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Inscrivez-vous aux Journées Reviews !


Lire, écrire…

La Journée Reviews d’octobre se déroulera du vendredi 22 au dimanche 24 octobre. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.



De Les JR le 19/10/2021 20:31


Semaine d'adaptation ludique


La SAL revient !

Que vous ayez envie de découvrir le forum et ses sites, de braver des défis en équipes, ou de partager votre savoir de fossile de l'asso, vos pokeballs et vous pouvez vous inscrire dès à présent dans le vestibule !


De La SAL le 18/10/2021 14:50


Le Grand Ménage Orange 2020


Bonjour à toutes et tous, ici les Schtroumpfettes !

Nous adressons un message à nos adhérents ou anciens adhérents : le Grand Ménage Orange (plus connu sous le nom de GMO) pour la période 2012-2020 vient officiellement de prendre fin ! Ce sont plus de 9800 chapitres qui ont été passés au crible par nos yeux scrutateurs. Vous trouverez plus d'informations ici.
Pour les membres dont le compte aurait été verrouillé ou qui auraient perdu leur validation automatique suite au GMO, veuillez nous envoyer un mail à l'adresse hpf.moderation@gmail.com.

A très vite !

De L'équipe de modération d'HPFanfic le 10/10/2021 10:21


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d'épine, Juliette54, Drachvador, Polock et Uzy qui remportent la toute mignonne (ou moins) Sélection Famille !

Pour novembre 2021, c'est le thème de Deuil qui vous arrachera peut-être quelques larmes. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois d'octobre, voyagez et rêvez dans des Lieux Magiques. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Entrez dans des grottes et des contrées jusque-là inexplorées !


De L'équipe des Podiums le 08/10/2021 13:54


116 ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 116e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 22 octobre à partir de 20h. Cette nuit sera en collaboration avec l'organisation de la SAL, la semaine d'intégration d'HPF. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 05/10/2021 19:15


115 ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 115e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 18 septembre à partir de 20h. Il s'agira d'une nuit où les musiques serviront aussi d'inspiration ! Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 08/09/2021 19:17


She is my child par Liliana

[7 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour bonjour !

Voici mon texte de participation au concours d'Ellie, "Papa ou Père", ainsi que je l'ai précisé dans le résumé. J'ai choisi comme paire Harry et sa petite dernière, Lily Luna. N'étant pas vraiment une adepte des enfants, c'est une expérience qui m'a bien plu ! Je ne pensais pas pouvoir ressentir un jour ce genre de sentiments hahaha ^^

Un grand merci donc, à Ellie, pour m'avoir fait vivre un tel moment ! J'espère que ça vous plaira tout autant !

La chanson citée à la fin sous forme de paragraphes centrés en italique est celle de Sonny Knowles. Son titre est le même que celui de cet OS, et je vous mets le lien pour l'écouter avant la lecture, histoire de vous faire une première idée de l'ambiance ;) : https://www.youtube.com/watch?v=adId49WX_Ts

Bonne écoute ! Et bonne lecture ;)

 

Le 12, square Grimmaurd avait toujours été une place sordide depuis le jour où il en avait franchi le seuil, douze ans plus tôt. Il se rappelait très bien la vieille porte d’entrée noire, miteuse et éraflée, dont le seul ornement avait été une poignée d’argent en forme de serpent. Il se rappelait aussi, l’odeur douceâtre et humide qui lui avait sauté à la gorge lorsqu’il y était entré pour la première fois, l’obscurité du Hall, le papier peint à moitié décollé et les grands tapis usés, recouverts d’une épaisse couche de poussière. Il se rappelait cette sensation d’étouffement qui lui avait étreint la poitrine lorsque les anciennes lampes à gaz s’étaient allumées, donnant aux multiples ombres du lieu un aspect encore plus sinistre qu’il ne l’était déjà.

 

Le 12, square Grimmaurd n’avait jamais été un de ses endroits préférés ; pourtant, il avait vu défilé en ses murs beaucoup de personnes qu’il avait aimé, et en cela, les souvenirs qu’il gardait du temps où ce n’était encore qu’une vieille baraque délabrée, lui étaient devenus précieux.

