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Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous!!

 

Encore une fois il m'a fallu un peu plus de temps pour écrire ce chapitre, c'était vraiment deux gros blocs mais je dois dire que j'en suis contente :D C'est vraiment quelque chose de différent, mais que je trouve nécessaire à cette Fanfiction, pour lui donner de la profondeur.

 

Et puis, ça m'a permis de reprendre des POV que j'adore, tels que Lucius et Sirius ;-)

 

Sur ce, bonne lecture !

 

Sa tête lui brûlait et ses pensées se bousculaient. Il avait l'impression d'être dans un très mauvais cauchemar, mais n'osait pas ouvrir les yeux, de peur que ce ne soit la réalité. Il avait mal à la poitrine, probablement dû au fait que son cœur s'était tellement serré qu'il lui tirait maintenant de toutes parts de son thorax. James ravala sa salive, avec le goût de la poussière qui avait éclaté en même temps qu'un énorme bruit sourd qui l'avait fait tombé sur le sol dur et froid. Sans qu'il ne sache comment, il s'était retrouvé assis par terre, les mains attachées dans le dos par des ficelles impossibles à défaire sans la magie, il le savait. De toute manière, il n'avait aucune idée d'où pouvait bien se trouver sa baguette magique. Douloureusement et en recrachant la poussière qu'il avait avalé, James se redressa de sorte à être à nouveau assis. Puis, courageusement, il ouvrit finalement les yeux. C'était bien un cauchemar, mais ce dernier avait l'air bien réel. La vue d'abord brouillée par la terre et la poussière qui s'était mélangée dans l'air, James toussa une fois encore et força ses yeux à s'accoutumer à la lumière environnante. Il se trouvait bien dans la salle de classe de métamorphose. Mais Dumbledore n'y était pas. Près du bureau que normalement occupait le professeur Mcgonagall se tenait ce même garçon qui était venu le chercher dans le couloir auparavant dans la journée. S'il avait su ce qu'il se produirait, James lui aurait frappé la tête contre un mur.

-James... entendit-il un peu plus loin, et son cœur se serra à nouveau, lui brûlant la poitrine.

-Cassy ? dit-il, un mouvement de panique le poussant à vouloir se détacher au plus vite des cordes.

Seulement, celles-ci devaient être ensorcelées de sorte à ce que lorsque l'on bouge, elles resserraient leur emprise. James poussa un cri alors que l'une des cordes menaçait de lui couper son poignet. Il comprit qu'il était dans son intérêt de rester calme, et s'appuya contre le mur froid. Puis il tourna la tête à gauche et aperçut sa petite sœur, qui se relevait tout comme lui auparavant. Elle aussi avait l'air de n'y rien comprendre.

-James, qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Il l'aida à se relever et la prit contre lui. Il sentait son cœur battre à travers son bras qui était posé contre le sien. Il aurait aimé la rassurer, la prendre dans ses bras, mais lui-même était tétanisé de peur. Petit à petit, la lumière dans la pièce redevint visible, et la poussière s'amenuisa. James regarda alentours : il n'y avait aucune trace d'autres Serpentards. Comment un petit garçon de quatorze ans à peine avait-il réussi à mettre en place une telle machination ? En même temps, James en était presque persuadé : ça ne pouvait être l'œuvre de Malefoy. Jamais il ne prendrait le risque de le faire de manière aussi ouverte, devant les autres professeurs. Il avait une réputation à tenir, comme bon nombre de Serpentards. Il pensa furtivement à Mulciber mais, bien que le garçon fût le plus apte à mettre en place une prise d'otage cruelle, James n'y croyait pas non plus. Puis le garçon tourna la tête vers la gauche d'abord : lui et Cassidy étaient loin d'être les seuls. À côté de sa petite sœur se tenaient Alice et Nelly, qui s'étaient elles aussi relevées et se tenaient l'une contre l'autre, autant apeurées que lui-même. Puis il tourna la tête vers la droite, et son cœur s'arrêta. Un peu plus loin se tenait une famille moldue - il n'arrivait pas dire de quel élève exactement - mais si lui-même ressentait de la peur, ça n'était rien comparé à eux. Le père tenait contre lui un fils d'environ le même âge que celui qui les avait entraînés dans ce bourbier et, James ne l'aperçut qu'en regardant bien, la maman avait entre ses jambes une petite fille aux cheveux blonds, qui ne devait pas avoir plus de quatre ou cinq ans, et qui tenait contre elle une poupée. James eut envie de vomir, et combattit son envie de se débattre à nouveau. Il ne détacha son regard de la famille moldue que lorsqu'il entendit un petit toussotement discret, et reconnut Dorcas, dans le coin tout à droite, la lèvre amochée par la chute et elle aussi bâillonnée comme tous les autres. Il se tourna vers Cassidy : elle l'avait aussi vue, et des larmes perlaient dans ses yeux. Peu à peu, la pièce se remplit à nouveau du soleil environnant et, lorsqu'il regardait au dehors, James avait de la peine à croire qu'il était pris en otage dans une salle de Poudlard par un adolescent boutonneux de Serpentard. Mais, quand il regardait le garçon de plus près, il sut. Il sut que ce n'était pas une mauvaise blague d'un autre septième année. Que ça allait bien au-delà de la rivalité entre maisons. Il sut qu'en réalité, ce garçon n'était qu'un outils, un levier. Il sut en voyant ses yeux, qui avaient l'air aussi étourdis que ceux de toutes les personnes présentes, que ce garçon n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait bien faire. Et alors, James eut un très mauvais pressentiment.

 

La dernière fois qu'elle avait ressenti une peur aussi vive, aussi destructrice, Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom avait envahi Pré-au-Lard. Et Cassidy savait que ça ne pouvait rien présager de bon. Ça ne pouvait être uniquement le fait d'un Serpentard de quatrième année qui voulait tester ses limites. Elle ne croyait même pas que les Serpentards de son année ou que la bande à Malefoy soient capables de mettre une place une telle machination sous les yeux de tous les parents ainsi que de tous les professeurs. Cassidy savait que ça allait bien au-delà de ça. Et jamais elle ne s'était sentie aussi peu en sécurité, aussi vulnérable. Elle était tout de même contente d'avoir son frère à ses côtés, même si James avait perdu sa confiance habituelle et semblait en proie aux mêmes angoisses qu'elle. Alice et Nelly, à côté d'elles, tremblaient comme des feuilles, et Cassidy ne pouvait leur en vouloir. Elle s'efforçait de ne pas regarder à sa droite, mais elle pouvait la sentir, presque la voir pleurer silencieusement, seule dans un coin, apeurée. Et, en cet instant, Cassidy se sentit idiote de n'avoir pas reparlé à Dorcas. Jamais elle ne pourrait se pardonner si jamais il lui arrivait quelque chose devant ses yeux... elle secoua la tête pour éviter d'y penser. La lumière redevenait peu à peu ce qu'elle était : belle, vive, un soleil de plomb rendant l'atmosphère de la pièce presque douce, en contraste à la peur froide et cuisante qui résultait des otages attachés par des liens magiques et alignés contre un mur glacial. Cassidy eut un frisson qui lui parcourut l'échine.

-Je m'appelle Damon Hufley. Et si l'un d'entre vous bouge, je lui fais exploser la cervelle, c'est clair ?

Cassidy fronça des sourcils : il y avait quelque chose d'étrange dans la manière de s'adresser de ce Damon. Elle avait l'impression qu'il avait appris son texte par cœur, ou que quelqu'un le lui soufflait. Machinalement, elle fit encore une fois le tour de la salle des yeux, afin de voir si quelqu'un d'autre ne s'y cachait pas. Le cœur battant, elle attendit la suite :

-Si vous essayez de bouger, les cordes qui vous tiennent vous lacéreront les poignets. Alors je vous demande de rester calme.

Cassidy se dit que c'était la meilleur manière pour faire paniquer des gens, mais Hufley ne donnait pas l'impression d'être un expert en prise d'otage. Si elle n'avait pas autant peur pour sa vie et celle des autres, la jeune femme en aurait presque ri.

-Si vous faites tout ce que je vous dis, alors vous ne serez pas blessés. Toi, viens ici.

Le cœur de Cassidy se mit à battre tellement fort qu'elle se dit qu'il pourrait s'arrêter à tout moment. Il pointait son doigt sur la gauche. Lorsqu'elle regarda la jeune femme, et la panique dans son regard, Cassidy se mit à se débattre. Mais il n'avait pas menti : les lanières commencèrent à se serrer si forts qu'elle dut étouffer un cri de douleur. James la somma de se calmer :
-Ne t'inquiète pas, il ne va pas lui faire du mal.

Mais Cassidy sentait que lui-même n'en était pas si sûr. Résignée, Dorcas se leva, tremblante, plus frêle et vulnérable que jamais, et rejoignit Damon. Le garçon la prit par le bras et la tira sans ménagement à lui. Dorcas avait des larmes dans les yeux, et son regard croisa celui de Cassidy. Elle lui fit un signe de tête, et la jeune femme eut l'impression que ça calma momentanément son amie.

-Si vous coopérez tous, on ne lui fera pas de mal.

-On va coopérer, pas besoin de la garder près de toi, fit James d'une voix qui se voulait forte.

Mais Damon n'avait même pas l'air d'avoir entendu. Il leva la baguette, et Cassidy sentit son cœur se tordre : qu'allait-il bien pouvoir faire à Dorcas ? Mais, au lieu de la pointer sur la jeune femme, il la pointa sur lui-même, et, lorsqu'il parla, Cassidy comprit que c'était pour amplifier sa voix. Elle n'avait aucune idée de comment un Serpentard de quatrième année pouvait savoir ce genre de sortilèges, mais cela ne la rassurait pas le moins du monde. D'une voix qui était amplifiée et qui probablement résonnait dans l'entièreté de Poudlard, il dit :

-Inutile d'essayer de pénétrer la salle, des sortilèges très puissants vous repousseront toujours. La seule manière que ces otages sortent d'ici en vie est que vous me donniez ce que j'exige. Dumbledore, je m'adresse à vous. Je veux d'ici une heure toutes les familles moldues qui ont pénétré dans ce château, ainsi que leurs enfants qui sont élèves à Poudlard. Si vous le faites, les sorciers de sang pur seront relâchés, sans encombre. Sinon... Ma première victime sera cette jeune fille que j'ai entre mes mains. Ton nom ?
Dorcas ne dit d'abord rien, puis Damon, de sa baguette magique, lui entailla profondément la joue. Cette fois-ci, Cassidy poussa un cri.

