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Défaut d'envois des mails


Les hiboux se sont perdus !

Vous avez dû remarquer que les notifications (de nouveaux chapitres, de nouvelles reviews et autres) n'arrivaient plus dans votre boite email ! Effectivement, les hiboux sont en grève pour quelques temps. Notre équipe technique est sur le coup pour corriger le problème aussi vite que possible. Merci de votre compréhension !


Jim Kay pour Bloomsbury Publishing


De Le CA et l'équipe technique le 26/09/2022 17:05


Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous!
Me revoilà avec un nouveau chapitre :D

Je dois avouer que j'ai ADORE écrire ce chapitre. ça faisait du bien de repartir sur des bases nouvelles, d'enfin réconcilier tous ces personnages, et comme je l'ai dit les deux précédents chapitres ont été plus difficiles à écrire parce que beaucoup plus massif et intense, et j'ai vraiment aimé reprendre ce rythme doux de ce genre de chapitre plus introspectif.

 

J'espère qu'il vous plaira autant qu'il m'a plu! Je vous souhaite dès lors une belle lecture :D

 

Le temps était en complète contradiction avec ce qu'il se passait à l'intérieur : beau, agréable, une légère brise venant rendre les rayons du soleil plus supportables. Les oiseaux chantaient, les arbres donnaient l'impression de danser doucement, l'eau du lac ondulait de manière à produire un léger son, réconfortant aux oreilles. James huma l'air : l'odeur d'herbe fraîchement coupée et de printemps lui donna la force nécessaire pour ne pas pleurer. Il ne l'avait que trop fait dans la semaine qui s'était écoulée. Lorsqu'il y repensait, il avait l'impression qu'il s'était passé une vie entre les sentiments qu'ils ressentaient avant que ses parents ne viennent le trouver et à la fin de la journée. Il avait l'impression que durant toute sa vie, il n'avait été qu'un enfant. Un enfant qui ne savait pas ce dont le vrai monde pouvait regorger, qui ne comprenait pas les malheurs d'autrui et, surtout, un enfant naïf qui croyait qu'il pouvait y changer quelque chose. James avait toujours pensé qu'en étant quelqu'un de courageux, quelqu'un comme son père et sa mère, alors rien ne pourrait jamais lui arriver. Et surtout, il serait en mesure de protéger aussi les autres. Mais ça n'avait pas été le cas. Il n'avait même pas su se protéger lui-même. Lorsqu'il repensait à ce qu'il avait ressenti avant de voir ses parents passer les portes de Poudlard : l'anxiété de devoir leur avouer sa dispute avec Sirius, la culpabilité mélangée de rancœur qui le submergeaient à l'encontre de son ancien ami, la gêne face à Cassidy, les larmes qui avaient coulées lorsque son père lui avait dit toutes ces belles choses, la joie de retrouver Lily, il avait l'impression qu'il ne serait plus jamais ce garçon. Parce que ce qu'il avait ressenti par après : la terreur, réelle - jamais ressentie, pas même lorsqu'il était allé sauver son père, pas même à Pré-au-Lard lorsqu'il avait vu le Lord - de perdre sa vie, de perdre quelqu'un qu'il aimait, de voir un corps s'écrouler sans vie face à lui, tout cela l'avait transformé à jamais. James huma encore une fois l'air, perdu dans ses pensées, avec le besoin irrépressible de se replonger dans les souvenirs qui avaient suivis. Lorsqu'il avait vu les têtes de Sirius et de Lily, venus à leur secours, il avait ressenti un profond soulagement. Jamais de sa vie il n'avait plus compté sur quelqu'un qu'à ce moment-là, où il était attaché sur le sol froid et dur, impuissant face à un garçon de quatorze ans soumis à l'Impero. Puis il y avait eu Remus, qui, comme à son habitude, avait eu les mots justes, les mots qu'il fallait. James s'était senti hors de danger, un peu trop tôt. Et ce qui lui faisait le plus mal, ça n'était pas de réentendre le cri de Lily, effroyable, nuit après nuit, de voir Dorcas s'effondrer sur Remus, les deux en larmes, ou de revoir Sirius tombé sur ses genoux, complètement démuni. Ce qui avait fait le plus de mal à James, ça avait de se dire qu'il avait laissé tomber la seule personne dans la salle qui avait réellement besoin de son aide. Il le revoyait lorsqu'il était réveillé, puis il en cauchemardait lorsqu'il était endormi. L'image de Damon qui, soulevant les baguettes pour les pointer sur lui-même et prononcer, le vague à l'âme, un sortilège impardonnable, puis son corps tomber lourdement sur le sol, froid, sans vie, pâle. Mais ce dont James se souvenait le plus, et qui lui faisait le plus mal, c'était de voir le désespoir, l'appel à l'aide dans le regard de Damon, et de savoir que personne n'avait rien fait pour l'aider. Tout ce qu'il s'était passé ensuite était flou pour le jeune homme : le fait qu'ils soient tous sortis de la salle après que les professeurs y soient entrés, les cris du professeur Mcgonagall, les larmes perlant dans les yeux d'Albus Dumbledore, l'ambiance électrique de la Grande Salle, les larmes et exclamations de crainte et de soulagement des parents, de ses propres parents qui l'avaient pris dans les bras, alors que lui-même - sous le choc - n'arrivait même plus à savoir ce qu'il ressentait réellement. Le festin n'avait pas eu lieu. Les cours de la semaine avait été annulés. Les parents de Damon Hufley étaient venus chercher le corps de leur fils, puis, d'un commun accord avec le directeur, avaient décidé de l'enterrer à même Poudlard, là où il avait été - selon ses parents - le plus heureux. James avait d'ordinaire l'impression, lorsqu'il voyait des familles de Serpentard, de n'avoir pas à faire à des humains. Mais, quand il avait aperçu le désarroi dans les yeux de Madame Hufley, puis la détresse dans ceux de Monsieur Hufley, James se rendait compte que la distribution des maisons selon un Choixpeau magique ne voulait dire que bien peu de choses. Les élèves qui avaient été pris en otage ou avaient assisté à la mort de Damon avaient été autorisés à rentrer chez eux pendant une semaine, et tous l'avaient fait. James avait d'abord passé son temps à s'énerver contre le monde entier, puis à pleurer puis, finalement épuisé par son surplus d'émotions, à dormir. Il était revenu à Poudlard, avec les autres, pour l'enterrement de Damon. C'était la première fois qu'il avait l'impression que ses parents ne voulaient pas les laisser repartir. Mais il le fallait. Ils le devaient.

-Vieux, tu vas bien ?

Il tourna la tête gentiment : à ses côtés se tenait Sirius, assis dans l'herbe, contre le gros chêne au pied duquel les Maraudeurs avaient passé tant de temps - certains à faire leurs devoirs, d'autres à préparer des blagues. Remus était lui aussi présent : James lui trouvait un air plus reposé, plus serein, et il trouvait le garçon incroyablement courageux de tenir le coup après tout ce qu'il lui était arrivé. Bien que Peter n'ait pas assisté à la prise d'otage, il avait été affecté de voir ses amis dans cet état, et James avait été touché de recevoir une lettre lors de son retour à la maison. Lui aussi se tenait sous le hêtre, silencieux, observant la beauté du paysage. Quand James regardait Sirius, il se demandait comment il avait fait pour douter ne serait-ce qu'une seconde de son amitié. Le temps où il lui en voulait, où il avait été jaloux de lui, était bien révolu. Bien qu'il l'ait insulté, même frappé, qu'il l'ait presque renié de sa famille, Sirius lui était venu en aide. Sans une seule seconde d'hésitation. Et James se rendait compte que le garçon serait toujours ainsi : peu importe ce qu'ils pourraient se passer entre eux, il serait là pour lui.