 

Durant la chasse aux Horcruxes, il n’avait pas pensé un seul instant à ce qu’il ferait de cet héritage en ruines que lui avait légué Sirius. Mais après s’être assuré de la disparition définitive de celui qui avait été appelé « Lord Voldemort », la question s’était imposée d’elle-même. Qu’allait-il en faire ? Laisser le temps continuer son processus de destruction jusqu’à ce qu’il n’en restât plus qu’une ombre silencieuse ? A l’époque, le simple fait d’imaginer y retourner lui donnait la nausée.

 

Les cinq premières années « d’après-guerre » avaient été les plus compliquées à vivre, et ce, pour tout le monde. Chaque membre appartenant au monde sorcier avait été touché -de près ou de loin – par les conséquences de la guerre. La société magique avait été terriblement secouée en son sein par la dictature cruelle et sans pitié qu’avaient imposée les Mangemorts. Elle gardait toujours de nombreuses séquelles dues à ce traumatisme et en garderait probablement durant de longues années.

 

Cinq ans… avaient été nécessaires pour qu’il parvienne enfin à retourner au 12, square Grimmaurd. Et seulement deux ans avaient suffi pour raser et reconstruire le terrain ravagé ayant autrefois appartenu à la Noble Famille des Black. Il avait voulu en faire un symbole. Un symbole de paix et de prospérité. « La magie noire a été vaincue ; maintenant, un monde nouveau - plus juste - peut renaître de ces cendres. ». C’était ce qu’il avait voulu prouver. S’ils travaillaient tous ensemble, il y avait de l’espoir. Il y avait un futur. Et il avait reçu – à son grand étonnement – un énorme soutient de la Communauté sorcière.

 

Bien sûr, il n’avait pas tout rebâti de ses mains. Ginny l’avait aidé de son mieux, ainsi que toute la famille Weasley, que la mort de Fred avait profondément ébranlée. Même si elle essayait de ne pas le montrer, Molly demeurait inconsolable. Il n’avait été pas rare de la voir débarquer sur le chantier, les bras pleins de victuailles et un grand sourire peint sur son visage quelque peu ridé, mais les yeux rougis par des larmes dont les sillons invisibles avaient semblé s’inscrire un peu plus chaque jour sur sa peau.

 

Arthur était parvenu à noyer sa tristesse en s’investissant de toutes ses forces dans la découverte de ceux qui le fascinait tant, les moldus. Il n’avait pas souvenir d’un seul jour passé sur le chantier sans qu’il ne soit venu lui poser une question. Pourtant, plus d’une fois, il l’avait surpris à regarder le téléphone d’un air songeur, pour finalement décrocher le combiné sans composer de numéro. Il restait là, debout, à attendre en silence. Puis il le reposait et repartait en soupirant, comme s’il s’était attendu à autre chose. Au fond de lui, Arthur non plus ne parvenait pas à accepter la mort de leur fils qui était parti bien trop tôt. Malheureusement, un simple téléphone – quand bien même moldu - ne lui donnerait pas la réponse qu’il souhaitait entendre.

 

Bill et Charlie avaient tous deux retardé leur départ pour l’étranger afin de veiller sur leurs parents ; mais lorsque la petite Victoire était née, le 2 mai de l’année 2000, la famille de Fleur avait absolument tenu à ce qu’ils viennent en France, et Molly avait dû se résoudre à les laisser partir. Heureusement, une seconde fille était née quatre ans plus tard, et l’heureuse famille était revenue au Terrier pour fêter la naissance de la petite Dominique. Depuis, ils résidaient à la Chaumière aux Coquillages, au plus grand bonheur d’Arthur et Molly, qui ne manquaient jamais une occasion d’aller leur rendre visite.

 

Charlie était quant à lui retourné en Roumanie après le départ de son frère aîné pour la France ; il y avait repris son poste dans la réserve de dragons où il travaillait avant la guerre et selon les dernières nouvelles qu’ils avaient reçues, il en était maintenant le Responsable. Cependant, aucune petite amie ne semblait avoir pointé le bout de son nez et le sorcier refusait catégoriquement d’aborder le sujet depuis que Georges lui avait conseillé de se trouver une jolie dragonne et que Molly lui avait proposé de lui arranger des rencontres lorsqu’il reviendrait pendant ses vacances.

