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Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous!

Encore une fois merci d'être nombreux(ses) à lire ma Fanfiction, il y a désormais plus de 36'000 vues! C'est énorme pour moi :D

 

Hier j'ai fêté mon anniversaire, alors je n'ai pas posté mais je poste dès aujourd'hui ce chapitre: Cassure, qui malheureusement est moins festif que ma journée de hier... ;-)

 

C'est un chapitre qui a été assez difficile à écrire, car il n'est pas très plaisant, mais j'ai vraiment l'impression qu'il apporte certaines réponses sur ce qu'il se passe vraiment entre les personnages, quels sont les vrais enjeux: rancoeur, jalousie, etc.

 

Alors, Bonne lecture à tous(tes) :D

 

Elle avait l'impression que si elle ouvrait les yeux ou la bouche, la peau qui se trouvait sur son visage allait se détacher de son squelette, et qu'alors elle se désintégrerait complètement. C'était pourquoi elle préférait les garder fermés, incapable de bouger ou de dire quoi que ce soit. Elle entendait des voix en sourdine s'affoler autour d'elle. Elle essayait de comprendre ce qu'elles disaient, mais avait plutôt l'impression d'être plongée dans un rêve duquel elle n'arrivait pas à se réveiller.

-Quelqu'un d'autre les as vus ? demanda une voix inquiète, que Nelly crut reconnaître comme étant celle de Madame Pomfresh.

-Personne d'autre. Nous avons évité le pire.

Était-il possible qu'Albus Dumbledore soit aussi présent ?

-Qu'est-ce qu'il faut faire Albus ?

Le professeur Mcgonagall. Qu'est-ce que le professeur Mcgonagall avait avoir avec tout cela ? Et puis d'ailleurs... Qu'est-ce que c'était que tout cela ? Nelly essaya de bouger, mais encore une fois, son être l'en empêcha, paralysée par la peur de ce qu'elle trouverait si jamais elle ouvrait les yeux.

-Il est évident qu'il faut prévenir ses parents.

-Mais comment le faire sans... sans tout raconter...

Un silence. Le rêve de Nelly, ou plutôt le cauchemar, avait-il pris fin ?

-Attendons que les principaux concernés se réveillent. Après tout, ce sont eux qui auront le pouvoir de décision.

Bien qu'elle ne le vit pas, elle pouvait aisément imaginer l'air grave de Madame Pomfresh et du professeur Mcgonagall qui, elle le savait, venaient d'acquiescer aux sages paroles du directeur. Les voix se transformèrent en bruits sourds, plus lointains, en salutations polies, en portes qui s'ouvraient puis se refermaient, et ce fut le silence complet. Dans l'esprit de Nelly comme dans la pièce, le vide menaçait de l'engloutir toute entière. La jeune femme sentit son cœur battre plus fort, et la panique la gagner. Elle eut envie de sauter du lit et de partir en courant, mais la douleur qui la prenait dans le dos et sur le visage l'en empêcha. « Ouvre les yeux », lui intima une voix, toujours plus forte, toujours plus prenante. En rassemblant le peu de courage qu'il lui restait, Nelly ouvrit les yeux. Pendant quelques secondes, elle dut s'habituer à la clarté de la pièce, qu'elle s'était imaginée noire dans son rêve. Ou était-ce réellement un rêve ? Ses yeux la piquèrent et, en les refermant frénétiquement plusieurs fois, elle commença à prendre conscience de la réalité environnante : elle était allongée sur un des lits de l'infirmerie - qu'elle n'avait vue que trop de fois - et le soleil qui entrait dans la pièce lui donnait l'impression que c'était le début de matinée. L'odeur était familière, et même peut-être rassurante : rien ne pouvait lui arriver sous la surveillance de Madame Pomfresh. Pendant quelques instants, elle continua à se demander ce qu'il allait se passer si jamais elle bougeait. Jamais son visage ne l'avait autant tiraillée et faite souffrir. Puis elle se dit que si réellement elle risquait de se désintégrer, jamais l'infirmière ne l'aurait laissée toute seule. Alors, les bras tremblants, elle appuya ses mains contre le lit moelleux et se releva, de sorte à ce que sa tête soit appuyée plus haut sur les coussins réconfortants du lit. Elle remonta sa couette, frigorifiée mais aussi en signe de protection et, hésitante et apeurée, approcha sa main de son visage. Lorsque sa main toucha la peau - mais était-ce réellement encore de la peau ? - Nelly sursauta. Elle avait l'impression de plonger ses doigts dans une cavité particulièrement granuleuse. La douleur que ça lui provoqua lui fit retirer instantanément sa main. A tâtons, elle chercha un miroir sur le rebord de la table de nuit. Fort heureusement, il y en avait un à portée de main. La boule au ventre, elle approcha gentiment l'objet de sa tête et, en respirant bruyamment, regarda. Les larmes lui montèrent immédiatement aux yeux. A la place des traits fins et délicats qu'elle s'étaient toujours connus se trouvait une large blessure béante, encore ouverte, injectée de sang qui avait noirci, qui partait du coin de son œil droit pour venir s'échouer au bas du recoin de sa lèvre inférieure. Nelly déglutit avec peine. Si Madame Pomfresh n'avait pas pu la sauver d'un coup de baguette magique, est-ce que ça signifiait qu'elle serait à tout jamais dévisagée ? Elle eut honte de penser à ça, mais le fait de voir son visage ainsi la répugnait. Incapable de se regarder plus longtemps, la jeune femme reposa le miroir. Puis, en relevant la tête, elle le vit. Allongé sur le dos, profondément endormi, la couette remontée de sorte à ce qu'uniquement son visage ne dépasse du lit. Ce même visage qui, le soir précédent, lui avait donné des sueurs froides, semblait désormais complètement épuisé, voir même malade, mais beaucoup plus serein. Puis Nelly se mit à pleurer. De grosses larmes lui dégoulinaient le long de sa blessure et venaient la brûler, mais elle était incapable de les faire s'arrêter. Elle pleurait en sanglotant, incapable de se retenir. Elle avait monté ses genoux contre sa poitrine et tenait la couette contre son visage de sorte à se donner un peu de réconfort. Elle pensa à son père, et eut envie de le voir. Elle pensa à sa mère, et au fait qu'elle avait besoin de ses câlins. Elle pensa au fait qu'elle était plus seule que jamais, et que sa vie telle qu'elle l'avait toujours connue était peut-être terminée. Probablement alertée par le bruit, Madame Pomfresh sortit en trombe de son bureau, sa baguette à la main. En voyant Nelly, elle eut une seconde d'hésitation. Mais la brune ne s'en formalisa pas, incapable d'arrêter le flot de larmes qui lui coulaient le long des joues pour venir s'échouer sur ses genoux. Alors, l'infirmière, doucement, vint s'asseoir à ses côtés sur le lit et, dans un geste plus maternel que ce que Nelly n'aurait pensé, vint la prendre par l'épaule en la berçant doucement. La jeune femme ne sut exactement combien de temps cela dura, mais, après un moment, elle sentit que sa respiration devenait plus normale, que ses larmes ne lui brûlaient plus, et que ses sanglots s'étaient arrêtés. Nelly ne ressentait plus rien.

