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Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Après le chapitre implosion, voici la suite "logique": Explosion.

Je vous laisse donc découvrir ce chapitre, qui est un peu plus court mais que j'ai écrit plus rapidement, pour voir les conséquences de la scène qui s'est déroulé entre les Maraudeurs et les Serdaigles.

De plus, demain, je décolle pour l'Ecosse! Et j'ai vraiment hâte de (re)découvrir ce pays qui a inspiré ce merveilleux monde qu'est celui d'Harry Potter!

 

Sur ce, Bonne lecture!

 

C'était un sentiment qu'elle avait rarement connu : le désespoir. Pourtant, toute sa vie elle avait dû se battre contre des idées et des forces qui voulaient l'étiqueter comme étant « anormale ». Mais jamais elle ne s'était laissé abattre. Elle avait combattu, parfois avec colère, parfois avec sagesse, parfois avec force. Et c'était vrai, la plupart du temps, ça la rendait triste et le sentiment d'injustice qui croissait en elle à mesure qu'elle grandissait lui tiraillait souvent le ventre. Mais jamais Lily Evans ne s'était sentie perdre espoir. Et pourtant, alors qu'elle courait pour rattraper James, c'était ce qu'elle ressentait à l'instant même. Elle ne voyait pas très bien comment elle allait pouvoir les sortir de cette situation : la moitié de l'école avait assisté au carnage de la bataille entre les Serdaigles et les Maraudeurs, c'était donc évident que les professeurs allaient être mis en courant. De plus, c'était elle qui était responsable du sort qui avait ricoché sur Irina Patil, et la panique qui avait pris le dessus l'avait empêchée de la réveiller. Elle allait ainsi perdre son poste de Préfète-en-Cheffe, peut-être même se ferait-elle renvoyer, et c'en était fini de ses espoirs de devenir Aurore. Les larmes coulaient tandis que son cerveau sur-agité et paniqué l'emmenait vers une scène douloureuse où elle devrait expliquer à ses parents déçus et sa sœur victorieuse son renvoi de l'école. Mais ça n'était que des pensées lointaines qui se bousculaient les unes les autres dans son esprit sans qu'elle ne puisse en arrêter le flot incessant. Actuellement, la seule chose qui comptait pour elle, c'était James. Car si jamais elle ne s'était sentie aussi désespérée, c'était parce qu'elle ne l'avait jamais vu aussi furieux. Elle pouvait presque ressentir la peine que son petit-ami devait avoir après la trahison de Sirius et de Cassidy. « Après ta trahison », lui murmura une petite voix. Elle se sentait infâme de penser ainsi, mais c'était ce qui lui faisait le plus peur : que James n'apprenne que la jeune femme était au courant de tout et ne lui en avait jamais parlé. Les larmes coulaient toujours alors qu'elle courait dans le château, sa baguette à la main, indifférente aux nombreux regards et chuchotements qui les suivaient. James marchait à grands pas, et Cassidy lui courait après en le priant de s'arrêter pour qu'il puisse discuter, mais il semblait complètement hermétique à ce qu'elle lui disait. Sirius suivait de près en se mordant les ongles, et Lily le soupçonnait de se sentir comme un moins que rien. Elle ne savait exactement pour quelle raison, mais elle n'arrivait pas à lui en vouloir. D'un œil, elle regarda derrière et remarqua que Peter et Remus la suivaient de près, tout aussi inquiets. Alice marchait elle aussi d'un bon pas, et essayait de calmer James par des paroles que Lily n'était même pas sûre qu'il entendait. Puis venait Nelly, qui se tenait en retrait, le regard bas. Elle semblait n'avoir que moyennement envie de se joindre à la foule, et Lily lui lança un regard assassin que sa copine vit. La rousse aurait pensé qu'elle pourrait compter sur sa meilleure amie dans des moments comme celui-ci, mais leur amitié ne semblait plus être ce qu'elle avait été. En tournant la tête pour ramener son regard vers James, elle aperçut Dorcas qui venait de sortir de la Grande Salle et qui les observait avec des yeux ronds, comme le reste des élèves. Sans qu'elle ne sut exactement pourquoi, Lily la fusilla aussi du regard. Non mécontente de monter les marches qui les éloignaient de la foule et les rapprochaient de la salle commune de Gryffondor, Lily rattrapa son retard et réussit à se retrouver à hauteur de James.

-S'il te plaît, écoute-moi. On va aller dans le local, et on peut parler, tous ensemble.

-C'est exclu. Je ne veux plus leur adresser la parole, répondit-il sur un ton que Lily n'avait jamais entendu venant de sa part.

Il semblait implacable, impossible à faire changer d'avis. D'une certaine manière, il lui faisait presque peur. Ils arrivaient presque vers le portrait de la Grosse Dame qui leur criait déjà de faire moins de bruit lorsque la jeune femme tenta le tout pour le tout. Elle se plaça devant James et l'obligea à s'arrêter en posant ses mains sur ses épaules. Le regard qu'il lui lança ne la rassura pas, mais elle dit tout de même :
-Tu vas m'écouter maintenant ! On a déjà fait une scène incroyable devant la moitié de Poudlard, ce qui va peut-être entraîner notre renvoi à tous ! Ce n'est pas la peine de nous donner en spectacle. Allons dans le local !

-Je ne compte pas me donner en spectacle, dit-il durement en voulant la pousser pour passer. Je monte dans mon dortoir.

Mais Lily le repoussa avec vigueur :

-Et après ? Vous allez vous frapper dessus dans le dortoir ? S'il te plaît James, laisse-les au moins t'expliquer.

Le jeune homme ne la regardait pas, mais respirait bruyamment et semblait réfléchir à ce que Lily disait.