-Dorcas Meadowes, finit par dire cette dernière, les larmes aux yeux.

-Vous avez une heure.

Cassidy regarda son frère, puis Dorcas. D'une manière ou d'une autre, ils trouveraient un moyen de sortir ici. Et, la jeune femme en était certaine, si elle devait en arriver à des extrémités pour le faire, elle le ferait.

 

 

Elle avait l'impression de n'agir que par instinct de survie. Plus rien ne comptait, si ce n'était s'assurer d'une seule chose : que ses parents et sa sœur allaient bien. Une vague de panique avait déferlé sur Poudlard, et Lily avait l'impression de revivre la bataille contre les Mangemorts et l'entrevue - peu désirée - avec le plus grand mage noir de tous les temps à Pré-au-Lard. Son pressentiment se révélait donc être vrai : il lui restait bien un obstacle à surmonter. Mais jamais elle n'aurait pensé qu'il soit de cette envergure. Comme bon nombre de ses camarades et avec à ses côtés Remus et Sirius, elle courrait dans le hall et se dirigeait où il y avait le plus de probabilités qu'ils se trouvent : la Grande Salle. Quand elle poussa les portes, essoufflée, elle les vit presque d'entrée. Ils se tenaient au milieu du brouhaha général de la salle, des enfants qui pleuraient, d'autres parents qui hurlaient, avec à leurs côtés les Potter, qui semblaient plus livides que jamais. Lily leur sauta dans les bras, et eux-mêmes eurent une expression de profond soulagement en la voyant.

-Ma chérie, tu nous as fait une de ces peurs ! Qu'est-ce qu'il se passe ?

-Je ne sais pas, je n'y comprends rien. Mais ici, avec Dumbledore, vous êtes en sécurité.

Sa sœur émit un son sarcastique. Elle la regardait comme si c'était Lily qui était coupable de tout cela.

-En sécurité ? Un malade a pris en otage d'autres personnes, et je sais ce que « moldus » veut dire pour les gens de ton espèce. C'est nous qu'ils veulent ! Encore une fois, par ta faute, nous sommes tous mis en danger.

Bien que Lily se rendait compte de la gravité de la situation, et qu'au fond d'elle-même, elle se sentait extrêmement coupable, elle ne put retenir ce qui s'ensuivit :

-Oh, ma faute ? Bien sûr, pour toi, tout est ma faute. Mais dans ce cas-là Pétunia, pourquoi est-ce que tu es venue ? Je n'avais pas besoin de toi ! On n'avait pas besoin de toi ! Ça aurait été parfait s'il n'y avait eu que maman et papa. Mais non, il a fallu que tu viennes, que tu critiques tout ce que j'aime, que tu me fasses honte devant mes amis, et maintenant tu m'insultes ?! Estime-toi heureuse de ne pas être dans cette salle, car crois bien que tu aurais été la première victime !

Elle le regretta au moment même où elle l'avait dit et, lorsqu'elle vit les larmes perler dans les yeux de sa sœur, Lily n'en fut pas fière. Mais Pétunia avait dépassé les limites, et, malheureusement pour elle, c'était la fois de trop. Leur parents ne réagirent pas, et, pendant quelques secondes, un malaise plana. Un malaise qui fut rapidement couper par la voix puissante du directeur :

-SILENCE !

Instantanément, la Grande Salle sembla se mobiliser.

-Je comprends tout à fait la gravité de la situation, croyez-m'en bien, et je n'ai pas besoin qu'on vienne me le rappeler. Je suis le directeur de Poudlard et, avec les professeurs très compétents que j'ai à mes côtés, nous allons régler cette situation. Je demande à tous les parents d'enfants sorciers de sortir leur baguette et d'émettre les sortilèges de protection de base autour de la Grande Salle. Je demande aux parents d'enfants moldus de se mettre au milieu de la salle. Je demanderais à toutes les personnes ici présentes de ne sortir sous aucun prétexte de cette salle. Nous allons régler l'affaire, et personne n'aura besoin d'être blessé.

Sa voix était calme et posée, presque rassurante mais, lorsqu'il les regardait par-dessus ses lunettes en demi-lune, Lily comprenait que Dumbledore n'était prêt à faire aucune concession. Elle jeta un coup d'œil à Sirius, qui semblait comprendre la même chose. Puis, quelques mètres plus loin, Remus - accompagné de ses parents - les regarda aussi d'un air entendu : il n'était pas question qu'ils restent assis dans la Grande Salle à attendre. Puis, lorsqu'elle regarda à nouveau Sirius avec les Potter, elle comprit l'horreur de la situation : James et Cassidy n'étaient pas là. Ce qui ne voulait dire qu'une seule chose : ils se trouvaient avec lui. Le cœur battant, elle se mit sur la pointe des pieds pour inspecter la Grande Salle : la mère de Nelly était seule, l'air plus terrifié que jamais. C'était aussi le cas pour les parents d'Alice. Puis, à en croire ce que ce Damon avait dit, il avait aussi Dorcas, et ça allait être la première à payer si jamais on ne lui donnait pas les parents moldus. Elle ravala la bile qu'elle avait au fond de la gorge : jamais elle ne voudrait que quelqu'un paie uniquement parce que ses parents avaient mis les pieds à Poudlard. Instinctivement, elle lança un regard à Mulciber : celui-ci avait l'air parfaitement maître de lui-même, presque indifférent - à l'instar de ses parents - mais, à y bien regarder, elle remarquait les regards mauvais qu'il lançait en direction de Malefoy. Ce dernier avait l'air bien moins serein, et Lily se promit de découvrir quel rôle il avait joué dans tout cela. Mais, actuellement, ça lui était bien égal. Elle regarda encore une fois Sirius et Remus : il fallait qu'ils aillent les sauver.

-Bien. Je demanderais maintenant aux professeurs de Poudlard de bien vouloir me suivre dans le couloir. Merci de votre compréhension et, surtout, n'oubliez pas que le calme est notre meilleure arme dans une situation telle que celle-ci.

Les paroles du directeur semblait en avoir calmé certains, mais pas tous. Un garçon de septième année de Serdaigle, les larmes aux yeux, fonça sur le professeur Chourave alors qu'elle passait pour rejoindre le couloir :

-Ils sont avec eux. Ils ont mes parents, mon frère et ma sœur ! Ma sœur n'a que cinq ans ! Vous devez les sauver. Il va leur faire du mal.

Lily eut envie de vomir : la vie d'une petite fille de cinq ans était en jeu. Il fallait impérativement qu'elle trouve un moyen de sortir de la Grande Salle sans se faire voir des professeurs, mais avant que les sortilèges de protection n'aient été lancés.

-Helias, Helias, calme-toi. Je sais que c'est difficile, mais tu peux faire confiance au professeur Dumbledore, d'accord ? Maintenant retrouve tes amis, et laisse-nous nous occuper de sauver ta famille. Aucun mal ne leur sera fait.

Lily voyait bien les efforts que son enseignante de botanique faisait pour paraître sûre d'elle mais, alors que Helias, résigné, retournait auprès des autres Serdaigles qui le prirent dans leur bras, elle remarqua que son professeure avait prit une très grande respiration qui n'inspirait rien qui vaille. Lorsque le professeur Mcgonagall passa à son tour, elle fut elle aussi interceptée mais cette fois-ci par le père à James et Cassidy.

-Je suis un Auror, je sais exactement ce qu'il faut faire dans ce genre de situation. Laissez-moi vous aider.

-Vous pouvez aider. En protégeant les familles moldues ici présentes avec les sortilèges que le professeur Dumbledore vous a demandés.

Lily sentait au ton de sa voix qu'elle n'abdiquerait pas. Mais Mr. Potter ne l'entendait pas de cette façon. En perdant son sang froid, il vint se mettre devant la directrice des Gryffondors, et Lily retint son souffle :

-Minerva, je n'ai peut-être pas été assez clair. Mes deux enfants sont dans cette salle. Il est hors de question que je reste ici à ne rien faire alors que je pourrais vous aider! Vous m'entendez ?! Hors de question que je...

-Fleamont ! coupa le professeur d'une voix ferme, alors que Mr. Potter avait levé la sienne. Vous êtes bien trop impliqué et vous savez comme moi que ce genre de mission peut très vite être gâchée par quelqu'un qui ferait n'importe quoi pour sauver les gens qu'il aime. Alors je vous le répète : protégez les familles moldues ici présentes. Nous nous occupons de sauver vos enfants.

Puis elle s'en alla, et Lily comprit qu'il lui faudrait agir vite si jamais elle voulait sortir de cette salle à temps. Elle regarda ses parents, lança un regard meurtrier à sa sœur puis, en leur demandant d'aller s'asseoir plus loin et en leur promettant qu'elle reviendrait bientôt, Lily rejoignit Sirius. A leurs côtés, Mme Potter se rongeait les ongles, des larmes dans les yeux, et Mr. Potter essayait - en vain - de parler au directeur.

-Je ne peux pas rester là, dit Lily au garçon en s'assurant que personne alentours ne les entendait.

-Hors de question, fit celui-ci de manière catégorique.

Ils furent bientôt rejoint par Remus, qui avait demandé à ses parents de rester près de ceux à Lily.

-Ta famille ne risque rien, dit-il à la jeune femme, qui le remercia du regard.

-Ecoutez-moi bien, fit Sirius en baissant la voix et en les emmenant dans un coin reculé de la Grande Salle. Je connais ce château comme ma poche. On sait qu'ils sont dans la salle de métamorphose. Je connais un moyen pour y accéder autrement que par la porte.

Il lança un regard entendu à Remus qui hocha la tête et Lily fronça des sourcils.

-Mais pour cela j'ai besoin de l'aide de quelqu'un...

