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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Avenir fossile par Eejil9

[78 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Bonjour à tous, et bienvenue sur ma participation à AVC3 !


Je suis, pour l'instant, assez motivée pour tenter d'inscrire toutes mes histoires dans le même univers, et je ne parle pas seulement d'Harry Potter, mais surtout de l'univers de SF post-apocalyptique, fanfic edition, créé pour le concours de Nighty, "Le tombeau des héros est dans le coeur des vivants", et que vous pouvez retrouver dans ma fic Les morts sans gloire. Rien ne dit que je vais y arriver, et rien ne vous oblige à aller lire cette fic puisque tout sera compréhensible sans lecture préalable. Mais je vais essayer, parce que ça faisait longtemps que je voulais me lancer là-dedans... à voir si je serai toujours inspirée à la fin de l'été !


Je vous souhaite une très bonne lecture !

Note de chapitre:

Voici donc le premier texte, dont les contraintes étaient les suivantes :

"Le Tournoi des Trois sorciers a pour but de créer des ponts entre les jeunes générations sorcières de pays différents. Vous devrez écrire un texte dont le thème principal est le choc des cultures, entre votre (ou vos ) personnage principal et une communauté étrangère. Cette rencontre peut avoir lieu, par exemple lors d’un événement international (sportif, politique, culturel), d’un voyage, voire à travers une correspondance... C’est comme vous voulez !"

- Mention devra être faite de l’école dans laquelle vous avez été envoyée pour cet « A vos claviers » !
- Votre héros devra découvrir une pratique de la Magie qui lui est inconnue.
- « Ni oui, ni non, ni blanc, ni noir » ! Les mots Oui, non, blanc, noir sont interdits.
- Votre texte comprendra au moins un dialogue de deux cent mots.

 

Vous aurez le droit de voyager un peu avec Hel, l'OC de mon histoire Les morts sans gloire, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lue, puisque tout est présenté, d'une certaine manière, dans cette histoire-ci. Pour la petite histoire, Hel est le nom d'une déesse scandinave, la déesse des morts sans gloire.

J'ai été extrêmement inspirée, et très heureuse de retrouver Hel, cette vieille copine, du coup, le texte est un peu long, mais promis, les suivants ne le seront pas autant ! Ce texte a, en outre, été écrit au cours de la Nuit du 16 juin 2018, pour les thèmes "échapper", "résonner" et "mystère". C'est visible dans les subdivisions du texte. J'ai très peu repris ce que j'avais écrit pendant la Nuit, en 3h, donc, par faute de temps à cause de l'agreg et des oraux qui ne cessent de me pourir la vie. Promis, les prochains textes seront plus soignés !

Bonne lecture !

 

- Les écoles de magie existaient vraiment, des centaines d’enfants sorciers s’y rendaient, ils y apprenaient l’histoire, la pratique de la magie, la botanique, les potions, le vol sur balai... Les moldus allaient dans des écoles pour moldus, et ils ne savaient même pas que la magie existait à l’époque ! Poudlard était l’école des îles britanniques, Beauxbâtons était en France, de l’autre côté de la Manche, Durmstrang quelque part dans le Nord. Il y avait même des tournois qui opposaient les élèves de chaque école. Et l’école de magie africaine s’appelait l’Institut Kèdjougou. Je t’assure, maman. Je te le prouverai, je peux t’y emmener, je…

Le regard que lui jeta sa mère ôta à Hel toute envie de terminer sa phrase. Elle la fixa comme si elle était folle à lier, avant d’articuler finalement :

- Hel… Je n’irai nulle part et tu n’y iras pas plus que moi. Il est absolument hors de question que tu repartes ainsi. Et tu resteras bien sagement à la maison jusqu’à ce que ça te rendre dans le crâne.

- Mais…

- Il n’y a pas de mais qui tienne, coupa sa mère sans même hausser la voix. Et je suis bien désolée de t’annoncer que tes inepties sur les écoles de magie n’y changeront rien. Tu nous as fait une frayeur monstre en ne rentrant pas cette nuit, ton père et moi n’en avons pas dormi. J’ai dû le retenir de partir à ta recherche. Nous avons cru que le pire était arrivé ! Tu aurais pu être morte, tu aurais pu avoir été prise dans la tempête… Tu sais ce qui m’est arrivé.

