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Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


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Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

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A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

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De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


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Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



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De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


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De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Le Paradis de mon Enfer par Cassy

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Bonjour à tous,

 

Me revoilà avec un nouveau chapitre que j'ai A-DO-RE écrire! J'adore ce jeu qu'il y a entre les personnages. Je trouve que c'est rafraichissant, et qu'à la fois ça participe énormément à faire avancer l'histoire ;-)

 

Ce chapitre était très long, j'ai donc préféré le couper en deux!

Bonne lecture de la première partie :)

 

La vengeance. C'était un sentiment qui lui paraissait plus doux que ce qu'elle n'aurait pensé. Il y avait une espèce de supériorité qui émanait de ses actes, de ses gestes, de son attitude. C'était probablement ce que ses parents, sa sœur, sa famille auraient voulu qu'elle soit au quotidien. Cependant, ce sentiment était complètement inédit à Narcissa. Mais elle se sentait puissante. Et elle comprenait maintenant les personnes qui parlaient de la vengeance comme étant le plus doux des ressentis. Car il était vrai, qu'à l'instant même, il lui semblait impossible de se dire que ce qu'elle ne faisait était mal, puisqu'elle se sentait si bien. Lucius avait changé du tout au tout. Lorsqu'il avait remarqué qu'elle était présente, Narcissa l'avait vu, c'était lui qui s'était senti tout puissant. Il lui avait lancé un regard qui en disait long : « si tu ne veux pas m'obéir, d'autres seront ravies de le faire ». Il s'était rapproché encore plus d'Elia, qui elle aussi avait lancé un regard entendu à Narcissa : « il est en passe de devenir à moi ». Lucius en avait profité pour se rapprocher d'Elia, lui passer la main dans le dos, lui murmurer des mots à l'oreille. Elia était habillée, ou plutôt déshabillée, de la robe la plus légère et transparente que Narcissa n'eut jamais vu. Sa rage n'avait fait augmenter. A l'inverse de la vengeance, la blonde trouvait que la haine était tout ce qu'il y avait de plus destructeur : elle se demandait même comment sa grande sœur, qui semblait n'être fait que de ça, faisait pour survivre. Narcissa avait eu l'impression que ses veines brûlaient et qu'elles menaçaient de sortir de sa peau pour l'étouffer et l'entrainer vers une spiral de perte de contrôle. « Profite de ta colère avant qu'elle ne profite de toi », avait dit Erin, de la manière la plus philosophale que Narcissa lui ait connu. La jeune femme n'avait pas cherché à comprendre de plus ample manière les propos de son amie, mais avait préféré fuir la scène le temps qu'elle se calme. Erin l'avait entrainée au fond de la salle, où elles avaient rejoint d'autres filles de Serpentard. En étant collée à Lucius depuis toutes ces années, Narcissa ne s'était jamais sentie proche d'aucune fille de sa maison, ni d'aucune fille en général. Elle n'avait jamais réellement eu d'amis. Bien qu'elle ne savait pas exactement si cela pouvait durer, Erin était ce qui s'en rapprochait le plus. Mais, une fois au milieu de ce groupe de Serpentardes, Narcissa se rendit compte qu'elle ne pourrait jamais faire partie du groupe : leur seul sujet de conversation tournait autour de quel mari elles avaient pouvoir se dégoter, et de fait quelle place dans la société. La blonde remarquait l'attrait que la bande de Lucius avait sur elles : Mulciber semblait effrayer tout le monde, mais les filles au complet étaient d'accord pour dire qu'il faisait partie des garçons les plus beaux et dangereux qu'elles n'aient jamais vu. Certaines aimaient cela. Evan Rosier ainsi que Wilkes avaient aussi beaucoup de succès. La plupart des filles trouvaient Avery agréable à regarder, mais bien trop vicieux pour qu'elles ne s'y intéressent. Narcissa était d'accord : Avery avait cet air de vouloir déshabiller du regard chaque fille qu'il croisait, et ça n'avait rien de séduisant à ses yeux. Puis les filles se mirent à parler de Lucius, et Narcissa sentit la situation lui échapper encore une fois : bien qu'elles la complimentaient sur le fait qu'elle avait trouvé le meilleur parti, la jeune fille sentait bien le ton moqueur de chacune des filles présentes, bien trop occupées à se délecter du malaise de la jeune femme pour compatir. Erin réussit à sauver la face en leur disant que Narcissa était bien la seule qui pouvait se tarder de ne pas rêver de la bande mais d'y appartenir, ce qui avait faire taire certaines des filles. La blonde sentait bien qu'encore une fois, par la faute de Lucius et de ses amis, elle était la risée de Serpentard. Forte d'une détermination nouvelle, Narcissa avait trainé Erin vers le Whiskey Pur Feu : « il est hors de question que je le laisse gagner ». Erin avait souri : il était temps que Narcissa comprenne que ce n'était rien d'autre qu'un rapport de force, et que la blonde ne prenne conscience de son pouvoir sur son futur mari. C'était ainsi qu'elle se retrouvait, plus ébréchée qu'il ne le fallait, au milieu d'une bande de Serpentards garçons, pas assez retors et importants dans le monde des sorciers pour faire partie de la bande à Lucius, mais tout de même assez populaires et séduisants pour que ce dernier ne se sente menacé. Narcissa le regardait du coin de l'œil : il semblait fulminer. Elia était toujours à ses côtés, mais il ne la touchait plus, et celle-ci parlait désormais avec Mulciber. Narcissa eut l'impression pour la première fois de sa vie d'être puissante. Elle comprenait désormais ce que cela impliquait, d'être une Black : les gens se devaient de la respecter. Ils se devaient de savoir que s'ils sortaient de la ligne de conduite préconçue, il allait y avoir des conséquences. Et Lucius se devait de le savoir aussi : il était hors de question qu'il ne devienne le mari qui ne prenne toutes les décisions et qu'elle craigne qu'il n'aille se trouver d'autres filles, plus jeunes et plus belles, dès qu'il ne sorte. Narcissa savait pertinemment ce que serait son rôle en sortant de l'école, mais elle voulait être maître de ce rôle autant que faire ce peu. C'est pourquoi, l'alcool et sa confiance en elle soudaine aidant, elle posa la main sur le bras d'Alfred Henwick, dont le père travaillait pour le sien, et se mit à rire plus fort qu'il n'en fallait à sa blague. Lucius le remarqua. Lui-même semblait en proie à la rage, et Narcissa sentit sa haine se transformer en quelque chose plus malicieux, de moins pure et honnête peut-être que la rage pouvait être : la vengeance. Elle allait lui faire comprendre ce que ça faisait. Et elle voulait à tout prix gagner. Pourquoi ? Elle ne le savait même plus. Quelles seraient les conséquences ? A l'instant même, ça lui était bien égal, puisque c'était elle qui était en position de pouvoir. Aussi vite que la douceur vicieuse du sentiment de revanche s'installait dans ses veines, elle sentit celles-ci lui brûler à nouveau : c'était étrange à quelle vitesse les situations pouvaient s'inverser. Lucius venait de passer un bras autour du cou d'Erin, et de lui murmurer quelque chose à l'oreille, avant de lui faire un baiser sur la joue. Narcissa sentit les siennes lui brûler violemment, et elle se rendit compte d'une simple vérité qui était là depuis toujours, mais qui pourtant, avec la force avec laquelle elle la percuta, lui fit mal dans tout son être : elle pouvait jouer, mais il y avait des limites qu'elle ne franchirait jamais. Elle serait à tout jamais à Lucius et la vérité, c'était qu'il le savait pertinemment. Mais en était-il de même pour le garçon ? Aurait-il toujours ce pouvoir-là sur elle, de savoir qu'il pourrait faire ce qu'il voudrait, puisqu'elle ne se laisserait jamais aller à de tels vices ? Narcissa eut soudainement envie de vomir. Le Whiskey Pur Feu ne devait pas aider, mais c'était plutôt la violence de cette vérité qui lui donnait envie de dégobiller.

