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Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous!

 

Encore une fois MERCI de vos lectures - qui ont dépassé les 35000 vues - et vos reviwes qui me font toujours autant chauds au coeur!

Me revoici avec un nouveau chapitre, que j'ai adoré écrire. C'est honnêtement l'un des premiers événements majeurs que je me suis imaginée en commençant l'écriture de ma Fanfiction, et je dois avouer que j'aime bien la manière dont j'ai réussi à l'amener.

J'espère que ce serait de même pour vous !

 

Sur ce , Bonne Lecture ! :)

 

Il y avait quelque chose qui lui plaisait dans le fait d'être autant occupé. Le fait qu'il pouvait se permettre de faire les choses machinalement, sans n'avoir à penser à rien. Ainsi, jamais James Potter n'avait été aussi minutieux dans ses parchemins à rendre, aussi précis dans l'apprentissage des chapitres qui seraient la matière des ASPICS, ni autant dévoué à l'écoute des cours des divers professeurs de Poudlard. D'une certaine manière, c'était le cas de tous les septièmes années. Plus le mois d'avril avançait, plus l'ambiance au château ne semblait être que pile de livres empruntés à la bibliothèque, que révisions de sorts dans les salles communes et que tâches d'encre à la Grande Salle. Très souvent, il surprenait des gens de son année occupés à manger en même temps qu'ils recopiaient des lignes. Lui-même s'était surpris plusieurs fois à prendre son repas en quatrième vitesse pour être sûr d'arriver à rendre tous les parchemins pour le lendemain. Parfois, il lui arrivait de regarder certains élèves de troisième ou de quatrième année à Gryffondor. Alors, il était envahi d'un sentiment de nostalgie qui lui tiraillait le ventre et finissait par lui faire tellement mal qu'il s'obligeait avec force à se concentrer plutôt sur les nombreux sorts informulés qu'il devrait savoir pour réussir ses ASPICS. Mais c'était devenu plus fort que lui : il regardait un groupe de garçons de troisième année faire une partie de Bavboules à la table de la salle commune, un soir que tout le monde était remonté plus tôt du dîner pour réviser encore un peu. Les garçons - qui étaient au nombre de quatre - riaient fort et semblaient insouciants - comme si la vie à Poudlard n'était que plaisir. Puis James se souvint, qu'il y avait désormais très longtemps de cela, ça en avait été de même pour lui. Il se souvint de ces moments où faire des blagues était devenu plus important que faire ses devoirs, où il avait commencé à se documenter sur le fait d'être un Animagi, où, avec succès, il avait réussi à se transformer pour la première fois en cerf... Puis il sentit son cœur se serrer. Durant toute cette année, il avait essayé de se battre. Il avait voulu se battre pour que les mauvaises nouvelles du monde environnant ne viennent perturber l'atmosphère que pouvait offrir Poudlard, il s'était battu pour que - lorsque c'était devenu impossible de prétendre que tout allait bien - les personnes qui lui étaient proches participent à changer les choses. Il avait voulu se battre, jour après jour, pour ramener la coupe de Quidditch à la maison. James avait l'impression d'avoir donné sa vie pour rendre celle des autres agréable, drôle et pleine de sens. Il lui avait semblé qu'il était le genre de personne que les Gryffondors aimaient avoir dans leur rang. A un moment donné, il avait même eu cette sensation d'être l'instigateur d'un mouvement nouveau, de se retrouver leader dans un domaine qui l'animait réellement. Puis, tout avait volé en éclats. Tout n'était plus désormais que désillusion, car James se rendait compte que depuis tout ce temps, il n'avait compté pour personne. Pas assez du moins pour que les gens ne lui disent la vérité. Pas assez pour que les personnes qui comptaient le plus à ses yeux ne fassent preuve d'honnêteté et de courage. Pas assez pour que les autres considèrent importants le fait de se battre pour quelque chose en lequel il croyait. Mais, depuis plusieurs jours, James ne croyait plus en rien. A chaque fois qu'il lisait la Gazette et prenait conscience des nouvelles disparitions, son désespoir se faisait de plus en plus lourd à porter. A chaque fois qu'il jetait des coups d'œil aux troisièmes années, il avait l'impression que sa vie jusqu'à présent n'avait été qu'un vague mensonge, qu'une blague que quelqu'un lui aurait fait - peut-être pour le punir de toutes celles que lui avait faites. Alors, pour éviter de laisser le désespoir et la douleur le gagner, James s'attelait à l'action. Il avait toujours été un jeune homme d'action, mais ne savait plus très bien pour quoi il se battait à présent, puisqu'il avait l'impression que ses efforts étaient en vain.

-Tu y arrives ? demanda Peter.

Depuis plusieurs jours, il semblait à James que son ami le suivait d'autant plus. D'une certaine manière, il était content de ne pas se retrouver tout seul. Mais, s'il était sincère envers lui-même, il devait avouer que cette soudaine dépendance de Peter à son égard commençait à prendre trop de place dans sa vie. Plus sèchement qu'il n'aurait voulu, il répondit :

-Oui.

Il vit Peter se tasser dans sa chaise et s'en voulut immédiatement. Mais James ne fit rien pour changer cela. Encore une fois, il s'empêcha de penser. Car, s'il se mettait à analyser la situation, il s'avouerait que cela faisait bien des années qu'il acceptait un tel comportement de la part de Peter et que, même, cela l'arrangeait bien. C'était pourquoi le jeune homme tentait de garder ses distances, sans pour autant prendre la peine de l'expliquer à son ami, qu'il souhaitait tout de même garder à ses côtés.

-Où est Remus ? finit par demander James d'une voix distante, les yeux froncés face aux phrases illisibles qu'il comptait rendre au professeur Mcgonagall.

Il vit Peter hausser des épaules :

-Il n'allait pas très bien. Je crois qu'il est allé se coucher.

James hocha la tête. Il avait bien assez l'habitude des sautes d'humeur de Remus pour éviter de trop s'y attarder. En temps normal, il serait probablement monté dans le dortoir pour lui tenir compagnie. Mais, en temps normal, James n'était pas le seul à le faire... En secouant la tête et en effaçant rageusement les nombreuses fautes d'orthographe de son parchemin, le garçon sentit que la colère reprenait ses droits. Comme si Peter avait trouvé un moyen de détecter quand James ne souhaitait pas parler d'un sujet, il dit :

-Aufaite, c'est demain le match de Quidditch ?

En effet, le lendemain, Gryffondor allait affronter Poufsouffle dans un match qui serait déterminant pour la suite de la coupe. Et, s'il y avait une chose pour laquelle James voulait encore se battre, c'était bien la coupe de Quidditch. Il l'avait promis au professeur Mcgonagall et, bien qu'il ne l'avouerait jamais à voix haute, il serait incapable de décevoir plus son professeure qu'il ne l'avait déjà fait.

-Oui, grommela-t-il, espérant que Peter n'insiste pas.

Mais, pour une raison qui échappait à James, celui-ci continua au contraire :

-Et tu penses que ça va aller ? Je veux dire... Vous ne vous êtes pas beaucoup entraînés.

N'y tenant plus, James fusilla du regard Peter, lequel se mit à rougir. Comme souvent, le garçon culpabilisa immédiatement de son geste et, en essayant de maîtriser la colère dans sa voix, il dit :

-C'est parce qu'on n'en a pas besoin. On affronte les Poufsouffles je te l'ai dit.

