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Défaut d'envois des mails


Les hiboux se sont perdus !

Vous avez dû remarquer que les notifications (de nouveaux chapitres, de nouvelles reviews et autres) n'arrivaient plus dans votre boite email ! Effectivement, les hiboux sont en grève pour quelques temps. Notre équipe technique est sur le coup pour corriger le problème aussi vite que possible. Merci de votre compréhension !


Jim Kay pour Bloomsbury Publishing


De Le CA et l'équipe technique le 26/09/2022 17:05


Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Je ne sais pas si vous l'aviez deviné... Mais voilà le troisième chapitre de cette "trilogie" : Mulciber.

Honnêtement, j'ai eu l'idée de ce chapitre assez tard dans ma fanfiction. Je dois avouer qu'au départ j'avais imaginé cette relation entre Dorcas et Mulciber, sans réellement savoir ce que j'allais en faire. Puis après je me suis dis qu'il fallait de la cohérence. Nous parlons bien de Mulciber, qui a fait quelque chose de si terrible que Mary McDonald n'est jamais revenue à Poudlard. Alors j'avais besoin, pour moi-même, de m'infiltrer plus dans le personnage. Ce n'est pas facile de le faire avec un personnage aussi noir, mais j'ai en tout cas eu beaucoup de plaisir à essayer!

Je vous souhaite donc une très belle lecture, et n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ce chapitre inédit et très différent des autres ;-)

 

Il faisait nuit, et froid. Malgré le feu de cheminée que Ella, l'elfe de maison avait préparé, le petit garçon se tenait sur le canapé vert en velours, grelottant, attendant que sa maman lui apporte la couverture qu'elle lui avait promise. C'était souvent le cas dans le manoir que son père pouvait leur payer depuis sa promotion au ministère de la magie. Les plafonds étaient hauts, les murs épais, l'atmosphère aussi froide que la température. Le manoir était immense, c'était un fait. Mais le garçon ne s'y sentait pas bien. Il aurait préféré rester dans la maison familial de son enfance, avec ses grands-parents. Mais si son père décidait qu'il était temps de déménager, alors il était temps de déménager. Et s'il décidait de retenir sa mère avant qu'elle ne puisse lui amener sa couverture, alors il n'y avait rien que le petit garçon de six ans ne puisse faire contre cela, si ce n'était se rapprocher du feu, et espérer ne pas mourir de froid. Il pourrait la demander à Ella, mais il savait pertinemment que l'elfe serait la seconde sur laquelle son père allait se venger. Puis viendrait son tour. Parce qu'il n'aurait pas fermé une porte correctement, qu'il aurait laissé la lumière dans la salle de bain, ou tout simplement parce qu'il ne serait pas au bon endroit. C'était ainsi depuis qu'il était né. Le garçon avait fini par comprendre : toutes les fois où il avait voulu s'interposer entre son père et sa mère, c'était lui qui avait ramassé les coups. Mais, lorsqu'il ramassait les coups, sa mère ne s'interposait pas. Elle restait, comme on lui avait appris, en retrait, et venait soigner ses plaies après, sans autre marque d'affection. Il avait pu compter sur Ella pendant un certain temps, jusqu'à ce que son père ne l'attrape un soir à faire un câlin à l'elfe, et lui fasse comprendre que jamais un sorcier digne de ce nom ne se laissait aller à de tels bassesses avec des êtres inférieurs. Quant à l'elfe, elle avait été projetée si fort dans les escaliers qu'elle ne s'en était pas remise pendant deux semaines, mais - sous les menaces du père de famille - avait tout de même dû continuer les tâches ménagères. Il avait refusé de la soigner par la magie, et elle conservait désormais les traces de cette incartade, ainsi que son œil, qu'elle avait perdu. Depuis, plus jamais le petit garçon n'avait montré de signe d'affection envers son elfe de maison, et plus jamais l'elfe n'avait contredit le père de famille. C'en était de même pour la mère qui, actuellement, était en train de passer un sale moment pour avoir oublié de prévenir le père de sa sortie de l'après-midi au salon de thé du village avec des amies. Mulciber, malgré ses six ans, le savait : il devrait non seulement attendre pour sa couverture, mais il allait lui-même devoir subir la fureur destructrice de son père ce soir-là.

