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Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


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A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

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De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



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Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


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De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


La main dans le sac par Chiron

[10 Reviews]
Imprimante
Table des matières

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Note d'auteur :

Un petit OS sur le personnage de Mondingus Fletcher, que j'ai écrit dans le cadre du concours "Une lettre émeraude" de Slytherin007. 

Le petit garçon rampait sur le toit avec difficulté. Les tuiles chauffées par le soleil caniculaire lui brûlaient les bras et les jambes, mais il s'efforçait d'ignorer la douleur des cloques sur sa peau. Il s'avança vers le rebord, et passa rapidement la tête au dessus pour voir ce qu'il y avait en bas.


D'un point de vue de moldu, les toits de l'allée des embrumes peuvent sembler quelque peu déroutants. Les sorciers, et spécialement ceux qui vivent dans cette partie du Londres magique, ne se sentent pas liés par des contraintes aussi triviales que la gravité ou le chemin d'écoulement des eaux de pluie. Des sortilèges simples les en dispensent, et s'ils continuent de poser leurs tuiles sur une charpente inclinée, c'est par pure fantaisie esthétique. Les toits de l'allée des embrumes ne devaient leurs formes qu'à l'imagination fantasque des architectes sorciers et leur volonté de se conformer à l'apparence sombre du quartier.


Grâce à cette disposition asymétrique et bancale, et à l'étroitesse de la rue, un enfant agile pouvait passer de maison en maison sans jamais être vu du sol. De temps à autre, une excroissance lui permettait de se glisser jusqu'au chéneau pour jeter un regard à la rue en dessous de lui, voire même de passer de l'autre côté sans attirer les regards.


En dépit des températures caniculaires du milieu de l'été, plusieurs sorciers allaient et venaient sur l'allée des embrumes. Il faut dire que l'endroit portait bien son nom, la rue était étroite et protégée de la violence du soleil par les échoppes serrées les unes contre les autres. Ceux qui, contrairement à l'enfant, restaient sagement sur les pavés, dans la pénombre, ignoraient tout de l'enfer qui régnait quelques mètres au dessus de leurs têtes.


Mais pour observer et entendre ce qui se disait dans toute l'allée sans bouger et sans être vu, il n'y avait qu'un seul point d'observation possible : celui qu'occupait le petit garçon. Trouver un endroit plus abrité, c'était soit prendre le risque de se faire remarquer, soit celui de manquer une conversation intéressante. Le soleil qui cognait au dessus de lui lui donnait mal à la tête, sa transpiration s'évaporait aussi vite qu'elle perlait sur sa peau, mais il résistait et il attendait. Il ne faisait pas un seul mouvement, ni un seul bruit. De temps en temps, il s'autorisait à porter la main à sa bouche, et il se mordillait les doigts pour ne plus penser à la soif qui lui fissurait les lèvres. Dans la matinée, il avait entendu une sorcière parler de bijoux anciens devant chez Barjow & Beurk, et l'enfant s'était efforcé de retenir son visage à tout hasard, mais elle ne semblait pas les avoir sur elle. Ensuite, il avait repéré un Auror qui se croyait discret sous un mauvais déguisement. Il y avait aussi un petit groupe de sorciers parlant d'un objet dont ils voulaient se débarrasser, et qui les terrifiait. Cela ressemblait à de la magie noire, et l'enfant avait assez d'expérience pour ne jamais vouloir toucher à cela. Encore une fois, il nota à quoi ils ressemblaient. Et ainsi se poursuivait la matinée sans occasion particulière.


 


Il resta là pendant une éternité. Personne ne l'attendait, personne ne le chercherait. La fatigue de sa position était telle qu'il commençait à somnoler en dépit de ses douleurs. Un peu avant midi, un homme barbu, à la haute stature, aux traits épais, et au regard sauvage apparut dans un craquement sonore. Tout de suite après, un autre sorcier, qui lui ressemblait un peu, tout en paraissant plus civilisé, plus noble, arriva par le même moyen.