-Eh bien, je dois avouer que malgré tout ce qu'il s'est passé, je suis content d'être de retour ici.

C'était la simple vérité : jamais Poudlard ne pourrait le décevoir. Il lui restait un peu plus d'un mois à même ses murs. Un peu plus d'un mois pour profiter de tous les recoins du château, de ses professeurs, de sa nourriture, de la beauté de ses paysages environnant. Ainsi assis contre le hêtre qu'il avait côtoyé pendant sept longues années, à regarder un lac qu'il connaissait par cœur, à entendre les bruits du saule cogneur qui lui avait parfois fait des misères, James avait l'impression de découvrir l'endroit pour la première fois. Peut-être que c'était la première fois qu'il prenait réellement conscience de la chance qu'il avait d'avoir pu côtoyer cette école, d'être entouré de personnes qu'il aimait et qui l'aimaient, et tout simplement d'être en vie.

-Moi aussi, fit doucement Remus.

Peter acquiesça. James les regarda encore : il leur avait écrit, pour les remercier d'être de bons amis, et leur assurer qu'il serait toujours là pour eux. Il savait qu'entre lui et Remus, le lien était indestructible. Ça avait été le seul qui lui avait pardonné, même lorsqu'il était impardonnable. Il était conscient que Peter avait toujours une admiration, peut-être malsaine, envers lui, mais James s'était promis d'y faire attention, et de malgré tout continuer à être un bon ami pour lui. Mais, malgré le fait qu'ils s'étaient reparlés, qu'ils avaient passé du temps ensemble, qu'ils avaient rejoué au Quidditch en compagnie de Cassidy, James n'avait pas encore réussi à parler à Sirius. Et, lorsqu'il le voyait, à ses côtés, à contempler le ciel presque sans nuage, James rassembla son courage et dit :

-On peut se parler un instant ?

Sirius parut surpris, puis acquiesça. Sans un mot, ils quittèrent les deux autres - qui comprirent par un accord tacite qu'il fallait mieux les laisser - et se dirigèrent quelques mètres plus loin. De plus en plus d'élèves étaient venus prendre le réconfort du soleil mais, bien que bondé, le parc de Poudlard était étonnamment calme, serein, réconfortant. James s'arrêta au plus près du lac et s'assit sur une grosse pierre. Sirius en fit de même. Ils regardaient les deux dans la même direction, et James en était content. Le cœur battant et la voix quelque peu tremblante, il commença :
-Je ne t'ai jamais réellement remercié. Et pour moi, c'était important que tu le saches. Je te remercie d'être venu me sauver. Je sais que sans toi, ils n'auraient jamais réussi. Les professeurs ne seraient pas arrivés à temps, et...

-Je n'ai pas réussi à tous vous sauver, coupa Sirius.

James le regarda. Il avait tellement l'habitude que son ami ne montre aucune émotion qu'il ne s'était pas réellement demandé comment il avait vécu la mort de Damon. Une des erreurs que le garçon se promettait de moins reproduire. Lorsqu'il vit les yeux de Sirius, et la souffrance qu'ils traduisaient, James soupira et dit d'une voix douce :

-Non. Mais si tu n'étais pas venu nous sauver, l'un de nous serait mort. Peut-être Dorcas, peut-être Alice, peut-être même Cassidy ou moi... Sans compter cette famille moldue, et cette petite fille de cinq ans. Ce qu'il s'est passé c'est horrible. Mais aucun de nous n'aurait pu le prévoir. Ce n'est la faute d'aucun d'entre nous.

James prenait conscience à mesure qu'il prononçait ces mots qu'il résonnaient juste dans son cœur. La culpabilité sembla s'alléger, pour le quitter gentiment. Il eut l'impression qu'il en était de même pour Sirius, qui lui sourit.

-Alors merci. Et surtout désolé. Je suis désolé de mon attitude, de t'avoir insulté, de t'avoir frappé... Je n'ai pas été ton ami, alors que toi tu n'as jamais cessé de l'être.

Pendant quelques instants, Sirius garda le silence et la tête vers le sol. James se sentit soudain gêné, mais attendit que son ami ne prenne la parole :
-J'ai merdé James. Je le sais. Je n'ai pas besoin que l'on me rappelle à quel point je suis mauvais pour les autres. Tu n'avais pas complètement tort dans ce que tu m'as dit. J'aurais détruit ta sœur... et peut-être que dans le fond, j'y suis allé uniquement parce que c'était un jeu, parce que c'était interdit, parce que dans le fond je savais que ça allait te déranger. Je ne dis pas ça pour que tu me contredises - James avait voulu répliquer - mais parce que c'est la vérité. J'ai une part d'ombre en moi... que je n'arrive pas toujours à contrôler. Et je suis le premier à la détester. Alors c'est moi qui m'excuse. Je te promets que je ne m'approcherai plus de Cassidy.

James soupira. D'une certaine manière, il était reconnaissant envers Sirius de lui dire ces mots. Mais il comprenait aussi leur portée, et il était sûr de lui lorsqu'il répondit :

-Sir'... C'est vrai, tu as tes défauts. Et peut-être que je ne les comprends pas toujours, parce que je ne sais pas ce que ça fait d'avoir vécu ce que tu as vécu. Tout ce que je vois, c'est que tu veux t'améliorer. Comme moi, comme Cassidy. Et c'est ça qui compte. J'ai pris conscience que ce qu'il y avait entre elle et toi, c'était entre elle et toi. Et je n'ai pas en à m'en mêler. Mais indépendamment de tout cela, tu es mon ami, et je veux que tu le restes. Parce que je crois que malgré tout ce qu'il a pu se passer, même si on le voulait, ce serait impossible de ne pas être ami avec l'autre.

Sirius avait relevé la tête, et souriait. Puis, d'un commun accord, les deux se prirent dans leur bras comme jamais ils ne l'avaient fait. James le serra fort, et Sirius le lui rendit. Le garçon avait l'impression de lâcher un poids énorme, et se rendit compte à quel point le pardon pouvait être libérateur.

-Tu es mon frère. Tu es ma famille. Et rien de ce que tu ne feras ne viendra changer ça.

Il pouvait voir dans les yeux de Sirius, qui reluisaient, qu'il avait besoin d'entendre ces mots.

-Vous êtes ma famille aussi. Les seuls qui ne m'ayez jamais accepté. Je t'assure que je ferai de mon mieux pour ne pas tout gâcher.

James acquiesça, se leva et lui tendit la main. Sirius se leva à son tour, et les deux se tapèrent dans la main, comme pour sceller le nouveau pacte implicite qu'il venait de faire entre eux.

-Aufaite, j'ai inclus Peeves dans notre blague de fin d'année. Ne me regarde pas comme ça, c'était le seul moyen que j'avais de venir vous sauver !

-Remarque... Je crois que j'ai bien quelques idées pour rendre Rusard encore plus fou qu'il ne l'a jamais été !

Plus léger qu'il ne l'avait été depuis très longtemps, James rejoignit ses deux autres amis avec une promesse dans le cœur : son dernier mois à Poudlard serait le meilleur de sa vie.