 

Les larmes n'avaient cessé de couler. Depuis qu'elle avait compris que tout ce qu'elle avait pu nourrir comme espoir, comme rêve, n'était que du vent, Dorcas avait l'impression que sa vie avait pris un autre tournant. Elle se rendait compte, avec un effroi non contrôlable, qu'elle avait mis entre parenthèse la plus grande partie de ses études à Poudlard pour un garçon qui ne l'avait jamais respectée, qui ne l'avait jamais prise en compte, qui ne l'avait jamais aimée. Elle le savait au fond d'elle-même, et c'était pour cela qu'elle n'arrivait même pas à laisser le bénéfice du doute au garçon, c'était son esprit qui avait imaginé ce qu'elle voulait de Mulciber. C'était elle-même qui, parce qu'elle le voulait tellement, s'était imaginée ce qui l'arrangeait de lui. Elle s'en voulait plus à elle-même qu'elle ne lui en voulait à lui. Elle se trouvait idiote, dénuée d'intelligence et de bon sens, et se sentait comme une moins que rien. Comment avait-elle pu croire ne serait-ce qu'une seconde que quelqu'un comme elle pourrait attirer l'attention, voir même l'affection d'un garçon tel que Mulciber ? Dorcas pleurait silencieusement, la tête dans son coussin pour ne pas réveiller les filles de son dortoir, incapable d'arrêter les sanglots qui la tourmentaient. Elle aurait aimé réveiller Cassidy, tout lui raconter d'une traite, et que son amie soit là pour la réconforter. Mais ça lui semblait difficile : car comment quiconque pourrait lui pardonner ce qu'elle avait fait ? Et surtout, avec qui elle l'avait fait ? Dorcas avait bien trop honte de s'être laissée ainsi menée en bateau pour se confier à qui que ce soit. Ainsi, ce serait ça la fin de sa vie à Poudlard : réussir avec médiocrité des ASPICS qui ne lui serviraient qu'à se trouver un emploi moyen, sans ami, sans petit-ami, sans personne pour l'aimer. Mais Dorcas n'en voulait pas aux autres : comment pouvaient-ils l'aimer alors qu'elle-même se détestait ? D'une certaine manière, cette pensée la fit s'arrêter de pleurer presque instantanément. Après tout : elle méritait ce qui lui arrivait. C'était elle qui s'était mise dans cette situation. Elle ne méritait pas de pitié, elle n'avait même pas de quoi pleurer. C'est pourquoi les larmes s'arrêtèrent. A la place, elle se mit sous ses draps, et ressentit un vide intense dans sa poitrine, qui se prolongea jusque dans ses veines, et sembla lui envahir le cœur. Dorcas ne comprenait pas comment elle avait pu en arriver là. Mais ce qui la taraudait de plus, c'était de se demander ce qui avait pu se passer dans la vie de Mulciber, pour qu'il devienne le jeune homme aussi froid et cruel qu'il était.

 

Le même garçon terrifié sur son canapé gelé était désormais un adolescent de douze ans, qui rentrait pour les vacances de fin d'année de sa nouvelle école.

-Slughorn est devenu directeur de Serpentard ?

-Oui, père.

-Mmmh... Je l'ai toujours trouvé trop... faible pour cela.

-Je suis du même avis, père.

-Il reste un bon professeur des potions. Écoute-le.

-Oui, père.

Depuis qu'il était entré à Poudlard, à Serpentard, il avait l'impression d'avoir acquis un nouveau respect de la part de son père. De plus, ce dernier était désormais tellement pris par son poste au ministère que, lorsqu'il rentrait, il n'avait plus la même énergie pour s'énerver contre sa famille. D'une certaine manière, Mulciber avait l'impression que le fait d'avoir gradé dans sa carrière l'avait fait devenir plus décent dans sa vie personnelle. Puis, le garçon le savait, il y avait aussi le fait que lui-même et sa mère aient finalement compris le fonctionnement du père, et que ce dernier avait de moins en moins de quoi s'énerver.

-Tu es ami avec le petit Malefoy ?

Mulciber haussa les épaules. Son cœur se mit à battre contre ses tempes lorsqu'il vit les yeux de son père se couvrir de cette noirceur qui lui faisait tant peur lorsqu'il était enfant. Qui lui faisait toujours peur, s'il était honnête envers lui-même.

-Je veux dire : oui père. Lucius est un garçon... gentil. Mais il est très souvent en compagnie de Crabbe et Goyle alors...

-Crabbe et Goyle ? lança son père avec dédain. De la pure racaille. Tu vaux bien mieux qu'eux. Les Malefoy sont des personnes importantes dans ce monde, fils. Garde les gens importants proches de toi.

Mulciber acquiesça en silence.

-Et les Black ?

Le garçon savait, au regard en coin et au ton doucereux de son père, que cette question était un test. Il déglutit avec peine et, en choisissant ses mots avec soin, répondit :

-Bellatrix est plus âgée que moi, je ne la côtoie pas. Narcissa fait partie de mon année, mais je ne lui ai presque jamais adressé la parole. Pour l'instant, rajouta-t-il face au regard suspicieux de son père.

