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News

127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Insoumis par SunonHogwarts

[8 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Participation au projet Siriusly awesome, organisé à l'occasion des 57 ans de Sirius par la Black Company


Contraintes :
- Le but est de mettre à l'honneur une qualité de Sirius Black (courageux, joueur/blagueur, aventureux, rebelle/insoumis/contestataire/révolté, beau, fougueux, intelligent, instinctif, bon vivant, loyal, affectueux, résistant, libre)
- L'attribution des qualités se fait au hasard en indiquant à la suite de ce post un numéro compris entre 1 et 13
- L'attribution de l'époque se fait également par le biais du hasard (enfance, Maraudeurs/Poudlard, Première guerre, Azkaban, cavale, Grimmaurd)
- Vous avez le droit à trois tirages
- Il est interdit d'écrire sur un souvenir de jeunesse. Il faut écrire sur l'époque qui vous sera attribuée
- Pour rendre le projet plus excitant, chacun doit garder secrètes la qualité sur laquelle il est censé écrire, ainsi que l'époque
- Les textes sont à poster pour le 3 novembre
- OS, drabbles, -16, -18, tout est accepté !
- Vous devez me donner deux numéros : un compris entre 1 et 13 qui vous attribuera une qualité, un autre compris entre 1 et 6 afin de connaître l'époque sur laquelle vous allez écrire

Epoque : 11 ; qualité : 3

Un gigantesque merci à Catie pour sa relecture et ses conseils ♥


Sarahlis sur DA,
montage par Fleur
Les derniers rayons du soleil d’automne s’accrochèrent aux feuilles orangées des arbres, et au loin, l’aboiement d’un chien se mêla un instant au bruissement du vent contre les pavés. Sur la petite place ronde, seul le grand chêne, dont les racines fissuraient depuis longtemps déjà le sol, semblait respirer. A ses pieds, un épais tapis de feuilles rouges s’accumulait, emporté peu à peu par le vent vers les rues perpendiculaires.

Un souffle passa en murmurant et, dans un sursaut, une feuille dorée s’envola pour se mêler au chant de la brise. Le chuchotement presque silencieux du courant l’emporta un peu plus loin, l’emmena dans une ruelle déjà plongée dans l’ombre, la porta le long d’une maison doucement éclairée par des bougies flottantes, la fit tourner sur elle-même, danser, bondir, glisser, pour finalement la déposer sur un pavé un peu tordu. La rue était déserte, vide à l’exception d’un chat tigré qui sautait souplement d’un muret pour atterrir sur le sol. Seules les ombres derrière les fenêtres, passant d’une pièce à l’autre, étrange ballet silencieux, animaient quelque peu le village.

Le chat reprit sa marche, bondissant gracieusement d’un pavé à l’autre, le poil légèrement dérangé par le doux vent de la mi-octobre. Il s’arrêta un instant près de la feuille, sans même lui accorder un regard. Sa queue frémit imperceptiblement, et il jeta un coup d’œil par-dessus son épaule. L’air désinvolte, il s’assit pour se lécher la patte, la passa sur ses oreilles, et se remit debout. Sans plus attendre, il fit un pas en avant.

La feuille frémit. La patte du chat s’y accrocha et, dans un souffle, elle fut entraînée dans son sillage.

Une brise chaude la traversa, le temps d’une demi-seconde, et elle se posa à nouveau. Derrière elle, il y’avait toujours la même rue, le même soleil mourant, les mêmes maisons doucement éclairées, le même pavé un peu tordu. Devant elle, en revanche, tout avait changé.

Au lieu de la rue qui continuait en sillonnant et se perdait dans une obscurité épaisse, il y’avait un jardin, un portail en fer forgé, des fleurs soigneusement plantées. Un perron couvert, une porte en bois, de grandes fenêtres d’où s’écoulait la lumière de dizaines de bougies. Un toit de brique, une cheminée fumante, un chemin en terre qui menait jusqu’à de petites marches. Et des voix, des éclats, des discussions mélodieuses, des rires et des intonations plus sérieuses.

D’un simple bond, le chat se hissa sur le petit mur et en moins de temps qu’il ne faut pour dire « animagus », il fut dans le jardin. Il évita les plants de roses sans même les regarder, rebondit sur l’herbe fraîchement coupée, et trottina jusqu’à la porte.

Le battant s’ouvrit sans bruit, et le professeur McGonagall replaça ses lunettes d’un geste rapide. D’un mouvement de sa baguette, elle arrêta le sortilège de protection avant qu’il ne se déclenche et accrocha son chapeau au porte-manteau. Puis elle toqua sèchement contre la deuxième porte, et attendit que le judas découpé dans le bois s’ouvre.