L'enfant ne connaissait aucun de ces deux hommes. Le deuxième arrivant, avec sa longue barbe coiffée et ses yeux rieurs, semblait un peu incongru dans cette allée mal famée. Ils explorèrent l'allée des embrumes du regard. L'enfant se recroquevilla derrière l'excroissance du toit qui lui servait d'abri lorsque les yeux bleus, étincelants, du sorcier se posèrent sur l'endroit où il se trouvait. Il aplatit sa joue de toute ses forces sur la tuile brûlante, son cœur battant à toute vitesse. D'un pas décidé, les deux sorciers rentrèrent dans une maison que l'enfant connaissait bien. Il se demanda ce qu'ils pouvaient bien avoir à y faire, et il se dit qu'il pouvait se risquer à interrompre son observation pour les suivre.


 


Il se redressa doucement. Un voile noir tomba sur ses yeux. Les heures passées sous le soleil, lui avaient donné mal à la tête. Il avait envie de vomir, mais il serra les dents et lentement, difficilement, il monta vers la faîtière du toit, en faisant bien attention de rester caché derrière un pan de mur. Il progressa vers une large cheminée. Le dernier mètre était le plus difficile, car plus rien n'empêchait un passant curieux, en levant la tête, de le voir se faufiler dans la cheminée. Il prit une inspiration, et d'un bond de chat, s’élança vers son but.


Le conduit était trop étroit pour le passage d'un homme, mais l'enfant était maigre et petit. Il se glissa à l'intérieur. Sa peau cloquée par les brûlures du soleil râpait sur les parois couvertes de suie. Il s’immobilisa dans le conduit, et tendit l'oreille. En dessous de lui, la conversation s'était engagée.


– Désolé du retard, Jonas, dit une vois rude, que l'enfant supposa être celle du sorcier au visage sauvage. On a du semer des fouineurs de la Gazette à Pré-au-Lard.


– Je ne savais pas que tu viendrais avec ton frère, Abelforth. C'est un plaisir, bien sûr, monsieur.


– Tu peux m'appeler Albus, tu sais, Jonas, répondit joyeusement l'intéressé. Tu es un ami de la famille, en quelque sorte.


– Bien sûr. Je suis ravi de vous rendre service, mons.. Albus. Enfin, à votre frère. Vous l'avez avec vous ?


Il y eu quelques murmures que l'enfant n'entendit pas.


– Je comprends que ce soit sentimental, Abelforth, mais il va falloir le faire, tu sais.


Abelforth grogna, et l'enfant entendit un bruit de tissu frotté.


– Voilà. De la laine de Capricorne, comme promis. Première qualité.


– Elle est toute fraîche. C'est vrai ? Ce qu'ils disent dans les journaux. Tu as vraiment ? Un capricorne ?


– Grumph ! Abelforth semblait sur le point de faire quelque chose de regrettable. Mais Albus intervint.


– Je peux t'assurer que rien de fâcheux n'est arrivé à l'animal qui possédait cette laine. Simplement, étant données les circonstances, Abelforth a jugé préférable de ne pas garder cela chez lui. Nous envisageons donc de te la vendre, pour six cent galions.


– Je suis désolé, mais sans avoir vu l'animal, et vu les circonstances, j'en donne cinquante galions.


– Cinquante galions ? aboya Abelforth. Tu te moques de nous, espèce d'escroc ?


Il y eu le bruit d'un sort, et l'enfant craignit que le sorcier se soit réellement mit en colère, mais Jonas répondit sur le même ton, et la négociation démarra. Il en conclut qu'Albus devait ranger magiquement la laine tandis que les deux autres discutaient âprement du prix de la marchandise. Dans le conduit de la cheminée, le garçon collait sa joue brûlée au conduit couvert de suie, profitant pour la première fois de la journée d'un peu de fraîcheur. A présent que la douleur ne le tenait plus en alerte, il luttait pour ne pas s'endormir, et faire un faux mouvement qui aurait révélé sa présence. Il se concentrait donc de son mieux sur ce que disaient les trois hommes. C'était une seconde nature, chez lui. Caché derrière un mur, perdu dans la foule ou sur un toit, il écoutait les conversations, retenait tout ce qu'il pouvait.