-Allons allons ma petite, tout va bien maintenant. Vous êtes en sécurité.

Madame Pomfresh la berça une dernière fois, puis se releva du lit et se mit à inspecter la blessure. Nelly se laissa faire, le regard perdu, son cerveau s'étant momentanément arrêté.

-Eh bien, je vois qu'il y a déjà une très grande amélioration !
La jeune femme ne put s'empêcher de regarder l'infirmière comme si elle était devenue folle, mais Madame Pomfresh avait l'air sincère.

-Vous étiez en très mauvais état hier... Oui, très mauvais... Mais j'ai de bonnes raisons de croire que dans un jour ou deux, cette vilaine blessure ne sera plus que du passé !

Nelly fut instantanément soulagée. Ainsi donc, elle ne serait pas défigurée à vie. Mais ça n'avait pas réussi à faire disparaître l'incroyable tristesse qu'elle ressentait en regardant Remus. Madame Pomfresh s'éclaircit la voix et dit :

-Miss Wilbongs... Nous aurions besoin de plus de détails. En effet, si c'était... Monsieur Lupin... ou du moins, lorsqu'il était dans sa... « condition », qui vous avait infligé cette blessure, eh bien, j'ai bien peur qu'elle ne se résorberait jamais. Voyez-vous, c'est un maléfice très puissant et très noir qui a frappé Monsieur Lupin. Ainsi, s'il inflige des blessures à des sorciers lorsqu'il est dans son... état, eh bien la blessure ne peut être soignée par les moyens habituels. Mais, vu la vitesse à laquelle la vôtre se guérit, il est impossible qu'elle provienne du loup-garou...

Nelly sentit sa gorge se nouer. C'était de Remus dont elles parlaient. Remus, qui avait toujours été l'un des garçons les plus gentils, doux et compréhensifs qu'elle n'ait jamais connu. Remus, qu'elle pensait incapable de faire du mal. Remus, qui aurait pu la tuer ou, pire, la transformer en la même bête qu'il était devenu le soir précédent. Nelly sentit ses yeux se charger à nouveau. Elle tourna la tête et fit mine de se rasseoir correctement, ne souhaitant pas abuser de la bonté de Madame Pomfresh.

-Alors, comment ça s'est passé ?

Elle tenta de rassembler ses souvenirs. Lily était arrivée pour la sauver, mais elle n'était pas seule. Il y avait un ... cerf avec elle. Nelly avait la désagréable impression que Madame Pomfresh n'allait pas la croire si elle disait cela et, surtout, qu'elle trahirait peut-être quelqu'un. Mais comment justifier du fait que la griffe ne venait pas de Remus ? Et d'ailleurs, comment était-ce possible ? Elle avait bien vu le loup lui tomber dessus. D'une petite voix, elle dit :

-A vrai dire, je ne m'en souviens pas encore très bien, je suis désolée.