-Qu'est-ce que tu fais ? Tu gagnais sur lui ! vint lui crier à l'oreille Erin.

Narcissa délaissa Alfred, qui parut profondément déçu, pour se retirer dans un coin où personne ne les verrait, et d'où elle ne voyait plus les agissements de Lucius :

-C'est fini, Erin. Il gagnera toujours. Tu sais pourquoi ? Parce que moi, je n'aime pas ce jeu. Je ne veux pas y jouer. Et, s'il décide d'y jouer toute notre vie, alors il aura gagné.

Alors qu'elle-même se sentait abattue et plus dramatique que jamais, Erin reprit cet air affligé de celle qui devait pour la énième fois répéter les mêmes choses :

-Il n'y a aucun doute, tu l'aimes ton Lucius. C'est certain qu'il l'a bien compris. Et tu réagis exactement de la manière qu'il aimerait que tu réagisses ! Il n'a même pas besoin de jouer, puisque tu intègres les règles avant qu'il ne te les impose ! Narcissa, jamais personne ne pourra te remplacer auprès du petit Malefoy. Et qu'est-ce que tu crois ? Ici c'est Poudlard, il est influencé par Mulciber et les autres. Mais une fois dehors, lui aussi devra obéir à tout un tas de règles qui n'auront rien avoir avec lui. Il peut prétendre qu'à Poudlard, c'est lui qui détient les clés du jeu, mais au-dehors, Lucius ne sera ni plus ni moins qu'un exécuteur du rôle qui lui sera attribué. Comme toi, comme moi... C'est comme ça que c'est fait. Il pourra peut-être se rapprocher de la ligne à ne pas franchir, et, si tu le laisses, en effet peut-être pourrait-il une fois se laisser aller à la franchir. Mais dois-je te rappeler le scandale que c'est dans notre monde quand un mari trompe sa femme ? Ou pire, l'inverse ? Ça amène une honte à jamais sur la famille, que les autres sorciers peuvent utiliser à leur avantage.

Erin s'approcha de Narcissa et dit, en baissant la voix :

-C'est exactement ce qui est arrivé à la famille de Henwick, si tu veux tout savoir.

La blonde se tourna vers le garçon, qui la regardait toujours avec envie : elle comprit que son intérêt se limitait à reprendre une position plus élevée dans la société, et n'en fut que plus abattue :

-Tu es donc en train de me dire que Lucius pourrait se taper cette folle d'Elia Parkinson ici à Poudlard, car c'est lui qui détermine les règles mais qu'une fois dehors, il n'en sera rien car il aura un rôle à jouer, ainsi que moi, et que je n'ai cas prendre mon mal en patience, c'est ça ?

Cette fois-ci, Erin se tapa carrément sur la tête et se mit à secouer Narcissa :
-NON ! Je te dis que tout ça, ce n'est qu'illusion ! Alors prends conscience de ton pouvoir ! Tu crois que c'est pourquoi qu'Alfred bave sur ton décolleté ? Que Lucius se sente obligé de se rapprocher de cette vieille pie de Parkinson alors que Mulciber lui-même la convoite lorsque toi tu parles à Henwick ? Arrête avec tes peurs, l'issue sera toujours la même : toi et Lucius vous vous marierez, peu importe ce qu'il se passe ici. Tu veux que tes derniers mois à Poudlard soient un peu plus supportables ? Crée tes propres règles !

Une fois la haine tenace passée, la douceur de la vengeance devenue amertume face à son impuissance, Narcissa ressentit à nouveau une sensation nouvelle : le pouvoir. Elle prit soudain conscience du pouvoir qu'elle avait sur tous ces garçons qui se croyaient les rois, habillée telle qu'elle l'était. Elle était même persuadée que Mulciber lui-même n'y était pas indifférent. Elle se mit à se rendre compte du pouvoir et de la convoitise qu'inspirait son nom de famille, sa future position dans la société. Surtout, elle prit conscience du pouvoir qu'elle aurait à jamais sur Lucius, et qu'elle comptait bien asseoir dès l'instant même.

