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Concours - HPFanfic


D’ici 7 jours, MaPlumeAPapote et ChrisJedusor lanceront un concours où vous devrez parler d’une invention magique ! Les aurors ont d’ailleurs besoin de vous pour retrouver des brevets qui se trouvaient au ministère de la Magie mais qui ont été volés par un inventeur fou !

Le concours se déroulera sur plusieurs mois et en trois rounds. La créativité , dans votre fanfiction, sera de mise ! Votre premier écrit s’appuiera sur la réflexion. Ensuite, le deuxième texte se basera sur la création d’un sortilège, d’un objet, d’une potion ou du développement d’une étude magique. Le troisième se basera sur les résultats.»

Le début de cette aventure, en tant qu’auror stagiaire, est ouvert à tous. Vous pourrez dès lors encore vous inscrire après le début du premier round si une idée vous vient, en retard, à l’esprit ! En effet, la rédaction de votre écrit, lors de la première tâche, sera étalée sur trois semaines ! Le concours débutera officiellement le 30 janvier 2022 à 00h00. Lors de votre inscription, vous devrez choisir un niveau de difficulté qui corsera un peu plus votre aventure via des contraintes.
Intéressés à partir en mission en tant que jeune auror ? Venez rejoindre le ministère de la Magie ! Le portoloin, c’est par là ! !
Bonne chance, futurs cadets !


De le 23/01/2022 00:11


119ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 119e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 28 janvier à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De Équipe des Nuits le 22/01/2022 10:04


Bonne année HPF !


Bonne année !

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L'Équipe de Modération d'HPFanfiction vous souhaite une belle année 2022 !
Qu'elle soit meilleure que les précédentes et qu'elle vous apporte ce que vous souhaitez : en particulier, de belles lectures et plein d'inspiration pour l'écriture.

Si vous souhaitez vous fixer de bonnes résolutions, plein de projets fourmillent sur le forum : le Janvier Review dont on vous a déjà parlé, le Jeu des Neuf Familles pour vos lectures de romans, BD et autres formats, Mon Défi Écriture et Mon Défi Lecture... Il y en a pour tous les goûts !

Bonne continuation sur HPF !


De Equipe de modération HPFanfiction le 06/01/2022 17:24


27éme édition des Nuits Insolites


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 27e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 7 janvier à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 02/01/2022 21:01


Sélections du mois


L'équipe de Podiums vous souhaite une très bonne année ! ♥


Félicitations à Amnesie, Lyssa7 & Fleur d'épine, et Calixto, vos coups de cœur de l'année 2021 !

En février, c'est le moment ou jamais d'encourager Neville Londubat pour lui montrer à quel point il peut être valeureux, talentueux, et digne d'intérêt ! Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Et pour cette nouvelle année 2022, préparez votre sac à dos et partez en janvier à la découverte de toutes les petites (et grandes) Créatures magiques qui peuplent ce monde ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour lire les onze textes proposés et voter ici.



De Equipe des Podiums le 01/01/2022 18:27


Janvier Reviews


reviewter [v.] intr : état résultant de l’indigestion ou de la surproduction de reviews.

Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?
Découvrez le Janvier Reviews ! Un mois entier de reviews, à consommer sans modération. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Un marathon de lecture et de reviews avec un Optimal à la clé !
À bientôt !




De le 27/12/2021 21:01


La sagesse n'a pas d'âge par Eejil9

[17 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Bonjour à tous !

Pour le concours de Seonne, "De Vous à Nous", il s'agissait d'écrire un texte sur le thème de la transmission intergénérationnelle. Les personnages choisis ne devaient pas avoir un lien parent/enfant. 

J'ai été tellement inspirée que j'ai écrit deux textes, l'un sur Severus et Minerva, l'autre sur Dudley et Lily L. et j'ai été absolument incapable de choisir entre les deux. J'ai donc harcelé la moitié des hpfiens que j'avais sous la main, et ce sont Severus et Minerva qui ont gagné d'une courte majorité. Ce texte sur Dudley et Lily est donc une pariticpation hors concours !

Merci à Princesse, Lyssa, Ialona et DameLicorne pour m'avoir aidé à départager !