Son regard se tourna vers Lily.

-De quoi tu as besoin ? dit-elle, déterminée.

-Il y a une deuxième porte, dans la salle de métamorphose, qui donne directement sur le bureau de Rusard. Et, même si ce vieux crétin est dans cette salle, tu peux être sûr qu'il barricade son bureau comme jamais. Crois-moi, on a déjà essayé d'y entrer avec James et...

Malgré la gravité de la situation, Lily le regarda d'un air sévère, et Sirius s'éclaircit la gorge, comme pris en faute :

-Bref. Mais il y a un autre moyen d'accéder au bureau de Rusard. C'est par une porte qui donne directement sur les cachots... qui donne directement sur la salle commune des Serpentards.

Lily fronça des sourcils : elle lança un regard à Remus, qui désormais la regardait aussi comme si elle détenait les réponses. Mais elle n'y comprenait rien.

-Et donc, de quoi as-tu besoin ?

-On a besoin d'un Serpentard.

 

Il n'y comprenait rien du tout. Il avait l'impression que tout cela n'était qu'une vaste blague. Une vaste blague à laquelle il avait participé. Il ne se sentait pas très bien. Il évitait de regarder en direction de Helias. Il gardait la tête basse, comme il l'avait fait la journée durant. Il avait été très surpris de voir sa mère venir lui rendre visite à Poudlard. Fort heureusement et au vu des événements qui s'y passaient, son père n'avait pas tenu à lui faire cet honneur. Sa mère avait précipitamment parcouru le château, s'était assuré qu'il avait ce qu'il lui fallait pour réussir ses examens, lui avait transmis une nouvelle paire de pantalons bien trop grands pour lui, avait salué quelques-uns de ses professeurs puis était repartie, aussi rapidement qu'elle était venue. Mais au moins, pendant quelques petites heures, Severus avait eu l'impression de compter. Il se taraudait l'esprit à se demander comment il pourrait justifier le fait qu'il était seul lors du festin mais, apparemment, Poudlard avait de bien plus grandes préoccupations que le fait que les parents de Severus Rogue ne tiennent pas à passer une journée entière avec leur fils. La gorge serrée, son regard parcourut l'assemblée : tous les parents présents - ou presque - avaient l'air inquiets, voir même désespérés. Son regard se posa sur la chevelure rousse, qui ne pouvait être que la mère de Lily, assise au milieu de la salle, complètement perdue. Son ventre se serra quand il reconnut sa grande sœur, toujours aussi sèche, aussi froide, aussi méchante. Lorsque Pétunia tourna la tête et l'aperçut, elle lui lança un regard noir, auquel Severus répondit par le même esprit meurtrier. Il se souvenait. De tout. D'avoir appris à Lily qu'elle était une sorcière, de l'avoir aidée à contrôler ses pouvoirs. Et puis de cette Pétunia qui, à chaque fois qu'ils passaient un moment les deux, venait les couper, traitant Lily de monstre, le traitant de dégénéré. Il aurait eu envie de l'attaquer à même la Grande Salle, mais savait pertinemment que la rousse ne lui en serait pas reconnaissant. D'ailleurs, il était impossible de la trouver nulle part. Mais Severus secoua la tête. Il s'était promis - à lui-même comme à ses amis - de ne plus retomber dans ces travers-là. Et il se devait de tenir cette promesse. Alors qu'il balayait encore la salle du regard, il tomba sur Regulus. Les Blacks - au complet - se tenaient dans un coin de la pièce, toujours aussi fiers, hautains, méprisants, et n'avaient pas l'air le moins du monde concernés par les événements qui se produisaient devant leurs yeux. Ça en était de même pour les Malefoy qui, quelques mètres plus loin, regardaient les parents effrayés avec presque - Severus le remarqua - un air moqueur sur le visage. Sa gorge se noua instantanément. Mais, lorsque son regard se posa à nouveau sur Regulus, il comprit que tous les Blacks n'étaient pas indifférents. Il ressentait chez le plus jeune de la tribu un profond malaise. Peut-être le même que lui-même ressentait à l'instant présent. Le malaise de savoir que la prise d'otage d'élèves de leur propre école, de sa propre année, ainsi que d'une famille moldue, avait probablement quelque chose avoir avec eux. Regulus avait eu un bon pressentiment quant à l'acceptation de Damon Hufley dans leur bande. C'était bien une machination, probablement de Malefoy. Et, comme à son habitude, Severus n'avait été qu'un instrument. Ce qui n'enlevait pas le sentiment de culpabilité qu'il s'efforçait de repousser le plus loin possible de son esprit. Comme à son habitude, il se trouva un coin sombre, où personne ne viendrait lui parler, pour attendre que la tempête ne passe.

-On a besoin de toi.

Il mit quelques secondes à relever la tête, se disant que, s'il l'ignorait assez longtemps, peut-être qu'il s'en irait. Mais ce n'était pas le genre de Sirius Black. Severus n'était pas bien sûr d'avoir entendu : il avait besoin de lui ? Il releva la tête doucement, en s'efforçant de contrôler sa respiration et son cœur qui s'était emballé. Le Gryffondor n'était pas seul. Remus était flanqué à ses côtés. Puis il y avait une troisième personne. Quand il la vit, Severus sentit son ventre se tordre. Il lança machinalement un regard à Pétunia qui, quelques mètres derrière, les observait toujours comme si elle voulait les tuer d'un seul regard.

-Je n'ai rien à vous dire, maugréa-t-il, incapable de regarder la rousse dans les yeux.

-Le mot de passe de ta salle commune, c'est ça que tu as à nous dire.

Severus n'osa pas le regarder dans les yeux, il les gardait bas, espérant encore - en vain, qu'ils s'en iraient. Il ne répondit pas.

-C'est une question de vie ou de mort, finit par dire Remus.

Severus le regarda et, n'y tenant plus, cracha :

-Oh oui, tu peux parler de vie et mort, toi qui as failli arracher la tête de ta petite-copine !

Il vit au regard de Lily qu'elle était surprise de ce qu'il disait, mais Sirius l'empêcha d'aller plus loin en frappant sa main sur le mur.

-Ecoute-moi bien espèce de petit morveux, tu vas nous donner ce mot de passe, et même si je dois te l'arracher de ta bouche avant que tu ne...

-Sirius ! finit par couper Lily.

Elle lui tint l'épaule et le força à s'éloigner du mur, permettant à Severus de se lever. Puis elle le regarda, et il n'eut d'autres choix que de le faire aussi. Elle était toujours aussi belle, mais son visage était marqué par la peur et l'inquiétude. Severus sentit son pouls accélérer. Il serait incapable de ne pas lui céder.

-Severus, je t'en prie. Je ne viendrais pas te le demander si ce n'était pas important. Ils détiennent une famille moldue, une petite fille, de cinq ans... S'il te plaît. Juste le mot de passe. Personne n'en saura rien, je te le promets.

Elle était sincère. A ses côtés, Sirius le fusillait toujours du regard, et Remus avait le regard bas, presque honteux.

-C'est de la folie. Les professeurs vont les sortir de là, si vous croyez que vous allez réussir...

-Tu serais étonné de ce qu'on peut réussir contre les gens de ton espèce, lui cracha Sirius. Je t'ai laissé une chance, mais écoute-moi bien quand je te dis que j'obtiendrai ce mot de passe d'une façon ou d'une autre.

Il était sérieux. Et Severus était bien placé pour savoir que lorsque Sirius avait envie de faire du mal à quelqu'un, il le faisait. Il eut un frisson en regardant Remus, et en se souvenant de ce qu'il s'était passé, en cinquième année...

-S'il te plaît, implora ce dernier.

Severus, de sa voix la plus nouée, répondit à contrecœur :

-Serpent Sortilla.

Lily soupira bruyamment, comme soulagée momentanément, et le remercia du regard. Remus en fit de même. Mais Sirius le plaqua encore une fois contre le mur et, plus menaçant que jamais, lui murmura à l'oreille :
-Si jamais tu nous as menti, crois-bien que tu en payeras les conséquences.

-Il a dit la vérité, trancha Remus en le retenant une nouvelle fois. Merci.

Puis les deux garçons partirent, non sans que Sirius lui ait envoyé un dernier regard dégoûté. Puis Lily voulut en faire de même et, dans une tentative désespérée, Severus lui attrapa le bras. Il n'était pas très bien sûr de ce qu'il voulait lui dire mais, ce qui était certain, c'était qu'il ne voulait pas qu'elle s'en aille. Qu'elle lui échappe une fois de plus, pour James Potter.

-Lily, laisse-les aller, s'il-te-plaît. C'est dangereux, et puis tu... tu es... enfin je veux dire il t'attaquera !

-Si je n'y vais pas, ce sont mes amis qu'il attaquera ! Cette petite fille... ça pourrait être ma famille, Sev !

Le surnom qui autrefois lui faisait tant plaisir lui poignardait désormais le ventre.

-S'il-te-plaît... Ne remets pas encore ta vie en danger pour lui, implora-t-il, plus amer qu'il ne l'aurait souhaité.

Pendant quelques secondes, la rousse ne dit rien, et Severus eut l'espoir qu'elle allait l'écouter. Qu'elle allait faire le bon choix. Mais, lorsqu'elle le regarda - presque avec pitié - il comprit que c'était perdu d'avance. D'une voix douce, elle dit :
-Severus... Si tu me demandes de choisir entre toi et James... Je suis désolée, mais ce sera toujours lui. Merci pour le mot de passe.

Puis elle s'en alla. Il aurait pu la retenir, hurler dans toute la salle que trois élèves allaient s'échapper, aller prévenir l'un de ses professeurs. Mais il ne le fit pas. Lorsqu'il détourna le regard et remarqua à nouveau Regulus - qui avait assisté à la scène - il comprit que si leurs rôles avaient été échangés, le jeune Black aurait fait exactement la même chose.

