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128ème Nuit d'écriture


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A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Aspirant par berserkr

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Imprimante
Table des matières

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Note de chapitre:

Hola !

Je vous présente ce petit OS sans prétentions que j'avais déjà posté il y a quelques mois de ça, sous le nom de Training Day. Mais il y avait des choses qui me plaisait moyennement dedans, alors j'ai fini par le supprimer.

Puis cette semaine, je l'ai retrouvé sur mon PC, alors j'ai eu envie de le remanier. Pas de A à Z, mais en le simplifiant juste un peu.

Jonah est l'un des premier OC que j'ai créé, et l'un de mes préférés. Et j'ai quelques idées pour de futures fics avec lui, qui pourraient être sympathiques :D

 

Elle était là, assise devant sa fenêtre. Sa mère était toujours aussi belle malgré le temps et les épreuves. Jonah prit le second siège libre et se rapprocha d'Annie Pinkerton, avant de lui prendre la main en douceur pour signifier sa présence. Elle se tourna lentement vers lui, et le cœur de Jonah se réchauffa. Il y avait encore cette petite lueur dans son regard, malgré tout.

- Salut, maman. Tu es super bien coiffé, dis donc. C'est l'infirmière de l'autre fois, qui te les a coupés, je parie.

Jonah tenait d'elle cette tignasse épaisse brune pratiquement incoiffable. Et surtout ses yeux bleus et son nez fin. De son militaire de père, il n'avait pas hérité de grand-chose. Hormis peut-être sa grande taille et sa gestion du stress.

- Ça fait longtemps, hein. Près d'un an et demi, je crois bien. Excuse-moi de mon absence, d'ailleurs. Mais j'ai été bien occupé, il faut le dire. Tu sais quoi? J'ai craqué et j'ai fini par suivre la même voie que papa.

Il faut dire que Jonah n'avait jamais été très assidu dans ses études, tant à Ilvermony que chez son maître d'apprentissage, qui avait été à deux doigts de le virer à bien des reprises. Avant qu'il ne plaque tout après à peine cinq mois de calculs compliqués et vides de sens pour lui.

- Bon, certes entre l'armée et les Aurors, les deux mondes sont en fait, bien différents. Mais au fond, il s'agit toujours de se battre, non ? Enfin voilà, mon intégration en Angleterre s'est très bien passée, mais mes études en Arithmancie ont fini par me faire détester tout ce qui comportait des chiffres. Même toi, le professeur de maths, tu n'y comprenais rien, tu te rappelles ?

Un faible sourire lui indiqua que oui. C'était tout ce que pouvait faire sa mère depuis son accident de voiture.

- Alors j'ai rejoint les Aurors, les chasseurs de mages noirs anglais. Et là je viens de passer ma première année. On nous a formé dans un centre coupé de tout, et c'était assez dur. Et je m'en suis tiré avec les félicitations des examinateurs et des chefs. Pourtant, ce n'était pas gagné, tu peux me croire.

Déjà, les Aurors souhaitaient l'excellence. Jonah l'avait bien ressenti devant le trio qui l'avait fait passer en entretien. Ses mauvaises notes, à ses examens de fin d'études à Ilvermony, étaient des freins importants. Le commandant des Aurors, le célèbre Harry Potter avait été dur avec lui. Mais son adjoint, Ron Weasley avait quand même proposé de lui faire passer les tests physiques, ce qui arrangea considérablement les choses pour Jonah.

Il avait tout d'abord battu le record du parcours d'obstacle, en l'effectuant en deux minutes et trente secondes, contre une moyenne de trois minutes pour les autres concurrents. Ensuite sa rapidité et sa précision à la baguette avait changé la donne lors des duels. Il avait ainsi vaincu trois adversaires sur quatre.

Il resta auprès d'elle une heure avant d'embrasser une dernière fois le front de sa mère et quitta la chambre d'hôpital d'Annie Pinkerton, le cœur serré, en se promettant de revenir la voir le plus souvent possible. Mais habiter de l'autre coté de l'Atlantique ne facilitait pas les choses.

Il repartait le lendemain pour Londres. Pour intégrer le bureau en tant qu'aspirant Auror, le lundi suivant et ce, pour deux ans. Deux années où il était certain de se confirmer en tant qu'Auror. Jonah se sentait un peu inquiet mais il était sûr de lui. L'aventure allait être hors du commun.


---------------

Il avançait dans le bureau des Aurors en compagnies des autres aspirants. Ils étaient quatre, tous prêts à débuter leur apprentissage. Une vieille et tenace rumeur disait que beaucoup d’aspirants abandonnaient dans les premiers jours. La pression et les ordres qui ne correspondaient pas aux attentes des élèves, en étaient les principales raisons. Mais Jonah n'avait pas l'habitude de faire confiance aux rumeurs. Pas plus qu'il ne faisait confiance aux autres aspirants. La jeune femme blonde à coté de lui, Lisa Bonnard s'était par exemple donné pour mission de le surpasser sans la moindre once de pitié, tout au long de leur première année commune. À vrai dire, aucun n'avait supporté les facilités de Jonah pour le combat ou encore sa capacité d'analyse. Le jeune homme avait ainsi dû travailler les compétences indispensables qui lui manquaient, tout seul. Ou avec l'aide de certains de ses formateurs, plus conciliants que d'autres.

Les trois autres observaient l'Auror qui les guidaient, avec une certaine crainte. Jonah devait avouer que le type était assez effrayant. Une prothèse en métal remplaçait son bras droit et surtout l'homme affichait un nombre terrifiant de cicatrices, sur son visage. Mais Jonah trouvait ça plutôt passionnant. Et si cela faisait peur aux autres alors il ne pouvait qu'apprécier cet homme qui s'appelait Ryan Campbell. Il restait seulement à voir quelle genre de personne était le chasseur de mages noirs.

