant la gorge, il dit :
-Ce n'était pas ce que j'avais en tête. Je vais leur parler, dit-il en essayant de paraître nonchalant. Ne t'inquiète pas, lança-t-il à James qui l'interrogeait toujours du regard mais semblait le croire.

Il sortit calmement du local mais, une fois dehors, se mit à courir pour rattraper Cassidy qui s'apprêtait à rejoindre la salle commune. Peter attendrait. Il la prit par le bras et la retourna :

-Qu'est-ce qui t'a pris ? On aurait pu être démasqué !

Cassidy lui administra une gifle monumentale, qui lui laissa la joue brûlante pendant plusieurs secondes. Complètement déboussolé, il la regarda, hors de lui :

-Mais tu te fous de moi ?! Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Tu veux que je te dise ce qu'il se passe ? Très bien. Suis-moi.

Violemment, elle le tira par le bras puis entra dans la première salle de classe ouverte. A ces heure-là, c'était impossible qu'ils se fassent prendre.

-Ce qu'il se passe, c'est que tu n'es qu'une horrible personne, Sirius Black. Tu te sers des autres, et je ne pensais pas que tu étais aussi vicieux que ce que tu n'es. Tu veux que je te dise que tu as gagné ? Parfait. Tu as gagné. Toi, tu es le grand Sirius Black, qui embrasse les copines des autres, qui a n'importe qui quand il le veut, une Marlene McKinnon à ses pieds, ainsi que mon frère pour passer toutes tes frasques. Et moi, je suis l'idiote fille qui t'ai donnée ma confiance, qui l'ai donnée à ce petit con de Benjamin Fenwick, pour que vous la réduisiez en miettes ! Tu veux que je te dise ce qui me prend ? Ce qui me prend, c'est que tu ne vaux pas mieux que lui. Enfaite, tu es pire !
-Pire que Fenwick ? Je te signale que ce n'est pas moi qui t'ai larguée après avoir couché avec toi ! Pas moi qui me suis mis avec Irina Patil droit après ! J'ai essayé de venir te dire que j'étais désolé. Je serais allé lui casser la gueule si tu me l'avais demandé ! Et toi, tu m'as envoyé paître.

Cassidy pleurait, et Sirius n'appréciait pas du tout de la voir ainsi. Elle semblait réellement amochée par la situation, mais c'était incompréhensible à ses yeux qu'elle lui en veuille à lui plutôt qu'à Fenwick.

-C'est toi qui es sorti la première avec lui !

-Eh bien je n'aurais jamais dû, hurla-t-elle. C'était horrible, la pire chose qu'il me soit arrivé ! Je me suis sentie... Forcée et toi tu... Toi tu... Tu t'es moquée de moi. Tu as dit qu'il avait raison !

Sirius comprit soudainement la situation. Cassidy était inconsolable. Elle pleurait et ne semblait plus pouvoir s'arrêter. Ça lui brisait le cœur de la voir ainsi. Mais il comprenait enfin : Benjamin avait mis la pression à la jeune femme, uniquement dans le but de pouvoir l'avoir dans son lit, pour finir par la quitter et l'humilier. Comment Cassidy pouvait-elle le comparer à cela ? Sirius ressentait du remord à faire ce qu'il faisait, jamais il ne s'était permis de se moquer d'une fille à ce niveau-là.

-Jamais tu m'entends ?! Jamais je n'ai dit que j'étais d'accord avec lui.

-Si, juste avant, tu as dit que tu comprenais ce qu'il voulait dire.

Sirius ravala la bile qu'il avait dans la gorge. Désormais, il n'en finirait pas de se dégoûter. Il l'avait dit, c'était vrai. Dans l'unique but de lui faire du mal. Et le mal était fait. Et Sirius n'en ressentait absolument aucune joie ou contentement. Il se sentait juste honteux, petit.

-C'était uniquement parce que... Parce que j'étais énervé. J'étais énervé de savoir que tu étais allé plus loin avec lui, avoua-t-il.

Le jeu était de toute manière détruit, ça ne servait à rien de craindre de perdre. Sirius avait déjà tout perdu. Il avait, une fois de plus, tout détruit sur son passage. L'aveu sembla calmer Cassidy, dont les sanglots s'arrêtèrent progressivement. Elle sortit un mouchoir de sa poche et s'essuya le visage. Même avec les yeux bouffis et la bouche légèrement plus pulpeuse, il la trouvait magnifique. Il voulait la prendre dans ses bras, mais avait peur de la violence qu'aurait une seconde gifle à son égard.

-Cassy je sais. Je sais que je suis une personne qui ne te mérite pas. C'est évident que je ne suis fait pour personne. Mais jamais je n'aurais osé te faire ce que Fenwick t'a fait. C'est un crétin fini. Tu étais aveuglée, tu ne pouvais pas le voir, mais il est stupide. Et c'est lui qui devrait être entrain de pleurer, pas toi.

