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Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous!

 

Me revoilà avec un chapitre un peu plus transitoire, avec moins d'action et qui se concentre principalement sur les conséquences de tout ce qu'il s'est passé et sur la psychologie des personnages. Il n'en reste pas moins très important, notamment pour les petits indices qu'il sème et qui seront cruciaux pour la fin de la Fanfiction.

Et la fin justement, parlons-en... J'ai pour la première fois le squelette final de ma fanfiction et, si tout se passe bien, je pense que je l'aurai fini à la fin de l'année 2019. ça me fait peur, et une partie de moi a envie de prolonger à l'infini ce moment, car terminer cette Fanfiction, ça voudra dire énormément pour moi. Mais je vais faire de mon mieux pour ne pas trop précipiter les choses, mais pour terminer l'histoire de la manière dont j'ai toujours voulu qu'elle termine. J'espère que ce sera pari réussi!

D'ici là merci de me lire et de me laisser vos commentaires!

 

Bonne lecture!

 

La pluie avait enfin laissé place à un soleil brillant, qui promettait des jours plus avenants. Si les éclats sur les fenêtres laissaient penser qu'il faisait chaud, c'en était tout autrement lorsque les élèves mettaient les pieds de hors et, contraints par la bise, rentraient chercher un pull plus épais. Cependant, les sorciers de Poudlard avaient enfin troqués gants et écharpes pour des vestes plus légères, et l'ambiance au château, rendue guillerette par l'arrivée du printemps, était à nouveau à son comble. Seulement, au milieu de ces effluves de bonheur, Nelly n'y trouvait pas son compte. Le mois d'avril avait aussi apporté avec lui des tonnes de devoirs et la promesses imminente des ASPIC. De plus, cela faisait deux semaines que l'ambiance chez les Gryffondors de septième année était mise à rude épreuve, depuis que les deux meilleurs élèves avaient perdus leur place de Préfets-en-Chefs, fait perdre des points à la maison, et depuis que la bande la plus joyeuse de Poudlard ne s'adressait plus la parole. Nelly en aurait probablement été attristée, elle aurait même pu apporter son soutien aux différents partis, mais tout cela lui importait bien peu. Depuis plus de deux semaines, elle vivait comme à l'écart et, une fois de plus, s'étonnait de remarquer que personne n'y prenait réellement garde. Elle soupira et relut la lettre encore une fois :

Chère Nelly,

Si tu reçois cette lettre, c'est que nous ne pouvons plus te le cacher. Depuis novembre l'année passée, ton père a attrapé la dragoncelle. Les Magicomages disent que c'est probablement dû à une allergie à l'une des potions qu'il vend dans son apothicaire. Ils ont aussi dit que ton père avait de grandes chances de s'en sortir, puisque les médecins ont vu la maladie à temps ! Ainsi, ne t'en fais pas ma chérie, ici tout est sous contrôle. J'ai pris quelque temps la gérance de la boutique, pendant que ton père se repose. Il en profite pour refaire notre jardin ! Lorsque tu reviendras à la maison, il y aura tout un tas de courges à ta portée. Nous espérons que ton année à Poudlard se passe bien. Concentre-toi sur les examens de fin d'année, ce sont les plus importants ! Encore une fois, je te somme de ne pas te faire de soucis. Nous aurions aimé te l'annoncer de vives voix, mais la maladie s'est étendue au visage de ton père, et nous ne voulions pas que tu l'apprennes ainsi, lorsque nous viendrons te voir à Poudlard. La journée des parents a toujours bien lieu pas vrai ? A mon époque, c'était la journée que tout le monde attendait avec impatience.

Ainsi, nous avons hâte de te revoir notre fille adorée, et nous te souhaitons tout le meilleur pour tes derniers mois à Poudlard.

Nous t'aimons,

Maman, Papa.

