S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

Assemblée Générale Ordinaire 2022


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 24 juin 2022, à 22h.

Venez lire et discuter, et voter pour les candidats au conseil d'administration.

Bonne AG !
De Le CA le 17/06/2022 23:08


124ème édition des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 124e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 24 juin à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De L'équipe des Nuits le 08/06/2022 18:45


Assemblée Générale 2022


Chers membres d’HPF,

Nous désirons vous informer que l’Assemblée Générale 2022 aura lieu du vendredi 17 juin 22h au vendredi 24 juin 22h sur le forum.

Seuls les adhérents à l’association peuvent voter, mais tous les membres sont encouragés à venir lire et discuter.

Au plaisir de vous y voir !

Le CA
De Les membres du CA le 06/06/2022 18:39


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Juliette54, Tiiki et Bloo, qui remportent la Sélection Drabbles !

Vous pouvez dès à présent commencer vos lectures pour élire en décembre prochain vos Fictions longues préférées. Vous avez 7 mois pour découvrir 12 univers qui ont conquis les lecteurs ! Pour en savoir plus et pour suivre notre planning de lectures, rendez-vous ICI.

En juillet, on compte sur vous pour la Sélection des Animaux Fantastiques ! Avec la sortie du troisième film, c'est de circonstance, non ? Vous pouvez d'ores et déjà proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Et au mois de juin, remontez aux origines de Poudlard. Nous vous proposons six textes qui mettront à l'honneur, individuellement comme collectivement, ses Fondateurs : Godric Gryffondor, Helga Poufsouffle, Rowena Serdaigle, et Salazar Serpentard. Vous avez jusqu'au 30 juin pour lire et voter par ici.



De Equipe des Podiums le 05/06/2022 16:03


123ème édition des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 123e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 21 mai à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De L'équipe des Nuits le 13/05/2022 17:22


Journées Reviews


Lire, écrire…

Tu as envie de lire ? De découvrir un ou une auteure ? D'échanger sur ses écrits et sur les tiens à travers quelques reviews sympathiques ?

La Journée Reviews est là pour ça, et elle aura lieu cette fois-ci du 13 au 16 mai !

Viens nous rejoindre en t'inscrivant ici !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.

 


De le 04/05/2022 19:14


Les zibelines triompheront bien par Bloo

[68 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Un immense merci à Lyssa, Zandry, Izanami, Layi, Selket, Haru Nonaka et Eejil pour leur review sur le chapitre précédent ! Je vous réponds dans la foulée, mais comme je n'ai pas été très rapide pour ce deuxième chapitre, je le poste au plus vite.

Le prompt pour ce chapitre est Lavande.

J'ai eu beaucoup de mal, en fait, à écrire ce chapitre, et j'ai fini par avoir le "déclic" cette après-midi en espérant que ça vous plaira !

Bonne lecture !

Sybil avait les cheveux attachés, c’était la première fois qu’il la voyait avec les cheveux attachés. Quelques mèches rebelles s’étaient échappées de l’épais élastique jaune qu’elle avait d’ordinaire autour du poignet et étaient collées à son front luisant de transpiration – de grosses gouttes dégoulinaient le long de sa tempe jusqu’à venir épouser ce qui ressemblait bien à des larmes dans le creux de son cou.

- Est-ce que ça va ? s’enquit Regulus à voix basse.

- Je ne crois pas vraiment, non, répondit Sybil avec un fin sourire.

Il se transforma rapidement en une grimace que la jeune fille eut le réflexe de dissimuler en se détournant légèrement de Regulus mais ce dernier vint rapidement à sa hauteur et la força à le regarder dans les yeux.

- Qu’est-ce que tu attends de moi au juste ? lui demanda-t-il.

- J’ai besoin de ton aide pour préparer une potion, j’ai essayé de la faire moi-même mais mes mains tremblent alors j’ai mal dosé les ingrédients et…

Elle laissa sa phrase en suspens et baissa le regard, incapable de soutenir celui de Regulus. Celui-ci constata rapidement que ses mains tremblaient encore sans être certain d’avoir compris si elle était dans un tel état parce qu’elle avait fait exploser son chaudron ou si elle était déjà blessée lorsqu’elle s’était lancée dans l’élaboration de sa potion.

- Tu veux faire une potion pour quoi ?

- Je ne peux pas te montrer ici.