 

Percy avait également donné un coup de main sur le chantier malgré son emploi du temps surchargé ; Kingsley lui avait permis de revenir travailler au Département de la coopération magique internationale et le sorcier avait fait en sorte de ne pas le décevoir. Depuis, il travaillait d’arrache-pied pour le Ministère et même si son air sec et autoritaire lui avait attiré – et continuait de lui attirer - les foudres de plus d’un de ses collègues, aucun d’eux ne pouvait trouver à redire sur son travail, jugé excellent à bien des égards. Il jouissait donc d’une réputation plutôt controversée au sein du Ministère, mais celui-ci ne s’en souciait guère : sa famille et le bien-être de la Communauté sorcière passaient désormais avant tout.

 

Quant à Georges, il était incapable de se remettre complètement de la mort de Fred. Heureusement, Angelina avait été là pour lui, et il n’était plus rare d’entendre des rires s’échapper du laboratoire des Sorciers Facétieux : ses enfants étaient devenus sa raison de vivre. Plusieurs fois, la petite famille était venue aider sur le chantier, et Georges en avait profité pour tester quelques uns de ses prototypes en construction (sans prendre le soin de les prévenir au préalable, bien évidemment).

 

Ron avait été présent tout au long des travaux ; tout comme pour lui, Kingsley lui avait accordé des « congés exceptionnels » après les cinq longues années qu’il avait passées à traquer les derniers mages noirs avec le Bureau des Aurors. Il était celui des cinq frères qui avait probablement le plus changé : ses traits s’étaient durcis et une belle cicatrice ornait le côté gauche de son cou, mais son sourire était resté le même. Honnête et généreux. Les débuts de sa vie d’homme marié n’avaient pas été des plus simples, mais depuis son retour, la situation paraissait s’être grandement améliorée. Si un jour, on lui avait dit que son meilleur ami deviendrait aussi gaga de sa fille, il n’y aurait sûrement pas cru, même venant de Dumbledore. Il fallait vraiment le voir pour le croire, et il avait eu de nombreuses occasions de le vérifier.

 

Hermione avait jonglé entre le chantier et le Ministère, semblant infatigable. Elle travaillait tellement dur que leur Premier Ministre l’avait forcée à prendre des vacances pour qu’elle pût leur apporter son soutient - et surtout, pour qu’il l’obligeât à se reposer : sa grossesse avait été un excellent prétexte malgré toutes ses protestations. Elle avait d’ailleurs fini par mettre elle-même un frein à son activité ministérielle après la naissance de Rose l’année précédente ; elle avait décidé de se consacrer à sa famille maintenant que la société magique semblait aller un peu mieux.

Et Harry la comprenait parfaitement.

 

Le sorcier but une nouvelle gorgée de vin, le regard perdu dans les flammes. Malgré sa volonté de détruire entièrement la maison que Sirius avait tellement abhorrée, il n’avait pas pu se résoudre à abattre la grande cheminée jouxtant la cuisine du sous-sol. Elle lui rappelait trop celle de la Salle Commune des Gryffondors. Même encore maintenant, il se souvenait du canapé carmin et des fauteuils - trop confortables pour pouvoir travailler dedans - qui faisaient face à cette cheminée. Combien de fois s’était-il endormi devant ses flammes ? Il en avait perdu le compte.

Il avait aussi perdu le compte des regards exaspérés que leur lançaient autrefois Hermione en les réveillant, son parchemin à la main pour qu’ils copient quelques lignes avant le début des cours. Ses notes auraient été sûrement plus catastrophiques si elle n’avait pas été là pour veiller sur eux. Un petit sourire triste étira les lèvres de l’ancien Gryffondor. Il aurait tout donné pour pouvoir remonter le temps quelques heures et redevenir un enfant de onze ans découvrant le monde merveilleux de Poudlard…

 

Perdu dans ses pensées, Harry n’entendit ni la porte d’entrée claquer au-dessus de lui, ni l’écho des talons descendant vers la cuisine. Il n’entendit pas non plus la voix de sa femme appeler leur elfe de maison, ni même le craquement sourd du transplanage de ce dernier. Non, il ne revint à la réalité que lorsqu’il sentit l’étreinte familière de deux bras autour de son torse. Sa tête pivota vers la nouvelle venue, dont il ne put apercevoir du coin de l’œil qu’un chignon sur le point de s’écrouler. Le sentant bouger, l’étau de ses bras se resserra un peu plus, arrachant une grimace amusée à Harry, qui posa son verre de vin sur le rebord de la cheminée pour envelopper doucement de ses grandes mains, les doigts frigorifiés de la sorcière. Un soupir de contentement frôla ses oreilles, mais les crépitements des flammes résonnaient si fort dans le silence apaisant de la pièce qu’Harry se demanda un bref instant s’il ne l’avait pas imaginé.