Elle l'avait reçu ce matin-là, lorsque tout avait explosé dans son groupe d'amis. Pour sa part, c'était son monde qui avait explosé. Le soir précédemment, elle était pleine de promesses, se sentait mieux que jamais dans sa vie à l'école et surtout dans sa relation avec Remus. Elle aurait même été prête à aller parler à Lily, car sa meilleure amie commençait à lui manquer de plus en plus. Puis il avait suffi d'un parchemin pour que tout ne s'écroule. Cela faisait deux semaines qu'elle ne dormait presque pas, mangeait trois fois rien et, au lieu de faire ses devoirs, se documentait sur la dragoncelle. Aucun livre qu'elle n'avait lu jusqu'à présent ne faisait mention de « grandes chances de s'en sortir ». Elle ne pouvait penser à autre chose, et en voulait à ses parents de lui avoir dit. En même temps, ce que sa mère avait dit était vrai : pour les septième années de Poudlard, il était tradition qu'au mois de mai, l'école accueille les parents qui, pour la plupart, retrouvaient une partie d'eux-mêmes au cours de la journée. Mais Nelly aurait préféré que ses parents inventent quelque chose et qu'ils ne viennent pas. Car comment pourrait-elle profiter de ses études en sachant que son père avait de grandes chances de mourir ? Une partie d'elle se sentait incroyablement injuste et égoïste de penser ainsi, mais c'était tout ce qu'elle pouvait ressentir à l'instant présent : de la colère. Alors, comme elle l'avait toujours fait dès qu'elle était incapable de se confier à autrui, elle se terrait dans le silence. Et apparemment, ça ne gênait personne. Sauf peut-être Remus qui, depuis plusieurs jours, se montrait particulièrement avenant. Lorsqu'elle était avec lui, Nelly oubliait momentanément sa peine, et elle était reconnaissante au garçon pour cela, d'autant plus qu'elle savait que celui-ci avait sa propre histoire à gérer. Ils se tenaient dans l'enceinte du château pendant une heure libre juste avant celle de potions. Remus faisait ses devoirs d'arithmancie, et Nelly prétendait feuilleter un livre de sortilèges. Les deux jeunes gens n'avaient pas réellement éclairci leur relation, ce qui faisait qu'aux yeux de tout le monde, ils n'était techniquement pas en couple. Mais la jeune femme en était contente : elle n'était pas prête à s'engager dans une relation alors que sa vie menacer de s'écrouler.

-Tu travailles sur le parchemin du professeur Flitwick ? demanda-t-il, faisant sursauter la jeune femme qui avait senti ses yeux devenir humides en pensant à son père.

-Exactement, dit-elle avec un sourire exagérée et en prétendant avoir le rhume. Et toi ? Arithmancie ?

Remus grogna, signe qu'il n'y comprenait pas grand-chose.

-D'ordinaire c'est Lily qui m'aide mais...

Nelly se tendit. Sans qu'aucune des deux ne se dise rien, elles avaient tout simplement cessé de se parler. La jeune femme n'avait même pas pu compatir lorsque Lily avait raconté à Alice qu'elle avait perdu son poste de Préfète-en-Cheffe comme si c'était la pire chose qui lui soit jamais arrivée. Actuellement, toute la colère qu'elle ressentait était dirigée vers son ancienne amie, qui n'avait pas montré le moindre effort pour venir lui parler, et n'avait même pas remarqué son malaise.

-Avec tout ce qu'il s'est passé, on n'a pas trop parlé, finit Remus d'une petite voix en voyant que Nelly ne réagissait pas.

Elle était restée bloquée sur une page, la main tremblante et une boule dans la gorge.

-Bref... dit Remus. Il faut qu'on y aille si on ne veut pas que Slughorn nous donne une retenue !

Les deux jeunes gens prirent leurs affaires, entrèrent dans le château et, à grandes foulées, se dirigèrent vers la salle des potions. Malheureusement pour eux, le cours n'avait pas encore commencé. Ils se figèrent lorsqu'ils se rendirent compte que James se trouvait devant la salle, le regard résolument planté contre la porte. A quelques mètres de là se tenait Cassidy, qui - Nelly en fut surprise - avait l'air moins mal à l'aise que les autres, mais attendait patiemment, seule. Lily était dans un coin, et Nelly fut incapable de la regarder, tant la rousse avait l'air mal en point. Elle tourna la tête vers Remus, qui venait de déglutir péniblement en détournant le regard de la rousse. Quelques Serpentards étaient aussi présents, et personne ne parlait. Alors que la tension menaçait de se matérialiser, Sirius fit son apparition au bout du couloir. Immédiatement, Nelly jeta un regard à Remus, qu'elle fut surprise de voir lancer un regard assassin à son supposé ami. Jamais la jeune femme n'avait vu Sirius, d'ordinaire si boute-en-train et sûr de lui, aussi mal à l'aise. Elle en fut presque touchée. Enfin, alors que tout le monde retenait son souffle depuis si longtemps que Nelly se demandait qui serait le premier à tomber dans les pommes, Slughorn arriva, essoufflé et, en bégayant des excuses, ouvrit la porte à l'aide de sa baguette. Précipitamment, les élèves s'assirent à leur place. Nelly fit un timide signe de la main à Remus et s'assit. Lorsqu'elle sentit l'odeur, qui semblait la traquer depuis quelques temps, elle se sentit frissonner. Elle était tellement obnubilée par la nouvelle que ses parents lui avaient transmise qu'elle l'avait oublié. Elle n'avait même pas ressenti l'habituel boule au ventre avant le cours de potions. Elle ne pensait ni ne ressentait tout bonnement rien. Mais, alors qu'Evan Rosier prit place à ses côtés, elle ressentit, et - même si elle ne voulait pas l'admettre - elle apprécia cela. C'était une odeur particulière, très différente de celle de Remus. Pourtant, Nelly ne la détestait pas. Elle ne détestait pas non plus le frisson qu'elle sentait partir du bas de sa nuque pour venir s'échouer vers ses reins. Elle attrapa ses manches, la peau rendue froide par ces sensations nouvelles.