 

 

C'était la troisième fois qu'il assistait à un enterrement. La première fois pour son grand-père maternel, la deuxième fois pour sa grand-mère maternelle. Pourtant, il ne se souvenait pas avoir eu autant les entrailles retournées. Peut-être que c'était parce qu'il était enfant, et qu'il ne comprenait pas la finalité de la mort. Peut-être était-ce aussi parce que chez les Malefoy, les effusions d'émotions étaient interdites et, quand personne ne pleurait, il était plus facile de ne pas pleurer soi-même. Mais, lorsqu'il avait entendu les cris de désespoir des parents de Damon Hufley, vu les larmes couler inlassablement, compris qu'il en était de même pour la plupart des professeurs, pour le directeur de Poudlard - dont la voix déraillait alors qu'il prononçait des paroles réconfortantes - pour tous les élèves de Poudlard, présents dans la Grande Salle, ainsi que pour certains camarades de sa maison qui connaissait le garçon personnellement, il avait été beaucoup plus difficile pour Lucius de prétendre qu'il ne ressentait rien. La vérité, c'était que depuis une semaine, le garçon avait envie de vomir et de hurler au monde à quel point il détestait sa vie, sa famille, les gens qui l'entouraient. Il aurait menti s'il avait dit ne pas avoir ressenti un soulagement en voyant les élèves de son année revenir sain et sauf dans la Grande Salle. En tant que bon Malefoy, il n'en avait rien montré. Bellatrix avait eu un soupir dédaigneux, mais Narcissa l'avait remise à sa place d'une telle manière que les parents de Lucius l'avaient regardée avec admiration. Mais, lorsqu'il ne voyait pas Damon revenir, que Rosier et Mulciber s'étaient rapprochés de lui afin de voir ce qu'il se passait et qu'ils avaient tous compris, en entendant les paroles en sanglots d'Alice Fortescue que Damon s'était donné la mort, Lucius n'avait pas réussi à cacher ses émotions. Il s'en souvenait comme si ça venait de se produire.

-Je te l'avais dit que c'était n'importe quoi de le prendre dans notre bande, maintenant il est mort et c'est nous qui serons accusés !

En regardant Mulciber et en comprenant que la seule chose qui lui importait était sa réputation, Lucius aurait eu envie de lui cracher dessus. Rosier gardait le silence, la tête basse, mais le blond pouvait sentir que lui aussi était simplement soulagé que ça n'ait pas été Wilbongs à la place de Hufley. Mais Lucius ne ressentait aucun soulagement, aucune indifférence à ce qui était en train de se produire. Il se sentait coupable. Il avait l'impression qu'il était celui qui avait lancé le sortilège impardonnable et qui avait condamné Damon. Bien entendu, il ne connaissait pas le garçon et n'avait aucune attache particulière avec lui. Mais, en regardant les réactions des Gryffondors et de la famille moldue qui étaient présents dans la salle de classe de métamorphose, Lucius eut un frisson si intense qu'il avait l'impression qu'il allait dégobiller. Il n'osait pas regarder à sa droite. Il l'avait entendu pousser un petit cri, l'avait vu porter ses mains à sa bouche, entendait presque ses sanglots silencieux, mais il ne pourrait affronter le regard de Narcissa. Il ne pouvait non plus affronter le regard de Bellatrix qui, il le sentait, le jaugeait de loin. Alors, d'une impulsion plus forte que lui, il s'était rapproché de ses parents, qui n'avaient pas bronché d'une oreille.

-Qu'est-ce qu'il se passe ? avait-il demandé d'un ton dur.

Sa mère s'était retournée avec de gros yeux et, d'ordinaire, Lucius aurait baissé la tête. Mais, étonnamment, il était persuadé qu'aucun des deux n'oserait lui faire de remarque au sein de Poudlard.

-Comment ça, mon fils ? Tu as dû entendre, ce malheureux garçon s'est donné la mort... J'imagine qu'il a bien compris que c'était peine perdue, et qu'il a regretté.

Son père parlait sur le ton de la conversation, et Lucius avait envie de vomir.

-Regretter ?! Regretter quoi ? Comment voulez-vous qu'un enfant de son âge puisse prendre autant de personnes en otage ?

Lucius crachait presque ses mots. Il eut l'effet escompté, puisque son père se tourna vers lui et le regarda enfin dans les yeux. Il perdit son air supérieur et son petit sourire satisfait. Sa mère crut comprendre que c'était entre le père et son fils, et partit rejoindre la famille Black.

-Fais attention à toi mon fils. On pourrait croire que tu as quelque chose à te reprocher.

-Et est-ce que c'est le cas ? Pourquoi m'avez-vous demandé de le faire intégrer ma bande ?

-Je te l'ai dit, c'est son père qui est venu me supplier de...

-Vous mentez, père. Je suis assez grand pour savoir.

Il avait besoin d'entendre la vérité, et était prêt à faire semblant de ne pas en être touché pour la connaître. Son père le sonda puis, en décidant que son fils était bel et bien assez mature pour tout entendre, dit d'un ton doucereux :

-Monsieur Hufley est... Eh bien, il est ce que l'on peut appeler un maillon faible. Ce n'est pas un très bon... Soldat, va-t-on dire. Il a plusieurs fois manqué à ses devoirs de sorciers au sang-pur, son travail au Ministère n'est de loin pas irréprochable et... Certaines personnes ont estimé qu'il avait besoin d'une bonne leçon. Bien entendu, j'imagine que personne n'aurait pu imaginer que ça ait pu aller aussi loin.

Et alors, il comprit. Lucius comprit que ce qu'il avait pris pour une tentative du monde extérieur de démontrer une fois de plus la supériorité des sorciers sur les moldus n'étaient en faite qu'un subterfuge pour punir un sorcier au sang-pur qui n'avait pas obéi aux ordres. « Ordres de qui ? » mais Lucius n'avait pas besoin de poser la question, il en connaissait déjà la réponse. « Personne n'aurait pu imaginer que ça ait pu aller aussi loin ». Son père mentait, une fois de plus. Et Lucius comprit qu'il s'était menti à lui-même : il n'était pas assez fort pour entendre la vérité, et aurait préféré ne jamais la savoir. Il prit conscience de l'horreur de sa réalité : quelqu'un capable d'orchestrer la mort d'un élève de quatorze ans simplement pour refus d'ordre ne s'arrêterait devant rien pour obtenir ce qu'il souhaitait. Il eut envie de vomir et, sans un mot, sans même regarder son père, s'éloigna de lui. Il passa devant Mulciber et Rosier, mais ne répondit pas à leur regard interrogateur. Il n'y avait qu'une seule personne qui serait capable de le faire tenir assez longtemps pour ne pas s'écrouler devant ses parents. Elle le regardait aussi et, cette fois-ci, Lucius plongea ses yeux dans ceux de Narcissa.

-C'est pire que ce que je croyais, fut la seule chose qu'il réussit à dire.

Étonnamment, la jeune femme ne se mit pas à pleurer, ou ne le regarda pas avec haine, ou avec incompréhension. Bien au contraire, Lucius était persuadé qu'elle avait très bien compris ce qu'il s'était passé. Alors, gentiment, avec sa grâce habituelle, elle vint lui prendre la main et la serra fort. Lucius la regarda, les larmes menaçant de couler, et la remercia du regard.

-Eh bien eh bien cher futur beau-frère, on dirait que tu as avalé un cafard, ou que tu as vu le postérieur de ce cher Monsieur Slughorn. Ne me dis pas que la mort de ce Hufley t'attendrit ?

Lucius n'avait pas la force de la contrer, mais il s'apprêtait tout de même à répondre à Bellatrix de le laisser tranquille lorsque Narcissa le fit à sa place. D'une voix froide, maîtrisée mais implacable, elle planta son regard dans celui de sa sœur et dit, assez fort pour que les Serpentards alentours - dont les amis de Lucius - l'entende :

-Bella, je crois que tu oublies ta place. Tu es ici dans mon école, entourée de mes amis, et tu parles à mon petit-copain, uniquement parce que je te le permets. Alors je me contrefiche de savoir le rôle que tu as à l'extérieur, mais permets-moi de te rappeler une chose que tu as tendance à oublier : moi aussi, je suis une Black. Alors laisse-nous tranquille, nous n'avons aucunement besoin de tes sarcasmes.

