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Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Concours d'écriture


Ici la voix...

La voix vous propose un concours Secret Story, pensé pour les membres les plus anciens du site comme ses plus récents utilisateurs ! Idéal pour apprendre à connaître de nouvelles personnes et découvrir la communauté HPFienne, autrices comme lectrices y sont les bienvenues ! La voix vous explique son projet plus en détails ici !
Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 28 septembre !




De La Voix le 05/09/2022 23:30


IRL Officielle


Bonjour à toutes et tous !


A l'occasion des 25 ans de la saga Harry Potter, l'association a décidé de marquer le coup en organisant une IRL officielle ! o/
Elle se déroulera du vendredi 30 septembre au dimanche 02 octobre 2022, au sud de Tours. Cette IRL est ouverte à toustes, lecteurs, auteurs, et membres de l'association. Vous trouverez plus de renseignements ici.
Nous avons hâte de vous rencontrer !

De Le Conseil d'Administration le 01/09/2022 18:12


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous,

C'est avec énormément d'émotions que je publie cet avant-dernier chapitre de ma Fanfiction. J'ai l'impression d'arriver à bout d'un travail qui aurait, d'une certaine manière, prit toute ma vie.

J'espère que vous aurez autant de plaisir à le lire que j'ai eu à l'écrire.

Sur ce, Bonne lecture !

 

Son front suait et il commençait à se demander si sa plume n'allait pas se désintégrer dans ses mains tant elles étaient moites. La chaleur dans la salle était pratiquement insupportable, et le soleil qui tapait contre les grandes vitres ne semblaient pas déranger le professeur Bones. Sirius secoua la tête : bien entendu que ça ne le dérangeait pas, c'était un fantôme. Il regarda sa montre : encore dix minutes. Dix minutes, et les épreuves qui avaient marqué sa fin d'année, sa fin de scolarité à Poudlard seraient terminées. Sirius s'était demandé comment ils avaient pu réellement penser qu'en mettant l'histoire de la magie comme dernière épreuve quiconque allait réviser. Il regarda autour de lui : Lily gribouillait sauvagement sa feuille, ses joues roses et ses cheveux en bataille - signes distinctifs d'un examen d'une haute importance. A ses côtés, Alice semblait en proie à quelques doutes, mais restait concentrée sur sa feuille. Il pouvait remarquer à ses yeux qui se fermaient presque tout seuls que Nelly était à peu près dans le même état que lui. Plus loin derrière, Remus relisait tranquillement sa copie, tandis que Peter tentait désespérément de la regarder. Puis James se tenait en arrière, les bras derrière la nuque, comme s'il attendait simplement que ça se termine. Lorsqu'il croisa son regard, Sirius lui lança un sourire entendu. Il regarda encore une fois sa montre : sept minutes. L'attente était interminable. Il se sentait fébrile, et sa jambe venait de bouger toute seule. Sirius prit une profonde inspiration et se concentra sur sa copie. En la relisant, il s'était rendu compte de deux erreurs significatives dans les dates des guerres de trolls. Il n'avait pas réussi à répondre à deux questions, et avait gribouillé une vague réponse qui le faisait rire en les relisant. A réellement parler, l'histoire de la magie était bien la dernière matière qui l'intéressait mais, malgré le fait que la veille il s'était couché tard - non pas pour réviser mais pour mettre au point quelques derniers détails d'importance - Sirius était persuadé qu'il avait réussi cette épreuve. Il devait avouer qu'il n'avait jamais ressenti autant de stress que durant les deux semaines qui venaient de s'écouler à Poudlard. Peut-être porté par l'angoisse générale, il s'était laissé avoir aux révisions intenses et aux plans tout aussi fous de Lily et Remus pour revoir toute la matière accumulée au cours de sept longues années à Poudlard. Il ne se souvenait pas avoir jamais autant révisé. Les BUSES lui semblaient une partie de plaisir comparé à ce que ça avait été. Les épreuves s'étaient succédé, et il avait l'impression que, au bout de quelques jours, tout le monde était devenu des robots, qui mangeaient, dormaient le strict minimum, révisaient par obligation et passaient les épreuves avant de s'échanger leurs réponses, anxieux. Heureusement, il avait à ses côtés un meilleur ami qui avait la même philosophie que lui : une fois une épreuve passée, ne plus jamais en reparler. Il avait passé un nombre incalculables d'heures auprès des septièmes années de Gryffondor, et force était de constater qu'ils étaient les seuls pour qui il en soit ainsi. Il avait dû, avec grande maîtrise de lui, écouter les tirades de Lily après chaque épreuve, reprenant les cours qu'elle aurait dû - à son sens - mieux réviser, se ronger les sangs pour une réponse qu'elle n'avait pas donnée, ou se tannant d'avoir misérablement raté l'épreuve pratique de métamorphose. Sirius était passé juste après elle : l'unique erreur qu'elle avait faite était qu'au lieu d'avoir un oiseau noir et blanc, son oiseau était noir et blanc, avec des plumes de couleurs dans la queue en plus. Il avait assisté au regard ébahi des experts, et au sourire fier du professeur Mcgonagall. Lily aurait un Optimal, Sirius en était sûr. Bien qu'elle fût de loin la plus angoissée de tous, elle n'était pas la seule à douter de ses capacités : Alice était revenue en pleurs de l'épreuve théorique des potions, et Franck l'avait consolée en disant que c'était l'une des plus difficiles. En effet, Sirius n'avait pas l'habitude de se trouver en difficulté, mais soupçonnait le professeur Slughorn de vouloir leur montrer qu'il pouvait être un enseignant sans pitié. Nelly n'en avait pas parlé, mais Sirius était passé juste après elle en épreuve pratique de sortilèges, et il espérait que la jeune femme s'en soit mieux sortie en théorie... Même Remus avait eu ses moments de doute et, lorsque James avait fait un semblant de blagues concernant le fait qu'il espérait avoir une question sur les loups-garous, le garçon s'était barricadé dans le dortoir et n'en était ressorti que tard dans la journée. La seule épreuve que tout le monde pensait avoir bien réussi était la défense contre les Forces du Mal : le professeur Burbog ne laissait rien transparaître, mais Sirius était persuadé d'avoir obtenu un Optimal. Les séances de défense données par James avaient bel et bien porté ses fruits, et les jeunes gens avaient travaillé d'arrache-pied pour connaître leur théorie sur le bout des doigts et surtout, pour savoir l'appliquer correctement. C'était la seule épreuve de laquelle Lily était sortie avec un énorme sourire, bien qu'elle ait rougi en avouant que le patronus qu'elle réussissait désormais à produire n'était autre qu'une biche. Bien qu'il avait essayé de faire de son mieux, Sirius s'était lui aussi laissé entraîner dans cette vague d'anxiété et d'agitation. Heureusement, la présence de James mais celle aussi de Cassidy qui, des filles, était de loin celle qui réussissait le mieux à gérer son angoisse l'avait détendu. Il s'était même surpris, une ou deux fois, à réviser en compagnie de la jeune femme, et à trouver incroyablement réconfortant de se trouver dans le même fauteuil, la tête de Cassidy sur son épaule, à lire un chapitre particulièrement compliqué. Ils n'avaient pas encore mis de terme à leur relation, évitaient les effusions de sentiments en public, et - depuis le moment chez les Potter - ne s'étaient pas retrouvé seuls. Mais Sirius en était ravi : il n'avait pas envie de gâcher ses derniers instants à Poudlard avec de longues déclarations qu'il n'arriverait pas à tenir. Il sentait que ça convenait aussi à Cassidy et, bien que James eut parfois montré une certaine gêne, il était ravi de voir que ça ne changeait rien à sa relation au garçon. Au contraire, Sirius avait l'impression d'avoir à nouveau onze ans, et d'être le cancre de la classe pour qui faire des blagues était une priorité. Il regarda encore une fois sa montre : encore quatre minutes. C'était un fait : le temps passait deux fois plus long dans la salle d'histoire de la magie. Il jeta un regard au professeur Bones : finalement, il n'était pas si mécontent que ce soit lui qui s'occupe de leur surveillance lors de ce dernier examen. Ça rendrait le tout beaucoup plus facile... deux minutes. Il ne restait que deux minutes. Sirius laissa tomber sa copie, persuadé qu'il ne pourrait rien y changer, et de toute manière, peu lui importait de réussir ou non cette branche : il n'en aurait pas besoin pour devenir Auror. Il regarda James : le garçon semblait moins détendu qu'auparavant, avait posé ses mains croisées sur le pupitre et regardait fixement la grande horloge présente derrière le professeur Bones, qui semblait les observer d'un air absent, presque sommeillant. Sirius se mit à suivre l'aiguille des secondes et, lorsqu'elle atteignit le chiffre douze et que la sonnerie retentit, Sirius sentit quelque chose lâcher en lui. Il regarda à nouveau James, lequel lui rendit son sourire malicieux.