Madame Pomfresh hocha la tête et, avant qu'elle ne puisse répondre, du bruit se fit entendre à l'entrée de l'infirmerie.

-Pas plus de six personnes, dit précipitamment l'infirmière, avant de lancer un derrière regard à Nelly et de retourner dans son bureau.

Le cœur de la jeune femme se serra : Lily venait d'entrer, suivi de James et, étonnée, elle remarqua que Sirius, Peter et Alice les suivaient, l'air grave. Sirius et Peter étaient en retrait, et Nelly comprit que la situation ne s'était pas du tout arrangée avec James. Lui et Lily semblaient être dans la même pièce qu'avec beaucoup d'efforts. Elle ne sut pourquoi, mais elle en fut agacée. Le petit groupe s'avança tout de même vers elle et, pendant quelques instants, personne ne dit rien. Puis Lily finit par s'éclaircir la gorge et dire :

-Tu as meilleure mine que hier.

Sa voix n'était pas étranglée - comme Nelly l'aurait peut-être souhaité - ni même honteuse. Au contraire, la jeune femme avait presque l'impression que Lily lui en voulait, mais que sa conscience lui avait dicté de tout de même venir. Cette fois-ci bien loin des larmes précédentes, Nelly se redressa dans son lit et, sans la regarder, maugréa :

-Wouah, c'est fou ce que ça me fait me sentir mieux.

Elle comprit à la tête d'Alice qu'elle venait de mettre tout le monde mal à l'aise, mais peu lui importait. Après tout, ce n'était pas eux qui venaient de se faire attaquer par leur presque petit-ami sous sa forme de loup-garou. Encore une fois, le silence se fit entendre. Que James vint cette fois-ci briser :
-Nelly... Je... je suis vraiment content que tu ailles mieux. J'ai eu peur pour toi. Mais... J'aimerais savoir... de quoi tu te souviens exactement ?

Nelly le regarda : James avait l'air inquiet, mais non pas pour elle comme il le prétendait. Plus tendue que jamais, elle se redressa encore un peu plus et dit durement :

-Je me souviens que Remus s'est transformé en loup-garou, détail dont il avait oublié de me parler. Et qu'après ça, vous êtes arrivés. Mais toi tu... tout d'un coup il y a eu un cerf, je ne comprends pas !

Il vit James regarder malgré lui Sirius, puis Peter. Alice les regardait, les sourcils froncés. Seule Lily avait le regard résolument planté sur les draps de Nelly, et semblait sur le point d'exploser. La tristesse que la jeune femme avait ressentie auparavant était balayée par la tension et la colère qu'elle sentait monter en elle. James semblait très mal à l'aise lorsqu'il s'éclaircit la gorge pour dire :

-Nelly je... écoute, je ne sais pas exactement comment, mais il faudrait que tu trouves une autre histoire... tu peux dire que je suis venu te sauver !

Lily s'éclaircit la gorge et le fusilla du regard :

-Oui bon... qu'on est venu te sauver. Mais pas que... Pas qu'il y avait un cerf.

-Oh et au risque de paraître insensible, est-ce que je peux savoir pourquoi ?

Nelly sentait ses joues devenir fumantes et son irritation reprendre le dessus.

-Parce que... tu vois... Je n'ai pas réellement le droit d'être un cerf.

Pendant quelques instants, Nelly ne comprit pas : James, un cerf ? De quoi pouvait-il bien parler ? Il vit que Sirius et Peter regardaient de plus en plus le sol, les sourcils froncés. Alice semblait tout aussi perplexe qu'elle. Mais Lily avait relevé la tête et regardait désormais le mur, les bras croisés.

-Tiens donc. Je ne comprends pas pourtant, j'ai été une loutre pendant des années et personne ne m'a rien dit, répondit Nelly ironiquement.

Alice eut un petit rire qu'elle fit taire lorsqu'elle vit l'expression de James.

-C'est le moyen que l'on... que j'ai trouvé pour aider Remus dans son... petit problème de fourrure.

Nelly ne savait pas si elle devait s'énerver ou éclater de rire. Petit problème de fourrure ? Elle n'y comprenait rien.

-Tu n'es pas le seul à l'aider, lança durement Sirius.

-Oh, c'est vrai que Monsieur était là hier soir, milles excuses, répondit James avec un rire sans joie.

Alors que Sirius allait répondre, Alice s'interposa :

-Stop ! Il y en a vraiment ASSEZ de vos bêtises ! Vous mettez tout le monde à mal à Gryffondor avec vos histoires. Alors, quand c'est pour du Quidditch, ça m'importe peu. Mais quand l'une de mes meilleures amies se fait attaquer par un autre de mes amis, là ça me regarde ! Alors est-ce que quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il s'est passé ?

James la regarda et parut honteux.