C'était la première fois de sa vie que Lucius voyait Bellatrix sans mot. Elle semblait vexée, presque blessée des paroles de sa petite sœur, et le blond songea que c'était probablement la plus humaine qu'il ne la verrait jamais. Mais elle s'en alla, comme Narcissa le lui avait demandé, et Lucius sentait que sa petite-amie avait acquis auprès de sa bande un respect nouveau. Mais peu lui importait. La seule chose qui lui importait, c'était que la journée se termine rapidement.

 

Et elle s'était terminée, moins rapidement que prévu. Mais la culpabilité était restée, et demeurait alors même que l'enterrement venait d'avoir lieu, qu'il n'aurait jamais plus à être témoin de la souffrance des parents de Damon Hufley, ni de voir son petit corps sans vie au milieu d'un cercueil. Elle le torturait alors qu'il rejoignait les rives du lac, en essayant de se trouver le plus loin possible des Gryffondors qu'ils voyaient parler entre eux près d'un chêne. Il se trouva finalement un coin tranquille, loin de sa bande, des questions incessantes de ses camarades qui lui demandaient plus de détails, des regards de tous les Serpentards qui avaient connaissance du lien de Damon avec la bande à Malefoy, loin de toute personne qui ne lui faisait pas du bien.

-Est-ce que je peux me joindre à toi ?

Cette voix était la seule qu'il eut envie d'entendre. C'était la seule qui était capable de lui faire un tel effet, de le calmer instantanément. Il avait espéré de toutes ses forces qu'elle le rejoigne après avoir passé du temps avec Erin, et elle l'avait fait. Il leva les yeux pour la regarder :

-Bien sûr.

Narcissa prit place à ses côtés. Il sentait qu'elle était touchée mais, pour la première fois de sa vie, Lucius avait l'impression d'être le plus démuni, le plus sensible des deux. Narcissa n'avait pas pleuré. Il se disait d'ailleurs qu'il ne l'avait presque jamais vu perdre contrôle de ses émotions. Sa gorge se noua un peu plus alors que lui-même devait tellement retenir ses larmes que parfois elles sortaient toutes seules durant la nuit, lorsqu'il était sûr que personne ne le saurait jamais. Peut-être en était-il de même pour la blonde. Parce que dans le fond, Lucius n'avait pas besoin de lui parler pour comprendre que sa petite-amie se posait exactement les mêmes questions que lui. Poudlard allait bientôt terminer. Les rivalités entre maisons n'existeraient plus au-delà de ses murs, puisqu'au-delà de ses murs, ça n'était pas de rivalité dont on parlait, mais de guerre. Et Lucius l'avait compris, au prix fort. Il avait compris qu'il avait été naïf, qu'il avait cru que s'il jouait assez bien le rôle qui lui avait été attribué il pourrait vivre une vie agréable, pleine de privilèges, sans trop devoir donner en retour. Il l'avait fait aux dépens des autres, c'était vrai. Mais jamais Lucius ne s'était imaginé que ça irait aussi loin que cela. Et il comprenait désormais qu'il en serait probablement réduit à de telles extrémités s'il voulait suivre les règles. Il comprenait aussi que dans son cas, le seul choix qui s'imposait à lui était de suivre les règles.

-A quoi tu penses ? demanda Narcissa.

Il la regarda à nouveau : elle était belle, presque encore plus que d'habitude. Peut-être était-ce le fait que pour une fois il lui avait fait confiance, mais Lucius sentait que Narcissa, au lieu de le fuir, s'était rapproché de lui même après avoir compris le rôle qu'il avait joué dans la mort de Hufley. Il se demandait comment il avait pu douter du fait que Narcissa serait la seule alliée qu'il ait dans sa vie. Sa voix était douce, ses traits moins strictes qu'à l'ordinaire. Ses yeux balayaient les ondulations du lac avec mélancolie, et Lucius la trouva plus belle que jamais. Il ne sut exactement pourquoi ni comment il trouva la force de le faire, mais, sans réfléchir, il se mit à lui dire :

-Je pensais à quel point j'étais chanceux de te connaître. Je dois t'avouer que tu es bien le seul choix que mes parents aient fait pour moi que je ne regrette pas. C'est presque difficile de ne pas croire au destin maintenant que je te connais. Je n'imaginerais pas ma vie sans toi Narcissa. Alors peu importe ce qu'il va nous arriver... De toute manière on ne décidera de rien. Mais je veux que tu saches que je t'aime.

Il parlait au lac, incapable de regarder à ses côtés. Les oiseaux avaient beau chanter, il ressentit pesamment le silence qui suivit. Alors, en rassemblant tout son courage, il la regarda enfin. Pour la première fois de sa vie, il vit les larmes perler dans les yeux de Narcissa. Elle avait toujours l'air aussi belle, aussi douce, mais Lucius sentait que ses paroles avaient résonné là où il le fallait. Simplement, elle lui répondit :
-Moi aussi je t'aime.

Lorsqu'il l'embrassa et la prit dans ses bras, Lucius était persuadé que ce serait l'une des rares fois qu'il le dirait, à qui que ce soit. Mais une petite voix dans sa tête lui sommait que dans des moments comme celui-ci, l'amour était bien plus fort que la haine.

 

 

Il était redevenu le garçon invisible qu'il avait toujours été mais, pour une fois, cela lui allait parfaitement. Il mourrait de honte et de culpabilité si jamais quelqu'un apprenait ce qu'il avait fait - sans réellement le savoir - à Damon. Severus était peut-être invisible aux yeux du monde, mais s'il y avait une chose qu'il savait à propos de lui-même, c'était qu'il était loin d'être stupide. La potion qu'il avait transmise à Damon Hufley n'avait pas simplement scellé un stupide pacte fait entre adolescents qui se prenaient pour des grands. C'était le portail que quelqu'un - il n'osait penser à qui - avait utilisé pour soumettre le garçon à l'Impero. Dès le moment où la prise d'otage avait eu lieu, il l'avait su. Il n'en avait parlé à personne, et il lui semblait que les autres membres de la bande ne se posaient pas réellement la question. Personne ne sautait de joie face à la mort de Damon, mais Severus avait surtout l'impression de ressentir de l'indifférence chez ses camarades. Étonnamment, il lui semblait que le plus touché était Lucius. Mulciber avait repris son éternel air arrogant, et même Rosier n'avait pas bronché lorsque le cercueil du Serpentard était passé près de lui, ce qui avait donné envie à Severus de défaillir. Mais aucun de ses camarades n'avait pris la peine de se demander comment un garçon de quatorze ans en était arrivé là. Tout ce qui comptait à leurs yeux était d'être exempté de tout lien avec Hufley, ce qui était le cas puisqu'aucun professeur jusqu'à ce jour n'était venu leur poser de question. La version officielle était que le garçon avait des problèmes, et avait imaginé ce stratagème pour mettre fin à ses souffrances. Mais Severus savait que ce n'était rien d'autre qu'un meurtre. Un meurtre dont il avait été l'instrument. Une seule autre personne était au courant. La manière dont Regulus le regardait de loin mais l'évitait lorsqu'ils se retrouvaient au même endroit lui confirmait ce qu'il avait senti depuis un certain temps : Regulus se posait autant de questions que lui. Mais Severus n'avait plus envie d'y penser. Il n'avait plus envie de penser à rien. Son nouveau statut d'invisibilité lui conférait le droit de se promener comme il le souhaitait dans les allées et venues du château, puisque tout le monde sans exception était bien trop absorbé dans ses propres problèmes et propres peurs pour faire attention à lui. Et le garçon ne s'en plaignait pas. C'était ainsi qu'il se retrouvait dehors, au soleil, pour la première fois depuis des années il lui semblait. Depuis l'incident qui s'était produit en cinquième année, jamais Severus n'avait vu le lac de plus près que depuis la salle de classe du professeur Chourave. Mais ce jour-là, après l'enterrement d'un élève de Poudlard, il était sûr que rien n'allait lui arriver. Alors il fit comme tout le monde, se fondit dans la masse, écouta distraitement les conversations des uns, regarda les faits et gestes des autres. Il contemplait un groupe de jeunes filles plus jeunes qui avaient ôté leurs chaussettes et chaussures et barbotaient des pieds dans l'eau, presque serein, lorsqu'une voix le fit sursauter :

-On aimerait te parler.