 

Elle avait l'impression d'être dans un très mauvais rêve. Mais malheureusement pour elle, c'était bien la réalité. Elle s'était bien faite prendre en otage par Damon Hufley, un Serpentard de quatrième année, qui ne semblait pas savoir plus qu'eux-mêmes ce que tous faisaient dans la salle de métamorphose en plein jour alors même que Poudlard accueillait les familles des septièmes années. Le soleil brillait désormais haut dans le ciel, et Alice pensa que, si elle n'était pas venue bêtement dans cette salle, elle serait actuellement avec ses parents en train de manger un bon festin. Mais son estomac était bien loin des saveurs de la cuisine de l'école. Au contraire, il était tendu, et elle avait envie de vomir. Surtout après avoir entendu les réelles motivations du jeune garçon : ils voulaient les parents des familles moldues. Et, bien que ça l'en exclue, elle ne se sentait pas apaisée pour autant. Elle regarda à sa droite, et vit la peur dans les yeux des moldus présents dans la salle. C'était une peur différente de la sienne, et des autres. Elle le savait, parce qu'au fond d'elle-même, elle avait encore l'espoir que Dumbledore vienne les sauver. Car elle savait que, dans la magie, il y avait toujours une porte de sortie, une manière de renverser le sort. Mais eux, ne le savaient pas. Ils étaient terrifiés, et son cœur saignait particulièrement pour les deux enfants qui, blottis contre leurs parents, tremblaient de tous leurs membres. Elle se pressa encore un peu plus entre Nelly et Cassidy, puis regarda Dorcas : cette dernière se tenait toujours à côté du garçon, où il lui avait ordonné de se mettre, et Alice le soupçonnait de l'avoir choisie uniquement car elle n'était pas plus grande que lui. Si toute cette situation n'était pas aussi dramatique, elle en aurait ri. Car, au fond d'elle, Alice savait pertinemment que ce n'était pas un garçon de quatrième année qui les avait attaqués. Quelqu'un d'autre donnait les ordres. Elle observa Damon plus attentivement : il avait toujours sa baguette pointée sur Dorcas, laquelle s'était résignée et avait fermé les yeux, en quête de retrouver son calme. Alice la trouvait très courageuse. Elle-même n'était pas prête de le faire. Il semblait les yeux dans le vague, comme si, pendant l'heure qui allait s'écouler, il se mettait en veille. Il avait l'air de ne pas être capable de réfléchir, ni de voir ou d'entendre quoi que ce fût. C'est pourquoi elle prit une rapide respiration et, de sa voix la plus basse mais tout de même pour que ses amis puissent l'entendre, dit :

-Il faut qu'on trouve un moyen de se débarrasser de ces cordes.

Les autres tournèrent imperceptiblement la tête vers elle, puis firent semblant de garder leur regard sur le mur d'en face, comme il le leur avait demandé. Mais Damon ne les voyait toujours pas.

-Si tu bouges, elles se serrent encore plus fort, finit par répondre Cassidy.

-Il faudrait atteindre nos baguettes, dit James.

-Comment ? murmura Nelly.

Alice parcourut rapidement la pièce des yeux : elles étaient là, sous le bureau que d'ordinaire occupait le professeur Mcgonagall. Ce serait impossible de les atteindre, à moins que... elle aurait aimé pouvoir communiquer avec Dorcas, mais celle-ci gardait ses yeux mi-clos.

-Sous le bureau, dit-elle aux trois autres, qui d'un même mouvement regardèrent. Il faut créer une diversion, et j'irai les chercher.

-Tu es complètement folle, dit Cassidy entre ses dents. Il a Dorcas, il va lui faire du mal si jamais il nous prend.

-Regarde-le, insista Alice. Il ne nous entend même pas.

Pendant quelques instants, personne ne dit rien. Puis Nelly reprit la parole :
-On dirait qu'il est vide, que ce n'est pas lui qui... Vous croyez qu'il y a quelqu'un d'autre dans la pièce ?

A nouveau d'un même mouvement, les jeunes gens parcoururent, anxieux, la pièce des yeux.

-Je ne crois pas, finit par dire James. Je crois que quelqu'un le contrôle depuis l'extérieur. Regardez-le bien... si quelqu'un était présent dans la salle, pourquoi est-ce qu'il aurait à ce point-là les yeux dans le vague ?

Ils eurent la même illumination au même moment, que Cassidy vint mettre en mot :
-Impero... Il est sous Impero !

-C'est un sortilège interdit, qui pourrait bien le faire ?

-Je peux penser à plusieurs personnes, maugréa James.

-On s'en fiche de qui le fait, coupa Alice- dont le cerveau venait de s'illuminer. L'important, c'est que du moment que la personne qui le contrôle ne se rend pas compte qu'il y a danger, lui-même ne va jamais prendre l'initiative de nous combattre. J'ai une idée, mais j'ai besoin que vous me suiviez.

-Vas-y, la poussa James.

Alice s'éclaircit la gorge et, d'une voix beaucoup plus forte, dit :

-J'ai besoin de boire.

Damon sembla se réveiller d'une longue léthargie et, complètement déboussolé, dit :

-Comment ça ?

-J'ai besoin de boire. Je... Je vais tomber dans les pommes sinon.

Damon sembla la jauger, puis hésiter. Alice en profita pour rajouter :

-Tu n'as qu'à m'accompagner à l'évier. Et je viendrai me rasseoir.

Le jeune homme regarda Dorcas, et Alice dit précipitamment :
-Elle peut venir boire avec moi.

Il hésita encore un peu puis, moins sûr de lui qu'auparavant, poussa Dorcas de sa baguette. Tous deux arrivèrent vers Alice, laquelle se leva maladroitement, et, côte côte avec Dorcas - qui l'interrogeait du regard - se dirigea vers l'évier. Elle fit signe à son amie de ne rien dire, puis demanda à Damon de faire couler l'eau. Elle jeta un regard en arrière : James avait compris puisque, sans bruit, il se dirigeait vers les baguette jetées au sol. Son cœur lui martelait la poitrine. Sans ménagement, Damon la brusqua :

-Dépêche-toi de boire !

Alice voulut s'assurer qu'elle laisserait assez de temps à James pour atteindre les baguettes mais, au moment où elle se détourna encore une fois, elle sut qu'elle venait de faire une grande erreur. Ce fut soudain comme si Damon reprenait vie d'un coup, et, fou de rage, il hurla :
-TOI ! A TA PLACE !

James n'avait pas encore atteint les baguettes. Prise de panique, Alice poussa Damon de sa hanche et tomba sur lui. Elle sentit immédiatement les cordes lui lacérer poignets, mais peu lui importait. Dorcas semblait avoir compris, puisqu'elle essaya de prendre la baguette des mains de Damon. Elle y fut presque lorsque le garçon poussa Alice d'un geste brusque au sol et, de par un sort qu'elle-même ne connaissait pas encore, envoya Dorcas contre le mur puis s'écraser au sol, inconsciente. Alice hurla mais, lorsqu'il se retourna vers elle, l'air plus furieux et fou que jamais, sa baguette la menaçant, elle ne dit rien. Elle tourna la tête, James avait réussi à attraper une baguette. Seulement, il lui était impossible de la manier en ayant les mains attachées. Il essaya, mais, bien trop rapidement pour un élève de quatrième année, fut désarmé et lui aussi renvoyé sans ménagement à sa place. Tremblante comme une feuille, Alice se leva et resta aux côtés de Damon. D'une voix frémissante de rage, il dit :

-Tu m'as presque eu, Fortescue. Et dire que tout le monde te prend pour une stupide petite fille.

Alice trembla. Elle pouvait sentir que c'était quelqu'un d'autre qui lui parlait, mais le fait qu'elle ne sache qui - ou plutôt, qu'elle ne l'imagine que trop bien, lui donnait envie de défaillir.

-A ta place ! siffla-t-il, et Alice pensa que le fait qu'il la laisse retourner avec les autres ne présageait rien de bon.

-Vous voulez vous amuser hein ? Me défier ? Parfait. Vous, venez là.
Le cœur d'Alice se mit à lui faire mal. Elle le sentait jusque dans ces tempes. Elle pouvait presque sentir le sang affluer. Le souffle commençait à lui manquer. Damon venait de s'adresser aux parents moldus. Pétrifiés sur place, ils ne bougèrent d'abord pas. Puis le Serpentard lança un petit coup de baguette et, dans un cri, la joue de la mère fut entaillée.

-Assez ! Prenez moi à sa place, hurla le père de famille.

-J'ai dit, vous deux, dit Damon en s'avançant dangereusement vers toute la famille.

Le garçon de quatorze ans pleurait, mais la petite fille ne semblait toujours pas comprendre si cela était un jeu ou non. Elle tenait pourtant sa poupée bien contre elle et, d'une voix douce et hésitante, fit :

-Maman, pourquoi est-ce que ce garçon t'a fait cela ?

-Ne t'inquiète pas ma chérie, répondit la mère d'un ton qui se voulait rassurant mais d'où Alice percevait le désespoir, ce sera bientôt fini. Je veux que tu fermes les yeux et que tu tiennes ta poupée bien contre toi. C'est compris ? C'est un jeu. Si tu fermes les yeux assez longtemps, tu gagnes.

Sans qu'elle ne se rende réellement compte, Alice sentit une larme lui couler le long de la joue. Elle jeta un coup d'œil vers Dorcas, qui était toujours inconsciente par terre et d'où une légère tâche de sang avait commencé à se former au niveau de son oreille. Elle aurait voulu aller la secourir, mais n'osait pas prendre ce risque. Son regard croisa celui de Nelly : on aurait dit que la jeune femme allait défaillir d'un instant à l'autre. Il en était de même pour Cassidy et James qui, d'ordinaire plein d'entrain, semblait aussi désespéré que les parents moldus qui se dirigeaient, tremblants, vers Damon.

-S'il vous plaît, ayez pitié de nous. On partira d'ici. On prendra même notre fils. Ne nous faites pas de mal, implora le père.

Damon eut un rire sarcastique qui glaça le sang d'Alice. Elle pouvait très bien imaginer qui le sommait de rire ainsi.

-Vous les sang-de-bourbes... Vous n'êtes pas croyables. Bien, je vais commencer par toi, maman.