-Le temps est écoulé, Miss Evans.

Comme pour toutes les épreuves écrites, Lily posa sa plume, les joues rougissantes, le regard abattu - comme si elle venait de rater sa scolarité - et rendit sa copie. Sirius secoua la tête en éclatant de rire. La plupart des élèves semblaient encore à moitié dans l'examen, des murmures apparurent.

-Pas un mot jusqu'à ce que les copies soient rendus, fit le professeur Bones d'une petite voix en passant près de Sirius.

Il lui rendit son parchemin, et un sentiment étrange lui parcourut l'échine : il venait de rendre son dernier examen de Poudlard. Et, d'une certaine manière, bien qu'immensément soulagé, Sirius en était triste. Il prit quelques secondes pour intégrer ce qu'il ressentait, puis suivit le fantôme des yeux. Il parviendrait bientôt à la dernière copie. Il regarda James, puis Remus, puis Peter, lesquels avaient l'air, pour la première fois, tout aussi enclins que lui et James à ce qui allait se produire. Puis le professeur Bones s'avança vers Franck, lequel tendit la main et...

-Trois. Deux. Un, compta Sirius à voix basse.

Soudain, un fracas immense se fit entendre dans la salle de l'histoire de la magie. Et, en l'espace d'une seconde, Sirius sentit toute la tension qu'il avait accumulée, le stress, l'angoisse, les doutes, le relâcher d'un seul coup. Ravi de pouvoir échapper momentanément au four qu'était devenu la salle d'examen, Sirius bondit sur ses pieds et, en deux enjambées, retrouva James, déjà rejoint par Remus et Peter. D'une voix criarde et avec un rire hystérique, Peeves venait de débouler dans la salle de classe et cancanait :

-ASPICS FINIES, PEEVES VOUS SAUVE LA VIE !

Sirius eut, l'espace d'un instant, peur que les fantômes les aient trahis. Mais ça n'était pas le cas. A peine une minute après son arrivée fracassante, il laissa tomber à leurs pieds deux balais. Sirius en prit un et Remus monta derrière lui, tandis que Peter faisait pareil avec James. Puis, les quatre garçons fouillèrent rapidement leur poche en même temps que leurs balais montèrent dans les airs.

-Merci professeur Bones, et bon vent ! hurla James avant de déployer une myriade de confettis et de paillettes dans les airs. Derrière eux, presque l'entièreté de la salle - excepté les Serpentards et quelques Serdaigles - leur coururent après. En faisant attention à rester à une hauteur d'où ils ne pourraient pas se faire attraper mais d'où les autres pourraient encore les voir, Sirius et James pivotèrent, prirent un virage serré, disparurent quelques instants dans la cime des arbres près de la cabane de Hagrid, prirent les munitions qu'ils avaient déposées au pied de la Forêt Interdite en pleine nuit, foncèrent tout droit vers un point bien particulier sous les acclamations de leurs camarades, de plus en plus nombreux - apparemment, la rumeur avait vite enflé et presque tout Poudlard s'attendait à une sauterie de leur part.

-Le professeur Flitwick nous a vus, hurla Remus dans ses oreilles.

-Tous les professeurs vont nous voir Lunard !

Il sentit à l'arrière le corps se tendre, mais Sirius sourit : il n'avait absolument pas peur. Comme ils l'avaient répété des centaines de fois, ils atteignirent la fenêtre du bureau de Monsieur Rusard, lequel l'avait ouverte et leur criait des obscénités de toute sorte, couvertes par le bruit de la foule.

-Bien à vous Monsieur Rusard, fit James en s'arrêtant momentanément.

-Espèce de petits bons à rien ! Attendez que le professeur Dumbledore soit au courant !

-Nous ? Mais on n'a rien fait ! cria Sirius. Regardez, nous vous avons simplement ramené un ami.

Le garçon n'eut cette fois aucune appréhension. Comme un lion en cage qui viendrait d'être libéré, Peeves débarqua et se mit à tourner près de Rusard, lequel, naïvement, essayait de l'attraper.

-Rusi Rusi est en mauvais position ! C'est Peeves qui a tout le pouvoir depuis la nuit des temps ! scandait le fantôme, avant de se mettre en position de chef d'orchestre et de faire répéter la comptine à toute l'assemblée.

Alors que les élèves de Poudlard chantait en chœur le nouvel hymne et que Rusard, exaspéré, s'en prenait désormais à ceux-ci, Sirius fit un signe de tête à James qu'il était temps. En profitant de la diversion, Peter et Remus déballèrent les explosifs qu'ils avaient mis des semaines à mettre au point, et, avec précaution et à l'aide de leur baguette, mirent le feu aux embouts puis les passèrent à James et Sirius. Les deux garçons attendirent le dernier instant, sous les hurlements de Rusard, les rires hystériques de Peeves et le scandement des élèves de Poudlard. Sirius sentait ses mains commencer à lui brûler, mais ça ne lui enlevait pas son immense sourire. D'un regard entendu, James lui fit :

-MAINTENANT !

Alors les deux garçons lâchèrent les explosifs et piquèrent vers le sol avec leur balai tandis que, dans les airs, des feux d'artifice faisaient rage, au milieu desquels Peeves sautillait et riait à gorge déployée, plus heureux que jamais.

-RUSI RUSI EST EN MAUVAISE POSITION ! C'EST PEEVES QUI A TOUT LE POUVOIR DEPUIS LA NUIT DES TEMPS !