    - Comment s’est passée ta journée ? murmura-t-il.

    - J’ai vu pire.

Harry n’insista pas ; il connaissait ce genre de réponse. « Je n’ai pas envie d’en parler pour le moment ». C’était exactement ce qu’elle voulait dire. Donc il y avait encore eu des conflits à l’agence. Peut-être Demelza. Ou bien Kersklen ? Ils n’étaient pas en très bons termes depuis le dernier article incendiaire qu’il avait publié sans son autorisation. Quoi que ce fût, il en saurait plus quand elle se serait calmée. Les mains de la sorcière se délogèrent de leur cocon de doigts chaleureux tandis qu’elle s’écartait pour aller se laisser tomber dans le grand canapé en cuir usé qui trônait devant la cheminée. Harry se tourna lentement vers elle et l’observa détacher ses cheveux d’un air las. Plus les jours passaient, et plus ses traits étaient creusés, tirés. Il avait beau savoir qu’il restait encore cinq mois – ou plutôt quatre mois et vingt-cinq jours pour être précis -, il la trouvait de plus en plus épuisée. Exténuée. Ils n’auraient jamais dû prendre le risque d’une troisième grossesse.

Comme si elle avait lu dans ses pensées, Ginny rouvrit les yeux.

    - Où sont les garçons ?

    - Au lit. James s’est débattu comme un strangulot pour t’attendre, et j’ai encore dû jouer de la baguette pour qu’il se calme. Et Albus… comme d’habitude. Au moins, il y en a un sur les deux qui dort.

    - Disons qu’il y en a un qui a hérité de ton tempérament têtu, se moqua le sorcière.

    - Écoutez moi ça, murmura Harry en s’approchant. Moi, je crois surtout que c’est le chaudron qui se fout de la marmite, Mme Potter.

L’interpellée lui sourit alors qu’il se penchait pour l’embrasser.

    - Une tasse de thé bien chaude, ça te dit ? chuchota-t-il à son oreille. J’ai fait bouillir de l’eau en pensant que ça te ferait plaisir.

    - Dis plutôt que Kreattur te l’a rappelé parce que tu avais oublié, répliqua-t-elle amusée.

Harry se redressa en grimaçant ; comment est-ce qu’elle avait deviné ? Il avait pourtant demandé à Kreattur de ne pas le lui répéter. Elle aurait dû faire voyante plutôt que journaliste. Au moins, elle aurait été au calme, et il aurait été plus rassuré.

Les lèvres de la sorcière s’étirèrent en un sourire attendri.

    - Je plaisante, Harry. Ça me fait vraiment plaisir que tu y aies pensé.

    - Dis plutôt que tu es trop fatiguée pour être vexée, marmonna-t-il.

Sa remarque déçue arracha quelques éclats de rire à la sorcière.

    - Sûrement. Lequel tu as préparé ce soir ?

    - Tu ne veux pas essayer de deviner ?

S’il y eut une réponse, Harry ne l’entendit pas : les murs de la cuisine étaient trop épais pour que la voix fatiguée de Ginny puisse passer au travers. En quelques coups de baguette, le sorcier prépara un plateau décoré de petits gâteaux secs et remplit deux grandes tasses de thé. A vrai dire, il n’était pas franchement amateur de ce genre de boisson, qu’il avait tendance à trouver insipide et désagréable à boire (et vraiment incompréhensible à déchiffrer en cours de divination).

 

Mais comme c’était ce qu’avait préféré Ginny durant ses précédentes grossesses, il avait décidé qu’il ferait de-même. Il s’était dit qu’en l’imitant, peut-être serait-il capable de comprendre les étranges envies gustatives des femmes enceintes. Eh bien… il avait eu de meilleures théories. Ron s’était bien foutu de lui quand il l’avait su. Hermione aussi, même si elle l’avait soutenu dans sa démarche. Ils en avaient tellement rit que ça avait fait des gorges chaudes au Ministère. Et bien évidemment, l’histoire avait fini par arriver aux oreilles de la Gazette. Les jours ayant suivi la publication de l’article avaient été terribles : les boîtes de thé s’étaient entassées par centaines au 12, square Grimmaurd, envoyées des quatre coins du Royaume-Uni. Georges s’était même inspiré de l’événement pour créer une nouvelle série de produits pour les Sorciers Facétieux.

