S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d’épine, Ella C, Eejil9 et CacheCoeur, qui remportent la Sélection Femslash !

Vous voulez de l’action ? De l’aventure ? Ce mois de Sélections est fait pour vous ! Le Jury des Aspics vous invite à lire sur ce thème en octobre avec la Sélection Aventure/Action ! Vous avez jusqu'au 31 octobre pour lire les 5 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter par ici.

Et au mois de novembre, partez dans le futur avec la Next-Gen ! Vous avez jusqu’à la fin du mois d'octobre pour nous faire découvrir sur ce thème si vaste vos deux fanfictions favorites (ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots. Pour proposer des textes, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news !

Il y a également la Sélection Fanfictions longues pour occuper vos nuits d’insomnies ! Jusqu’au mois de décembre, venez découvrir 12 histoires incroyables ! Pour en savoir plus, rendez-vous ICI.

 

 


De L'équipe des Podiums le 03/10/2022 23:05


La Voie Oubliée - Partie II par HisalysRose

[0 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Coucou les petites tranches de fromage à raclette !


On espère que vous allez bien et on est super contentes de vous retrouver. Nous avons longtemps disparu de la circulation (#theses) mais nous sommes (enfin) de retour (pour vous jouer un mauvais tour !… Nan, toujours pas ? Pffff, pas drôle !) avec la deuxième partie de notre fanfiction La Voie Oubliée. N’hésitez pas à aller jeter un oeil aux autres fanfics de notre profil qui sont toutes liées à LVO. Oui, d’ailleurs la plupart vous apportent des indices ou des éclaircissements sur certains passages de LVO… Si j’étais vous, j’irais y jeter un coup d’oeil… Enfin, j’dis ça, j’dis rien hein (*finit par se taire en s’étouffant avec une Chocogrenouille*)


Bien entendu, pour celles-eux qui découvrent l’univers de LVO, nous ne pouvons que vous conseiller de lire la première partie avant celle-ci :)


Bonne lecture ! Bon voyage !


Résumé de la partie I : Quatre jeunes Cracmols ont pour la première fois été admis à Poudlard à la rentrée 2019 grâce à une bourse d’études du Ministère de la Magie. Malgré une intégration pas toujours évidente, ils ont pu faire les 400 coups avec leur tout nouveau groupe d’amis et avec le soutien du Concierge de l’école de sorcellerie. Mais ce dernier n’était pas aussi bien intentionné qu’il en avait l’air car lors du solstice d’été, il a pris en otage les 4 enfants, blessant l’un d’entre eux. Mais qu’essayait-il d’obtenir d’eux ? Vont-ils pouvoir retourner à Poudlard après la condamnation du Concierge ?


Rappel des personnages :


Serdaigle : Eric Upwood (Cracmol), Nash Lester (fait partie de la bande), Dempster Frayne (ennemi d’Eric)


Gryffondor : Erin Shields (Cracmolle), Lily Potter et Hugo Weasley (ses amis), Wynter Pucey, Ainsley MacAdam et Tracy Goldsmith (les 3 pestes)


Serpentard : Daralis Kestrel (Cracmolle), Chloe Zabini (1ère année), Phyllis Rosier (sœur d’Ispahan, 5ème année), Warley Kestrel (frère de Daralis, 4ème année)


Poufsouffle : Ispahan Rosier (Cracmol), Scott Shields (frère d’Erin, 3ème année)


Autres : Seabert Kestrel (petit frère de Daralis, 9 ans), Hadrian Butler (ami d’école primaire d’Eric), Margaret Holcomb (amie américaine de Daralis Kestrel)


Parents : Calder et Braeden Kestrel (parents de Daralis), Ranald et Perry Upwood (parents d’Eric), Angus et Amelia Shields (parents d’Erin), Callum et Esther Rosier (parents d’Ispahan)

La Voie Oubliée

Partie II - Osclóidh an cloch reitheacha an doras

Prologue


7 juillet 2020

Chemin de Traverse, Londres, Angleterre

Calder Kestrel, assis à son bureau attenant à la chambre parentale, retournait le problème dans tous les sens depuis le retour de Poudlard de ses enfants. Le premier septembre, il avait laissé sur le quai de la gare une petite Daralis espiègle et complice avec son grand frère Warley. Puis l’année était passée. Lors des vacances scolaires, il avait bien vu que ses aînés étaient plus distants et sa fille plus préoccupée. Aux yeux de personnes extérieurs à la famille, ce changement était pratiquement indécelable.