Presque comme un mécanisme qui était incrusté en lui, Severus se mit à avoir le cœur battant, la tempe saillante et les joues chaudes. Machinalement, il se leva d'un coup et sortit sa baguette. Ils étaient les quatre présents. Sa gorge se noua. James prit la parole le premier :

-On n'est pas là pour te faire du mal, tu peux ranger ta baguette.

Le fait qu'il l'avait dit plutôt comme un ordre ne donnait pas envie à Rogue de l'écouter. Il n'en fit rien, et dit d'une voix basse :

-La dernière fois que je me suis retrouvé ici avec vous, j'ai fini pendu à un arbre.

James ne dit rien. Il n'avait pas l'air particulièrement honteux. A ses côtés, Sirius donnait l'impression d'être celui qui avait été le plus forcé de se trouver là. En arrière, Peter baissait la tête et Rogue n'en fut que plus énervé. Il ne comprenait toujours pas comment James et Sirius pouvaient respecter Pettigrow et le traiter lui ainsi. Seul Remus avait l'air profondément gêné, mais cela était loin de réconforter Severus.

-On voulait vraiment s'excuser pour cela, commença le lycanthrope.

-Tu voulais, coupa Sirius et Rogue le fusilla du regard avant de se rendre compte que Remus le faisait aussi.

-On n'a pas été correct avec toi durant ces années. Mais Poudlard, c'est bientôt terminé. Alors on est désolé pour tout cela.

Remus était sincère, mais Severus n'en avait que faire. Il ne pardonnerait pas au garçon, et encore moins aux trois autres qui ne semblaient pas pensé un traître mot de ce que leur avait dit leur ami. Mais Rogue avait hâte que la rencontre se termine et, sa baguette toujours serrée, il lança un vague signe de tête et, peu sincère, répondit froidement :
-C'est réglé.

Il s'apprêtait à se retourner lorsque James prit encore une fois la parole :
-Je voulais te dire qu'on était quitte.

Le cœur de Rogue se mit à battre plus fort que jamais. Il avait l'impression que ses oreilles frétillaient, et il se savait rouge comme jamais. Mais, pour une fois, la colère était en passe de prendre plus d'importance que la peur.

-Qu'est-ce que tu veux dire ? demanda-t-il, la voix plus étranglée que jamais.

-Sirius m'a dit que tu as accepté de lui donner le mot de passe de la salle commune des Serpentards. C'est ce qui a permis que l'on soit sauvé.

Il savait pertinemment que s'il allait sur ce terrain, il ne se contrôlerait plus. Mais il sentait aussi que c'était déjà trop tard.

-Et en quoi ça nous rend quitte ?

Il vit à sa tête que James fut surpris de sa question, mais ce fut Sirius qui prit la parole :

-Dans le fait que tu es un lâche qui fait partie du camp qui pousse des garçons de quatorze ans à se tuer.

Des étincelles sortirent de sa baguette sans qu'il ne les ait commandées, et Severus se demandait s'il n'allait pas les envoyer sur Sirius.

-Du calme s'il-vous-plaît, intervint Remus. On est ici pour parler, pas pour se battre, tu t'en souviens ?

Sirius regarda Remus et fit un pas en arrière, non sans mitrailler Rogue du regard. Mais Severus était déjà hors de lui. Il avait l'impression qu'il allait exploser de l'intérieur. Les bras toujours croisés et peu inquiété par la situation, James crut conclure :

-On était juste venu te dire ça. Merci de nous avoir écouté.

Alors que les quatre maraudeurs s'apprêtaient à le fuir, encore une fois, Rogue n'y tint plus. La baguette projetant toujours des étincelles, les joues fumantes et le cœur martelant, il s'écria :

-On est quitte Potter ?! Tu crois que je n'ai fait que donner un stupide mot de passe ?Je t'ai sauvé la mise plus d'une fois ! Qui tu crois a prévenu ta sœur pour ton père ?Qui tu crois a empêché cet idiot de Mulciber de te tuer lors du match de Quidditch pendant lequel tu t'es blessé ? Comment oses-tu me dire que l'on est quitte ?!

Pour la première fois de sa vie, Severus sentait qu'il avait déstabilisé le grand James Potter. Il avait décroisé ses bras, avait la bouche légèrement entrouverte, et avait perdu cet air arrogant qu'il portait toujours. Derrière lui, Sirius ne bronchait pas, mais le regardait toujours avec haine. Remus avait la tête basse, et Peter donnait l'impression de vouloir disparaître sous la terre. Après de longues minutes de silence où Rogue ne réussit pas à se calmer, James finit par dire :

-Pourquoi tu as fait tout ça ?

Severus sentit sa gorge se nouer, et sa colère retomber quelque peu, remplacée par de la gêne. Mais peu lui importait, il devait déjà être plus rouge que jamais. D'une voix cassée, il dit :

-Pas pour toi.

James ne dit rien, mais le Serpentard comprit qu'il l'avait titillé.

-Eh bien on est quand même quitte. Moi aussi je t'ai sauvé la vie. C'est moi qui suis venu, en troisième année quand...

Il ne finit pas sa phrase et regarda Remus avec hésitation :

-Quand j'ai failli t'attaquer.

-Me tuer, cracha Severus.

-Oui. Eh bien c'est moi qui suis venu te sauver.

Dans le fond, il l'avait toujours su. C'était peut-être pour cela qu'il avait fait toutes les choses qu'il avait faites au cours de l'année écoulée, car il détestait plus que tout de se sentir redevable à James Potter. Sirius ne disait rien, et Rogue était persuadé à ce moment-là que même lui se sentait honteux. Après tout, c'était lui qui avait failli l'envoyer vers sa mort certaine en le dirigeant vers Remus lors d'une nuit de pleine lune.

-J'ai gardé votre secret, dit Severus, qui trouvait toujours qu'ils n'étaient absolument pas quitte.

-Je te remercie pour cela, fit sincèrement Remus, qui semblait être du même avis que lui.

Il ne sut exactement pourquoi, mais sa colère retomba gentiment. Il desserra sa prise sur sa baguette, presque certain qu'aucun des quatre n'allait l'attaquer. Il aurait aimé rester énervé, pour se donner du crédit, mais n'y arrivait pas. Il avait l'impression d'arriver à la fin d'une guerre qui avait duré sept ans, et qui l'avait mis plus bas que terre bien plus d'une fois. Il ne voulait absolument pas le revivre. Le silence s'appesantit, et James vint à nouveau le briser. Il sembla à Severus qu'il fallut tous les efforts du monde au Gryffondor pour dire :

-Moi aussi, je te remercie pour ce que tu as fait. On ne va probablement plus se voir.

Severus comprit que c'était un adieu. Il comprit que le harcèlement moral et physique que les Maraudeurs lui avait fait subir prenait fin, à tout jamais. Il comprit qu'à leur manière, ils venaient de s'excuser, et de le remercier pour ce qu'il avait fait. Le garçon dut développer tous ses muscles pour ne pas craquer devant eux.

-Encore une fois merci. Bonne chance pour tes ASPICS, lui dit Remus avec un petit sourire avant de se détourner de lui.

-Adieu, fit Peter d'une voix de souris en suivant son ami.

Sirius ne lui dit rien, mais lui fit tout de même un vague signe de tête auquel Severus répondit par le même geste.

-Eh bien... Bon vent, finit par dire James.