Hel baissa les yeux vers sa mère, engoncée dans le fauteuil magique que lui avait confectionné son père.

 

2498. Cela faisait plus de cent cinquante ans que la Terre avait été dévastée par une catastrophe sans précédent, qu’on nommait d’ailleurs la Grande Catastrophe. Les moldus et les sorciers avaient parachevé le désastre en se menant une guerre sans pitié. Du règne animal, il ne restait presque plus rien. Des humains, pas grand-chose de plus, qu’ils soient dotés de pouvoirs magiques ou non. Le secret magique n’avait d’ailleurs plus lieu d’être, tant les communautés étaient réduites. Il n’y avait plus d’économie, plus de monnaie, plus de systèmes de communication. On ignorait ce qui pouvait bien se passer à trois cent kilomètres du lieu où l’on vivait. La végétation avait déserté la surface de la planète, les mers s’étaient asséchées. En lieu et place des marées, la Lune provoquait d’impressionnantes tempêtes de sable, qui ravageaient tout sur leur passage à la nuit tombée.

C’était lors d’une de ces tempêtes que la mère de Hel avait perdu ses jambes. Elle n’avait pas réussi à regagner la maison à temps, et s’était réfugiée dans un hangar lorsqu’elle avait compris qu’elle n’aurait pas d’autre choix que de passer la nuit dehors. Une poutre était tombée sur son dos, et elle n’avait eu la vie sauve que de justesse. Elle n’avait plus jamais quitté la maison depuis, et c’était Hel qui, désormais, étaient envoyée en expédition au loin.

Il fallait bien vivre. Le père de Hel était fabriquant de baguettes magiques. Oh, la magie n’existait plus que sous forme embryonnaire, mais les rares sorciers à arpenter cette Terre avaient toujours besoin de catalyseurs, même ceux-ci n’étaient plus que l’ombre des baguettes du passé. Faute de bois, le père de Hel fondait des cœurs de fortune – à partir de n’importe quel morceau de créature magique – au creux d’artefacts de métal. Et c’était Hel qui traversait la contrée sur son balai – lui aussi fait de métal – pour chercher des cœurs dans les maisons abandonnées.

C’était là qu’elle l’avait trouvé. Le livre qui avait changé sa vie. Vie et mensonges d’Albus Dumbledore, par Rita Skeeter. Elle l’avait dévoré aussi vite que ses maigres connaissances en ancien anglais le lui avaient permis. Et puis, elle n’avait eu de cesse de trouver d’autres informations, plus fiables, sur ce fameux sorcier, totalement inconnu, et pourtant si célèbre qu’une personne avait jugé nécessaire de le traîner dans la boue pendant autant de pages. L’engouement de Hel avait été tel qu’elle avait oublié de rentrer avant la nuit. Prise dans la tempête, elle avait volé au hasard, jusqu’à un château étonnamment bien conservé.

Poudlard.

L’endroit respirait d’une magie si ancienne qu’il avait été préservé de toutes les catastrophes. Ancienne école changée en musée lorsqu’une autre école, internationale cette fois-ci, avait été ouverte, Hel y avait plus appris en une nuit de visite qu’au cours de sa courte vie. Et surtout, elle avait fait la connaissance du portrait d’Albus Dumbledore.

 

Mais visiblement, le récit de ces découvertes n’enchantait pas sa mère.

- Hel, il est hors de question que tu reproduises ce genre de péripéties, me suis-je bien fait comprendre ? Nous avons besoin de cœurs pour les baguettes, mais si tu ne sais pas où est ta place et quel est ton rôle, ton père ira les chercher tout seul et tu resteras à la maison. Est-ce clair ? D’ailleurs, il a assez de réserves pour tenir un moment avec ce que tu viens de ramener. Tu partiras quand nous auront décidé que tu es à nouveau digne de confiance.