Mais Calder connaissait sa progéniture sur le bout des ongles et savait que l’enthousiasme permanent de Daralis était feint, du moins en partie. Lorsqu’elle jouait avec Seabert, sa joie était authentique. Quand elle se plongeait dans un énième livre sur l’histoire de Poudlard ou de la magie druidique, sans qu’il ne sache trop pourquoi, elle devenait inarrêtable, concentrée, avalant page après page sans prononcer le moindre mot. L’arrivée du dernier parchemail de sa meilleure amie américaine, Margaret, lui avait redonné le sourire pendant quelques heures.

Le reste du temps, quand elle était persuadée de ne pas être vue, elle avait le regard dans le vague. Elle mangeait un peu moins de bonbons, malgré toutes les petites attentions de leur Elfe de Maison, Wimly. Elle n’avait organisé qu’une seule farce dans la semaine avec l’aide de Seabert, un score relativement faible pour la petite fille machiavélique qu’elle était.

Calder n’avait pas besoin de réfléchir bien longtemps pour savoir ce qui la tracassait. Elle avait peur.

Peur de ce qu’elle avait vécu à peine trois semaines auparavant.

Peur aussi d’être passée si près de la mort et d’avoir été trahie par un adulte qu’elle croyait être un allié.

Peur enfin de ne jamais avoir l’occasion de retourner à Poudlard avec ses amis.

Le père de famille protecteur et rationnel en lui se chuchotait qu’il ne serait peut-être pas très raisonnable pour la jeune Cracmolle de retourner étudier à l’école de sorcellerie. Il était inquiet qu’elle soit à nouveau la victime d’un fou ou même d’autres élèves qui accuseraient les Cracmols d’être responsables des troubles qui avaient agité l’école à la fin de l’année scolaire. Bien que la plupart des élèves ne se soient même pas rendus compte de ce qui s’était passé dans le bureau du Concierge la nuit du solstice, la Gazette s’était fait un plaisir de reprendre l’affaire, de la déformer et de l’amplifier. Sans parler des parents anxieux qu’un fou furieux ait passé autant de temps au sein de l’école sans être inquiété. Ils auraient à coup sûr monté les enfants contre sa fille et ses amis d’ici la rentrée. Ils diraient que, pour la santé et la sécurité de tous, les Cracmols n’avaient qu’à rester à leur place comme avant. Loin des autres sorciers.

Mais l’homme engagé pour l’égalité et les droits et sensible au malheur de sa fille voulait faire en sorte qu’elle retourne vivre sa vie de gamine de 12 ans au milieu des apprentis sorciers. Ils deviendraient ses amis, ses alliés et apprendraient qu’on ne vaut pas mieux qu’un autre parce qu’on possède des pouvoirs magiques.

Alors qu’il hésitait encore à attraper une plume pour écrire une lettre qui demanderait officiellement une audience au Ministre de la Magie pour le convaincre de renouveler la bourse d’étude des Cracmols, une porte grinça derrière lui. Calder se retourna et vit sa femme entrer dans son bureau sur la pointe de ses pieds nus, pour ne pas réveiller les enfants. Un courant d’air s’engouffra dans la pièce avec elle, ébouriffant ses cheveux déjà décoiffés par une longue journée de travail à Sainte Mangouste.

Calder sourit. Braden était si belle. Après toutes ces années, elle avait changé bien sûr. Sa taille s’était épaissie, des rides s’étaient creusées au coin de ses yeux et sur son front. Mais Calder voyait ici les grossesses de sa femme, la naissance de leurs enfants et le bonheur qui les avait accompagnées. Il retrouvait là les fous rires qu’ils avaient ensemble chaque jour ou encore les nuits d’inquiétude qu’ils avaient passées au chevet de l’un de leurs bébés. Et il l’aimait tellement plus intensément après toutes ces épreuves et ces expériences vécues ensemble.

Elle s’approcha de lui et l’embrassa tendrement.

- Alors, tu as passé une bonne journée ? lui chuchota-t-il.