James pensait que Peter allait s'en tenir à ça mais, pour une raison qui lui échappait et qui commençait à lui donner chaud aux joues, son ami semblait avoir acquis un courage durant la nuit puisqu'il dit :

-Oui eh bien, ils ont failli battre les Serpentards.

James soupira et ferma violemment le livre dans lequel il cherchait une information correcte pour le devoir de métamorphose.

-Oui eh bien nous, on a battu Serpentard deux fois ! Et puis, qu'est-ce que t'y connais au Quidditch ?

Il vit les yeux de Peter devenir plus humides qu'à l'accoutumée et, après de douloureuses minutes de mal-être, le garçon prit doucement ses affaires et s'en alla dans le dortoir. A présent, James devait gérer son émotion de colère qu'il traînait depuis plusieurs semaines accompagnée de la désagréable culpabilité et honte qui lui tiraillaient le ventre. Désormais incapable de se concentrer une minute de plus sur ses devoirs, il roula le parchemin en espérant que le professeure Mcgonagall ne serait pas trop déçue et rangea ses affaires dans son sac. Sans réellement savoir quelle était la marche à suivre, il alla s'asseoir dans un fauteuil près de la cheminée et, l'esprit vague, regardait sans vraiment les observer les garçons faire une bataille de Bavboules. Alors qu'il se sentait devenir de plus en plus vide mais aussi de plus en plus détendu, la colère de James fut ravivée aussi vite qu'elle n'était partie par un mouvement vers le trou du portrait de la Grosse Dame. Sirius venait d'entrer dans la salle commune, accompagné de Léna Malarkey. Il sentit la colère se transformer en haine et ses joues devenir aussi chaudes que le feu devant lequel il était assis : alors comme cela ils allaient s'entraîner au Quidditch sans lui ? « Pourtant, ils ne sont pas en habits », lui fit remarquer une voix que, si elle avait été physique, James n'aurait pas hésité à frapper. D'un geste rageur et sans penser à ce qu'il était en train de faire, il s'approcha des deux jeunes gens qui venaient de s'asseoir à une table et avaient commencé leurs devoirs en silence.

-Depuis quand est-ce qu'on fait des stratégies de Quidditch sans le capitaine ? dit-il d'une voix qu'il aurait aimé plus sarcastique et moins hystérique.

Il vit Sirius lever gentiment la tête et le regarder, incrédule. Il n'osa pas regarder Léna, de peur de rougir. Après quelques secondes où James se sentit particulièrement idiot, il vit son ancien ami dire d'une voix beaucoup plus calme :

-Depuis que le capitaine ne fait pas bien son travail.

Il se serait attendu à voir un Sirius désabusé, se répandre en excuses. Au fond de lui, c'était ce que James voulait : que son ancien ami lui explique, les larmes aux yeux et pour des raisons valables, pourquoi il avait fait ce qu'il avait fait. Dans le fond, James souhaitait que Sirius lui donne une bonne raison de lui pardonner. Au lieu de ça, le jeune homme ne semblait pas du tout affecté par ce qu'il s'était passé, et au contraire semblait parfaitement maître de ses émotions. James se savait rouge lorsqu'il hurla presque :

-Je n'avais pas le temps figure-toi, j'étais occupé à m'enlever les couteaux que tu m'as mis dans le dos !

Il lui sembla que Sirius avait tiqué mais, avant qu'il ne puisse dire quoi que ce soit, Léna dit d'une voix timide :

-Enfaite James, on ne s'entraînait pas du tout. J'ai croisé Sirius dans les couloirs et il a accepté de m'aider pour un devoir de potions.

Lorsqu'il se tourna vers elle, il vit que la jeune femme avait les joues roses, mais elle ne semblait pas mentir. Bien que son hystérie passagère s'était calmée, sa colère restait intacte. Ainsi, Sirius allait désormais s'attaquer à des filles de quatrième année ? Méprisant, il dit avant de s'en aller d'un pas rageur :

-Fais attention à toi, ça c'est sa technique préférée pour te mettre dans son lit et te laisser tomber comme une vieille chaussette.

Plus enragé que jamais, James partit se coucher sans même adresser la parole à Peter et à Remus. Il ne trouva le sommeil que bien des heures plus tard, parsemé de rêves où les cognards avaient désagréablement l'aspect de la tête à Sirius.

 

 

 

De toute sa carrière d'attrapeuse dans l'équipe de Gryffondor, jamais elle n'avait été aussi déçue d'un match où ils n'avaient même pas perdu. Son équipe et elle avaient fait match nul contre Poufsouffle, mais Cassidy fumait de l'intérieur. Ça n'était pas dans son habitude de se croire au-dessus des autres, mais il était indéniable qu'elle était la seule qui avait bien joué. Sirius avait passé son temps à envoyer des cognards dans la mauvaise direction, et Cassidy eut juré que l'un d'eux avait failli toucher son frère, lequel n'avait pas attrapé le vif d'Or, et était la cause de la non-victoire de l'équipe de Gryffondor. Cassidy avait été presque l'unique attrapeuse à marquer, et elle s'était même énervée contre Léna qui semblait avoir l'esprit complètement ailleurs et qu'elle avait pris à discuter avec Sirius en laissant passer un souafle devant ses yeux. Cassidy revenait d'un pas rageur dans la salle commune de Gryffondor, n'ayant pas pris la peine de participer à la séance de remise en question que James leur avait sommé de faire après le match. Bien que le terrain fut sec, les nombreuses figures qu'elle avait dû accomplir pour sauver quelques souafles pour son équipe lui valaient de longues traces de boue sur les jambes, mais peu lui importait. Furieusement, elle jeta son balai à travers la pièce et s'assit sur un des fauteuils devant la cheminée, qui était éteinte désormais que le soleil brillait haut dans le ciel.

-Perdu ? demanda une voix timidement à sa gauche.

Tant elle était concentrée sur sa colère, la jeune femme n'avait pas remarqué qu'à une table se tenaient Lily et Alice, qui semblaient être les seules Gryffondors à ne pas s'être déplacés pour voir le fiasco qu'avait été le match.

-Match nul, maugréa-t-elle.

-Vous avez encore vos chances ! tenta Alice d'une manière qui se voulait enjouée.