Cette fois, elle accrocha son regard – et Regulus y lut une peur panique qui lui rappela aussitôt la crise de larmes qu’elle avait eue dans son dortoir. Elle lui fit ensuite un léger signe de tête en direction de la sortie et il lui emboîta immédiatement le pas, la laissant le conduire à travers les couloirs du château sans se demander une seconde si elle ne lui tendait pas un nouveau piège. Il était plutôt du genre méfiant, pourtant, ils l’étaient tous, dans une certaine mesure, surtout à Serpentard, parce qu’on le leur avait appris et parce que dans le monde des sorciers tel qu’il se présentait aujourd’hui c’était parfois presque une question de survie.

Sybil l’avait déjà piégé une fois, et pourtant ses jambes suivaient mécaniquement les siennes et il marchait à sa suite du quatrième au deuxième étage. La curiosité le tiraillait trop pour qu’il ne la sème discrètement comme il aurait pourtant pu le faire – elle ne s’était pas retournée une seule fois vers lui depuis qu’elle l’avait entraîné à sa suite – et, même si les choses étaient amenées à mal tourner, il s’y savait préparé cette fois-ci : il tenait fermement sa baguette de sa main gauche, sa main d’appel, et il ne ferait pas une nouvelle fois l’erreur de sous-estimer la Poufsouffle.

Il était donc parfaitement rationnel de la suivre.

Ils marchèrent encore quelques minutes en silence, les cheveux de Sybil se balançant de droite à gauche à chacun de ses pas. Son bras gauche se balançait également, mais le droit restait replié contre sa poitrine et son écharpe pendouillait toujours autour. Regulus se demanda où Merlin pouvait-elle bien l’emmener si elle était réellement blessée avant de comprendre, à peine une minute avant qu’elle n’en pousse effectivement la porte, qu’elle l’entraînait dans les toilettes du deuxième étage dont l’insupportable Mimi Geignarde tenait la quasi-totalité du château à l’écart.

- Je ne sais pas si tu es au courant, l’informa Regulus après que la jeune fille eut refermé la porte derrière eux, mais ces toilettes sont hantées par le fantôme le plus incroyablement agaçant de l’histoire de Poudlard et même de toute la Grande-Bretagne, si tu veux mon avis.

- Je sais, c’est ce qui en fait l’endroit idéal pour confier ses secrets, pas vrai ? répondit Sybil le visage inexpressif.

Elle devait vraiment avoir quelque chose d’important à lui demander pour risquer d’avoir à endurer la présence de Mimi Geignarde.

- Qu’est-ce que tu as au bras ? lui demanda aussitôt Regulus.

Il avait manqué une fois l’occasion de lui tirer les vers du nez et n’avait ensuite plus eu le moindre contact avec elle pendant des mois – il ne laisserait pas filer sa seconde chance en tergiversations et autres dérobades.

Très pâle, Sybil ne lui répondit pas tout de suite et lui rappela une énième fois leur première et à ce jour unique confrontation dans son dortoir en posant successivement son regard sur quasiment tout ce qui habillait la pièce à l’exception notable de Regulus. Puis, comme résignée, elle attrapa le bout de son écharpe qui pendait misérablement au sol et entreprit de la démêler. L’expression de son visage changea alors radicalement : l’indifférence qu’elle était parvenue à afficher, bien que difficilement, depuis leur rencontre dans la bibliothèque, ne résista pas à la douleur – parce que c’était indubitablement de la douleur qu’elle ressentait, à en voir ses yeux soudain baignés de larmes et ses lèvres déformées en une grimace.

Lorsque l’écharpe jaune et noire tomba au sol, elle était gorgée de sang.

Lorsque Regulus posa son regard sur l’avant-bras de Sybil, il eut un haut-le-cœur.

- Dis-moi que tu ne vas pas t’évanouir, lâcha-t-elle sarcastiquement.

Il devina une certaine angoisse derrière le ton qui se voulait moqueur et il réalisa que la jeune fille, elle, devait réellement être en train de lutter contre l’évanouissement avec une blessure pareille – son bras était profondément entaillé et d’épaisses trainées vermillon se rejoignaient en une espèce de cascade écarlate autour de son poignet.

Le premier réflexe de Regulus fut de faire apparaître un linge au sol afin que celui-ci ne soit pas tâché par le sang de Sybil.

Son second réflexe fut de fustiger sa maniaquerie et son esprit s’égara une fois encore vers un vieux souvenir de Sirius raillant la stricte éducation de leurs parents.

Puis les genoux de Sybil fléchirent et Regulus secoua enfin la tête et attrapa la jeune fille par les épaules avant de l’emmener aussi délicatement qu’il le put vers le sol.