Ce dernier s'approcha de quelques pas, et Mulciber sentit son corps se tendre. Il aurait eu envie de fermer les yeux, mais savait que ça ne ferait qu'empirer la colère de son père. Puis, sans que le garçon ne s'y attende, il fit ce qu'il n'avait presque jamais fait au cours de sa vie : il lui mit la main sur l'épaule, et lui sourit :

-Je dois t'avouer qu'au ministère, on ne parle que de ça. La fille aînée qui marie un moldu était déjà l'opprobre de la famille, mais après tout, ça n'était qu'une fille. Mais ce Sirius qui atterrit à Gryffondor...

Son père se mit à rire de manière cruelle, et Mulciber se força à le joindre, plus menacé que fier de la main que son père tenait toujours sur son épaule.

-Je suis content que mon fils soit mon digne descendant.

Mulciber acquiesça et fut soulagé de voir que son père venait d'enlever sa main, et s'était dirigé vers la pièce qui constituait son bureau, avant de fermer la porte.

-Maître, voici votre thé, dit une petite voix proche du sol.

Mulciber baissa la tête vers la tête toujours plus fripée et dégoûtante d'Ella. Lorsque la petite elfe lui tendit la tasse, les mains tremblantes, cette dernière lui glissa des mains et s'écrasa par terre dans un grand fracas. Alors, le garçon, fou de rage, hurla :

-Comment est-ce qu'on peut être aussi empotée ? Va m'en faire une autre !

Avant qu'elle ne parte, Mulciber administra une gifle magistrale à Ella, pour qu'elle apprenne la leçon. Il savait que son père, derrière la porte du bureau, était fier de lui.

 

 

-Alors, qu'est-ce que tu as dit à Lucius, finalement ?

Narcissa soupira. Lorsqu'elle avait revu son petit-ami après qu'il se soit mystérieusement éclipsé ce soir-là, elle avait brodé un mensonge impliquant une fête secrète dans le dortoir des filles. Elle était persuadée qu'il n'irait pas jusqu'à vérifier auprès des autres filles l'information, et Erin l'avait elle-même confirmée. Cependant, une fois venu son tour de s'expliquer, le blond avait tout simplement répondu : « soirée entre mecs », et la conversation s'était tournée vers un autre sujet. Narcissa n'était pas satisfaite : d'une part car elle pouvait sentir qu'il lui mentait, et d'autre part car il n'y avait absolument pas eu de soirée dans le dortoir des filles. Elle avait passé la sienne à faire ses devoirs, s'inquiéter et ruminer.

-Depuis que tu as confirmé la soirée secrète entre filles, on n'en a plus reparlé, maugréa-t-elle, obligée d'accepter la défaite.

Erin eut l'amabilité d'acquiescer sans dire à voix haute ce qu'elle pensait tout bas. Les deux jeunes femmes se trouvaient dans la Grande Salle et mangeaient leur repas, les cahiers de devoirs encore ouverts devant leurs yeux.

-J'ai l'impression qu'on n'aura jamais fini cette maudite année, soupira Erin en lançant sa fourchette pleine de purée dans son assiette.

-Ne m'en parle pas. Tu imagines si on échoue ?

Narcissa se faisait réellement du soucis : bien que les Blacks furent une famille très puissante, la jeune femme le savait, ils n'avaient plus le droit à l'erreur. Après qu'Andromeda se soit enfui avec ce moldu et que Sirius ait rejoint les Gryffondors, la jeune Black se devait de suivre les pas de sa sœur, et de réussir ses études avec brio. Cependant, plus les mois avançaient, plus elle avait l'impression que les histoires du quotidien et l'atmosphère du monde actuel la tenait éloignée bien loin des études. Perdue dans ses pensées, elle sursauta lorsqu'une main vint se poser sur son épaule.

-Salut, dit Lucius de son habituel ton froid sans l'embrasser.

La blonde avait l'impression que leur relation, après s'être améliorée, était revenue au point de départ. Et elle-même n'avait pas le courage d'aborder la conversation avec Lucius. Après tout, dans deux mois, ils seraient bien loin de Poudlard, et elle aurait toute une vie pour aborder les difficultés de couple à ses côtés. C'était une notion qui, si elle y pensait, l'effrayait au moins autant que rater ses études. Mais elle n'eut pas le loisir d'y penser plus qu'outre-mesure, puisque le reste de la bande les rejoignit, excepté Mulciber. Elle jeta un coup d'œil vers Erin, qui semblait déçue. Elle n'avait toujours pas trouvé le moyen d'aborder le sujet du garçon avec son amie, qu'elle n'avait jamais vu aussi éperdue de quelqu'un.

-Où est Mulciber ? demanda Rosier, qui, pour une raison que Narcissa ignorait, semblait particulièrement heureux ce jour-là.