-Salut, entendit-elle, comme toujours depuis désormais plusieurs semaines.

Au lieu du soupir bruyant qu'elle lui réservait d'ordinaire les joues fumantes, Nelly leva la tête et le regarda dans les yeux.

-Salut, dit-elle simplement.

Elle ne savait pas très bien ce qu'elle ressentait, puisque ça faisait deux semaines qu'elle n'était que stress, cauchemars et désespoir. Mais ce qui était sûr, c'était que la sensation qu'elle ressentait actuellement était agréable comparé à ce qu'elle avait connu ces derniers temps. Rosier se redressa sur sa chaise, apparemment surpris de la manière dont elle lui avait répondu. Pour elle ne sut quelle raison, Nelly fut ravie de l'effet produit. Alors que Slughorn donnait les instructions pour la nouvelle potion censée produire un effet de nuit instantané pendant quelques secondes, la jeune femme fut prise d'une folie soudaine. Sans qu'elle ne puisse contrôler ces paroles, elle s'entendit dire :
-On la fait ensemble ?

Rosier se tourna vers elle comme s'il la voyait pour la première fois, mais Nelly n'en rougit pas. Elle vit le garçon se retourner, quelque peu mal à l'aise et, en suivant son regard, la jeune femme tomba sur Malefoy qui, les dents serrées, tentait de faire sa potion à côté d'un James enragé. Elle-même se força à ne pas regarder ses congénères, mais à suivre l'agréable sensation qu'elle avait dans le bas-ventre. Finalement, il haussa les épaules et, d'un ton qui se voulait désinvolte, répondit :

-OK.

En silence, la Gryffondore et le Serpentard se mirent au travail, et, à la fin du cours, Nelly se sentait un petit peu plus légère.

 

 

De toute sa scolarité, elle ne s'était jamais sentie aussi mal, aussi seule et aussi pitoyable. Lily avait l'impression que le monde s'était acharné contre elle, et elle ne pouvait s'empêcher de ressentir un énorme sentiment d'injustice. D'ordinaire un esprit de battante, cela faisait deux semaines qu'elle s'était laissée sombrer dans des pensées noires, un moral au plus bas et des idées qui lui donnaient des frissons. Elle avait perdu tout ce à quoi elle tenait plus que tout : son poste de Préfète-en-Cheffe, qui lui assurait un dossier exceptionnel pour l'école d'Aurors, son petit-ami qui ne voulait plus lui adresser la parole et la plupart de ses amis qui, pour une raison qui lui échappait, avaient décidé que tout était de sa faute. Lily se sentait plus rejetée que jamais, moins aimée que jamais, et elle n'avait personne à qui en parler. Sans qu'elle ne le comprenne, Nelly avait arrêté de lui adresser la parole et, désormais, la rousse devait s'assurer qu'elle n'était pas présente pour pouvoir passer du temps avec Alice, laquelle faisait de son mieux pour éviter le malaise d'avoir à jouer les intermédiaires. Elle ne savait si c'était d'un commun accord avec son ancienne amie, mais Lily avait l'impression que Remus se tenait distant envers elle, et, depuis plusieurs jours, il ne s'asseyait plus à côté d'elle en cours d'arithmancie. Peut-être avait-il pris le parti de James... Lily se tourna vers son ex petit-ami, une boule au ventre. Si elle se laissait aller à ses émotions, elle pleurerait toutes les larmes de son corps. Mais la rousse n'était pas sûre d'en avoir encore à pleurer, tant elle passait ses nuits à le faire. Cependant, Lily ressentait aussi de la colère envers James : elle trouvait parfaitement injuste qu'il se soit vengé sur elle pour exprimer sa peine. Mais malgré tout, toutes ces émotions étaient masquées par celle qui prenait le plus de place : la douleur. Ça lui faisait mal d'être séparée de lui, et elle avait peur de le perdre pour toujours. Elle se rendait compte d'à quel point elle s'était attachée à lui, et d'à quel point, malgré elle, elle s'était imaginé un avenir avec le jeune homme. Qui avait volé en éclat depuis la scène avec Benjamin dans le parc de Poudlard. Ce qui faisait le plus de mal à Lily, c'était de voir à quel point James semblait moins affecté qu'elle par leur rupture. Le jeune homme se montrait parfaitement implacable lorsqu'il se trouvait dans la même pièce qu'elle-même ou que Sirius. Elle l'avait vu adresser la parole à Cassidy mais de manière très froide. Cependant, lorsqu'il se trouvait avec Remus ou Peter - qui désormais le suivait plus que jamais à la trace - James continuait à faire ses blagues et à se montrer aussi avenant qu'à l'habitude. Ce qui faisait le plus peur à Lily, c'était qu'il ne l'ait utilisé et qu'il ne l'oublie plus rapidement qu'elle ou, pire, qu'il se retrouve quelqu'un d'autre. Perdue dans ses pensées, elle sursauta lorsqu'elle entendit :

-Eh bien Miss Evans ?! Vous n'êtes pas à votre affaire aujourd'hui. Vous n'avez même pas commencé votre potion ! Allez-y allez-y, ou vos petits camarades prendront de l'avance sur vous.