- Comment est-ce que tu t’es fait ça ? s’enquit-il après s’être assuré qu’elle était bien calée contre le mur.

- Je ne sais pas.

- Tu veux sérieusement continuer à garder tes secrets ? J’ai besoin de savoir ce que c’est pour pouvoir t’aider, par Morgane ! s’exclama Regulus.

Il jurait très rarement depuis que son père lui avait assené une puissante gifle en public alors qu’il n’était encore qu’un enfant, parce qu’il s’était verbalement emporté contre Sirius qui se moquait de sa nouvelle coupe de cheveux.

À vrai dire, il était si peu fréquent qu’il s’emporte qu’il n’avait la plupart du temps pas besoin de jurer. C’était à la fois sa plus grande force et son drame le plus profond. Regulus avait toujours été un enfant calme, taciturne même, tout le contraire de Sirius qui ne semblait vivre que pour attirer tous les regards vers lui à chaque nouvel endroit où il s’aventurait. Regulus était un enfant facile qui ne demandait pas grand-chose pour être bien : il mangeait tout ce qu’on mettait dans son assiette, faisait tout ce que ses parents lui demandaient de faire et était capable de jouer des heures entières seul dans sa chambre sans autre compagnie que celle de son elfe de maison. Il ne lui serait jamais venu à l’esprit de provoquer les scènes que Sirius faisait sans cesse même s’il s’était souvent demandé non sans un pincement au cœur s’il n’aurait finalement pas dû l’imiter.

Regulus était un enfant facile devenu un adolescent facile et ses parents tenaient cette facilité pour acquise. Ils l’aimaient, bien sûr, ils l’aimaient parce qu’il était leur fils et le fils dont ils avaient toujours rêvé et pourtant, peut-être sans même s’en rendre compte, ils avaient depuis longtemps érigé comme une frontière entre eux.

L’attention était pour Sirius, elle l’avait toujours été et Regulus avait fini par accepter qu’elle le serait toujours. Même parti, Sirius continuait à accaparer les pensées d’Orion et Walburga, même parti, Sirius était dans chacune de leurs conversations et plus encore derrière tous leurs non-dits. Il allait revenir, et peut-être que non, il faudrait lui laisser une dernière chance, mais peut-être bien que non là aussi. Que faisait-il ? Où vivait-il ? Était-il en train de les compromettre, encore, s’attachait-il à souiller toujours un peu plus leur sang, le sang des Black, toujours pur pourtant ?

Sirius était dans le regard de ses parents qui se posait sur lui lorsqu’ils lui rappelaient ses devoirs : ne suis pas les traces de ton frère, fais honneur à tes parents, redore le blason familial, continue à si bien étudier, prépare-toi et montre-toi digne, plus digne que tous les autres réunis parce qu’il faudra au moins ça pour racheter à la famille sa grandeur.

Regulus ne disait rien et acquiesçait parce qu’il était trop tard pour faire quoi que ce soit d’autre – ses parents ne comprendraient pas, plus maintenant, et ils savaient qu’ils ne supporteraient jamais de perdre leur deuxième et unique fils.

Parfois, Regulus voulait hurler et jurer à la fois, mais par respect, par loyauté, par amour pour ses parents et sa famille, il se contentait de crier intérieurement.

- Tu me fais peur, lâcha brusquement Sybil.

Il jurait si rarement qu’il en avait même oublié que cela s’accompagnait le plus souvent d’un haussement très inhabituel de sa voix. Il eut envie de dire à Sybil que c’était une bonne chose, qu’elle ait peur, qu’il aurait aimé dégager la même aura qu’Evan Rosier et son ami Mulciber parce que tout aurait été plus facile ainsi, mais les mots auraient été si mensongers que même lui ne put se résoudre à les laisser franchir ses lèvres.

Sa seule apparence ne lui suffirait probablement jamais à être effrayant, et il avait pleinement conscience qu’il ne devait la relative considération de ses pairs et la méfiance de certains Gryffondor qu’à sa grande intelligence qu’il s’efforçait de cultiver un peu plus chaque jour.

Mais surtout, la respiration soudainement saccadée de Sybil, la vitesse à laquelle se soulevait sa poitrine et les larmes dans ses yeux ne pouvaient décemment pas s’expliquer par son seul changement de ton.

- Tu dois me dire ce qui t’a fait ça pour que je puisse faire quelque chose, insista-t-il entre fermeté et douceur pour ne pas risquer de la braquer plus encore.

Il essaya d’attraper le bras de Sybil en lui parlant mais il l’avait à peine effleuré que la jeune fille lui assena une puissante gifle de sa main encore valide.