Alors que les feux faisaient rage, sous la force des sortilèges que les quatre garçons avaient perfectionné, un grand cœur rose se dessina dans les airs, sous les yeux exorbités de Rusard et de sa chatte Miss Teigne qui se débattait pour aller se cacher. Au milieu du cœur était écrit en grandes lettres rouges : RUSARD + MADAME PINCE. James et Sirius avaient atterri et, au milieu des autres élèves, regardaient le spectacle. Momentanément pris de court et sous le choc, Rusard laissa enfin tomber sa chatte, qui partit se cacher précipitamment sous le bureau. Il s'approcha d'un peu plus près de la fenêtre et, alors que le tout le monde retenait son souffle en attendant sa réaction, il se mit à hurler, rouge comme une écrevisse :

-JE VAIS VOUS TUER !

Alors, la flopée d'élèves se mit à éclater de rire en chœur et à reprendre de plus belle leur chanson. Sirius ressentit une dernière fois l'angoisse. Peeves était toujours dans les airs et continuait à provoquer un Rusard plus furax que jamais, qui lançait désormais des objets sur les élèves qui devaient se protéger de leurs bras. Sirius lança un sifflet :
-HE HO ! Viens par là !

Il avait attiré l'attention du fantôme qui, un air plus malicieux que jamais, se posticha devant lui :

-Qu'est-ce que tu veux, petit Blacky ?

-Notre dernière part du marché. J'espère que tu t'en souviens ?

Le fantôme semblait hésiter et Sirius sentit la colère reprendre ses droits. Il fit un pas en avant pour s'approcher de Peeves, pas très bien sûr de comment il pourrait lui faire peur, mais James lui barra la route :

-C'était un plaisir de faire des affaires avec toi, Peeves. Comme promis, range nos balais et, si quelqu'un te le demande, c'est toi et toi seul qui a imaginé cette blague. N'oublie pas que Rusard sera fou de rage... et quand il est fou de rage, tu peux en faire ce que tu veux...

Les paroles de son ami semblait avoir résonné juste, puisque Peeves prit de bon gré les deux balais qu'ils lui tendaient. Il fit un geste pour s'en aller, mais James l'interrompit une dernière fois :

-Oh et Peeves, il n'y en aura malheureusement pas des comme nous pendant de nombreuses années. Mais quand tu auras trouvé notre digne relève, promets-nous de les aider aussi, d'accord ?

-Avec plaisir, Potty !

Et Peeves s'évapora dans les airs, sous les remontrances toujours plus irrationnelles et dérisoires de Rusard. Sirius sourit : son travail à Poudlard était officiellement terminé.

 

 

L'hystérie avait bien mis plus d'une demi-heure à se calmer. C'est lorsque la voix calme mais ferme d'Albus Dumbledore fut apparue dans le bureau de Rusard afin de détendre l'atmosphère que tous les élèves présents étaient partis en courant, s'éparpillant un peu partout dans les couloirs de Poudlard. James riait aux éclats alors que Sirius et Peter rejouait les insultes de Rusard et la tétanie de Miss Teigne. En compagnie de Remus et Lily, ils se rendaient dans leur dortoir afin de se changer, de prendre leurs maillots de bain et d'aller se baigner au lac, où probablement le reste des septièmes années se trouveraient aussi. Alors que Sirius s'apprêtait à refaire la scène de Rusard lançant l'un de ses balais sur les élèves, James lui tapa sur le bras et la petite troupe s'arrêta immédiatement. Il déglutit : bien qu'il s'y était préparé, il n'avait pas forcément envie de gâcher ce moment avec des remontrances. Lorsque le professeur Mcgonagall s'arrêta devant eux, son expression était difficilement déchiffrable. Elle avait les lèvres pincées, comme si elle s'empêchait de dire tout ce qu'elle voulait, mais, dans ses yeux, James pouvait clairement percevoir un certain malice.

-Eh bien Monsieur Black, je vois que la petite scène de tout à l'heure vous a faite beaucoup rire.

-Il faut avouer que Peeves a des idées consternantes, fit Sirius, l'air très sûr de lui.

James s'empêcha de le regarder pour éviter d'éclater de rire.

-Oui... Bien évidemment, Peeves. Et comment est-ce qu'un fantôme aurait pu créer tout seul de tels explosifs, voulez-vous bien me l'expliquer ?

Personne ne répondit. A ses côtés, James sentait que Lily baissait la tête et, d'une certaine manière, il s'en voulait de la mettre dans une situation telle que celle-ci. Mais le garçon s'était préparé : ils avaient décidé, d'un commun accord avec la plus grande partie des Gryffondors, que - étant donné qu'il n'y avait aucune chance pour qu'ils ne remportent la coupe des maisons - qu'il valait mieux perdre ses points pour une raison valable. Mais il était prêt à en prendre l'entière responsabilité, et Sirius aussi, pour ne pas mettre encore une fois ses autres amis en péril.

-Professeur... commença-t-il, nous avons gagné la coupe de Quidditch. C'était la plus importante aux yeux de tout le monde. On a beau avoir essayé... Mais il semblerait que Gryffondor ne remportera pas la coupe des maisons cette année. Alors si vous avez besoin d'un bouc-émissaire...

-Figurez-vous Monsieur Potter, que lorsque le professeur Dumbledore a interrogé les quelques élèves qui n'ont pas osé s'échapper après cette mascarade, aucun d'entre eux n'avait rien vu, si ce n'est Peeves. Il ne me serait pas très avisé d'enlever des points à des élèves sur les simples élucubrations de Monsieur Rusard qui a été, je dois bien l'avouer, quelque peu secoué... Ainsi donc, nous resterons sur le fait que c'est Peeves qui a tout imaginé.

James s'empêcha encore une fois de sourire : il savait que les autres élèves le couvriraient. Mais il comprit en regardant son professeur qu'il avait vu juste : le clin d'œil presque imperceptible qu'elle venait de leur faire laissait à présager qu'elle savait pertinemment ce qu'il s'était passé, mais n'y voyait pas grand chose à redire. Ils firent un pas pour la contourner mais la vieille dame coupa :

-C'est tout de même vous que je cherchais, Monsieur Potter. Et vous, Miss Evans.

Elles les regardaient par-dessus ses petites lunettes d'un air entendu et, lorsque James baissa la tête et se rendit compte qu'il tenait Lily par la main, les deux se lâchèrent, comme pris en faute, et rougirent. Le professeur Mcgonagall le vit et dit :

-Eh bien, on dirait que la persistance est l'une de vos qualités, pas vrai Monsieur Potter ? Je comprends mieux maintenant...

Elle regarda Lily d'un air entendu, laquelle rougit d'autant plus. Remus, Sirius et Peter faisaient mine de regarder ailleurs et de ne pas l'avoir remarqué. James devait avouer qu'il faisait de plus en plus chaud dans les couloirs.

-Mais enfin... Je ne veux pas vous retenir trop longtemps, je serai rapide. J'ai bien réfléchi, et le courage que vous avez démontré dans les fâcheux événements qui se sont produits à Poudlard, Miss Evans, ainsi que la persistance - comme je viens de le dire - afin de décrocher la coupe de Quidditch, Monsieur Potter, m'a faite revenir sur mes pas. Avec l'accord et l'aval du professeur Dumbledore, je vous restitue de vos rôles de Préfets-en-Chefs.