 

Bonne lecture !

- Dudley, nous avons reçu la réponse de ton cousin. Ah non en fait, peut-être pas...

Dudley se demanda comment Matthew pouvait hésiter. Les lettres de son cousin arrivaient par hibou et étaient écrites à l’encre, sur du parchemin, difficile de les confondre avec les fiches de paie... Intrigué, il gagna la cuisine, et embrassa son compagnon sur la joue en saisissant la lettre. Il devait avoir raison, l’écriture était plus ronde que celle de Harry. Elle ne ressemblait pas non plus à celle de Ginny. Quel autre sorcier pouvait bien lui écrire ? Il n’avait des contacts qu’avec son cousin et la femme de ce dernier.

Cela faisait plusieurs années désormais que Dudley Dursley étaient en de bons termes avec Harry Potter. Il avait commencé à changer d’avis sur son étrange cousin après sa rencontre avec le Détraqueur et puis s’était progressivement rendu compte, à la fin de l’adolescence, à quel point son comportement – et celui de ses parents – avait été innommable. Un jour, il était tombé sur Harry en se promenant dans Londres, et n’avait pas réfléchi une seconde avant de l’inviter à boire un café.

Son cousin avait été surpris, en premier lieu. Silencieux aussi, froid, et sur la défensive. Dudley comprenait très bien, il savait qu’il avait fait de l’enfance de son cousin un véritable cauchemar. Il se demandait encore pourquoi Harry avait accepté son invitation, même s’il était très heureux qu’il l’ait fait. 

Dudley s’était longuement excusé de son comportement, sans essayer de se justifier, sans essayer de se faire pardonner. Ce n’était pas tant pour son cousin que pour lui qu’il l’avait fait. Parce qu’il avait besoin de tirer un trait sur les horreurs de son enfance.

Mais il avait bien vu qu’Harry restait sceptique, sinon hostile. Il avait bien vu que toutes les excuses du monde ne parviendraient pas à le faire changer d’avis. Alors, il avait inconsciemment changé de stratégie. Devant ce cousin silencieux, devant celui qu’il avait tant frappé, dont il s’était tant moqué, Dudley s’était ouvert.

Il avait tant de choses à dire... Des choses dont il n’avait pas réellement réussi à parler, ni à Matthew – avec qui il ne sortait que depuis quelques semaines à ce moment-là - ni à son psy. Etrange idée, tout de même, que de se confier à son ancien bouc-émissaire, devenu depuis le temps un presque inconnu...

Il avait dit son désarroi face au portrait de lui-même que lui avait donné ce Détraqueur. Il avait dit son angoisse quand il avait peu à peu réalisé qu’il était amoureux d’un garçon. Le rejet de Vernon, la déception de Pétunia, toutes ces soirées où sa mère avait tenu à lui présenter les filles de toutes ses amies et des voisines, dans l’espoir qu’il change d’avis, la mascarade face à la tante Marge, à qui il n’avait cessé de mentir que récemment... Si Vernon ne l’accepterait jamais tel qu’il était – il avait refusé de l’embaucher à la Grunnings, Dudley s’était contenté d’un emploi de bureau ennuyeux à mourir, mais il avait de toute façon trop de soucis dans sa vie pour en ajouter avec le travail – Pétunia, elle, avait fini par s’avouer vaincue. Et ce qu’elle avait toujours refusé à sa sœur, elle l’avait fait pour son fils. Elle avait de nombreux défauts, mais on ne pouvait pas dire qu’elle n’était pas une mère aimante. Aussi étonnant que cela puisse paraître, elle s’était mise à soutenir Dudley face à Vernon, et l’avait même encouragé dans ses relations. Malheureusement, le désarroi de Dudley avait toujours mené toutes ses relations à l’échec, jusqu’à Matthew. Et encore, il savait qu’il y avait trop de non-dits et de refus entre Matthew et lui pour que ça dure réellement...