-Je crois qu'il est temps que l'on nous voit un peu plus, affirma Erin avec un sourire qui en disait long.

 

 

 

-Et alors comme ça, il te suffit de tourner dans l'autre sens, et ça donne une sonorité, c'est ça ?

-Exactement. Les gens pensent que c'est très difficile de s'occuper de la musique, mais je dirais que le plus difficile, c'est de savoir allier les goûts de tout le monde ! Sans avoir à écouter du Bizarr Sister's toute la soirée si tu vois de quoi je veux parler...

Cassidy rigola, mais se tarda bien de dire à Benjamin qu'elle adorait ce groupe. Le garçon semblait avoir des goûts musicaux moins connus, plus portés sur les sonorités des instruments et la qualité du son produit. Cependant, la musique qu'il passait depuis plusieurs heures semblait convenir à l'assemblée, puisque la jeune femme voyait les jeunes gens présents se déchaîner sur de vieux airs rock'n'roll. Benjamin n'avait pas bougé du tourne-disque de la soirée, semblant passionné par ce qu'il faisait. Cassidy était resté avec lui. Il avait de la conversation, il était intéressant, et il était plus beau que jamais dans sa chemise bleu jean. De plus, il fallait avouer qu'elle se sentait bien seule désormais que Dorcas l'avait envoyée balader. Cassidy ne comprenait absolument pas la réaction de la jeune femme et elle avait beau retourner la situation dans sa tête, elle ne voyait pas ce qu'elle avait pu faire de mal. Cependant, elle se sentait coupable, et déstabilisée. Dorcas était sa seule vraie amie. Qui aurait-elle si jamais elle la perdait ? Ça lui faisait plus peur que jamais. A la fois, elle en voulait à son amie : si elle avait un problème, elle pouvait toujours venir lui en parler. Ça aurait été aux yeux de Cassidy plus respectueux que de se décharger sur elle de cette façon. En reprenant une goutte de Bieraubeurre, qui avait été son alliée durant la soirée, la jeune femme vit une personne qu'elle n'avait absolument pas envie de croiser actuellement :

-Salut petite sœur ! Tu passes une bonne soirée ?

Cassidy le voyait à la manière non naturelle qu'avait eu James de la prendre par les épaules qu'il ne venait ici que dans l'unique but de prévenir Benjamin : ne touche pas à ma petite sœur. La jeune femme sentait que la situation allait très vite l'énerver. Le Serdaigle sembla lui aussi le remarqua, et eut un sourire ironique et arrogant qui lui parcourut le visage :

-Salut Potter. Belle soirée pas vrai ?

Cassidy trouva cela étrange que Benjamin appelle son frère par son nom de famille, et se sentit compte qu'une certaine inimitié s'était installé entre les deux garçons. En était-elle la cause ?

-Merveilleuse. Bon choix de musique ! D'habitude, c'est Franck qui le fait. On va dire que c'est... différent. Franck aime que la foule bouge, mais j'imagine que privilégier les conversations, ça a aussi du bon !

Cassidy sentait la tension monter d'un cran, et son frère la tenait toujours fermement par les épaules. Elle reprit une gorgée de boisson, incapable de dire quoi que ce soit.

-Oui, j'ai cru comprendre que Londubat avait des goûts plus... Simples. Apparemment comme toi. Mais je suis content que tu arrives à t'ouvrir à de nouvelles perspectives.

Benjamin reprenait du terrain et, à mesure qu'il le faisait, Cassidy sentait son épaule devenir plus douloureuse.

-Les goûts et les couleurs... A Gryffondor, on préfère l'action au bla-bla.

Ce fut au tour du Serdaigle de boire une gorgée, apparemment incapable de répondre. Bien que Cassidy trouvait cela plutôt drôle que les deux se battent ainsi, elle sentait que la situation pouvait très vite déraper, surtout au vu de la tension qui se dégageait de la force de James. Elle lui lança un regard entendu, auquel il répondit par un petit haussement d'épaules.

-Du moment que ça plait à la reine de la soirée, finit par dire Benjamin. Bien que je ne sois pas sûre qu'elle ait vraiment le temps d'écouter la musique, elle semble tellement prise...

D'une traite, James tourna la tête, les joues rouges. Cassidy suivit son mouvement et vit qu'en effet, Lily semblait relativement bien entourée : Amos et Jason semblaient se livrer à une guerre sans merci. Son frère serra son épaule si fort qu'elle fut obligée de lâcher un petit cri de douleur et de la lui enlever. Il la fusilla du regard, auquel elle répondit :

-A ce que j'ai vu, toi aussi tu étais bien entouré il y a quelques minutes.

James semblait hors de lui, il se tourna vers Benjamin et dit :

-Continue à faire ce que tu fais, après tout, c'est pour ça que tu as été invité. Quant à toi, tu viens, dit-il à sa sœur en l'entrainant plus loin.

Cassidy lança un regard d'excuse au Serdaigle, auquel il répondit par un rire moqueur et, non de plein gré, suivit son grand frère :

-Mais t'es malade ou quoi ?!

-Et toi alors ? A quoi tu joues avec ce Fenwick ? Ce type ce n'est pas quelqu'un de bien. Il te manipule simplement pour m'atteindre moi.

Cassidy eut l'impression qu'on lui poignardait le ventre. Déstabilisée, elle se tourna vers Benjamin, qui ne leur adressait pas un regard, et vers qui Irina Patil s'était déjà approchée. Elle eut soudain envie de pleurer. Son frère sembla le remarqua puisqu'il dit plus doucement :

-Je suis désolé, mais c'est la vérité. Lui et moi, on se cherche depuis toujours. Avec le Quidditch, les notes, la compétition entre maisons... Et toi, tu lui donnes exactement ce qu'il veut !