« Professeure ! S’exclama Potter. Vous voilà ! »

Il commença à faire coulisser la porte, mais la professeure l’arrêta d’un regard.

« Ah oui… Soupira-t-il avec une moue. Mot de passe ?
- Patacitrouille », répondit McGonagall en pinçant les lèvres.

Il y’avait bien des années qu’elle s’était rendu compte que, malgré ses nombreux talents et ses exploits, Albus n’avait absolument aucun don pour inventer des mots de passe.

Le panneau s’ouvrit en bloquant légèrement, et un James Potter aux cheveux encore humides apparut sous ses yeux.

« Vous arrivez pile à l’heure pour la soupe ! » S’exclama-t-il en lui faisant signe de le suivre.

McGonagall lui emboîta le pas, et la douce odeur d’un potiron en train de cuire s’engouffra dans ses narines. Dans la cuisine, deux immenses casseroles frétillaient sur le feu, surveillées de plus ou moins près par McDonald et Fortescue, qui semblaient plus intéressées par leur conversation. La professeure laissa Potter les rejoindre et tourna vers la salon. Avachies sur un canapé, Meadowes et Abbot lisaient des romans aux couvertures colorées. Près du feu, McKinnon écoutait attentivement ce que Pettigrow était en train de lui raconter. Sur un rebord de fenêtre, Evans, Keil et Kirstey chuchotaient inlassablement, un sourire au coin des lèvres. Dans la pièce adjacente, Lupin et Thomas finissaient de mettre la table. Des livres s’empilaient en équilibre précaire sur le manteau de la cheminée et, partout, des bougies flottaient allégrement au-dessus des anciens élèves.

McGonagall se fraya un passage en saluant ceux qui la remarquait, passa dans la salle à manger, tourna dans le couloir, et monta l’escalier qui se perdait vers le premier étage. La lumière était moins dense, plus douce, et le brouhaha parvenait comme étouffé à travers le plancher. A droite, la porte de la chambre d’Augusta était fermée. Minerva supposa qu’elle était quelque part en bas, en train d’aider, comme souvent. Juste à côté, la porte de l’ancienne chambre de Frank annonçait toujours « Interdit aux gobelins et aux trolls ». L’inscription était accompagnée d’un dessin enfantin, fait sûrement le lendemain d’un cauchemar. Minerva soupira légèrement, pensant que l’époque où les cauchemars finissaient lorsque les enfants ouvraient les yeux, chassés par les rayons clairs du soleil, était bel et bien révolue.

Un murmure régulier parvint à ses oreilles et elle se tourna instinctivement vers l’autre porte. Celle qui renfermait tous leurs problèmes, celle derrière laquelle ils laissaient leurs plans, leurs informations, les affiches sinistres des mangemorts soupçonnés.

McGonagall redressa le dos et, en quelque pas, atteignit le rayon timide qui balayait le sol du couloir. La porte s’ouvrit silencieusement, et la phrase de Maugrey se suspendit dans les airs.

« Minerva, grommela-t-il -elle avait appris à ne plus le prendre pour elle, elle ne se rappelait pas l’avoir jamais entendu parler autrement.

- Alastor. »

Elle jeta un regard rapide à la pièce. Assis sur leurs chaises, Potter père et Doge lui adressèrent un signe de tête poli. Debout de l’autre côté de la table, appuyé sur une chaise, Black ne sembla même pas la remarquer. Minerva fronça les sourcils et lança un regard soupçonneux à Alastor. Que faisait Black ici alors que tous ses camarades étaient en bas, à mettre de côté les soucis de la guerre ?

Voyant qu’Alastor ne semblait pas décidé à lui rendre son regard, elle se tourna vers Fleamont et haussa encore un peu plus les sourcils. L’aurore poussa un profond soupir et eut un geste impuissant.

« Sa cousine, commença-t-il. Nous pensions qu’il devait être tenu au courant… Histoires de famille…

- Oh, pour l’amour de Merlin, interrompit Maugrey en faisant sursauter Elphias. Bellatrix Lestrange a torturé un couple de moldus cet après-midi ! Nous avons prévenu le gamin, c’est tout. »

Minerva remonta lentement ses lunettes sur son petit nez, et Fleamont sentit tout de suite qu’ils allaient subir ses remontrances.

« Puis-je savoir en quoi les actes de sa cousine concernent monsieur Black ?