- Bien, écoutez-moi bien, lança-t-il d'une voix posée mais ferme. Nous y voilà. Les casiers sont dans la pièce du fond. Vous déposez votre barda, vous vous mettez en tenues de travail et vous revenez aux bureaux. Les filles sont à gauche et les garçons à droite. Les armures en cuir attendront un peu, vous vous en doutez. Vous avez dix minutes, alors ne traînez pas. Vous serez appelés ensuite par vos mentors.

Voyant que les aspirants mettaient du temps à démarrer, l'Auror s'énerva, laissant ressortir son accent écossais. Ce qui fit aussi rire ses collègues de travail.

- Et bougez-vous !

Jonah se rendit sans attendre à son casier, rangea proprement ce dernier et se changea rapidement. Grandir dans un fort militaire grâce à son père colonel et s'intégrer aux recrues pendant l'été entre ses années à Ilvermony, cela avait ses avantages, finalement.

Il fut ainsi le premier à sortir, sans particulièrement se presser.

- Ah c'est toi le fils de militaire, j'imagine, lança Campbell. Mais c'est pas supposé être important, l'entraide pour un soldat moldu ? Tu aurais au moins pu aider ton camarade, à ranger son casier.

- Honnêtement j'ai abandonné au bout de trois semaines avec eux, soupira l'aspirant. L'accord tacite de la promo, c'était chacun sa gueule. Mais je pense que vous le savez déjà.

- Exact. Mais ils vont bien vite comprendre que l'entraide est primordial, dans ce métier. Ils changeront rapidement ou ils dégageront fissa. Et ne crois pas que jouer les fayots t'aidera, Pinkerton. Surtout avec ton mentor.

- Je vous répond simplement en toute franchise, monsieur, précisa Jonah, un peu énervé par la remarque.

- Je sais, juste un petit test de caractère, répliqua l'Auror vétéran avec un rictus. C’est une chose essentielle pour un Auror. Attends tes camarades là.

Un peu plus loin, Ron Weasley en personne regardait la recrue d'un œil attentif. Les cheveux roux comme la barbe de l'Auror étaient drus et légèrement négligés. Il était assez grand et large d'épaule. Campbell se rapprocha de lui et chuchota.

- Tu devrais pas avoir trop de soucis. Les Weasley sont des veinards.

- Pourquoi crois-tu que j’ai insisté auprès d’Harry, pour qu’on le prenne ?

Les autres aspirants ne tardèrent pas à le rejoindre. Les mentors étaient tous là. Et surtout le commandant en personne étaient venus les accueillir. Jonah le garda évidemment pour lui, mais il ne trouvait pas l'Elu spécialement impressionnant à première vue. Il était bien moins grand que lui, et donnait plus l'impression d'être un homme d'affaires important qu'un combattant d'élite . Mais son passé suffisait amplement à faire sa réputation. Ça et l'inflexibilité que Jonah avait ressenti chez lui, lors de son oral, près d'un an auparavant. Les autres aussi semblaient impressionnés de se retrouver face à eux. Ron Weasley et Harry Potter n'avaient guère besoin de présentation, les trois vétérans derrière lui non plus à vrai dire. Le commandant avait choisi les meilleurs Aurors possibles pour être mentor, cela ne faisait aucun doute.

- Je n'aime pas les discours, commença Harry Potter. Alors je vais seulement vous féliciter pour avoir réussi les épreuves que vous imposait le centre. Mais comprenez bien que ce n'était que le début. Et que tout peut encore s'arrêter très vite. Je vous laisse avec vos tuteurs, ils vous suivront pour les deux années à venir. Ryan, je te laisse les répartir.

Il les planta là, sous le regard étonné des aspirants.

- Bonnard, tu seras sous la tutelle de Corner.

Il désigna un Auror borgne qui salua la peste qu'était Lisa Bonnard, d'un geste rapide.

- Kelso, avec moi. Mei Choi ? Je prononce correctement ?

La jeune femme à la droite de Jonah acquiesça. L'asiatique était la seule qu'il appréciait un peu dans les nouvelles recrues. Et encore, c'était une personne assez froide et distante.

- Tu seras avec Demelza, ici présente. Et enfin Pinkerton, avec Ron.

Ils l'avaient donc mis sous la tutelle du sous-commandant des Aurors. Jonah sentit le regard de ces trois camarades sur lui. Au moins, ils avaient une raison de plus de le jalouser et de le détester. Les autres rejoignirent leur mentor. Et Jonah fit de même. Ron le dévisagea une dernière fois puis sembla se détendre.

- Bon, ça dérange si je t'appelle Jonah ? Pinkerton, c'est un peu long.

- Non, aucun soucis.

- Parfait. J'en suis vraiment désolé , mais je ne vais pas pouvoir tellement m'occuper de toi aujourd'hui. Mais je vais au moins te montrer ton bureau. Et voir à quoi on va t'employer. Ramène-toi, gamin. Bon, ton bureau dispose plus ou moins du strict minimum, mais tu as tes fournitures, je suppose.

- Toujours.

Il le suivit et Ron lui désigna une chaise et une banale table. Ce qui était une illustration parfaite du strict minimum, peut-être même un peu trop. Mais Jonah ne se vexa pas pour autant. Il regarda les trois autres tout comme lui devant leur bureau. Plus l’heure avançait, plus ils semblaient particulièrement dépités par le traitement qu'on leur infligé. Les pauvres petits, songea Jonah.