Hel bouillonnait de rage. Elle avait découvert de quoi révolutionner leur monde, de quoi le faire renaître de ses cendres. Elle n’avait qu’une envie, apprendre, apprendre, et apprendre encore pour faire renaître la magie telle qu’elle avait pu être avant la Grande Catastrophe. Apprendre pour transmettre. Apprendre pour enseigner. Hel ne s’était pas perdue au cœur de la tempête, elle s’était trouvée, et surtout, elle avait trouvé un rêve qu’elle poursuivrait coûte que coûte. Elle rouvrirait Poudlard.

Elle n’avait que faire des cœurs de baguette et des tempêtes.

Mais dans l’œil de sa mère brillait une lueur impitoyable. Elle ne comprendrait pas.

- Parfaitement clair, admit Hel dans un soupir.

- Bien, alors tu vas me faire le plaisir d’aller chercher les œufs des moineaux des sables. Puis, l’atelier de ton père a bien besoin d’un coup de balai. Ensuite, tu iras préparer le dîner, puis j’aurai besoin d’aide pour rempoter les pissenlits.

- Mais, je n’ai pas dormi, et…

- Je m’en moque ! Il fallait y penser avant de partir en expédition à l’autre bout du monde, jeune fille. Tu dormiras ce soir, et avant, tu as intérêt à te faire pardonner tes incartades. Au travail !

La colère qui brûlait dans le cœur de Hel devint un brasier. La tempête dans laquelle elle s’était trouvée ne l’avait pas mise en danger, bien au contraire. Elle l’avait sauvé du seul risque qui la guettait comme il guettait tous les êtres de son temps : la médiocrité. Un puits de savoir et d’espoirs s’était ouvert devant elle, et il était impossible qu’elle retourne à son ancienne petite vie en oubliant ce qu’elle avait appris.

Elle allait faire renaître le savoir. Elle allait tout changer, à force de travail. Et il était inenvisageable qu’elle gaspille toutes ces certitudes en s’épuisant à accomplir des corvées inutiles.

Hel soupira. Si elle voulait mener à bien ses projets, il faudrait de la patience. Bientôt, bientôt, elle pourrait s’échapper. Il suffisait d’attendre que la méfiance de ses parents s’apaise. Ils la renverraient bien chercher des cœurs de baguette. Alors, elle s’enfuirait pour de bon. Quitte à ne plus revenir, si cela ne tenait qu’à cela.

- En attendant, murmura-t-elle…

Elle tenait dans le creux de sa main un bâton – de bois, de véritable bois ! Houx, 27,5 centimètres, souple, avait commenté le portrait d’un vieil homme aux cheveux hirsutes quand elle s’en était emparée sous une vitrine dans le musée de Poudlard – qui lui simplifierait bien la vie. Une fois que sa mère eut tourné le dos, elle s’empressa d’emporter ses affaires dans sa chambre. Réduits, dans son sac, se trouvaient des centaines de grimoires.

Une véritable baguette et pas ces inutiles morceaux de ferraille, des manuels de magie... Quoi qu’il en coûtât, elle apprendrait.

Et quand elle serait prête, elle partirait en quête de l’Uniwisco, l’école internationale de magie qui avait éduqué tous les enfants sorciers du monde après la fermeture des écoles de sorcellerie nationales.

Quand elle serait prête, elle s’échapperait pour de bon. Et en se sauvant, elle espérait bien sauver le monde avec elle.

Elle n’avait, bien évidemment, aucune conscience de la prétention dont elle pouvait faire preuve en formulant de tels projets.

 

***

 

Une fois la fatigue, la colère et l’engouement passés, Hel était revenue sur ses projets de fugue. Ses parents avaient besoin d’elle. Et son apprentissage nocturne et assidu de la magie la rendait plus circonspecte : si elle n’oubliait pas son projet, il lui semblait désormais bien présomptueux. Ce qui lui restait à apprendre était monstrueux, elle ne s’imaginait même plus l’enseigner. De toute manière, le peu de personnes à qui elle avait parlé des écoles de magie l’avaient regardée comme la dernière des démentes.

Elle doutait de ses capacités, et d’apprentissage, et de persuasion.