Slughorn lui lança un de ses fameux sourires qui ressemblaient à une grimace et qui lui étaient propres et alla encourager un autre élève. La jeune femme avait senti tous les regards posés sur elle et avait rougi. Cependant, un seul regard restait résolument planté dans son chaudron, alors que c'est celui dont elle aurait eu le plus besoin. Plus rouge que jamais, elle relit pour la troisième fois les instructions, se forçant à se concentrer. Elle commençait à couper des branches de mandragores et à les écraser pour en retirer le jus, comme son manuel le préconisait, lorsqu'elle fut prise d'une folie passagère :

-Tu en es où ?

Au même moment où Narcissa se retournait vers elle pour être bien sûre que c'était Lily qui lui parlait, la rousse se tanna mentalement d'avoir été aussi stupide. La blonde lui lança un regard de mépris et, d'une voix ferme, répondit :

-Qu'est-ce que ça peut te faire ?

Lily se sentit rougir plus que jamais. Elle eut envie de pleurer. Qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Est-ce qu'elle était en train de devenir une de ces personnes qui essayaient d'engager la conversation à tout prix avec n'importe qui juste parce qu'elle se sentait seule ? « Oui. », lui intima une petite voix qui lui donna encore plus l'envie d'éclater en sanglots. A vrai dire, Lily avait l'impression de n'avoir plus réellement parlé depuis des semaines et des semaines. Elle avait l'impression de toujours plus sombrer dans la solitude, et surtout la peur de se retrouver seule pour toujours. Mais parler à Narcissa ? Lui donner l'occasion de se moquer d'elle ? La rousse se frappa mentalement. Elle essaya de prendre une voix sûre d'elle - qui rata - lorsqu'elle dit :

-Je n'ai plus de poudre de licorne, c'est ça que ça me fait.

Narcissa la regarda d'un air supérieur et, après l'avoir assez sondé pour que Lily ne soit devenue aussi rouge que sa cravate, la blonde, avec un rire méprisant, dit :

-Tant pis pour toi.

Puis elle se retourna. Lily passa le reste de la leçon à retenir ses larmes et, après que Slughorn lui ait enlevé cinq points - en précisant que c'était pour la remotiver - suite au désastre de sa potion, la rousse courut hors de la classe et, indifférente d'entrer dans les toilettes de Mimi Geignarde, se mit à éclater en sanglots, avec pour seule compagnie un fantôme ravie de voir quelqu'un plus mal en point qu'elle.

 

 