- Oui, je suis quand même un peu fatiguée. On a eu une urgence juste avant la fin de mon tour de garde. Une famille de touristes allemands attaquée par des toilettes régurgitantes, un classique. Sauf que cette fois, les petits farceurs ont trouvé original de les enchanter pour qu’elles poursuivent ces pauvres gens pour leur croquer les fesses. Je te raconte pas le bazar ! conclut-elle en s’effondrant sur le fauteuil en cuir, juste sous la fenêtre ouverte.

- Et toi, alors ? Tu as pu discuter avec le ministre ou pas encore ? reprit-elle après avoir jeté une grosse couverture en laine sur ses genoux.

- Non, il était en déplacement aujourd’hui. J’ai passé la journée à essayer de lui écrire une lettre mais je ne sais pas trop par où commencer. Je voudrais lui en dire juste assez pour qu’il se sente obligé de me recevoir mais pas trop, pour ne pas qu’il puisse préparer trop d’arguments pour refuser.

- Il serait idiot de refuser. Après tout, ce Wiertz est derrière les barreaux et je peux t’assurer qu’à partir de maintenant, Fawley n’a pas intérêt à engager quelqu’un sans faire une enquête approfondie sur son passé et ses intentions, que ce soit pour enseigner, surveiller les enfants ou ne serait-ce que balayer les couloirs. Il est déjà en sursis, il perdrait sa place. On n’est plus à l’époque de Dumbledore.

- Je sais que tu as raison… Mais j’ai peur des conservateurs qui n’attendaient que ça pour annuler ce beau projet de bourse. Je voudrais les court-circuiter.

- Dans ce cas, oublie cette histoire de lettre. Il sera là demain matin ?

- Qui, le ministre ?

- Non, Merlin, triple goule.

- Gnagnagna. Oui, d’ailleurs j’ai une réunion avec lui et les autres membres du service pour discuter de la situation des sorciers mariés à des Moldus ou encore des Moldus ayant des enfants sorciers et expatriés dans les autres pays européens. Avec le Brexit, il faut absolument qu’on trouve un moyen pour simplifier les demandes de visa pour ces familles avec un parent ou des enfants sorciers. Bref, je m’égare. Oui, il sera là.

- C’est tout simple alors, tu t’arranges pour le voir en tête à tête à la fin de la réunion. ça ne doit pas être si compliqué que ça pour le Chef du département de la Coopération Magique Internationale, ajouta-t-elle en tirant la langue.

- Ne te moque pas, répliqua-t-il sans pouvoir réprimer un sourire. Tu sais que j’aime faire les choses selon le protocole.

- Et c’est tout à ton honneur. Mais parfois, la fin justifie les moyens. Bon, c’est pas le tout mais il est temps d’aller se coucher. Il est tard. Demain, je me lève tôt pour recevoir Margaret et il faut que tu sois en forme pour convaincre le ministre.

- Tu es sûre qu’il ne nous reste pas un peu de temps libre avant d’éteindre la lumière ?

- Peut-être un petit peu en effet. Si tu es sage…

Braeden quitta la pièce d’une démarche lascive et se retourna avant de disparaître dans le couloir avec un dernier clin d’oeil.


21 juillet 2020

Samlesbury Hall, Samlesbury, Lancashire, Angleterre

Amelia Shields regardait sa fille, inquiète. Par trois fois Jasper était venu lâcher sa balle dégoulinante de bave sur les genoux d’Erin en secouant sa queue comme un forcené et par trois fois, Erin l’avait ignoré. Le chien était parti bouder dans un coin de la pièce tandis que sa fille tournait les pages d’un livre de Potion sans le regarder.

Mais ce n’était pas ce qui inquiétait le plus la mère de famille. Loin de là. Par contre, voir son enfant, habituellement plus vorace qu’un Croup affamé, peiner à terminer ne serait-ce que l’entrée lui avait fait se poser des questions.

