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Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


Défaut d'envois des mails


Les hiboux se sont perdus !

Vous avez dû remarquer que les notifications (de nouveaux chapitres, de nouvelles reviews et autres) n'arrivaient plus dans votre boite email ! Effectivement, les hiboux sont en grève pour quelques temps. Notre équipe technique est sur le coup pour corriger le problème aussi vite que possible. Merci de votre compréhension !


Jim Kay pour Bloomsbury Publishing


De Le CA et l'équipe technique le 26/09/2022 17:05


Maintenance des sites


Bonjour à toutes et tous !


Pour nous prévenir un peu plus contre les bots, le serveur a besoin d'un petit redémarrage ! Le reboot traditionnel de 10h ce dimanche 25 septembre durera un petit peu plus longtemps, et au maximum une dizaine de minutes.



Merci de votre compréhension !


De Le CA et l'équipe technique le 23/09/2022 19:03


Ajout de nouveaux personnages !


Bonjour à tous et à toutes,


Les modératrices d'HPFanfiction ont le plaisir de vous annoncer que la liste de personnages a été complétée de A à Z ! La majorité des personnages de la saga sont maintenant à votre disposition pour les ajouter à vos résumés. Les personnages des Animaux Fantastiques et de L'enfant maudit ont également été étoffés. Si des personnages viennent à manquer, vous avez toujours la possibilité d'utiliser "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques" ou "Personnage de Crossover".

Pour rappel, il existe un "Personnage original (OC)" pour catégoriser vos fics mettant en scène un de vos OCs. Pour les recueils de textes mettant en scène de multiples personnages, nous vous conseillons de les ranger dans "Autre personnage Harry Potter/Animaux Fantastiques". Enfin, certains groupes ont fait leur apparition, à savoir les Gryffondor/Poufsouffle/Serdaigle/Serpentard pour vos recueils sur les maisons ou les rivalités entre elles !

Attention ! Certains noms ont été modifiés : les personnages féminins mariés ont repris leur nom de jeune fille, pour ceux connus (ex : Bellatrix Lestrange est devenue Bellatrix Black, Molly Weasley est devenue Molly Prewett, etc...).

Nous vous encourageons à reclasser vos fanfictions en fonction des nouveaux ajouts, afin qu'elles trouvent plus facilement leur public. ;)

De L'équipe de modération le 17/09/2022 16:37


Sélections du mois


Le Jury des Aspics vous invite à lire sur les plus belles, les plus fortes, les plus merveilleuses Sorcières de la saga pour la rentrée de septembre avec la Sélection Femslash ! Vous avez jusqu'au 30 septembre pour lire les 11 textes proposés par les membres et voter par ici.

Et au mois d'octobre, jouez les Indiana Jones et partez à l’Aventure ! Il vous reste 15 jours pour proposer vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.

Si les thèmes ne vous plaisent pas, souvenez-vous qu’il reste la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos jours, vos nuits et votre année 2023 ! Jusqu'en décembre, venez découvrir 12 magnifiques univers ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De Equipe des Podiums le 14/09/2022 23:00


30ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 30e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 24 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 10/09/2022 10:05


Marietta devant le gouffre par Drachvador

[12 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Joyeux Noël Zandry !

J'ai respecté cinq des six contraintes que tu m'avais données, à savoir :

1) un ou des paradoxes

2) des parapluies

3) to have a screw lose (avoir une case de vide)

4) une cage

5) une baleine ou un gros animal marin en danger

et j'ai laissé de côté la sixième : l'histoire doit se passer dans, autour ou sous un arbre.

Je suis très contente que cet OS t'ait plu, et j'espère qu'il plaira à d'autres !

Note de chapitre:

Bien sûr, l'histoire, les personnages et tout le tralala appartiennent à JKR.

Bonne lecture !

- ... répéter ce que je viens de dire ?

Elle sent que quelque chose ne va pas et ramène son attention sur le présent. Flitwick la regarde, il lui a posé une question. Pas besoin d'être une sorcière de sixième année pour deviner laquelle.

Certains élèves arborent déjà un petit sourire narquois. Cette fois-ci, elle a été prise en flagrant délit. Elle jette un coup d’œil à sa montre et cela lui suffit.

- Étant donné qu'il est 10h27, que votre cours avance à une lenteur infamante et que certains n'arrêtent pas de vous poser des questions, et je vous passe mes calculs, vous deviez être en train de dire : "en vertu des règles de la proportionnalité magique, plus un objet est lourd, plus vous sentirez son poids peser sur votre magie. Il importe donc d'estimer la masse de l'objet sur lequel vous souhaitez exercer votre art." Je me trompe, professeur ?