-Il m'a humiliée Sirius, dit-elle d'une petite voix. C'était uniquement ce qu'il recherchait : à ce que je passe la nuit avec lui. Je l'ai fait car... Car j'en avais marre de me sentir bloquée. Mais c'était horrible. Et après ça il... Il a dit que j'étais nulle, que c'était de ma faute, et qu'il comprenait pourquoi tu avais choisi Marlene plutôt que moi.

Sirius avait envie de quitter la salle sur le champs, de trouver la salle commune de Serdaigle, d'y entrer de force, de sortir Benjamin de son lit et de le tuer.

-Il a dit n'importe quoi ! J'ai quitté Marlene. Ce sont des malades, qui se congratulent entre eux. Laisse-les. Cassidy, ce qu'il t'a fait, c'est honteux. C'est de sa faute ce que tu ressens actuellement, pas de la tienne. Et je le répète... Jamais je n'ai pensé la même chose que lui. A vrai dire... Tu es la meilleure que j'ai jamais eu.

Il le pensait. Avec Cassidy, ça avait été différent. Depuis cette fameuse nuit d'été. Plus rien n'avait été pareil. Il pouvait prétendre continuer à aimer draguer des Marlene McKinnon, mais c'était Cassidy qui lui revenait toujours en tête. La jeune femme semblait le sonder du regard, pour voir s'il disait la vérité. Puis, n'y tenant plus, Sirius s'approcha et lui passa une mèche derrière l'oreille.

-Crois-moi. Si ce Fenwick n'est pas à la hauteur, c'est lui qui ne sait pas ce qu'il perd, dit-il avec un petit sourire.

Puis il sentit quelque chose changer imperceptiblement dans la pièce : l'atmosphère auparavant lourde et douloureuse se teintait de quelque chose de beaucoup plus sensuel, presque sauvage. Il le remarquait au regard de Cassidy. A l'électricité qu'il sentait remonter depuis la main qu'il tenait sur son visage jusqu'à son épaule. À son corps tout entier qui était devenu alerte. Mais Sirius n'osait pas bouger : il avait peur de la réaction de Cassidy. A réellement parler, elle l'intimidait. Puis, sans crier gare, la jeune femme lui sauta dessus. Sauvagement, comme si elle laissait enfin exploser tout ce qu'elle avait retenu depuis trop longtemps. Sirius fut surpris, et dut se raccrocher à elle pour ne pas tomber. Elle l'agrippa par les cheveux et l'embrassa. Il avait l'impression qu'elle manquait d'air, et qu'il était l'oxygène qui lui manquait. Du moins, c'était ce que lui-même ressentait face à la situation. Déboussolé, il lui fallut quelque seconde pour reprendre en main la situation. En la tenant fermement par le bas du dos, il la souleva facilement de terre et vint l'appuyer contre le mur. Cassidy le tenait par les joues, mais il sentit ses ongles lui rafler la peau du cou pour venir s'échouer sur son torse et lui arracher sa chemise. Il ne l'avait jamais vu comme ça, mais était loin de s'en plaindre. Au contraire, il lui devait ça. Il comprenait qu'elle avait envie de lui, au moins autant que lui avait besoin d'elle, mais qu'elle faisait passer là toute sa souffrance, sa frustration et son désir de vengeance. Et Sirius la comprenait. Il délaissa sa bouche pour mordiller son cou et, à son tour - peut-être plus tendrement qu'elle, il vint lui enlever son haut. Cassidy avait désormais planté ses ongles dans son dos, et Sirius était certain qu'il aurait des marques le lendemain mais peu lui importait. Il préférait ces marques-là à celles de la gifle. Alors que leur danse abrupte continuait et qu'ils étaient au point culminant, Sirius eut besoin de se décoller d'elle. Il la regarda dans les yeux et, essoufflé comme jamais, lui demanda :

-Tu es sûre ?

Cassidy s'arrêta un moment. Son expression était insondable, et Sirius se sentait tout petit face à elle. Une petite voix lui disait qu'il venait de s'embarquer dans quelque chose dont aucun des deux ne sortirait indemnes. Il espérait peut-être qu'elle serait la raisonnable des deux, qu'elle serait assez forte pour s'en aller et ne pas empirer la situation. Car Sirius savait bien qu'ils venaient de passer un cap, un cap duquel ils ne s'en sortiraient pas sans séquelle. Puis Cassidy planta son regard dans le sien et, sûre d'elle, dit :

-Oui.

Alors ensemble, ils reprirent leurs baisers et, s'abandonnant complètement au moment, Sirius se dit qu'il ne pourrait plus jamais vivre sans elle.

 

Note de fin de chapitre :

Alors, pronostics pour la suite?

 

A bientôt pour un nouveau chapitre :)

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