– Cent vingt galions, termina Jonas, et je ne monterai pas plus.


Les deux frères acceptèrent finalement le marché. Et payèrent le prix comptant, car le garçon entendit le bruit d'un échange, et le tintement des pièces d'or qui changeaient de main. Sans attendre la conclusion de la transaction, l'enfant se glissa hors de la cheminée pour retrouver un poste d'observation correct. De la laine de Capricorne ! Jonas avait l'habitude d'aller déjeuner au Chaudron Baveur. S'il laissait le butin chez lui, la journée de l'enfant était faite !


 


En haussant la tête par dessus le parapet, il vit les deux frères partir dans la direction du chemin de Traverse. Ils lui tournaient le dos, et personne d'autre n'arrivait dans l'allée des embrumes. Il patienta quelque minute, et, comme il l'espérait, il entendit Jonas fermer sa porte à clé, et vit la silhouette du petit sorcier partir dans la même direction. Il avait les mains vide. C'était le jour de chance de l'enfant. Il replongea à l'intérieur de la cheminée et se contorsionna pour passer la fine ouverture.


Sa reptation devenait de plus en plus faciles à mesure qu'il se rapprochait de l'âtre. Ce dernier était très large, comme toujours dans les demeures sorcières dont les occupants se déplaçaient grâce à la poudre de cheminette. L'enfant atterrit dans les cendres en projetant un nuage de saleté. Le maître des lieux allait facilement deviner par où était venu l'intrus, mais ce n'était pas grave : il ne saurait jamais qui il était.


Il était dans l'arrière boutique d'un magasin de vrac. L'enfant savait que l'ancien propriétaire la louait à qui en voulait, et l'endroit servait souvent de planque temporaire à des gens comme Jonas, spécialisés dans les affaires louches. L'enfant y était déjà venu plusieurs fois, même s'il s'efforçait d'espacer ses visites pour ne pas attirer l'attention. Les victimes de ses larcins hésitaient à se plaindre, et même si elles le faisaient, le maître des lieux ne s'en souciait pas assez pour protéger un local dont, personnellement, il ne se servait plus. Un jour, peut-être, un des locataires allait mettre en place un sort de protection. Mais ce jour-là, l'enfant en entendra parler avant de se faire prendre. Il entendait toujours tout.


Jonas n'avait même pas pris la peine de cacher son achat du jour. L'enfant l'aurait parié. Il regarda à l'intérieur pour vérifier qu'il contenait bien de la laine dorée de Capricorne. Le petit sorcier avait bien négocié. Il y en avait pour beaucoup plus que les cent vingt galions qu'il avait payé. Au moins le double. L'enfant ne savait pas ce qu'avait fait Abelforth, mais il avait réellement besoin d'effacer rapidement tout lien avec les capridés.


L'enfant accrocha le sac aux lacets de ses souliers. Ainsi, lorsqu'il remonta dans le conduit de la cheminée, le sac pendait docilement en dessous de lui, et il se retrouva vite sur le toit, son précieux butin entre les mains. D'un pas léger et rapide, il s'éloigna du lieu de son forfait en sautant de toits en toits. Il descendit dans une impasse un peu à l'écart, et se fondit dans la foule des sorciers du chemin de Traverse.


 


L'enfant poussa la porte d'un appartement sale dans un immeuble miteux. Il n'y voyait pas très clair, et il avait envie de vomir, mais il faisait des efforts pour rester debout. Il n'avait pas le droit de prendre le lit pour une bête insolation. Il devait être plus dur, plus fort.


– T'en a mis du temps ! Qu'est-ce que tu rapportes ?


Son père était assis sur un sofa déchiré. Il y avait une bouteille vide près de lui. Il n'avait pas voulu se lever pour aller en chercher une nouvelle. L'enfant lui tendit son butin sans dire un mot. Il évitait de croiser le regard de son père. Cela lui inspirait des sentiments qu'il ne comprenait pas. Des sentiments de violence et de honte mélangée, et il se disait que ces sentiments étaient mauvais, et il se sentait mal.