-Eh bien... Remus est un loup-garou, comme tout le monde a pu le comprendre... Et... Avec Peter et... Sirius (il avait dit le nom tellement bas que Nelly dut tendre l'oreille pour l'entendre), on est devenu des Animagi, à partir de la troisième année pour... pour rendre le tout plus... agréable.

Lily eut un petit soupir sarcastique et Nelly lui lança un regard féroce.

-Mais là n'est pas la question. Tu ne peux rien dire Nelly. Personne n'est au courant et on n'a pas le droit de devenir Animagi sans se déclarer ! Et il faut avoir une bonne raison, et alors on devrait dire à tout le monde ce qu'est Remus.

Le regard plein de reproches que lui lança James ne plut pas du tout à Nelly, mais elle ne répondit pas. Serait-elle réellement capable de dénoncer Remus ? Après tout, ce n'était pas au garçon qu'elle en voulait...

-Et qu'est-ce que je suis censée dire ?

-Eh bien, que c'est Remus qui t'a attaquée, proposa Peter d'une petite voix comme si c'était évident.

-Elle ne peut pas, coupa Lily - ce qui rendit Nelly hors d'elle-même. Parce que la blessure qui lui a été infligée n'était pas de Remus, sinon elle serait permanente. Et c'est flagrant qu'elle se résorbe peu à peu. Pas vrai ? lança-t-elle en attendant que Nelly confirme son histoire.

-Bravo Miss Evans, encore une fois vous avez la bonne réponse. Dix points pour Gryffondor !

Nelly vit que James regardait Lily avec un sourire moqueur, et elle-même se sentait plus sarcastique que jamais. Mais, pour une fois, la rousse semblait n'avoir pas envie de se laisser faire.

-Tu peux en rajouter cinquante pour avoir sauvé ta vie ! s'écria-t-elle.

-Ce n'est pas toi, c'est James qui m'a sauvée !

-Oh non. James était sur le FLANC quand Remus est venu t'attaquer. Et d'ailleurs, je crois bien qu'il avait dans ses griffes un bout de ta ramure ou je me trompe ? demanda Lily avec un faux intérêt à un James qui était devenu rouge tomate. Si je n'avais pas jeté le sort, tu serais morte à l'heure qu'il est.

La tension sembla être retombée d'un coup, et Nelly se sentit soudain honteuse. Encore une fois, un silence glaçant pris la jeune femme aux tripes.

-Les filles, je ne crois pas que ce soit la bonne manière que de vous en vouloir... Nelly, sans Lily, tu serais morte, crois-le bien.

-Oh et je n'ai rien fait ? s'écria James.

Alice se tourna vers lui et Nelly vit à son air que ça ne valait rien de bon pour le jeune homme :

-Non, James. Parce que si j'ai bien compris toute cette histoires de fou, toi et les autres, vous êtes généralement AVEC Remus les soirs de plein lune. En revanche, où étiez-vous ce soir-là ?

Nelly fronça les sourcils, pas sûre de comprendre le soudain rougissement de James, Sirius et Peter et le malaise de Lily.

-Vous l'aviez oublié ! Et si Lily n'avait pas remarqué que c'était la pleine lune, alors tout cela aurait fini...

Mais elle ne finit pas sa phrase, coupée par les gros yeux que lui faisait la rousse. Et alors Nelly comprit. Ça n'était pas James qui avait tenu à venir la sauver. C'était Lily, et son comportement avait alerté Alice, qui avait demandé des explications et avait appris, en même temps que Nelly, que Remus était un loup-garou. Mais, bien évidemment, Lily était au courant... Peu importait les tenants de la situation aux yeux de la brune, ce qui comptait, c'était qu'encore une fois, la rousse lui avait menti, et avait prouvé qu'elle se montrait toujours plus intelligente qu'elle-même. Tout le monde semblait l'avoir compris, puisqu'il régna dans la pièce un nouveau malaise dont James, Sirius, Peter et Alice semblaient se détacher, puisqu'ils firent tous un pas en arrière. Lily regardait désormais Nelly dans les yeux, un mélange de honte mais aussi de défi dans le regard.

-Bien sûr... murmura Nelly, la gorge étranglée. Tu savais. Comment est-ce que ça pourrait en être autrement ?

Elle vit Lily regarder le sol pendant un instant mais, lorsque son regard remonta, Nelly comprit que quelque chose était définitivement cassé entre elles.

 

 