Les sourires de ces imbéciles se sont effacés. Certains secouent la tête, incrédules, parce que c'est exactement ce que le prof a dit et comment elle a fait, elle a fait semblant de ne pas écouter pour qu'il l'interroge ou quoi, cette tarée ? Elle les hait. Elle décide d'enfoncer le clou avant que Flitwick ait pu reprendre la parole.

- Et là, je suppose que vous vous apprêtiez à illustrer votre propos en nous donnant l'exemple du sorcier Baruffio, qui avait mal estimé le poids de sa femme, parce qu'il la croyait quand elle affirmait faire 47 kilos, et qui, lorsqu'il lui a lancé un sortilège d'attraction, s'est retrouvé avec seulement la moitié supérieure du corps de sa dulcinée. C'est de cette époque que date l'invention du sortilège de découpe.

Elle ne regarde pas Flitwick dans les yeux. Elle sait qu'elle a raison. Elle connaît déjà tous les cours à l'avance, et après six ans à observer les mêmes profs, ceux-ci ne la surprennent plus. Elle connaît leurs exemples préférés, leur débit, leur manière de tourner une phrase, de faire une pause entre deux éléments et même de répéter lorsque les élèves prennent des notes. Elle pourrait prendre du Polynectar et faire cours à leur place – si seulement elle en avait. Elle tourne la tête, reprend sa contemplation du parc ruisselant de pluie.

- Merci, Miss Edgecombe, entend-elle avant que le monde extérieur ne soit remplacé, dans ses oreilles, par un bourdonnement indistinct.

Où en étais-je ? Ah oui, 2249 multiplié par 16, ça fait... 35984, et sachant que le parc fait 5547 mètres de longueur du nord au sud...

 

 

* * *

 

 

À la fin du cours, le professeur l'appelle à son bureau.

- Miss Edgecombe...

- Je sais, professeur, l'arrête Marietta. Je vous prie d'excuser mon insolence. Cela ne se reproduira plus.

Flitwick soupire. Il sait que cela se reproduira, mais il est le directeur de Serdaigle. Il a l'habitude des élèves trop doués.

- Je ne vous enlèverai pas de points, je suppose que vous savez pourquoi.

- Évidemment. C'est la moyenne de ceux que vous vouliez me retirer et de ceux que vous vouliez me donner. Merci, professeur.

Elle lâche un minuscule sourire, ramène sa mèche de cheveux bouclés devant son visage et sort.

 

 

* * *

 

 

Elle est supérieure, elle le sait. Elle se concentre sur cette pensée tandis qu'elle se fraie difficilement un chemin à travers les couloirs bruissant d'élèves. Elle est mille fois plus intelligente que tous ces idiots, ces avortons, ces crétins, ces myrmidons, ces coquefredouilles, ces paltoquets, ces pignoufs. Elle a plus de vocabulaire qu'eux, aussi. Alors elle garde la tête haute, comme s'il n'y avait aucun problème. Elle ne fuit pas à toutes jambes comme elle meurt d'envie de le faire. Comme elle meurt d'envie de le faire tous les jours, à toutes les heures. À la place, elle lève bien haut le menton et crispe légèrement la main sur son sac rempli de livres. Ne lâche pas le savoir, il n'y a que cela qui importe.

Elle a encore tout un étage à parcourir avant d'atteindre l'abri très relatif de sa salle de métamorphose. C'est dur d'être seule, encore plus que d'être avec Cho. Mais non, elle ne la regrette pas, et elle refuse d'y penser plus longtemps. Cho ne faisait que l'utiliser, non ? Tout le monde la regarde lorsqu'elle passe mais son regard à elle glisse sur les autres comme s'ils n'étaient que des meubles. Comme si elle ne les reconnaissait pas pour ses semblables. Elle n'essaie pas de se rendre invisible, elle sait qu'elle n'y parviendrait pas. Ce sont les autres qui lui sont invisibles, à elle.