Tout ça pour du thé.

Si ce n’était pas une preuve que le monde tournait à l’envers, il voulait bien faire infuser sa baguette magique.

 

Ginny haussa un sourcil intrigué en le voyant arriver avec le plateau dans les mains.

    - A quoi est-ce que tu penses ? demanda-t-elle en prenant la tasse qu’il lui tendait.

    - A la réaction de nos chers concitoyens lorsqu’ils ont appris que le « grand héros Harry Potter » buvait du thé pour soutenir sa femme bien-aimée pendant sa grossesse difficile.

La sorcière rit et attendit qu’il se fut assis à côté d’elle pour fermer les yeux. Elle inspira doucement le parfum qui s’échappait de sa tasse et murmura d’une voix sereine :

    - Je reconnaîtrai cette odeur entre mille.

Harry sourit et avala une petite gorgée ; ce n’était pas son mélange préféré, mais il avait eu comme un... pressentiment. Ou plutôt une intuition. Masculine, bien sûr. Ginny but à son tour et soupira d’aise.

    - Fleur a vraiment été inspirée quand elle nous l’a envoyé...

    - C’était probablement pour nous rappeler que le thé n’existe pas qu’en Angleterre, railla Harry.

Sa voisine leva les yeux au ciel, en ce faisant, remarqua un détail qui s’était fondu dans le décors de la pièce et qui ne s’y trouvait pas le matin-même. Ginny reposa sa tasse, se leva, et marcha jusqu’à la cheminée, sur laquelle pendait une cinquième chaussette de Noël en laine. Elle la décrocha délicatement et lança un regard étonné à Harry.

    - C’est toi qui l’as mise ? Quand est-ce que tu...

    - En revenant de mission. Elle n’est pas aussi bien que celle des garçons et si tu fais attention, il y a quelques trous ici et là, mais pour une première, je suis plutôt satisfait.

Les yeux marrons de la sorcière oscillèrent entre la chaussette verte qu’elle tenait entre ses mains et le regard fuyant de son mari : deux « L » majuscules avaient été brodés de fil d’or et d’orange. Deux « L » pour deux prénoms qui leur étaient chers. Deux prénoms emplis de joie, de chaleur, de confiance et d’amour.

Lily Luna.

Harry l’observa se perdre silencieusement dans ses pensées et se leva à son tour pour l’enlacer. Ses mains se posèrent doucement sur le petit ventre arrondi.

    - Elle est déjà avec nous après tout, souffla-t-il à son oreille. Elle a le droit d’avoir elle aussi sa chaussette pour Noël. N’est-ce pas, petite fée ? ajouta-t-il à l’intention du bébé qu’il sentait à peine bouger sous ses grands doigts.

Ginny leva la tête vers lui, hésitant entre le rire et les pleurs s’il en croyait ses lèvres tressaillantes et les gouttes qui perlaient au coin de ses yeux. Il ne s’en formalisa pas ; la grossesse la rendait beaucoup plus sensible et il s’était habitué à ses changements d’humeur – quelques fois extrêmes.

    - Ce n’est quand même pas toi qui l’a tricotée… si ?

Harry caressa distraitement la chaussette de sa main droite.

    - Pourquoi ? C’est si mal fait ? Molly m’a pourtant assuré que c’était du bon travail pour un débutant.

    - Tu as été demandé des conseils de tricot à ma mère ?

    - Jerry et Thomas n’y connaissaient rien. Guerrand non plus et si je l'avais demandé à Hermione, elle n'aurait jamais pu te le cacher, alors je me suis tourné vers la seule personne qui pouvait m’aider.

Ginny s’échappa de son étreinte pour le dévisager d’un air incrédule.

    - Tu n’es pas sérieux, j’espère ?

Harry acquiesça.

    - Tu as été demandé de l’aide à Guerrand pour tricoter une chaussette ?

    - Une chaussette de Noël pour ma fille, rectifia le sorcier. Ce n’est pas rien. Elle l’aura toute sa vie, tu sais.

    - Dites-moi que je rêve..., soupira-t-elle.

    - Tu rêves, murmura Harry en l’embrassant sur le bout des lèvres.