Elle savait, malgré tout ce qu’avait pu lui dire Erin, que l’année à Poudlard ne s’était pas très bien passée. Bien sûr, la Gryffondor lui avait rabâché les oreilles avec ses amis, Eric, Daralis, Ispahan, Lily, Hugo et Nash. Mais derrière les éloges de ses amis et ses inquiétudes pour les devoirs, Amelia avait senti une grande solitude, parfois même la peur d’être rejetée. Oui, elle savait que sa fille n’avait pas trouvé en Poudlard la magie dont elle avait rêvé toute son enfance. Elle avait alors naïvement pensé qu’Erin serait heureuse de revenir à la maison, surtout compte tenu de comment s’était passée la fin de l’année. Un homme avait délibérément essayé de tuer sa fille ! Et ce, dans l’endroit censé être le plus sécurisé du Royaume-Uni !

L’un dans l’autre, la mère de famille avait pensé que sa fille finirait par accepter le fait qu’elle ne retournerait pas à Poudlard à la rentrée et que c’était pour son bien. Encore une fois, elle avait sous-estimé l'opiniâtreté d’Erin. Une vraie Lionne. Amelia avait pensé trouver un soutien du côté de son fils, Scott, qui avait toujours protégé sa petite soeur, mais il avait refusé de donner son avis en disant qu’elle était assez grande pour savoir ce qu’elle voulait. Qu’avait-il pu se passer d’autre cette année pour que Scott réagisse ainsi ?

Amelia se retrouvait donc avec une fille mélancolique sur les bras au lieu de sa petite furie habituelle et elle ne savait pas comment le gérer. Elle avait espéré qu’en ce jour particulier Erin retrouverait au moins un peu de sa joie de vivre, mais il semblait que même son anniversaire ne trouvait plus grâce à ses yeux.

Une main pressa l’épaule d’Amelia qui sourit doucement à son mari. Angus aussi était inquiet.

Un coup bref à la porte les fit sursauter. Amelia se dégagea de son mari, lui volant un baiser au passage et se dirigea vers l’entrée. Elle espérait sincèrement que sa soeur pourrait remonter le moral d’Erin. Car si Karen n’y parvenait pas, qui pouvait y arriver ?

- Elle est où ma nièce préférée ? s’écria la jeune femme à peine entrée, chancelant sous le poids du cadeau qu’elle transportait.

Amelia sourit en serrant sa soeur dans ses bras. Le teint hâlé et les cheveux châtains clairs pour Karen, la peau blanche et les cheveux noirs d’ébène pour Amelia, les deux soeurs ne pouvaient pas être plus dissociables. Pourtant, un lien indéfectible les liait depuis toutes petites. Elles étaient les deux faces d’une même pièce, deux visages et une seule âme. Séparées par une dizaine d’année, rien n’aurait pu laisser croire qu’elles deviendraient aussi proches l’une de l’autre. Mais leur enfance n’avait pas été des plus faciles et Amelia s’était vite retrouvée à élever sa petite soeur, à la protéger quand Karen rentrait après le couvre-feu imposé par un de leur beau-père et parfois à prendre les coups à sa place. Oui, elles n’avaient pas eu une enfance facile. Mais quand Amelia regardait Karen, pleine de vitalité, de bonté et de joie, elle savait qu’elle avait fait le bon choix des années plus tôt. Personne n’était au courant de ce qu’elles avaient pu traverser, c’était leur histoire, leur passé. Il ne servait à rien de le ressasser. Enfin, c’était ce dont elles s’étaient convaincues.

Erin émit un demi sourire à l’arrivée fracassante de sa tante.

- C’est pas compliqué, je suis ta seule nièce Kaka, râla-t-elle avant de disparaître dans l’étreinte étouffante de sa tante qui venait de poser son paquet par terre.

- Tu sais que je déteste ce surnom Era, alors fais attention à toi ! ricana Karen en lui frottant énergiquement le cuir chevelu.

Erin réussit enfin à s’extraire des bras de sa tante et s’enfuit dans le coin opposé de la pièce en lui tirant puérilement la langue.

- Scottiiiiiiie ! cria la jeune femme en voyant son neveu descendre les escaliers. Tu m’avais manqué aussi !

- On s’est vu il y a à peine quinze jours pour mon anniversaire Kaka…, soupira l’adolescent, son grand sourire démentant le ton de sa voix.

- Ah non, tu vas pas te mettre à ce surnom débile toi aussi ? grogna dramatiquement leur tante.