-Très bien, finit-il par dire, la voix meurtrière. On va s'expliquer.

Puis il passa devant tout le monde, tourna à droite et prit le virage serré menant au local des Préfets-en-Chefs, indifférent à la protestation de la statue qu'il venait de bousculer. Il dit le mot de passe et, en fureur, se posticha au milieu de la pièce, prêt à en découdre. Tout le groupe l'avait suivi mais, une fois de plus, Lily remarqua que Nelly semblait l'avoir fait à contrecœur. La jeune femme semblait énervée, et la rousse ne le comprenait pas, puisqu'elle n'avait strictement rien avoir avec cette histoire. Elle secoua la tête et se tourna vers James. Pendant quelques secondes, personne ne dit rien. James regardait Sirius avec dégoût, lequel avait une expression impossible à déchiffrer. Tout le monde se tenait alerte, prêt à séparer les deux garçons si jamais la situation tournait mal. Plus courageuse que les autres, Cassidy prit la parole - et Lily fut étonnée de l'assurance dans sa voix :

-Ce qu'a dit Benjamin est vrai. J'ai eu une histoire avec Sirius. Et sincèrement, je ne vois pas pourquoi je devrais m'en excuser. Je fais ce que je veux.

Lily n'était pas certaine que ce soit la meilleure façon d'aborder la chose, mais elle comprenait le point de vue de la jeune femme. James mit un moment à la regarder dans les yeux et, plus calmement que ce que la rousse aurait pensé, dit :

-Toi, je peux comprendre. Tu as voulu te prouver que tu pouvais aussi vivre des expériences excitantes. Parfait. J'imagine que tu as retenu la leçon et que tu as vu où ça t'a menée de sortir avec des types comme eux. Mais toi - Lily sursauta au dégoût qu'il y avait dans l'intonation et le regard de James lorsqu'il se tourna vers Sirius - tu as profité du fait que ma sœur était plus jeune. On t'a tout donné ! Tout ce qui est à moi, est à toi. Ma maison, ma famille, mes amis. Et c'est comme ça que tu nous repaies ? En profitant de ma sœur, en l'entraînant dans des jeux malsains et douteux ?

-Tu sais très bien que c'est plus compliqué que ça, dit Sirius que Lily voyait tenter de garder son calme. Ça s'est fait sans que je ne le prévois !

-Oh, alors tu vas me dire que c'était une petite erreur, que ça ne s'est passé qu'une seule fois ?

Personne ne répondit et James eut un rire ironique, dénué de toute joie :

-Je sais très bien ce que tout le monde a pensé quand j'ai demandé à mes parents de t'accueillir. Que j'étais idiot, naïf, de penser que tu pouvais être différent. Mais la vérité, c'est que tout ce qui se dit tout bas sur toi est vrai.

James s'était rapproché de Sirius, un air méchant sur le visage. Lily sentit son cœur battre plus que jamais.

-Tu resteras toujours un Black avant tout.

Sans crier gare, Sirius bondit sur son ancien ami et se mit à le marteler de coup. Il semblait à Lily que James ne se défendait pas exprès. Elle fut incapable de réagir, complètement prise au dépourvu. C'est Remus qui finalement sépara les deux garçons à l'aide d'un sort.

-Arrêtez ça, dit-il sévèrement. Vous êtes amis, on peut discuter non ? Et toi - ajouta-t-il en regardant Sirius - je te trouve gonflé de l'attaquer après ce que tu as fait.

Ce fut au tour du noiraud d'avoir un rire hystérique :

-Tu attendais ça avec impatience, pas vrai Lunard ? Pouvoir enfin me balancer au visage tout ce que tu gardes pour toi depuis si longtemps. Pourquoi ? Parce que tu es jaloux ?

-C'est toi qui parles de jalousie ? La vérité, c'est que tu as toujours voulu ce que j'avais, dit James - et Lily fut presque capable de ressentir la peine de Sirius à travers ces mots. Cassidy, elle n'était qu'un moyen de me faire du mal, pas vrai ? Parce que tu es incapable d'amitié, encore moins d'amour.

-Cornedrue, je t'assure que...

-C'est fini les Cornedrue, les Lunard, les Queudvers. Tu n'es pas un ami. Et je ne veux plus jamais t'adresser la parole.

Pendant quelques secondes, personne ne disait rien. Lily sentait des larmes couler à flot sur ses joues, de même que sur celles de Cassidy, qui n'arrivait plus à regarder les deux garçons. Alice semblait tout autant touchée, et même Nelly regardait la scène, les larmes aux yeux. Lily sentit toute tension quitter son corps. Elle n'était plus que tristesse et culpabilité. Mais le plus touché était sans autre Sirius. Il ne le montrait pas autant que les autres, mais la rousse ressentait son mal-être jusque dans ses veines. Il regarda d'abord Peter, qui, les yeux bas, fut incapable de lui rendre son regard. Puis il se tourna vers Remus, qui lui, au contraire, le défiait, imperturbable. Enfin, il se tourna vers James qui, les yeux assassins et plus déterminé que jamais, le regardait avec mépris. Sirius hocha la tête, impuissant, et dit d'une petite voix :

-Très bien.

Et il s'en alla de la pièce. Pendant quelques secondes, personne ne disait rien. Lily entendit Alice se moucher et fut surprise de voir la jeune femme autant touchée. La rousse fut incapable de regarder James car, pour une raison qui lui échappait, une partie d'elle lui en voulait de réagir comme cela. Cassidy fut la seconde à quitter la pièce en claquant la porte. Puis James la suivit, d'une manière qui interdisait à ce qu'on le suive. Pantelante, Lily releva la tête et croisa le regard de Remus : pour elle ne sut quelle raison, son ami semblait autant déçue d'elle qu'elle l'était d'elle-même.