-Bonne question, lança Lucius avec un regard noir. J'ai à lui parler.

Les autres se turent, et la bande se mit à manger en silence. Mais ce dernier fut empli de tension lorsque Mulciber arriva enfin et s'assit aux côtés d'Erin, comme si la fille et la pièce entière lui appartenaient. Narcissa se tendit en sentant Lucius lever la tête, fulminant, et regarder Mulciber droit dans les yeux. Elle avait l'impression que ça ne pouvait rien donner de bon.

-C'est maintenant qu'on te revoit ? finit par dire Lucius, Mulciber ne s'étant pas senti menacé par le regard du chef de la bande.

Narcissa osa à peine regarder Erin, qui, elle avait l'impression, s'était mise à fusiller Lucius du regard.

-Un problème ? demanda lentement le garçon aux cheveux noirs en regardant Lucius droit dans les yeux.

Narcissa pouvait sentir que son petit-ami, à ses côtés, allait perdre son sang-froid. Elle jeta un coup d'œil vers la table des professeurs et prit la main de Lucius en la pressant, afin de lui faire comprendre que ce n'était pas le moment de faire une scène. Il se passa quelques douloureuses secondes avant que Lucius n'inspire bruyamment et dise :

-Ce n'est pas le moment. Je te parlerai après.

Mulciber eut un petit rire moqueur et se tourna vers Erin en lui baisant gentiment la joue, que Narcissa vit immédiatement rougir. Puis il se tourna vers elle et l'interrogea du regard d'une manière qui rendit la blonde au moins autant gênée que son amie. La jeune Black se posait énormément de questions : elle se rendait compte qu'elle allait se marier à un sorcier dont la famille était très puissante, et, au fond d'elle-même, elle savait que Lucius n'était pas la personne la plus morale qui existe. Mais c'était ça qui la rassurait : de le savoir. Lorsqu'elle regardait Mulciber, elle n'arrivait pas à comprendre. Elle n'arrivait pas à prédire ses réactions. Et, à son sens, c'était ce qui faisait de lui le plus dangereux de tous.

 

-Cette vieille toupie nous a encore enlevé des points. Elle nous déteste, et elle triche pour que sa maison l'emporte cette année, c'est sûr.

Il se tenait là, avec les autres, comme c'était devenu leur habitude au cours de l'année. Mulciber regardait Lucius Malefoy, au milieu du groupe, débiter sa haine du professeur Mcgonagall, qui venait encore d'enlever des points à Serpentard pour mauvaise conduite lors de son cours. Il réprima un sourire : il avait rarement vu la directrice de la maison Gryffondor aussi en colère, et ça n'était pas pour lui déplaire de savoir qu'il y était grandement pour quelque chose. Comme d'habitude, le professeur Slughorn avait réussi à arrondir les angles. Il devait lui laisser cela : bien qu'il soit de son avis un faible, il savait tout de même reconnaître la valeur des gens. Et ça, Mulciber l'avait compris plus que jamais, que certaines personnes valaient mieux que d'autres. C'était ainsi qu'il se retrouvait dans le cercle très restreint de la « bande à Malefoy », comme on avait commencé à les surnommer autour d'eux. Ainsi qu'il se retrouvait à écouter le blond fulminer, les autres le regardant avec admiration ou avec une certaine crainte. Mulciber ne ressentait aucun des deux à l'égard de Lucius. Il le voyait comme un simple moyen d'arriver à ses fins, à ce que son père voulait qu'il soit.

-On a intérêt à se tenir à carreaux, les prochains cours, fit Wilkes, que Lucius fusilla du regard.

-A carreaux ? Est-ce que Mcgonagall te ferait-elle autant peur, Wilkes ? sourit Mulciber en voyant son camarade rougir.

Lucius se tourna vers lui, et Mulciber sentit que sa voix avait légèrement changé, s'était légèrement teintée de doutes lorsqu'il lui dit :

-Je te signale que c'est à cause de toi que l'on a perdu tous ces points. Est-ce que ton père se contrefiche de savoir qui gagne la coupe des maisons ?