Amelia secoua la tête en pouffant doucement. Sa soeur amenait toujours ce petit vent de folie en plus qui ravissait Erin. Pourvu que cela fonctionne encore une fois…

Lorsque l’heure fut venue de sortir de table, un hibou tapa du bec contre la vitre de leur maison, très vite rejoint par un deuxième, puis un troisième.

- Ah, je crois bien que l’heure du déballage de cadeaux vient de commencer... , annonça Angus en se levant pour ouvrir la fenêtre.

Amelia acquiesça en souriant tandis que Karen frappait dans ses mains avec enthousiasme.

- Tu sais que c’est mon anniversaire et pas le tien ? ne put s’empêcher de demander Erin pour se moquer de sa tante.

- Et si tu ne te dépêches pas, je les ouvrirai quand même ! répliqua cette dernière avec tout le sérieux du monde.

La Gryffondor ne put s’empêcher de froncer les sourcils, cherchant sans doute à savoir si Karen la faisait encore marcher. Elle finit par hausser les épaules et se détourner pour se jeter sur les hiboux que ses amis lui avaient envoyés. On n’était jamais trop prudents dans cette famille.

Amelia regarda avec douceur sa fille déchirer avec toute sa délicatesse les enveloppes et lire avidement les lettres de ses amis. Lorsqu’elle vit une boîte à l’allure douteuse, elle ne put que deviner la provenance de celle-ci et se promettre de la réquisitionner pour la cacher le plus loin possible de sa fille et de ses idées folles.

L’une des lettres ne dut pas être très joyeuse car le sourire d’Erin se fana un instant avant de revenir. Le coeur d’Amelia se serra. Elle aurait pu parier sur deux sujets : Poudlard ou le jeune Rosier. Personne n’avait de nouvelles depuis son retour chez lui fin juin...

- A mon tour maintenant ! s’exclama Karen en poussant l’énorme carton avec lequel elle était arrivée.

Ce cadeau avait fait l’objet d’âpres négociations avec Amelia, qui avait finit par abdiquer en voyant l’état morose de sa fille depuis le début des vacances.

- Ouuuuuaaaaaaaaiiiiiiiiiiiiiiiis !!!!!

Le cri d’Erin fit sourire ses parents tandis que Scott soupirait de jalousie.

- J’ai une téléééééé ! J’ai une télé ! j’ai une télé, j’ai une télé, j’ai…

- On a compris, c’est bon pas le peine d’en faire tout un plat, grogna son frère à ses côtés.

Erin s’arrêta de crier deux secondes le temps de le jauger et se remit à brailler à travers la maison

- J’ai une télé et Scottie est jaloux, j’ai une télé et Scottie est jaloux…

Les éclats de rire et la course poursuite qui s’engagea entre les frangins remirent un peu de bonne humeur dans la maison jusqu’à la fin de la soirée.

Une fois les enfants montés au lit, après quelques suppliques de son aîné qui ne se trouvait plus si petit que ça, Amelia revint s’assoir aux côtés de son mari et en face de Karen sur le sofa du salon.

- Je ne sais plus quoi faire Karen, demain je suis sûre qu’Erin sera de nouveau dans le même état apathique qu’avant ton arrivée...

La jeune femme soupira, sirotant doucement sa Bièraubeurre en réfléchissant.

- Est-ce que tu as pensé à lui organiser une soirée pyjama ?


22 juillet 2020

St Edward’s Road, Birmingham, Angleterre

***

Mr et Mrs Upwood,

Mon mari et moi avons le plaisir de convier votre fils Eric à une petite fête à l’occasion de l’anniversaire de notre fille Erin. Elle a eu douze ans hier mais nous avons préféré organiser cette soirée le 15 août pour qu’un maximum de ses amis soient disponibles.

Ainsi, nous vous proposons de venir chercher Eric par transplanage le 15 août à 15h45 à votre domicile pour l’emmener dans notre maison à Samlesbury Hall, Samlesbury, Lancashire. Les enfants pourront prendre un goûter puis passer la fin de journée et la nuit ensemble. Nous vous ramènerons Eric le 16 août aux alentours de 9h, si cela vous convient.

Etant donné que vous habitez dans une ville Moldue, serait-il possible pour nous de transplaner exceptionnellement directement dans une zone dissimulée de votre jardin ou encore dans l’entrée de votre maison ? Bien entendu, nous ne souhaitons pas vous déranger le moins du monde et si cela représente une intrusion trop importante pour vous, nous nous arrangerons pour transplaner dans un parc près de chez vous.