 

 

Ça n'était plus les bruits de couloir, c'était la nouvelle depuis le jour précédent qui bousculaient chaque élève de Poudlard. Elle aurait même juré avoir entendu le professeur Chourave et le professeur Flitwick se laisser aller à ces ragots dans les couloirs. Alice savait pertinemment que si elle n'avait pas été aussi proche des Maraudeurs, elle aussi se serait laissé aller aux rumeurs. Car il était parfois bon de se perdre dans les drames d'autrui pour oublier les siens. Mais elle, elle n'oubliait pas. Bien au contraire, elle était prête à les affronter, avec plus d'ardeur que jamais. La scène entre James et Sirius lui avait fendu le cœur, et elle comprenait plus que jamais la position délicate de Cassidy. Il lui semblait la réaction de James quelque peu disproportionnée, mais elle était bien placée pour savoir que lorsqu'il s'agissait du sentiment de trahison, tout faisait plus mal que d'habitude. Et justement, son sentiment s'était ravivé avec force lorsqu'elle avait entendu Benjamin prononcer le nom de « Franck », et l'avait associé à la taupe qui était venue rapporter l'idylle de Cassidy et de Sirius. Elle pensait son ex petit-ami perdu, peut-être aurait-elle envisagé de lui pardonner. Mais, désormais, c'était avec haine qu'elle le considérait, voir même avec mépris. Et elle comptait bien lui laisser entendre. La journée de cours avait été éprouvante pour tout le monde, mais particulièrement pour Lily. Bien entendu, la dispute violente qui avait éclaté au sein du château n'était pas passée inaperçue, et Alice se doutait bien qu'un élève souhaitant déstabiliser les Gryffondors avait dû le rapporter au professeur Mcgonagall, puisque la rousse était convoquée le soir même dans son bureau. Alice espérait de tout cœur qu'il n'en résulterait aucune conséquence néfaste pour son amie, qui - elle le sentait - était profondément touchée par l'histoire. Elle comme Nelly n'avaient pratiquement pas parlé et, lasse de devoir jouer les intermédiaire, Alice s'était aussi terrée dans le silence la journée durant. Mais elle s'apprêtait à parler, et fort. C'était avec une certaine pointe d'appréhension presque entièrement masquée par la détermination qu'elle se rendait dans la Grande Salle, là où les premiers élèves attendaient le repas du soir, le nez plongé dans leurs devoirs. Elle passa les portes et s'arrêta le temps d'une seconde pour reprendre son souffle. Son cœur se mit à battre deux fois plus vite et, pour ne pas se laisser le temps de réfléchir, elle zigzagua à travers les tables pour se posticher devant lui. Il était accompagné d'Emmeline, mais Alice n'en avait que faire. Au contraire, elle comptait bien en faire profiter un maximum de personne, et elle en avait assez de se sentir inférieure à Franck ou à sa nouvelle petite-amie.

-J'imagine que tu es très content de toi ?

Franck leva la tête gentiment et soupira, afin de montrer que la conversation l'ennuyait. Mais Alice avait vu son poing se refermer. Emmeline la regardait avec un petit sourire satisfait, et la jeune femme ne lui accorda pas un regard.

-Bonjour Alice. Quelle crise d'hystérie tu vas me faire aujourd'hui ?

La jeune femme sentit ses joues rougir et lança un regard meurtrier aux quelques élèves alentours qui s'étaient permis de rire. Elle avait pensé le prendre à part mais, tout compte fait, elle se dit que ça détournerait peut-être momentanément les conversations des Maraudeurs. Elle prit donc son courage et, haineuse, dit :

-Je vais t'en faire une de crise, et une puissante si tu veux mon avis. Mais avant ça dis-moi tout : depuis quand est-ce que tu es un Serdaigle ? Bien que, vu ton manque de courage, ça ne m'étonne pas que tu ne te sentes plus à ta place chez les Gryffondors.

Les mêmes personnes qui s'étaient moqués d'elle la regardaient désormais avec admiration et s'étaient mises à parler entre elle en pointant Franck du doigt. Lequel se redressa et voulut se lever, mais Emmeline lui plaça une main sur l'épaule pour l'en empêcher. Alice daigna la regarder et lui lança à son tour un rire méprisant :
-Comme je le disais, aucun courage, c'est maintenant les autres qui décident de tes actes.

D'un mouvement d'épaule, Franck poussa la main d'Emmeline et se leva. Il était deux fois plus grand et plus costaud qu'Alice, mais la jeune femme n'en avait pas peur. Malgré tout ce qui s'était passé, elle savait pertinemment qu'il serait incapable de lui faire du mal. Au contraire, elle s'approcha de lui et, en ne lâchant pas son regard une seule seconde, lança, sûre d'elle :

-Est-ce que c'est censé m'intimider ?

-Va-t'en, Alice, répondit le garçon, les dents serrées.

-Pas avant que tu m'aies dit pourquoi tu as fait ça.

-Je ne sais pas de quoi tu parles, dit-il dans une tentative de garder la face.

Mais Alice le coupa d'un geste de la main :

-Inutile. Ton grand ami Benjamin Fenwick t'a directement vendu. C'est toi qui lui as dit pour Cassidy et Sirius. Dans quel but ? Que t'ont-ils fait exactement ? C'est encore pour te venger du baiser que j'ai échangé avec Sirius ? Mais je croyais pourtant que tu t'en fichais de moi. Tu as une nouvelle copine non - elle jeta négligemment sa tête vers Emmeline, laquelle la fusillait du regard - alors pourquoi tu es encore jaloux de cela ?