- Tu ne me touches pas ! s’exclama-t-elle.

Piqué au vif, Regulus tenta cette fois-ci d’attraper Sybil par les poignets pour l’empêcher de le frapper une nouvelle fois mais elle se ratatina contre le mur froid en poussant un hurlement qui le figea un court instant, un instant pendant lequel la jeune fille ramena ses genoux contre sa poitrine et enfouit sa tête entre ces derniers comme s’ils suffisaient à la protéger de Regulus et du reste du monde.

Alors Regulus poussa un profond soupir, ce qui lui arrivait un peu trop souvent à son goût en la compagnie de Sybil, et il s’éloigna légèrement de la jeune fille en espérant que cela suffirait à la calmer – mais il ne put s’empêcher de lui poser la question qui lui brûlait les lèvres :

- Est-ce que quelqu’un t’a agressée ?

Le corps de Sybil se figea comme le sien quelques instants auparavant et cela malgré les tremblements qui l’agitaient la seconde précédente encore. La Poufsouffle releva lentement la tête, très lentement, lui faisant vivre la scène au ralenti jusqu’à ce qu’il ne croise enfin son regard baigné de larmes qui le ramena aussitôt à la réalité du temps présent, ce temps qui s’écoulait comme le sang de Sybil dans les toilettes de Mimi Geignarde.

- Tiens, lui dit-il en sortant un petit flacon de sa poche qu’il lui tendit aussitôt.

Sybil lui jeta un drôle de regard avant de s’en emparer et elle frôla le bout de ses doigts au passage. Elle ne remarqua pas le léger frisson qui le parcourut, trop accaparée par le sien, mais heureusement pour elle il ne nota pas plus le trouble de la jeune fille, si étonné par le sien.

- C’est de l’essence de lavande, expliqua-t-il en remettant une mèche de ses cheveux en place.

Sirius avait aussi ce tic lorsqu’il était gêné.

- Tu peux l’appliquer toi-même si tu n’as pas envie que je te touche, précisa-t-il en plantant son regard dans celui de Sybil.

Elle ne parvint pas à le soutenir et tenta maladroitement d’étirer ses lèvres en un sourire pour se donner une contenance, mais le résultat était plus proche de la grimace qu’autre chose. Elle choisit alors d’ignorer Regulus et se contenta de débouchonner la fiole qu’il lui avait donnée pour la porter à ses narines avant de l’appliquer à son avant-bras meurtri.

- J’ai toujours aimé l’odeur de la lavande, articula-t-elle entre ce qui ressemblaient bien à deux sanglots.

Sybil ferma ensuite très fort ses paupières avant d’ouvrir à nouveau grand les yeux, ses yeux d’enfant qui semblaient la plupart du temps découvrir le monde avec émerveillement et dans lesquels on ne lisait aujourd’hui tristement que de la peur encore accentuée par des sourcils légèrement froncés.

- Cannelle, cardamone et lavande si je résume bien ? Je vais bientôt tout savoir de tes goûts, mais ça ne me dit toujours pas ce qui t’est arrivé.

- Bien envoyé, marmonna la jeune fille plus pour elle-même qu’autre chose.

Elle se refusait toujours à croiser le regard sombre de Regulus et arrosa à la place le bout de ses doigts de l’essence de lavande avant de refermer ces derniers sur sa blessure. Elle étouffa un cri de douleur et porta aussitôt sa main à sa bouche mais elle laissa une grosse larme lui échapper, et Regulus se surprit à vouloir la cueillir de ses doigts à lui.

Sybil aimait l’odeur de la lavande et il avait toujours apprécié la saveur salée des larmes rondes – c’était une bonne chose, d’ailleurs, parce qu’il avait souvent séché celles de Sirius lorsque leurs parents réprimandaient le petit garçon turbulent que celui-ci était alors.

- C’est Milburn Rowle qui m’a fait ça, dit alors Sybil en désignant son bras.

Ses yeux brillaient encore et sa main était fermement agrippée à sa blessure mais les filets carmin faisaient un chemin moins impressionnant et plus lent de son avant-bras à ses poignets tremblotants.

- Tu es sûre de ça ? s’enquit Regulus en s’efforçant de rester le plus neutre possible.

Milburn Rowle était issu d’une vieille famille de Sang-Pur et était très respecté par ses camarades de Serdaigle qui louaient sa prévenance et son génie. Il bénéficiait d’une bonne image auprès des professeurs et des autres élèves, Gryffondor compris, parce qu’il acceptait toujours volontiers de partager ses notes de cours et d’aider les élèves de sa classe à progresser en faisant fi pour cela de sa haine des Nés-Moldus.