Pour la première fois de sa vie en le regardant, Severus avait l'impression d'être son égal. Il savait pertinemment que ça ne durerait pas, et que James aurait toujours les choses que lui-même n'aurait jamais. Mais à cet instant, ça n'était pas cela qui comptait :

-A toi aussi, fit-il simplement.

Puis James s'en alla. Severus se retrouva les bras ballants, près du lac, incapable d'entendre les conversations qu'il écoutait quelques minutes auparavant. Le garçon se sentit soudain vide et, en regardant les Maraudeurs s'éloigner, il sut que c'était la fin de quelque chose.

 

 

Elle avait dû passer quelques jours à l'infirmerie avant de pouvoir retourner quelques jours chez sa maman. Ça avait été les jours les plus difficiles et les plus seuls de sa scolarité. La seule chose qui l'avait faite tenir avait été la lettre de Cassidy, qui lui disait à quel point elle avait eu peur pour elle et qu'elle se réjouissait de la revoir. La prise d'otage dont elle avait été victime avait fait prendre conscience à Dorcas de l'importance de dire aux gens qu'elle aimait qu'elle les aimait. Bien qu'elle ait eu l'impression de sombrer, une semaine après le drame, elle se disait que ça avait été un mal pour un bien en ce qui la concernait. Jamais elle n'avait été aussi proche de sa mère, et c'était ce dont elle avait besoin. Lorsqu'elle était retournée à la maison pendant quelques jours, les deux femmes avaient même pu aborder le sujet du père de Dorcas, chose qu'elles ne faisaient jamais. Mais la jeune femme sentait qu'elle en avait plus besoin que jamais, spécialement après ce qu'il s'était passé avec Mulciber. Malgré une prise d'otage, malgré quelques jours passés à l'infirmerie, malgré le fait que sa mère lui ait assuré que Dorcas n'y était pour rien dans l'abandon de son père, qu'il avait toujours été ainsi que ça aurait été à elle de l'en protéger, rien n'y faisait. L'image du Serpentard était gravée dans sa mémoire. Elle avait l'impression que plus elle voulait l'oublier, plus elle y pensait. Et elle s'était rendue compte d'une chose : la vie était imprévisible. Tout pouvait arriver. Et elle ne pouvait plus se gâcher la sienne à se flageller parce qu'elle pensait à quelqu'un, ou à arrêter de vivre en attendant que cette même personne ne change. L'unique chose qu'elle pouvait contrôler était elle-même. Alors, bien qu'elle ait eu l'impression de toucher le fond, que le drame qu'avait vécu Damon Hufley la taraudait parfois dans ses rêves, et que l'ambiance à Poudlard était endeuillée, pour la première fois depuis plusieurs semaines, Dorcas apprécia pleinement le fait d'être au-dehors, d'écouter les oiseaux chantant ainsi que les bruits des conversations alentours. Cassidy était à ses côtés. Depuis leur retour à Poudlard, elles s'étaient saluées, s'étaient demandées comment s'était passé leur temps de repos respectif, avaient parlé avec le reste des Gryffondors, avaient pris leur repas ensemble et avaient finalement assisté à l'enterrement de Damon. Mais elles n'avaient pas encore abordé la conversation qu'il fallait qu'elles aient. Alors, en regardant la beauté du paysage et en s'assurant qu'il n'y avait aucune oreille indiscrète, Dorcas se lança en prenant une grande respiration :

-Je ne t'ai pas tout dit. La vérité, c'est que j'ai passé la plus grande partie de Poudlard à mentir. Je ne me cherche pas d'excuse, si j'avais été une meilleure amie, j'aurais eu confiance en toi. Mais je n'y arrivais pas. Parce que je me suis tellement détestée, que j'ai tellement essayé de me convaincre que je gérais la situation, que plus je me suis enfoncée dans le mensonge, moins j'ai réussi à m'en démettre. La vérité, c'est que depuis l'année passée, j'ai une... relation. Avec quelqu'un de mauvais. De très mauvais.

Elle avait dit le tout en une traite et sa voix tremblait. Elle s'arrêta un instant pour reprendre son souffle. Elle sentait que Cassidy la regardait, et pouvait sentir la tension qui s'établissait entre les deux.

-Je sais parfaitement que tu ne me regarderas plus jamais de la même manière après ce que je m'apprête à t'avouer. Peut-être même que tu ne voudras plus être mon amie. Mais avant ça, j'ai besoin que tu saches que tu as été ma seule vraie amie à Poudlard, que sans toi je me serais probablement jetée de la tour d'astronomie. Je voulais aussi m'excuser pour cette soirée. Je sais pertinemment tout ce qu'il s'est passé entre toi et Sirius, et je crois que j'avais besoin de prouver, ou peut-être de me prouver qu'à moi aussi il pouvait m'arriver des choses... c'était peut-être de la jalousie, je n'en sais rien. Mais c'était injuste et je suis désolée de t'avoir fait du mal.

Dorcas s'arrêta un instant. Elle aurait pu continuer ainsi encore des heures. Elle sentait que Cassidy s'était adoucie, mais savait pertinemment que ça ne durerait pas une fois qu'elle saurait la vérité. Elle allait la regarder comme elle-même s'était sentie durant toutes ces années : comme une moins que rien. Mais Dorcas ne voulait plus reculer. Alors, les larmes aux yeux, la gorge nouée, elle dit d'une petite voix :

-Ce garçon... C'est Mulciber.

Elle ne savait pas si elle ressentait du soulagement ou un peur immense. Peut-être un mélange des deux à la fois. Elle n'osait pas encore regarder Cassidy. Mais, au vu du silence qui s'intensifiait, elle le fit. Elle prit une grande respiration et regarda son amie, ou peut-être ancienne amie dans les yeux. Cassidy semblait perplexe, émue. Elle avait les sourcils froncés et regardait Dorcas. Mais la jeune femme ne percevait aucun mépris, aucune colère. Peut-être un peu d'étonnement, mais pas de dégoût. Elle sut que c'était dangereux, mais Dorcas ressentit de l'espoir.

-Dis quelque chose, finit-elle par implorer.

Cassidy s'éclaircit la gorge et, quand elle parla, sa voix était nouée :

-Eh bien... ça fait beaucoup à digérer, je ne te le cache pas. Je t'en ai voulu. Vraiment beaucoup. Parce que tu sais très bien que je ne me confie pas facilement, et tu es l'une des rares à qui j'avais dit pour Sirius, et tu t'en es servie contre moi. Et puis il y avait Benjamin, et le fait que ça ait été catastrophique avec lui... Alors oui, je t'en ai voulu. Et j'aurais aimé que tu me fasses confiance. Mais je t'avoue que de le savoir... ça me soulage. Parce que je comprends mieux. Je sais ce que ça fait que d'être attirée par la mauvaise personne, et quand c'est plus fort que toi. J'imagine que tu n'as pas besoin que je te dise à quel point Mulciber peut être mauvais pour toi...

Dorcas fit non de la tête. Cassidy soupira :

-Crois-moi, je sais ce que ça fait. J'aurais juste aimé que tu me le dises plus tôt.

Dorcas sentit une larme couler sur la joue puis l'essuya précipitamment :

-Moi aussi, dit-elle d'une petite voix.

Elle regarda Cassidy, qui lui sourit gentiment. Elles se prirent la main, puis se prirent dans les bras.

-Merci, fit Dorcas d'une voix cassée.

-Merci à toi, répondit Cassidy.

Elles se serrèrent encore, comme pour démontrer tout ce qu'elles n'arrivaient pas à dire par les mots.

-Aufaite, James voulait refaire un cours de défense. Il m'a demandée de te dire que nous nous retrouvons ce soir dans la salle à dix-sept heures. Tu es partante ?