Franck n'avait pas l'air d'avoir envie de jouer, mais Alice était plus sûre d'elle que jamais. Il commençait à perdre son calme lorsqu'il dit d'un voix furieuse :

-Je te le répète une dernière fois : dégage d'ici !

Alice rit d'un rire dénué de joie et, en secouant la tête, dit :
-C'est drôle. Pendant tout le temps que l'on était ensemble, j'avais toujours l'impression que je n'étais pas assez bien pour toi, que je finirais de toute manière par te décevoir. Et maintenant que je te vois, je me rends compte que pendant tout ce temps, celui qui était décevant, c'est toi.

Puis elle s'en alla, en ne prenant même pas la peine de regarder les réactions d'Emmeline ou des autres élèves présents. Elle passa les portes de la Grande Salle et sentit un grand sourire, sincère et de soulagement, étirer ses lèvres. Pour la première fois de sa vie, Alice Fortescue ne se sentait pas inférieure à Franck Londubat.

 

Elle était contente que cette journée se termine. Non seulement les cours avaient été incroyablement longs et compliqués, le temps semblait ne jamais pouvoir se remettre de la pluie incessante et du vent mordant, mais en plus elle devait l'affronter seule, désormais qu'elle n'était plus amie avec Cassidy. Dire qu'elle était contente de voir la jeune femme dans cet état était un mensonge. A réellement parler, Dorcas se sentait coupable : car, dans le fond, elle savait pertinemment que ça aurait été à elle de revenir vers Cassidy. Mais quelque chose l'en empêchait, quelque chose qu'elle avait compris lors du cours de potions. Ce dernier avait été plus tendu que jamais, et la jeune femme avait presque plaint Severus Rogue, sur lequel Sirius semblait se venger à chaque minute que Slughorn regardait ailleurs. Elle avait jeté à intervalles réguliers des coups d'œil sur Cassidy, mais la jeune femme semblait impénétrable. Dorcas savait que c'était sa manière de réagir : elle se renfermait et finissait par ne plus adresser la parole à qui que ce fût. Mais le plus affecté semblait James, qui avait tenu les bras résolument croisés et, lorsque Slughorn était venu lui demander de montrer son résultat, avait pris le chaudron de Malefoy, lequel n'avait pas osé protester face à Slughorn, qui, ravi, accordait vingt points à Gryffondor et Serpentard pour avoir aussi bien collaboré. Mais ce que Dorcas avait compris ce matin-là, c'était la raison pour laquelle elle ne pouvait pas apporter son soutien à ses amis. Parce que ça reviendrait à leur mentir une fois de plus, et elle n'en était pas capable. Surtout, elle n'était pas capable d'abandonner la raison pour laquelle elle était contrainte à mentir. Elle l'avait compris lorsque Mulciber lui avait effleuré la cuisse pendant la préparation de la potion, lorsqu'il lui avait murmuré quelque chose à l'oreille en prétendant avoir fait tomber un ingrédient et la manière dont sa main avait titillé son dos lorsqu'il avait ramassé l'ingrédient. Le fait était que jamais Dorcas n'avait été aussi bien avec Mulciber. Elle avait l'impression qu'elle était enfin son égal, et ce jeu lui plaisait bien plus que ce qu'elle n'aurait voulu. Car elle se rendait compte qu'elle n'était pas la victime qu'elle avait toujours pensé être. Qu'elle ne pourrait jamais en vouloir à Cassidy de l'avoir prise pour une fille sans histoire, toujours discrète et timide, car c'était le rôle qu'elle s'était imposée. Qu'enfaite, Dorcas était peut-être la plus malsaine d'entre eux tous. Car, à en croire la réaction de James pour la relation - qui semblait anodine et plutôt une belle histoire à Dorcas - entre Cassidy et Sirius, elle n'osait pas s'imaginer la manière dont ils réagiraient si jamais elle venait à leur parler de Mulciber. Alors Dorcas acceptait la solitude, le fait de devoir avoir des conversations futiles avec des filles de son année qu'elle connaissait moins, car c'était un prix à payer moindre comparé à ce qu'elle ressentait. Dorcas avait arrêté de culpabiliser, et, dans un certain sens, c'était ça qui lui faisait le plus peur. C'était dans cet état d'esprit qu'elle se trouvait lorsqu'elle descendait les marches de la salle commune de Gryffondor pour le rejoindre. Cette fois-ci, c'était elle qui avait pris les devants et lui avait envoyé un message pendant le cours de potions, auquel il avait répondu favorablement. Alors qu'elle s'apprêtait à tourner dans l'angle du couloir, elle s'arrêta net. Sans savoir exactement pourquoi, elle rougit, comme pris sur le fait. C'était Lily qui lui faisait face. La jeune femme semblait plus stressée que jamais, devant le bureau du professeur Mcgonagall. Elle se rongeait les ongles et faisait les cent pas. Lorsqu'elle vit Dorcas, la rousse s'arrêta aussi. La noiraude pouvait sentir à travers son corps et jusque dans ses veines que Lily ne l'aimait pas. Pour quelle raison, elle l'ignorait, mais elle-même avait développé une animosité envers sa congénère. Cependant, Dorcas devait avouer que c'était l'une des filles de Poudlard qui l'impressionnait, voir même l'intimidait le plus. Lily semblait forte, courageuse et, surtout, avait une morale irréprochable. Ce qui n'était pas son cas. La gorge nouée, elle dit :

-Salut.

-Salut, lui répondit froidement Lily.

Elle ne sut pour quelle raison, mais Dorcas avait envie que la rousse l'apprécie. C'est pourquoi elle demanda :

-Tu as rendez-vous avec Mcgonagall ?