Elle se contentait d’étudier chaque soir, dans sa chambre close, désormais par magie. Et elle profitait de ses escapades – elle avait à nouveau le droit de sortir de la maison – pour approfondir ce qu’elle avait appris et mettre les sortilèges en pratique dans des espaces moins exigus. 

Elle ramenait des cœurs. Elle jouait les petites filles modèles. Son projet, lui, s’effaçait doucement sous le poids du quotidien. Rien n’est plus efficace pour tuer les rêves que la monotonie fade du temps qui passe.

 

Elle avait eu besoin de Vie et mensonges d’Albus Dumbledore pour en sortir. Un nouvel événement semblable lui ouvrit une nouvelle porte.

Combien d’invraisemblables hasards peuvent survenir au cours de la vie d’une même personne ? Quelques-uns quand on a été baptisée d’un nom de déesse. Beaucoup quand on a l’esprit ouvert et l’espoir vaste.

 

Hel explorait les vestiges d’un vieux bâtiment dans le cadavre de ville qu’était devenue Londres. L’endroit était surprenant : ras en surface, il s’étendait sur plusieurs étages en sous-sol. Elle avait pu descendre en empruntant une sorte de puits traversé par plusieurs câbles. Elle supposait qu’il s’agissait d’une ancienne technologie dont elle n’avait pas connaissance, et se promit de faire des recherches dans les grimoires qu’elle cachait soigneusement sous son lit.

L’endroit était totalement dévasté. Londres, comme toutes les grandes villes, avait été détruite par les bombardements caractéristiques de la guerre d’après la Catastrophe. Seulement, Hel n’avait pas encore visité ce bâtiment, et espérait que les étages les plus lointainement enfouis sous la surface eussent été protégés du déchaînement de violence qui avait anéanti toutes les civilisations humaines.

Elle fut déçue.

Trois niveaux sous la surface, un début de conservation était visible. Sur le sol, certaines dalles fendues avaient traversé les siècles. Elles étaient ornées d’une lettre M dorée. Au quatrième niveau, Hel trouva un prospectus en parchemin portant l’inscription « Ministère de la Magie ». Elle eut un frisson d’espoir.

Ministère de la Magie. Elle en avait entendu parler, dans Vie et Mensonges, et même dans les coupures de presse qu’elle avait pu sauver auparavant. Et surtout, le manuel d’Histoire de la Magie qu’elle avait subtilisé à Poudlard en faisait grand cas.

Elle se trouvait sur les ruines de l’ancien siège du gouvernement sorcier.

 

L’endroit, malheureusement, n’avait rien de la tranquille magie qui vivait dans Poudlard. Le bâtiment avait certes été préservé à partir du cinquième étage, mais il avait vraisemblablement été pillé par des milliers de personnes avant Hel. Au fond du puits, elle tomba même sur une salle aux multiples portes qui bruissaient de voix. Elle fut prise d’un violent frisson qui lui agita le corps jusqu’à l’âme, et s’empressa de remonter.

Elle était presque sûre, en visitant le sixième étage, qu’elle ne trouverait rien là sinon cette atmosphère d’angoisse renfermée et de magie sombre. Il n’y avait vraisemblablement ni cœurs potentiels, ni savoir en ce lieu. Elle s’apprêtait à partir, quand elle saisit machinalement une vieille chaussette verte étonnamment bien préservée, qui traînait sur un bureau.

Elle fut d’abord prise d’un frisson, puis eut l’impression qu’un crochet l’agrippait au niveau du nombril et l’entraînait à la fois en arrière et vers le haut. Elle resserra sa prise sur la besace qui ne la quittait jamais, et s’empressa de lâcher la chaussette.

Trop tard.

Le monde devint flou autour d’elle, et elle fut prise d’une brusque envie de vomir.

C’est d’ailleurs ce qu’elle fit quand elle sentit ses genoux s’écraser douloureusement sur un sol meuble et inconnu. Elle s’assit et respira profondément pour reprendre ses esprits. Elle se trouvait visiblement dans une grotte qui bruissait d’échos : elle pouvait discerner une paroi, grâce à un filet de lumière qui dévalait d’une issue invisible, quelque part au niveau du plafond. Le bruit de son souffle se répercuta à l’infini sur les falaises de pierre, et lui revint démultiplié. Elle saisit sa baguette qu’elle avait lâchée et lança un lumos.