Encore émue aux larmes, Dorcas hocha vivement de la tête.

-Quand je pense que nous devrons réviser nos ASPICS...

Dorcas se mit soudainement à rire, soulagée de se dire que dans les prochaines semaines, l'unique chose qui allait être difficile à gérer seraient les révisions.

-Crois-moi, ça sera du gâteau ! fit-elle en riant.

Puis les deux jeunes filles se remirent à parler de tout et de rien, des possibles sujets d'examens et, pour la première fois depuis très longtemps, Dorcas se sentit légère. Elle avait eu raison de tout lui dire.

 

 

Elle lui avait tout dit. Pour son père, pour Remus, et même pour Rosier. D'une traite, comme lorsque l'on enlève un pansement. Sans s'excuser, car elle ne savait pas très bien si elle était désolée, et sans grande émotion. Elle l'avait dit comme elle l'avait répétée des centaines de fois dans sa chambre, en se disant que peu importe sa réaction, rien ne pourrait être pire que ce qu'elle avait vécu au cours des dernières semaines à Poudlard. Et, encore une fois, Lily lui avait prouvé à quel point elle était une bonne amie. Et c'était à ce moment-là que Nelly avait ressenti : de la culpabilité d'avoir été aussi injuste envers elle, d'avoir agi par jalousie, mais aussi du soulagement, d'enfin retrouver pleinement sa meilleure amie. Elle l'avait remerciée, sincèrement, d'être venue la sauver. Lily s'était aussi excusée, avait avoué vouloir parfois être trop parfaite, et du coup devenir trop exigeante envers les autres. Malgré le fait que Nelly se sentait coupable, elle était reconnaissante à son amie de l'avoir fait, car elle avait besoin d'entendre ses mots. Elles en avaient conclu que les torts étaient partagés, et que peu importait les histoires d'adolescentes qui avaient pu se passer entre elles, il y avait des choses bien plus importantes que cela. Pour la première fois depuis trop longtemps, Nelly avait lâché les armes. Elle avait pleuré, énormément, s'était confiée sur ses doutes, sur le fait qu'elle avait l'impression qu'elle avait sombré, et qu'une partie d'elle s'en était allée à tout jamais. Mais la conversation avec Lily, les lettres qui avaient suivis, les jours passés au chevet de son père qui, bien que mal en point, se soignait, les moments de douceur avec sa mère avaient donné à la jeune femme une toute nouvelle perspective. Durant sa semaine de repos, elle n'avait presque pas pensé à ce qu'il s'était passé à Poudlard. Elle avait essayé de faire son deuil à sa manière, de prendre du recul par rapport à Damon. Bien entendu, le fait d'assister à son enterrement avait faire ressurgir ses émotions enfuies, mais Nelly s'était sentie soulagée de pouvoir les laisser sortir au grand jour, sans avoir peur de se montrer vulnérable. Il en avait été de même pour Lily, ainsi que pour Alice. Jusqu'à présent, la rousse était la seule au courant de son aventure avec Rosier, et Nelly avait l'impression qu'un poids énorme s'était enlevé de ses épaules. Cependant, elle ne se sentait prête à l'avouer à personne d'autre, et Lily l'avait amplement compris et accepté. Nelly savait pertinemment que son secret était bien gardé auprès d'elle. Elle avait d'ailleurs compris que la rousse n'avait été autre qu'une excellente amie pour tout le monde, et que c'est ce qui lui avait valu d'être aussi injustement traitée lorsque le groupe s'était entre-déchiré. Elle comprenait désormais que tout ce qu'elle lui avait reproché n'était autre que le fruit de la jalousie qu'elle éprouvait envers sa relation avec Remus. Le fait de savoir que le jeune homme s'était confié à Lily mais non pas à elle lui avait donné le sentiment intense de trahison et de rejet. Mais Nelly comprenait désormais que, lorsqu'il y avait quelque chose en soi que l'on détestait et qui nous faisait peur, il était bien plus difficile qu'il n'y paressait que de se confier. C'était pourquoi elle avait jusqu'à présent évité Remus, incapable d'affronter le garçon. Elle savait que ça ne pourrait durer, mais préférait reconstruire pas à pas les fondations qu'elle avait perdues en se laissant entraîner dans la noirceur et dans le néant. Elle n'avait pas l'impression d'avoir énormément changé : elle avait toujours peur pour son père, avait toujours de la peine à montrer ses ressentis face à ses parents, se sentait toujours quelque peu de côté quand elle était au milieu du monde, mais le fait d'avoir retrouvé Lily, et surtout d'avoir avoué ce qu'elle ressentait, lui donnait l'impression que tout était un petit peu plus léger. Et c'était l'unique chose dont elle avait besoin actuellement. Elle s'accrochait à ce nouveau bol d'air retrouvé lorsqu'elle se dirigeait, en compagnie de Lily et d'Alice, vers la Salle-sur-Demande, comme l'avait suggéré James. Son cœur battait et elle avait l'impression que ses deux amies partageaient les mêmes appréhensions et doutes qu'elle mais, tout comme elle, sentaient que c'était la bonne chose à faire. Elle n'eut à peine à fermer les yeux que la salle s'ouvrit d'elle-même, ce qui confirma à Nelly qu'elles prenaient la bonne décision. Les Maraudeurs au complet s'y trouvaient déjà, en compagnie de Cassidy et de Dorcas. En regardant Remus, Nelly lui fit son premier sourire sincère depuis il lui semblait une éternité. Elle trouvait au garçon quelque chose de changé : désormais qu'elle savait ce qu'il était, qu'elle connaissait son plus noir secret, il lui semblait que Remus était encore plus impressionnant, encore plus intimidant. Il donnait l'impression de s'être beaucoup reposé, et d'être plus serein. Elle était ravie que ce soit le cas. A y bien regarder, il lui semblait que c'était la même chose pour tout le monde. Tout le monde semblait gentiment reprendre vie après tous les événements qui s'étaient passé à Poudlard, toutes les horreurs. C'était un moment de pause, avant la frénésie des ASPICS et de la fin de l'année, et l'angoisse de l'incertitude de l'avenir. Et Nelly était contente de voir que tout le monde en profitait.

-Nous sommes tous là? demanda Lily, et Nelly fut contente de voir qu'elle s'était approchée de James et que tous deux semblaient repartir gentiment sur de bonnes bases.

-Pas encore, répondit celui-ci avec un air entendu envers Sirius.

Ils attendirent en silence quelques secondes que la porte de la salle s'ouvre une dernière fois. Franck passa les portes, et lança un timide bonjour. En le voyant, Nelly eut une bouffée de compassion pour lui. Il avait été incroyablement amoché : sa lèvre était toujours gonflée et n'avait pas encore cicatrisée, le tour de l'un de ses yeux toujours violets et, à la manière dont il se déplaçait, Nelly devinait que ses côtes ne s'étaient pas entièrement remises. Lily lui avait raconté le rôle qu'il avait joué dans leur sauvetage, et Nelly lui en serait à jamais reconnaissante. Il s'était sacrifié, s'était donné aux Serpentards pour eux, et la jeune femme était persuadée que ça valait bien de lui pardonner ses erreurs, comme elle aimerait que tous lui pardonnent les siennes. Elle tourna la tête vers Alice : elle pouvait sentir à quel point son amie était touchée de voir Franck ainsi. Personne n'ignorait que c'en était fini de son histoire avec Emmeline, qui lui avait crié à travers les couloirs à quel point il était le garçon le plus stupide, lamentable et paresseux qu'elle n'ait connu, à tous les niveaux. Nelly avait apprécié avec quelle indifférence Franck avait géré la situation, et l'énervement grandissant de la Serdaigle avait été la touche de plaisir dont elle avait eu besoin lors de son retour à Poudlard. Mais elle comprenait qu'il n'en soit pas de même pour Alice. A sa réaction, elle avait l'impression que son amie n'était pas encore prête à tout pardonner, et elle le comprenait entièrement. Elle fut tout de même touchée lorsqu'Alice lança gentiment :
-Salut.