Toute cette situation était en train de la rendre folle. Elle n'avait pas fermé les yeux de la nuit, se tournant et se retournant en prenant conscience que depuis plusieurs semaines, tout le monde avait envie de lui faire porter le chapeau pour les mensonges qu'eux-mêmes dissimulaient. Lily avait un sentiment d'injustice qui grandissait à une vitesse folle en elle et, elle le savait, lorsqu'il exploserait, personne ne serait à l'abri. Elle retournait toute cette histoire dans sa tête inlassablement : comment se faisait-il que James arrive à se transformer en cerf ? Pourquoi est-ce que Remus avait choisi de voir Nelly alors que c'était la pleine lune ? Est-ce que Nelly allait-elle garder à vie les cicatrices des blessures infligées par Remus ? Cette histoire était complètement folle, et Lily était en passe de le devenir. Elle n'avait pas réussi à manger quoi que ce soit au déjeuner et, bien obligée de répondre aux questions incessantes d'Alice, avait été contrainte de lui raconter une partie de l'histoire. Puis la bande avait choisi de rejoindre l'infirmerie - Lily n'était pas bien sûr de comment Sirius et Peter étaient au courant - l'esprit morose et embué. La rousse y était allée car, au fond d'elle-même, la seule chose qu'elle désirait plus que tout au monde était que Nelly se remette de ses blessures. Mais elle n'avait pas été capable de le lui montrer et, l'énervement reprenant le dessus, la conversation s'était rapidement échauffée. La rousse crut comprendre ce qu'il s'était passé : lorsque James s'était transformé en cerf et avait repoussé Remus, celui-ci était déjà tellement aveuglé par l'appel du sang que cette fois-ci la compagnie d'un autre animal n'y avait rien changé. Au contraire, elle avait clairement vu avec quelle force il avait repoussé James, et la manière dont une des ramures du cerf restait dans sa patte. Ça devait être avec cela qu'il avait touché et éraflé la plus grande partie du visage de Nelly, sous les yeux horrifiés de Lily. Mais c'était une bonne chose : ça voulait dire que la jeune femme ne serait pas à son tour contaminée par le maléfice. Si Lily n'avait pas lancé le sort à temps, Nelly serait probablement morte. Bien que le sort ait été si puissant - et la rousse n'avait aucune idée d'où une telle magie lui provenait lorsqu'elle avait peur - que Nelly en était tombée, inconsciente, et que Remus avait fui dans la Forêt Interdite. Au petit matin, Lily avait vu James dans le parc aller chercher le garçon qui, inconscient, gisait aux abords de la forêt. Apparemment, c'était la première fois pour le loup-garou qu'il recevait un tel sort, et même lui n'avait pas été épargné. Si elle ne l'avait pas fait pour leur sauver la vie à tous, Lily ressentirait de la culpabilité envers Remus. Mais tout le monde semblait penser qu'elle était la coupable, alors que c'était grâce à elle que tout le monde était en vie. C'était dans cet état d'esprit d'injustice qu'elle explosa, incapable de se retenir davantage :

-Oui, Nelly ! Je savais que Remus était un loup-garou et ce, depuis notre troisième année. Tu veux savoir comment ? Je l'ai deviné. Parce que moi je prends la peine de découvrir qui sont les gens ! Et Remus a décidé de tout me raconter, parce qu'il a eu confiance en moi. Confiance que je ne souhaitais pas trahir en te révélant tout. Et puis, c'était à lui de choisir. Est-ce qu'il t'arrive de te dire que peut-être si les gens me font des confidences à moi et pas à toi c'est parce qu'ils n'en ont pas envie, ou es-tu tellement aveuglée par ta jalousie que de toute manière je suis la coupable pour tout?

Elle savait pertinemment qu'elle était allée trop loin. Elle n'était même pas sûre de penser tout ce qu'elle disait. Bien entendu que Nelly était digne de confiance. Lily avait juste passé tellement de temps à en apprendre sur le monde des sorciers qu'il était impossible de lui cacher quelque chose d'aussi gros qu'être un loup-garou. Elle vit dans les yeux de son ancienne amie que quelque chose était définitivement brisé entre elles. Au fond d'elle-même, Lily le regrettait. Mais actuellement, elle était incapable de le remarquer tant elle était habitée par une immense colère.

-Alors de rien d'avoir encore une fois sauver ta vie. Remets-toi bien et surtout, ne m'adresse plus jamais la parole.

C'était son impulsivité, celle qu'elle avait encore tant de mal à contrôler, qui parlait. Et Lily ne s'en sentait pas mieux, au contraire. Mais sa fierté la poussa à tourner les talons et, furieuse, elle claqua la porte de l'infirmerie. Elle fut rapidement rejointe par nul autre que James, qui semblait aussi sur les nerfs qu'elle-même.

-Comment tu oses réagir comme ça ? Je te signale que tu mens à tout le monde ! Et sans moi, tu serais toi aussi probablement morte. Tu ne savais absolument pas quoi faire contre Remus !

Au fond d'elle, Lily savait que James avait raison. Elle avait été paniquée de voir le loup-garou et, si James ne l'avait pas rassurée en se transformant en cerf, peut-être qu'elle se serait laissé aller à sa paralysie. Mais elle écrasa bien au fond d'elle la voix qui lui disait de calmer le jeu, et au contraire cracha :

-C'est ce que tu souhaites, pas vrai ? Être celui qui sauve tout le monde, être le premier, le meilleur dans tout, que tout le monde parle de toi ? Parfait. Je te laisserai dire aux autres que c'est toi le sauveur de Poudlard. Mais toi comme moi on connaît parfaitement la vérité : la vérité, c'est qu'à cause de ton immaturité et du fait que tu es incapable d'accepter que tu n'aies pas exactement ce que tu veux au moment où tu le veux, Nelly a failli mourir. C'est de ta faute que ça s'est produit ! Si tu avais un peu fait attention aux gens autour de toi, tu te serais rendu compte que la pleine lune allait arriver ! Mais non, tu préfères pleurer sur ton sort et mettre en cause tout le monde autour de toi au lieu de te remettre en question, pas vrai ?