Il ne se souvenait pas avoir jamais été aussi mal de toute sa vie. Même lorsqu'il s'était fait renier par sa famille, même lorsqu'il avait pris la décision de les quitter à tout jamais. Certes, il y avait une grande dose de douleur profondément enfui sous des couches de sarcasme et de rébellion, mais celle-ci était accompagnée d'un sentiment bien plus grisant, bien plus noble : celui de faire ce qu'il fallait. En effet, Sirius avait toujours su au fond de lui, alors même qu'il n'était encore qu'un enfant, que sa destinée n'était pas celle de sa famille. Qu'un jour, il lui faudrait faire un choix drastique. Et ce choix, il l'avait fait. Mais non pas tout seul. Grâce aux Potter. Les Potter, qui l'avait accueilli chez eux comme s'il était leur propre fils, lui avait donné un toit, de la nourriture, l'avait aidé à aller s'acheter de nouveaux vêtements, de nouveaux livres pour l'école, qui lui avaient fait vivre des vacances merveilleuses. Ces mêmes Potter qu'il avait trahi. Sirius n'avait jamais eu l'impression de trahir ses parents ou son frère. Au contraire, il pensait que c'était eux qui trahissaient tout ce en quoi il croyait. Mais James, Cassidy et leurs parents, il les avait trahis. Et jamais de sa vie il n'avait ressenti de peine aussi vive. Lorsque James lui avait dit les mots dont il avait le plus peur au monde, Sirius avait fait quelque chose qu'il n'avait jamais fait depuis qu'il était enfant et que sa mère lui refusait son affection : il était parti se terrer dans la salle de bain des Préfets - dont il connaissait le mot de passe - et avait pleuré. Il avait pleuré comme un enfant, pendant des heures, souhaitant que quelqu'un, quiconque, ne vienne le réconforter. Mais personne n'était venu. Personne ne viendrait jamais plus. Personne ne lui avait adressé la parole depuis ce jour-là. Il était passé du rebelle le plus convoité de Gryffondor au garçon qui répandait le malheur sur tout ce qu'il touchait. Comme souvent depuis plusieurs jours, dès qu'il avait un moment de libre, Sirius allait se terrer dans le dortoir, tirait les rideaux du lit à baldaquin et ouvrait le parchemin. La gorge serrée, il prononçait : « Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises ». Est-ce que ses intentions avaient-elles été si mauvaises ? Sirius n'en avait pas l'impression, mais, à l'heure actuelle, il se rendait compte que ça avait été le cas. Depuis que James lui avait dit ces mots - qui avaient résonné cruellement justes à ses oreilles - le garçon se rendait compte qu'il avait peut-être cherché tout ce qui arrivait. Mais alors, pourquoi est-ce que ça lui faisait autant mal que cela ? Après son heure de potion, qu'il avait passé à ignorer Rogue - ce qui démontrait son état de mal-être - Sirius était monté dans son dortoir. Il n'arrivait plus à se trouver en compagnie des autres. Il allait voler de la nourriture dans les cuisines, que les elfes de maison, les seuls qui semblaient capables de lui adresser encore la parole, lui donnaient volontiers, et la mangeait seul dans le dortoir. Puis, lorsque tout le monde montait se coucher, lui descendait dans la salle commune et, les mêmes pensées noires lui triturant l'esprit, il ne trouvait le sommeil qu'au petit matin. Il n'avait plus osé se regarder dans un miroir depuis plusieurs jours, mais devait être loin du jeune homme plein de charme que les filles décrivaient. Et il s'en fichait. Il s'était fait une promesse : plus jamais il n'aurait d'histoire avec aucune fille. Tout ce qu'il savait faire, c'était les détruire, détruire leur vie, leur estime d'elle-même, et Sirius ne pouvait plus l'accepter. Les larmes menaçant de couler encore, il parcourut des yeux le parchemin - qu'il gardait comme une relique précieuse d'un temps révolu mais plus heureux - et tomba sur ce qui acheva de lui poignarder le cœur. Dans la Grande Salle, probablement en train de faire leurs devoirs, joyeux, se tenaient James, Remus et Peter. Sirius pouvait presque entendre le dernier s'égosiller devant les prouesses du premier, et entendre le lycanthrope faire une de ces fameuses remarques sarcastiques mais non dépourvues de sagesse par-dessus son journal. Sirius sentit sa gorge se nouer : plus jamais il ne ferait parti du groupe. Et le groupe survivait sans lui, parfaitement. C'était comme s'il n'avait jamais compté. Les larmes aux yeux, il les détourna vers un autre point que, malgré lui, il regardait de plus en plus. Regulus était seul, comme souvent. Il se trouvait cette fois-ci à la bibliothèque. Sirius hésita pendant de douloureuses secondes : devait-il y aller et prétendre s'y trouver par hasard ? Regulus saurait... Malgré tout, il le connaissait. A cette pensée, le jeune homme sentit son cœur se serrer comme jamais. Il s'était toujours efforcé de voir Regulus de la même manière dont il voyait ses parents : inchangeables. Mais une petite voix au fond de lui ne cessait de lui intimer que peut-être son frère lui ressemblait plus que ce qu'il n'y paraissait. Mais Sirius n'avait pas le courage d'essayer. Car la douleur serait bien trop forte si jamais il échouait, et s'il se rendait compte que Regulus n'était que la même déception qu'il avait toujours été. Le jeune homme laissa ses pensées divaguer : il se demandait parfois comment il pouvait être à Gryffondor. Est-ce que réellement il était si courageux ? « Parce que tu l'as demandé », lui intima une petite voix. C'était vrai. Il se revoyait en attendant fébrilement la fin du discours du professeur Mcgonagall pour monter sur le tabouret. Il avait déjà passé son voyage dans le Poudlard Express en compagnie de James, qui lui était certain de finir à Gryffondor, puis de Remus et de Peter qui les avaient rejoints, beaucoup plus anxieux. Jamais Sirius n'avait trouvé quelqu'un d'aussi génial que James. C'était à cela qu'il voulait ressembler. Lui aussi voulait être un Gryffondor. Alors, quand le professeur l'avait appelé, Sirius était monté sur le tabouret, les mains tremblantes, puis avait fermé les yeux. Alors que le Choixpeau prenait un temps considérable et murmurait à quel point le jeune Black avait des qualités semblables à la maison Serpentard, Sirius s'était mis à penser de toutes ses forces : je suis un Gryffondor, je suis un Gryffondor. Après des minutes agonisantes d'attente, le Choixpeau l'avait finalement attribué à la maison Gryffondor. Sans grande surprise avaient suivi James et Remus puis, les yeux mouillés d'excitation, Peter. Ainsi s'était formé pour la première fois le groupe des Maraudeurs. A ce souvenir, Sirius laissa échapper une larme qu'il balaya férocement. Tout cela ne serait jamais arrivé si... Ses yeux divaguèrent malgré lui vers son point. Le petit point qui la représentait, seule aussi, sur le terrain de Quidditch. Sirius se rappela vaguement qu'un match contre les Poufsouffles allait arriver, mais son esprit était bien loin du jeu. Il avait presque envie d'être en colère contre elle, mais n'y arrivait pas. Après tout, si quelqu'un pouvait en vouloir à l'autre, c'était bien elle. Si Sirius n'avait pas entamé cette relation, rien de tout cela ne se serait passé. Elle ne se serait pas sentie obligée de sortir avec Fenwick pour rivaliser avec lui. Sirius savait pertinemment qu'elle n'aurait jamais pu rivaliser : elle avait un cœur plus pur que lui. C'était lui qui avait profité d'elle, James avait raison. Il était plus âgé, plus expérimenté, et savait mieux jouer. Sirius avait toujours senti une forte sincérité de la part de Cassidy. Mais pouvait-il en dire autant ? Les propos de James le hantaient. Non seulement leur méchanceté, mais surtout leur possible véracité. Ainsi n'était-il que cela ? Jaloux des Potter ? Est-ce que Sirius avait réellement voulu, inconsciemment, détruire la jeune femme ? Il se savait incapable d'engagement, et il était vrai qu'il était bien trop accro au jeu pour se mettre en couple avec une fille. Mais Cassidy... Rien qu'à regarder son point, Sirius pouvait sentir son ventre se tordre de douleur. Jamais il n'avait voulu lui faire autant de mal, et jamais il n'avait voulu trahir James de la sorte. Peut-être qu'au fond, Sirius s'était fait prendre à son propre piège... Après une heure de réflexion douloureuse, le jeune homme ferma le parchemin et, avec un soupir qui en disait long, sortit de son lit pour affronter le reste de la journée, seul.