Alors qu'il pointait sa baguette dangereusement vers la mère de famille qui, en pleurs, avait fermé ses yeux, James s'écria :

-Attends ! Tu leur as demandé une heure. L'heure n'est pas encore écoulée. Imagine ce qu'il va se passer s'il se rende compte que tu n'as pas tenu parole, et que tu as blessé quelqu'un - ou pire - avant qu'ils n'arrivent. Ils ne te donneront jamais ce que tu veux. Je te promets qu'on ne tentera plus rien.

Jamais Alice n'avait connu James aussi implorant. Pourtant, les paroles du garçon semblaient avoir eu l'effet escompté puisque, non pas sans un regard suspect, Damon abaissa doucement sa baguette. Alice prit une grande respiration, se rendant compte qu'elle avait retenu son souffle depuis trop longtemps et qu'elle était sur le point de rejoindre Dorcas sur le sol.

-Parfait. Mais à la moindre de tes actions héroïques, Potter, je les réduis en miettes. Compris ?

-Compris, répondit James d'une voix éteinte.

Pendant que Damon attachait les moldus à deux chaises au devant de la classe et que le garçon de quatorze ans avait s'était rapproché de sa sœur, Cassidy, d'une voix qui trahissait sa panique, dit :

-On fait quoi maintenant ?

-On attend. Et on espère que quelqu'un vienne nous sortir de là, répondit James, détruisant à néant les espoirs que tous se faisaient de pouvoir sortir de cette salle indemne.

Le cœur d'Alice se remit à battre de plus belle : leur sort était désormais dans les mains d'autrui.

 

-Mec, j'ai besoin de te parler.

Il regarda son père, mais celui-ci était en grande conversation avec Mr. Black. Sa mère avait disparu dans la foule. Aucun des deux ne semblait le moins du monde inquiet de ce qui était entrain de se produire. Lui, à l'inverse, avait l'impression que ses entrailles le compressaient et l'empêchaient de respirer. Contraint, Lucius suivit Rosier dans un coin reculé de la salle. Sans qu'il ne s'y attende du tout, celui-ci s'assura que personne ne les voyait, puis le plaqua brutalement contre le mur, son bras sur sa gorge. Lucius sentit une vague de haine, mais aussi - il ne l'avouerait jamais - de peur le prendre au ventre.

-Qu'est-ce que tu crois que tu fais ?

-Bordel mais c'est quoi ça ?

-Tu ferais mieux d'enlever ton bras Rosier, sinon...

-Sinon quoi?Tu vas appeler ton papa ? Est-ce qu'il est au courant de tout ça ?

Lucius le fusilla du regard. Pendant quelques secondes, aucun des deux ne bougea. C'était la première fois qu'il voyait Rosier s'énerver ainsi. Et, à réellement parler, il produisait l'effet escompté. Mais Lucius ne lâcha pas son regard d'une semelle. Rosier finit par lâcher son emprise, et le blond fut contraint de tousser pour reprendre sa respiration.

-T'es complètement malade ? Je te signale que toutes les familles de Poudlard sont ici. Si jamais on t'avait vu...

-Est-ce que tu vas toujours utiliser ton père comme moyen de pression, Malefoy ?

Lucius n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qui venait de les couper. La colère plus piquante que jamais, il serra les dents avant de dire à Mulciber :

-Toi, ne viens pas la ramener.

-Tu vas nous expliquer ce qu'il se passe ? s'écria Rosier, que Lucius n'avait jamais vu aussi peu maître de ses émotions.

Il fronça les sourcils : son camarade ne cessait de faire des tours de la salle de ses yeux, l'air inquiet. Puis Lucius crut comprendre. Avec un sourire satisfait et moqueur, il lança :

-Ne me dis pas que c'est à propos de la petite Wilbongs. Il la détient en otage, c'est ça ?

Rosier le fusilla du regard, et Mulciber parut comprendre la situation. Lui-même lança un rictus moqueur. Mais Rosier ne se démonta pas, plus furieux que jamais, il cracha :

-On a fait entrer dans notre bande un malade qui détient des personnes de notre année dans une salle de classe. Qu'est-ce que tu crois qu'il se passera si jamais ils le découvrent ?

D'un signe de tête, Rosier montra les professeurs ainsi que le directeur, qui parlaient vivement entre eux d'un probable plan d'action. Lucius sentit sa gorge se nouer :

-Ils n'ont pas à le savoir.

-Mec, arrête avec ta fausse confiance et dis-nous ce qu'il se passe, dit Mulciber, plus menaçant que jamais, en s'avançant de quelques pas vers lui.

Mais, cette fois-ci, Lucius ne recula pas :

-Pourquoi, le petit Hufley détient aussi quelqu'un qui t'est cher ? dit-il, moqueur.

Il disait cela pour le provoquer seulement, lorsqu'il vit la réaction de Mulciber qui, malgré lui, recula d'un pas, Lucius fronça des sourcils : après tout, il y avait tout un pan de la vie du garçon qu'il ignorait. Il se promit de découvrir le secret du Serpentard une fois cette affaire tassée.

-Pas du tout, finit par siffler Mulciber, agacé. Mais même mon père n'est au courant de rien. Alors, si tu sais quelque chose, parle.

Lucius regarda son propre père : il était évident que lui, savait. Puis il lança un regard vers la personne qui n'avait cessé de l'observer depuis le début de la journée. La personne qui le mettait profondément mal à l'aise. L'unique personne qu'il aurait eu envie de fuir, et qui, à réellement parler, lui faisait peur. Bellatrix le regardait, la même folie dans le regard, un sourire entendu aux lèvres. Pour se donner une contenance, Lucius reprit son air moqueur :

-Oui eh bien, ton père n'est probablement pas le premier que l'on contacte pour ce genre de choses.

-Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire ? continua Mulciber en s'avançant à nouveau.

-Arrêtez avec votre stupide rivalité. Lucius, si tu sais quelque chose, c'est le moment de nous mettre au courant.

Le blond lança un nouveau regard à son père. Puis, en s'éclaircissant la gorge pour se donner contenance, il dit d'une voix plus assurée qu'il n'aurait pensé :

-Je sais qu'un garçon de quatorze ans a voulu entrer dans notre bande, a probablement supplié son père de parler au mien pour me convaincre, et a complètement pété les plombs aujourd'hui. Il a probablement cru qu'on irait l'aider, ou je ne sais quoi. C'est un pauvre garçon, qui a voulu se prouver des choses... il est en quatrième année ! Il n'y a aucun chance pour qu'il leur fasse du mal. Et puis, rajouta-t-il amèrement, Dumbledore est là non ? Alors bon... Ce n'est qu'une mauvaise blague qui sera bientôt terminée.

Rosier et Mulciber le regardaient toujours avec suspicion, mais semblait calmés.

-Si on nous demande, on ne sait rien sur ce garçon, compris ? lança Lucius pour être sûr qu'ils soient sur la même longueur d'onde.

Les deux autres acquiescèrent.

-J'espère que ce que tu dis est vrai, maugréa Rosier. Bon, je vais rejoindre mes parents.

-Moi aussi, dit Mulciber, non sans frôler Lucius de l'épaule en passant devant lui.

Une fois tout seul, le cœur du blond se mit à battre rapidement. Croyait-il réellement ses propres paroles ? Etait-il réellement certain que rien n'allait se produire ? Rien n'était moins sûr. Tout ce qui était certain, c'était qu'il l'espérait au plus profond de son être. Prêt à rejoindre ses parents et prétendre qu'aucun d'eux ne savait ce qu'il se passait, il fut à nouveau couper. Mais, cette fois-ci, il savait qu'il n'allait pas s'en sortir aussi facilement.

-Salut futur beau-frère. Dis donc... Ce petit Rosier est bien mignon, mais pas tellement malin à ce que je vois. Qu'est-ce que tu leur as dit ?

Elle souriait, mais Lucius la connaissait désormais assez pour savoir que tout chez elle, notamment ses sourires, était une menace. Il se força à garder contenance, pour ne pas donner à Bellatrix une énième occasion de le mépriser.

-Ce que je dis ou non à mes amis n'est pas tes affaires Bella.

La jeune femme eut un petit soupir dédaigneux.

-Oui c'est cela... allais, on t'attend là-bas.

Elle s'apprêtait à repartir, mais Lucius la retint brusquement par le poignet. Il la força à se retourner et serra vivement lorsqu'il murmura, menaçant :

-C'est la dernière fois tu m'entends ? La dernière fois que tu me mêles ainsi à ce genre d'histoires. Prendre des moldus en otage devant les yeux de Dumbledore ? Tu es complètement malade ou quoi ?!

Bellatrix avait perdu son sourire. Elle regardait l'endroit où il la tenait, et Lucius pouvait sentir qu'elle était sur le point d'exploser. Mais peu lui importait, il ne comptait pas la laisser gagner une fois de plus. De plus, il était certain que malgré ses moqueries, même elle n'était pas assez folle pour oser l'attaquer sous les yeux du directeur. Ils pouvaient bien prétendre ce qu'ils voulaient mais, au fond de lui, Lucius était persuadé qu'il n'y avait pas une seule personne ici présente - ses parents inclus - qui n'avait pas un certain respect pour Albus Dumbledore et ses compétences en terme de magie.

-Lâche-moi tout de suite, cracha-t-elle entre ses dents.

-Pas avant que tu m'aies expliqué ce qu'il se passe.

Bellatrix réussit à se défaire de son emprise, et le fusilla du regard. Mais, cette fois-ci, Lucius était déterminé à avoir des réponses. Il soutint son regard. Alors, contrainte et peut-être avec un nouveau respect acquis, la jeune femme prit une grande inspiration et, d'une voix qui se voulait à nouveau enjôleuse mais dangereuse, elle vint à quelques centimètres de son visage pour dire :

-Eh bien... Je commence enfin à comprendre ce que ma petite sœur te trouve. On dirait finalement que tu arrives à te comporter en homme. Laisse-moi te dire ceci, Lucius - coupa-t-elle alors qu'il s'apprêtait à répliquer rageusement -, je suis comme toi. J'obéis aux ordres. Mais ne t'inquiète pas, Lucius. Personne n'aura à savoir le rôle que tu as joué là-dedans. Et puis, je te le répète. Ce n'est qu'une petite blague de rien du tout. Alors détends-toi, ou on va commencer à nous soupçonner.