Ginny rit et deux petites larmes dévalèrent le long de ses joues. L’ancien Gryffondor l’attira à lui et la serra tendrement dans ses bras. La sorcière se laissa faire, les yeux rivés sur la longue chaussette de laine.

    - Quand Ron et Georges vont apprendre ça…

Harry posa son menton sur le haut de sa tête, dépité.

    - Ils le savent déjà malheureusement. Ça va être ma fête demain… J’imagine déjà les grands titres de la Gazette : « Le Héros du monde Sorcier change de baguette ! Harry Potter apprends à tricoter pour sa fille ! » Qu’est-ce que tu en penses ? Ça serait vendeur, non ?

Mais Ginny ne répondit pas ; Harry la sentit défaillir avant même qu’elle ne chute. Et cette fois, ce ne fut pas grâce à son intuition, quelle fût masculine ou non, mais juste le signe inquiétant de l’habitude. Il la rattrapa et appela d’une voix forte :

    - Kreattur !

L’elfe de maison se matérialisa près d’eux dans un craquement sonore.

    - Installe Ginny dans son lit pendant que je débarrasse tout ça.

    - N-Non non, protesta l’interpellée en grimaçant. J-Je vais bien. C’était juste-

    - Un vertige, encore, l’interrompit Harry. Tu es exténuée, Gin’. Il faut que tu ailles dormir.

    - J-Je vais bien... Harry. Je veux... passer encore un peu... de temps en bas, d’accord ?

Le sorcier hésita.

    - Le médicomage nous a dit de faire attention, Gin’ : il faut que tu te reposes. Kreattur sait ce qu’il faut faire. Je te rejoins bientôt, d’accord ?

L’interpellée secoua la tête et se fit violence pour s’éloigner des bras protecteurs de son mari. Harry la suivit prudemment jusqu’à ce qu’elle se fut rassise sur le canapé. Ginny releva la tête vers lui, le défiant du regard.

    - Tu vois ? Je n’en suis pas morte. Je veux juste profiter du feu un peu plus longtemps. Et je suis sûre que Lily Luna le veut aussi. N’est-ce pas mon cœur ? Dis à papa que tu es d’accord avec maman.

 

Harry observa son visage blême et les cernes qui bleuissaient sous ses yeux brillants. Il aurait fallut être aveugle pour ne pas voir à quel point elle était épuisée, rompue. Mais il savait aussi qu’elle faisait ça pour qu’ils aient un peu de temps à eux. Ils se voyaient tellement peu avec leur travail respectif et les garçons qui les accaparaient dès qu’ils pouvaient se permettre de souffler. Ils n’auraient jamais dû accepter cette troisième grossesse. C’était de la folie. Non seulement pour la santé de Ginny, que la grossesse d’Albus avait considérablement fragilisée, mais aussi pour la petite créature qui grandissait en elle.

Le sorcier sursauta lorsqu’il sentit une main se refermer sur la sienne.

    - Tu te rappelles ce que Benny a dit ?

    - A propos de ?

    - Elle devrait commencer à réagir aux sons. A nos voix. Tu ne penses pas que tu devrais lui parler un peu ?

Harry baissa les yeux vers le vendre arrondi. Lui parler… mais de quoi ? Que devait-il raconter ? Qu’il était tellement inquiet à l’idée de les perdre, elle et sa mère, qu’il n’en dormait plus la nuit ? Qu’il regrettait parfois son choix de l’avoir laissée vivre et se fustigeait aussitôt pour avoir de telle pensée ? Lily Luna était vivante. Même s’il ne la voyait pas, même s’il ne pouvait pas encore la toucher, elle était là, avec eux. Elle respirait. Elle grandissait, et bientôt, elle les rencontrerait.

Il le savait. Il le savait pertinemment. Pourtant, au fond de lui, il n’arrivait pas y croire.

    - Hum… tu es sûre qu’elle nous écoute ?

    - J’en suis persuadée. Bien sûr que tu écoutes papa, n’est-ce pas trésor ? Papa a la plus belle voix du monde !

Harry haussa un sourcil dubitatif, auquel Ginny répondit par un sourire amusé.

    - Papa a la plus belle voix du monde, répéta-t-elle, surtout quand il chante, pas vrai ? Tu aimes bien quand il chante, ma puce ? Maman aussi, elle aime bien quand il chante. Mais Papa est têtu et fier comme un hippogriffe, alors il ne voudra pas chanter pour nous.