Personne n’aurait soupçonné une telle haine si ce n’était Regulus et les quelques élèves de Serpentard qui étaient au courant que Rowle rejoindrait les partisans de Voldemort à sa sortie de Poudlard – tous s’étaient engagés à garder le silence pour ne pas trahir la couverture de leur futur condisciple.

- C’est moi qui l’ai attaqué, avoua la jeune fille sans vraiment paraître s’en émouvoir.

- Excuse-moi ?

Regulus resserra instinctivement sa prise sur sa baguette, même si Sybil ne paraissait guère en état de faire quoi que ce soit.

- Je l’ai attaqué, et je ne peux pas aller à l’infirmerie parce qu’il m’a jeté un sort que je ne connais pas mais que j’imagine être de magie noire et qu’il saurait tout de suite que j’étais son agresseuse en me voyant à l’infirmerie.

- Parce qu’il est censé l’ignorer ? Tout ce fichu château te connaît, opposa Regulus en haussant à nouveau la voix.

- J’étais masquée, je ne suis pas une imbécile.

Elle n’était pas la seule à se masquer : c’était une pratique de plus en plus répandue chez certains sorciers, et ce n’était pas ceux pour lesquels il avait d’abord cru qu’elle travaillait lorsqu’elle l’avait agressé chez les Poufsouffle. Seulement, ces sorciers n’étaient pas censés s’attaquer les uns les autres et encore moins s’en vanter devant le premier venu.

Que savait-il de Sybil ? Elle était une Poufsouffle adorée de ses pairs et passait également beaucoup de temps avec Lily Evans, Marlène McKinnon et leur solide petit groupe d’amies dont la popularité égalait à peu de choses près celui de James Potter. Elle avait a priori tout de l’élève susceptible de travailler pour son directeur et c’était peut-être même la raison pour laquelle Lily Evans s’était intéressée à elle et pourtant, derrière la gentille jeune fille enjouée, il y avait une facette bien plus sombre que Regulus semblait être le seul à avoir aperçue. Ses méthodes s’apparentaient bien davantage à celles de Rosier et Mulciber qu’à celles prônées par Dumbledore et les sorciers qui gravitaient autour de lui.

Le Veritaserum, la violence physique et le masque étaient des outils qu’il n’aurait pas hésité à employer et que les gens comme Sirius auraient dénoncé, et pourtant c’était à lui et Milburn que Sybil s’en était prise et pas à son frère aîné.

- Je ne sais pas à quoi tu joues, dit-il en approchant son visage de celui de la jeune fille, mais si tu essayes encore de me piéger…

- Je sais que tu connais le sortilège que Rowle m’a lancé et j’ai besoin de toi pour le soigner, le coupa Sybil.

- Quel était ce sortilège ?

- Il a dit Sectumsempra.

Il ne pouvait pas en vouloir à Sybil pour cette affirmation – elle n’était pas exactement fausse – mais elle en savait décidément beaucoup trop pour être innocente.

- Je me fiche éperdument de savoir comment tu connais son sort ou même si tu l’as déjà utilisé et je te promets de n’en parler à personne, je veux simplement que tu m’aides, s’empressa d’ajouter Sybil.

- Te connaissant, je pourrais bien te demander un serment inviolable.

- Ça ne me dérangerait pas.

Les yeux plantés dans les siens, Sybil le regardait avec une intensité qui le mit à nouveau mal à l’aise. Elle paraissait extrêmement sérieuse et il n’était pas certain que ce soit une très bonne chose parce qu’une telle détermination ne venait que rarement par hasard.

Ce fut l’odeur de la lavande qui l’arracha à son désarroi. Elle embaumait déjà l’atmosphère depuis qu’il avait donné son flacon à Sybil mais celle-ci finit par le laisser tomber au sol en tremblant de tous ses membres et il réalisa alors qu’elle était au bord de l’évanouissement. Son teint était blafard et même ses cheveux paraissaient ternes, ou peut-être était-ce la lumière grisâtre traversant les carreaux qui ne lui allait pas très bien au teint. Sans doute était-ce le rouge, surtout, tout ce rouge qui avait déjà reteint sa jupe et qui n’était définitivement pas la couleur lui seyant le mieux – le Choixpeau avait bien fait de la mettre à Poufsouffle, il faudrait penser à le remercier.

- Regulus, tout va bien, réussit-elle à articuler en attrapant une de ses mains dans la sienne.