- Commence par t'installer tranquillement, dit Ron. Ce n'est pas aujourd'hui que tu pourras faire grand chose, malheureusement. Dès que tout te semble en ordre, tu iras voir la belle, là-bas. Elle s'appelle Karen Fergus. Mais elle n'est pas fine le matin, alors gare à toi.

Il parlait d'une jolie blonde assise à deux bureaux d'eux. Visage parfait, l'air intelligente, c'était exactement le genre de Jonah. Quelque chose lui disait quand même qu'il fallait se méfier d'elle. Elle devait être dans ses âges, mais elle avait manifestement terminé sa formation depuis un moment.

- Ta première journée se termine à quinze heures, je crois.

- Oui.

- Tâche de me retrouver, à cette endroit, à dix-huit heures, continua l'Auror, en lui remettant un papier avec une adresse. C'est un pub très sympathique sur le chemin de Traverse. Tu devrais le trouver assez facilement.

- Je le connais, je crois

- On prendra un verre et on pourra faire le point sur ton premier jour et je te dirais ce que j'attends vraiment de toi. Ne crois surtout pas que je me débarrasse de toi, gamin. Mais cette journée est assez spéciale. Un gros imprévu qui nous tombe dessus.

Le sous-commandant retourna ensuite à son bureau. Jonah ne voulait pas paraître perdu et il s’activa aussitôt.

Pour commencer, il alla prendre ses affaires de bureau comme les autres aspirants. Mais détestant l'idée de passer pour un idiot avec sa pauvre table, il la métamorphosa en se basant sur les bureaux de ses collègues, ce qui lui valut un sourire discret de la part des vétérans proches de lui. Il installa ses affaires, rangeant chacune de ses fournitures, à un endroit précis. Jonah était quelqu'un de très fier et d'organisé. Et il n'allait pas se priver le montrer, tout en restant raisonnable. Il contempla son poste de travail plutôt content de lui. Puis il se dirigea vers la jeune Auror que son mentor lui avait désigné.

- Excusez-moi, Mrs Fergus ?

- Tu es Jonah, c'est ça ? Prend la chaise du bureau à coté et assieds-toi, dit-elle tranquillement en détournant le regard de ses rapports. Ron m'a prévenu. Et on a qu'à s'appeler par nos prénoms et se tutoyer, ce sera plus simple.

Jonah obtempéra. Ils firent ensuite les présentations. Karen était officiellement Auror depuis trois ans, donc elle savait par quoi Jonah allait passé. Son mari était moldu et elle était sortie de Poudlard avec un Optimal à chacun de ses Aspics, sauf en Botanique. Ils discutèrent de tout et de rien avant de finalement se mettre au travail. Jonah avait cependant pris soin d’éluder les soucis que rencontrait sa mère.

- Bon pour faire simple, j'ai deux affaires sur le feu, dont l'une peu importante, expliqua la jeune Auror. J'aimerais que tu planches sur celle-là. J'ai pas eu le temps de m'en occuper, j'ai pris l'autre en priorité. Première chose que l'on t'a appris, Jonah ?

- Les meurtres sont prioritaires.

- Exactement.

Elle lui transmit le dossier, que Jonah lut lentement. Une soirée dans un restaurant moldu avait tourné à la mêlée générale ; deux jours plus tôt. Le résultat était plutôt violent et il y avait un certain nombre de blessés, dont un pauvre serveur avec une oreille arrachée par une adolescente. La magie noire était clairement à l’œuvre.

- Ah oui quand même.

Jonah en était certain, l'Imperium était à exclure. Il était tout bonnement impossible de contrôler trente personnes, d'un coup.

- Le maléfice de Discorde ?

- Non non, les moldus avaient un comportement primal et ultra violent très rapidement, c'est marqué là.

- Ah oui pardon, le maléfice de Discorde aurait entraîné de sacrées disputes, avant qu'éventuellement tout ne parte en cacahuètes. On a des relevés sur l'air du restaurant ? C'est peut-être une nouvelle arme chimique. Mais ça pourrait aussi être l’œuvre des moldus.

Il relut cependant le rapport avec attention.

- Ou je m'éloigne trop. Le champagne était offert aux adultes, et l'adolescente qui a mangé l'oreille du serveur a dû en piquer un peu, à sa mère ou son père. C'était la seule gamine présente dans le restaurant, ce soir-là. Philtre de sauvagerie. Ce qui n'est pas une potion facile à faire, bien au contraire. Combien de personnes en sont capables dans le pays ?

- Il en existe que deux, dont l'un est professeur de potions à Poudlard, répondit Karen, sans détacher son regard de ses feuilles. Et on peut donc quasiment l'exclure d'avance, il était dix-neuf heures trente au moment des faits, et ce professeur dînait dans la Grande Salle de Poudlard, en compagnie de trois cents personnes. Va donc voir Alexander Carlyle, au département judiciaire. Il te trouvera le dossier de l'autre personne.

- Il est aussi bon que je le pensais, dit Ron qui s'était approché d'elle, tandis que Jonah traversait la pièce. Carlyle va encore se marrer. T'avais fait combien, toi ?

- Dix minutes, il est dessus depuis moins de sept. Sa capacité de réflexion est captivante, analysa Karen. Et il est plutôt attachant.

- Attends de le voir sur le terrain. Tu l'emmènes pour le meurtre ?

- Je pense, oui. Il sait se tenir et il a l'air d'avoir un sacré vécu, au niveau de vie privée. Mais il est plus fragile que l'on pouvait l'imaginer. En cherchant à le connaître, pas une seule fois il n'a parlé de sa mère.

- T'as lu son dossier ?

- Je n'aime pas faire le travail à moitié, tu sais.