Puis elle s'en alla. Que peu rassuré, Lucius s'apprêtait à la suivre lorsqu'il fut intercepté pour la troisième fois. Mais, cette fois-ci, lorsqu'il se retourna, il ne ressentit aucune colère ou agacement. Au contraire, son cœur sembla retomber lourdement dans sa poitrine, et il avait l'impression d'être un petit enfant pris en faute. Elle le regardait presque avec dégoût.

-Dis-moi que tu n'as rien avoir là-dedans.

Lucius ravala sa salive. Narcissa le soutenait du regard, implacable, plus froide que jamais. Il respira bruyamment et, d'une voix peu assurée, dit :

-Narcissa laisse-moi t'expliquer...

-Est-ce que oui ou non tu as quelque chose avoir là-dedans ?
Lorsqu'il regardait autour de lui, Lucius comprit. Il comprit qu'il était prisonnier de cette vie. A Poudlard, il était peut-être le roi des serpents mais, en-dehors, il n'était qu'un soldat. Si même Bellatrix obéissait aux ordres, il n'y avait pas grand chose que lui-même ne put faire. Puis, lorsque son regard observait Narcissa, il comprenait qu'elle aussi, se trouvait dans le même cas. Alors, pour la première fois de sa vie, il choisit l'honnêteté :

-Oui. On m'a demandé de faire entrer Hufley dans la bande. C'était ça que je faisais, l'autre soir. Mais Narcissa, je te promets que je n'avais aucune idée de ce qu'il avait prévu de faire. Je ne sais même pas si quelqu'un le savait. Ça me semble être plutôt l'action d'un garçon de quatorze ans perdu, qui croyait nous impressionner.

Il avait réellement envie d'y croire mais, au fond de lui, il savait que c'était un mensonge. Narcissa parut de prime abord étonnée qu'il lui dise la vérité, puis sembla se calmer instantanément. Ses épaules retombèrent, et elle s'approcha de lui.

-Lucius... Il y a une petite fille de cinq ans avec eux.

Son ventre se tordit. Il ne prenait aucun plaisir à savoir qu'une famille moldue, dont un enfant, était peut-être entrain de se faire torturer dans une autre pièce. Il ne prenait aucun plaisir à savoir que des camarades de Gryffondor subissaient probablement le même sort. Tout ce qu'il souhaitait, c'était que tout cela s'arrête, rapidement. Il soupira :

-Je sais... Ils vont les sortir de là, ne t'en fais pas. Je n'en sais pas plus Narcissa, je te le promets.

Elle hocha la tête, signe qu'elle le croyait. Il aurait eu envie de l'embrasser, mais un coup d'œil auprès de leur famille respective l'en empêcha. Les démonstrations d'affection étaient considérées comme une marque de faiblesse, là d'où il venait. Alors, à la place, il lui fit signe de rejoindre les autres et, dans le silence, ils allèrent se poster là où ils étaient attendus : auprès de leur famille, en silence. L'unique chose que Lucius était capable d'entendre était son cœur qui battait contre ses tempes, et marquait le rythme d'une attente insoutenable.

 

« Serpent Sortilla », se répétait-il inlassablement, de peur que l'information ne lui échappe. Il était persuadé que Rogue avait dit la vérité. Il ne savait exactement pourquoi, mais il sentait que le Serpentard était incapable de mentir à Lily. Une fois qu'ils seraient au-dehors de la Grande Salle, il leur serait facile de rejoindre la salle de métamorphose, et de sauver leurs amis. La difficulté allait être de sortir de la salle, alors que les professeurs de Poudlard s'y trouvaient encore. Mais peu importait à Sirius. Il était persuadé d'une seule chose : il allait sortir James et Cassidy de l'enfer dans lequel ils étaient probablement. Avec Remus et Lily à ses côtés, ils y arriveraient, quoi qu'il leur en coûte. Les trois jeunes gens feignirent de faire les cents pas, anxieux, comme la plupart des personnes qui se trouvaient dans la Grande Salle. En réalité, ils étaient tous entrain d'attendre pour une faille, une porte de sortie qui allait leur permettre d'échapper à la surveillance des professeurs et des familles. Sirius jeta un regard auprès des Potter : ils étaient trop occupés à essayer de calmer les familles moldues pour remarquer ce qu'il essayait de tramer. Il se devait de leur ramener leurs enfants. Il le fallait. Alors qu'il réfléchissait à une manière d'aller chercher une poudre d'obscurité instantané qu'il y avait dans son dortoir, la réponse s'imposa à lui. Il ravala sa salive et, d'une voix qui se voulait malicieuse, dit :

-Hé Peeves, descends de quelques mètres, j'ai quelque chose à te dire.

Le fantôme, qui d'ici là s'était tenu exceptionnellement bien, sembla hésiter un instant. Il lança un regard anxieux auprès du professeur Mcgonagall, mais cette dernière était bien trop occupée pour faire attention à lui. Alors, en reprenant son éternel air sournois, il fonça tout droit vers Sirius et ne s'arrêta qu'à un ou deux de centimètres de lui. Le garçon ne bougea pas et, en regardant le fantôme, il dit fermement :

-Toi et moi on se comprends Peeves, on est les mêmes. On n'aime pas tellement toute cette tension. Qu'est-ce que tu dirais de... mettre un peu de désordre dans tout cela ?

Peeves eut un rire qui lui donna des frissons et, quand il regarda à côté de lui, il vit les têtes outrées et inquisitrices de Remus et surtout de Lily, qui, à la vue du fantôme, avait ses joues qui étaient devenues rouges.

-Black Black Black... Tu veux prouver à papa et maman que tu n'es pas un bon garçon ? Généralement, tu n'as pas besoin de mon aide...

Il fit mine de s'en aller et Sirius serra le poing dans sa poche. Sans lui, ce qu'il avait prévu était impossible.

-Attends ! Reviens, s'il-te-plaît.

Ce mot lui arracha la bouche, et le sourire beaucoup trop entendu de Peeves lui valut de faire tous les efforts du monde lorsqu'il dit :

-Cette fois-ci c'est différent. On a besoin de toi.

Peeves semblait vivre le plus beau moment de sa vie de fantôme, mais Sirius n'avait pas le temps de s'énerver pour cela. Au contraire, il choisit de faire perpétuer ce sentiment :

-On a bien essayé de te valoir niveau blagues mais... Tu n'es pas l'esprit frappeur du château pour rien. Regarde Rusard, regarde le professeur Mcgonagall... Qu'est-ce que tu dirais de les énerver hein... Ici même, au milieu de tout le monde. Je sais que tu en meurs d'envie.

Sirius sentait qu'il gagnait du terrain. Peeves souriait toujours, mais une lueur s'était allumée dans ses yeux.

-Dans l'éventualité où je dirais oui, j'imagine que tu as aussi quelque chose à gagner, petit Black... Tu as envie de faire frétiller ta famille ?

Sirius sentit ses nerfs se tendre : le fantôme était loin d'être stupide, et avait la fâcheuse habitude à tout savoir sur tout le monde. Mais il ne pouvait se permettre de se laisser aller à ses émotions actuellement. Alors, il choisit d'être le plus honnête qu'il pouvait selon la situation :

-On a besoin de sortir de cette salle sans que les professeurs ne nous voient, c'est vrai. Alors oui, en le faisant, tu nous aiderais. Mais ce serait aussi une bonne occasion pour toi de les rendre tous fous. Et crois-moi bien quand je dis qu'avec ou sans toi, je sortirai de cette salle.

Sirius était plus déterminé que jamais. Il était hors de question que Cassidy, James et les autres ne restent une minute de plus prisonniers dans la salle. Peeves souriait toujours de manière énigmatique, mais semblait aussi réfléchir.

-OU alors... Je pourrais crier ici et maintenant ton plan d'évasion, et le professeur Mcgonagall serait de mon côté, et alors la prochaine fois que je voudrais faire une bêtise elle ne s'y attendra tellement pas que...

-On t'inclut dans notre plan de fin d'année, dit Sirius précipitamment.

Il vit Lily et Remus se tourner vers lui et lui faire de gros yeux. Sirius haussa les épaules et hocha la tête, signe qu'il savait ce qu'il faisait. Remus acquiesça, mais Lily le regardait avec des gros yeux. Il trouvait touchant que même dans une situation comme ceci, elle pensait au règlement de l'école. Mais le temps manquait :

-Et je t'assure que c'est vraiment énorme... Une blague comme jamais tu n'en connaîtras les prochaines cinquante ans. Si tu vas me chercher ma poudre d'obscurité instantanée, alors tu es dedans.

Le visage du fantôme s'illumina, et Sirius sut que c'était gagné.

-Dans mon dortoir, sous mon lit, dans mes chaussettes rouges de Gryffondor. Prends-en assez, et ne traîne pas en chemin.

Plus discrètement que ce que Sirius ne s'y était attendu, le fantôme passa le mur de la Grande Salle, les professeurs bien trop occupés à parler entre eux pour le remarquer.

-Et maintenant ? demanda Remus.

-Maintenant on attend, fit Sirius en prenant une grande respiration.

Il sentait que toute cette opération était sur ses épaules, et il ne pouvait se permettre de faire le moindre faux pas. Alors que les trois amis faisaient les cent pas en silence, ils furent interrompus par une voix bien trop connue mais peu désirée selon Sirius :

-Pourquoi vous parliez à Peeves ?

Sirius le fusilla du regard. Il trouvait Franck d'un aplomb énorme, d'oser venir leur parler alors que lui-même avait traité Alice comme une moins que rien.

-Qu'est-ce que ça peut te faire ? Lança Sirius avec dédain.

-Il voulait mettre le bazard et on l'en a dissuadé, coupa Lily en voyant que Franck s'apprêtait à répliquer hargneusement.

-Oui, à d'autres. Je vous connais et je sais que vous avez quelque chose derrière la tête. Je veux en être.