Eric n’aura besoin que de vêtements, nous prévoirons les matelas, duvets et oreillers.

Nous aimerions que cette fête d’anniversaire reste une surprise pour Erin et nous espérons sincèrement qu’Eric pourra se joindre à nous.

Nous vous souhaitons une bonne journée. A très bientôt.

Amelia et Angus Shields

***

Ranald redéposa la lettre reçue la veille au soir très tard sur la commode du salon. Il était heureux que son fils soit invité à la fête d’anniversaire de la petite Shields. Il avait réussi à se faire un groupe d’amis soudés et Eric, encore en pleine convalescence après sa blessure par balle au bras, avait bien besoin d’un peu de distraction. Depuis son retour à la maison, Ranald et Perry s’arrangeaient pour que Hadrian soit le plus souvent chez eux pour tenir compagnie à leur fils. Ils avaient l’air de s’adorer toujours autant mais une certaine distance s’était instaurée, Ranald le voyait bien. Eric ne pouvait pas être tout à fait lui-même avec son meilleur copain de l’école primaire. Il ne devait rien dévoiler de ce qui était sa vie pendant 80% de l’année. Et ce n’était pas facile pour un gamin de 12 ans, aussi mature et intelligent qu’il fût.

- Papa ! Tu viens nous aider ?

Ranald sursauta. Perry et lui avaient promis à Eric de l’aider à traduire une phrase qu’il avait soi-disant découverte dans l’un de ses livres d’école. Il se dirigea vers la salle à manger et s’approcha de la table, à laquelle sa femme et son fils étaient déjà installés.

L’ordinateur portable de sa femme trônait au milieu des livres qu’Eric avait réussi à emprunter à la bibliothèque de Poudlard avant les vacances.

- Ah Ranald, tu vas nous dire ce que tu en penses.

- Oui, papa, regarde. J’ai beaucoup cherché dans mes livres mais maman a eu l’idée de regarder sur internet et on pense avoir trouvé, expliqua Eric l’air mitigé.

Il faisait toujours cette tête, les sourcils légèrement froncés, les yeux pétillants et un sourire quelque peu pincé, lorsqu’il avait la satisfaction de comprendre quelque chose après beaucoup d’efforts mais que quelqu’un l’y avait un peu trop aidé pour qu’il ait l’impression d’y être parvenu par lui-même. La suite de la conversation ne fit que confirmer la première impression de Ranald.

- Je ne pensais vraiment pas que les sites Moldus pourraient servir à quoi que ce soit, ajouta le jeune garçon en remontant ses lunettes sur son nez.

- Oh, tu sais, quand il s’agit des langues les mondes sorciers et Moldus sont très liés. C’est bien la chose qui les lie le plus d’ailleurs, culturellement. Bien sûr, certains mots sorciers sont inconnus des Moldus mais globalement, on peut s’y retrouver. Pour qu’une langue soit parlée uniquement des sorciers et non des Moldus, il faudrait que des communautés sorcières aient vécu loin de toute civilisation Moldue pendant plusieurs centaines d’années, je pense. Je n’ai pas eu l’occasion de faire des recherches à ce sujet… regretta Ranald.

Souvent il se demandait ce qu’aurait été sa vie si, comme ses frères, il avait eu des pouvoirs magiques. Il aurait probablement voyagé à travers le monde pour étudier les communautés sorcières de l’autre bout de la planète, pour comprendre l’origine et la nature de leurs pouvoirs, leurs manières de les utiliser, leurs rapports avec l’environnement humain et animal et tant d’autres choses encore.

Mais il était né avec un handicap aux yeux de sa famille et de l’univers auquel il aurait pu appartenir. Et finalement, il était heureux. Avec sa femme, Cracmolle comme lui. Et son fils, Cracmol comme lui. Ils lui donnaient un amour et un espoir en la vie incommensurables. Quand Eric avait reçu sa lettre d’admission à Poudlard, Perry et lui avaient hésité longtemps et n’avaient pas dormi de la nuit.