Il avait raconté à Harry le paradoxe qu’était sa relation avec son père, cet homme qu’il avait tant adulé, dont il avait recherché et recherchait toujours la fierté, et qui le rejetait pourtant, qui était si plein de haine que Dudley frissonnait en se regardant dans le miroir. Les miroirs... Chaque jour qui passait, il ressemblait plus à Vernon, n’en déplaise à ce dernier, qui affirmait à qui voulait l’entendre qu’il n’était pas son père, parce qu’il n’avait pas pu enfanter quelqu’un de son espèce. Dudley ne supportait plus la violence dans la bouche de cet homme, il ne pouvait plus le voir, c’était Pétunia qui lui rendait visite chez lui, à Londres, car il était incapable de croiser Vernon sans avoir envie de hurler, de pleurer, et de lui demander de le prendre dans ses bras, tout à la fois...

La dernière fois qu’il avait vu son père, ce dernier avait demandé à voix haute ce qui avait bien pu se passer pour que leur petit garçon si vigoureux devienne une... Il n’avait pas pu prononcer le mot, pas devant Harry. C’était la seule réserve qu’il avait eue, d’ailleurs, ça, et le fait que Vernon ait accusé Harry de lui avoir jeté un sort, car il était impossible sinon que le grand et beau Big D se soit mis à aimer les hommes. Dudley refusait d’accabler encore plus ce cousin qui avait déjà tant souffert.

Harry n’avait pas répondu grand-chose à cet épanchement verbal, mais Dudley avait vu que son attitude avait changé. Il paraissait plus compatissant, plus bienveillant sans doute. Au moment de quitter le café, il l’avait invité à dîner chez lui dans la semaine, en ajoutant.

- Après tout, nous avons été tous les deux les victimes des mêmes personnes.

Ce pardon avait été le premier pas vers l’acceptation pour Dudley. Au départ, revoir Harry l’avait plongé dans un profond désarroi : comment le cousin qu’il avait martyrisé pouvait-il être plus indulgent et tolérant que son propre père ? Et puis, il avait fini par utiliser cette nouvelle confiance comme une force.

Il avait rencontré Ginny, aussi. Une jeune femme à la personnalité aussi flamboyante que ses cheveux. Elle avait commencé par lui dire ses quatre vérités en hurlant, par lui reprocher tout ce qu’il avait fait subir à Harry, avant de conclure qu’il n’était pas responsable de ce que ses abrutis de parents lui avaient enfoncé dans le crâne, et qu’elle était fière qu’il ait finalement réussi à dépasser ces idioties pour devenir quelqu’un de fréquentable. Après, le différend avait été oublié et elle avait passé le repas à faire la conversation en lui posant des questions naïves sur le monde moldu, et perspicaces sur sa vie de couple, comme si de rien n’était. Harry était resté plutôt silencieux, écoutant la discussion alimentée par sa femme et répondant de temps à autres aux questions qu’on lui posait. Il s’occupait distraitement de la petite fille rousse dans la chaise haute, Lily si Dudley avait bien compris. Son cousin avait deux autres enfants, des garçons atrocement turbulents, qui avaient à peine touché à leurs assiettes avant de partir courir dans le jardin.

Dudley ne l’avait jamais avoué à son cousin mais il avait longtemps été jaloux de ce bonheur familial. Ginny était une femme en or, les enfants respiraient la santé... Et lui, qu’avait-il ? Il était devenu un monstre aux yeux de son père et ne parvenait pas à faire durer une relation plus de quelques semaines.

 

Et puis, Matthew avait fait tout son possible pour entrer dans sa vie, pour y rester, il avait supporté ses crises avec une sérénité sans faille, et Dudley avait appris à apprécier son propre bonheur plutôt que d’envier celui des autres.

Le Noël qui avait suivi les retrouvailles de Dudley et de son ancien souffre-douleur, Ginny lui avait envoyé, en guise de cadeau, une longue lettre de plusieurs pages, dans laquelle elle racontait les aventures de Harry. Dudley s’était senti plus misérable que jamais : son cousin qu’il avait martyrisé tous les étés était en réalité un héros, il avait sauvé son monde au prix de grandes souffrances... Dudley, l’enfant choyé, n’avait rien fait de sa vie alors qu’il approchait de la trentaine, alors que le pauvre et malingre Harry Potter dont il s’était tant moqué était devenu un héros. Le pire était qu’il n’en avait rien su. Ginny l’avait mis en garde : il ne devait en aucun cas changer de comportement à l’égard de son cousin, ce dernier détestait quand on faisait de lui une célébrité. Elle pensait juste qu’il fallait qu’il sache, tout de même...