C'est réellement le cas. Elle ne tente plus de parler aux autres, ni pour s'expliquer ni encore moins pour parler normalement. Le temps où elle faisait partie des amies gloussantes de Cho lui paraît étrangement lointain. Aujourd'hui, ce club sélect n'existe plus, ces cruches se sont toutes dispersées. Et Marietta ne fait plus semblant. Elle n'introduit même plus de fausses erreurs dans ses devoirs, ne s'applique plus à prendre pendant les cours des notes qui ne lui serviront pas. L'énergie lui manque, pour cela comme pour le reste. Depuis qu'elle s'est rendu compte qu'entre elle et les autres, ça ne marcherait pas, Marietta a changé de stratégie. Ces gens sont incapables de comprendre... Pourquoi serait-elle la seule à faire des efforts ? À quoi bon se rendre plus bête qu'elle n'est, juste pour ne pas mettre les autres mal à l'aise ?

Il est clair que ses "camarades" n'en font pas, des efforts. Bien sûr, ils ne vont pas tous jusqu'à l'attaquer ouvertement. Mais aucun ne va vers elle non plus. Elle les dérange, alors ils tournent la tête, ils regardent ailleurs. Elle leur souhaite de bons torticolis. Alors qu'elle n'est plus qu'à quelques mètres de sa salle de cours, elle sent instinctivement que le mot va sortir. L'atmosphère autour d'elle s'est imperceptiblement modifiée. Elle se tend légèrement, se force à chercher la racine carrée de 2209 tandis qu'elle attend l'insulte, sans cesser de marcher mais sans hâter le pas non plus. Sa première insulte de la journée, ça a vraiment tardé.

47.

C'est une fille de quatrième année qui se lance et qui crache :

- Cafard !

Vraiment ?

 

 

* * *

 

 

La journée se poursuit, et elle suit placidement toutes les étapes de son calvaire.

Le cours de métamorphoses, où elle transforme un têtard en parapluie dès les premières minutes, sans savoir si cela lui servira un jour, mais c'est trop tard, la formule est déjà inscrite à l'indélébile dans sa tête.

Le déjeuner, où elle s'assoit au milieu d'un îlot de places vides qui ne se remplit pas de tout le temps qu'elle s'y trouve.

Les cours de l'après-midi, où elle sait déjà tout et où, sans avoir écouté, elle pourrait restituer au mot près ce qui a été dit, y compris les bavardages des élèves.

Et encore le repas du soir, où elle est seule comme le midi, comme le matin et comme la veille. Elle s'évertue à éviter le regard de Cho lorsque celle-ci passe près d'elle, parce qu'elle ne veut plus lui parler et qu'elle sait – puisqu'elle sait tout – que le visage de son ancienne amie exprimerait un mélange de tristesse et de pitié. Recueillir encore une fois ses larmes et la réconforter, non merci. Est-ce qu'elle n'a pas suffisamment à faire avec elle-même ? Pour sortir Cho de son esprit, elle regarde ailleurs... et cet ailleurs, c'est Hermione Granger, dont elle reconnaîtrait les cheveux ébouriffés par temps de brouillard. Elle les a fixés bien trop longtemps pour sa propre santé mentale. Stupide Hermione Granger qui n'a pas compris qu'on pouvait avoir de la loyauté envers d'autres personnes qu'elle et son armada de décérébrés. Stupide Granger qui est très fière que la traîtresse qu'elle est porte les stigmates de son crime sur le visage. Ces boutons qui dessinent le mot cafard, qui s'étalent sur ses joues, d'une oreille à l'autre, en passant par son nez. Ces boutons qui ne partent pas, quoi qu'elle fasse, et que le maquillage rendait encore plus hideux, alors elle a arrêté. Elle la hait, mais elle a compris le message. Ne plus jamais privilégier les sentiments au profit de la raison.

Sa mère peut bien perdre son travail au Ministère de la Magie, elle ne bougera plus le petit doigt pour l'aider.

Cho peut bien fondre en larmes – tiens, comme maintenant, elle est juste à l'heure – elle ne sera plus sa béquille psychologique.

Ses camarades peuvent bien la mépriser, elle ne pliera pas. Parce que le cafard n'a plus de sentiments. Il a été créé pour survivre. Il est le roi des nuisibles.

 

 

* * *

 

 

Elle n'a pas de sentiments...

C'est-à-dire, pas tout à fait. Tous les matins, elle se conditionne avant d'esquisser le moindre mouvement pour sortir de son lit. Cela fonctionne pendant plusieurs heures mais chaque soir, au moment de revenir dans la salle commune de Serdaigle, après le dîner, elle commence à sentir son armure se fissurer. Des pensées lui traversent l'esprit, des pensées qui font mal, et se concentrer jusqu'à trouver cinq synonymes au mot grotte – caverne, antre, spélonque, excavation, crypte – ne suffit plus à les repousser. Elle se sent pire que dans une grotte – dans une cage. Dans une cage, enfermée avec des fauves qui pour l'instant n'ont pas faim, mais ne sont pas en peluche non plus et ne veulent pas qu'elle s'y méprenne.