La faible lueur ne fut pas suffisante pour discerner les extrémités de la salle.

De toute évidence, elle n’était plus au Ministère de la Magie.

 

- Bravo Hel, murmura-t-elle pour se rassurer. Dans quoi t’es-tu encore fourrée ? Tu ne seras sûrement pas rentrée pour la nuit. Cette fois-ci, maman te punira pour six mois au moins. Bravo, bravo…

Son murmure résonna tant de fois dans la grotte qu’il lui parvint complètement déformé, comme si une autre voix l’avait prononcé. Hel se mit à trembler.

- Allons, essaie de trouver une issue, tu ne vas pas pourrir ici, murmura-t-elle bien moins fort en se levant.

L’écho, lui, n’avait pas décru.

Il devint assourdissant, d’ailleurs, quand quelque chose – ou quelqu’un – poussa un cri, quelque part. Un cri inintelligible, fait de consonnes rugueuses et de voyelles inconnues.

- Il y a quelqu’un ? demanda Hel d’une voix faible.

Un filet de sueur lui coulait le long du dos, et sa main moite peinait à tenir sa baguette. La terreur lui nouait le ventre. Elle ignorait où elle était, le transport – puisque c’était sans doute de cela qu’il s’agissait – lui avait retourné l’estomac, et maintenant cette voix…

Elle perçut une lueur dans le fond de la grotte, lueur qui se divisa en deux, puis en trois. Les voix et les échos, eux aussi, se multiplièrent. Elle ne comprenait toujours aucun mot.

Finalement, elle distingua des silhouettes humaines brandissant des torches qui brûlaient en dégageant une forte odeur de charbon et de plastique. Cela ne la rassura pas. Elle savait qu’au vu de la situation mondiale, elle avait à peu près autant de chances de tomber sur des bandits que sur une communauté réellement organisée. Elle ignorait tout des intentions de ces personnes, et même s’ils n’étaient pas des voleurs, elle s’était visiblement introduite sur leur territoire sans s’être annoncée. Hel ne donnait pas cher de sa peau.

Ils s’approchèrent d’elle, circonspects, lui adressèrent quelques mots.

- Je ne vous comprends pas, répondit Hel, espérant qu’ils réalisassent par là qu’ils ne parlaient pas la même langue.

Un homme d’une taille impressionnante regarda l’endroit où Hel avait vidé le contenu de son estomac, saisit la chaussette qu’elle avait lâchée, grogna quelques mots à ses compagnons. Hel n’osait presque plus respirer tant elle avait peur. Elle avait l’impression que les parois de la grotte allaient s’effondrer sur elle d’une seconde à l’autre.

Une femme avisa la baguette qu’elle tenait en main, sursauta, murmura quelques mots. Une autre femme se dégagea alors du groupe. Elle était tellement vieille et recroquevillée qu’elle avait à nouveau la taille d’une enfant. Hel en fut intimidée – cela faisait longtemps que les humains ne faisaient plus de vieux os dans la partie du monde où elle vivait. La vieille femme posa ses mains sur les épaules de la jeune intruse sans que cette dernière osât bouger d’un cheveu. Brusquement, Hel sentit qu’elle n’était plus maîtresse de ses pensées. Les souvenirs voltigeaient dans sa tête sans qu’elle pût en choisir le cours. Elle se revit chez ses parents, le matin-même. Elle se revit au ministère. Elle posa une nouvelle fois la main sur la chaussette verte, régurgita son dernier repas et…

La vieille femme recula d’un pas. Hel était si sonnée que, si elle n’avait pas déjà eu l’estomac vide, elle aurait sans doute vomi à nouveau. Les jambes flageolantes, elle s’effondra sans que personne s’en souciât.

Elle entendit confusément le débat qu’entretinrent les habitants de la grotte – si ce lieu était bien leur lieu de résidence, évidemment. Des papillons lumineux dansaient devant ses yeux. Doucement, elle perdit connaissance.