Son père prit le sac d'un geste brusque et regarda à l'intérieur.


– Ça peut se vendre à combien, ce machin ?


Le petit garçon hocha la tête.


– Le type qui l'avait l'a acheté cent vingt gallions. Je l'ai vu.


Il ne précisa pas qu'il pouvait le vendre beaucoup plus cher. La dernière fois qu'il avait fait ça, il n'avait pas atteint le prix qu'il avait annoncé. Son père avait été furieux, et le dos de l'enfant lui faisait encore mal à ce souvenir.


– Bon. Trouve un revendeur rapidement. On a un loyer à payer. Mais tu ne peux pas comprendre les questions d'argent, toi. T'es qu'un môme.


Il jeta le sac sur le plancher, vaguement dans la direction de son fils.


– Et puis va me chercher une bouteille. Et ouvre-la, cette fois !


L'enfant ne l'entendait qu'à travers un brouillard. Tout ce qu'il parvenait à penser, c'était qu'en laissant sa main sur son front, il absorbait un peu de la chaleur qui lui vrillait les tempes. Il se demandait si passer sa tête sous l'eau pouvait lui faire du bien. Son instinct de survie plus que sa volonté le porta jusqu'à la cuisine. Il se servit un grand verre d'eau, mais à peine eut-il trempé ses lèvres que la voix de son père tonna depuis le salon.


– Qu'est-ce que tu lambines ? Je t'ai demandé une bouteille !


Il se pressa d'oublier son verre et d'obéir en se reprochant de n'avoir pas su attendre un peu. Il savait pourtant bien que le vin le rendait calme pour un bon quart d'heure. C'est une fois son père servi qu'il put revenir à la cuisine. Il ne se souvenait pas de jamais avoir eu aussi soif. Et puis il avait faim, aussi. Sa mâtinée de guet avait commencé tôt.


Il avait l'impression que son crâne s'efforçait de faire ressortir tout le soleil qui avait tapé dessus lorsqu'il était sur ce toit. Il en pleurait presque de douleur. Il prit sa tête dans ses deux mains, et ferma les yeux. Juste un petit instant.


 


Il avait l'impression qu'on lui tapait sur le crâne, et cela le réveilla. Quelqu'un tapait bien sur quelque chose, mais ce n'était pas sur sa tête. Et pourtant, elle lui faisait mal, sa tête. Le bruit venait de la porte.


– Va voir qui c'est ! Tu dors où quoi ?


La voix de son père était pâteuse. Il devait s'être endormi, lui aussi. L'enfant se leva, et se rattrapa de justesse à la table. Tout tournait autour de lui. Prudemment, un pied devant l'autre, il progressa jusqu'à la porte sur laquelle leur visiteur tambourinait avec constance et régularité. Derrière lui, il entendait les vociférations de son père qui le pressait.


Le petit garçon ôta les verrous et tira la planche de bois mitée sensée protéger leur habitat pour voir qui venait leur rendre visite. En découvrant l'homme qui se tenait derrière, l'enfant se recula vivement. Il ne se souvenait que trop bien de cette longue barbe brune et de ces yeux bleus, pétillants qui semblaient sonder son âme à travers des lunettes en demi-lune. Il avait vu ce visage, cette robe grise et ces bottes de cuir de dragon le matin même, dans l'allée des embrumes.


– Bonjour, Mondingus, dit-il avec beaucoup de gentillesse.


L'enfant cherchait des yeux une issue, mais la haute silhouette de l'homme que Jonas appelait Albus occupait toute la largeur de la petite porte. Derrière lui, il y avait le canapé, d'où son père grognait « C'est qui ? ». Il se sentait piégé. Pourtant, le visage plein de bienveillance de Dumbledore ne paraissait pas du tout menaçant. Le sorcier n'avait pas l'air d'être là pour récupérer une possession volée.


– Quelque chose ne va pas ?


Dumbledore le scrutait avait sympathie, et cherchait à deviner la raison de la fébrilité de l'enfant.