Cassidy ne savait plus : avec le garçon, elle avait eu l'impression de compter, que pour une fois, ça n'avait rien avoir avec son frère ou avec...

-Sirius est d'accord avec moi.

Soudain, la jeune femme sentit son corps se durcir. Elle comprenait maintenant, que ce n'était pas Benjamin qui avait un problème avec James, mais bien James et Sirius qui avaient un problème avec Benjamin. Les larmes qui menaçaient de s'échapper se transformèrent en une expression de colère non dissimulée :

-Et qu'est-ce que ça peut bien me faire, ce que tu penses de mes fréquentations ou pire, ce que Sirius en pense ?

-Arrête ça, j'essaye juste de te protéger...

-Oh que non ! Tu fais ça pour toi. Parce que Benjamin te fait de l'ombre. Parce que tu sens que d'autres personnes que toi peuvent plaire, et que tu n'es plus le roi de rien du tout. Et Sirius - elle cracha le nom - te pousse là-dedans parce qu'il est trop occupé à faire du mal à tout le monde autour de lui pour le faire lui-même.

-Cassy tu vas trop...

-Ecoute-moi bien, le coupa-t-elle, la colère ressentie auparavant explosant enfin, Sirius et toi, vous êtes les dernières personnes à pouvoir me donner des conseils sur mes relations ! Lui, son truc, c'est de prendre une fille, de la détruire et de passer à la suivante. Ton truc à toi, c'est d'être fou de Lily, mais d'être bien trop faible et trouillard pour l'avouer. Alors dis-moi, en quoi le fait que tu retournes vers cette folle dingue d'Emmeline te rend légitime à me donner des « conseils » ? Qui n'en sont pas vraiment qui plus est, puisqu'ils ne servent qu'à ta petite personne ! Bonne soirée.

En ne laissant aucune place à James pour répondre, Cassidy finit d'une traite sa Bieraubeurre, lança le verre à terre et partit rejoindre Benjamin, bien décidée à ce qu'Irina Patil ne sorte du tableau.

 

 

La sensation était étrange. Elle n'aurait pu la décrire autrement qu'ainsi. Ni complètement bonne, ni totalement mauvaise. Elle ne savait pas du tout à quoi rattacher les ressentis qui lui tiraillaient le ventre à présent. Elle ne savait pas du tout si elle ressentait quoi que ce soit. Son cerveau s'était éteint. Une petite voix dans sa tête se battait pour avoir de l'importance, pour pouvoir analyser ce qu'il venait de se passer rationnellement, faire du tri, faire coïncider ce malaise dans son ventre à un événement explicable, dont elle aurait pu parler. Mais actuellement, rien ne venait. Nelly se rhabillait, dans le silence, Remus à ses côtés qui en faisaient de même. Il y avait dans la cabane une lourdeur difficilement palpable. A la fois, les deux jeunes gens semblaient complètement perdus dans leurs pensées, et à la fois il semblait y avoir un espace indescriptible et infranchissable entre les deux. Nelly aurait voulu le franchir. Le prendre dans ses bras, lui faire un dernier baiser. Mais c'était impossible. Car actuellement, c'était cette sensation étrange qu'elle ressentait qui lui dictait quoi faire. Il lui était impossible de dire comment Remus se sentait. C'était fait : elle avait eu sa première fois avec Remus Lupin. Si elle était honnête envers elle-même, elle saurait que c'était quelque chose qu'elle avait attendu depuis très longtemps. Elle n'osait pas en parler, et souvent, lorsque ses amies abordaient le sujet, se sentait très gênée de son manque total d'expérience. Pourtant, lorsqu'elle avait rencontré Remus, elle avait su : il avait été son première vrai baiser, son premier petit-ami, et il était logique qu'il soit sa première fois. Cependant, rien ne s'était passé comme prévu. Sa petite voix rationnelle qui s'occupait d'organiser sa vie dans les moindres détails avaient imaginé la chose bien autrement : ils auraient appris à mieux se connaître, auraient été par étapes puis, après des mois de relations, auraient trouvé une date et un lieu ensemble afin de passer le cap. Rien de ce qu'il ne s'était passé le soir même n'avait été dans les plans de Nelly : la journée passée avec Lily, le fait de lui offrir son cadeau sans le faire directement, le fait de sauter sur Remus et l'embrasser à pleine bouche, le fait que le garçon le lui rende bien, le fait qu'ils se soient retrouvés dans cette cabane, et le fait que... La jeune femme frissonna. L'acte venait de se passer et pourtant, elle n'osait pas y penser. Simplement car, durant ce moment, sa partie rationnelle avait complètement lâché prise. Et ça lui faisait peur, de se dire qu'elle était capable de perdre le contrôle à ce point-là. S'il y avait une chose qui s'était passée comme elle se l'était imaginée, c'était bien Remus : il avait été doux, attentionné, avenant et semblait bien plus sûr de ce qu'il faisait qu'elle-même. Elle était presque sûre que si cette sensation dans son ventre n'était pas omniprésente, elle sourirait et rougirait de ce qu'il venait de se passer. Car ça n'avait pas été désagréable, c'était certain. Nouveau, un peu douloureux peut-être, mais à la fois plaisant et grisant. Mais ce n'était pas ce qu'elle avait prévu et le pire, c'était qu'elle n'avait personne avec qui le partager. Elle faisait exprès de retarder le moment où elle devrait affronter le regard de Remus, et mit plus de temps qu'il n'en fallait à retrouver son pull.

-C'est ça que tu cherches ?