 

Dudley saisit la lettre que lui tendait Matthew. Ce dernier n’était plus trop surpris de recevoir des lettres étranges écrites à la plume sur du parchemin jauni... Depuis que leur relation était devenue sérieuse, Dudley lui avait expliqué, pour la magie. C’était tout de même plus simple ainsi, surtout quand ils invitaient Harry et Ginny. Cela n’arrivait pas si souvent, une ou deux fois dans l’année peut-être, mais c’était suffisant pour faire comprendre à Matthew que ces cousins-là étaient pour le moins étranges.

C’était Lily, la fille de Harry, qui lui écrivait. Quel âge devait-elle avoir désormais ? Huit ans, neuf ans ? Dudley ne faisait jamais attention aux enfants de son cousin. Il avait assez de soucis comme ça, et les marmots ne l’intéressaient pas vraiment. Elle l’invitait à prendre le thé, le samedi suivant.

C’était sans doute une lubie d’enfant, elle avait voulu écrire la lettre à la place de ses parents, il lui semblait que ça arrivait parfois... Peu importait. Il saisit une feuille de papier, griffonna rapidement une réponse positive et la confia au hibou qui trônait sur la table de leur cuisine. Si sa mère avait vu ça...

 

La semaine passa rapidement et il fut bientôt l’heure pour Dudley de rendre visite à son cousin. Ce dernier avait un jour essayé de venir le chercher en transplanant, pour lui faire gagner du temps, mais Dudley avait détesté l’expérience, et préférait largement prendre la voiture. Harry avait parlé de relier sa cheminée au « réseau », mais Dudley n’avait pas encore sauté le pas... Il n’avait pas très envie de se retrouver avec des sorciers inconnus dans son salon, merci bien.

Il se gara dans l’allée du petit cottage qu’habitaient Harry et Ginny, et fut surpris d’être accueilli par une tornade rousse haute comme trois pommes.

- Bonjour Dudley ! le salua-t-elle.

Ensuite, elle se mit à parler à toute vitesse, comme le font les enfants qui ont quelque chose d’important à raconter. Dudley ne comprit rien du tout, et lui demanda de répéter, passablement agacé.

- Papa m’a dit que ton papa était en colère contre toi et ne voulait plus te voir, et j’ai trouvé ça très triste, alors je t’ai invité à prendre le thé. Et puis j’aimerais savoir pourquoi aussi.

Dudley soupira, et se décida à s’installer sur la balançoire du jardin, pour lui raconter. Il n’avait pas réellement envie de remuer tous ces mauvais souvenirs, mais le regard inquisiteur de l’enfant le maintenait prisonnier. Il ne pouvait pas laisser sa question sans réponse.

- C’est... compliqué. Je peux te raconter mais tu dois me promettre de ne pas m’interrompre et de ne pas me juger sans réfléchir, ou trouver ça dégoûtant, ou...

- Promis promis promis, l’interrompit Lily, qui s’était assise dans l’herbe à côté de lui.

Ça commençait mal.

- Bien, mes parents détestent tout ce qui est différent. Ils ont toujours détesté ton papa parce qu’il est un sorcier, et comme ils n’ont pas de pouvoirs magiques, ils trouvent ça bizarre et n’aiment pas ça. Ils sont très contents d’être parfaitement normaux, mais ils ne se rendent pas compte qu’on trouve toujours normal ce dont on a l’habitude. Pour toi, ce sont les gens sans pouvoirs magiques qui sont bizarres, non ?

Lily hocha la tête avec ferveur. Dudley sourit. Finalement, les enfants n’étaient peut-être pas tous des gnomes turbulents, bruyants et irrécupérables.

- Ils pensaient que j’étais comme eux, et, un jour...

La voix de Dudley se brisa. Comment expliquer cela à une petite sorcière ? D’ailleurs, les sorciers acceptaient-ils l’homosexualité ?