 

Dans son esprit résonnaient des milliers d’échos.

 

***

 

Incompréhensible.

Ce qu’elle voyait était incompréhensible. Et pas seulement parce qu’elle ne parlait pas la langue des personnes qui l’avaient recueillie. Ils avaient l’air d’être des sorciers, mais ils pratiquaient une forme de magie qu’elle ne connaissait pas. Sans baguette, sans incantation, seule la vieille dame avait le pouvoir de s’immiscer dans l’esprit des gens comme elle l’avait fait le jour de son arrivée, mais les autres… Un pouvoir, relativement plus faible que celui des baguettes, mais indéniable, pulsait au bout de leurs doigts. Ils soulevaient sans peine des objets bien plus lourds qu’eux, ils faisaient bouillir l’eau d’une pression des mains sur la casserole, accéléraient la poussée des plantes.

Et elle n’avait aucun moyen de savoir comment ils faisaient, ni où elle était.

 

Surtout, elle n’avait aucun moyen de rentrer chez elle.

Ils vivaient à l’entrée de la grotte où elle avait fait irruption, en communauté restreinte. Ils subsistaient grâce à un peu d’élevage, un potager, du troc avec les communautés environnantes… Rien de bien différent de la vie de Hel et de ses parents, si ce n’était leur manière totalement incroyable de pratiquer la magie.

À grand renfort de gestes, de dessins sur son ardoise – qui les avait d’ailleurs bien fascinés – Hel était parvenue à se faire comprendre. Ça et les interventions impromptues de la vieille sorcière – Hécaté, puisqu’elle connaissait désormais son nom. Eux lui avaient signifié qu’ils n’étaient pas malveillants. Elle avait fait de son mieux pour aider ses hôtes, faisant contre mauvaise fortune bon cœur. Sa baguette et ses maigres connaissances magiques lui était d’ailleurs d’un grand secours.

Elle espérait que ses parents… En général, elle verrouillait fermement son esprit, et s’empêchait de penser à eux. Imaginer leur chagrin était insoutenable. Elle se sentait encore plus mal d’avoir envisagé, ne fût-ce qu’un instant, de fuguer volontairement.

 

Elle avait l’impression d’être à nouveau une enfant. Elle apprenait péniblement leur langue, au prix d’efforts monstrueux. Certains de leurs aliments lui étaient inconnus. Chacun de ses gestes, chacun de ses mots, étaient paré d’une étrangeté qui la laissait épuisée. Ses hôtes étaient d’une incroyable gentillesse, surtout Hécaté, qui s’en voulait de l’avoir blessée le jour de son arrivée, et Hypérion, l’homme le plus jeune de la communauté, à peine plus âgé qu’elle.

Elle était nostalgique de son ancienne vie. Plus encore que ses parents, c’était le voyage qui lui manquait. Elle avait toujours son balai, mais avait rapidement abandonné ses recherches. La terre était partout une grande dévastation de sable et ruines, mais elle ne reconnaissait rien. Les étoiles même étaient différentes. Il n’y avait rien en commun avec les lieux qu’elle avait quittés. Elle se trouvait vraisemblablement à des milliers de kilomètres de chez elle.

Plus le temps passait, plus elle s’isolait. Pour combler l’ennui, pour tromper la nostalgie qui lui déchirait le cœur, elle explorait la grotte à l’entrée de laquelle elle vivait désormais. C’était un véritable labyrinthe minéral, dans lequel on trouvait même des lacs souterrains – trouvailles ô combien incroyables dans le monde sec où elle avait grandi – d’étonnantes concrétions…

 

Une fois n’est pas coutume, elle était partie en expédition avec Hypérion quand elle trouva.

 

Elle trouva ce qu’elle avait toujours cherché, et ce qu’elle ne cherchait pas.

Un étroit couloir rocheux descendait en pente douce vers une salle qu’elle n’avait jamais explorée. Hypérion la suivait, mal à l’aise. Il avait grandi là, mais il n’avait jamais osé s’enfoncer aussi profondément dans les entrailles de la terre. Pour lui comme pour ses parents, abandonner la lumière, c’était abandonner la vie. Néanmoins il était inquiet pour Hel – inquiétude qui agaçait la jeune femme autant qu’elle la touchait, d’ailleurs – et demandait à venir de plus en plus souvent. Elle avait d’ailleurs éprouvé une satisfaction indéniable quand il avait violemment sursauté parce qu’une goutte d’eau lui était tombée sur le haut du crâne.