Ils ne voulaient pas prendre leur décision à la légère, ni projeter sur leur fils le plus grand rêve de leur enfance. Ils avaient fini par prendre le risque d’envoyer Eric à l’école de sorcellerie, se disant qu’au pire, si cela se passait mal, il pourrait sans aucun souci rattraper sa sixième durant l’été et passer en cinquième à la rentrée suivante.

Cependant, ils n’avaient pas prévu qu’Eric serait blessé aussi gravement. Etrangement, cela n’avait pas l’air de perturber le garçon plus que ça. Il le prenait de manière très pratique, se disant que l’ancien Concierge avait été arrêté et enfermé et qu’il n’y avait plus aucun risque.

Ranald et Perry souhaitaient toutefois de tout leur coeur que la bourse d’études d’Eric soit renouvelée. Il avait l’air plus épanoui que jamais. Surtout dans ce genre de moment, quand il essayait de percer les mystères de l’univers. Exactement comme Ranald au même âge.

- Alors, montrez-moi tout ça. C’était quoi la phrase, déjà ?

- Je ne suis pas certaine de la prononciation mais c’est…

- Attends maman, c’est moi qui lui dis !

- Après toi, Eric.

- La phrase d’origine, c’est “A ‘tabhann do draoidh et hosgail an doras”. C’est du gaélique écossais et ça se traduit mot à mot en “Offer your wizardry and unlock the door”, “Offre ta magie et déverrouille la porte”.

- Intéressant. Je n’ai aucune idée de ce que cette phrase évoque. Où as-tu lu ça déjà ?

- Euh, dans un de mes livres mais je l’ai prêté à Nash pour les vacances, du coup je ne peux pas vous le montrer, hasarda Eric, pas sûr de lui.

- C’est étrange tout de même. La plupart du temps, les traductions sont indiquées dans les manuels scolaires.

- Oui, mais là, c’était juste sur une illustration, ils ont dû oublier, se justifia à nouveau le garçon, un peu plus sûr de lui. Est-ce que je pourrai aller jouer avec Hadrian demain après-midi ?

Ranald et Perry échangèrent un regard entendu. Ils avaient bien compris qu’Eric changeait volontairement de sujet. Et ils auraient bien aimé savoir pourquoi. Cela avait-il un lien avec la prise d’otage ?

- Oui, pas de problème.

- Super, merci maman, répondit Eric, se dépêchant de réunir ses affaires avant de courir dans sa chambre.

Il gravit les marches quatre à quatre.

- Il m’inquiète un peu en ce moment, avoua Perry dès que la porte de la chambre d’Eric eut claqué.

- Il faudrait qu’on essaye de creuser un peu, mais discrètement. S’il se rend compte qu’on veut le forcer à nous dire des choses, il va se braquer.

- Tu as raison, on verra ça plus tard…


22 juillet 2020

Manoir des Rosier, Little Hangleton, Yorkshire, Angleterre

Esther Rosier serra le morceau de parchemin dans son poing à s’en faire blanchir les jointures. La lettre était arrivée ce matin par hibou. La famille, comment déjà... Field ? Shields ? Shield ? peu importait à dire vrai, invitait son fils - c’était la lettre qui le nommait ainsi pas elle - pour la soirée et la nuit du 15 août. Que faire ?

Si elle avait était sûre qu’Ispahan retournerait à Poudlard à la rentrée prochaine, elle n’aurait pas hésité à l’envoyer chez cette famille de basse extraction. Il fallait bien faire des sacrifices pour redorer le blason de la famille Rosier. Mais là… Si le Ministère décidait de ne pas reconduire les bourses pour les Cracmols, il n’y avait plus aucun intérêt à le faire sortir. Les gens oublieraient très vite qu’il y avait eu un Cracmol nommé Rosier à Poudlard. Et ils pourraient cacher cette honte quelque part entre la cave et la Chambre Noire avant de le lâcher dans la nature à sa majorité, jour où ils auraient enfin légalement le droit de ne plus s’occuper de lui.