- Elle n’a jamais démontré autant de cruauté, Minerva, souffla Doge en faisant grincer sa chaise. Elle a déjà torturé, elle a déjà fait des horreurs, mais jamais… Par Merlin. »

Il s’interrompit, jeta un regard nauséeux aux photos du dossier qu’il tenait ouvert devant lui, et le repoussa d’un geste dégoûté. Minerva passa un coup d’œil rapide sur la pochette et détourna le regard tout aussi vite. D’une main fine, elle referma la chemise sèchement.

« Ce n’est pas ma question. »

Un petit silence s’installa, mais Minerva attendit patiemment qu’on lui réponde. Elle fixa les trois hommes les uns après les autres, d’un regard dur.

« Pas la peine de vous énerver, marmonna Alastor. Le gamin doit voir ce que fait sa famille. »

Minerva eut un hoquet outré et lança un regard horrifié sur la pochette fermée.

« Vous ne lui avez pas montré les photos ? Alastor ! »

Fol Œil grommela quelque chose dans sa barbe, et Minerva fixa ses pupilles de plus en plus noires sur Potter.

« Fleamont ! Dites-moi que vous ne lui avez pas montré ça !

- Ils lui avaient déjà montré quand je suis arrivé, Minerva, expliqua-t-il sans détourner le regard. Jamais je n’aurai infligé un tel spectacle à Sirius. Vous le savez. »

Minerva émit un claquement de langue agacé.

« Alastor, siffla-t-elle. Comment avez-vous pu... »

Elle s’arrêta, se reprit et incendia Maugrey et Doge du regard.

« Nous sommes en guerre, professeure, dit Elphias avec un petit mouvement de la main. Vos élèves ne sont plus à Poudlard, ils sont au QG de l’Ordre. Ils sont nos soldats, et ils connaîtront la bataille, la douleur et la mort. Il est temps de le leur apprendre. »

Si elle était déjà outrée, Minerva n’avait pas atteint le summum de sa fureur. Doge l’apprit à ses dépens lorsqu’il vit ses pupilles s’enflammer sous ses lunettes.

« Personne ne caresse l’illusion qu’ils seront épargnés par la guerre, Elphias, clama-t-elle d’un ton si sec que Sirius, qui était jusque-là resté immobile, sursauta et porta son regard sur elle. Mais personne ne veut non plus les traumatiser en leur montrant des choses qu’ils n’ont pas besoin de voir. Non, Alastor, coupa-t-elle en le voyant ouvrir la bouche. Sirius n’a pas besoin de connaître les moindres faits et gestes de sa cousine. Il est de notre devoir, en tant qu’adultes responsables – elle appuya sur le dernier mot en fixant Maugrey par-dessus ses lunettes- de décider ce qu’il est bon ou non de dire à nos jeunes. Suis-je claire ? »

Seul le silence lui répondit.

« Très bien. Venez, Black. Vos amis se détendent en bas, et il n’y a pas de raison que vous restiez ici une seconde de plus. »

Sirius lança un regard à Fleamont qui approuva doucement, un petit sourire au coin des lèvres, et il emboîta le pas à sa professeure sans ajouter un mot. La porte claqua sèchement et Sirius sursauta à nouveau. Il regarda McGonagall s’arrêter au haut de l’escalier, se pincer l’arête du nez, et remonter ses lunettes. Puis elle dirigea ses yeux sur lui et un de ses rares sourires plia le coin de ses lèvres.

« Je suis désolée que vous ayez vu ça, Black. »

Sirius la fixa un instant sans rien dire, toujours sonné par ce qu’il venait de se passer.

« Je- »

Le sourire de Minerva s’agrandit. De toutes les longues années où elle l’avait côtoyé, c’était la première fois qu’elle réussissait à le faire taire. Si elle n’avait pas été si outrée, elle aurait pu ressentir un certain sentiment de victoire.

« Allez rejoindre vos amis, reprit-elle. Au vu de l’heure qu’il est, je dirai que vos camarades sont en bas depuis une bonne demi-heure déjà. Potter doit commencer à paniquer de ne pas vous trouver dans son champ de vision. »

Sirius ouvrit la bouche pour dire quelque chose, et la referma aussitôt. Il cligna des yeux à plusieurs reprises, comme s’il essayait de déterminer si son ancienne professeure venait bel et bien de faire de l’humour. Celle-ci ne lui laissa pas le temps de choisir une réponse, et lui indiqua l’escalier d’un air qui ne souffrait aucune contradiction. Sans un mot, Sirius passa à côté d’elle, le cerveau toujours embrumé. Par les propos de Maugrey, par les photos qui ne cessaient de lui revenir en flash, par la folie grandissante et dévorante de sa cousine.