Cassidy lui lança un regard noir teinté d'amertume et croisa les bras. Elle comprenait pourquoi les deux jeunes femmes n'avaient pas voulu assister au match. Il était vrai que Franck était devenu tout ce qu'il y avait de plus antipathique, et lui et Sirius ne s'étaient pas accordés une seule fois, ce qui avait valu des cognards vengeurs à plusieurs reprises. Cassidy s'était outrée en remarquant dans les rangs des Gryffondors Marlene et Emmeline, probablement venue encouragée son petit-ami. Si elle n'avait pas été aussi occupée à sauver les peaux cassées du match, elle-même se serait laissé aller à un souafle vengeur. D'une certaine manière, tout était de leur faute... Mais est-ce que Cassidy leur en voulait vraiment ? En s'assurant que Lily et Alice s'étaient remises à leurs devoirs et ne la voyaient pas rougir, la jeune femme se mit à penser à tout ce qui s'était passé les semaines précédentes. Ça avait été une juxtaposition d'événements tous plus malheureux les uns que les autres que la jeune femme avait dû affronter sans aucune maîtrise. D'une certaine manière, depuis son retour à Poudlard, rien n'avait été comme elle l'avait espéré pour sa dernière année : son père avait failli mourir d'une prise en otage, ainsi qu'elle-même lorsqu'elle avait voulu lui venir en secours. Elle avait continué son histoire peu morale avec Sirius, dans le dos de son frère et de sa famille. De même, elle était entrée dans un jeu avec le garçon duquel elle était sortie perdante, et, entre temps, avait dû affronter une attaque du sorcier le plus dangereux de l'histoire après s'être mise en couple avec un garçon qui avait menacé de lui détruire à tout jamais son estime d'elle-même. De plus, Gryffondor allait probablement perdre la coupe de Quidditch, la seule chose à laquelle elle se retenait ces derniers temps. Même si Cassidy savait qu'elle devrait se sentir plus anéantie, voir même honteuse que jamais, elle n'arrivait pas à s'empêcher de ressentir un sentiment qu'elle n'avait plus eu depuis bien longtemps : le soulagement. La jeune femme était soulagée de ne plus devoir mentir, de ne plus devoir se cacher. Elle était soulagée de ne plus avoir à faire semblant de sortir avec quelqu'un juste pour rendre un autre jaloux. Elle était soulagée que, dans cette histoire, personne ne la considère réellement comme la coupable, puisqu'elle ne l'était pas. Certes, sa relation avec James n'était pas au beau fixe, mais elle connaissait son frère : jamais il n'avait résisté longtemps à leurs disputes, et il finissait toujours par revenir. Puis il y avait Sirius... Cassidy ressentait tellement d'émotions contradictoires envers le garçon qu'elle avait de la peine à faire le tri. Une petite partie d'elle-même se sentait tout de même coupable... Car elle ne pouvait s'empêcher de se demander : puisqu'elle se sentait aussi soulagée, n'était-ce pas là ce qu'elle avait cherché tout ce temps ? Elle s'était toujours sue jalouse de Sirius, et de la relation qu'il entretenait avec son frère. Au fond d'elle, elle se demandait si tout ce qu'elle avait fait : coucher avec lui, essayer de le rendre jaloux jusqu'à ce que ça n'explose aux yeux de James, n'était pas enfaite juste pour cela : la jalousie. Voulait-elle être avec Sirius, ou voulait-elle être comme Sirius ? Cassidy était incapable d'y répondre, et encore moins d'affronter les regards du jeune homme, ou de ressentir sa peine. D'une certaine manière, elle savait que tout ce qui s'était passé n'était qu'une énorme injustice : Sirius n'avait pas été le seul à jouer, il ne devrait donc pas être le seul à payer les peaux cassées. Alors qu'elle sentait la colère du match gentiment s'apaiser et qu'elle s'apprêtait à rejoindre Lily et Alice, elle entendit un grand fracas et le portrait de la Grosse Dame s'ouvrit sur l'équipe de Gryffondors. Des voix s'élevaient du groupe, et Cassidy comprit rapidement ce qu'il se passait lorsqu'elle entendit :

-Oh et dis-moi Londubat, est-ce que tu penses réellement que tu as donné le meilleur de toi-même aujourd'hui ? J'ai failli perdre un bout de mon oreille à cause de ton incompétence !

-Est-ce que tu ne t'es pas dit que c'était à cause de ton incompétence que j'avais fait ça ? Je te rappelle que c'est toi qui nous as fait perdre ce match.

Franck et James s'affrontaient, et les autres les regardaient, certains la tête en bas, d'autres l'air apeuré. Sirius se tenait malgré lui entre les deux garçons, et semblait en proie à un conflit intérieur dont il était le seul à connaître l'issue. Cassidy ne bougea pas mais se releva afin de bien voir toute la scène. Rageur, James dit :

-On n'a pas perdu ! Et si je n'avais pas dû prendre autant de temps à faire ton travail à ta place, j'aurais eu assez de concentration pour attraper le Vif d'Or !

-C'est toi le capitaine, c'est toi qui aurais dû nous briefer avant ce match. Mais tu étais trop occupé à pleurer sur ton sort.

Si Cassidy avait pu envoyer du feu à travers ses yeux, Franck serait probablement en train de brûler. Elle remarqua le regard d'Alice et sut que son amie pensait exactement la même chose. Elle ne savait pas exactement quand le jeune homme était devenu aussi ingrat, mais c'était une partie de lui que Cassidy n'appréciait pas du tout. James lança son balai à travers la salle et s'approcha de Franck, menaçant :

-Pleurer sur mon sort ?! Tout ce qu'il s'est passé, c'est à cause de toi et de ta nouvelle alliance avec ces bons-à-rien de Serdaigles.

Cassidy vit Franck faire un pas en arrière et rougir imperceptiblement. Elle prit conscience que le garçon avait peut-être moins confiance en lui que ce qu'elle n'aurait pensé.

-Et que ce soit la dernière fois que je vois ta traîtresse de copine dans nos rangs soutenir mon équipe.

La voix de James était devenue grave, presque dangereuse et Cassidy en eut les frissons. Pendant quelques secondes, personne ne dit rien. Soudain, James tourna les yeux et l'aperçut. Sèchement, il dit :

-Et toi ? Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu crois peut-être que tu es au-dessus de tout ça ?

Cassidy sentit la colère reprendre d'un coup ses droits et l'empêcher de réfléchir rationnellement lorsqu'elle sauta presque de son fauteuil pour se posticher devant son frère :

-A vrai dire, oui. J'ai mieux joué que vous tous réunis !

Personne n'osa contrer ces dires, et - pour elle ne sut quelle raison - elle lança un regard noir à Léna qu'elle vit rougir et regarder par terre. James eut un petit rire ironique et Cassidy sut que ça n'engageait rien de bon :

-Oh bien sûr ! Maintenant que tu as lancé une bombe, tu peux aller t'entraîner tranquillement et devenir la meilleure joueuse en laissant les autres ramasser les peaux cassées !

-Ne t'en prends pas à elle !

Cassidy dut se tourner vers le garçon pour être certaine que c'était lui qui avait parlé. Le conflit interne de Sirius semblait s'être résolu puisqu'il fixait désormais James, des éclairs dans les yeux. La jeune femme lança, froide :

-Je n'ai pas besoin qu'on me défende.

-Oh non mais je t'en prie, coupa James qui devenait de plus en plus en colère avant que Sirius n'ait pu lancer une réplique cinglante à la jeune femme, dis ce que tu as à dire, toi qui désormais es le protecteur de ma petite sœur.

-Tu agis comme un enfant, lança durement Sirius - que Cassidy sentait perdre de plus en plus le contrôle.

-Excuse-moi de n'être pas un homme, comme toi, pas vrai Sirius ?

James s'était rapproché de son ancien ami et le regardait d'un mauvais œil :

-C'est ça que tu voulais me prouver en me trahissant comme tu l'as fait ? Que tu étais un mec, un vrai ?

Il y avait une méchanceté ironique dans le ton de James, et Cassidy n'avait aucunement envie de les voir s'échauffer pour une histoire qui ne la regardait qu'elle. Sirius venait de s'avancer aussi de quelques centimètres et répondit :

-Peut-être que tu en avais besoin, en effet.