- Fais en sorte qu'il s'ouvre un peu à toi. Il a besoin de se libérer de ce qui le hante, si on veut faire de plus gros progrès avec lui.

Jonah revint une demi-heure plus tard, l'air ni déçu ni énervé. Au contraire, il avait du mal à contenir son rire. Le dossier sur l'utilisateur de potion contenait un simple mot de bienvenu de la part de Ron.

- Alors, cette première enquête t'a plu ? demanda Karen, elle aussi hilare.

- Je suis passé par toutes les émotions possibles je crois. D'abord l'a colère puis l'exaspération et ainsi de suite. Carlyle est très sympathique, en passant. Plutôt gentil comme bizutage, ceci dit.

- Je ne parlerais pas vraiment de bizutage, Jonah. Ça nous a principalement permis de comprendre comment ta logique fonctionnait. Si tu détectes n'importe quel détail, même insignifiant, alors tu peux résoudre tes affaires facilement. En théorie, du moins. Mais tu n'avais pas deviné que c'est un canular ?

- Il y avait des choses assez illogiques, en fait. Du coup, j'étais dans l'incertitude. j'ai préféré continuer plus tôt que de me lancer dans des explications qui pouvaient être complètement à côté de la plaque. Dis-moi ? Toute la journée va être comme ça ?

- C'était le dernier coup du genre, promis. J'y suis passé aussi, tu sais. C'est la méthode de Ron et c'était mon tuteur quand j'étais à ta place. Bon, pause café ?

- Ma foi, je ne peux pas dire non.

- Alors, tu t'en occupes, décréta Karen, d'un air espiègle. Si on ne peut plus se servir des aspirants pour les corvées, ce travail présente soudain moins d'intérêt.

Obligation de sous-commandant ou pas, Jonah se demandait vraiment pourquoi il n'était pas avec Ron, alors que c'était lui son tuteur attitré. Il ne détestait pas la compagnie de Karen, bien au contraire. C'est une parfaite pédagogue, cela se voyait. Mais il ressentait le besoin d'apprendre avec quelqu'un qui avait bien plus de bouteille. Un héros de la guerre, de préférence. Il retourna au bureau avec les tasses.

- On va sortir dans pas longtemps, j'ai besoin de toi pour une arrestation, dit la sorcière après avoir porté les lèvres sur sa tasse. Ça concerne l'affaire dont je m'occupais tout à l'heure. Une banale histoire conjugale. Si on omet que Mr Figgis est mort, étouffé par un Filet du Diable. Ça ne devrait pas prendre longtemps, la pauvre femme ne représente pas un grand danger. Des équipes de la police magique sera là pour nous épauler au besoin.

- On est certains que c'est bien elle ?

Elle lui donna un maigre bout de parchemin, où la sorcière avouait son crime d'un simple «  Je l'ai tué ». Karen regarda ensuite Jonah droit dans le blanc des yeux et prit un ton extrêmement grave.

- Elle n'a pas dit pour quelle raison, elle l'avait tué. Mais je me suis douté de quelque chose quand je l'ai interrogé le jour de la mort de son mari. Il faisait près de vingt-six degrés et elle s'était habillée comme si on était en hiver.

- Le mari la battait.

- C'est aussi ce que je pense, même si elle ne l'a pas écrit. Si tout se passe comme je l'imagine, essaye à tout prix de rester sérieux. On risque de voir la misère humaine, dans toute sa splendeur. Et j'ai besoin que tu sois diplomate et empathique à tout moment, tout en sachant être ferme et apte à réagir si la situation dégénère. Ce qui ne risque pas d'arriver, disons-le honnêtement.

Les Figgis habitaient dans une petite maison de campagne. Ils avaient un fils en bas âge et semblait aller relativement bien pour eux. Même si leur niveau de vie laissait un peu à désirer, comprit Jonah. Le père n'avait aucun travail et Mrs Figgis avait abandonné son poste dans une fabrique de balais volants, à la naissance de son fils. Ils se rendirent ensuite chez eux. Karen sonna à la porte. Un garçon d'environ dix ans leur ouvrit. La jeune Auror s'agenouilla près de lui, lui faisant un sourire.

- Salut mon grand, tu te souviens de moi ?

- Oui. Vous êtes l'Auror qui est chargée de la mort de papa.

Le garçon semblait terriblement perspicace et mature pour son âge. Jonah trouvait presque cela effrayant. L'enfant savait ce que sa mère avait fait, pensa-t-il

- Est-ce que ta maman est là ?

- Maman a l'air bizarre depuis ce matin. Elle a dit qu'elle vous attendait.

La maison était propre. Jonah et Karen entrèrent, guidés par le petit garçon. Sa mère était assise sur le divan, dans le salon. Le regard vide, elle tourna la tête vers les nouveaux venus. Son corps portant les traces d'une beauté désormais fanée à jamais , elle se contentait de les fixer. Le désespoir se lisait en permanence sur son visage. Même sa voix semblait morte.

- Tom, va jouer dans ta chambre, s'il te plaît. Je dois avoir une discussion importante avec cette jeune femme et son collègue.

Quand le garçon se rendit à l'étage, Karen commença à parler à Mrs Figgis, en douceur.

- Vous avez bien réagi, en avouant, Hanna. Même par courrier. Comprenez bien que le Magenmagot pourrait en tenir compte. Oubliez ce que je viens de dire, il en tiendra compte, j'en suis même certaine.

- Je n'y arrivais plus, j'avais beau essayé de l'aimer, c'était devenu un monstre. Je n'en pouvais plus, vous comprenez ?

- Votre mari vous battait régulièrement, madame ? demanda Jonah en observant les nombreux hématomes et les entailles sur les bras qu'elle s'efforçait alors de cacher, sans pouvoir tout recouvrir.