Harry leva les yeux au plafond en soupirant.

    - Qu’est-ce que tu dis ? continua la sorcière en faisant mine d’écouter son ventre. Tu es triste ? Tu voudrais l’entendre chanter, toi aussi ? Je sais bien, mon cœur, je sais bien. Mais tu connais Papa…

    - C’est un papa très gentil, l’interrompit le papa en question. Et si sa petite fée veut absolument l’entendre chanter, alors comment pourrait-il refuser, pas vrai ? Quelle chanson Papa doit-il chanter ?

    - Hum… Quelle chanson devrions-nous demander  ? réfléchit Ginny, d’une voix faussement songeuse. Peut-être une vieille chanson irlandaise que Maman aime beaucoup ?

Harry ferma les yeux lorsqu’elle lui renvoya un sourire éclatant : il s’était fait avoir comme un bleu. Il aurait dû se douter qu’elle allait le lui demander. Résigné, le sorcier se cala dans le canapé et passa un bras par-dessus les épaules de sa femme, qui vint se lover contre lui, tenant toujours la chaussette entre ses mains. Il se racla la gorge et entama le premier couplet :

 

I'll build a better life for my child (Je construirai un meilleur avenir pour mon enfant)
And guide her where the sun will shine (Et je la guiderai là où le soleil brillera)

 

Ginny avait remarqué depuis longtemps qu’il appréhendait les derniers mois de grossesse plus qu’il ne voulait le laisser croire. Il n’avait pas non plus cherché à le lui cacher ; ça aurait pu créer une tension et un stress dont ils n’avaient absolument pas besoin. Après tout, elle était douée pour deviner quand il cherchait à lui dissimuler des choses, soit parce qu’il était un mauvais menteur, soit parce qu’elle arrivait à le lire comme un livre ouvert. Probablement un peu des deux. Néanmoins, c’était toujours elle qui essayait de le rassurer à propos de leur avenir.

De l’avenir de leur fille.


I pray each day I live with my child, (Je prie chaque jour que je passe avec mon enfant,)
Will walk in a world that's free and fine.
(pour qu’elle puisse marcher dans un monde libre et bon)

 

Il n’avait pas été aussi préoccupé lors de la grossesse de James ou lors de celle d’Albus. Pourtant, il aurait dû l’être, non ? C’était la première fois qu’il vivait une telle expérience. Il aurait dû être stressé à en mourir. Mais il avait été confiant. Il avait pressenti que ces neuf mois se dérouleraient juste comme il le fallait, avec ses crises de nerfs, ses sauts d’humeur et l’aménagement de la chambre du bébé. Même maintenant, il n’arrivait pas encore à se l’expliquer, mais au fond de lui, il avait toujours su que James et Albus, avant même que leur médicomage ne le leur dise, il avait toujours su que ce seraient des garçons. Mais cette troisième grossesse… cette troisième grossesse imprévue et risquée, il ne l’avait vraiment pas vue venir. Harry soupira et caressa le ventre arrondi du bout de ses doigts.

Elle n’était même pas née qu’elle surprenait déjà son père.


Tears won't fall from the eyes of my child, (Les larmes ne couleront pas des yeux de mon enfant,)
No man will e
ver make her cry, (Aucun homme ne la fera jamais pleurer,)

 

Une fille.

Ils allaient avoir une fille. Rien qu’à la simple idée de la tenir dans ses bras, il pouvait sentir l’angoisse lui nouer le ventre. C’était stupide, il en avait conscience. Bill se débrouillait du mieux qu’il le pouvait avec Victoire et Dominique, Georges passait ses journées à faire rire Roxanne et Ron chérissait Rose comme la prunelle de ses yeux. Ils avaient tous eu des filles avant lui et ils s’en sortaient parfaitement bien. Alors pourquoi est-ce qu’il se sentait aussi nerveux ? Était-ce parce qu’il avait eu des garçons d’abord ? Une fille ne devait pas être très différente au début. N’importe quel bébé agissait de la même façon les premiers mois de sa vie. Il pleure, il demande du lait, il dort, il réclame les bras.

Que ce fut une fille ou un garçon, c’était la même chose, non ?


No one will break the heart of my child, (Personne ne brisera le cœur de mon enfant,)
And she won't make the same mistakes as I.
(et elle ne fera pas les mêmes erreurs que les miennes.)