Mulciber ne cilla pas. A réellement parler, il savait pertinemment que son père était plus fier du désordre qu'il menait à Poudlard que des points qu'il pouvait ramener. « C'est un signe de puissance, que de réussir à déstabiliser l'adversaire », lui avait-il dit lors des vacances d'été avant sa rentrée en quatrième année. Mulciber devait avouer que depuis qu'il écoutait les conseils de son père, et qu'il ignorait les regards silencieux de sa mère le quémandant de ne pas suivre le chemin de ce dernier, sa vie à Poudlard avait considérablement changé. Il avait gagné en respect, gradé dans les estimes de ses amis et, surtout, s'était trouvé une place de choix dans la bande. Plus Mulciber observait Lucius, plus il se disait que le fait qu'il ne se trouve où il se trouvait n'était que le fruit du pur hasard : il ne trouvait pas au blond un leadership particulièrement affirmé, ni n'enviait le fait qu'il devait sans cesse être accompagné de Crabbe et de Goyle pour se tenir en sécurité. Mulciber, quant à lui, préférait n'avoir besoin que du minimum de personnes, et ne faisait réellement confiance à aucun d'entre eux. « L'amitié n'existe que pour les faibles qui en ont besoin » : une autre leçon qu'il avait retenue de son père. Lui, au contraire, faisait partie de la bande, était regardé avec crainte par tous les autres Serpentards, fui par le reste de Poudlard, sans avoir à gérer toute une bande d'adolescents en quête d'un respect qu'ils n'auront jamais mérité. Puis, il le savait pertinemment au fond de lui, jamais Lucius n'oserait s'opposer à lui. C'est pourquoi il s'avança de quelques mètres et dit :

-Il serait plutôt fier de savoir que je me suis opposé à la directrice de la maison Gryffondor. A moins qu'elle ne t'inspire un certain... respect ?

Il l'avait déstabilisé, il le voyait au changement dans son regard. Heureusement pour lui, Lucius savait bien jouer la comédie. Mulciber savait que les autres n'avait peut-être pas remarqué le jeu de pouvoir qui venait de se passer entre eux, et encore moins que c'était lui qui venait de le remporter. Mais c'était aussi cela qui, à son avis, le rendait plus fort que Lucius : il n'avait pas besoin que quiconque le remarque, tant que lui le savait.

-Certes, finit par dire Lucius. Mais ce n'est pas la peine de le faire à chaque fois.

Mulciber hocha la tête avec indifférence, puis l'attention du groupe fut attirée par les sifflements d'Avery : dans la cours du château venait de passer un groupe de filles de Serpentard, dont Narcissa Black.

-J'ai entendu dire que ton père avait des projets pour toi et Narcissa. Petit chanceux, rigola Rosier en tapant sur l'épaule de Lucius.

Mulciber observa le blond : il n'avait pas particulièrement l'air heureux, mais il le prit tout de même à se retourner sur le passage de la jeune femme. Lui-même en fit de même : Mulciber, depuis son entrée à Poudlard, avait toujours eu un rapport à la gente féminine particulier. Il pouvait sentir à quel point il leur faisait peur, mais il savait aussi qu'elles étaient attirées par lui. D'autant plus désormais que ses hormones lui jouaient des tours, il aimait en profiter. Il regarda la blonde : il y avait quelque chose chez Narcissa Black qui la rendait impossible à ignorer. Elle était impeccable, droite, fière, portait les traits hautains de sa famille jusque dans ses yeux d'acier, mais rendus beaucoup plus doux que ceux de sa sœur par sa belle chevelure blonde et son aspect délicat. Lorsqu'il l'observa, Mulciber sentit son ventre le chatouiller : elle était ce que tout garçon de Serpentard pouvait espérer de mieux : belle, discrète, et d'une pureté impeccable. La jeune femme sembla sentir qu'on l'observait avec intensité, puisqu'elle détourna le regard. Mulciber la fixa, indifférent au fait que peut-être ses camarades l'avaient remarqué - dont Lucius, jusqu'à ce que la jeune femme lui donne exactement ce qu'il voulait. Elle détourna rapidement le regard et rougit. Il remarqua à sa position qu'il venait de la déstabiliser. Ravi d'être arrivé à ses fins, il se tourna vers les autres et dit :

-On va faire une partie de Quidditch ?

 

Il avait attendu un petit moment, le temps que les autres ne trouvent un sujet de conversation qui les occupent assez pour qu'il puisse s'éclipser. Il avait alors mangé en silence, fulminant contre celui qui était en diagonale de lui et qui ne cessait de faire rougir Erin Midawes. A ses côtés se tenait Narcissa, au moins autant muette que lui. Il pouvait sentir au regard qu'elle lançait à Mulciber qu'elle aussi se posait les mêmes questions que lui. Lucius ne l'avouerait jamais mais, au fond de lui, il était content de savoir que sa petite-amie avait cette aversion-là pour Mulciber. Car il n'était pas très bien sûr de ce qu'il aurait pu faire si jamais le garçon avait décidé que la jeune Black serait sa cible. Après tout, Lucius l'avait vu à l'œuvre : Mulciber obtenait toujours ce qu'il voulait de ses proies.

-Je peux te parler ? finit-il par dire en jetant sa cuiller dans son flanc au caramel, trop agacé par les gloussements d'Erin.