Elle sursauta lorsque Remus lui toucha l'épaule et se défit immédiatement de son emprise. Pourtant, il était difficile d'avoir été plus proche d'elle que le jeune homme quelques minutes auparavant. Mais son toucher ne faisait qu'accentuer cette boule qui s'agrandissait dans son ventre. Elle lui sourit, et enfila rapidement son pull, alors que le garçon la regardait. Elle osa enfin affronter son regard : Remus semblait sincèrement perdu, et semblait avoir envie de la prendre dans ses bras. Il lui souriait avec gentillesse, et Nelly comprit que cette sensation, elle était la seule à la partager. Le jeune homme semblait plutôt léger, comme s'il planait. Elle lui retourna le sourire, et Remus l'embrassa. Ça lui fit à la fois du bien, car c'était plus supportable que de soutenir son regard, mais elle était incapable de retourner le baiser comme elle l'aurait voulu. Ça n'était pas tant que la sensation était désagréable, au contraire. Mais Nelly ne savait pas ce qu'elle ressentait, et c'était ce qui lui faisait le plus peur.

-Tu vas bien ? lui demanda-t-il en mettant une mèche de ses cheveux derrière une oreille.

Elle aurait eu envie de lui dire que oui, que c'était le plus beau moment de sa vie, qu'elle voulait tout reprendre à zéro, mais était-ce le cas ? Et surtout, le voudrait-il, lui ? Nelly sourit tout de même et acquiesça :

-Oui. Et toi ?

Remus eut le sourire le plus sincère qu'elle lui ait vu et dit :

-Parfaitement. Je suis désolé si j'ai été...

La jeune femme secoua la tête :

-Ne t'inquiète pas. C'était très bien.

Elle était sincère, ce qui était sûr, c'était que sa sensation n'avait aucun rapport avec ce que le garçon n'avait fait. Cependant, actuellement, l'unique chose qu'elle voulait était trouver quelqu'un qui pourrait la comprendre, et surtout, lui expliquer ce qu'il se passait.

-Eh bien... On devrait peut-être retourner à la fête, tu ne crois pas ? J'ai un peu abandonné les filles et...

-Pas de soucis, acquiesça Remus, qui semblait gentiment prendre conscience que la jeune femme et lui-même n'étaient pas sur la même longueur d'onde. Va devant moi, je te rejoindrai. Il faudrait peut-être que... Je fasse de l'ordre là-dedans.

Nelly hocha la tête, lui administra un dernier baiser frivole sur les lèvres, puis sortit de la cabane. Elle ne sut pourquoi, mais une larme tomba sur sa joue. Car la vérité était qu'elle n'avait personne avec qui en parler.

 

 

Elle gagnait toujours un peu plus de terrain, et Alfred l'aidait considérablement dans sa tâche. Désormais, ça lui était bien égal que Henwick ne fasse cela que pour gagner des points dans le monde des sorciers, ou bien parce qu'il attendait quelque chose en retour au vu de la manière dont il dévisageait son décolleté. Car Narcissa savait que rien de tout cela n'arriverait : il n'était qu'un moyen d'arriver à ses fins. Et Alfred Henwick n'était pas assez intelligent, et pas assez gentil pour qu'elle ne se fiche de ce qu'il pourrait ressentir s'il l'apprenait. Après tout, elle était persuadée que lui-même n'avait pas les intentions les plus pures envers sa personne.

-Alors comme ça, tu comptes reprendre le poste de ton père au Ministère ? dit-elle en faisant semblant de s'intéresser à la réponse.

Elle n'entendit même pas ce qu'il balbutia pour se donner l'impression que son père était quelqu'un d'important. Elle regarda Lucius, plus discrètement qu'elle ne l'aurait fait quelques heures plus tôt. Il semblait qu'elle apprenait vite. Son petit-ami, ou ex petit-ami - elle ne savait plus trop -, était toujours au côté d'Elia. Il avait cet air qu'elle lui connaissait si bien lorsqu'il voulait obtenir quelque chose de quelqu'un. Il savait pertinemment ce qu'il faisait, et même Elia tombait dans le piège. Mulciber n'était pas loin, et semblait guetter la situation, à la fois fasciné, et à la fois comme un juge : Narcissa sentit soudain le poids de son regard sur elle. Le garçon semblait la défier. Elle n'aimait pas Mulciber, et elle savait que c'était réciproque : il ne devait pas aimer grand monde, et surtout pas les femmes. Cependant, pour une fois, elle soutint son regard. Car Narcissa semblait comprendre ce qui se tramait là-derrière : il était évident que Mulciber avait fait d'Elia sa nouvelle proie, et la blonde était persuadée que s'il l'avait réellement voulu, même Lucius aurait cédé. Lucius était le chef de la bande, car sa famille était plus puissante. Mais Mulciber, personne ne lui dictait sa conduite, pas même Lucius. Narcissa le savait, et elle savait que son petit-ami le sentait aussi. Elle comprenait donc que Mulciber se délectait trop de la scène qu'il avait sous les yeux pour aller reprendre sa place auprès d'Elia. Il la défiait du regard : que vas-tu faire pour monter le jeu d'un cran ? La jeune femme se tourna soudain vers Alfred, qui menaçait de la tuer d'ennui, et le coupa :

-Tu m'excuses ? Il faut que j'aille voir quelqu'un.

Elle trouva Erin un peu plus loin. Celle-ci était en train de jouer de ses charmes devant Evan Rosier, qui semblait sur le point de craquer. Narcissa hésita. Elle ne voulait pas empêcher son amie d'apprécier sa soirée, mais elle sentait que Mulciber, et peut-être même Lucius, ne l'avaient pas lâchée du regard. Elle tapa donc sur l'épaule de la jeune femme :

-Il faut que tu viennes, lui dit-elle.

Erin lui lança un regard lourd de reproches, puis une idée sembla soudain traverser son esprit :

-Excuse-moi, mais ma copine et moi, il y a quelque chose que l'on doit faire.

Evan eut un sourire entendu et haussa des épaules : il savait qu'Erin reviendrait. Narcissa regarda le jeune homme : elle comprenait ce que son amie lui trouvait. Rosier était séduisant, peut-être un peu plus mystérieux que les autres de sa bande. Un peu moins dangereux aussi, si elle y pensait. Mais il était sûr de lui. Et c'était sans doute cela qu'Erin appréciait.

-Il faut que tu m'aides, lui dit soudainement Narcissa, prête à perdre le contrôle sur la situation.