Il eut l'impression qu'on venait d'annoncer à Lily qu'elle serait Ministre de la Magie. Elle sautilla dans les airs et, pendant un moment, il se demanda si elle n'allait pas sauter dans les bras du professeur Mcgonagall. Par chance, elle ne le fit pas.

-Merci beaucoup, professeur, merci beaucoup. Vous ne serez pas déçue ! Est-ce que nous aurons plus d'informations sur notre rôle pour le dernier jour ? Y-a-t-il du spécial pour le festin de fin d'année ? Devrons-nous accompagnés les élèves jusqu'à la gare de Pré-au-Lard ?

James regarda Sirius et pouffa. Le professeur Mcgonagall regardait la rousse avec affection, comme une grand-mère auprès de sa petite fille. James était bien évidemment content de terminer Poudlard ainsi mais, à réellement parler, il était surtout heureux de se dire que Lily reprenait ce qui lui revenait de droit. Il n'avait jamais réellement compris pourquoi le poste lui avait été donné à lui, mais était loin de se plaindre. A bien regarder le professeur Mcgonagall, et la manière dont elle avait de les observer par-dessus ses lunettes, comme si elle savait et voyait tout, James se demanda si tout n'était pas prévu d'avance. Il lui fit un sourire flamboyant.

-Les instructions se trouvent dans le local des préfets-en-chefs. Je vous invite à les regarder avant demain, afin d'être bien préparés.

Elle l'avait regardé lui spécialement, et James hocha la tête : si c'était ce qu'il lui faudrait faire pour rendre à Poudlard tout le bonheur qu'elle lui avait procuré, il le ferait.

-Parfait, je vous laisse vaquer à vos occupations. Belle fin de journée.

Alors que son professeur favori, celle qui l'avait remise à l'ordre quand il le fallait, qui lui avait donné de l'espoir mais aussi de la discipline pour son futur, qui avait cru en lui sans lui passer tous ses caprices, s'apprêtait à s'évader dans les couloirs, James, l'air mutin, s'écria :

-Professeur !

Mcgonagall se retourna, surprise.

-Oui, Potter ?

-Admettez-le... On va vous manquer !

Il lança un regard à tous ses amis, mais particulièrement à Sirius qui hocha la tête avec un sourire qui en disait long. A bien regarder, James jurerait que Mcgonagall avait rougi. Elle secoua la tête, les lèvres pincées mais le regard amusé quand Sirius fit :

-En tout cas à nous, vous allez nous manquer. Vous n'en trouverez plus des comme nous avant des années. Quand la relève arrive, assurez-vous qu'ils fassent du bon travail.

-C'est cela Monsieur Black. Allez donc vous rafraîchir, dit la vieille dame en se retournant.

Mais James, comme les autres, avaient parfaitement constaté l'énorme sourire qu'elle avait sur le visage en tournant dans l'angle du couloir.

 

 

La première chose qu'elle avait promis de faire une fois ses ASPICS terminées était d'envoyer une lettre à ses parents. C'était pourquoi, après la blague incroyable des Maraudeurs qui l'avaient faite rire comme elle ne l'avait fait depuis plusieurs mois, elle se rendait seule à la volière, un parchemin en main. Elle avait promis à Lily et à Alice de les retrouver au bord du lac, où toute la bande et bien d'autres encore se trouveraient pour leur dernière après-midi à Poudlard. Nelly ne savait pas très bien ce qu'elle ressentait. A la fois elle était soulagée d'avoir terminé cette session d'examens, qui avait été la plus intense et difficile en ce qui la concernait, ainsi que cette année, qui lui avait plus que jamais mis des bâtons dans les roues. Mais si c'était l'année la plus difficile qu'elle n'ait eu à vivre, ça avait aussi été la plus gratifiante. Nelly avait l'impression d'avoir grandi, comme jamais, de s'être autorisée à vivre, à montrer qui elle était, d'avoir osé se découvrir, quitte à aller sur des sentiers balisés... alors, d'une certaine manière, elle ressentait aussi une immense nostalgie, une tristesse qu'il était difficile de définir par des mots, quand elle regardait autour d'elle et se rappelait du moindre souvenirs, du moindre recoin du château, des moindres moments - même parfois insignifiants - passés dans l'enceinte de cette école. Poudlard resterait à jamais gravé dans son cœur, mais elle était prête à lui dire au revoir. Mais avant ça, il lui restait un après-midi pour simplement profiter de l'instant présent. Elle pénétra dans la volière qui, grâce à ses hauts plafonds et ses fenêtres encastrées était heureusement plus fraîche que le reste. Après avoir passé deux heures dans la salle d'examen de l'histoire de la Magie, qu'elle était persuadée d'avoir réussi médiocrement, la fraîcheur de la pièce fut salvatrice. Elle s'approcha vers une belle chouette hulotte au plumage clair, qu'elle appréciait particulièrement. Elle la caressa quelque peu, l'animal fermant les yeux. Nelly sourit face à ce moment de douceur. Après le stress des révisions, l'angoisse des examens et le relâchement de toutes les émotions, elle en avait besoin. Elle avait besoin de ces quelques minutes pour elle-même.

-Voilà ma belle, c'est pour toi. C'est la dernière en ce qui me concerne. Alors merci.

Elle mit gracieusement quelques noises dans la bourse de la chouette et la regarda s'envoler dans le ciel bleu, sans nuage, sous le soleil de plomb du mois de juin. Elle la regarda jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus la distinguer, et resta encore ainsi quelques minutes à regarder l'horizon, la beauté des paysages, de la grandeur qui l'entourait. Elle écoutait le bruit des oiseaux. Elle se sentait libérée. Dans sa lettre, elle avait tout avoué : le fait que la plupart de ses épreuves s'étaient bien passé, mais qu'elle ne pensait pas avoir brillé partout - si ce n'était en défense contre les forces du mal et en épreuve pratique de métamorphose. Elle était persuadée d'avoir raté les sortilèges. L'espèce de compassion mêlée de pitié que le professeur Flitwick avait eu à son encontre, et l'air tout aussi mal à l'aise de Sirius - qui passait juste après elle - ne laissaient pas grand doute. Elle ne pourrait pas être Auror. Il fallait au moins un Effort Exceptionnel en sortilèges pour être Auror. Et la vérité, celle qu'elle avait noté dans la lettre et qu'elle savait que sa mère comprendrait, celle qu'elle n'était pas encore prête à avouer aux autres, était qu'elle était soulagée. Le fait de s'être retrouvée isolée avait permis à Nelly de se détacher quelque peu du regard des autres et, surtout, de celui de Lily. Elle ne le pensait pas à mal, mais elle se rendait compte qu'elle avait passé tellement de temps à se comparer à la rousse qu'elle en avait peut-être oublié qui elle était et ce qu'elle voulait. Elle se souvenait de la discussion avec le professeur Mcgonagall, qui était l'unique personne dans Poudlard à connaître ses ambitions. Le fait d'avoir échoué dans une matière lui donnerait le tremplin qu'il fallait pour oser voguer vers d'autres horizons, peut-être plus créatifs, moins conventionnels. Nelly se demandait si, inconsciemment, elle n'avait pas fait exprès de rater. Tout ce qu'elle savait, c'était qu'elle en était soulagée. Nelly ferma les yeux et huma l'air - qui sentait l'herbe fraîchement coupée - du mois de juin. Tout ce qu'elle souhaitait à l'heure actuelle, c'était de ne penser à rien. De profiter de l'instant présent. Une fois en paix avec elle-même, la jeune femme s'apprêtait à sortir de la pièce pour aller chercher son maillot et rejoindre les autres lorsque quelqu'un, sur le pas de la porte, la fit sursauter. Il était là depuis plusieurs minutes, elle le savait, mais n'avait pas fait de bruit. Ça n'était pas par hasard. Il l'avait suivie. Et, encore une fois, Nelly ne sut que ressentir face à cela.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? lui demanda-t-elle simplement.