Mulciber le regarda avec une fausse naïveté :

-Moi ? dit-il.

-Toi, assura Lucius, plus déterminé que jamais.

Il se leva et attendit que Mulciber, en prenant tout son temps, n'en fasse de même. Puis les deux garçons quittèrent la Grande Salle et Lucius s'arrêta dans la première salle de classe de libre.

-Je peux savoir ce que tu fichais, l'autre soir ? J'avais bien dit que toute la bande devait être présente.

Pendant quelques instants, le silence se fit, et Lucius pouvait entendre son cœur cogner contre ses tempes. Il espérait de toutes ses forces que la chaleur qu'il ressentait au niveau de ses joues ne transparaîtrait pas devant Mulciber. Le garçon, quant à lui, semblait autant calme qu'avant, voir même joueur. Il sourit d'un air moqueur et dit, continuant son faux-semblant de naïveté :

-Pour faire entrer Hufley dans la bande ? Je ne croyais pas que tu étais sérieux.

Puis il fit un geste pour sortir de la pièce mais Lucius, porté par la colère qu'il ressentait et par le fait qu'il se sentait perdre pied, le bloqua d'un geste brusque du bras :

-Pas si vite. J'ai spécifié que c'était très important.

-Pourquoi ? demanda Mulciber, que le geste de Lucius avait rendu plus froid mais aussi plus irrité.

Lucius devait combattre chaque nerf de son corps qui avait envie de reculer face au noiraud. Mulciber était un peu plus grand que lui, quelque peu plus costaud aussi. Dans le fond, ils avaient un gabarit similaire, et Lucius se savait assez bon en magie. Pourtant, il savait pertinemment que Mulciber possédait quelque chose que lui n'arrivait pas à trouver en lui, ou tout du moins pas de la même façon. Parfois, Lucius avait l'impression que Mulciber agissait comme s'il n'avait rien à perdre. Et, aux yeux du blond, c'était ce qui le rendait si dangereux.

-Nos pères sont amis au ministère. Hufley doit faire partie de la bande.

Lucius savait que l'argument était faible, mais il ne pouvait se laisser l'occasion de flancher.

-Eh bien, j'avais des choses plus intéressantes à faire.

-Lesquelles ?

-Elles ne te regardent en rien.

Lucius fronça des sourcils : qu'est-ce que Mulciber pouvait bien manigancer derrière son dos ? Abandonnant tout faux-semblant de camaraderie, il cracha au garçon :

-Que ce soit la dernière fois que je t'y prenne.

Alors qu'il s'apprêtait à sortir de la salle de classe, Lucius s'arrêta net lorsque Mulciber se mit à rire. D'un rire dénué de joie, dénigrant, cruel.

-Sinon quoi, Malefoy ? - il avait dit son nom avec tellement de dédain que Lucius savait pertinemment qu'il avait cette fois-ci rougi - tu vas me faire une démonstration de ta force légendaire ? De ton habilité au combat ? Vas-y, je n'attends que ça.

A mesure qu'il parlait, Mulciber se rapprochait dangereusement de lui, et Lucius détestait le fait qu'il se retrouvait presque coincé entre le jeune homme et la porte. Mais il ne pouvait se laisser aller à la peur.

-Je crois que tu oublies ta place, Mulciber, cracha-t-il, bien déterminé à lui faire rappeler quel nom valait mieux que l'autre. Ton père a peut-être gradé, mais lui-même n'oublie pas d'où il était parti. Dans le fond, tu resteras toujours le petit garçon qui habitait dans une maison miteuse et qui était le bas-fond des familles de sorciers.

Lucius savait qu'il avait touché juste à la manière dont Mulciber s'était légèrement retiré. Mais ça ne le rassurait pas pour autant. Son désormais rival le regardait avec une étincelle presque hystérique dans les yeux, et Lucius ne fut plus capable d'ignorer sa peur plus longtemps. En serrant sa baguette, prêt au combat, le blond se demandait comment Mulciber allait réagir. Après de pénibles secondes d'attente, le noiraud finit par se recomposer un visage, et rit une nouvelle fois :

-C'est ça oui... Nos pères... Ton père, ton nom de famille - Mulciber se rapprochait de plus en plus de Lucius, le forçant à tourner la tête contre son gré - mais dis-moi Lucius... Que se passera-t-il lorsque ton père ne sera plus de ce monde ? Tu sais mieux que moi que la guerre est dangereuse... Il pourrait arriver toute sorte de choses... Et toi, alors, tu seras qui dans ce monde, sans ton père pour te protéger ?