-Ne t'inquiète pas, j'ai exactement ce qu'il nous faut.

La jeune femme lui pointa quelque chose du doigt, que Narcissa suivit du regard : à quelques mètres, sur l'une des tables qui auparavant avait servi à poser les verres vides se tenaient le groupe de filles à qui elle avait parlé en début de soirée. Elles se déhanchaient sur la musique, et il semblait qu'un attroupement de garçons étaient venus s'agglutiner, comme lors d'un spectacle au cirque. Narcissa n'eut que plus de répulsion pour ces filles : elles n'avaient donc aucun respect ni pour les autres, ni pour elle-même. Puis elle se tourna vers Erin et, en prenant compte de l'horreur de la situation, ouvrit grand les yeux :

-Tu ne crois quand même pas que je vais les rejoindre ?! dit-elle, asphyxiée par la proposition muette de son acolyte.

-Tu as tout compris, dit Erin avec un sourire. On va aller les rejoindre.

-Alors là, c'est hors de question. Ces filles sont pitoyables, vulgaires, et regarde comme ils les regardent tous ! C'est absolument...

-Génial ! s'écria Erin. Lucius sera obligé de bouger de son canapé et de sa Parkinson pour venir à ton secours, et pour montrer son territoire. Si tu montes sur cette table, tu gagnes Black !

Narcissa eut des frissons désagréables. Elle regarda une dernière fois Lucius : il s'était encore rapproché d'Elia et semblait croire que la partie était gagnée. Puis il y avait Mulciber, qui la défiait toujours du regard. Elle planta ses yeux dans ceux du jeune homme et dit, déterminée :

-Allons gagner cette bataille, Erin.

Son amie tapa dans les mains, excitée, puis la prit par le bras et se fit une place dans la foule. Au passage, Narcissa attrapa un verre à la volée et le but d'une traite. Elle regretta au vu de l'amertume qui lui brûla la trachée, mais ça lui donna le courage nécessaire pour faire ce qu'elle souhaitait. Erin monta la première et, gênée par ses hauts talons, Narcissa reçut de l'aide d'elle ne savait qui pour en faire de même, qui ne se gêna pas de pousser sur ses fesses. Gênée, elle se sentait soudain prise dans un guet-apens duquel elle ne pourrait jamais sortir. Elle était sur la table, les filles se déchainant à ses côtés, certaines lui descendant le long du corps. Narcissa n'était pas des plus tactiles, et toutes ses émulsions à ses côtés la rendait mal à l'aise. Elle eut envie de partir en courant, de se laver, de ne jamais revenir. Mais Erin l'obligeait, par sa pression dans sa main, à rester. Pendant quelques secondes, Narcissa eut de la peine à respirer, et se demanda si elle allait pouvoir rester longtemps ainsi. Elle eut envie que Lucius vienne, la sauve de là, lui dise que ça allait aller et qu'elle était la seule pour lui. Erin sembla ressentir le malaise de la jeune femme et, pour couvrir le bruit, lui cria à l'oreille :

-Ça marche, il te regarde. Alors oublie le reste et amuse-toi !

Narcissa jeta un coup d'œil à Lucius, qui la regardait non pas comme s'il voulait la sauver, mais comme s'il était hors de lui. Il semblait l'avertir du regard. Soudain, le reste du monde, les filles déchainées, les garçons avides d'en voir plus, d'en toucher plus, n'existait plus. Elle se tourna de sorte à ce que son dos fut la seule chose que Lucius ne voie, prit les bras que lui tendait Erin, et se mit à sauter en l'air sur la musique, à se déhancher, à faire bouger ses cheveux, à rigoler. C'était une sensation nouvelle : cette impression - fausse sans doute, mais qui comptait - de liberté. De pouvoir faire ce qu'elle voulait : car aucune de ces filles ne serait jamais elle, aucun de ces garçons ne l'aurait jamais. Elle se déhancha plus qu'elle ne l'avait jamais fait, et elle se prit à aimer ça : elle riait à gorge déployée, faisait valser ses cheveux dans les airs, donnait le rythme aux autres filles présentes. Soudain, ce qu'elle souhaitait depuis le début de la soirée se passa : Lucius se leva. Elia semblait lui avoir murmuré quelque chose à l'oreille, mais le garçon l'avait repoussée. Narcissa remarquait que Mulciber ne bougeait pas : il se délectait de la situation, de voir le chef de sa bande perdre le contrôle. Il ignora lui aussi Elia lorsqu'elle se rapprocha de lui. Il voulait voir l'issue de ce qui était en train de se passer. Narcissa lui lança un regard à glacer le sang et s'infiltra un peu plus au milieu de la foule de filles en délire, afin de rendre la tâche de Lucius le plus compliqué possible. Elle le perdit momentanément de vue, jusqu'à ce qu'elle ne sente une main sur son mollet. Elle s'agrippa à Erin, en pensant que Lucius voudrait la faire tomber. Cependant, la pression sur son mollet n'était pas dure, mais plutôt... Sensuelle. La vue lui fut bloquée par une de ces filles qu'elle détestait temps. Très vite, elle sentit la pression devenir plus imposante : elle lui montait derrière les genoux, puis entre les cuisses. Narcissa se demandait à quoi Lucius pouvait bien jouer : il était censé être hors de lui. C'était peut-être pour la déstabiliser. Elle s'apprêtait à lui dire que ça ne se passerait pas comme cela lorsque, une fois la vue dégagée, elle se rendit compte que ce n'était pas Lucius qui la tenait fermement par la cuisse. C'était Avery : ses yeux étaient plus vicieux que jamais. Il ne sembla pas le moins du monde gêné. Au contraire, il semblait penser que Narcissa aimait cela. Plus horrifiée que jamais, la blonde tenta de se dégager de l'emprise du jeune homme, mais cela n'eut pour unique conséquence qu'Avery resserra sa prise sur elle. Son regard changea : il semblait lui montrer qu'elle n'avait pas le choix. Bien qu'elle fut plus entourée que jamais, Narcissa eut la peur de sa vie. Elle se sentait agressée dans son for intérieur. Elle voulut lui mettre un coup de pied, mais la main du garçon l'en empêchait.