– Puis-je entrer ? demanda-t-il. L'enfant ne se souvenait pas que personne ne lui aie jamais parlé avec un ton aussi doux. Ni qu'on l'aie regardé comme le faisait cet homme. Il finit par comprendre que la venue du sorcier n'avait rien à voir avec son larcin de ce matin.


Mondingus hocha la tête. Il n'arrivait pas à parler. Il était comme hypnotisé.


– C'est qui ? cria son père, plus fort, furieux de ne pas avoir reçu de réponse.


D'un pas vif, Dumbledore franchit le seuil, puis, d'une légère pression sur l'épaule, invita l'enfant à venir avec lui.


– Je suis le professeur Dumbledore, Zenodorus. Je suis navré de m'imposer d'une façon si cavalière, mais j'aimerai te parler.


Zenodorus bondit hors de son fauteuil, peut-être pour la première fois de la journée. L'enfant sursauta. Lorsque son père se levait, c'était généralement pour lui administrer une correction.


– Ppprofesseur Dumbledore ? Qu'est-ce que vous faites ici ?


Puis, la surprise passée.


– C'est chez-moi ! Vous n'avez pas le droit de rentrer comme ça chez les gens ! C'est pour Poudlard ? J'ai répondu à votre fichue lettre. Le môme est d'accord. Je lui ferai l'école ici, à la maison ! J'ai besoin de lui ici ! Sortez ! Vous n'avez pas le droit de l'emmener si je ne suis pas d'accord !


L'enfant comprit la tirade, anormalement longue, de son père, car il était habitué à son articulation pâteuse, mais il n'était pas certain que ce soit le cas du professeur Dumbledore.


– Prétendons simplement que tu m'as invité à m’asseoir pour discuter de l'avenir de Mondingus, veux-tu ? dit Dumbledore. Il jeta un coup d’œil aux chaises dépareillées et trouées, et d'un vif coup de baguette, fit apparaître un confortable fauteuil de cuir bleu dans lequel il s'installa.


– Si j'en crois ton dernier courrier, tu projettes d'éduquer Mondingus toi-même. Et tu en as parfaitement le droit, bien entendu. Toutefois...


Plusieurs objets commencèrent à s'agiter un peu partout dans l'appartement. L'enfant pâlit en constatant que toutes les marchandises qu'il avait récupéré lors de ses différentes tournées sur l'allée des embrumes semblait prendre vie et venaient les entourer. Dans les tiroirs et les armoires, il entendait des coups sourds, comme si leur contenu cherchait à s'échapper. L'enfant vit la porte de la cuisine s'ouvrir, et le sac de laine de Capricorne flotter doucement vers Dumbledore, qui haussa un sourcil, surpris, et sourit plus largement encore en le reconnaissant.


– Tiens donc ? Le pauvre Jonas doit-être dans tous ses états.


– C'est le môme qui a fait le coup ! s'écria son père. Je n'y suis pour rien ! Je ne suis même pas sorti d'ici.


Zenodorus se leva, mais, d'un coup de baguette, Dumbledore l'enfonça dans son canapé.


– Et pourtant, tu prétends éduquer Mondingus sans l'aide de Poudlard, Zenodorus. Si tu invoques le droit magique, je crains que tu ne doives peaufiner ton argumentation.


La terreur et la haine qu'exprimaient les yeux de son père terrifiaient l'enfant. Il se mettait souvent en colère, mais jamais il n'avait eu ce regard de bête furieuse et impuissante. Pourtant, Dumbledore semblait totalement inconscient de la violence qu'il inspirait à son interlocuteur. Le professeur agita une nouvelle fois sa baguette, et des morceaux de papier déchirés s'extirpèrent de la poubelle béante où ils traînaient depuis quelques jours. Fasciné, l'enfant les vit se reconstituer et reprendre la belle apparence d'une lettre à l'encre d'émeraude. Le parchemin vola vers l'enfant, et se glissa entre ses doigts.


– Mondingus, que dirais-tu d'aller la lire dans la cour ? Il faut que j'aie une conversation avec ton père, dit Dumbledore.