Il y eut un « oh » de la part de Léna, et Cassidy la fusilla encore une fois du regard. Puis, sans crier gare, James mit son poing dans la figure de Sirius, lequel se tint le nez. Mais, cette fois-ci, il ne se laissa pas faire, il répliqua avec le même coup envers James et, avant que Cassidy n'ait pu comprendre quoi que ce soit, les deux garçons s'étaient mis à se taper dessus violemment. Lily venait de sortir sa baguette et, d'une voix forte, s'écria :

-Reducto !

Le choc força les deux jeunes hommes à se séparer et, lorsqu'ils se rendirent compte de ce qu'ils s'étaient passé, ils se regardaient avec dégoût. Cassidy en était attristée. Ce qui était sûr, c'était que jamais elle n'avait voulu que ça n'aille aussi loin. Jamais elle n'avait voulu que son frère et son meilleur ami ne se battent ainsi pour elle. Jamais elle n'avait voulu que Sirius ne fasse plus parti de la famille. Les larmes aux yeux mais toujours en colère devant leur attitude, elle s'écria :

-C'est ça que vous voulez ? Vous taper dessus à la moindre occasion ? Nous faire perdre les matchs de Quidditch ? Nous faire perdre la coupe des maisons ?! Si vous attendez à ce que je prenne le parti pour l'un ou pour l'autre, eh bien ce sera aucun de vous deux !

Elle eut juste le temps de voir le regard presque honteux que James lança à Lily et celui de Sirius qui, la tête basse, la suivait du regard, avant de prendre son balai et de monter dans son dortoir, la journée définitivement gâchée.

 

 

Revigoré par le match nul qu'avaient fait les Gryffondors contre Poufsouffle, Lucius était persuadé que le match qu'ils allaient jouer juste après les deux autres équipes ne pouvait que bien se terminer pour eux. Et, à l'issu de la dispute contre Serdaigle, il n'avait pas été déçu. En effet, Serpentard avait remporté la victoire haut-la-main, et lui-même avait été brillant et avait suscité les salves d'applaudissements du public lorsqu'il avait attrapé le Vif d'Or. Il avait l'impression que ses journées à Poudlard devenaient de plus en plus belles. A réellement parler, il ne pensait plus à ce qu'il se passait à l'extérieur ou à la pression constante que lui mettaient ses parents pour qu'il soit à la hauteur de son nom de famille dans le monde des sorciers. Jamais il n'avait été aussi insouciant, n'avait autant apprécié les cours, le Quidditch, ses camarades ou sa petite-amie. C'était dans cette ambiance presque euphorique qu'il regagnait la salle commune de Serpentards avec son équipe où, il savait, une ovation les attendait. Ils venaient de dépasser la volière et s'apprêtaient à prendre les escaliers à gauche qui les mèneraient vers les cachots lorsque Lucius vit quelque chose qui s'apprêtait à rendre sa journée encore plus belle.

-Tiens tiens tiens, mais qui voilà ? Il me semble t'avoir prévenu Pettigrow de ce qu'il se passerait si jamais tu te baladais encore une fois seul dans les couloirs.

Il vit le jeune homme, plus boudiné que jamais dans sa robe, devenir aussi rouge que sa cravate. C'était un spectacle qui le réjouissait car, lorsqu'il s'attaquait au Gryffondor, il avait l'impression que c'était Potter et Black qu'il atteignait. Et il ne croyait pas se tromper en voyant Peter serrer ses livres et regarder désespérément derrière les Serpentards, là où se trouvait la salle commune des Gryffondors.

-Tu veux qu'on aille appeler tes petits-amis pour qu'ils viennent une fois de plus à ta rescousse ? Remarque, vu comment ils ont joué contre Poufsouffle, je ne suis pas sûr qu'ils puissent faire quoi que ce soit pour toi.

Des rires fusèrent de l'équipe de Quidditch et Lucius lança un regard entendu à Rosier et Mulciber qui, de part et d'autre du blond, donnaient l'impression d'apprécier le spectacle autant que lui.

-Oui, je t'en prie va les appeler, je me ferai un plaisir d'avoir à nouveau une entrevue avec Potter et Evans, lança Mulciber, les yeux avides.

A mesure que les Serpentard s'approchaient du garçon replet, celui-ci reculait vers le mur. Lucius pouvait voir à sa couleur et sa transpiration qu'il était mort de peur. Il renchérit :

-Oui, on a des histoires qui ne sont pas encore réglées avec eux. Mais d'après ce que j'ai compris, votre amitié est révolue n'est-ce pas ? Quelle tristesse... Comment vas-tu faire sans Potter et Black pour te protéger ?

Le reste de la bande était resté en arrière et donnait l'impression de regarder un spectacle particulièrement appréciable. Seuls Lucius, Mulciber - dont les yeux s'étaient animés d'une lueur cruelle - et Rosier qui, son éternel air blasé au visage, continuaient à avancer vers Pettigrow, qui fut contraint à se replier définitivement contre le mur.

-S'il-vous-plaît, lança Peter d'une petite voix de souris effrayée. Laissez-moi passer, je ne vous ai jamais rien fait...

Mulciber éclata d'un rire cruel et Rosier eut un rictus méprisant. Lucius les regarda, un sourire ironique aux lèvres, puis observa Peter : d'un côté, l'attaquer en pleine journée dans les couloirs ne pourrait rien amener de bon. Ils s'étaient mis d'accord pour que la bande à Potter ne puisse plus aller se plaindre aux professeurs et, jusqu'à présent, la stratégie avait parfaitement fonctionné puisque les Gryffondors semblaient s'entre-déchirer sans que les Serpentards n'aient à lever le petit doigt. Cependant, en voyant Pettigrow se soumettre ainsi, Lucius ne pouvait s'empêcher de le voir comme le maillon faible. Et il avait une certaine expérience avec les maillons faibles, qui généralement devenaient des soldats obéissants... En ayant l'impression qu'une lumière venait de s'éclairer dans son cerveau, le blond s'avança encore plus vers Peter et, sans sortir sa baguette, lui dit :

-Quelle honte... Te voilà à nous supplier de ne pas t'attaquer. Remarque, est-ce que nous pouvons réellement t'en vouloir... ça fait des années que Potter et Black t'offrent leur soi-disant protection. Pas étonnant que tu aies pensé que ça durerait ! Mais dis-moi Pettigrow... Tu penses vraiment qu'une fois sorti d'ici tu compteras pour eux ? Et puis... Soyons honnête : as-tu déjà réellement compté ?

Il pouvait voir que ses paroles pénétraient directement dans l'esprit de Peter, qui semblait à la fois tétanisé et sur le point de fondre en larmes. Alors, Lucius continua :

-Tu sais... Je me suis toujours demandé ce que tu fichais à Gryffondor. C'est fait pour les idiots qui ont envie de se montrer ! Et... Encore une fois, on ne peut pas dire que ce soit ce que tu es, pas vrai ? A Serpentard tu aurais eu ta place. Nous, on ne laisse pas tomber nos amis pour des histoires de coucheries. A Serpentard, tout le monde peut trouver sa place.