Le cœur battant à tout rompre, Lucius ressentit un soulagement qui lui fit honte lorsque Mulciber s'éloigna de lui et sortit de la classe d'un pas rageur. Soulagement qui ne dura que quelques secondes, avant qu'une montée de haine ne monte en lui et lui fasse se demander ce qu'il allait se passer désormais. Après tout, Lucius le savait mieux que personne : Mulciber était le plus imprévisible de tous.

 

Il se délectait d'observer la scène. Ce qui l'amusait le plus, c'était les regards ahuris, envieux, des autres. Même Rosier, qui d'ordinaire se montrait le plus mesuré dans l'adôlatrie réservé à Malefoy, se trahissait par ses petits regards envers le chef de la bande, et sa nouvelle petite-amie. A réellement parler, le seul qui ne semblait pas emballé par la situation semblait être Lucius. D'une certaine manière, Mulciber le comprenait. Leur cinquième année était déjà bien entamée, et le garçon devait l'avouer : la perspective nouvelle de pouvoir attirer autant de filles était ce qui faisait de cette année sa meilleure à Poudlard jusqu'à présent. A la rentrée, il avait à ce niveau noué des liens particuliers avec Rosier et Malefoy, qui semblaient être les seuls à pouvoir rivaliser avec lui. Les autres se contentaient de leur poser des questions incessantes sur leurs relations, et de les jalouser secrètement. Mulciber n'en était que plus ravi, d'autant plus qu'il sentait pertinemment qu'il avait une longueur d'avance sur les deux autres et que, s'il le souhaitait, n'importe qui pouvait tomber sous son charme. C'était un jeu, un jeu qui était en passe de devenir le plus grisant auquel il eut joué. Mais Lucius, contraint par la pression de sa famille, avait dû y renoncer. C'était l'une des raisons pour laquelle Mulciber était content d'être qui il était : son père ne se souciait pour l'instant guère de qui il marierait, insistant sur le fait que c'était l'homme qui déterminait la pureté de la famille. Il était plus important à ses yeux que Mulciber ne s'entoure des bonnes personnes, ce qu'il faisait en se rapprochant toujours plus des sorciers les plus influents du monde. Ainsi, ça lui laissait toute la liberté de faire ce qu'il voulait, avec qui il voulait. Mulciber observa encore une fois Lucius : bien qu'il faisait la moue et se montrait distant, il était persuadé que le blond ne pouvait décemment être insensible aux charmes de Narcissa. Plus ses yeux se promenaient sur elle, plus il la trouvait alléchante. La jeune femme avait toujours exercé sur lui une fascination que les autres n'avaient pas : peut-être parce qu'elle le fuyait, ne lui montrait pas un grand intérêt. C'était ça qui lui plaisait : l'idée de savoir qu'il était capable d'avoir quelqu'un qui, au départ, ne voulait pas de lui. C'était la chasse le plus excitant dans ce jeu-là. Et Narcissa aurait fait une proie parfaite. Il l'aurait eue : il le savait à la manière dont elle le fuyait, dont elle rougissait lorsqu'il la regardait de trop près. Mais Mulciber avait eu du temps pour peser les pour et les contre : il était évident que les Malefoy et les Black se fichaient de savoir ce qu'il se passait dans la vie de leurs enfants, tant que ces mêmes enfants finiraient par se marier ensemble. Et, il avait eu cinq années pour intégrer les règles de la vie des sorciers : les parents obtenaient toujours ce qu'ils attendaient de leurs rejetons. Ainsi, Mulciber s'était rendu compte que de se mettre à dos la famille Malefoy uniquement pour prouver qu'il pouvait avoir Narcissa avant Lucius n'en valait pas la peine. Lui le savait, c'était ce qui comptait. C'était ainsi qu'il avait toujours fonctionné : il agissait toujours selon ses meilleurs intérêts. Et, actuellement, rester dans la bande à Malefoy était dans ses intérêts. Mais le fait d'observer ainsi Lucius et Narcissa, elle se tenant en retrait et lui faisant la moue, avait fait sentir à Mulciber que quelque chose lui manquait. C'était devenu trop facile : c'en était presque risible de voir les filles de Serpentard se jeter à ses pieds, quitte à se crêper le chignon entre elles, uniquement pour une minute de son attention. Mulciber avait besoin d'un défi plus grand. C'est pourquoi il décida de délaisser le jeune couple et les regards portés d'admiration envers eux puis, sans prévenir quiconque, sortit de la salle commune des Serpentards. Il monta les escaliers puis, porté par une intuition, sortit du château. Il prit le chemin pour rejoindre la cabane de Hagrid mais, au dernier moment, tourna à droite pour emprunter le sentier escarpé qui menait vers le lac - jamais il n'irait de son propre gré rendre visite au demi-géant, qu'il trouvait incroyablement stupide. Arrivé sur les rives, il l'aperçut. Elle aussi avait de longs cheveux blonds, légèrement plus foncés que ceux de Narcissa. Ses yeux, cependant, étaient verts. Il l'avait déjà remarquée en classe. Et il pouvait sentir qu'elle aussi. Jamais Mulciber ne tenterait sa chance s'il savait que c'était perdu d'avance. Mais ça ne l'était pas. Il le savait, et elle aussi. Lorsqu'elle sursauta et se tourna vivement, sa baguette bien en main, et l'aperçut, il sentit son ventre devenir chaud. Cette sensation qu'il aimait tant qu'il allait, par quelconque moyen, arriver à ses fins le prit dans tout son être.