 

Mais bon… une fille, c’était quand même différent.

Il avait passé des nuits à essayer de l’imaginer. Serait-elle rousse comme sa mère ou bien brune, comme les garçons ? Aurait-elle les taches de rousseur des Weasley ou les yeux des Potter ? Aurait-elle le sourire vainqueur de James ou les fossettes timides d’Albus ? Serait-elle aussi studieuse que Rose ou farceuse comme Roxanne ? Pourvu qu’elle ne soit pas aussi exigeante que Dominique, parce qu’il aurait dû mal à supporter une insupportable petite peste. Hériterait-elle du caractère de sa mère ou plutôt du sien ? Aimerait-elle le Quidditch autant que James et ses cousins ? Ou passerait-elle ses journées à dessiner comme Albus ? Plus il y pensait et plus il avait l’impression de perdre les pédales. Comment allait-il se comporter avec elle ? Ron était bien devenu gaga de Rose sans s’en rendre compte et Victoire ignorait son père comme s’il n’était qu’un vulgaire épouvantail. Lily allait-elle aussi le traiter de cette manière ?


Spending endless days feeling only the touch of tears (Passer des jours sans fin à ne sentir que le contact des larmes)
Lonely nights that too soon turn to wasted years
(Nuits solitaires qui trop tôt, se transforment en années gâchées)

 

Et si jamais la grossesse venait à se compliquer ? Et si elle naissait prématurément ? Elle avait paru si petite sur les dernières échographies magiques. Allait-elle avoir une constitution plus fragile que celle de ses frères ? Comment feraient-ils si elle tombait malade ? Et si elle se blessait ? James pouvait se montrer assez vicieux avec Albus. C’étaient des garçons certes, et la compétition entre des frères était normale, mais comment réagirait-il s’ils « jouaient » ainsi avec Lily ? Il ne voulait pas la surprotéger parce qu’elle était une fille, pourtant il sentait qu’il ne pourrait pas les laisser faire s’ils agissaient de la sorte avec leur sœur. Roxanne avait bien appris à communiquer avec son grand frère, elle. Coups par coups. Georges disait souvent qu’elle avait hérité de la ténacité de sa mère et de la ruse de son oncle Fred. Peut-être Lily naîtrait-elle avec le tempérament déterminé de Ginny. Dans ce cas, il n’avait aucun soucis à se faire. Si leur petite fée ressemblait à leur mère, elle serait une battante. Il n’avait aucun doute la-dessus.


I'll share the love I saved with my child (Je partagerai l’amour que j’ai réservé pour mon enfant)
A love that once was thrown away.
(Un amour qui autrefois fut jeté au loin.)

 

Comme si elle avait lu dans ses pensées, la voix assoupie de Ginny murmura à son oreille :

    - Ne t’inquiète pas. Tout se passera bien. Elle sera merveilleuse.

    - Ça, je n’en doute pas, répondit-il en resserrant ses doigts autour des siens. C’est juste que…

    - Tu doutes encore de toi ? Tu es et tu feras un merveilleux papa, Harry. Pose ta main. Tu sens ? Elle est d’accord avec moi.

Le sorcier sourit et caressa le ventre rond de sa femme.

    - Elle…. Elle vient de se réveiller ?

    - Elle sait que c’est la fin de la chanson, alors elle proteste, rit Ginny.

    - Il reste encore un couplet, petit coeur. Laisse maman se reposer encore un peu.

    - Peut-être voudrait-elle que ce soit son papa qui la porte dans son ventre.

Cette remarque pour le moins saugrenue arracha un éclat de rire à l’ancien Gryffondor.

Encore cinq mois à attendre.

Ou plutôt… quatre mois et vingt-cinq jours avant de pouvoir serrer sa fille contre lui.

Oh Merlin.

Elle le rendait déjà fou alors qu’elle n’était même pas encore née.

 

*


I'll give my love and life to my child (Je donnerai mon amour et ma vie pour mon enfant)
And hope one day she's proud to say
(And j’espère qu’un jour elle sera fière de dire)
She is my child
(Qu’elle est ma fille)

 

Note de fin de chapitre :

Oserais-je vous demander votre avis... ?

Hum... oui, je crois bien.

Alors, qu'est-ce que vous en avez pensé =) ?

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