Sa voix n'était pas froide, pas non plus avenante. La vérité, c'était qu'elle ne le détestait pas.

-Je voulais te voir, répondit-il.

Elle apprécia le fait qu'il n'essayât pas de mentir. Elle ne dit rien et attendit qu'il reprit la parole :

-Tu m'as évitée. Poudlard va bientôt se terminer, et je voulais te revoir une fois avant que ce soit le cas.

Nelly regarda Rosier de plus près : il lui faisait toujours de l'effet. Elle ne savait si c'était cet air nonchalant qu'il portait si bien, ou peut-être son air rusé de celui qui savait toujours retirer le meilleur de chaque situation. Elle n'avait pas peur de lui. Elle se demandait simplement pourquoi il tenait tant à la revoir.

-Pourquoi ? demanda-t-elle, méfiante.

Le Serpentard s'approcha. Elle pensait qu'il allait s'arrêter mais il ne le fit pas. Il s'approcha, jusqu'à se retrouver face à elle. Il posa l'une de ses mains sur sa hanche.

-J'ai pensé à toi, dit-il avec un air qui présageait qu'il allait arriver à ses fins.

Mais Nelly n'en était pas si sûre. Elle déglutit péniblement : bien évidemment que, si elle se laissait aller à ses envies profondes, elle lui dirait oui. Mais ça n'était pas ainsi que la jeune femme avait envie de terminer son année. Ça n'était pas ainsi qu'elle voulait se remémorer ses derniers instants à Poudlard, tout simplement parce que Rosier ne représentait pas ce qu'elle avait pu vivre au milieu de ces murs. La vérité, c'était qu'à l'heure actuelle, elle voulait uniquement se trouver auprès des gens de sa maison, auprès de ses amis, qui avaient été réellement là pour elle. Alors, sans méchanceté, elle lui prit la main et l'enleva de sa hanche. Elle la tint encore un peu lorsqu'elle lui dit - en le regardant dans les yeux :

-Je ne regrette pas ce qu'il s'est passé entre nous. Si c'était à refaire, probablement que je le referais. Mais c'est terminé maintenant. Poudlard est terminée. Alors je vais rejoindre mes amis, et tu vas rejoindre les tiens.

Rosier la regardait, imperturbable. Il n'avait pas l'air particulièrement énervé. Il avait une capacité à cacher ses émotions qui l'étonnait. Elle lâcha la main du garçon et passa l'encadrement de la porte de la volière. Alors qu'elle s'apprêtait à disparaître dans le couloir, elle entendit :

-Ça n'est pas terminé entre toi et moi, Wilbongs. On se reverra.

Nelly ne s'arrêta pas mais ralentit, avant de disparaître pour de bon dans l'angle du couloir. Le ton de Rosier n'était pas menaçant. Il énonçait simplement une vérité qu'elle-même connaissait parfaitement.

 

 

L'après-midi était l'un des plus agréables qu'elle n'ait passé à Poudlard. Aussi étonnant qu'elle-même l'avait trouvée, elle pensait avoir très bien réussi ses ASPICS. Elle ne savait si c'était le fait d'avoir avoué ses secrets, d'avoir osé montrer ses limites, d'avoir - depuis la prise d'otage - établi une relation de plus en plus proche avec sa mère qui l'avait poussée à se dépasser mais, pour la première fois depuis longtemps, Dorcas était fière d'elle. Bien qu'elle n'aurait jamais osé l'avouer à voix haute, elle était presque persuadée d'avoir obtenu un Optimal dans au moins trois branches : la métamorphose, l'histoire de la Magie - qui la passionnait - et la Défense contre les Forces du Mal. Le sourire et le clin d'œil imperceptible du professeur Burbog à la fin de sa performance ne laissaient pas de doutes. Dorcas attendait les résultats de ses ASPICS pour oser énoncer à voix haute ce qu'elle souhaitait pour son avenir. Actuellement, l'unique chose qui comptait pour elle était de s'amuser. Elle se tenait sous le soleil cuisant du mois de juin dans le parc de Poudlard, entourée de tous ses amis et d'autres élèves de l'école, allongée sur le ventre sur un linge en profitant de l'air encore très chaud et du rafraîchissement du lac. Cassidy était à ses côtés. Les Maraudeurs avaient déjà sauté à l'eau, et Lily barbotait avec eux en rigolant. Plus loin, Alice et Franck s'était assis au bord de l'eau, les pieds dedans, et semblaient discuter avec aisance. Dorcas avait toujours eu beaucoup d'affection pour Alice. La jeune femme semblait être le genre de personne qui aimait tout le monde, et que tout le monde aimait. Dorcas comprenait pourquoi. Elle se tourna sur le dos afin de sentir le soleil sur son ventre, se couvrit le visage pour se protéger les yeux et fit :

-Je suis tellement soulagée que ça soit terminé, mais en même temps, ça va vraiment me faire bizarre de quitter cet endroit...

Poudlard avait été sa maison, son foyer pendant de nombreuses années cruciales de son développement. Et, bien qu'elle n'y ait pas toujours fait les meilleurs choix, Dorcas ne tenait en rien l'école pour responsable.

-A moi aussi, fit Cassidy en soupirant. Profitons de ces derniers instants.

Dorcas lui sourit et ferma les yeux. Elle les rouvrit avec effroi lorsque des gouttes glaciales lui tombèrent sur le ventre.

-Mais qu'est-ce que... ?

Après un certain temps pour s'habituer à la luminosité du soleil tapant, elle se trouva face à un Sirius qui débordait de joie et d'énergie. Il venait de secouer ses longs cheveux bouclés sur les deux jeunes filles. Cassidy avait eu la même réaction qu'elle. Dorcas vit son amie se lever et pousser Sirius de l'épaule :

-Va-t-en ! On n'a pas envie d'avoir froid.

-Ne commencez pas à faire les poules mouillées ! dit Sirius, toujours plus hilare.

Bien que ses paroles disaient le contraire, Dorcas sentait que Cassidy avait envie que Sirius la charrie. Elle rigola et essaya de se faire silencieuse pour qu'ils l'oublient.

-J'y vais si Dorcas y va.