Elle s'est installée dans son coin habituel, à peu à l'écart et dans la pénombre, et à chaque fois que de rares Serdaigles lui jettent un regard, ils le font en fronçant du nez et des sourcils, comme si elle sentait mauvais. La plupart du temps, ils l'ignorent. Elle est la honte de leur maison, maintenant que Monsieur V. est revenu et que Dumbledore est à nouveau tout-puissant en son école. Ils la blâment, mais elle sait qu'à sa place, ils auraient agi comme elle. Ils auraient choisi leur famille, et... Non, ne pas penser. L'alphabet, de quatre en quatre. A, E, I, M, Q, U, Y, C, G, K, O, S, W, A...

- Excuse-moi ?

En voilà un qui s'excuse avant même de l'avoir insultée. Elle devrait se tenir au courant des nouvelles tendances.

- Oui ? répond-elle lentement.

Est-ce qu'elle tend la joue pour souffrir, à présent ? Elle observe le Serdaigle qui lui parle. Il tient un parchemin serré contre lui et doit être en première année. Il ne m'a pas reconnue, comprend-elle.

- Tu veux bien signer ma pétition ? C'est pour sauver les baleines bleues. Tu savais qu'elles peuvent faire jusqu'à 150 000 kilos et que c'est une espèce menacée ?

Il se dandine sur ses pieds, tout excité, et elle sent la rage monter en elle.

- Quel est le rapport ?

- Quoi ? demande l'autre.

- En quoi leur poids – et c'est 140 000 maximum, désolée – les rend-il menacées d'extinction ? Reviens me voir quand tu sauras organiser ton discours.

- Mais... Je...

- Laisse tomber, petit, intervient une voix qu'elle reconnaît.

Roger Davies, en septième année... comme Cho... Elle ne relèvera pas la tête. Elle préfère contempler ce coin de la table.

- Il ne faut pas lui parler, à celle-là, elle a une case de vide. Viens, montre-moi ta pétition, je vais la signer. Les baleines, tu dis ?

Il entraîne le petit avec lui et elle reste dans la pénombre, et elle traduit l'expression dans toutes les langues qu'elle connaît. She has a screw lose, le falta un tornillo, ein Rad abhat... Mais la phrase sonne faux. Elle n'a pas de case vide. Au contraire, elle n'en a que trop qui débordent, dont le contenu menace de se renverser sur le sol à chaque pas qu'elle fait et à chaque jour qui passe... Elle sent tout à coup qu'elle va exploser. Il faut qu'elle sorte. Tant pis si, d'habitude, elle se force à rester jusqu'à ce que les derniers élèves aillent se coucher. Pour ce soir, elle leur cède le terrain, et ils pourront cancaner s'ils n'ont rien d'autre à faire. Elle passe l'entrée de la salle commune, elle fuit sa cage.

 

 

* * *

 

 

Il me faut un endroit pour en finir avec tout ça. Il me faut un endroit pour en finir avec tout ça. Il me faut un endroit pour en finir avec tout ça.

Une porte apparaît sur le mur et elle se faufile aussitôt à l'intérieur avant de s'adosser contre le battant, soulagée. Rien que d'être ici, elle se sent mieux.

C'est la Salle sur Demande qui lui permet de tenir soir après soir. Elle y passe une partie de la nuit, avant de rejoindre son dortoir en pilotage automatique et s'écrouler sur son lit toute habillée.

C'est un paradoxe et elle le sait – puisqu'elle sait tout. Elle a en quelque sorte trahi la Salle, l'année dernière, lorsqu'elle a révélé à Ombrage qu'elle "y trouverait quelque chose d'intéressant". Et pourtant, c'est là qu'elle trouve refuge, et la Salle n'a pas l'air de lui en vouloir puisque tous les soirs elle lui offre ce qu'elle recherche par-dessus tout. L'oubli. L'absence de ces pensées qui tournoient en boucle dans sa tête, cafard, pas cafard, suis-je si méprisable, traîtresse un jour, traîtresse toujours, ma vie en vaut-elle la peine, cafard ? Au lieu de tout cela, le vide.

Marietta reprend appui sur ses pieds et s'approche du trou béant qui gît au beau milieu de la Salle sur Demande. Elle se penche, tout près du bord, et scrute les profondeurs. On n'en voit pas le fond.