La rousse acquiesça.

-Eh bien... Bonne chance !

-Merci, fit Lily d'une voix étranglée.

Dorcas lui lança un petit sourire avant de tourner dans le couloir, le cœur battant. Soudain, elle se mit à réfléchir. Il n'y avait aucune raison logique pour laquelle Lily pourrait être aussi froide envers elle. Dorcas sentit ses mains devenir moites et son cœur s'affoler. Soudain, elle prit conscience d'une vérité qui lui tiraillait le ventre : Lily savait.

 

-Et cet idiot l'a fait devant tout le monde !

Les rires fusèrent, et lui-même se sentait fébrile. C'était l'une des scènes les plus satisfaisantes à laquelle il avait pu assister.

-Je n'aime pas spécialement les Serdaigles, mais il faut avouer que ce Fenwick a frappé fort et juste.

Lucius acquiesça aux paroles de Rosier. En effet, il devait avouer que Benjamin Fenwick avait mis une belle pagaille dans le groupe phare des Gryffondors, et c'était loin de lui déplaire.

-En même temps, qui peut en vouloir à Black ? continua son acolyte, un sourire sournois aux lèvres. On ne peut pas dire que la petite Potter soit désagréable.

-Si on aime le genre garçon manqué, lança Mulciber avec dédain. Non, je pense qu'il l'a plutôt fait pour se rendre intéressant, comme tout ce qu'il fait d'ailleurs.

Lucius lança un coup d'œil dans la coin de la salle commune pour voir Regulus, le visage impénétrable, regarder le feu vert qui les réchauffait. Il s'éclaircit la gorge et, d'une voix forte, dit :

-Heureusement, tous les Blacks ne sont pas aussi faibles que lui.

Regulus leva la tête et lui adressa un vague signe de tête, lui montrant qu'il était d'accord. Lucius plissa des yeux et continua :

-Toi qui connais ton... cher frère mieux que tout le monde ici, dis-nous, qu'est-ce que tu penses qu'il s'est passé ?

De petits rires fusaient de la part de la bande, et Lucius lança un regard entendu vers Mulciber et Rosier, qui regardaient Regulus d'un air moqueur.

-Mon frère a toujours voulu ce qui n'était pas pour lui. Ça n'est pas près de changer, finit par dire Regulus d'un ton irrévocable.

Lucius acquiesça et, satisfait de la réponse, décida de changer de cible.

-C'était sans compter la noble intervention d'Evans. Si cette sang-de-bourbe ne s'en était pas mêlée, peut-être que les professeurs n'auraient pas été alertés qu'une élève avait été stupéfixiée.

Il regardait désormais Rogue, comme la plupart des garçons présents. Mais le garçon ne sourcilla pas. Au contraire, il répondit d'une voix forte :

-Chaque acte a sa conséquence.

Lucius approuva avec un rire satisfait puis s'installa confortablement dans le canapé, les mains derrière la tête.

-En tout cas, les Gryffondors nous rendent vraiment la tâche facile. Avec tout cela, ils vont encore perdre tous leurs points. Et croyez bien qu'on sera là pour les reprendre.

Les autres acquiescèrent d'un air entendu.

-Cassidy Potter et Sirius Black, lança Rosier en secouant la tête. Dire que j'ai failli mettre mon révolu sur elle ! Mon dieu... J'aurais partagé quelque chose avec Black, dit-il d'un air dégoûté.

-Difficile à trouver quelqu'un sur qui il ne soit pas passé, dit Wilkes, l'air ennuyé par la conversation.

-Si on en croit Fenwick, elle n'en vaut pas le coup, coupa Mulciber, moqueur. Peut-être que la petite Wilbongs sera mieux. Pas vrai Rosier ?

Tout le monde se tourna vers Evan, et Lucius se redressa de quelques centimètres :

-Dis-moi, tu ne songes pas réellement à te faire une Gryffondor ?

Pendant quelques secondes, un silence se fit. Puis Evan se mit à rire et, d'un œil narquois, répondit :

-Pas besoin. Juste lui faire croire que c'est le cas.

Encore une fois, Lucius acquiesça, rassuré. L'esprit joueur, il se tourna vers Mulciber et, d'un air faussement innocent, demanda :

-Et toi, si tu devais jeter ton dévolu sur une de ces braves filles que sont les Gryffondors, ce serait qui ?

Lucius ne savait pas s'il avait rêvé, ou si c'était son souhait de déstabiliser Mulciber qui prenait le dessus, mais il lui sembla pendant une seconde que le garçon transparaissait le malaise. Ce fut avant qu'il ne reprit son air supérieur et, d'un air de dégoût, dit :

-Je ne fais pas dans le genre souillé.

-Pourtant tu as eu Erin, dit Rogue d'une petite voix.

Tout le monde le regarda, et Lucius éclata de rire, signe qu'il applaudissait ses paroles.

-Il y a des avantages à être avec une fille qui fait ce que tu attends d'elle. Pas que tu puisses le savoir.

Des « OHH » se firent entendre et Lucius vit Severus se renfrogner. Il ne rajouta rien, préférant ne pas donner à Mulciber l'occasion de gagner cette manche.