-Salut, répondit Franck, gêné.

-Très bien, nous sommes au complet. Pour des raisons évidentes, je n'ai pas convié certaines personnes ici ce soir, et je pense que c'est mieux si l'on ne se retrouve qu'entre septièmes années de Gryffondor. Tout d'abord, je voulais vous annoncer que je compte continuer les cours de défense une à deux fois par semaine et ce jusqu'à la fin de Poudlard. Non seulement pour ce qu'il se passe à l'intérieur mais aussi à l'extérieur de ses murs, mais aussi car Lily ici présente m'a rappelée la douce réalité des ASPICS qui approchent à grands pas.

Tous rirent gentiment et Lily rougit quelque peu, ce que Nelly trouva touchant.

-Ça nous permettra à tous de reprendre gentiment confiance en nos talents de sorciers, et de réviser pour pouvoir passer nos examens.

Tous acquiescèrent.

-Je ne pense pas qu'il soit nécessaire de commencer tout de suite. Je pense que vous comme moi avons envie d'autre chose pour ce soir, comme de se reposer, de manger un bon repas et d'aller au lit.

Encore une fois, il y eut une vague d'approbation.

-Mais j'avais besoin que l'on se revoit. Alors je vais me lancer, et vous dire les choses que j'ai sur le cœur. Toutes ces histoires m'ont fait comprendre que non seulement je souhaite devenir Auror plus que jamais, mais aussi et surtout que jamais je n'y serais arrivé, ou n'y arriverai sans vous tous ici présent. Vous êtes mes amis, vous l'êtes depuis sept longues années. Vous supportez mes sautes d'humeur, mon caractère parfois enfantin... vous avez pardonné mes erreurs, et je vous pardonne les vôtres. Peu importe ce qu'il s'est passé entre nous, j'ai besoin que l'on se promette une chose : on restera amis quoi qu'il puisse arriver, et on pourra toujours compter les uns sur les autres.

Pendant quelques instants, personne ne dit rien. Nelly aurait eu envie de leur tomber dans les bras, de leur dire à quel point ils comptaient pour elle, mais c'était impossible. Elle trouvait James d'un courage et d'une loyauté incroyables, mais ça ne l'étonnait pas du garçon. En s'éclaircissant la gorge et plus rouge qu'elle ne l'avait jamais vu, Franck s'avança d'un pas et, en regardant ses pieds, dit :

-Je sais très bien que beaucoup d'entre vous ici ont de quoi me détester. Et je suis vraiment sincèrement navré. J'ai merdé... je n'ai pas vraiment d'excuse. Tout ce que je voulais vous dire, c'est que je me suis rendu compte que vous êtes les seuls qui ayez jamais compté pour moi.

Il s'adressait à tout le monde, mais Nelly sentait parfaitement que ses mots résonnaient principalement pour Alice. La jeune femme ne disait rien, mais semblait émue. Puis Sirius prit la parole à son tour, lui aussi la voix plus rauque que d'ordinaire :

-Puisqu'on est parti sur des excuses larmoyantes, j'ai aussi à présenter les miennes. Je suis en partie responsable de toutes les horreurs qui se sont passées entre nous. Je m'excuse vraiment pour cela... jamais je n'ai voulu qu'aucun d'entre vous ne soit blessé.

Il la regarda, et Nelly lui sourit, signe qu'elle ne le tenait en rien coupable dans ce qu'il s'était passé. Elle n'osa pas regarder Remus.

-Mais quoi qu'il en soit, vous êtes mes amis, et vous le serez toujours. Et Franck, je voulais te dire merci particulièrement. Sans toi, jamais on n'aurait passé la salle commune des Serpentards.

Il lui tendit la main, et Franck tapa dedans. Les deux garçons se prirent brièvement dans les bras. Franck en fit de même avec James, Remus et Peter.

Le silence se refit. Nelly sentait que personne d'autre ne voulait prendre la parole. Remus restait dans son coin mais, à la manière dont elle sentait son regard sur elle, elle savait pertinemment que la seule personne à qui il voulait dire quelque chose était elle. Elle fut contente de voir qu'il ne le faisait pas devant tout le monde. C'en était de même pour Alice, qui, pour des raisons évidentes, préférait garder le silence.

-Bien, reprit James quelque peu mal à l'aise, si tout le monde a dit ce qu'il avait sur le cœur, je propose que l'on regarde pour les prochaines séances et qu'on les fixe à l'avance, j'avais pensé à...

-J'ai encore quelque chose à dire.

Nelly se surprit à entendre sa propre voix. Lorsque tous les regards se furent tournés vers elle, elle regretta quelque peu, mais ne se donna pas le temps de douter. Elle se racla la gorge et, tout en simplicité, dit :

-Je pense que l'on a tous fait des erreurs. Et je suis prête à vous les pardonner. J'espère que vous pardonnerez les miennes... seulement, j'ai l'impression qu'une personne a été traitée particulièrement injustement. Lily, tu as toujours été là, pour tout le monde. Et d'une certaine manière, tu as eu le pire rôle, parce que tu t'es retrouvée au milieu de tout cela, alors que toi-même tu n'avais de problèmes avec personne. C'est difficile parfois, d'être amie avec quelqu'un comme toi... Mais je pense que c'était injuste de te le faire payer. La vérité, c'est que si tu t'es retrouvée dans cette position, c'est tout simplement parce que les gens ont confiance en toi. Et on ne pouvait pas t'en vouloir pour le fait que tu aies gardé les secrets des autres.

Le fait de l'avouer à voix haute, devant tout le monde, Nelly se sentit libérée. Elle vit l'émotion perler dans les yeux de Lily, et son regard d'étonnement envers elle la toucha. James souriait sincèrement, ainsi qu'Alice. Les autres acquiescèrent vivement. Puis Remus prit la parole, et Nelly osa enfin le regarder dans les yeux :

-Je suis d'accord avec cela. Lily, je m'excuse si je t'ai traitée injustement. Et merci, d'avoir gardé mes secrets. J'espère qu'un jour, on pourra tout savoir les uns sur les autres, mais je suis bien placé pour savoir que parfois, il faut du temps pour admettre les choses.

Nelly acquiesça, et elle sentit à l'atmosphère générale qu'elle n'était pas la seule qui avait des secrets qu'elle comptait garder pour elle encore un certain temps. Le fait qu'indirectement Remus lui donne sa bénédiction pour cela la soulagea d'un poids.

-Bien ! fit Sirius d'une voix qui lui ressemblait désormais plus. Assez des étendus de sentiments, c'est trop pour une journée ! Avec James, on avait une dernière chose à vous demander : qui est partant pour faire de nos dernières semaines à Poudlard les plus démentes que l'école ait connue ?

Ils quittèrent la salle comme de nouvelles personnes, un nouveau pacte les liant. Et Nelly était certaine d'une chose : les dernières semaines qu'elle passerait à Poudlard seraient ses meilleures.

 

Note de fin de chapitre :

Eh voilà !! J'aimerais beaucoup savoir ce que vous avez pensé de ces trois chapitres un peu différent, avec beaucoup plus d'actions et qui finalement vient dénouer une bonne partie des histoires qu'il y a depuuis longtemps dans cette Fanfiction.

J'en profite aussi pour vous annoncer avec émotions qu'il reste 3 chapitres à cette Fanfiction... Et qu'elle est donc bientôt terminée.

Je ferai de mon mieux pour qu'ils soient à la hauteur!

 

Encore merci de vos lectures et reviews, et à bientôt pour un nouveau chapitre :D

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