- Un jour je me suis rendu compte que j’étais différent aussi, botta-t-il en touche, et mes parents l’ont très mal pris. Ma mère a réussi à surmonter ça, et je la vois toujours, mais mon père... Mon père fait comme si je n’étais pas son fils, et voit ma différence comme une honte.

La petite fille plaqua ses mains contre sa bouche.

- Mais c’est horrible ! Est-ce que c’est comme les méchants contre qui papa et maman se sont battus, ceux qui détestaient les moldus ?

Dudley sourit.

- Ce n’est pas aussi grave, mes parents ne déclencheraient jamais une guerre, et ils ne blessent personne... Enfin, pas physiquement. Mais comme les méchants dont tu parles, ils détestent les gens qui sont différents d’eux, sans comprendre et sans les connaître.

- C’est sans doute parce qu’ils ne comprennent pas, et donc ça leur fait peur, dit Lily avec une philosophie étonnante pour une petite fille de son âge.

- C’est sans doute vrai, concéda-t-il, éberlué.

- Mais qu’est-ce qui est différent chez toi ? C’est parce que tu es très grand ?

Il s’y attendait, cette petite était beaucoup trop maligne.

- Non, mon père aussi est très grand. En fait... Je me suis rendu compte que j’étais amoureux d’un garçon. Et chez les moldus, ça ne se fait pas du tout. Certaines personnes voient ça comme une maladie.

Il s’attendait à un cri dégoûté, à une grimace de rejet... Lily se contenta de hocher la tête.

- Les gens tristes et seuls sont toujours jaloux des gens qui s’aiment, alors ils disent qu’ils sont ridicules ou dégoûtants. C’est toujours comme ça.

Dudley était une nouvelle fois éberlué. Comment une enfant si jeune pouvait faire preuve d’une si grande sagesse ?

- Et ça te rend triste ? demanda-t-elle.

Une grande sagesse, mais aussi une candeur désarmante. Dudley se racla la gorge.

- Evidemment que je suis triste que mon père ne m’aime plus.

- Tu as essayé de lui expliquer ?

C’en était trop pour Dudley... Oubliant que c’était à une petite fille qu’il parlait, il ouvrit les vannes, et parla un peu trop vite, un peu trop fort, avec des mots trop crus pour une enfant.

- Evidemment que j’ai essayé de lui expliquer, j’ai tout essayé, j’ai essayé de changer, je suis sorti avec plusieurs filles, j’ai tout fait... Depuis que je suis gosse, mon père est mon modèle, et je me rends compte que je ne pourrai jamais être comme lui, pire, que je ne veux plus être comme lui parce que c’est un connard intolérant, parce qu’il est tellement bouché qu’il n’est pas fichu de m’aimer comme je suis, parce qu’il a décidé qu’il n’était plus mon père. Rien de ce que je pourrai dire ne le fera changer d’avis, et ça me rend malade, parce que je continue de chercher son approbation alors même que je le déteste, parce je lui ressemble trop et que, quand je vois une photo de moi, j’ai l’impression de le voir, mais il n’est plus ce que je veux être, parce que...

Ses mots restèrent coincés dans sa gorge. Parce que Vernon avait déçu Dudley autant que Dudley avait déçu Vernon. Il n’y avait rien à dire, en réalité. Dudley aurait bien aimé dire qu’il n’y avait plus rien d’autre entre le père et le fils que le regret de ce qui aurait pu être... C’était faux. S’il n’y avait rien eu d’autre que des regrets, Dudley n’aurait pas autant souffert, il n’aurait pas autant haï son reflet dans le miroir.

Lily posa sa petite main sur le bras de Dudley.

- Tu sais, ça ne sert à rien d’essayer de changer pour plaire à quelqu’un, même si cette personne est importante pour toi. Parce que si tu fais semblant, et s’ils ne t’aiment que quand tu fais semblant, ce n’est pas toi qu’ils aiment, c’est ce qu’ils croient que tu es. D’un autre côté...

- D’un autre côté ? poussa Dudley, la gorge nouée.