Tout n’allait pas bien, évidemment, de sa voix hachée à ses yeux exorbités, mais Regulus se surprit à apprécier le contact de sa main et la chaleur qu’il ressentit le ramena à la réalité.

Il appliqua la formule que lui avait enseigné Rogue.

Contrairement à Rowle, il n’oublia pas d’employer un sortilège informulé – mais il l’employa et cela lui sembla parfaitement naturel. Sybil savait trop de choses, sans aucun doute, et elle aurait pu éviter cette blessure plutôt que de faire appel à lui, mais elle était bien plus jolie avec quelques couleurs et des yeux plein de chaleur au-dessus de ses tâches de rousseur.

Il se demanda si elle avait compris les divagations de son esprit, si elle avait réalisé qu’il réfléchissait trop quand la panique le gagnait et que ses pensées n’avaient rien de très cohérent. Probablement non. Personne ne l’avait jamais vraiment remarqué, personne n’avait même cherché à le comprendre et il s’en satisfaisait, parce qu’il lui semblait que c’était une faiblesse et on lui avait appris à ne pas les montrer. Lorsque Sirius se réfugiait dans sa chambre d’enfant après les réprimandes de leurs parents, c’était Regulus qui venait essuyer ses larmes sans jamais laisser les siennes lui échapper, et pourtant il en souffrait au moins autant que son grand frère de ces disputes continuelles.

Même quand le grand frère était parti en l’accusant d’avoir choisi leurs parents depuis longtemps, Regulus n’avait pas pleuré. Il s’était contenté de penser à autre chose, au miroir dans le long corridor menant à la porte d’entrée qu’il faudrait vraiment lustrer, puis à Narcissa qui était encore plus maniaque que ses deux parents réunis, au rouge à lèvres toujours éclatant de sa cousine et enfin au fait qu’il avait toujours préféré la couleur verte.

Les hurlements de ses parents l’avaient aussi ramené à la réalité, ce jour-là, mais il leur préférait très nettement la douceur de Sybil – la douceur de sa voix comme celle de ses doigts caressant distraitement les siens.

- Merci pour ton aide.

La blessure s’était correctement refermée, mais il restait une cicatrice assez impressionnante qui mettrait du temps à s’effacer.

Elle ne devait même jamais disparaître complètement.

- Tu vas devoir dissimuler ton bras quelques temps, fit remarquer Regulus.

- C’est bientôt les vacances de Noël, de toute façon.

- Tu rentres en Amérique pour l’occasion ?

- J’ai une cousine à Prague.

Elle ne parla pas de ses parents et ne lui demanda pas ce qu’il comptait faire pour les fêtes. Son regard se fit fuyant, un instant, et s’arrêta sur sa jupe tachetée et le sol recoloré. Elle fit disparaître toute trace de leur venue ici d’un coup de baguette sans jamais lâcher la main de Regulus. Elle rebouchonna le flacon de lavande et le porta une dernière fois à ses narines avant de le lui tendre. Il s’en saisit, même s’il n’en restait que quelques gouttes, et le fit disparaître dans sa cape tandis que Sybil se mordillait les lèvres.

D’une toute petite voix, elle finit par lui dire :

- Je suis désolée pour l’autre soir.

Il se demanda si elle faisait bien référence à la fameuse fête chez les Poufsouffle, parce que celle-ci remontait à plusieurs mois déjà, avant de réaliser qu’il n’avait Sybil devant lui que pour la deuxième fois de sa vie seulement.

C’était drôle, parce qu’il avait l’impression d’avoir passé bien plus de temps en sa compagnie déjà.

- C’est Milburn Rowle qui a fait du mal à Amy, révéla Sybil.

- Est-ce que tu t’es assurée de ça avant de l’attaquer ? s’enquit Regulus non sans une pointe d’ironie.

- Après le fiasco de la dernière fois, évidemment.

- Et qu’est-ce qu’il a fait à Amy, exactement ?

- La même chose que Donaghan Avery.

Les professeurs enquêtaient toujours sur l’agression de Donaghan, et celle-ci avait été assez violente pour que les Aurors en soient avertis, mais personne n’avait été capable d’en retrouver l’auteur – lorsque ses condisciples demandaient des informations à Donaghan, il répondait toujours de manière très évasive avant de détourner la conversation et cela agaçait les plus âgés qui étaient persuadés que James et Sirius en étaient responsables et croyaient détenir là une excellente raison de s’en prendre à eux.