Un frémissement désagréable lui parcourut la colonne vertébrale, et sa main se figea sur la rambarde. Sa cousine. Il détestait cette situation. Il détestait porter le même nom de famille qu’elle. Il détestait que le même sang coule dans leurs veines. Il détestait ses souvenirs d’enfance, l’écho de son rire aux repas de famille, l’éclat glacial de ses yeux de l’autre côté de la table. Il détestait les images que ses meurtres laissaient en lui, comme marquées au fer rouge sur ses paupières. Il la détestait, elle. Parfois, lorsqu’il regardait dans le miroir, il détestait rencontrer ses yeux gris, si caractéristiques de la noble et pure lignée des Black.

« Professeure ? Appela-t-il, un peu plus fort qu’il n’aurait voulu.

McGonagall se retourna vers lui et plongea ses yeux verts sur son visage inquiet. A nouveau, elle eut un froncement de sourcils et, en silence, l’encouragea à parler.

« Je... »

Gêné, il se racla la gorge, et son regard se fit fuyant. McGonagall attendit patiemment qu’il se décide à relever le visage vers elle et que les mots sortent de sa bouche.

« Je veux savoir. »

Tout d’abord, elle ne comprit pas. Ses traits tirés, l’éclat inquiet de ses yeux, l’hésitation dans sa voix, tout cela ne ressemblait pas au Sirius Black qu’elle connaissait. Pendant un instant, la pensée affreuse que la guerre avait déjà commencée à les changer s’insinua dans son esprit, et elle fut prise d’une nausée qui l’obligea à s’appuyer sur la rambarde.

« J’ai envie de savoir ce qu’elle fait. Ce qu’elles font. Est-ce que… »

La voix de Sirius mourut dans sa gorge, et seuls ses yeux continuèrent à s’exprimer.

« Est-ce que c’est normal, professeure ? Est-ce que c’est normal de vouloir savoir ce qu’elles font alors que je suis censé avoir fui ? Est-ce que c’est normal de vouloir savoir ce que devient Narcissa, quelle nouvelle folie a empoisonné l’esprit de Bellatrix, ce qui se passe entre les murs de Square Grimmaurd  ? Est-ce que ça veut dire que je m’intéresse à eux, que je leur suis lié ? Est-ce que ça veut dire que mon nom me condamne ? Est-ce que je suis irrémédiablement un Black ? »

Minerva replaça à nouveau ses lunettes sur son nez, et un éclat féroce passa dans ses yeux.

« Votre nom n’est pas votre personnalité, Black. Rien, ni sang, ni parents, ni arbre généalogique, ne peut déterminer ce que vous êtes, ou ce que vous n’êtes pas. Vos choix vous appartiennent, ceux de votre famille leurs appartiennent. Tout comme ils renient les vôtres, vous n’avez pas à porter le poids des leurs. Alastor et Elphias n’auraient pas dû vous montrer ces photos, et même si vous l’aviez demandé, je ne les vous aurai pas données, mais vous avez le droit de savoir ce que votre cousine manigance. Je veux que vous gardiez bien cela à l’esprit, suis-je claire ? »

Pendant un instant, Sirius cru se retrouver en classe, devant une McGonagall en train de dispenser un cours. Étrangement, cela lui fit un bien fou.

« Maintenant, veuillez descendre trouver vos amis et faites-moi le plaisir de penser à autre chose. »

Sirius n’eut d’autre choix que d’acquiescer, et il dévala les escaliers.

« Black. »

Sirius se retourna vers McGonagall, qui, toujours en haut des escaliers, le fixait de ce regard profond et sérieux qui les impressionnait tous.

« Vous ne devriez pas avoir honte de votre nom. Bellatrix est votre cousine, Walburga est votre mère, vous n’y pouvez rien. Au contraire, vous avez plus de mérite que n’importe qui dans cette maison d’être là aujourd’hui. Vous redorez le nom des Black, et peut-être que, si tout se passe comme nous le souhaitons, vous serez un jour l’un des seuls à avoir permis qu’il ne tombe pas dans la honte. »

Sirius la regarda longuement sans rien dire, le cerveau plus embrouillé que jamais. Mais au milieu du tourbillon qu’étaient ses pensées, les mots de sa professeure percèrent une trouée, et une lumière apparut dans les ténèbres.

Lentement, il hocha la tête.

« Et n’oubliez pas, dit-elle encore, alors qu’il s’apprêtait à passer la porte du salon. Narcissa et Bellatrix ne sont pas les seules à porter votre nom. N’oubliez pas la troisième sœur. N’oubliez surtout pas Andromeda. »

Puis d’un signe de tête sec, elle lui fit signe de disparaître. Dès qu’il eut passé la porte, elle lâcha un léger soupir et se frotta l’arête du nez. Sirius Black était peut-être majeur, engagé depuis bien longtemps dans cette guerre, et poussé au milieu des conflits depuis sa plus tendre enfance, mais il restait un jeune homme qui, de temps en temps, avait besoin qu’on lui rappelle qu’il était quelqu’un de bien.