 

 

Jamais l'ambiance n'avait été aussi maussade au sein de l'équipe des Maraudeurs. Après tout, pouvaient-ils encore s'appeler ainsi ? Remus ne le savait pas. Il avait même de la peine à se souvenir de qui avait soumis le nom en premier. Peut-être était-ce Sirius... A cette pensée, il sentit son cœur s'alourdir. Il était vrai qu'il en voulait au garçon, mais ne comprenait pas réellement pourquoi. Cependant, Remus était dans une période où il sentait ses nerfs à vif, son humeur dégringoler ainsi que sa capacité d'empathie et de compréhension envers les autres. Il devait déployer les moindres efforts qu'il lui restait pour ne pas arracher le vif d'or des mains de James, qui ne cessait de le faire voler et de l'attraper furieusement. Au moins - se disait Remus - Peter ne passait pas son temps à s'égosiller devant ce fait-là.

-Aufaite, il n'y a pas un match de Quidditch bientôt ? demanda ce dernier.

-Ouais. Mais c'est contre les Poufsouffles, autant te dire que c'est gagné d'avance, grogna James.

Remus écoutait d'une oreille, en tentant de se concentrer sur son devoir d'arithmancie qui menaçait de le rendre dingue.

-Vous ne faites pas d'entraînement ? demanda timidement Peter, et Remus se demanda comment il était possible qu'ils en soient arrivés à un point où c'était le jeune homme qui parlait le plus.

James haussa les épaules.

-Pourtant, j'ai vu ta sœur qui...

Remus releva les yeux à temps pour voir James fusiller du regard Peter, lequel rougit et fit mine de s'intéresser à nouveau à ses devoirs. Le lycanthrope n'était pas d'humeur à le défendre cette fois-ci. Pendant de longues et pénibles minutes où il devait faire abstraction du Vif d'Or de James, Remus tenta de résoudre son problème d'arithmancie. Alors qu'il ratait pour la troisième fois, il ferma sèchement son livre et poussa un grognement.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Peter, qui avait sursauté.

-Rien, les devoirs, bougonna Remus.