-Pousse-toi ! hurla-t-elle à son encontre.

Avery eut un rire mauvais :

-Comme si tu n'attendais pas que ça.

Le Serpentard monta encore un peu plus sa main, jusqu'à ce que... :

-Je peux savoir ce qu'il se passe ici ?!

Lucius avait réussi à se frayer un chemin parmi la foule, qui semblait plus déchainée que jamais désormais qu'Erin avait attrapé Rosier par le col pour le faire monter sur la table. Fort heureusement, cela permettait que la vue de Narcissa, Lucius et Avery soit partiellement bloquée aux autres Serpentards de la salle, et surtout à Mulciber. Avery avait enlevé sa main comme s'il avait été brûlé au fer rouge.

-Elle avait besoin d'aide pour descendre, dit-il avec plus d'aplomb que Narcissa l'en croyait capable.

Lucius les fusillait du regard, mais c'était vers elle que sa rage était dirigée. Le pouvoir, la confiance et la liberté qu'elle avait senti quelques secondes auparavant venaient de s'envoler en fumée. Elle aurait eu envie de pleurer. De tout raconter à Lucius, de frapper Avery. Mais une boule dans sa gorge venait l'en empêcher. Le regard brûlant de haine et de dégoût que son petit-ami lui lançait l'en empêchait. Les yeux d'Avery, qui, derrière Lucius, lui lançait ce vicieux sourire empli de sous-entendus l'en empêchait. Les yeux de Mulciber, qui avait réussi à se faire lui aussi une place pour regarder la scène, l'en empêchait. Son regard dériva vers Erin : elle aurait pu l'aider, mais elle était en train d'embrasser Rosier à pleine bouche, à genoux sur la table pour l'atteindre. Les autres filles seraient bien trop contentes de la voir flancher. Afin de minimiser les dégâts et incapable de s'avouer vaincue, Narcissa ravala la bile qu'elle avait au fond de la gorge et dit, amère :

-Je n'ai besoin de personne pour descendre d'ici, vous pouvez retourner à vos petites affaires.

Plus habile qu'elle n'était montée, la jeune femme descendit avec grâce de la table, poussa au passage l'épaule de Lucius, évita le plus qu'elle le put Avery et monta les escaliers de la salle commune, souhaitant attendre d'être seule dans son lit pour laisser les larmes s'échapper. A peine quelques marchées montées, elle sentit un bras l'attraper et un cri lui échappa tandis que son cœur menaçait de sortir de sa poitrine. Elle se retourna, prête à en découdre avec Avery, pour découvrir que c'était Lucius qui la retenait. Bien que le garçon semblait toujours fou de colère, elle fut soulagée.

-Tu ne crois tout de même pas t'en tirer comme ça ?!

-Lâche-moi.

Elle essaya de se défaire de l'emprise du garçon, mais celui-ci resserra sa main.

-Tu me fais mal, dit-elle, les larmes aux yeux.

Lucius desserra immédiatement ses doigts, mais la garda tout de même près de lui.

-Suis-moi, lui dit-il.

En la tenant toujours par le bras, il l'emmena vers son dortoir à lui, qu'il ferma et d'où il lança un sort d'Assurdiato. En se tournant vers elle, il lâcha enfin sa main.

-Je peux savoir ce qu'il te prend ?! C'était quoi ça ?

Il semblait hors de lui, et avançait dangereusement vers elle. Narcissa n'aimait pas le voir ainsi, mais elle n'avait peur de lui. Elle ne ressentait pas ce malaise et cette impuissance qu'elle avait ressentis avec Avery. Cependant, elle ne voulait pas non plus s'avouer vaincue.

-Je ne vois pas de quoi tu parles, dit-elle en essayant de se libérer du garçon.

Celui-ci la repoussa et l'accula contre le mur, les deux bras de part et d'autre de son visage, afin de l'obliger à le regarder dans les yeux.

-Tu sais très bien de quoi je veux parler. Tu savais très bien ce que tu faisais, là en-bas.

Narcissa fut momentanément ravie. Lucius n'avait plus envie de jouer. Parce que c'était elle, qui avait gagné. Cependant, le sentiment de victoire était teinté de ce qui venait de se passer. Narcissa se rendit compte que la vengeance était aussi éphémère que la joie, aussi illusoire que le pouvoir. Elle se rendit compte que ça ne lui faisait pas autant de bien que ce qu'elle aurait pensé.

-J'ai voulu m'amuser. C'est interdit ?

-C'est ça. C'est à cause de cette Erin ! Elle a une mauvaise influence sur toi et tu ne le remarques même pas.

-Bien sûr, parce qu'il faut forcément que je sois influencée par quelqu'un pour agir comme je le fais ?

Lucius ne répondit pas, mais elle savait bien qu'il n'en pensait pas moins. C'était ce que tout le monde pensait.

-Eh bien détrompe-toi, je suis capable de faire mes propres choix, dit-elle en le repoussant sur le torse pour se défaire de son emprise.

Mais Lucius ne l'entendait pas de cette façon : il la repoussa à son tour contre le mur :

-Tu ne t'en tireras pas comme ça. Personne ne me fait quelque chose comme ça et s'en tire, dit-il, plus menaçant que jamais.

-Pourquoi ? Sinon tes amis diront que tu n'es plus le chef ? Ou parce que Mulciber t'a susurré l'idée ? répondit Narcissa, étonnée de son audace et de son ton moqueur. Alors, qui est influencé par les autres ?

Lucius se rapprocha pour n'être plus qu'à quelques centimètres du visage de la blonde, plus menaçant que jamais.

-Arrête ça, Narcissa. Tu as prouvé que tu savais jouer, bravo. Mais c'est terminé. Je n'ai besoin de personne pour me susurrer des choses à l'oreille, et personne ne me donne ma place de chef. Je le suis ! Et, que tu le veuilles ou non, tu seras ma femme.