La jeune femme fusilla cette fois-ci son amie du regard. Elle n'était pas la plus grande fan des baignades en plein lac, et Cassidy le savait. Mais celle-ci avait un air si mutin sur elle qu'il était impossible de lui en vouloir.

-Si vous me voulez là-dedans, ce sera par la force.

Elle regretta ces paroles au moment où elle les eut prononcées. En se concertant d'un seul regard, Sirius vint la prendre par les épaules sans aucune peine, Cassidy par les jambes avec la même facilité - Dorcas était réellement un poids plume - et, en la balançant d'avant en arrière, ils comptèrent ensemble :

-Un...Deux...Trois !

Ses protestations vaines, Dorcas se retrouva rapidement sous l'eau, et, bien que le froid lui envahissait chaque cellule de son corps, elle devait avouer que ça avait aussi un effet apaisant sur sa peau qui avait définitivement trop pris le soleil. Elle battit des jambes précipitamment pour reprendre son souffle et, après s'être essuyé les yeux, elle cria:

-Bande de traîtres !

-Reste où tu es ! lui cria Cassidy.

Dorcas vit sa meilleure amie murmurer quelque chose à l'oreille de Sirius, le jeune homme acquiescer avec un sourire sournois, et les deux jeunes gens coururent en direction de Dorcas, laquelle hurla lorsqu'ils passèrent à quelques centimètres de ses cheveux pour atterrir juste derrière en deux plongeons parfaits. Une fois qu'ils remontèrent à la surface, Cassidy sauta sur Sirius et tenta de le noyer, mais c'était peine perdue : il restait droit comme un i, et Dorcas éclatait de rire face à la scène. Plus loin, Remus et James étaient en grands éclats de rire face à Lily qui essayait d'apprendre à Peter à plonger. Elle eut pitié du garçon lorsqu'il tomba fortement dans l'eau et que les autres se mirent à rire. Elle ne put s'empêcher d'esquisser un sourire. Ce qu'elle avait devant les yeux lui plaisait. Mais il manquait quelque chose.

-Qui d'entre vous aimeraient des glaces ?

Les yeux se tournèrent vers elles et tous acquiescèrent vivement.

-Je m'en occupe ! J'arrive dans dix minutes.

La jeune femme sortit du lac avec quelque peine, se sécha rapidement, enfila des habits plus couvrants et, les cheveux toujours mouillés, courut vers les portes du château. Elle était persuadée qu'elle n'était pas la première à avoir eu l'idée, et était certaine que les elfes de maison lui en donneraient volontiers. Elle s'était très peu nourrie durant les révisions et, le corps reprenant ses droits, elle mourrait de fin. A mesure qu'elle descendait les escaliers qui n'en faisaient qu'à leur tête pour atteindre les cuisines, le château devint de plus en plus silencieux. Mais Dorcas ne s'en formalisa pas. Elle n'avait pas peur, pas ce jour-là. Les tableaux discutaient tranquillement entre eux, certains la saluant. Elle se sentait enthousiaste. Ça lui faisait du bien de profiter quelque peu de la fraîcheur que les grands murs en pierre massive lui procurait, et d'être quelque peu seule avec elle-même. Alors que ses pensées divaguaient sur ce qu'allait être leur soirée au bord du lac, probablement autour d'un feu, Dorcas s'arrêta net. Ça ne se pouvait pas. Pas désormais qu'elle n'y pensait plus. Pas à un jour de la fin de son école. Soudain, ce fut comme si elle ressentait plus vivement que jamais le froid du château, et la solitude qui émanait des murs. Elle n'avait pas pris sa baguette. Dorcas se mit à paniquer : comment avait-elle pu baisser sa garde aussi facilement ?

-Je vois qu'on a eu la même idée.

Il mentait, c'était évident. Il l'avait probablement suivie jusqu'ici. L'avait regardée avec ses amis, avait attendu qu'elle soit le plus vulnérable pour pouvoir attaquer. C'était ce qu'il faisait toujours. Elle ne répondit pas. La porte des cuisines se trouvaient juste derrière lui. Avec un peu de chance, quelqu'un allait en sortir et elle aurait alors l'occasion d'y entrer. Au moins, dans les cuisines, il y avait des couteaux pour se défendre.

-On dirait que tu as vu un mort.

C'était presque le cas. Dorcas avait réussi à se persuader qu'il était sorti de son esprit pour de bon. Mais le fait de se trouver face à face avec Mulciber, après leur dernière entrevue, lui démontrait que ça n'avait été qu'une simple illusion.

-Je t'en prie, passe, dit-il en s'écartant et en montrant la porte de la cuisine du doigt.

Dorcas fronça des sourcils : qu'avait-il en tête ? Allait-il l'attaquer de dos ? Elle ne le pensait pas capable de cela. Allait-il lui faire un croche-patte, l'humilier, parce qu'il se sentait vexé ? Elle ne le savait pas. La jeune femme avança prudemment en ravalant sa salive, son cœur battant lourdement contre son cou, lui donnant presque envie de défaillir. Elle ne le lâcha pas du regard alors qu'elle passait doucement à côté de lui. Mulciber lui souriait, de ses sourires qui débordaient de confiance, d'un air narquois et sûr de lui. Elle l'avait presque dépassée lorsqu'il fit le mouvement qu'elle savait qu'il allait faire. Mais, contrairement à ce qu'elle s'était imaginée, il ne serra pas. Il lui avait juste effleuré le bras. En déglutissant péniblement, elle dit :

-Je n'ai pas ma baguette.

Elle voulait gagner du temps, un maximum de temps. Elle voulait détourner son attention, pour l'attirer vers d'autres pensées qu'elle savait pertinemment qu'il avait à ce moment-là.

-Tu ne crois quand même pas que je vais t'attaquer dans ces couloirs ?

-Alors pourquoi tu m'as suivie ?
-Je te l'ai dit, on allait au même endroit.

Sa main était toujours posée sur son bras, sans pression. Mais Dorcas pouvait le sentir aussi clairement que s'il l'avait brûlée. Son cœur battait toujours, mais pour des raisons différentes. « Faites que quelqu'un sorte, faites que quelqu'un sorte ». Mais personne ne sortait. Dorcas pouvait sentir les gouttes qui dégoulinaient de ses cheveux et venaient s'écraser sur le sol. Elle avait chaud, et même le rafraîchissement qu'elle avait ressenti ne suffisait à calmer le rouge de ses joues. Elle n'arrivait pas à décoller son regard de lui. Mulciber savait. Bien évidemment qu'il le savait. Elle le haïssait, c'était vrai. Mais, plus la haine grossissait en elle, moins elle arrivait à s'en détacher.

-Laisse-moi partir.

Ses mots étaient presque une prière. Elle le priait de la laisser partir. Mulciber fit un mouvement pour se mettre directement face à elle. Sa main descendit imperceptiblement et il attrapa son poignet, toujours sans serrer. C'était peut-être les caresses les plus douces qu'il lui eut jamais faites. Il s'approcha toujours plus, mit l'une de ses mèches mouillées derrière ses oreilles, avança ses lèvres et dit :

-Je ne te retiens pas.