Ce qui était certain, c’était que personne et certainement pas lui n’aurait soupçonné Sybil Kvapilová d’avoir cassé trois côtes à Avery à la seule force de ses poings.

- C’est toi qui a attaqué Avery ? s’exclama Regulus à voix basse.

- Oui.

- Parce qu’il s’en est pris à Amy ?

- Non, à Eulalia Kane.

Sybil lâcha finalement sa main pour ramener cette dernière contre sa poitrine. Elle tremblait à nouveau, et ça ne pouvait pas être à cause de sa blessure cette fois-ci.

- Tu travailles pour Dumbledore.

Ce n’était pas une question mais une affirmation parce que c’était ainsi que ses parents arrivaient toujours à leurs fins lorsqu’ils voulaient savoir qui était à l’origine d’une bêtise.

- Pas du tout, répondit Sybil en gardant ses mains serrées autour de sa taille.

- Tu ne t’en prends qu’à des Serpentard.

- Rowle n’est pas à Serpentard.

- Tu sais très bien ce que je veux dire et tu sais, tu t’en fiches éperdument.

- Le prochain à séjourner à l’infirmerie sera un Gryffondor et c’est même un ami de ton frère, il me semble, la maison n’est pas mon critère.

- Parce que tu comptes recommencer ? s’indigna Regulus.

- Il faut bien que quelqu’un essaye de rétablir un semblant de justice.

- La justice ? Tu parles de justice quand tu tabasses des types en étant masquée et les expédies à l’infirmerie ?

- Je t’en prie, tu es très mal placé pour me donner des leçons de justice.

Ils avaient haussé la voix à tour de rôle et Regulus comprit qu’il n’arriverait à rien en tentant de raisonner la jeune fille – mieux valait retourner aux fondamentaux, comme le dirait sa mère.

- Qu’est-ce que Rowle a fait à Amy ?

- Il lui a fait du mal.

- Mais qu’est-ce qu’il lui a fait exactement ?

- Pourquoi ça t’intéresse tellement ? cracha Sybil.

- Qu’est-ce que Milburn Rowle a fait à Amy Cauldwell ?

- Je ne…

- Qu’est-ce qu’il a fait à Amy ? s’écria Regulus.

- Il l’a forcée ! hurla Sybil à son tour. Il l’a forcée ! Josephine Rosier l’avait invitée à fêter la victoire des Serpentard dans votre salle commune, elle était en retard parce qu’elle avait écrit à Evan Rosier et elle a croisé Rowle dans le couloir et il l’a… il n’a jamais toléré qu’elle sorte avec Rosier plutôt que lui, son putain d’égo ne pouvait pas le supporter alors il l’a forcée ! Dans le couloir ! Et personne n’est venu l’aider parce que la musique était tellement forte dans votre salle commune que personne… personne ne l’a aidée… personne ne l’a aidée et elle sait bien que personne ne le fera jamais, alors il fallait bien que je fasse quelque chose !

- Mais… mais tu ne peux pas...

- Eulalia Kane a dénoncé Avery l’année dernière lorsqu’il l’a abusée. Elle avait bu ce soir-là et toute cette putain d’école l’a traitée de salope toi compris j’imagine ! Amy a déjà assez à gérer avec les crises d’angoisse, les insomnies et la nourriture qu’elle n’arrive plus à avaler ! Et c’est toujours comme ça, c’est toujours comme ça parce que vous êtes tous là, vous ne vous intéressez jamais à nous !

Regulus tiqua sur le « nous », et Sybil dut sentir qu’elle en avait trop dit parce qu’elle porta une main à sa bouche et enfonça ses ongles dans sa peau comme pour ne plus laisser aucun son lui échapper. Elle les enfonça si bien qu’elle saigna, les paupières ostensiblement closes, et lorsque Regulus s’approcha d’elle pour tenter de dégager sa main, elle lui infligea un tel coup dans les côtes qu’il s’affaissa sur lui-même, le souffle coupé.