L'enfant hocha la tête, et sortit en courant à moitié. Il dévala les escaliers, vers une de ses cachettes préférées. En bas de l'immeuble, il y avait une sorte de petite cour fermée, qui servait surtout de débarras pour toutes sortes d'encombrants. Mondingus avait découvert qu'en escaladant un tas de planches, il arrivait dans une petite niche invisible depuis la cage d'escalier. De là, il s'adonnait à son activité préférée : observer les passants tout en étant invisible d'eux.


Mais ce jour là, il avait mieux à faire. Il caressait la lettre émeraude du bout des doigts, n'osant croire à sa chance. Il ne l'avait que brièvement aperçue lorsque le hibou l'avait amenée, et que son père l'avait brutalement déchirée sous ses yeux.


– Tu n'as pas besoin d'eux, lui avait-il dit. Ils ne connaissent rien à la vrai vie, avait décrété son père d'une voix pâteuse. Et la lettre avait terminé à la poubelle.


Mais cette fois, il l'avait à nouveau dans les mains. Il ne faisait que l’effleurer, comme s'il avait peur de l’abîmer. La perspective de partir pour Poudlard aurait dû l'exalter et le ravir, mais elle le terrifiait aussi. Vivre avec Zenodorus, ce n'était pas drôle du tout, mais c'était la seule vie qu'il connaissait, et si Poudlard était pire ? Il parcourait la lettre des yeux. Il n'était pas très doué pour la lecture, mais il faisait de son mieux pour en déchiffrer chaque mot, plusieurs fois.


 


Cher Mr Fletcher,


 


Nous avons le plaisir de vous informer que vous bénéficiez d'ores et déjà d'une inscription au collège de sorcellerie Poudlard.


Vous trouverez ci-joint la liste des ouvrages et équipements nécessaires au bon déroulement de votre scolarité.


La rentrée étant fixée au 1er septembre, nous attendons votre hibou le 31 juillet au plus tard.


Veuillez croire, cher Mr Fletcher, en l'expression de nos sentiments distingués.


 


Albus Dumbledore,


Directeur adjoint.


 


– Mondingus ? Veux-tu descendre ?


Il en était à la troisième ou à la quatrième lecture, lorsque Dumbledore l'interrompit. Le professeur était juste en dessous de lui, et Mondingus n'était qu'à peine surpris qu'il aie ainsi réussit à deviner sa cachette. D'un mouvement agile, l'enfant s'extirpa de son refuge.


– Ton père s'est finalement laissé convaincre. Mais je veux savoir ce que tu en penses, toi. Veux-tu aller à Poudlard, Mondingus ?


L'enfant hocha la tête, le souffle court. Il était terrifié, mais en présence de Dumbledore, il se sentait capable de tout. Sa réponse sembla ravir le professeur.


– Parfait, parfait. Tu comprends que je doive aller rendre cette laine à Jonas, n'est-ce pas ? Je ne lui dirais pas où je l'ai trouvée, et il n'y aura pas de conséquence pour cette fois. Cependant, tu dois être prévenu : le vol n'est pas toléré à Poudlard. Tu comprends ?


L'enfant acquiesça une nouvelle fois. Il était plus soulagé qu'il ne l'imaginait, même si une part de lui regrettait que les efforts déployés pour s'emparer de ce trésor n'aboutissent sur rien.


– Nous avons un fond spécial pour permettre aux élèves dans ta situation de s'acheter du matériel et des livres. Je peux venir avec toi sur le chemin de Traverse, si tu le désires.


L'enfant n'avait pas besoin de l'aide de Dumbledore pour s'acheter son matériel. Il connaissait à la perfection les boutiques, et même les arrières boutiques, de chacun des commerçants. Il devina que le professeur le savait. Ce que proposait Dumbledore, ce n'était pas tant son aide que sa compagnie dans ce grand moment de la vie du jeune sorcier.


 


– Oui, je veux bien, répondit Mondingus.

Note de fin de chapitre :

J'espère que cela vous a plu !

Merci à Slytherin pour l'idée de ce concours inspirant. Allez lire les autres participations : c'est une excellente cuvée.

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