Tout ce dont elle rêve, toute la journée, c'est de ne plus penser. Elle voudrait mourir, souvent, mais cela, la Salle ne peut lui offrir, et de toute manière elle manque de courage. En revanche, la Salle peut lui prêter le vide. Marietta prend une profonde inspiration, puis saute au cœur de l'abîme.

 

 

* * *

 

 

Elle tombe. Elle tombe encore et encore. Elle est en chute libre et cela pourrait ne jamais s'arrêter si elle le décidait. Plus rien ne la retient au monde ni au sol, et elle n'arrive plus à penser. Plus de sentiments, plus d'émotions, plus de mots – ou presque. Ne lui restent plus que ses sensations, le vent qui repousse ses cheveux en arrière, fait flotter sa robe autour d'elle, l'entoure mais la laisse passer, elle. Parce qu'elle tombe. Elle tombe et elle a peur de mourir, peur de heurter le fond alors qu'elle ne l'a jamais vu et qu'elle vit cela chaque nuit. Elle ne contrôle pas son instinct et elle aime ça. Une pensée la traverse : Ça marche ! avant que ses sensations ne l'accaparent toute entière.

Dans la journée, Marietta n'est qu'une machine.

La nuit, elle recharge la machine à l'adrénaline.

 

 

* * *

 

 

Elle a l'impression d'être là depuis toujours lorsqu'un bruit inhabituel, venu de très loin, dérange sa chute. Elle avait presque oublié son propre prénom, mais elle a encore assez de réflexes pour lever le bras. Aussitôt, sa chute s'arrête et elle sent le mouvement s'inverser. Un souffle chaud l'enveloppe et la soulève, la reposant à son point de départ, au bord du gouffre. Elle n'est pas morte. Ce n'est pas pour ce soir non plus.

Elle reste tout étourdie, oscillant vaguement sur ses jambes, mais ses idées sont on ne peut plus claires. Son cœur bat à tout rompre. Elle se sent mieux.

Puis, elle se rappelle ce qui l'a poussée à interrompre sa séance de mort imminente. Le bruit. Qu'est-ce que cela peut bien être ? Elle tend l'oreille et, comme s'il s'agissait d'un signal, celui-ci se fait entendre à nouveau. Ce n'est pas n'importe quel bruit. Ce sont des coups frappés de l'autre côté de la porte, mais qui sonnent comme si, à l'extérieur, il n'y avait qu'un mur.

Marietta se sent piégée et, instantanément, elle pense que c'est ce qu'ont ressenti Cho et les autres membres de l'A. D. l'année précédente. Aujourd'hui, c'est son tour. Le cafard est fait comme un rat.

Stop ! les sentiments, s'ordonne-t-elle, et ils obéissent. Ce n'est pas le moment. Depuis six mois, ce n'est jamais le moment. Elle avait ses raisons, elle s'est suffisamment tuée à le répéter en juin dernier. Et là, elle n'a rien fait de mal. Si quelqu'un veut lui cracher à la figure jusque dans la Salle sur Demande, son dernier refuge, elle est prête. Elle sort sa baguette et s'approche de la porte. Les coups s'intensifient avant de s'interrompre. Une voix de fille lui parvient, étouffée par le mur.

- Marietta ! C'est Cho. Je t'ai suivie, je suis sûre que tu es là, la Salle ne veut pas apparaître... Je veux te parler, s'il te plaît, Marietta !

Cho !

Non. Elle va se lasser. D'ailleurs, l'autre ne peut pas être certaine que c'est elle à l'intérieur.

Marietta fait volte-face et se penche à nouveau au-dessus du puits sans fond. Elle ne se laissera pas distraire.

- Marietta, s'il te plaît ! Tu es toujours ma meilleure amie...

Cho n'a vraiment rien compris. Si elle continue à faire du bruit comme ça, elle va finir par attirer Rusard ! Elle va se faire attraper !

Avant de l'avoir décidé (un reste de l'absence de pensées vécue pendant sa chute libre ?), Marietta ouvre la porte et se retrouve face à Cho.

- Tais-toi, on va t'entendre.

L'ordre claque sèchement et Cho se tait. Elle n'a pas de boutons, elle. Ils ne forment pas le mot "cafard" sur son visage. Ils pourraient, pourtant. Ce n'est que le hasard qui a poussé Marietta à trahir, plutôt que Cho, Michaël Corner, Antony Goldstein ou n'importe quel autre élève faisant partie de l'A. D. Marietta ferme les yeux, les rouvre. Elle ne veut plus souffrir. Elle voudrait être une machine.