Personne ne disait un mot. A ses côtés, Lucius sentait que Mulciber et Rosier avaient parfaitement compris où il voulait en venir. Contre toute attente, Pettigrow releva la tête et, lorsque Lucius regarda dans ses yeux, il eut l'impression d'y voir une autre forme de soumission qu'auparavant. Elle n'était plus teintée de frayeur mais plutôt... d'espoir ? Alors que Lucius comptait aller plus loin dans ses propos, un bruit se fit entendre dans la volière. Quelques secondes plus tard, Narcissa en sortit en compagnie d'Erin. Les deux jeunes femmes s'arrêtèrent face à la scène qui se déroulait devant leurs yeux, la première fronçant les sourcils envers Lucius. Comme brûlé au fer rouge, le blond délaissa sa prise de Pettigrow, qui ne se fit pas prier pour détaler de ses petites jambes replètes vers la salle commune des Gryffondors.

-Qu'est-ce que vous fichiez ? demanda Erin avec dédain.

-On célébrait un peu plus notre victoire, lui répondit Mulciber d'un air entendu. A moins que tu aies d'autres idées pour le faire ?

Lucius vit la jeune femme rougir quelque peu mais soutenir le regard de Mulciber. Il s'éclaircit la gorge et, en lançant un regard entendu au reste de l'équipe, attendit qu'ils se soient tous éloignés, Mulciber et Erin un peu en retrait, pour se diriger vers Narcissa, un sourire aux lèvres. La jeune femme ne souriait pas et semblait toujours dubitative.

-Tu allais l'attaquer ? demanda-t-elle de but en blanc alors que le garçon se penchait pour l'embrasser.

Avec un soupir, il soutint ses yeux et dit :

-Figure-toi qu'absolument pas ! Nous avons eu une conversation sur ses... fréquentations, dont il semblait avoir grandement besoin, crois-moi.

Narcissa le regarda avec suspicion encore un moment, jusqu'à ce qu'il n'arrive en l'attrapant par la taille et en lui lançant un regard de braise à la faire sourire.

-Très bien. Je te rappelle que ce serait stupide de perdre tous nos points maintenant.

Lucius haussa les épaules :

-La coupe des maisons n'est pas autant importante que la coupe de Quidditch ! Et, après aujourd'hui, Serpentard a de grandes chances de l'emporter.

Ce que disait Lucius était vrai : désormais, seuls Gryffondor et Serpentard se trouvaient encore dans la course pour obtenir la coupe, et il suffisait à la maison verte et argent que les premiers ne fassent match nul contre Serdaigle pour être premiers. Lucius était persuadé que c'était ce qui allait se passer.

-Alors, tu ne félicites pas ton capitaine ? lui demanda-t-il sur un ton séducteur, indifférent de se trouver en plein après-midi dans le couloir près de la volière.

Narcissa lui sourit d'un air entendu et s'approcha pour l'embrasser. Lucius sentit son bas-ventre se tordre légèrement et, s'il n'était pas aussi doué pour maîtriser ses émotions, il était presque sûr qu'il rougirait de la même manière que sa petite-amie. Il la prit par la nuque et l'attira encore plus à lui. Alors que le baiser devenait de plus en plus insistant, il sentit la blonde le repousser légèrement et, avec un petit rire, dire :

-On ne devrait pas plutôt rejoindre les autres ? Il va sûrement y avoir une fête !

Lucius acquiesça et, en lui prenant la main, dévala les escaliers qui menaient au cachot, persuadé que ça faisait parti de l'une des plus belles journées qu'il passerait à Poudlard.

 

 

Plus la semaine avait avancé et plus il s'était senti à part, déconnecté, et surtout incroyablement irrité de tout ce qui pouvait se passer à Poudlard autour de lui. A l'instant même, il avait l'impression que l'unique élément qui pourrait l'aider à aller mieux serait son rendez-vous avec Nelly. Remus s'y accrochait comme un joueur de Quidditch qui menacerait de tomber de son balai durant un match endiablé. Nelly était sa bouée de sauvetage, la seule qui ne lui donne pas envie de se frapper la tête contre un mur ou, pire, de frapper la tête de l'autre. Tout l'énervait : la façon dont avait James de se persuader que les blagues avaient toujours leur même effet sans Sirius, - mais sa mauvaise humeur lorsqu'il voyait le jeune homme ou Lily -, le fait que la rousse avait décidé d'elle-même de ne plus lui adresser la parole, ce que Remus pouvait comprendre tout au fond de lui mais qui était caché par l'incroyable irritation que ça lui provoquait, la manière qu'avaient les professeurs de leur donner toujours plus de devoirs alors qu'ils savaient pertinemment qu'aucun d'entre eux n'avait le temps de les faire et le fait que désormais tous les septièmes années ne parlaient plus que d'ASPICS, où qu'il se trouve. Remus sentit l'énervement le prendre et serra les poings alors qu'il marchait vers la salle commune, là où il avait demandé à Nelly de l'attendre. Il tenta de respirer bruyamment pour faire redescendre la pression et surtout pour éviter de se décharger sur la jeune femme. Depuis le début de la semaine, il avait l'impression que son oreille bourdonnait incessamment, que sa tête s'était rétrécie mais que son cerveau, au contraire, avait augmenté de volume. Ses yeux avaient de la peine à rester ouverts sans une grande concentration qui lui donnait encore plus mal aux tempes. Il mourrait de faim mais, dès qu'il mangeait quoi que ce fût, la nourriture lui paraissait fade. De plus, il était incroyablement fatigué mais n'avait dormi que quelques misérables heures du fait de la montagne de devoirs et de son énervement qui l'empêchait de trouver le sommeil jusque tard dans le nuit.

-Mot de passe ? demanda la Grosse Dame alors qu'il se retrouvait malgré lui devant la porte de la salle commune.

-Patacitrouilles, maugréa-t-il, énervé de devoir le faire chaque jour.

La Grosse Dame le laissa passer et se remit à chanter de sa voix criarde et Remus eut l'impression que la globalité de ses nerfs venait de se tendre d'un seul coup. Maussade, il pénétra dans la salle qui, bien que bondée, était relativement calme - les élèves complètement obnubilés par leurs devoirs. Lorsqu'il la vit, Remus sentit son être se calmer instantanément. Elle avait l'air sereine. Elle lisait un livre et semblait accaparée par celui-ci, devant le feu qui venait adoucir ses traits déjà élégants. Remus se sentit sourire, et eut l'impression qu'il ne savait plus comment faire tant ça faisait longtemps. Il se regarda et rougit : ses habits semblaient rapiécés et miteux, probablement à son image. Seulement, comment monter dans son dortoir sans qu'elle ne l'aperçoive ? Peut-être que ce rendez-vous était une mauvaise idée, mais Remus était habité par autre chose que la raison ces temps-ci. C'était comme un besoin irrépressible de se raccrocher à elle, alors qu'il sentait qu'elle-même semblait se détacher de lui. Il se força à oublier sa dégaine et, d'une démarche qui se voulait décontractée, alla la saluer :

-Prête ? lui demanda-t-il d'une petite voix.

Bien qu'elle eut la délicatesse d'essayer de le masquer, Remus vit au regard de Nelly que la jeune femme avait été troublée par son aspect probablement cadavérique. Il se dit que le rougissement que ça lui provoquait allait peut-être lui donner meilleure mine.

-Oui ! répondit-elle avec un sourire que Remus trouvait un peu trop compatissant à son goût.