Encore une fois, elle savait qu'elle était allée plus loin que l'acceptable dans ses paroles. Mais elle était hystérique, incapable de se retenir.

-Tu sais quoi James ? J'en ai marre. Marre de me sentir coupable, marre de devoir me rendre plus petite pour que toi tu ne brilles, marre de devoir me plier à tes quatre volontés simplement parce que tu es un garçon beaucoup trop gâté qui a toujours eu tout ce qu'il voulait.

Elle l'avait blessé. Elle pouvait le voir à la manière dont il avait délaissé son air arrogant, même son énervement, pour ses yeux qui donnaient l'envie à Lily de s'excuser sur-le-champ. Il la regardait avec profondeur, incapable de répondre. Puis, plus calmement qu'elle ne l'aurait pensé, il la délaissa dans le couloir. Désormais en colère autant contre elle-même que contre les autres, Lily marcha furieusement dans le couloir, bien déterminée à ne plus jamais adresser la parole à Nelly ou à James.

 

 

La scène avait été autant gênante qu'elle lui brisait le cœur. Sirius connaissait à nouveau la douloureuse expérience de la culpabilité. Il n'avait, jusqu'à présent, connu qu'une seule émotion plus destructrice : la haine. Mais au moins, dans la haine, il y avait une idée réconfortant qu'un jour la personne qui provoquait tant de colère allait payer. Ce que Sirius trouvait tellement difficile dans la culpabilité, c'était que toute sa colère était tournée envers lui. Le jeune homme se sentait atrocement mal d'avoir laissé tomber Remus. D'avoir laissé tomber Nelly. D'une certaine manière, il avait l'impression que tout avait commencé avec lui : s'il n'était pas entré dans la vie des Potter, dans la vie de James et de Cassidy, alors rien de tout cela ne se serait produit. Nelly n'aurait pas failli y laisser sa vie. Lily et James ne se détesteraient pas à l'heure actuelle. Et, Sirius le savait, Remus n'aurait pas à subir l'atroce souffrance qu'il subirait dès qu'il serait remis d'aplomb. Le jeune homme connaissait son ami : il savait pertinemment qu'il allait se sentir coupable de ce qu'il s'était passé. Mais ce n'était pas Remus le coupable. C'était lui, Sirius. Il avait oublié la pleine lune. Il avait juré à son ami qui avait une malédiction que personne ne pouvait comprendre qu'il pourrait toujours compter sur lui, et il avait failli à cette promesse. Et, à cause de tout cela, deux personnes étaient à l'infirmerie, deux autres se détestaient, et tout le monde se sentait incroyablement triste et gêné. C'était le cas d'Alice, qui avait fait un bisou sur la joue de Nelly en lui promettant de revenir la voir et qui était parti, les larmes aux yeux. C'était le cas de Peter, qui avait timidement dit au revoir à Nelly et qui en avait fait de même. C'était le cas de Nelly qui, Sirius le voyait, faisait son possible pour ne pas laisser les larmes s'échapper. Sirius restait planté devant elle, les bras ballants. Il voulait s'excuser. De tout son cœur il le voulait. Mais rien ne sortait. Alors, il murmura un faible au revoir envers la jeune femme, et la quitta, sachant que les larmes allaient couler dès qu'il serait sorti. Puis il passa devant le lit de Remus. Le jeune homme avait les yeux fermés. Sirius aurait aimé qu'il soit réveillé. Il aurait aimé lui dire de ne pas s'en vouloir, que tout était de sa faute, que son ami était la personne la plus forte et la plus gentille qu'il connaissait. Mais Remus dormait. Alors qu'il s'apprêtait à partir définitivement, un très faible reniflement attira son attention. Sirius y regarda de plus près : ça venait bien de Remus. Puis, lorsqu'il l'observa réellement, le noiraud vit les traces de larmes sur les joues de son ami. Alors il comprit. Remus ne dormait pas, et avait tout entendu. Incapable d'affronter la douleur lancinante qu'il ressentait dans le ventre, Sirius sortit en trombe de l'infirmerie. L'esprit vague et embué, il ne remarquait pas les regards sur son passage, les murmures des filles plus jeunes, ni même les questions que d'autres Gryffondors lui posaient à propos de deux personnes qui auraient fini à l'infirmerie. Machinalement, il retourna dans la salle commune de la maison rouge et or et, lorsqu'il posa son regard sur elle, il se rendit compte que c'était elle qu'il cherchait depuis tout ce temps-là. Sans qu'il n'ait besoin de se demander comment l'aborder, Cassidy lui tomba dessus :

-Sirius, dis-moi ce qu'il se passe ! James et Lily sont remontés dans leur dortoir, et aucun des deux n'avaient l'air d'avoir envie de parler. On dit que Nelly et Remus sont à l'infirmerie ? C'est grave ? Ils se sont faits attaqués ?