Soudain, il la vit. La personne capable de résoudre ses problèmes. La crinière rousse flamboyait dans le parc vert qu'était redevenu Poudlard. Sans qu'il ne sache exactement pourquoi, Remus fut mal à l'aise. Il regarda James : il l'avait aussi vu, et semblait désormais tellement furieux qu'il faillit mettre un poing sur le visage de Peter, lequel se recroquevilla, les larmes aux yeux. Remus se rendit compte qu'il avait l'impression qu'il devait choisir entre James et Lily, et il ne comprenait lui-même pas très bien ce qui le poussait à choisir le premier. A ce moment même, James l'énervait plus qu'autre chose. Mais Lily... Remus aurait eu besoin que la rousse soit celle qui arrange les problèmes, pas qu'elle ne les empire. Et puis, si James était aussi énervé envers Lily parce qu'il savait, qu'allait-il penser lorsque... Remus se sentit rougir et espérait que personne ne le remarquerait. La nouvelle de la relation secrète entre Sirius et Cassidy ne l'avait pas surpris le moins du monde. Était-il un mauvais ami, de n'avoir rien dit ? D'avoir préféré rester au milieu, comme il le faisait toujours ? La vie lui donnait peut-être l'occasion de choisir, une fois pour toute. Et puis, James en avait tellement fait pour lui... Que deviendrait-il sans son aide à chaque Pleine Lune ? En même temps, Remus jeta un coup d'œil à Lily : elle était seule, dans un coin du parc, et faisait ses devoirs. De temps à autre, il savait pertinemment qu'elle jetait des regards vers James, mais les cachait bien par ses cheveux qui lui barraient le visage. Cependant, Remus le remarquait. Il remarquait à quel point la jeune femme semblait fatiguée, triste et mal en point. Pris d'une soudaine envie de vomir en pensant à qui il était devenu, il s'excusa faiblement face à ses amis - qui ne dirent rien - et quitta le parc. Depuis plusieurs jours, la seule personne avec qui il se sentait à l'aise était Nelly. Pour il ne savait quelle raison, celle-ci ne semblait plus vouloir adresser la parole à Lily non plus. Et, Remus se sentait lâche de le penser, il en était heureux. Car, pour une fois, il n'avait pas à jouer le médiateur. Il n'avait pas à se montrer plus sage que les autres. Seulement, depuis la matinée, Remus avait l'impression que la brune lui échappait. Il n'aurait su l'expliquer, mais il avait une sensation désagréable qui lui parcourait le ventre à chaque fois qu'elle lui adressait des sourires, qui semblaient froids et distants. Il entra dans le château et, en faisant attention à contourner silencieusement Peeves qui se faisait remonter les manches par le Baron Sanglant, le jeune homme atteignit la Grande Salle et la trouva. Par chance, elle était seule et semblait captivée par ses devoirs, comme la plupart des septièmes années, qui avaient tous l'air d'avoir quinze ans de sommeil en retard. Il approcha de la jeune fille et, en se forçant à avoir l'air moins antipathique que tout à l'heure, tenta un sourire :

-Salut ! Toi aussi tu es dans tes devoirs ?

Il le vit à nouveau. Le sourire, certes joli, mais froid et distant, et Remus se sentit mal.

-Ça devient une vraie épidémie, dit-elle dans un petit rire.

Remus le lui retourna et, mal à l'aise, s'entendit dire :

-Ça te dirait une soirée de repos, demain soir ?

Il ne savait pas réellement ce qui lui avait pris de dire cela. Au vu du nombre de leurs devoirs, de l'atmosphère actuelle et de son propre état de fatigue, ça n'était peut-être pas la bonne semaine pour demander la jeune homme en rendez-vous. Seulement, Remus était dirigé par une force sournoise, qui lui intimait que Nelly lui échappait peu à peu et qu'il fallait réagir vite. La brune parut surprise et, pendant un moment, Remus crut qu'elle allait renoncer.

-Vas pour demain soir ! finit-elle par dire avec le même sourire.

Remus se sentit immédiatement plus léger. Peut-être avait-il mal interprété ses intentions. Peut-être était-il lui-même dans un état de distance qui le poussait à voir le mal chez les autres. Il aurait pensé qu'ils allaient entamer une discussion, mais Nelly replongea son nez dans ses livres. Alors, Remus la salua et, ne sachant pas que faire, gagna la bibliothèque, là où il aurait les meilleures chances de résoudre enfin son problème d'arithmancie.

 

 