- Presque tous les soirs depuis des années. Il attendait que le petit soit au lit, et alors il se transformait en tortionnaire. Je sais que ce que j'ai fait, était tout aussi ignoble. Je me suis servi d'un Filet du Diable et c'était prémédité, ils ne me feront aucun cadeau. Vous pourriez expliquer tout ça à Tom ? Je m'en sens pas capable. J'aimerais si possible qu'il aille chez ma mère. Les parents de Reggie sont morts depuis un moment, et je ne veux pas qu'il grandisse en famille d'accueil.

Elle craqua soudain. Karen se rapprocha de Jonah et lui chuchota à l'oreille.

-Vas-y, et explique-lui en douceur ce qu'il va se passer. Il a l'air intelligent, ce sera facile. Je crois que j'arriverais à nouer un meilleur contact si on est entre femmes, comme ça elle sera dans un meilleur état quand on l’emmènera.

Le garçon fut très compréhensif, et Jonah n'eut aucun mal à discuter avec lui. En redescendant avec lui, il le laissa serrer sa mère dans ses bras, puis l'enfant partit avec deux agents de la brigade magique qui étaient restés à l'extérieur, jusque-là. À leur retour, il laissa Karen mener la sorcière au département de la justice magique et attendit le retour de la jeune femme, à son bureau. Elle l'invita ensuite, à la suivre pour le déjeuner.

- Mais mets des fringues de moldus, on va à l'extérieur. Je pense que tu n'auras aucun problème pour les choisir.

Elle le fit ensuite transplaner jusqu’au centre-ville, d'où elle le mena dans un restaurant indien.

- Tu as compris ce que j'entendais par misère humaine, tout à l'heure? demanda-t-elle, alors qu'on leur servait les plats.

- Dur de plaindre la victime, même en essayant de rester impartial, fit remarquer Jonah. Mais oui, je pense avoir compris. Hummpf, c'est excellent.

- T'as vu ça ? C'est mon resto préféré, carrément mieux que la cantine du ministère. Mon mari m'y emmène très souvent. Mais pour en revenir à tout à l'heure, tu as agis comme je le souhaitais. J'aurais simplement souhaité que tu m'accompagnes chez les grattes-papiers, par soucis de sécurité. Mais j'ai bien vu que je t'ai peut-être trop demandé pour un premier jour. Ron gère mieux que moi les aspirants.

- Non, ça va, répondit Jonah, ne pouvant s'empêcher de sourire. Je m'y ferais.

- Tu ne t'y feras jamais vraiment, répliqua Karen.

Elle lui expliqua alors qu'il ne sentirait aucun remords à arrêter les pires enflures de ce pays. Mais qu'il était normal, qu'il soit mal à l'aise dans les cas comme celui-là. Et Karen avoua qu'elle-même n'était pas à l'aise, là-bas. Mais Mrs Figgis avait franchi la ligne. Même si elle avait clairement ses raisons, un meurtre restait un meurtre, d'autant plus qu'il était prémédité.

- T'as été génial avec le petit Tom, au fait.

- Les coups durs, je connais ça. Ça n'a pas été difficile de se mettre à sa place, tu sais.

- Par rapport à ce qui est arrivé à ta maman ?

Karen s'en voulut sur le coup. Elle et sa grande bouche qui s'ouvrait toujours quand il ne fallait pas. Vu les ennuis que ça lui avait créé durant ses années à Serpentard, elle pensait avoir appris à se taire.

- Excuse-moi, c'est gênant, dit-elle timidement .

Elle avait l'air sincèrement désolée mais Jonah ne pouvait pas lui en vouloir au fond. Les dossiers des candidats étaient soigneusement étudiés et les moindres recoins de leurs vies minutieusement passés au peigne-fin.

- Quand la voiture l'a renversé, j'étais en cinquième grade à Ilvermony. Le type en face était ivre et ma mère adorait se balader de nuit, en moto. Et bien sûr, le gamin que j'étais a tout fait trouver une solution. Mais quand j'ai compris que la magie ne pouvait pas tout arranger, j'ai plus ou moins fait une dépression.

- Qu'est-ce qui t'a sorti de tout ça ?

- Son sourire. Elle est sortie du coma, un an plus tard et quand elle m'a vu, c'est la première chose qu'elle a faite . Mais les séquelles sont trop graves pour qu'elle retrouve une vie normale. Elle arrive à faire quelques pas avec de l'aide et elle dit deux ou trois mots de temps à autres. Mais la plupart du temps, elle fixe l'extérieur de sa chambre d'hôpital, en permanence.

- Je commence de plus en plus à comprendre pourquoi Ron tenait absolument à ce que tu sois avec lui. T'as probablement le passé le plus lourd parmi les quatre aspirants, ce qui veut aussi dire que ces expériences douloureuses t'ont permis d'évoluer plus vite qu’eux, d’une certaine façon. Même comme tu l'as compris, le métier d'Auror est particulier et très diversifié. Bon, on file ? On a un rapport à finir sur l'affaire Figgis. Si tout se passe bien, on aura fini en moins d'une heure. Et ...

Elle s'interrompit alors et scruta l'extérieur. Jonah avait vite compris que quelque chose n'allait pas.

- Ne te retourne pas, tu vas nous faire griller, ordonna l'Auror.

 

Elle sembla se calmer. Puis elle adressa un sourire à l'aspirant.

- Oublie le rapport. Tu veux t'amuser ? J'ai repéré un cas intéressant. Je paie la note, camarade. On aura qu'à remettre ça, un autre jour. Sasha, l'addition s'il te plaît.

Jonah suivit la jeune femme à travers Londres. Ils marchèrent un moment, puis Karen s'arrêta.