Elle était d’ailleurs toujours en train de se moquer de lui quand ils parvinrent à la salle qui s’ouvrait au bout du couloir. L’endroit était d’une telle splendeur que Hel ne parvint pas à maintenir son lumos. Mais la lumière de la baguette, mouchée, n’était pas nécessaire pour éclairer l’endroit. Une ouverture parfaitement circulaire, au plafond, faisait descendre un rayon de lumière vive sur un enfer de colonnes, de stalagmites et de stalactites. L’endroit était magique et étrange : la roche était couverte de concrétions, aussi bien au sol qu’au plafond, excepté en un étroit chemin qui courait de l’entrée du couloir jusqu’à la paroi d’en face.

Après une brève hésitation, Hel l’emprunta, suivie d’un Hypérion qui n’en menait vraiment pas large. Mue par un réflexe soudain, elle posa la main sur la paroi qui lui faisait face. Elle était lisse, chaude, et vibrait sous sa paume.

Une voix retentit soudain dans la grotte, la faisant sursauter.

 

- Bienvenue à l’école de magie internationale Uniwisco. Nous vous rappelons que les visiteurs ne sont admis qu’hors période scolaire, et sont tenus de se présenter au gardien avant de pénétrer dans l’école. Nous vous souhaitons une bonne visite.

 

Hypérion tremblait comme une feuille. Sans réfléchir, Hel lui saisit la main.

Dans un bruit d’outre-tombe, la paroi s’abaissa, dévoilant un escalier aux marches nettes. Et au bout des marches...

 

Ce n’était pas une école. C’était une véritable ville souterraine, mieux conservée que la totalité des villes que Hel avait eu l’occasion de visiter. Les bâtiments, taillés dans la même pierre claire que la grotte, étaient tous nets et entiers.

C’était une véritable ville souterraine, et pourtant, c’était un désert.

Elle semblait vide de vie, comme figée dans un instant de panique qui durait depuis des siècles. Des objets traînaient çà et là. Certaines portes étaient ouvertes. Un vieux calendrier voletait dans la loge du gardien.

Un désert. Une ville. Uniwisco, l’école de magie internationale. Le cœur de l’enseignement magique, pendant des décennies.

 

Le lieu que Hel cherchait depuis des mois. Le lieu qu’elle ne cherchait plus. Voilà qui était plus incompréhensible encore que la magie de la communauté d’Hypérion et Hécaté. Voilà qui était plus mystérieux surtout que la chaussette qui lui avait fait traverser la terre. Voilà qui était plus grand et plus énigmatique que tout ce qu’elle avait pu concevoir jusque-là.

Une montagne de savoir. Un gouffre d’angoisse.

Sa colonne vertébrale fut traversée par un frisson d’expectative. Était-il possible de réanimer le cœur de l’enseignement magique ?

- Si ça ce n’est pas un signe du destin, murmura-t-elle dans sa langue, avant de hausser les épaules devant le regard surpris d’Hypérion.

C’était par hasard qu’elle avait trouvé Poudlard, c’était par hasard encore qu’elle était arrivée à Uniwisco. À cet instant précis, la jeune femme décida qu’il s’agissait de deux rendez-vous cruciaux. Des rendez-vous entre elle, le hasard, et le destin. Le message était clair.

Hel s’était perdue, mais elle était surtout arrivée.

 

Note de fin de chapitre :

Voilà, j'espère que ça vous a plu ! Nous ne savons pas de quoi l'avenir sera fait, mais si vous voulez en savoir plus sur Hel et ses petites aventures avant et après cet épisode, c'est dans Les morts sans gloire que ça se passe. Et j'espère pouvoir écrire la suite de cet épisode dans les prochains défis... C'est peut-être un voeu pieu !

A très bientôt pour le prochain texte ! <3

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