Sirius, face aux oreilles indiscrètes qui prétendaient ne pas écouter, fit signe silencieusement à la fille de le suivre. Sans un mot, ils déambulèrent dans les couloirs de Poudlard, puis finirent par atteindre l'air vif du mois d'avril dans l'enceinte du château. Puis il se tourna vers elle : ça faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas parlé qu'il n'était pas sûr de savoir comment s'y prendre. Sa voix serait probablement rauque. Il avait mal au cou. Peut-être aurait-il dû boire avant... Il secoua la tête. Les yeux de Cassidy n'étaient ni haineux, ni tristes. Elle le regardait simplement, s'attendant à des explications. C'était la seule chose bien qu'il pourrait faire le jour même : lui dire la vérité. Alors, sans plus réfléchir, il commença :

-Cassidy, ce que je vais te faire, tu dois me promettre que tu ne vas le répéter à personne. Mais je pense que tu mérites d'être au courant. Remus sera d'accord avec moi, j'en suis certain. Mais j'ai besoin d'avoir ta parole : c'est très important, ça n'est vraiment pas une plaisanterie. Et aussi, j'aurai besoin que tu ne m'interrompes pas quand je t'explique. Tu peux me le promettre ?

La jeune femme hocha simplement la tête, sans un mot, et, en la regardant de plus près, Sirius se sentit un petit peu mieux que ces derniers jours. Il sentit qu'il pouvait lui faire confiance. Alors il lui expliqua tout : le fait que Remus était un loup-garou, que lui-même l'avait appris - avec James et Peter - en troisième année. Qu'alors, ils avaient fait un pacte : ils deviendraient des Animagi. Lui-même pouvait se transformer en chien, James en cerf, Peter en rat. Ils étaient alors devenus les Maraudeurs, la bande de garçons inséparables de Poudlard. Parce qu'un secret plus fort que tout les liait. Parce qu'ensemble, ils avaient l'impression que rien ne pourrait leur arriver, que leur amitié était plus forte que tout. A mesure que Sirius parlait, il prenait conscience des mots qu'il disait : c'était vrai avant. Mais ça n'était plus le cas. Les Maraudeurs n'étaient plus. Le lien qui les unissait avait définitivement été brisé le soir précédent, lorsqu'ils avaient tous failli à Remus. C'était une cassure, et Sirius avait l'impression qu'elle serait à tout jamais définitive. Sa voix - rauque comme il l'avait prévu - se brisa alors qu'il lui expliquait la manière dont il avait oublié Remus, et que ceci aurait bien pu coûter la vie de Nelly. Puis il s'arrêta de parler. Les larmes qu'il retenait depuis tellement de jours lui piquaient les yeux, et lui nouaient la gorge. Un silence se fit. Où il entendait sans réellement les écouter le chant des oiseaux, le printemps bourdonner dans ses oreilles. Mais dans son esprit, tout n'était que vide. Puis, alors que le silence se prolongeait, il fut contraint à lever la tête. Cassidy le regardait. Mais elle n'était pas fâchée. Ça faisait longtemps qu'elle n'avait pas l'air d'être fâchée contre lui. Elle le regardait, et alors Sirius sentit une, puis deux larmes couler. Elle le regardait comme presque personne ne l'avait regardé dans sa vie : avec compassion. Doucement, elle s'approcha. Elle gardait ses bras croisés mais, d'une voix douce, dit :

-Sirius... Si seulement j'avais su. Mais je comprends. Je comprends que vous ne m'ayez rien dit.

Elle comprenait peut-être, mais Sirius pouvait sentir sa peine se joindre à celle qu'il ressentait actuellement. Cassidy s'approcha encore plus.

-Ce n'est pas de ta faute.

Il la regarda : elle était sincère. Elle le pensait réellement. Même s'il savait que rien ne pouvait faire fuir sa culpabilité actuellement, il se sentit tout de même momentanément soulagé. Cassidy restait silencieuse. Sirius remarqua que c'était souvent le cas : la jeune femme ne parlait jamais pour ne rien dire, ne s'épanchait pas sur ses émotions, restait mystérieuse. Et peut-être que c'était ça qu'il aimait autant chez elle. Puis, d'une voix brisée, il dit :

-Ton frère avait raison Cassy. Je ne suis pas quelqu'un de bien. Ni pour toi, ni pour personne. Je ne suis même pas bien pour moi-même. Il avait raison depuis le début. Tu mérites tellement mieux que moi. Et je suis... Je suis tellement désolé pour tout ce que je t'ai fait.