Il ignora complètement les regards de James et Peter qui, interrogateurs, semblaient surpris que Remus ne leur ait rien dit de son rendez-vous et, en s'efforçant de ne pas être irrité à la moindre petite chose, il demanda à Nelly :
-Aufaite, est-ce que ça te va si on va se promener dans le parc ?

La jeune femme eut une seconde d'hésitation et Remus comprit qu'elle assimilait le parc à la cabane dans laquelle ils s'étaient retrouvés plusieurs fois... En avalant difficilement sa salive, il dit d'une voix échevelée :

-Je veux dire, dans l'enceinte du parc. Peut-être qu'on pourrait même s'aventurer près de chez Hagrid ?

Nelly parut soulagée et Remus comprit qu'il avait eu la pire idée qu'il soit en l'invitant. Pendant les douloureuses minutes où ils sortaient du château, aucun des deux ne dit rien. Bien que le soleil eut brillé toute la journée, désormais qu'il était couché, l'air était bien plus frais que ce que Remus n'avait prévu. Il n'avait pris avec lui qu'une simple veste qui lui tombait sur les hanches. C'était aussi le cas de Nelly, et le garçon se sentit immédiatement idiot d'avoir proposé de se promener. Qu'avait-il réellement en tête ? Il se rendait compte que ce rendez-vous n'allait pas être comme tous les autres précédents, et que quelque chose semblait avoir changé pour Nelly. Avec peine, il essaya de détendre l'atmosphère :

-Eh bien, j'espère que Hagrid aura du thé, on se croirait encore en hiver !
Nelly acquiesça avec un faible sourire, que Remus trouva forcé, et le garçon se concentra pour ne pas laisser son irritation monter jusqu'à elle. Ils atteignirent la fin de l'enceinte de Poudlard et tous deux s'arrêtèrent, hésitants. Techniquement, ils n'avaient pas le droit de quitter le château à des heures aussi tardives, mais au vu du silence prenant, Remus se disait que seul Hagrid pourrait les sauver. Remus regarda Nelly : elle avait le visage peut-être moins serein que ce qu'elle lui avait donné comme impression et regardait la Forêt Interdite, le vague à l'âme. Elle frissonnait mais Remus n'osa pas proposer sa veste tant elle était rapiécée. Alors qu'il hésitait à rejoindre le château immédiatement - ce qu'il savait aurait été la chose la plus sage à faire - son impulsivité qu'il sentait bien plus difficile à contrôler qu'en temps ordinaire le poussa à dire :

-Qu'est-ce qu'il se passe entre nous ?

Il s'était imaginé avoir cette conversation. Dans sa tête, il aurait été beaucoup plus avenant et doux, peut-être aussi subtil. Nelly l'aurait rassuré que c'était les nombreux devoirs qui la poussaient à prendre ses distances et peut-être même aurait-il rejoint la cabane... Il comprit au regard que lui lança la jeune femme que rien n'allait se passer comme il l'avait prévu dans sa tête :

-Je... Je ne sais pas vraiment quoi te répondre... éluda-t-elle.

Alors, Remus sentit que son irritation allait prendre le dessus. Mais ce n'était plus qu'un simple énervement, c'était une colère noire dans laquelle il allait se plonger. Il aurait eu envie de s'en aller pour s'éviter le pire, mais il ne se sentait plus maître de ce qu'il faisait, et c'était en train de lui faire plus peur que jamais.

-Oh... tu ne sais pas quoi me répondre ? Donc tu m'embrasses, tu couches avec moi, et puis un jour tu décides que tu en as marre de moi, tu deviens distante, tu acceptes un rendez-vous mais ne dis pas un mot, mais tu ne sais pas quoi me répondre ?

Nelly semblait incapable de répondre à Remus, et le regardait avec effarement. Le jeune homme vit les larmes perler dans ses yeux, mais fut incapable de s'en émouvoir.

-Remus je... Je suis désolée si j'ai été distante... Ce n'est pas si facile tu sais...

-Pas facile ? Et est-ce que tu t'es demandé si c'était facile pour moi ? Tu penses que je vais être à ta botte jusqu'à la fin de Poudlard et qu'ensuite tu pourras me lâcher sans avoir à le faire directement en me regardant dans les yeux ?

Une partie de lui se rendait compte qu'il était complètement injuste. Il parlait comme si Nelly et lui avaient eu une relation de longue date, mais ils n'en étaient en réalité qu'au début. Et Remus savait pertinemment qu'il venait de tout gâcher. Mais c'était plus fort que lui.

-De quoi tu me parles ? Je ne te reconnais pas.

Lorsqu'il la regarda, Remus vit au regard de Nelly qu'il lui faisait peur. Elle eut un mouvement de recul et, en cherchant sa baguette à tâtons, elle bégaya :

-Remus... tes... tes yeux...

Et le garçon comprit. Mais il l'avait compris bien avant cela, seulement avait été incapable de s'y résoudre. Pourquoi il avait tenu à l'emmener dehors était au-delà de sa compréhension, ou peut-être qu'une partie de lui souhaitait la piéger... Avec effarement et en étant incapable de se contrôler, Remus sentit que ce n'était pas la colère qui prenait possession de lui. C'était la malédiction qui l'avait frappé lorsqu'il n'avait que quatre ans. Il planta ses ongles dans ses mains, et il comprit que son aspect était en train de changer lorsqu'il vit Nelly le regarder, tétanisée et incapable de bouger. Alors qu'il leva la tête pour voir derrière la jeune femme une lune pleine et ronde, toute raison quitta son corps et soudain, l'odeur de Nelly devint plus alléchante que jamais.

 

 

L'ambiance était on ne peut plus morose. Malgré le soleil environnant, la promesse d'un printemps agréable, les septièmes années chez les Gryffondors semblaient incapables de profiter de leurs derniers mois à Poudlard tant ils se laissaient défaire par les événements récents. Premièrement, le match nul contre Poufsouffle mettait Gryffondor dans une position délicate pour la coupe de Quidditch et, bien que Lily n'ait pas été voir la rencontre, elle aurait espéré que sa maison l'emporte. De plus, il était désormais presque impossible d'espérer remporter la coupe des maisons, puisque Gryffondor était la maison qui avait le moins de points. Lily rougit en y pensant : elle avait fait perdre bon nombre de points à sa maison, et en avait honte. De plus, les devoirs et révisions étaient devenus omniprésents dans la bouche de tout à chacun et, bien que la jeune femme se rattachait désormais à la seule chose qu'elle pouvait - à savoir ses études - elle n'en pouvait plus de ne parler que de parchemins à rendre ou de sorts divers à réviser. Elle essayait de toutes ses forces de redevenir la meilleure de sa promotion, mais avait l'impression de n'être qu'une vaste imposture. Fort heureusement, ce soir-là, Alice s'était jointe à elle. Seulement, depuis que les deux jeunes femmes avaient assisté à la dispute entre Cassidy et l'équipe de Quidditch de Gryffondor, la seconde semblait s'être renfrognée. Lily la comprenait : Franck y était pour beaucoup dans tout ce qu'il s'était produit et elle devinait que son amie lui en voulait. Seulement, elle n'osait pas lui en parler de peur d'attiser la colère d'Alice, ou de devoir à son tour parler de James et de ce qui s'était passé. Devoir éviter ces nombreux sujets de discussion et de plus éviter Nelly faisait qu'Alice et Lily n'avaient plus que les cours en commun. Mais la rousse ne s'en plaignait pas : au moins se sentait-elle moins seule. Bien qu'elle se concentrait de toutes ses forces sur le parchemin de potions qu'Alice lui avait demandé de corriger, la jeune femme ne pouvait s'empêcher de lancer des regards réguliers vers James qui, dans le fond de la salle commune, semblait faire exactement la même chose pour Peter. Puis son regard se détournait vers le coin du feu où Nelly lisait un livre, la mine plus inquiète que jamais. La rousse avait tenté de plisser les yeux pour voir de quoi il s'agissait - car elle ne se reconnaissait pas la couverture - mais il lui avait semblé qu'Alice l'avait surprise et, rougissante, elle s'était remise à la lecture de son parchemin. En s'efforçant de se concentrer uniquement sur les propriétés d'un philtre d'Amnésie, elle finit par rendre le devoir à Alice avec un sourire :
-Eh bien bravo Miss Fortescue ! Je n'ai vu que de petites erreurs, dont la plupart sont d'orthographe. Tu as vraiment bien compris ce philtre !