- Je ne veux plus être amie avec personne, se force-t-elle à articuler pour Cho.

Pitié, que cela suffise et qu'elle me laisse tranquille, je n'en peux déjà plus, j'ai déjà épuisé toutes mes réserves pour demain...

Mais Cho ne l'écoute pas. Elle fixe quelque chose à l'intérieur de la pièce, derrière Marietta. Alors que celle-ci rêve qu'elle tourne les talons, Cho l'écarte et s'approche du trou béant qui défigure le sol terreux de la Salle sur Demande. Elle a l'air épouvantée.

- Marietta, ce n'est pas... Tu as essayé de te suicider ?

Marietta a un rire amer et il lui semble que ce n'est pas elle qui parle lorsqu'elle ouvre la bouche :

- Ce n'est pas l'envie qui manque. Mais j'aurais de meilleurs résultats avec un sortilège de découpe ou à la moldue avec un couteau, tu ne crois pas ? Non, ça, c'est juste pour contempler l'abîme, je reste devant le gouffre...

Cho n'a pas l'air rassurée et Marietta ne comprend pas pourquoi. Puisqu'elle lui dit qu'elle ne va pas se tuer ! C'est ce qu'elle a dit, non ? Puis les yeux de son ancienne meilleure amie se remplissent de larmes et Marietta sent la rage la reprendre, cette même rage qui se manifeste tous les jours et qui lui a fait agresser le petit Serdaigle un peu plus tôt. Cho a recommencé, cette pleurnicharde. Elle lui tourne le dos pour ne plus la voir.

- Va-t-en. Je ne serai plus ton mouchoir.

- Marietta...

- La mort de Cédric, Harry, ta culpabilité, tes hésitations, tous tes petits problèmes, je n'en peux plus, Cho ! Je ne sais pas duquel tu veux me parler ce soir, mais je ne veux plus t'écouter ! s'écrie-t-elle avec le sentiment qu'elle va étouffer. Il n'y en a pas que pour toi, moi aussi j'ai mes problèmes, tu n'as pas remarqué ?

Elle s'interromp, puis termine dans un souffle. « Mes problèmes de cafard... »

Cho renifle et Marietta serre les lèvres. Compter en allemand. Eins, zwei, drei, vier, fünf, sechs, sieben... Une main se pose sur son épaule et elle tente de se dégager.

- C'est parce que tu as tes propres problèmes que je suis là.

Il n'y a pas de sanglots dans la voix de Cho et c'est tellement inattendu que Marietta se retourne. Cho lui fait face, elle a bien quelques larmes au coin des yeux mais elle a aussi un petit, tout petit sourire.

- Je me débrouille. Tu ne seras plus mon journal intime, je te le promets. Mais toi, tu ne peux pas supporter tout ça toute seule, Mara.

Marietta hoche simplement la tête, elle qui a trop de mots toute la journée.

- Tu n'as jamais été, et tu ne seras jamais un cafard. Tu es juste loyale, tellement loyale que c'est un miracle que tu ne te sois pas retrouvée à Poufsouffle.

Marietta fait la grimace et s'aperçoit qu'elle s'est mise à pleurer. Poufsouffle, quelle horreur ! C'est sans doute cette perspective qui fait couler ses larmes.

- Les autres n'ont pas compris à quel point tu étais géniale, Mara, mais ce n'est pas grave, non ? Toi et moi, on est les plus intelligentes de l'école, on va bien réussir à leur faire comprendre.

Marietta acquiesce. C'est vrai, ça ne lui était pas venu à l'esprit, peut-être parce qu'à force de s'empêcher de penser elle en avait oublié qu'il pouvait y avoir une solution. Elle laisse son amie s'emparer de son bras et l'entraîner vers la salle commune. Même si, elle le sait – puisqu'elle sait tout, ou presque – dès demain elle partagera avec elle ses petits tracas sans importance, et cela l'ennuiera, et elle fera un effort.

Les idiots verront bien si elle est un cafard. Cho est de son côté.

 

Note de fin de chapitre :

Depuis que je me suis mise à réfléchir à Marietta, je l'adore. Et j'en veux un peu à Hermione et compagnie ^^

N'hésitez pas à me dire ce que vous avez pensé, j'accepte les romans et les synthèses en deux mots ! Et bonne année à tous/toutes puisque je poste ce texte avec du retard.

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