Elle descendit doucement l’escalier et s’arrêta sur le seuil de la porte. Sirius venait de rentrer dans la pièce et aussitôt, les regards des trois Maraudeurs s’étaient portés sur lui. D’un coup d’œil silencieux, Remus l’interrogea du regard, et Sirius le rassura de ce sourire qui lui était typique. Peter lui adressa un froncement de sourcils interrogateur et James, abandonnant Marlène et Abbot, vint lui donner une tape dans le dos. Sirius lui rendit son accolade, James dit quelque chose, et le rire semblable à un aboiement de chien se mêla à nouveau aux discussions.

Minerva les suivit du regard tandis qu’ils rejoignaient les trois filles toujours plongées dans leur discussion près de la fenêtre. Un rayon de soleil rouge s’attarda sur les cheveux d’Evans lorsqu’elle bougea pour attraper la main de James, et Keil releva le visage vers Sirius. Son sourire se transforma en froncement de sourcils inquiet.

« Ça va ? » Lut-elle sur ses lèvres.

Sirius éloigna la question d’un mouvement désinvolte de la main, et la jeune fille lança un regard interrogateur à James qui haussa les épaules d’un air impuissant.

« Plus tard », cru-t-elle entendre Black dire.

Minerva sourit et perdit un instant son regard sur la rue silencieuse qui s’étendait de l’autre côté de la fenêtre. Ses élèves avaient peut-être grandit, ils avaient mûrit, et avaient choisi un chemin qui ne les laisseraient pas indemnes, mais ils restaient les mêmes. Bien sûr, la guerre allait les blesser. Ils allaient connaître les longues nuits blanches, le ventre serré d’angoisse, à se demander si un ami, une sœur, un mari, était toujours vivant. Ils allaient goûter à la peur d’une mission, à la pression d’être responsable de la vie de son partenaire, à l’adrénaline effrayante que procure un combat. Bien sûr, elle allait les changer. Un peu. Mais pas fondamentalement. Minerva le savait. Les jeunes qu’elle avait sous les yeux resteraient toujours, au fond d’eux, les mêmes gamins innocents, grandit trop vite, qui se débattaient dans un monde déchiré entre les après-midi enfermés dans le bureau étouffant, et les soirées bercées par des crépuscules flamboyants.

Personne ne pouvait leur enlever ça et Minerva savait que Black, plus qu’aucun d’entre eux, était ancré dans ce monde à jamais. Il avait cette petite chose, dont les autres n’avaient jamais eu besoin, qui brillait au fond de ses prunelles. Une petite flamme de rébellion que personne, jamais, n’avait réussi à éteindre.

Il avait été l’enfant qui avait posé des questions. Le petit garçon qui s’était lié d’amitié à un loup-garou. L’adolescent qui, dans un vrombissement de moteur, avait fugué de la demeure des Black. Le jeune homme qui avait voulu rire fort, fendre la nuit sur sa moto, aimer qui bon lui semblait, choisir ses amis, vivre dans l’odeur d’un feu de cheminée et les couleurs aveuglantes d’un coucher de soleil. Le jeune homme qui était tombé amoureux, s’était laissé aller à l’ivresse de la vie, avait choisi de se lever pour ce en quoi il croyait. L’homme qui se tenait près de la fenêtre, ses yeux rieurs posés sur James et Lily, ses bras passés autour de la taille d’Evy, sa bouche perdue dans ses cheveux sombres.

On l’avait appelé insolent, ingrat, impatient, traitre-à-son-sang, ami des nés-moldus. On l’avait ballotté, maltraité dans un monde qui n’était pas le sien, on avait essayé de le manier, de le manipuler, de le sculpter à l’image d’une idéologie qu’il abhorrait.

Et le résultat était là, sous les yeux de Minerva.

Une étoile bien plus brillante que toutes celles de la fière et digne constellation des Black. Une étoile qui dégageait la chaleur d’un soleil. Un rebelle qui mourait d’envie de se battre.

Et c’est avec cette pensée, cette certitude qu’aucun qualificatif ne lui était jamais aussi bien allé, que Minerva décida que cette génération était celle des insoumis.
Note de fin de chapitre :

C'était donc Première guerre pour l'époque, et rebelle/insoumis/contestataire/révolté pour la qualité !

Merci pour votre lecture ♥
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