Sirius le regarda avec de gros yeux : il n'en croyait pas ses oreilles. Il voulut le faire remarquer mais Remus le devança :

-Quand bien même, tu as été très clair ces derniers temps que tu ne voulais plus avoir à faire à nous. Alors ce qu'on fait ne te regarde en rien.

Il l'avait dit de manière calme mais équivoque, et Sirius enviait cela chez Remus. Il observa son ami : il était clair que le fait que Nelly soit retenue prisonnière ne lui donnait pas envie de discuter plus qu'outre mesure.

-Alice est là-bas...

-Oh et maintenant tu t'y intéresses ? cracha Sirius, n'y tenant plus.

-Oui, fit Franck d'une voix forte. Je le sais, j'ai été un nul. Un vrai gros nul. Mais si quelque chose lui arrive et que je n'ai rien fait, je ne me le pardonnerai jamais.

-Et qu'en dirais Emmeline ? fit Lily amèrement.

-Je m'en contrefiche, répondit Franck du tac au tac.

Les trois autres s'observèrent puis observèrent Franck à tour de rôle. Sirius avait l'impression que ces deux amis pensaient la même chose que lui : il était sincère. D'un commun accord par le regard, Sirius fit :

-Bien, tu peux en être. Mais tu nous suis et tu la boucles.

Franck obtempéra. Il fallut encore quelques minutes - qui parurent des heures aux yeux de Sirius - de silence pour que Peeves ne revienne, tout aussi discret qu'il était parti. Avec un petit rire surexcité, il se posta à nouveau devant Sirius et dit :

-Voilà grand chef.

Sirius regarda la poudre : il y en avait assez pour faire diversion.

-Bon, dit-il, la voix plus tremblante qu'il n'aurait voulu. Ça va faire l'affaire, mais on aura à peine plus de deux minutes pour courir jusqu'à la salle commune de Serpentard. Donc pas le temps pour les regrets, compris ?

Les autres acquiescèrent gravement. Une fois dans la salle commune de Serpentard, nous avons peu de chance que les professeurs nous retrouvent là-bas. Et puis, si tout se passe bien, ils ne sauront même pas qui s'est échappé de la salle. Peeves, dit-il en se tournant vers le fantôme qui le regardait avec avidité, tu vas prendre la poudre et, à mon signal lorsque je lèverai gentiment la main, tu vas la déverser devant les professeurs. Quant à nous, on va se poster au plus près des portes, et espérer les trouver dans l'obscurité. Vous êtes prêts ?

-Attendez, fit Lily.

Sirius soupira : il ne pensait pas que les premiers doutes viendraient d'elle.

-Lorsque l'obscurité sera là, dites luminas et agitez trois fois votre baguette. Normalement, ça devrait permettre d'avoir assez de lumière uniquement pour nous créer un chemin jusqu'aux portes.

Sirius la remercia du regard, incapable de dire à quel point il était reconnaissant qu'elle soit aussi intelligente.

-Tout le monde sait ce qu'il a à faire ?

Ils acquiescèrent encore une fois. Le cœur battant mais déterminé, Sirius tendit sa main - cette fois-ci fermement - vers Peeves et lui tendit la poudre :

-A toi de jouer.

Tendu comme jamais, il suivit du regard Peeves, tout en s'avançant doucement vers les portes d'entrée de la Grande Salle. Il avait l'impression que le bruit de la pièce s'était évanouit, et il n'entendait plus que les battements réguliers mais forts de son cœur contre ses tempes. Doucement, il leva le bras. Puis tout s'accéléra : il ne se souvenait plus de l'effet de la poudre instantanée, et celle-ci était bien plus puissante que dans ses souvenirs. Pendant quelques secondes, il ne réussit à ouvrir ses yeux. Puis il sentit qu'on le poussait. Il n'arrivait pas à distinguer Remus, Lily ou Franck, mais se souvint des paroles de la rousse. Maladroitement, il fit un petit signe de sa baguette et dit :

-Luminas.

Lily n'avait pas menti : il y avait juste assez de lumière pour se frayer un chemin. Ignorant la douleur que la poussière lui procurait aux yeux, il se dirigea précipitamment vers les portes et, conscient que les bruit de panique dans la salle couvriraient leur bruit, il ouvrit les portes, s'assura que ses amis furent passés et les referma aussitôt. Sans un bruit comme convenu, ces derniers coururent à travers le château, en sachant pertinemment par où passer.

-Vite ! intima Remus, et Sirius comprit qu'il avait entendu le même bruit que lui.

Derrière eux, les portes de la Grande Salle s'était à nouveau ouvertes, et il pouvait entendre la voix puissante d'Albus Dumbledore s'écrier :

-Qui que vous soyez, vous faites erreur. Arrêtez-vous tout de suite.

Le cœur de Sirius se mit à battre plus fort que jamais : comment avaient-il pu penser tromper le plus grand sorcier de tous les temps ? Comment, si eux-mêmes connaissaient la formule pour se frayer un chemin de lumière, leur directeur ne la connaîtrait pas ? Il eut soudain envie de se taper la tête contre un mur. Mais il n'y avait aucun temps pour le doute : tout ce qu'il fallait, c'était s'assurer que personne ne les attrape avant qu'ils n'aient atteint les cachots. Alors il courut, plus vite que jamais. Il fut étonné de voir que Lily était avant tout le monde : l'angoisse semblait lui donner des ailes. A ses côtés se tenait Franck, puis derrière eux Remus, que Sirius sentait souffler plus bruyamment que d'habitude. Il se sentit coupable de mettre son ami - qu'il savait plus fragile physiquement - dans de telles conditions. Mais la culpabilité n'avait pas sa place dans ce qu'ils s'apprêtaient à faire.

-On tourne ici, chuchota Remus, et Sirius lui fit confiance.

Ils prirent un chemin plus long pour arriver aux cachots mais, lorsqu'ils se ratatinèrent dans un coin d'une salle alors que les professeurs couraient pour les rattraper, Sirius comprit que son ami avait eu une idée de génie.

-Maintenant, ils seront devant nous, sourit Remus.

En se remerciant mentalement d'avoir des amis aussi intelligents, Sirius continua sa course et, lorsqu'ils arrivèrent devant la salle commune de Serpentard, les quatre s'arrêtèrent, complètement essoufflés, puis se regardèrent.

-Et maintenant quoi ? demanda Franck, mais Sirius ne lui répondit pas.

Il regardait Lily. La jeune femme, les joues rouges d'avoir couru, la mine tendue, fit d'une voix qui se voulait confiante :
-Serpent Sortilla.

Pendant quelques secondes, Sirius crut que la salle n'allait pas s'ouvrir. Qu'ils devraient retourner dans la Grande Salle et supplier les professeurs de les écouter et, surtout, de s'empresser de tuer Severus Rogue. Mais les cachots s'ouvrirent et, momentanément, il fut soulagé. Ça ne fut que de courte durée. Dans tout son plan, jamais Sirius ne s'était un instant demandé comment une bande de Serpentards pourrait réagir si jamais des Gryffondors intrusaient leur salle commune. En jetant un regard paniqué aux trois autres, il se rendit compte qu'il en était de même pour eux. Anxieux, il serra sa baguette plus fort que jamais.

-Qu'est-ce que c'est que ça ? Qu'est-ce que vous fichez ici ?

Un Serpentard, apparemment de sixième année, se leva d'une chaise, et le silence complet se fit dans la salle. Sirius compta mentalement : ils devaient tout de même être une petite vingtaine et, bien que certains premières et deuxièmes années faisaient partie du lot, ils ne pouvaient décemment se permettre d'engager le combat. D'une voix qui se voulait sûr de lui, il dit :

-Laisse-nous passer et on t'assure que ce sera comme si on n'était jamais venu.

Pendant quelques secondes, il crut que ça allait marcher. Mais cet espoir fut réduit à néant lorsque le Serpentard se mit à pouffer de rire, bientôt suivi par les autres. Dans un éclat de rire moqueur, il finit par dire :

-Oh vraiment Black ? Quel honneur tu me fais. Pourquoi est-ce que vous ne nous donneriez pas votre baguette, puis ensuite vous nous expliquerez qu'est-ce que quatre morveux de Gryffondors font dans la salle commune de Serpentard ?

Sirius déglutit péniblement : c'était impossible qu'ils s'en aillent sans baguette magique.

-On ne veut faire de mal à personne, s'imposa Remus - et Sirius fut encore une fois impressionné de son calme - mais il se passe quelque chose dans Poudlard. Quelques chose de grave. Des élèves de Serpentard pourraient finir blessés. On essaye de sauver tout le monde.

Encore une fois, ce fut l'hystérie générale. Sirius commençait à sentir la panique le prendre : combien de temps restait-il ? L'heure devait bientôt être écoulée. Que ferait-il si jamais Hufley attaquait l'un des siens ? Il sentit sa gorge se nouer :

-Vous ne nous aimez pas, on a compris. Mais si l'on est ici, c'est que quelqu'un de votre maison nous a donné le mot de passe.

-Qui ça ? demanda abruptement le Serpentard de sixième année.

Sirius fut tenté de le lui dire, mais un regard de Lily l'en dissuada.

-Peu importe. Laisse-nous passer.

Il voulut avancer, mais sa route fut barrée par un sort lancé d'un peu plus loin. Il sentit son bras lui brûler, et la colère le prendre aux tripes. Il leva sa baguette, plus alerte que jamais :

-Qui a fait ça ? Qu'il vienne en face de moi ! hurla-t-il, fou de rage.

-Pas avant que tu ne nous aies dit pourquoi, Black, cracha le Serpentard de sixième année.

-L'un des vôtres a complètement disjoncté. Damon Hufley, vous connaissez ? Il détient des élèves. Plusieurs élèves. Le temps est compté, on veut aller les sauver !

Lily venait de parler. Lorsque plusieurs Serpentards se tournèrent vers elle, l'air dégoûté, Sirius sut que c'était perdu d'avance. En mettant en avant le fait que c'était un Serpentard à l'origine de tout cela, elle les avait vendus. Lorsqu'elle tourna la tête vers lui avec horreur, le jeune homme sentit qu'elle avait comprit son erreur. Mais il ne pouvait lui en vouloir : c'était lui qui les avait amené jusque-là.