-En parlant d'elle, elle arrive, dit-il en montrant la porte de la salle commune qui venait de s'ouvrir sur Erin et Narcissa. Lucius sourit à la deuxième, qui le lui rendit. Le blond vit Mulciber se lever et aller murmurer quelque chose à l'oreille d'Erin, laquelle sourit et rougit. Puis il s'en alla. Lucius fut surpris de ne pas voir Erin le suivre. Au contraire, la jeune femme s'assit à la place du garçon et se mit à parler avec Wilkes et Rogue de la scène qu'avaient provoquée les Gryffondors le jour précédent. Lucius aurait eu envie de suivre Mulciber. Il se demandait ce que le garçon pouvait bien faire lorsqu'il partait ainsi le soir et ne revenait que tard dans la nuit. Mais Narcissa venait de s'asseoir à côté de lui, et il ne voulait pas qu'elle croit qu'il le fuie. Il lui fit un baiser sur la joue et lui demanda comment s'était passé sa journée. A chaque fois qu'il était avec elle en présence des autres, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une gêne. Il avait l'impression que ses camarades ne faisaient qu'attendre qu'il ne montre qu'un peu trop d'attention pour le considérer comme faible. Heureusement, Narcissa n'était pas de celle qui quémandait de l'affection. Au contraire, elle se mit à lui raconter sa journée, insistant sur le fait que Evans avait été complètement nulle au cours de potion, et que Slughorn avait attribué les points à Serpentard pour la concoction du philtre. Lucius eut un sourire carnassier et dit :

-C'est le moment qu'elle comprenne où est sa place. Et puis, heureusement qu'il y a quelqu'un pour rétablir l'honneur des Blacks, rajouta-t-il dans son oreille.

Narcissa lui lança un sourire entendu, et Lucius sentit son bas-ventre le chatouiller. Les autres semblèrent le remarquer et Rosier s'éclaircit la gorge avec un air moqueur.

-Aufaite, j'ai croisé Pettigrow dans les couloirs. Maintenant que ses soi-disant amis n'en sont plus, je me demande bien ce qu'il va devenir, fit le garçon avec un faux air inquiété.

Lucius se mit à réfléchir : il se souvenait parfaitement de l'entrevue avec le garçon grassouillet. Pettigrow n'était rien sans ses amis, c'était un fait. Soudain, le blond eut une idée... En regardant Rosier, il eut l'impression que c'était aussi son cas. Puis il jeta un regard à Narcissa qui, comme à chaque fois qu'ils faisaient des manigances dans la bande, tournait la tête et boudait résolument. Un dilemme intérieur se produisit en lui : il ne pouvait définitivement pas donner matière à ses camarades de se moquer de lui. En même temps, Mulciber n'était pas là... Il jeta un coup d'œil vers Wilkes, Rogue et Erin qui étaient encore en discussion, ainsi que vers Avery qui regardait la jeune femme de haut en bas. Pour il ne sut quelle raison, Lucius en fut dégoûté. Puis il y avait Evan, qui semblait perdu dans ses pensées et fixait le feu. Regulus était plongé dans un livre. D'une voix qu'il s'efforça de garder forte et autoritaire, il dit :
-Bon, on parlera de tout cela demain. A bientôt les loosers.

Puis il prit la main de Narcissa et, sans regarder en arrière, l'entraîna vers les marches qui menaient au couloir des garçons. Il sentait la jeune femme réticente, mais ne se retourna pas avant d'avoir atteint le dortoir et de s'être assuré qu'il n'y avait personne à l'intérieur.

-Qu'est-ce que tu fabriques ? dit la jeune femme, les joues rosées.

Il lui sourit et, les deux mains sur ses joues, se mit à l'embrasser. La jeune femme posa ses mains sur ses bras mais, quelques secondes plus tard, s'éloigna de lui, un petit rire timide aux lèvres.

-Lucius... C'est à peine l'heure de commencer les devoirs. Je veux dire... Tout le monde va savoir... Et puis, si tes amis...

-Mes amis resteront en-bas, je peux te l'assurer. Quant aux autres, actuellement, ce n'est vraiment pas eux qui m'intéressent.

Tout en le disant, le blond s'approcha de sa petite-amie et se mit à défaire les lacets qui ornaient son décolleté vert pomme, le laissant transparaître encore plus. Il avança lentement, de manière que Narcissa se retrouve bloquée par le lit. Il l'embrassa encore, en la tenant par la nuque cette fois-ci. Ce fut à son tour d'arrêter le baiser et de lui murmurer à l'oreille :

-A moins que tu ne le veuilles pas.

Puis il la regarda. Ses joues étaient toujours roses, mais les yeux de Narcissa reluisaient de quelque chose de nouveau. Pris au dépourvu, le jeune homme se vit asseoir sur le lit et, sans qu'il ne put comprendre ce qu'il s'était passée, la blonde se tenait sur lui.

-Est-ce que c'est la fumée qui t'a tournée la tête ? dit-il d'une voix suave, en riant.

-Peut-être... Ou peut-être que c'est toi, répondit-elle, plus sûre d'elle qu'il ne l'avait jamais vu.

Moins délicatement qu'auparavant, il lui ôta son pull et se mit à l'embrasser de manière pressante sur la poitrine et sur le cou. Pour accentuer son emprise, il lui prit doucement les cheveux et poussa la jeune femme à se cambrer afin qu'il puisse l'embrasser jusqu'au lobe de l'oreille. A cet instant, Lucius avait l'impression que rien ne pourrait jamais lui arriver. Ses études à Poudlard, l'avancée des Serpentards pour la coupe des maisons et de Quidditch, sa relation avec sa petite-amie et future femme, tout semblait lui réussir. A cet instant, Lucius Malefoy était plus heureux qu'il ne l'avait jamais été.