-Qu'est-ce que tu fiches ici ? demanda-t-elle, sa voix devenue glaciale pour masquer les tremblements que Mulciber avait perçus.

Sans même sortir sa baguette et pas le moins du monde inquiet par celle qu'elle tenait brandie face à lui, le jeune homme s'approcha sur les galets. A force de l'observer, il croyait avoir compris à qui il avait à faire. D'apparence, Mary McDonald était tout ce qu'une jeune fille de son âge pouvait se tarder d'être : jolie, douée en classe, populaire et d'une bonne famille de sorciers. Si ce n'était son amitié avec la sang-de-bourbe Lily Evans, Mulciber ne comprendrait même pas ce qu'elle pouvait faire à Gryffondor. Mais il avait remarqué quelque chose de différent chez elle. Quelque chose que les autres ne prenaient pas le temps de voir, l'image lisse et parfaite que la jeune femme renvoyait leur convenant. Mais Mulciber n'était pas à la recherche de quelque chose de lisse, ou de parfait. Ce qu'il voulait savoir, c'était qui était la Mary McDonald qui s'éclipsait tous les jours pour aller près du lac, toute seule, sur les rives. Il l'avait observée de loin, puis à chaque fois d'un peu plus près. Il ressentait chez elle une grande envie de liberté. Une grande envie de déroger aux règles... Et il se ferait un plaisir de l'y aider.

-J'aime bien venir ici parfois. Seul, sans tout le monde autour, dit-il, un sourire naissant sur le coin des lèvres.

Il pouvait voir qu'elle restait grandement méfiante à son égard, mais ça ne le gênait pas. Si ça avait été trop facile, il se serait déjà lassé.

-Je ne t'ai pourtant jamais vue, dit-elle froidement.

-On ne vient peut-être pas aux mêmes heures, répondit-il en haussant des épaules d'un air faussement innocent.

Il n'avait pas envie qu'elle pense de lui qu'il la harcelait. Il savait que c'était ce qui faisait sa force : il ne courrait pas après ses proies, il les faisait venir à lui.

-Oui eh bien... Je m'en allais de toute façon, dit-elle précipitamment, les joues roses et la baguette toujours bien en mains.

-Tu sais tu peux rester. Si tu veux c'est moi qui m'en vais.

Elle le regarda, les sourcils froncés. Mulciber pouvait presque deviner ce qu'elle pensait : était-il possible qu'il soit plus gentil qu'il n'y paraisse ? Allait-il réellement lui faire du mal ? Il n'avait aucune intention de lui faire du mal, partirait même si elle le lui demandait. Mais elle ne le lui demanderait pas, il le savait.

-Non, ça va... Le lac est assez grand pour deux, finit-elle par dire après ce qu'il eut semblé un combat intérieur.

Il remarqua que Mary avait abaissé sa baguette, mais la tenait toujours sortie. Lui-même avait les mains dans les poches, détendu. Alors il s'avança de quelques pas, et s'assit sur un rocher à quelques mètres de la jeune femme. Elle le regardait toujours avec méfiance, mais il pouvait sentir son malaise jusqu'à lui. A mesure qu'elle laissait paraître sa gêne, lui-même se sentait de plus en plus confiant et à l'aise. Après de longues secondes à observer l'horizon, Mulciber finit par soupirer puis se lever :

-Je ferais mieux d'y retourner avant que mes amis se demandent où je suis passé.

Il se retourna sans lui lancer de regard puis, alors qu'il avançait à nouveau vers le sentier escarpé, il entendit :

-Attends !

Mulciber s'arrêta et sourit, d'un sourire carnassier que Mary ne pouvait pas voir. Parce qu'il savait. Il savait qu'il venait de gagner.

 

Note de fin de chapitre :

Et voilà!

Ce n'est bien sûr pas fini, nous en saurons encore plus dans les prochains chapitres, qui reprendront un rythme "normal", enfin... Aussi normal que ça peut l'être pour cette fin d'année à Poudlard ;-)

 

Je vous souhaite à tous de très belles fêtes de fin d'année ! :D Un Joyeux Noël!

Et à bientôt pour un nouveau chaptire!

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