- D’un autre côté, est-ce que c’est vraiment logique de chercher l’amour de quelqu’un qui ne peut voir qui tu es ? Est-ce que ce n’est pas plus simple de profiter de l’amour qu’on reçoit, plutôt que de se rendre malheureux à cause de celui qu’on ne reçoit pas ?

Dudley soupira. Evidemment, vu comme ça, c’était limpide...

- C’est plus facile à dire qu’à faire, tu sais. Tout ce que tu me dis est vrai, mais je n’arrive pas à m’empêcher de...

Le silence tomba sur l’étrange paire que formaient Dudley et Lily. Ginny les avait aperçus par la fenêtre de la cuisine, mais elle ne les avait pas appelés. Dudley s’en estimait heureux, il se sentait trop mal pour discuter avec son cousin, maintenant.

- Ton problème, affirma soudain Lily, c’est qu’au fond, tu es persuadé que ton papa a raison. Tu penses que c’est mal d’être comme tu es, et qu’il faudrait que tu changes. Mais c’est faux, on n’a jamais tort d’être qui on est. C’est ton papa qui devrait essayer de changer, et qui a tort.

Le cœur de Dudley manqua un battement. C’était évident. Il ne s’en était pas vraiment rendu compte auparavant, mais c’était vrai. Il se sentait coupable d’avoir brisé les rêves que ses parents avaient construits pour lui.

- De toute manière, tu es comme tu es, tu ne pourras pas faire mieux que faire semblant d’être comme ton papa veut que tu sois. Est-ce que tu as vraiment envie de passer ta vie à faire semblant ? Sûrement pas, sinon tu le ferais déjà. Alors c’est un peu bête de ne pas faire semblant, et de quand même t’en vouloir.

Dudley soupira.

- C’est vrai, mais c’est plus facile à dire...

- Qu’à faire, coupa-t-elle, oui je sais. Sauf que tu devrais te rendre compte que c’est lui qui ne fait pas d’efforts. Tu peux bouger les bras autant que tu veux, s’il te tourne le dos, ça ne sert à rien. Il ne mérite pas qu’on se sente coupable pour lui.

Dudley ne dit plus rien. Il n’y avait rien à répondre. C’était étonnant de recevoir une telle leçon de la part d’une enfant. A ce moment-là, il se rendit compte que la sagesse n’avait pas d’âge.

Il n’avait pas encore repris ses esprits que Lily courait vers le cottage.

- Viens Dudley, maman a fait une tarte à la mélasse !

Dudley soupira, et la suivit. Il avait déjà été suffisamment malpoli, il devait saluer son cousin.

Il eut l’impression de nager dans une mer de coton pendant tout le reste de la visite. Au moment de partir, Harry le prit à part.

- Dudley, ça va ? Tu n’as pas l’air dans ton assiette....

- Non, pas vraiment, j’ai... eu une discussion avec ta fille. Je n’aurais pas pensé qu’elle m’inviterait pour me cuisiner sur mon orientation sexuelle et ma relation avec mes parents...

- Ah...

Harry n’était pas doué pour réconforter les gens. Il avait sauvé le monde, combattu des psychopathes, cherché et trouvé l’aiguille dans la meule de foin et pourtant... Le désespoir des autres le plongeait dans une angoisse folle.

- Dis, poursuivit Dudley, comment les homosexuels sont vus chez les sorciers ?

Son cousin haussa les épaules.

- C’est plus ou moins comme chez les moldus. Les personnes âgées, ou de familles snobs pensent que c’est une maladie, les jeunes l’acceptent, et il y a tout un tas d’hypocrites qui prétendent ne pas y voir d’inconvénient, mais qui, au fond, restent assez intolérants...

- Mais, Lily...

- Lily a reçu le nom de deux femmes extraordinaires, et elle tient beaucoup d’elles. Je pense que cela suffit à expliquer sa réaction.


 

Note de fin de chapitre :

Voilà, j'espère que ça vous a plu ! N'hésitez pas à me donner votre avis... Vous pouvez aussi aller lire les autres participations pour le concours (pour le moment il n'y a que moi, mais bientôt, vous aurez d'autres choses à lire :P --->)

 

A très bientôt pour la suite et la fin de cette histoire ! 

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