- Bon, prochaine leçon, la filature. Ce cours-là n'était pas prévue au programme. Tu vois le type immense qui vient d'entrer dans le magasin de vêtements ? Il s'appelle Oscar Edgerton. C'est un braqueur et un voleur qu'on recherche activement. Il a déjà prouvé qu'il n'hésitait pas à tuer si nécessaire. La plupart du temps, il s'occupe de voler les moldus. Mais le mois dernier, lui et son équipe de bras cassés ont braqué Gringotts. Bien sûr, les gobelins étant ce qu'ils sont, les types sont repartis les poches vides. Mais pas sans faire de victimes, un agent de sécurité et un gobelin sont morts.

- On devrait pas demander du renfort ?

- Et le laisser filer ? J'ai pas emmené mon matériel de communication et créer un patronus, dans cette foule, tu oublies. On va le suivre jusqu'à sa planque et ensuite on se mettra en couverture devant quelques jours, avant de leur taper sur les doigts. On cherche à arrêter toute l'équipe, pas un seul gars.

Edgerton sortit du magasin avec une bourse. Il était facile de passer inaperçu avec la magie. Le truand traversa la rue, droit sur eux. Il devait sans doute connaître Karen de vue, car l'Auror s'empressa de prendre la main de Jonah

- Jonah, embrasse-moi vite.

- Quoi ?

- Roule-moi une pelle, fissa.

Devant l'incompréhension de Jonah, Karen prit les devants. Elle se mit sur la pointe des pieds et posa ses lèvres sur celle de l'aspirant Auror. Elle était très douce et attentionnée, peut-être trop trouva Jonah, mais il répondit au baiser quand même. Edgerton passa devant eux sans faire attention. Quand elle arrêta de l'embrasser, le jeune sorcier n'avait toujours pas compris, ce qu'il s'était passé. Ils le suivirent dans la rue, d'une bonne distance, toujours main dans la main. Karen n'avait pas envie que Edgerton les grillent.

- J'avais peur qu'il me reconnaisse. Mais en général les effusions amoureuses mettent les gens mal à l'aise, expliqua-t-elle, malgré tout légèrement gênée. Et même s'il avait un léger coté pervers, et bien tu es suffisamment grand pour me cacher.

- Technique imparable.

- Au fait, tu embrasses très bien. Les filles doivent t'apprécier.

Pas tellement, pensa Jonah. À Ilvermony, il était du genre discret, préférant la compagnie de la nature plutôt que celle de ses congénères. Il avait eu des relations évidemment, mais elles n'étaient jamais aller très loin. Le baiser qu'il avait échangé avec l'Auror était son premier depuis qu'il avait posé ses valises à Londres.

- Mais va pas t'imaginer des trucs, s'esclaffa Karen. Je suis mariée hein.

- Ouais, je sais. T'en fais pas pour ça. Il tourne à droite.

- Bien vu.

Seulement quand ils bifurquèrent eux aussi dans la ruelle, le sorcier avait disparu. Karen poussa un cri de colère.

- Il nous a grillé ?

- Non, il a juste fini son coup, alors il a transplané. Bon, on rentre. J'aurais juste à informé le chef qu'on l'a croisé.

Jonah poussa soudain Karen et lui-même esquiva d'un mouvement de tête, le sort qui leur était destiné. Le rayon de lumière le frôla, et Jonah en ressentit la chaleur, le sort alla s'écraser contre une poubelle. L'homme s'était désillusionné. Jonah sortit sa baguette presque aussitôt et lança avec précision deux sortilèges de stupéfixion, qui furent malgré tout contrés par Edgerton. Il lança un sortilège de fumée, qui lui permit de transplaner, cette fois pour de bon. Jonah avait clairement entendu le « crac» sonore, caractéristique du transplanage. Il retourna vers Karen, et l'aida à se relever.

- Ça va ?

- J'ai connu bien pire qu'un genou écorché, ne t'en fais pas. Pas de témoins ?

- Non.

- Alors on rentre. Et Jonah, merci. Je me suis vraiment fait avoir comme une débutante.

Le rapport sur l'affaire Figgis fut très vite terminé. Karen proposa à Jonah de rentrer chez lui. En se changeant, il se disait que c'était pas une si mauvaise journée que ça. Il se ferma son casier et se retrouva nez à nez, avec son commandant en personne.

- Alors, Pinkerton, cette première journée ?

- C'était mouvementé, mais pas désagréable. À part la tentative de meurtre d'Edgerton, pendant la pause du midi, mais franchement ça va.

- Tu n'as pas perdu de temps pour te faire remarquer. Karen est intarissable d'éloges sur ton compte. Bon, repose-toi bien. Connaissant Ron depuis un sacré moment, je peux te dire que le sommeil va être un bien précieux, à partir de maintenant.

Harry Potter allait partir mais avant il démontra les craintes que Jonah avait.

- Et Pinkerton, ton jugement sur moi est faux, je tenais à te le dire. J'avais simplement l'impression en regardant ton parcours que tu t'engageais chez les Aurors, par hasard ou par défaut. Ce que je n'apprécie pas. Mais on va réussir à faire de toi un très bon Auror, je pense.

Jonah quitta le bureau des Aurors, tranquillement. Oui son premier jour s'était bien passé. Peut-être même trop. Il s'était attendu à jouer les grattes-papiers dès les premières minutes, mais tout ça avait été incroyable du début à la fin. Seul l'arrestation de Mrs Figgis avait un goût presque amer, mais c'était le genre de tâches compliquée qui attendait tous les Aurors. Jonah fit une petite sieste rapide, puis quand le moment de son rendez-vous avec son vrai tuteur approcha, il transplana jusqu'au Chemin de Traverse.