Bizarrement, elle parut regretter son geste. Elle empoigna Regulus par les deux épaules et l’aida à se redresser mais il ne put s’empêcher de lui jeter un regard noir lorsque ses yeux se posèrent sur les siens, et il retint de justesse les injures qui lui brûlaient les lèvres, mais il les pensa si fort que Sybil les entendit et cette fois-ci, elle explosa :

- Tu vois, c’est exactement ça le problème ! Tout ne tourne qu’autour de votre putain d’égo de merde ! Toi, Rogue, Avery et les autres, vous êtes là avec vos idées de vieux cons à même pas vingt ans, et Potter et les autres, ils sont trop contents d’avoir une occasion de se battre comme si c’était une espèce de stupide concours de virilité, et pendant que vous ne vous affrontez quasiment qu’entre garçons sur les raisons les plus stupides du monde – la pureté du sang, franchement, vous pouvez croire à une connerie pareille en regardant ne serait-ce que Lily Evans ? – il y a des choses horribles qui se passent dans ce putain de château et ces choses tout le monde s’en moque, parce qu’elles nous concernent nous et que ça vous intéresse pas tellement vous êtes bouffés par votre orgueil ! Vous êtes là à vous payer le luxe de provoquer des combats inutiles pendant que nous on essaye juste de survivre à côté de tous ces porcs !

Sybil avait retrouvé toutes ses couleurs et même plus encore : elle était rouge, rouge écarlate, et Regulus fut tenté de lui dire que décidément, le jaune lui seyait mieux, avant de réaliser que ce serait sans doute l’une des pires choses à dire dans ce contexte.

Le problème, c’était que personne ne lui avait jamais appris ce qu’il convenait de dire dans une telle situation.

Sybil avait prononcé juste les mots qu’il fallait quelques minutes auparavant, en lui disant que tout allait bien, mais il ne pouvait évidemment pas lui dire que tout était bien lorsqu’elle lui racontait ce qui était arrivé à Amy Cauldwell, Eulalia Kane et apparemment beaucoup d’autres filles de ce château – à commencer par Sybil elle-même.

Elle dut comprendre qu’il ne dirait rien, ou du moins rien de très satisfaisant, alors elle se redressa brusquement et lança rageusement sa baguette à Regulus avant de détaler bien trop vite pour qu’il ne la suive.

Il essaya de l’apercevoir ce soir-là, et scruta de nombreuses fois la table des Poufsouffle dans les jours qui suivirent, mais Sybil semblait s’être évaporée. Elle ne mangeait pas, ne s’entraînait pas au stade de Quidditch et n’assistait pas aux cours, y compris ceux qu’ils avaient en commun. À force de laisser traîner ses oreilles du côté des Poufsouffle, il finit par apprendre que la jeune fille était partie prématurément pour les fêtes à cause de soucis familiaux – c’était peut-être vrai, après tout, les rapports de Sybil avec sa propre famille n’avaient pas l’air des plus naturels mais Regulus avait eu envie de leur crier, à tous, qu’ils étaient bien stupides de croire que c’était là le seul problème de Sybil et qu’il faudrait vraiment qu’ils commencent à regarder plus loin que le bout de leur nez.

Il aurait voulu hurler contre lui-même, aussi.

Deux journées seulement séparaient les élèves de Poudlard de leurs premières vacances de l’année et Regulus regarda souvent Amy Cauldwell et Eulalia Kane ces derniers instants durant. Il remarqua qu’Eulalia avait beaucoup maigri depuis l’année passée et se demanda comment il avait pu ne pas le noter. Il en toucha un mot à Josephine, qui était une source d’informations intarissable à Serpentard, mais elle ne put que s’étonner avec lui : elle non plus n’avait jamais vraiment fait attention à ce brusque changement. Amy, elle, donnait souvent l’impression d’aller bien, sauf quand ses yeux se perdaient dans le vide, parfois. Ses lèvres s’affaissaient alors et elle semblait n’avoir plus aucune conscience du monde qui l’entourait : au matin des vacances, elle versa ainsi du jus de citrouille dans son verre jusqu’à ce qu’il ne coule sur son sac de cours et seule l’arrivée d’une amie lui permit de sortir de sa léthargie.

Regulus se demanda si Sybil avait quelqu’un pour l’empêcher de tâcher ses affaires avec du jus de citrouille – il l’avait aidée pour le sang, mais qui avait pris le relais depuis ?

À défaut de pouvoir faire quelque chose pour elle, pour Amy, pour Eulalia, il leur fit livrer à chacune un épais bouquet de lavande assorti d’un gros ruban indigo en songeant que, peut-être, ils parfumeraient leur esprit ou au moins leur intérieur.

Et, pris d’il ne savait quelle pulsion, il joignit au bouquet de Sybil une courte missive l’invitant à l’accompagner lors de leur prochaine sortie à Pré-au-Lard.

Note de fin de chapitre :

Merci d'avoir lu !

N'oubliez pas la review pour me dire ce que vous en avez pensé, c'est ma seule récompense en tant qu'autrice :)

Le prochain chapitre sera sur le thème Psychose, à vos hypothèses !
Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.