Alice la regarda les yeux illuminés. Lily fut ravie de voir qu'elle n'avait pas tout échoué durant sa septième année à Poudlard : les cours qu'elle avait donnés à son amie avaient fini par servir, et elle en était ravie. Alors qu'elle prenait distraitement son livre de théorie de Défense contre les Forces du Mal, Lily reprit la lecture qu'elle s'infligeait tous les soirs pour être prête pour les ASPICS. Elle reprit donc le chapitre quarante-trois, intitulé : La Potion Tue-Loup, une invention en cours. Au moment où elle relisait la partie qui expliquait la différence entre un loup-garou et un Animagus, Remus entra dans la salle commune, et Lily fut incapable de ne pas le regarder se diriger vers Nelly. Son ventre se tordit lorsque les deux jeunes gens sortirent ensemble de la salle commune, des sourires aux lèvres. Remus lui manquait. Et, elle serait incapable de l'admettre à voix haute, mais Nelly aussi. Elle ne comprenait pas exactement comment sa relation avec la brune, autrefois si forte, avait pu devenir aussi froide, voir inexistante. Ou peut-être n'était-elle pas prête à voir pourquoi ça en était ainsi... Distraitement et désormais irritée, elle reprit sa lecture silencieuse, maussade. Le livre parlait de la manière dont un Animagus choisissait son animal, et son regard se tourna machinalement vers le feu que Remus venait de quitter avec Nelly. Puis son regard glissa à nouveau vers James, mais ce dernier était bien déterminé à ne pas le lui rendre. Alors elle observa le dehors de Poudlard : alors qu'un combat faisait probablement rage à l'extérieur, et qu'à l'intérieur l'atmosphère était on ne peut plus tendue, Lily eut l'impression que l'ambiance au-dehors du château était apaisante, sereine. Elle se sentit soudainement mieux en regardant les premières étoiles apparaître dans le ciel et la lumière bleutée que provoquait la lune. La lune qui, ce soir, brillait haut, ronde, et pleine... Soudain, Lily se leva comme si sa chaise l'avait brûlée et ferma violemment son livre, affolée.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Alice, qui avait sursauté.

-Oh mon dieu, fut tout ce que Lily put répondre.

Le cœur battant plus vite que jamais et les mains tremblantes, la jeune femme fut portée par autre chose que la raison, puisque son cerveau avait cessé de fonctionner. C'était désormais son instinct de survie qui dictait les règles.

-James, James il faut qu'on parle ! s'écria-t-elle en déboulant devant lui.

Le jeune homme sembla de prime abord surpris que la rousse ne l'aborde ainsi et, alors qu'il s'apprêtait à reprendre un faux air blasé et à refuser, Lily dit sèchement :

-On n'a pas le temps pour ça. Viens dehors, tout de suite !

Elle ne regarda même pas s'il l'avait suivi, elle sentait que même James ne pourrait pas dire non à son air affolé. Malgré tout, elle savait au fond d'elle-même qu'elle comptait encore pour lui. Elle sortit précipitamment de la salle commune, indifférente aux regards interrogateurs et à la voix d'Alice qui l'appelait. Une fois sortie, elle se retourna et vit que James l'avait comme prévu suivie.

-Bon Lily écoute... Je t'ai dit, je ne souhaite plus parler de cette histoire et sincèrement, ce soir j'ai vraiment beaucoup de travail alors...

-James ! C'est la pleine lune.

Lily était essoufflée comme si elle venait de monter toutes les marches de Poudlard d'un coup, et elle se savait aussi rouge qu'une tomate. Mais peu lui importait, elle sentait que son temps était compté. Seulement, elle était incapable de savoir quoi faire. Pendant quelques instants, James fronça les sourcils et ne semblait pas comprendre :

-Oui et... ?

-Remus ! hurla-t-elle, indifférente aux protestations des tableaux du couloir.

James la regardait désormais avec méfiance, comme s'il jaugeait ce que Lily savait réellement ou pas.

-Je ne vois pas où...

Paniquée, Lily le prit par les épaules et le força à la regarder :
-Ecoute-moi bien. Je sais que tu m'en veux et que tu risques d'encore plus m'en vouloir mais peu m'importe ! Je sais pour Remus. La pleine lune et tout ce qui s'ensuit !

James fit un pas en arrière et regarda Lily de la même manière qu'il l'avait regardée lorsqu'il avait su pour Sirius et Cassidy :

-Eh bien, je vois que tu es vraiment douée pour mentir aux gens, lança-t-il avec un soupir dédaigneux.

Lily aurait eu envie de lui répondre que lui aussi lui avait menti par rapport à Remus, mais le temps manquait.

-Si tu veux ! Il est parti avec Nelly !

Soudain, James sembla comprendre ce que Lily essayait de lui faire passer comme message. Ses yeux s'agrandirent et la jeune femme devina à son air affolé que la panique commençait aussi à le gagner.

-Reste ici, je vais régler ça, finit-il par dire durement.

La rousse se demandait comment c'était possible que même dans une situation pareille il continue à vouloir la tenir à l'écart et, la colère gagnant son esprit, elle hurla, hystérique :

-Si tu penses que je vais te laisser y aller seule tu te trompes ! C'est ma meilleure amie !

Alors qu'ils couraient tous les deux à en perdre haleine le long des couloirs, James ne lâchait pas Lily du regard :

-Tu ne comprends pas ! C'est à moi de régler ça. Je sais comment... Je sais comment faire pour le calmer !

Lily lui lança un regard noir et, la baguette sortie, prit de l'avance pour arriver devant les portes du château qu'elle ouvrit à la volée. Une fois dehors, elle hurla :

-NELLY ?! Nelly où es-tu ?

-REMUS ! s'écriait James à ses côtés.

Il était impossible d'y voir quelque chose à travers l'obscurité naissante et, elle ne sut comment, Lily murmura : « Lumos » et sa baguette s'éclaira. Encore une fois, elle pouvait faire confiance à son instinct de sorcière pour la guider lorsque sa raison était incapable de fonctionner. James fit de même et les deux jeunes gens se mirent à chercher. Bien qu'elle lui en voulait, la rousse n'avait aucune envie de se retrouver seule devant Remus et, même si elle ne savait pas du tout de quoi il s'agissait, elle avait confiance en James lorsqu'il disait pouvoir l'arrêter. Alors qu'ils continuaient à hurler les noms de leurs amis, un cri se fit entendre.