 

 

 

Son corps lui faisait mal tant il était mis sous pression. Sa cage thoracique menaçait d'exploser à chaque battement de cœur puissant et douloureux. Ses mains étaient dans un sale état, désormais qu'elle avait passé la journée à se ronger les ongles. Jamais Lily n'avait eu aussi peur pour ses études à Poudlard. « Tu as stupefixié une élève, et tu n'as pas réussi à la réanimer ». C'était la voix qui la traquait depuis le jour précédent, sans cesse. Elle n'avait dormi que deux pauvres heures, durant lesquelles elle avait rêvé qu'elle se faisait renvoyer. De la journée, elle n'avait dû adresser que deux mots, et ceux-ci étaient des excuses au professeur Binns qui lui demandait de se concentrer sur son cours plutôt que de réduire en miettes son parchemin. Elle se sentait de plus en plus seule, et, malgré les bonnes paroles d'Alice, la rousse avait l'impression que le monde qu'elle avait toujours connu s'évaporait sous ses pieds. Car personne ne viendrait la sauver de ce qui l'attendait. Perdue dans ses pensées, elle sursauta lorsqu'elle sentit une main se poser sur son épaule. C'était James : ses traits devaient être au moins aussi tirés que les siens, mais il portait sur son visage une détermination et une implacabilité qui faisaient froid dans le dos. Alors que Lily se sentait plus angoissée que jamais, James semblait plutôt enclin à ce qui allait suive, voir même totalement indifférent.

-Salut, dit-il d'une voix rauque.

D'une certaine manière, Lily en voulait au jeune homme. Elle ne comprenait pas ce qu'elle avait pu faire pour mériter son silence depuis le jour précédent. Mais, d'un autre côté, elle comprenait que le garçon avait besoin de se retrouver.

-Salut, répondit-elle, la voix au bord des larmes.

James la prit dans ses bras et lui baisa les cheveux, mais Lily le repoussa, car elle savait pertinemment qu'elle était sur le point de craquer.

-Ne t'inquiète pas, je dirai que tout est de ma faute, assura James.

Pendant une fraction de seconde où elle se détesta, Lily fut soulagée. Après tout, ça n'était pas elle qui était la cause de tout ce grabuge. Mais d'un autre, elle ne pouvait pas faire payer quelqu'un d'autre pour ses actes. D'un geste brusque, elle hocha la tête en signe de négation.

-C'est exclu. Je ne mentirai pas à Mcgonagall.

Pendant quelques secondes, aucun des deux ne parla. James semblait moins dérangé par ce fait, c'est pourquoi Lily finit par dire :

-James... Cette histoire, c'est allé beaucoup trop loin. Je n'ai jamais voulu que ça se termine comme ça. Irina...

-Va bien, coupa James d'une voix qui n'acceptait aucun commentaire.

Lily le regarda, mais ne le reconnut pas. Comment pouvait-il sembler aussi détaché de ce qu'il s'était passé ? Certes il avait mal, mais ça n'était pas une raison pour en faire pâtir tout le monde. Elle savait pertinemment qu'elle ne devrait pas, et elle savait aussi que c'était en partie l'angoisse qui parlait, pourtant, elle s'entendit dire :

-Écoute, je vais peut-être perdre mon poste à cause de toi ! Alors tu pourrais au moins montrer un peu de remord.

James la regarda comme s'il la voyait pour la première fois.

-A cause de moi ?! Tu n'étais pas obligée de me suivre si tu ne voulais pas être mêlée à tout ça. Et je te l'ai dit ! Je dirai à Mcgonagall que c'était de ma faute s'il n'y a que ton poste qui t'intéresse.

-Comment oses-tu ?! J'ai stupéfixié quelqu'un !

-Fenwick a stupéfixié quelqu'un ! Tu n'as fait que de nous protéger. Tant pis si cette gourde d'Irina Patil se trouvait au mauvais endroit. Et elle est réanimée non ? Elle n'a même pas eu à aller à l'infirmerie !

Lily sentait les larmes qu'elle avait refoulées se transformer en colère et, en se tenant les cheveux, elle dit :

-Tu ne peux pas réagir comme cela juste parce que Sirius et Cassidy ont eu une aventure !
Au moment même où elle disait ces mots, elle les regretta. Cependant, elle était dirigée par bien autre chose que la raison actuellement. En gonflant sa poitrine, James s'écria :
-Ah oui ?! Et c'est toi qui vas me dire comment réagir peut-être ? Tu les connais à peine !

-C'est toujours plus compliqué que ça en a l'air. Et puis pourquoi tu aurais ton mot à dire dans les fréquentations de ta petite sœur ?

-Lily, on a accueilli Sirius dans notre maison ! C'est comme mon frère ! Comment tu veux que je prenne que mon frère et ma sœur couchent ensemble ? Tu ne le connais pas comme moi. Il détruit les gens, les filles surtout.

Lily voyait que James parlait avec le cœur, et ça lui faisait mal. Ce qui lui faisait mal, c'était qu'elle pensait à Sirius, et qu'elle trouvait injuste la manière dont son petit-ami le traitait. Sans réellement réfléchir aux conséquences, elle répondit :

-Je n'ai pas eu l'impression qu'il s'en fichait d'elle quand...

Puis elle s'arrêta. Son cœur se mit à battre plus fort que jamais. Elle fut tentée de mentir, mais savait pertinemment que ce serait impossible. Alors, elle pria pour que James n'ait rien remarqué. Mais c'était peine perdue. Le garçon avait décroisé les mains, s'était approché d'elle et, le souffle court, avait demandé en baissant d'un ton :

-Parce que tu vas me dire que tu étais au courant ?

Lily n'arrivait plus à le regarder, les larmes étaient au bord de ses yeux et, en recommençant à faire les cent pas, elle dit :

-James c'est beaucoup plus compliqué que...

-Ce n'est pas compliqué. Est-ce que oui ou non tu étais au courant ? lui demanda-t-il d'une voix forte.