Dorcas ferma les yeux et, à l'instant où elle le fit, elle sut. Elle sut qu'il avait gagné. Il le savait aussi. Il le savait même bien avant ça. Elle aurait eu envie de pleurer, de crier, de le frapper, de s'en aller en courant. Mais c'était impossible. Quelque chose la tenait clouée sur place. Elle le regardait dans les yeux et alors, elle retrouva cette sensation qu'elle ne connaissait que trop bien. Qui l'avait faite se sentir plus vivante que jamais lors de ses deux dernières années à Poudlard. Il ne bougeait toujours pas. Et, alors même qu'elle connaissait toute la vérité, qu'elle savait qui il était, qu'elle s'était rendue compte de l'ampleur de sa noirceur, Dorcas, par choix, en connaissance de cause, s'avança et l'embrassa. Il ne réagit d'abord pas, et la jeune femme se demandait jusqu'où il allait lui prouver qu'il la tenait encore. Puis Mulciber déplaça l'une de ses mains dans ses cheveux, comme pour s'assurer de son emprise. Elle-même les gardait en bas, complètement démunie. Il la poussa dans le bas du dos, et la chaleur qui émanait du corps du garçon la remplissait toute entière. Alors qu'il l'embrassait comme il ne l'avait que rarement fait, Dorcas reprit soudain contenance. Horrifiée de ce qui était entrain de se produire, elle le repoussa :

-Je ne peux pas faire ça. Ils m'attendent, je dois...

Mulciber lui mit un doigt sur la bouche et Dorcas se tut immédiatement. Elle ferma les yeux lorsqu'il lui dit :

-Une dernière fois... Je ne veux pas que tu finisses cette année avec un mauvais souvenir de moi...

Il s'était encore rapproché et lui faisait désormais des baisers dans le cou. La jeune femme sentait son corps entier se réveiller. Sur le point d'abdiquer, elle dit :

-Tu me promets qu'après tu me laisseras ?

Il la regarda dans les yeux :

-C'est la dernière fois. Faisons en sorte qu'elle compte.

Alors qu'il l'embrassait à nouveau, qu'il l'avait soulevée du sol comme si elle ne pesait rien, avait entouré ses jambes autour de sa taille et avait ouvert la première porte qui passait sous sa main, Dorcas sut au fond d'elle, qu'une fois de plus, il venait de lui mentir.

 

 

L'après-midi avait été l'un des plus beaux qu'elle n'ait jamais vécu à Poudlard. Dorcas était revenue avec des glaces, et Lily n'avait pu s'empêcher de remarquer que la jeune femme semblait momentanément distraite. Mais ses réflexions avaient été coupées par le jeu de vérité qui en avait suivi, mais qui avait résulté dans des éclats de rire plutôt que des disputes. Ils avaient profité du lac jusqu'à ce qu'ils ne fassent un peu trop froid en sortant, avait remis quelques couches et s'apprêtaient à faire griller de la viande - que les professeurs avaient généreusement accepté de leur procurer - au bord du lac. Alors que les quatre Maraudeurs planifiaient les blagues qu'ils voulaient faire dans le Poudlard Express et que Franck s'était joint à eux, que Cassidy et Dorcas s'adonnaient à une partie de Bavboules et que Nelly et Alice étaient en grande conversation sur leur avenir, Lily s'éclipsa discrètement, en promettant qu'elles reviendraient avec quelques Bièraubeurres. Ça ne serait pas son dernier jour à Poudlard si elle ne transgressait pas le règlement une dernière fois. Son cœur battait alors qu'elle pénétrait dans le château, en appréciant chaque recoin. Ce qu'elle ressentait était difficilement définissable. A la fois elle était soulagée, heureuse de tout ce qu'il s'était produit le mois écoulé, et à la fois, elle avait l'impression de laisser son enfance s'en aller. Elle ressentait un certain vide, une nostalgie qui lui emplissait le ventre, voir même de la mélancolie. Mais Lily n'en était pas fâchée. Elle avait envie de ressentir toutes ces émotions, parce que ça voulait dire qu'elle quittait un endroit qu'elle avait profondément aimé. Et de ça, elle ne pouvait qu'en être reconnaissante. Elle venait d'aller chercher ce dont elle avait besoin dans son dortoir et se retrouvait devant le bureau qui, en début d'année, lui faisait peur. La gorge nouée, mais cette fois-ci d'émotions plutôt que de crainte, Lily toqua. Heureusement, le professeur Slughorn n'avait pas encore quitté sa pièce pour rejoindre les autres professeurs dans la Grande Salle pour le souper. Il eut un sourire sincère et énorme en la revoyant :

-Ma chère Lily... quel plaisir de vous voir !

Ses yeux s'agrandirent lorsqu'il se rendit compte de ce qu'elle portait dans les mains.

-Mais enfin...Entrez ma chère, entrez.

Lily sourit. Elle déposa l'énorme bol sur le bureau du professeur Slughorn. Dedans se trouvait un petit poisson rouge, ainsi qu'une grande fleur de lys qui flottait au-dessus.

-Je me suis souvenue que vous m'aviez dit avoir adoré la pêche moldue, et que regarder des poissons vous détendait... alors j'ai pensé... Enfin, c'est mon cadeau d'au revoir, pour vous remercier. Ne le dites pas aux autres, mais vous étiez mon professeur préféré.

C'était le cas. Peut-être était-ce dû au fait qu'il la tenait particulièrement en haute estime depuis le début de son école, qu'elle était l'une des meilleures en potions. Peut-être, mais il n'empêchait que le professeur Slughorn était l'unique Serpentard qui n'ait jamais cru en elle. Et cela, Lily ne l'oublierait jamais. Son professeur avait un air émerveillé, et elle pouvait clairement apercevoir des gouttes perler au bord de ses petits yeux.

-Ma chère Lily... C'est un cadeau magnifique... Soyez sûr que j'en prendrai bien soin.

-Il s'appelle Francis, précisa la jeune femme pour éviter de tomber dans un trop plein d'émotions.

Les deux se regardèrent et rigolèrent.

-Eh bien voilà... finit-elle par dire après quelques instants de silence, j'avais envie de vous dire au revoir en personne. Mais j'imagine que l'on se verra demain.

Slughorn acquiesça, et Lily le soupçonna d'avoir la voix trop enrouée pour parler. En se retournant pour partir, elle observa une dernière fois le bureau de son professeur. Elle avait l'impression que les cours de potions qu'elle avait dû partager avec Narcissa, que les Club de Slug' qui lui faisaient tant peur, que tout cela avait été dans une autre vie. Avec du recul, elle était contente pour toutes les épreuves que le professeur Slughorn leur avait fait vivre. Et, bien que lui-même n'ait pas tenu à faire un dernier Club de Slug' pour éviter des débordements inutiles, Lily se dit qu'encore une fois, le professeur avait vu au-delà du sang, des familles de chacun, et avait essayé de les réunir. Elle lui en était reconnaissante. Alors qu'elle marchait gentiment, accompagnée de son enseignant, vers la porte de sortie, quelque chose captiva son attention. Sur une commode près de la porte étaient posés plusieurs cadres à photos. Tous la regardaient, certains souriaient, d'autres avaient des mines sévères. Elle ne connaissait pas tout le monde, mais pouvait reconnaître certains personnages célèbres, voir même certains élèves de l'école. Et là, sur le devant, au milieu, elle se tenait. Elle souriait à l'objectif, rayonnante, après avoir gagné un prix de potions lors de l'un des fameux concours du professeur Slughorn. Il se tenait à côté d'elle, au moins aussi ravi. Elle se tourna vers son professeur. Il avait l'air quelque peu gêné, et avait haussé les épaules :

-Oh ça... toutes ces personnes ont fait partie de mon club, vous voyez. Et généralement, je ne mets pas encore d'élèves mais enfin... toutes les personnes ici présentes sont devenues quelqu'un. Je suis persuadée que vous ne ferez pas exception.