Jonah appréciait beaucoup l'endroit. Il avait autant de charme que tous les quartiers sorciers de chez lui. Du fait de la grande taille de son pays, il y en avait plusieurs, quatre plus exactement. Witch Street, une île volante située à plus de mille mètres au dessus de New-York était de loin son endroit préféré du monde sorcier. Celui de San Francisco, El Barrio de la Magia, venait en deuxième avec ses couleurs vives et la bonne humeur presque constante qui y régnait. Quant aux deux autres, Swamptown, un quartier de la Nouvelle-Orléans et Middlebroom, une ville uniquement peuplée de sorciers située dans l'Iowa, c'était des endroits particuliers qu'il fallait mieux éviter de nuit.

Le Petsy's était un pub, bien moins connu que le Chaudron Baveur, mais en demandant son chemin, Jonah n'eut aucun mal à le trouver. L'endroit semblait animé, pas seulement parce qu'il y avait une bagarre à l'intérieur. La porte s'ouvrit soudainement sur Jonah, qui dût esquiver deux personnes que l'on avait projeté à mains nues, semblait-il. Les deux types partirent chacun de leur coté, tandis que Jonah tomba nez à nez, avec un vieil homme aux cheveux hirsutes qui culminait à près de trois mètres. Ses mains faisant plus ou moins la superficie de son visage. L'américain se promit de ne jamais lui cherché d'histoires, même malgré son âge avancé.

- Tu comptes créer des soucis, toi aussi ? demanda le demi géant, en le toisant les bras croisés.

- Non, je viens voir Ron Weasley.

- Et à quel titre ?

- Hagrid, laisse-le entrer ? cria Ron du fond de la salle. C'est Pinkerton, mon aspirant Auror.

Le titan sembla alors s'adoucir considérablement. L'ours enragé était soudain devenu aussi docile qu'un agneau.

- Ah, tout va bien alors. Bienvenue au Petsy's, mon ami américain.

Le dénommé Hagrid souleva alors Jonah qui sentit ses côtes craquer dangereusement, avant qu'il ne le repose. Jonah se rendit ensuite à la table de Ron. Hagrid s'assit sur un énorme siège renforcé, ce qui fit le parquet, tandis que le jeune sorcier prenait place en face de son tuteur.

- Tu prends quoi ? demanda Ron. Ils ont de la bière moldu, si tu veux.

- Oui, j'ai vu ça. Je vais en prendre une

- Ça marche. Petsy, une chope de bière moldue pour le gamin, commanda Ron.

- Elle arrive.

Jonah en profita pour observer l'endroit. La population du Petsy's était assez diversifiée, avec une majorité de jeunes fraîchement sortis de Poudlard, nota cependant Jonah. La plupart commentaient les dernières rencontres de Quidditch du week-end. L'ambiance était bonne enfant, mais pas aussi tranquille et familiale que le Chaudron Baveur, même si l'actuelle propriétaire avait rendu l'endroit extrêmement chaleureux.

- De quoi parlait-on, déjà ? demanda Hagrid.

- De Graup et sa famille. Tu racontais la dernière fois que sa femme s'était énervée.

- Ça m'a valu une magnifique fracture ouverte au bras, dit Hagrid à Jonah.

- Graup est son demi-frère géant, précisa Ron. Il a une femme et des enfants.

- Oui je suis fier de lui, mais il aurait pu choisir une compagne moins caractérielle.

- Votre nom me dit quelque chose, vous n'étiez pas le garde-chasse de Poudlard ? Les autres aspirants parlait souvent de vous.

Il ne précisa pas que c'était souvent en mal. Pourtant le demi-géant semblait incroyablement sympathique. La choppe de Jonah lévita jusqu'à lui. Il parvint à la récupérer au dernier moment, après une longue glissade sur la table, qui faillit finir en catastrophe.

- Si. Et également le professeur de Soins aux Créatures Magiques. Mais j'ai pris ma retraite, il y a deux ans de ça. C'est Charlie, le frère de Ron, qui a pris la relève.

Il vida sa choppe, qui ressemblait davantage à un saut et se leva.

- Je crois que je vais rentrer messieurs. Jonah, content de t'avoir croisé.

Il quitta le pub en titubant légèrement, avant de trébucher et d'emporter une table dans sa chute. Il se releva et s'excusa, avant de sortir du Petsy's

- Ah Hagrid, soupira la tenancière tout en réparant les dégâts, en un coup de baguette .

- Sacré personnage, commenta Jonah


- C'est vrai, mais c'est la personne la plus loyale et courageuse qui soit. Ça fait déjà une bonne centaine de fois, qu'il détruit le mobilier du bar.

L'auror vétéran regarda ensuite Jonah droit dans les yeux.

- Déjà je voudrais m'excuser pour aujourd'hui. J'ai fait le pari de lier mes fonctions de sous-commandant et ton apprentissage, ce qui en soit n'est pas simple. Et malheureusement, l'arrivée des aspirants tombait plutôt mal.

- C'est ce que j’ai comprendre oui.

- On a peut-être une future opération en commun, avec nos collègues suédois des Einherjar, expliqua Ron. Ce qui demande beaucoup d'organisation. Ne compte pas y participer, si elle se fait. Ça n'aura rien de commun avec la filature d'un voleur un peu fou.

- Compris

- Enfin j'ai cru comprendre que t'avais sauvé la vie de Karen, lança alors Ron, l'air satisfait. C'est le genre de personne qui te sera éternellement reconnaissante de ça, tu sais. Tout comme le reste de l'unité. T'as déjà presque acquis leur respect. Ce qui n'est pas simple, surtout pour un bleu. Je comptais aussi te parler des choses que j'attends de toi. Mais la ponctualité, l'assiduité, on s'en fiche. Ce sont des principes de base, qui valent pour tous les boulots. Mais avant le devoir m'appelle.