Il l'avait dit. Ses mots qui lui brûlaient le ventre mais qu'il était incapable de prononcer étaient enfin sortis. Cassidy ne pleurait pas. C'était difficile de sonder ce qu'elle pensait. Sirius avait l'impression que la jeune femme avait mûri d'un coup. Que les rôles étaient échangés : qu'il était le petit garçon, et qu'elle était celle qui le protégeait. Elle ne dit rien. Et le garçon prit conscience qu'il n'y avait plus rien à dire. Alors, en lui pressant la main une dernière fois, Sirius prit congé de la jeune femme, plus vide qu'il ne l'avait jamais été dans sa vie entière.

 

 

Son esprit bouillonnait : cela faisait quarante minutes qu'il tournait en rond dans son dortoir, se repassant encore et encore la scène dans son esprit. Alors comme ça il était le méchant ? Tout le monde lui faisait du mal et c'était lui l'enfant gâté ? Lui, qui avait sauvé la vie de Nelly ? Lui, qui était toujours là pour ses amis alors que ses amis lui mettaient des couteaux dans le dos ? James n'en revenait pas : il avait l'impression que c'était une mauvaise blague, que quelqu'un allait apparaître dans l'encadrement du dortoir et lui dire : « Surprise ! Tout cela n'était qu'une farce pour ton anniversaire ! ». Mais au fond de lui, il savait que ce n'était pas une farce. Et, plus il essayait de lutter contre tout ce qu'il venait de se passer, plus la réalité s'imposait à lui : il avait réussi à se mettre à dos la plupart de ses amis, sa petite-amie, et James n'était pas bien sûr de la manière dont Remus réagirait quand il se réveillerait. Pris de panique à l'idée de perdre la dernière personne qu'il avait à ses côtés, le jeune homme sortit en trombe du couloir, bien décidé à retourner à l'infirmerie et à être le premier au chevet de Remus lorsqu'il se réveillerait. Mais, avant qu'il ne put sortir par le trou du portrait, il fut intercepté par Cassidy.

-Écoute, ce n'est pas le moment, il faut que j'aille voir Remus, lui dit-il précipitamment sans regarder sa petite sœur.

-Non, répondit fermement Cassidy. D'abord, on parle.

En baissant le regard vers sa petite sœur, James comprit que c'était sérieux. Il fronça les sourcils : c'était lui qui était censé être énervé contre elle. Comment se faisait-il alors qu'elle ait l'air aussi remonté ? Elle pointa du doigt le trou du portrait et, ensemble ils sortirent, contournèrent les statues et se trouvèrent devant la porte qui menait au local des Préfets-en-chefs.

-On ne peut plus entrer je te signale, dit James avec humeur.

-Je sais, répondit sèchement Cassidy. Mais ici, peu de risque que quelqu'un nous entende.

James croisa les bras et la regarda en essayant de prétendre que son cœur n'était pas entrain de lui sortir de sa poitrine. Cassidy, au contraire, avait l'air beaucoup plus sûre d'elle lorsqu'elle dit :

-Est-ce qu'il t'arrive parfois de te remettre en question James ? De te dire que tes petits malheurs qui t'arrivent sont plus de ton fait que de ceux des autres ? Que peut-être, c'est toi qui pousses les autres à agir comme ils le font ? Que tu n'es pas une petite victime et les autres les grands méchants ?

James la regarda, les yeux tellement écarquillés qu'ils commençaient à lui piquer. Était-il en train de rêver ?

-Je... Je... bégaya-t-il mais Cassidy le coupa d'un signe de la main.

-Inutile, continua-t-elle. Ça fait depuis que nous sommes enfants que tu prends toute la place. Que tout est toujours centré autour de toi, de ta personne, de tes succès, de tes amis. Et regarde comment tu réagis lorsque que tu te rends compte que tu n'es pas le centre de la terre ? Que peut-être certaines personnes n'ont pas eu assez confiance en toi pour te confier leurs problèmes ?

-Je peux savoir ce qu'il te prend ?! dit-il en gonflant sa voix et en voulant se donnant l'air de celui qui ne comprenait pas où elle venait en venir.

C'était probablement raté, parce que Cassidy eut un soupir et secouait la tête :

-Où je veux en venir James, c'est que hier soir, ton meilleur ami avait besoin de toi, et que tu l'as laissé tomber parce que tu es jaloux de l'histoire qu'il y a eu entre Sirius et moi. Et qu'après ça, au lieu de t'excuser et de remercier LILY, qui elle s'est souvenue de la pleine lune, tu en remets encore une couche.

James était abasourdi. Il essayait vainement de prendre conscience de ce qu'il venait de se produire. De ce que Cassidy était en train de lui faire passer comme message.

-Tu... Tu es au courant pour... ? demanda-t-il, la voix étranglée.

Cassidy hocha la tête :
-Sirius me l'a dit. Tu vois... Comme quoi, toi aussi tu as des secrets que tu as caché à tout le monde. Souviens-t-en.

Puis elle s'en alla, le laissant pantelant. Alors, James sentit quelque chose en lui se briser comme jamais ça ne s'était brisé dans sa vie.

 

Note de fin de chapitre :

Merci de votre lecture!
Je vous dis à bientôt pour un nouveau chapitre :)

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