La jeune femme fut contrainte à s'arrêter de par la proximité d'avec le garçon et, péniblement, elle leva les yeux. James la regardait avec colère, dégoût même peut-être, et Lily en fut blessée. D'une voix étouffée par les sanglots, elle dit :
-Oui. Je les ai surpris une fois. Ce n'était pas à moi de te le dire. Et puis...

Elle fut coupée dans sa phrase par le professeur Mcgonagall qui venait d'ouvrir la porte, l'air plus pincé que jamais.

-Entrez, dit-elle froidement avec un signe de la tête sec.

Lily sécha rapidement ses larmes et, en prenant une grande respiration, entra dans le bureau. Elle s'assit, l'esprit embué et le cœur menaçant d'exploser dans sa poitrine et ses tempes. Une fois James assis, le professeur Mcgonagall leur fit face, mais ne s'assit pas. Les mains posées sur le bureau, elle s'écria d'une voix forte et furieuse :
-Je me demande COMMENT c'est possible qu'après TOUT ce qu'il se soit passé cette année, ils vous arrivent encore de vous mettre dans des situations pareilles ?

Aucun des deux ne répondit. Lily était incapable de regarder son professeur.

-Miss Evans, vous êtes la meilleure de votre promotion. Vous avez toujours été irréprochable. Vous pensez sincèrement qu'à quelques mois de la fin de votre scolarité ce soit le moment d'attaquer d'autres élèves sans raison ?

Malgré elle, Lily s'attendait à ce que James prenne la parole pour la défendre. Lorsqu'elle se rendit compte qu'il ne le ferait pas, elle dit d'une petite voix :
-J'ai voulu protéger les autres du sort de Benjamin Fenwick... Je ne voulais pas que ça ricoche sur Irina.

-Quand bien même ! Dans ce genre de situation, vous appelez un professeur, vous ne faites pas justice vous-mêmes !
Lily gardait la tête basse, les larmes lui coulant silencieusement sur les joues.

-Et vous, rugit le professeur Mcgonagall à l'encontre de James. Est-ce que vous croyez que votre père s'est comporté ainsi pour devenir Auror ? Qu'il serait fier de vous ?

-Oui, dit durement James.

Lily leva la tête, comme brûlée au fer rouge, et se rendit compte que son professeure avait eu la même réaction. Mais James semblait buté et sûr de lui lorsqu'il dit :

-Si vous voulez m'enlever des points, ou même me renvoyer, faites-le. Mais je ne vais pas m'excuser pour ce qu'il s'est passé. De plus, c'était en dehors du château. Vous savez pertinemment que la seule raison pour laquelle vous êtes au courant de cela, c'est parce qu'un élève d'une autre maison a voulu nous discréditer.

Lily était outrée de se rendre compte de la manière dont James parlait au professeur Mcgonagall, et elle s'attendait à l'entendre hurler qu'ils étaient tous les deux renvoyés lorsque la vieille femme s'assit et, plus calmement qu'auparavant, respira.

-Certes, finit-elle par dire - Lily la regardant avec de gros yeux. Pour vous être battu, je suis obligée de vous enlever dix points Monsieur Potter. Quant à vous, Miss Evans, puisque vous avez eu recours à un sort de défense hautement interdit contre les autres élèves, vous faites perdre cinquante points à votre maison.

Lily se sentait honteuse mais, au vu du ton plus conciliant de son professeure, elle se dit que ce serait à moindre prix à payer, puisqu'elle était probablement l'élève qui faisait gagner le plus de points à sa maison. Elle s'apprêtait à s'entendre dire qu'elle pourrait retourner dans son dortoir, non sans une dernière remontrance, mais Mcgonagall poursuivit :

-Vous n'avez pas entièrement tort, Monsieur Potter. Si vous ne vous étiez pas donné en spectacle devant la moitié de l'école, peut-être que ça ne serait jamais venu à mes oreilles.

-Croyez-bien que nous allons écraser les autres maisons, que ce soit pour la coupe des Maisons ou pour la coupe de Quidditch, lui répondit James, plus déterminé que jamais.

La scène qui se déroulait sous ses yeux faisait du mal à Lily. Le professeur Mcgonagall ne semblait pas spécialement en colère contre James, mais plutôt contre elle, ce qu'elle trouvait parfaitement injuste. Lorsqu'elle vit la veille dame acquiescer, Lily eut un désagréable pressentiment.

-J'y compte bien. Cependant, comme vous l'avez justement fait remarquer, désormais, toutes les autres maisons sont au courant. Ainsi que les professeurs et le directeur, qui m'a gentiment demandée de prendre les mesures qui s'imposeraient à moi.

Lily sentit son cœur battre et, implorante, elle chercha le regard de son professeure, qui elle semblait parler à son bureau.

-C'est pourquoi je vous retire votre poste de Préfets-en-chefs, à tous les deux.

-Non ! hurla Lily, incapable de se retenir. S'il vous plaît professeure, je ferai des heures de colle, j'irai même m'excuser devant Irina Patil, je... je...je ramènerai des points, comme je l'ai toujours fait ! Je suis une bonne Préfète-en-Cheffe, je vous l'assure !
Elle pleurait à chaudes larmes et, désormais, Mcgonagall comme James avaient le regard bas. Elle quémanda de l'aide dans les yeux du second, mais celui-ci tenait résolument sa tête plantée vers le sol. Alors, elle se retourna vers sa directrice de maison, les yeux embués de larmes qui, d'un ton doux mais équivoque, lui dit :

-Je suis désolée miss Evans, mais c'est mon dernier mot.

Ainsi, le monde qu'avait toujours connu Lily Evans venait d'exploser sous ses yeux.

 

Note de fin de chapitre :

A bientôt pour un nouveau chapitre :D

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