-Laisse-nous passer, implora-t-il. Et il ne sera fait aucun mal à personne.

Mais compter sur la compassion des Serpentards était un jeu bien trop dangereux. Alors que Remus avait pris la parole pour leur expliquer la situation encore une fois et leur faire gagner du temps, il entendit à peine Franck lui murmurer :

-Tu as besoin de passer par où ?

-La porte juste avant le dortoir des filles.

-Vas-y, je ferai diversion.

Sirius le regarda cette fois-ci dans les yeux : Franck était plus sérieux que jamais. Soudain, il fut pris aux tripes d'un énorme dilemme : malgré la déception qu'il avait pu ressentir envers le garçon, il restait l'un des siens, un ami qu'il connaissait depuis désormais sept années. Il ne pouvait le laisser se sacrifier ainsi.

-Pas toi tout seul.

-Ils ont besoin de toi. On n'a pas le temps Sir.

Sirius sentit sa gorge se nouer : il ne pouvait sacrifier un de ses amis pour aller sauver les autres. Jusqu'où les Serpentards seraient-ils capables d'aller ?
-Ne t'inquiète pas pour moi, assura Franck en hochant la tête. Promets-moi de ramener Alice saine et sauve.

-Je te le promets, dit Sirius en le remerciant du regard.

Puis, la gorge nouée, il se rapprocha de Lily afin de les amener elle et Remus dans la bonne direction. Soudain, il entendit une énorme détonation. Franck venait de faire exploser le feu au plus fort et, alors que le Serpentard de sixième année s'était rué sur lui, Sirius pressa les deux autres :

-On y va, dit-il fermement en tenant Lily par la main, qui hurlait qu'ils devaient aider Franck.

Il la força à le suivre, tout en lançant des sorts à tout va pour passer le flot de Serpentards. Comme il l'avait deviné, la plupart partait se terrer dans leur dortoir. Mais cela ne le rassura pas pour autant : avant de prendre vers la gauche, il jeta un dernier regard vers Franck - aux prises avec trois Serpentards - et son cœur se serra. Puis, sans réfléchir, il passa la porte qui menait au bureau de Rusard et la ferma à double tour.

-Franck, fit Lily, les larmes aux yeux.

-On doit aller le sauver, renchérit Remus dont la panique commençait à se faire sentir.

-C'est lui qui en a décidé ainsi. Il ira bien. On n'a pas le temps, implora Sirius.

La gorge plus serrée que jamais, Sirius se dirigea vers la porte qui allait leur permettre d'atteindre la salle de métamorphose.

-Quel est le plan ? demanda Lily.

Sirius tenta de réfléchir, mais la panique l'avait complètement gagné.

-Je... Je... Il faut que...

-J'ouvrirai la porte rapidement et, une fois que ce sera fait, il faudra que vous soyez extrêmement rapide. Il faut que vous pointiez vos deux baguettes vers Damon, et que vous tentiez de le désarmer. Uniquement le désarmer. Il risque d'être un peu bousculé mais au moins, il ne sera pas blessé. S'il y a quelqu'un d'autre que lui dans cette salle, je serai juste derrière vous, et je pourrai les prendre au dépourvu. Compris ?

Sirius acquiesça, encore une fois reconnaissant d'avoir ses amis à ses côtés pour être la voix de la raison lorsqu'il n'arrivait plus à réfléchir. Il jeta un coup d'œil vers Lily, qui semblait à la fois apeurée mais aussi plus déterminée que jamais. Il puisa un peu de courage dans son regard et, d'une voix forte, dit :
-Compris. Je suis prêt.

-A trois, chuchota Remus. Un...Deux...Trois.

La porte s'ouvrit, et il ne fallut qu'une seconde à Sirius pour lever sa baguette, la pointer vers le seul garçon aux couleurs de Serpentard et de hurler en même temps que Lily :

-Expelliarmus !

Comme prévu, le garçon fut projeté en arrière en même temps que sa baguette. Des exclamations de peur, puis de soulagement, eurent lieu dans toute la salle. Sirius ne regarda pas tout de suite ses amis, il garda sa baguette levée, prêt à ce que d'autres personnes ne les attaquent :

-Il n'y a que lui, fit une voix qu'il ne connaissait que trop bien.

Puis il les vit enfin: d'abord Cassidy, puis James, puis les autres : Alice, Nelly, Dorcas - étendue sur le sol - ainsi que la famille moldue, terrifiée, les jambes tremblantes. Lorsqu'il vit la petite fille de cinq ans, son cœur se serra. Il sentit des larmes lui perler aux yeux, mais peu lui importait. Dans sa hâte de libérer ses amis, il se jeta au sol et sa baguette roula de quelques centimètres sur le côté, mais peu lui importait.

-Les cordes, elles se serrent si jamais on bouge, expliqua Cassidy.

Sirius tenta de les défaire à la main, mais elles lui brûlèrent. Il se rendit compte que la panique, le soulagement, les larmes qui lui brouillaient les yeux le rendait incapable de réfléchir correctement. Heureusement, Lily s'était déjà précipitée vers la famille moldue, en les rassurant de sa voix douce :

-Tout va bien maintenant. Je vais simplement lancer un sort pour vous enlever ses cordes. Vous êtes en sécurité avec nous. Liberate, fit-elle d'une voix assurée, et les cordes de la petite fille s'enlevèrent.

Puis celle du garçon, de la mère et du père. Les enfants sautèrent dans les bras de leurs parents, et Sirius sentit ses larmes devenir incontrôlables. Alors qu'il voulut retrouver sa baguette pour pouvoir en faire de même avec James et Cassidy, il tourna la tête sur le côté, et sut qu'il avait fait une énorme erreur. Sans qu'il ne sache comment un garçon de quatrième année était capable de faire cela, Damon avait lancé un sortilège informulé et toutes les baguettes étaient désormais dans ses mains. Par réflexe, il se leva et se posticha devant les autres pour les protéger. Il jeta un coup d'œil vers l'arrière : Lily faisait de même avec la famille moldue. Mais Damon avait réussi à s'emparer de Dorcas, qui sous le choc du geste, s'était légèrement réveillée, mais semblait incapable de tenir correctement sur ses jambes. Le Serpentard, qui semblait hystérique, pointait toutes les baguettes sur la jeune femme :

-Si vous bougez, je lui fais exploser la cervelle, compris ?! Vous n'auriez pas dû faire ça !

Il hurla comme jamais. Sirius avait peur. Une peur incontrôlable qui lui faisait mal au ventre. Parce que malgré l'âge de Damon Hufley, il avait compris que ce n'était pas lui qui était aux commandes. Et la personne qui l'était n'hésiterait pas à tuer Dorcas. Il ne pourrait jamais se le pardonner si ça arrivait.

-Damon, lâche les baguettes.

La voix de Remus lui donna un certain réconfort. Étant donné qu'il ne s'était pas montré tout de suite, lui-même conservait sa baguette. Sirius eut un espoir, mais son corps entier était alerte, son esprit tendu, sa respiration saccadée. Il avait confiance en Remus. Il était le seul qui pouvait les sortir de là. Son ami avait une voix posée, presque douce, mais sa baguette était fermement levée contre Damon. A mesure qu'il parlait, il avançait :

-Tu ne veux pas faire ça. Quelqu'un veut que tu le fasses, c'est certain. Mais toi, non. Tu n'es qu'un garçon de quatorze ans, qui probablement adore être à Poudlard entouré de tes amis. Qui aime apprendre de nouveaux sorts. Peut-être que tu aimes aussi jouer au Quidditch, ou alors tu es plutôt comme moi, et tu aimes les livres. Mais tout cela, ce n'est pas toi. On le sait. Tout le monde le saura, et te pardonnera. Tu n'y es pour rien. Mais maintenant, tu peux choisir. Combats cette voix en toi qui t'ordonne de faire du mal aux gens, Damon. Car toi, tu ne veux pas nous faire de mal. Tout ce que tu veux, c'est que ça se finisse. Sans encombre. Ta famille viendra te voir. Tu seras remis sur pieds par Madame Pomfresh en un rien de temps. Alors je t'en prie, Damon, lâche ces baguettes. Laisse Dorcas s'en aller, et nous sortirons ensemble de cette salle.

Sirius sentait les larmes lui couler sur les joues, et il était persuadé qu'il en était de même pour toutes les personnes présentes dans la salle. Il n'y avait aucun bruit. Tout les regards étaient rivés sur Damon. Sirius pouvait sentir ce qu'il se passait au sein même de son esprit. D'une certaine manière, il pouvait même le comprendre : il savait ce que c'était, d'avoir l'impression d'être tiraillé entre deux mondes. Remus tenait toujours sa baguette prête, et Sirius espérait qu'il n'aurait pas à s'en servir. Puis Sirius le perçut : des larmes, presque imperceptibles, au coin de l'œil de Damon. Et alors il eut un pressentiment : que les paroles de Remus avaient trouvé résonance. Après une attente interminable, il vit le garçon abaisser gentiment les baguettes. Personne ne bougea. Dorcas s'était amplement réveillée, et son regard était terrifié. Gentiment, Remus s'approcha encore un peu puis, d'un geste rapide tout en gardant sa baguette bien contre Damon, il s'empara de Dorcas, laquelle se laissa presque tomber sur lui, les jambes flageolantes.

-Merci Damon, fit Remus. Tu es quelqu'un de bien. On le sait.

Alors que Sirius pensait que tout était fini, que le pire était passé, que tout était derrière eux, il perçut un mouvement : les baguettes dans les mains de Damon remontèrent - le garçon donnait l'impression d'être à nouveau dans un autre monde, d'être déjà parti -, un cri se fit entendre, un bang détonnant emplit la pièce, un corps tomba, et - en rouvrant les yeux après les avoir fermés - Sirius eut l'impression qu'une partie de son cœur était meurtri à tout jamais.

 

Note de fin de chapitre :

Et voilà... N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, et j'en profite pour vous remercier car nous en sommes à désormais plus de 40000 vues et pour moi ça représente vraiment beaucoup :D

 

A bientôt pour un nouveau chapitre!

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