Il regardait les cadres avec affection en parlant, mais Lily ne détournait pas ses yeux, qu'elle sentit picoter, de lui. Le professeur Slughorn croyait réellement en elle. Et elle ne l'oublierait jamais.

-Merci, dit-elle sincèrement, la voix trop embuée d'émotions pour dire autre chose.

Il ne répondit pas, mais son regard en disait long. Il lui prit la main et la serra avec affection dans les siennes. Puis il lui ouvrit la porte du bureau. Elle prit une grande respiration, en sachant que ce serait la dernière fois qu'elle la passerait.

-Au revoir, Professeur, dit Lily, un énorme sourire aux lèvres.

-Au revoir ma chère Lily. Je ne manquerai pas de penser à vous à chaque fois que je regarderai Francis.

Ils se firent un dernier sourire, puis Lily se détourna, le cœur à la fois léger et rempli. Elle hésita quant à la marche à suivre : dans sa tête, elle avait tout prévu, et savait ce qu'il lui restait à faire. Mais elle n'était pas très bien sûre d'être prête pour cela. Désormais que les émotions lui tiraillaient le ventre, elle aurait été tenté de tout simplement passer dans les cuisines chercher des Bièraubeurres et de rejoindre les autres. Mais elle n'en fit rien. Comme elle se l'était promis qu'elle le ferait, elle marchait tout droit vers l'endroit où elle savait qu'elle le trouverait. Elle le connaissait encore trop bien. Arrivée dans l'intermédiaire de la volière, Lily s'arrêta. Elle avait eu une bonne intuition. Il était bien présent, et faisait passer une lettre sous l'aile d'un hibou majestueux. La douceur avec laquelle il lui donna des noises et lui murmura de s'envoler la remplit d'un sentiment étrange. Soudain, ce fut comme si le temps s'était arrêté et qu'elle revoyait tout devant ses yeux : elle revoyait le garçon dégingandé, avec des habits beaucoup trop grands pour lui, des cheveux trop gras, un teint trop pâle et cireux. Il avait été son premier ami, la première personne qui l'ait guidée dans sa vie, qui l'ait comprise. Et cela, rien ne pourrait jamais le changer. Mais Lily revint petit à petit à elle et, lorsqu'elle regardait le garçon qu'elle avait en face d'elle actuellement, elle voyait aussi le jeune homme qui, en cinquième année, lui avait fait plus de mal que quiconque ne lui en avait jamais fait. Elle voyait un garçon qui, peut-être malgré lui, avait choisi sa voie. Et elle avait choisi la sienne. En prenant une grande respiration, elle s'éclaircit la gorge pour indiquer sa présence. Pris de court, Severus se tourna d'un coup sec et, en la voyant, Lily put ressentir presque tout ce qu'il ressentait. Elle savait qu'il avait de l'espoir. Il lui faudrait du courage pour dire ce qu'elle avait à dire :

-Je savais que j'allais pouvoir te trouver ici. J'avais besoin de te voir, une dernière fois... Je n'ai pas besoin que tu dises quoi que ce soit - Severus avait fait un pas pour lui parler - et je ne viens pas te faire des reproches.

Lily sentait en effet que tous les mots qui s'apprêtaient à sortir de sa bouche n'étaient ni de la haine, ni de la pitié, des émotions qu'elle n'avait que trop ressenties par rapport à Severus. Ils étaient simplement sincère, une façon pour elle de le laisser partir.

-J'avais surtout envie de te dire merci. Tu es la première personne qui ait cru en moi. Tu es la première personne qui a accepté ce que j'étais, qui ne t'en est moqué, qui m'ait aidée à comprendre ce qu'il m'arrivait. Et je voulais que tu saches que je ne l'oublierai jamais. Je n'oublierai jamais le garçon gentil et intelligent que tu étais, Severus. Mais ce que je n'oublierai pas non plus, c'est le sentiment que j'ai eu après que tu aies repris tout cela, en cinquième année. Je crois que tu es la personne qui m'ait fait le plus de mal à Poudlard. Mais je te pardonne. Dans le fond, c'était peut-être ce qu'il me fallait pour trouver ma voie. Si je te dis tout cela, c'est parce que demain, c'est terminé. On ne se reverra peut-être plus jamais. Dans tous les cas, ce qui est sûr, c'est que nous emprunterons tous nos propres chemins... Moi, je suis sûre du mien. Et je voulais que tu saches que je te souhaite le meilleur, Severus. Et que j'espère que tu trouveras ta place dans ce monde. Alors merci, encore une fois. Et adieu.

Lily avait clairement perçu les larmes couler sur les joues de Severus. Elle aurait pu rester, entendre ce qu'il avait à lui dire, mais la vérité, c'est que ça n'aurait rien changé. Car elle n'était pas venue pour avoir une conversation, elle n'était pas venue pour arranger les choses. Elle était venue pour mettre un terme à sa relation avec Severus, relation qui, malgré ce qu'elle s'était dit, n'avait pas terminé en cinquième année. Et, alors qu'elle déambulait dans les couloirs de Poudlard, elle sentit toutes les émotions qui l'avaient parcourue depuis plusieurs jours, mois, peut-être même années, exploser en elle. Elle pleura à chaudes larmes. Elle pleura comme elle ne l'avait fait que rarement. Elle s'en fichait de qui la voyait ou ne la voyait pas. Comme promis, elle se rendit dans les cuisines et alla chercher des Bièraubeurres, encore aveuglée par les larmes qui ne cessaient de couler. Mais, d'une certaine manière, elles ne lui faisaient pas mal. Au contraire, elles étaient salvatrices. Elle pleurait toujours lorsqu'elle sortit du château, mais ses larmes se calmèrent instantanément alors qu'elle rejoignait le bord du lac. La scène qu'elle avait devant ses yeux ne lui donnait pas envie de pleurer : tous ses amis étaient présents autour d'un feu. Sirius et Cassidy se tenaient sous une même couverture, Peter était couché et sommeillait alors que Remus se moquait gentiment de lui. Les filles étaient toujours en grande conversation. James était entrain de griller des saucisses et, ce qui fit le plus plaisir à Lily, ce fut de voir que Hagrid les avait rejoints. Alors, ses bouteilles en main, indifférente au fait qu'elle avait peut-être le visage et les yeux bouffis, elle se mit en marche pour rejoindre sa dernière soirée à Poudlard, le cœur plus rempli que jamais.

 

Note de fin de chapitre :

A très bientôt pour l'ultime chapitre de cette Fanfiction.

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