Ron se rendit aux toilettes, alors qu'un groupe de quatre sorciers passait la porte du Patsy's. Jonah ne remarqua pas de suite les bandanas qui cachaient leurs visages. L'un d'eux pointa soudain sa baguette sur Patsy qui poussa un cri de panique, tandis que les trois autres tenaient les clients en respect.

- Vide la caisse ! Et tout monde donne sa baguette, sans faire d'histoires. D. va vérifier les toilettes.

Le dénommé D. se rendit aux sanitaires, tandis que l'un des voleurs s'approchait de Jonah . Le brun reconnut alors Edgerton, qui était celui qui tenait en respect Patsy. Ce qui n'arrangeait pas ses affaires, songea l'apprenti.

- Ta baguette, morveux, et que ça saute.

- Ok, pas de soucis, dit Jonah faussement terrifié, en la lui donnant.

Il ressentait tout de même une pointe de stress surtout que les types semblaient sérieux. Il était habitué aux rixes de bars, c'était presque un sport à part entière, au Colorado. Mais la situation était totalement différente, cette fois. Le braqueur qui inspectait les sanitaires s'impatienta, alors que Ron prenait son temps.

- À trois, je défonce cette porte, pauvre con. Un, deux …

Une musique irlandaise se fit soudain entendre dans le bar. Il n'eut pas le temps de finir son compte à rebours, puisque l'occupant des toilettes ouvrit la porte d'un brusque coup de pied , puis fit valdinguer le voleur à travers la pièce, d'un sort d'expulsion. Au même moment, Jonah se saisit de sa choppe et l'éclata sur la tempe du type près de lui. Il se leva et l’enchaîna avec un coup de genou dans les parties et un violent coup de poing avant lui bloquer le cou d'une clé, tout en récupérant sa baguette. Jonah venait de maîtriser l'homme et s'offrait également un parfait bouclier humain. Qui ne tarda à servir puisque le type à sa gauche tenta de lui envoyer un maléfice d'entrave, ce fut alors son collègue qui reçut le maléfice. Jonah stupéfixa son adversaire et éclata la face de son bouclier humain contre la table, ce qui aspergea sa chemise d'un peu de sang.

- Vas-y mollo, gamin. Il ne s'agit pas de les tuer, mais de les arrêter.

- Il survivra. Enfin je crois.

Rien de sûr avec les techniques de close-combat que lui avait enseigné son père.

- Pas de chance, lança Ron avec un rictus, en se tournant vers le dernier braqueur. Il a fallu que vous fassiez votre sale coup, le seul soir où deux Aurors venaient se détendre après une dure journée de travail.

Le sorcier prit alors une jeune fille en otage, ce qui était son seul recours, et sortit du bar.

- On le poursuit mais en douceur.

Edgerton avait déjà abandonné l'otage et s'enfuyait rapidement le long de la ruelle, en écartant violemment les gens sur son passage.

- Merde, on parviendra pas à le rattraper avant qu'il transplane, dit Ron.

- Ouais, mais je pense pouvoir le neutraliser de là.

- Il est déjà à plus de cent-cinquante mètres, gamin.

- Et la portée d'une baguette c'est le double, si je me débrouille, il sera hors d'état de nuire rapidement, dit Jonah tout en visant lentement sa cible. J'ai des bases en tir longue distance.

Il ne précisa pas qu'avec un fusil, il l’aurait déjà mis hors d’état de nuire depuis un moment. Le tir de précision était la spécialité de Jonah. Il avait appris à manier une arme avant même de découvrir qu'il était sorcier. Et il était excellent.

- Tu risques de toucher les gens autour, lâche l'affaire, on en a déjà trois sur quatre. Une baguette ne fonctionne pas comme une larme à feu.

- Je l’ai, contredit Jonah. Stupefix !

La lumière rouge avança sur sa cible rapidement et la faucha en plein dans le dos. Edgerton tomba inconscient.

- Bingo, s'exclama Jonah.

Si les Aurors et les autres policiers magiques étaient une nouvelle fois impressionnés par les aptitudes du nouveau, Ron ne décolérait pas. Cela près de dix minutes qu'il enguirlandait son élève.

- …peut-être que j'aurais dû te rappeler que les ordres de ton supérieur sont plus importants que ton ego démesuré. Continue comme ça, et tu devras te trouver un nouveau tuteur. Je...

- Ron, il a compris je pense.

Harry venait de débarquer.

- Mais merde, il a fait n'importe quoi.

- Il l'a neutralisé sans dommages collatéraux, et c'est le principal.

Le commandant s'adressa cependant à Jonah avec sévérité.

- Mais à l'avenir Pinkerton, tâche de respecter les ordres de tes supérieurs. Ça peut te sauver la vie, et ça peut préserver celle de tes camarades et des civils, dans bien des cas. Désobéis encore une fois et tu prends la porte, ai-je été clair ?

- Parfaitement, monsieur.

Bon, s'il venait de prendre le savon de sa vie, c'est que la raison était bonne. Il était peut-être temps de freiner ses ardeurs.

- Je peux rentrer chez moi ?

- Oui, on verra pour la suite, demain.

Jonah préféra marcher un peu pour se détendre plutôt que de transplaner. Coté moldu, Londres de nuit prenait une toute autre forme. Il faisait chaud en cette fin août. Mais ça faisait du bien.

- Purée ce que j'aime ce boulot, lança Jonah pour lui-même.

Note de fin de chapitre :

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