Il n'avait même pas eu à ressentir la désillusion. Bien entendu, pendant un certain temps, il s'était senti bizarre. Ça s'était surtout produit au lendemain de la fête chez les Serpentards, il avait l'impression que quelque chose s'écoulait de son être, et le vidait tout entier. Mais au fond de lui, Rogue savait pertinemment que ces filles ne s'étaient intéressées à lui uniquement pour lui parler des autres de la bande. Mais peu lui importait, Severus commençait à avoir l'habitude. Ce dont il n'avait pas l'habitude cependant, c'était de réellement faire parti d'un groupe. Et depuis cette soirée-là, tout avait changé. Lucius ne passait plus son temps à le provoquer ou à l'humilier. Bien entendu, il ne serait jamais ami avec Mulciber, mais celui-ci avait choisi de l'ignorer, ce qui convenait parfaitement au Serpentard. Il lui arrivait même parfois de blaguer avec Rosier - qu'il trouvait moins stupide que ce qu'il ne l'aurait pensé - sur certains professeurs. Enfin, il passait beaucoup de temps avec Narcissa, principalement pour lui donner des cours de potions. Apparemment, Lucius ne le considérait pas comme une menace... Mais encore une fois, peu importait à Severus. Il lui semblait que la vie à Poudlard n'avait jamais été aussi agréable. Il se rendait compte pour la première fois d'à quel point il était à sa place chez les Serpentards. Après tout, peut-être qu'ils avaient réellement été ses amis en le forçant à oublier Lily. Lucius avait raison : ils n'étaient pas du même monde. Il n'avait ressenti aucune compassion face au désarroi de la rousse lorsqu'elle avait par mégarde stupéfixé Irina Patil. Au contraire, la scène qui se déroulait loin devant ses yeux entre Potter, Black et Fenwick le réjouissait trop pour qu'il ne la prenne en considération. Et, d'une certaine manière, Rogue se sentait plus léger. Il se rendait compte que Lily l'avait tenu loin des Serpentards durant toute sa scolarité. C'était elle qui l'avait empêché d'être lui-même. Et, depuis qu'il en avait pris conscience, jamais sa vie n'avait été aussi agréable. Il mangeait actuellement à la Grande Salle à la pause du déjeuner. Il venait de se resservir de cuisse de poulet tendre, et se sentait habité par les conversations de Quidditch qui enflammaient la table des Serpentards. Le temps au-dehors était beau et, malgré le vent, Severus avait envie de sortir, ce qui ne lui arrivait que fort rarement.

-On va les écraser ! disait Lucius. Après ce qu'il s'est passé, les Serdaigles n'ont aucune chance contre nous.

-Tu parles, il suffira d'un Cognard dans le tête de Fenwick et le tour est joué, lança Mulciber, les yeux avides de quelque chose qu'il semblait être le seul à voir. Après tout, Potter a réussi à lui en coller une, alors ça ne devrait pas trop être difficile.

-Sans oublier que la moitié des personnes de l'équipe sont des filles, lâcha Rosier, moqueur, avant de se tasser dans son banc au vu des regards d'Erin et de Narcissa.

-Des filles mauvaises, compléta Lucius avec un clin d'œil à sa copine.

Comme souvent lorsqu'il les regardait, Rogue se sentit rougir. Il avait commencé à apprécier passer du temps avec Narcissa. Non pas parce qu'il l'appréciait d'une certaine manière, mais parce qu'il imaginait ce que ça pourrait faire, d'avoir une petite-amie comme elle... Lorsqu'il regardait Lucius, il ne pouvait s'empêcher de l'envier. Mais c'était un sentiment qui ne faisait pas mal à Rogue. Au contraire, c'était ces petits moments volés qu'il s'accordait, à s'imaginer aux bras d'une belle jeune fille qui n'aurait d'yeux que pour lui...

-Rogue ! Ta potion, tu la feras quand ?

En sentant ses joues s'embraser et en espérant que ça ne se verrait pas trop, le garçon tenta de reprendre le cours de la conversation. « La réunion », pensa-t-il. En effet, Lucius les avait conviés quelques jours plus tôt à une réunion secrète et très mystérieuse dans la Forêt Interdite. Rogue se souvenait de la dernière fois qu'il s'y trouvait... et il sentit un frisson agréable lui parcourir l'échine. Cependant, il remarqua aussi le regard équivoque du blond envers Rosier, qui regarda une nouvelle fois son assiette. Narcissa semblait avoir compris qu'elle avait encore une fois été mise à l'écart, et l'ambiance menaçait de tourner vers quelque chose auquel Rogue n'avait pas envie d'assister. En prétendant devoir avancer ses devoirs de métamorphose, le garçon prit congé de la bande. En ne sachant pas très bien où se diriger, ses pas le menèrent machinalement vers la volière. Puis, alors que ses pensées divaguaient vers une belle jeune femme aux jambes élancées qui l'embrasserait, le jeune homme se figea instantanément. Derrière la statut de bronze du couloir du deuxième étage se tenait une autre jeune femme, avec des jambes toutes aussi belles, qui elle aussi s'était arrêtée. Severus sentit son cœur battre contre ses tempes.

-Salut, dit-elle d'une petite voix.

Tout au fond de lui, une partie qu'il avait écrasé et mis au tapis jusque-là avec succès était en train de danser, folle de joie. Mais Rogue n'avait aucune envie de retrouver cette partie-là. Parce que c'était précisément celle-ci qui le faisait autant souffrir. Froidement, il répondit :
-Tu m'excuseras, mais je n'ai pas le temps.

Il se tourna assez lentement pour apercevoir la blessure sur le visage de la rousse. Puis, alors qu'il se disait qu'il avait enfin prouvé que Lily Evans ne voulait plus rien dire à ses yeux, Severus Rogue se mit à regretter.

 

Note de fin de chapitre :

A bientôt pour un nouveau chapitre!

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