-Par-là ! hurla Lily en courant vers le bruit, sa baguette pointée vers l'avant pour l'éclairer.

James la suivait, tout aussi essoufflé et alerte. Soudain, Lily s'arrêta net, le cœur qui battait tellement qu'elle se demandait s'il n'allait pas tout simplement s'arrêter, faute de sang à pomper. Le spectacle qui s'offrait à elle la terrorisait. Elle ressentait la même impuissance que lorsqu'elle avait vu Voldemort à Pré-au-Lard. Tout son corps était comme paralysé par la peur. Nelly lui lança un regard implorant, des larmes dans les yeux. Mais, entre les deux jeunes femmes se tenait ce qui avait été Remus auparavant. Désormais, c'était un loup-garou, immense, la gueule ouverte, les yeux jaunes et les dents aiguisées qui faisait face à Nelly, la menaçant toujours un peu plus de la dévorer en un morceau. Alors qu'elle se demandait quel sort elle allait bien pouvoir utiliser, Lily se tourna vers James. Elle eut été incapable de dire si c'était son cri qu'elle avait entendu tant elle avait l'impression d'être dans un très mauvais rêve. A la place de James se tenait un majestueux cerf, aux ramures imposantes. Il la regardait d'un air serein. Lily recula, mais le cerf s'approcha et lui toucha la main du bout du nez. Alors la jeune femme sut. Son cerveau se remettrait à marcher beaucoup plus tard, mais au fond d'elle-même elle avait compris. Sans plus attendre, le cerf - ou James - fonça droit sur Remus et le poussa de ses ramures. Lily ne bougeait pas, et Nelly resta aussi tétanisée devant la scène. La rousse comprenait que James voulait pousser Remus vers la Forêt Interdite, probablement où ils allaient tous gambader d'ordinaire. Mais cela ne semblait pas marcher. L'appel de la chair fraîche semblait avoir pris le dessus sur le loup-garou qui, par un geste puissant, fit tomber le cerf sur le côté. Lily hurla et se tint les mains. Elle voulait aller aider James, mais fut stoppée lorsqu'elle comprit ce qui était en train de se passer : Remus fonçait droit sur Nelly, les canines apparentes. La jeune femme se cachait les yeux en hurlant et, alors que le loup venait de se redresser sur toute sa hauteur et de lancer une de ses griffes en l'air, Lily hurla :

-IMPEDIMENTA !

 

 

Le même sentiment qu'elle ne pouvait pas tomber plus bas qu'elle ne l'était déjà l'avait habitée la journée durant. Elle était bien contente que celle-ci se termine, et de pouvoir enfin s'asseoir auprès du feu, avec un livre emprunté à la bibliothèque sur les douze moyens d'affaiblir la dragoncelle. C'était un soulagement pour elle de ne plus parler à Lily et, ainsi, de se retrouver seule ce soir-là sans avoir besoin de se justifier sur la raison de l'emprunt de ce livre. C'était une chose dont elle était incapable. Cela rendrait la maladie de son père bien trop réelle. Pour la première fois depuis plusieurs jours, elle se sentait un peu plus apaisée à l'idée de passer une soirée seule, sans avoir à parler à quiconque, mais en étant quand même entourée du bruit environnant des autres élèves. Mais c'était sans compter Remus. Lorsqu'elle avait vu le garçon passer le trou du portrait, elle s'était soudain souvenue de la proposition qu'il lui avait faite d'un rendez-vous. Elle essayait de trouver une excuse pour annuler mais, lorsqu'elle l'avait vu lui et son air implorant - presque malade - elle n'avait pas eu le cœur à lui refuser quoi que ce soit. C'était ainsi que les deux sorciers s'étaient retrouvés au-dehors du château, l'air très frais du mois d'avril et la nuit tombante rendant Nelly complètement frigorifiée. Elle avait accepté son invitation, mais était incapable de se montrer avenante, la seule chose qu'elle souhaitait étant de retourner se posticher seule auprès du feu. Elle avait senti un immense malaise à se retrouver près de Remus, et était incapable de le regarder dans les yeux. De plus, elle avait l'impression que le garçon n'était pas comme d'ordinaire. Il n'était pas doux, elle ne se sentait plus en sécurité avec lui, il n'était plus sa bulle de bien-être. Lorsqu'il lui avait posé la question de savoir ce qu'il se passait entre eux de manière si abrupte, Nelly crut d'abord à une blague. Mais, lorsqu'elle avait vu le regard de Remus et une lueur presque animale y passer, un très mauvais pressentiment l'avait prise à la gorge. Elle ne savait pas quoi répondre. D'une part, elle savait pertinemment qu'elle n'était pas dans une position de promettre quoi que ce soit à qui que ce soit. De plus, le visage qu'elle découvrait ce soir-là de Remus ne lui plaisait pas. Pire, il lui faisait peur. Au moment où elle cherchait désespérément un moyen de s'échapper, son mauvais pressentiment fut confirmé. En voyant les yeux de Remus devenir peu à peu jaunes, en voyant ses doigts s'allonger et ses ongles devenir des griffes, ses habits se déchirer peu à peu pour laisser place à un pelage velu et d'un noir d'ébène, Nelly comprit qu'elle n'était plus en sécurité. Que ce n'était plus Remus qu'elle avait en face d'elle. Son cerveau s'était mis à marcher à mille à l'heure et, presque malgré elle, elle comprit en un temps très restreint énormément de choses. La réticence de Remus à son égard, les agissements bizarres de ses amis parfois, ses sautes d'humeur. Nelly prenait conscience de l'horreur de la situation : Remus était un loup-garou et, actuellement, il voulait s'attaquer à elle. Tout ce qu'elle avait appris en cours de Défense contre les Forces du Mal ne lui servait à rien, puisqu'elle ne savait même plus comment attraper sa baguette. Tout ce qu'elle pouvait faire c'était prier. Prier pour que quelqu'un vienne la sauver. Prier et hurler. Lorsqu'elle avait vu le visage de Lily, Nelly n'avait jamais été aussi contente de voir son ancienne amie. Elle se savait en sécurité avec la rousse : elle la sauverait de là, comme toujours. Incapable de comprendre comment la situation avait évolué, c'était désormais un cerf qui faisait face au loup-garou, et Nelly devait cligner des yeux pour être sûre que ce n'était pas son imagination qui lui jouait des tours. Pour être sûre qu'elle n'était pas en train de faire un cauchemar. Mais c'était bien réel. Elle le comprit lorsque le loup fonça droit sur elle, ses mâchoires claquant bruyamment et de la bave s'écoulant de ses dents pointues. Ainsi donc, ce ne serait pas son père mais bien elle qui allait mourir. Elle se cacha les yeux et hurla, désespérée, alors qu'elle sentit quelque chose d'acéré lui griffer le visage. Elle eut juste le temps d'entendre Lily hurler son sort avant que tout ne devienne noir, et qu'elle ne s'écroule avec un bruit sourd sur le sol dur et froid.

 

Note de fin de chapitre :

A très bientôt pour un nouveau chapitre :)

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