Son ton avait haussé, et Narcissa se rendit compte que le jeune homme prenait cette histoire très au sérieux. Elle se rendit compte que ce qu'ils ressentaient était bien plus similaire que ce qu'elle n'avait pensé.

-Tu dois arrêter de voir cette Erin. Ce n'est pas quelqu'un de bien. Pas quelqu'un d'important. Elle a une sacrée réputation. Tu ne peux pas te permettre de te faire voir avec quelqu'un comme ça.

-Tu crois peut-être que j'aime tes amis ? Je les déteste.

Elle avait craché cela. Elle aurait aimé le lui dire, mais la vérité, c'était que Narcissa ne savait pas si Lucius allait la croire. S'il allait faire quoi que ce soit face à Avery. Et elle ne pouvait prendre ce risque. Parce que ça la détruirait. Le garçon sembla momentanément déstabilisé, et, lorsqu'il reprit la parole, sa voix s'était adoucie :

-Je sais qu'ils ne sont pas toujours des plus malins. Mais on s'en fiche, tu n'as pas à les aimer. Et ne t'inquiète pas, aucun d'entre eux n'oserait dire quoi que ce soit sur toi.

Narcissa fut surprise : c'était la première fois qu'ils avaient ce genre de conversation. Elle se rendit compte qu'elle avait eu tort : Lucius la défendait.

-Mais ce que tu as fait, je ne peux pas l'accepter.

-Et toi alors ?! J'espère que Mulciber n'était pas trop déçu de voir que tu étais devenu le petit-ami officiel d'Elia Parkinson ?

Lucius respira et l'ombre d'un sourire passa sur son visage :

-Elia Parkinson ? Vraiment ? Tu sais pertinemment qu'il ne se serait jamais rien passé.

La boule que Narcissa avait dans la gorge descendit d'un seul coup, ainsi que ses épaules lorsque son ventre se détendit enfin : Lucius ne l'aurait pas trompée. Il ne l'avait fait que pour se venger, pour jouer. Et elle avait réussi à réduire le score. Pendant quelques instants, les deux ne dirent rien. L'ambiance semblait à la fois moins menaçante, mais plus tendue que jamais. Lucius la regardait toujours, mais cette fois-ci, il semblait la dévorer. La jeune femme commença à paniquer : elle savait que s'ils allaient sur ce terrain-là, il reprendrait toute l'avance qu'elle avait pu avoir ce soir-là. En même temps, il lui avait prouvé qu'il tenait à elle. Et puis, il fallait avouer qu'il était plus que séduisant, dans sa chemise blanche... Elle ravala sa salive, et dit d'une voix peu assurée :
-Je ferais mieux de partir.

Elle fit le geste, mais sut parfaitement ce qui allait se produire : Lucius lui attrapa le bras, bien plus doucement que précédemment et, encore une fois, la ramena à lui. Il colla son corps au sien et Narcissa sentit sa respiration se resserrer. L'une de ses mains tenait toujours son bras, puis, de son autre, Lucius lui caressa les cheveux et lui passa une mèche derrière l'oreille, à laquelle il vint murmurer :

-Je ne dis pas que tu ne peux pas t'habiller et danser comme ça.

Il la regarda à nouveau, puis vint murmurer à son autre oreille :

-Mais ça ne doit être que pour moi.

Soudain, il lui mordit le cou et la tension que Narcissa avait ressenti, la peur, la liberté, la colère, tout cela n'existait pas, ou plutôt, venait exploser dans son bas-ventre. Elle avait besoin de lui, et il avait besoin d'elle. Surtout, ils avaient besoin de ne faire qu'un. La jeune femme s'agrippa à ses cheveux pour ne pas tomber, et le rythme s'accéléra : Lucius l'embrassait toujours dans le cou, puis, soudain, ses mains lui enlevèrent son haut. Elle pouvait ressentir le désir et l'empressement dans la lueur de ses yeux lorsqu'il la découvrit en sous-vêtements. Il s'empara ensuite de sa bouche, et Narcissa lui rendit le baiser. Ils étaient collés l'un à l'autre, mais elle le voulait encore un peu plus à elle. Elle le pressait contre son corps chaud, exultant. Elle avait même monté l'une de ses cuisses pour l'enrouler autour du jeune homme. A son tour, elle le pressa de se déshabiller. Il était magnifique, et il était à elle. Surprise de son initiative et de ce qu'elle ressentait à l'heure actuelle dans son corps, Narcissa planta doucement ses ongles dans le dos du jeune homme, incapable de contenir tout ce qu'elle ressentait. Alors que l'atmosphère menaçait d'exploser, le garçon, en quête de retrouver son souffle, s'arrêta quelques instants. Il la regarda de haut en bas, et la blonde pouvait sentir qu'il la voulait, plus que tout. La tension de son corps retomba quelque peu et, essoufflée, elle laissa tomber ses jambes et ses bras. Lucius se mordit la lèvre et, avec un sourire qui en disait long, passa sa main sur le ventre de la jeune femme, sur sa poitrine. Il laissa tomber l'une de ses bretelles. Il suivait chacun de ses mouvements avec son regard, que Narcissa ne lâchait pas. Puis il monta sa main vers son cou et la laissa poser là, sans le tenir, sans serrer. Il la regarda dans ses yeux et dit :

-Tu es à moi.

Narcissa sourit, et, soulagée de pouvoir relâcher la pression, de pouvoir laisser les sentiments qui l'avaient torturée derrière elle, d'arrêter le jeu. Elle acquiesça, et les deux corps reprirent leur danse folle.

 

Note de fin de chapitre :

Et voilà! J'espère que vous avez eu autant de plaisir à la lire que j'ai eu à l'écrire ;-) La suite arrivera assez rapidement! Avec encore bien des surprises!

 

A bientôt pour un nouveau chapitre :)

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