En attendant, depuis le début de l’année, elle récupérait tous les hiboux à destination d’Ispahan pour intercepter les lettres de ses “amis”. Même dans ce choix, il la décevait. Pas un seul fils d’une Ancienne famille Sang-Pure. Seuls les descendants Weasley pouvaient s’en rapprocher et encore, traîtres à leur sang qu’ils étaient. La petite Kestrel aurait pu être prometteuse, ses parents étant riches et Sang-Purs, si elle n’avait pas elle-même était Cracmolle. Pour la famille Upwood, le père venait bien d’une famille Sang-Pure aussi, elle avait vérifié, mais il n’avait jamais été à Poudlard et il avait été renié par sa famille dès sa majorité. Ce qui ne pouvait signifier qu’une seule chose. Lui aussi était Cracmol. La pire était la gamine Shields. Des parents insignifiants, une maison dans un village mi-sorcier mi-moldu et une certaine tendance à toujours parler à tort et à travers qui ne seyait certes pas à une demoiselle, dont la qualité première devait être la discrétion. C’était celle qui avait envoyé le plus de lettres, ne désespérant jamais devant le manque de réponse. Les dernières étaient même directement adressées à son mari et elle-même. La gamine n’avait peur de rien.

Elle était si bien plongée dans ses réflexions qu’elle n’entendit pas la cheminée s’allumer, ni ne vit la jeune femme qui en sortait précautionneusement.

- Mère ?

La voix de sa fille, Phyllis, la tira de ses sombres pensées. Esther regarda son héritière plisser consciencieusement sa robe rose pâle et son jupon de dentelles pour enlever tous les grains de poussière qui aurait pu rester collés pendant son trajet en Cheminette et relever la tête vers elle. Esther était fière de son aînée. Elle évoluait avec toute la grâce qui incombait à sa charge, obéissante et bien-élevée. Phyllis était l’incarnation de la perfection de la noblesse Sang-Pure. Sa mère y avait veillé. La seule dérogation qu’elle avait autorisée par rapport à son statut, c’était le Gronian. Après tout, sa famille avait toujours élevé ces grands chevaux ailés et que sa fille en ait un ne lui paraissait pas si dérangeant. Surtout qu’elle portait une grande attention au temps que la jeune femme passait dans les écuries. Et si jamais elle voyait un jour que Phyllis y allait trop souvent, elle pourrait toujours revendre le Gronian. Il avait beau ne pas être très grand pour sa race, il venait d’une bonne lignée et valait son pesant de Gallions. La jeune femme, loin d’imaginer toutes les considérations de sa mère, semblait se demander si elle devait initier la conversation. Celle-ci l’y invita d’un signe de tête.

- Je reviens de chez Edlyn Flint. Je l’ai aidée à choisir une robe pour le bal des débutantes… Vous savez comme sa mère a peu de goûts pour ces choses-là, se sentit obligée d’expliquer Phyllis devant le mutisme de sa mère.

Esther savait qu’elle mettait tout le monde mal à l’aise avec son visage constamment fermé et sévère. Même son propre mari s’en plaignait parfois. Mais elle n’était pas une Selwyn pour rien. Elle devait montrer que rien ne pouvait l’atteindre et qu’elle ne laisserait personne, pas même sa progéniture, jeter l'opprobre sur son nom.

- Nous avons pris rendez-vous chez Mme Guipure demain pour la confection de ta robe de bal. Ton père et moi avons décidé d’envoyer les lettres d’invitation à ton mariage le lendemain, ainsi l’alliance réalisée avec la famille Pucey sera rendue publique. Nous devrons aussi commencer à réfléchir à ta robe de mariée, mais je pense que cela pourra attendre les fêtes de fin d’année.

Esther étudia avec attention le visage de son héritière, mais n’y décela aucune émotion. Elle avait trop bien élevé sa fille. La jeune femme s’inclina devant sa mère.

- Bien mère. Edlyn pourra-t-elle assister aux essayages ?

Esther balaya l’air d’un geste élégant. Puisque sa fille était allée aux essayages de la jeune Flint, il fallait bien lui retourner la faveur.

- Va chercher ton frère. J’espère que ce passage dans la Chambre Noire lui aura fait comprendre qu’il faut mieux choisir ses amis à l’avenir. Dis-lui de préparer le repas avec Grimly à la cuisine. Cet elfe est un incapable, comme ses ancêtres.

Phyllis s’inclina une nouvelle fois devant sa mère dans une parfaite courbette et s’éloigna en direction des grands escaliers pour monter à l’étage. Esther nota inconsciemment les quelques cheveux sortis de la tresse pourtant parfaite ce matin. Il avait dû y avoir beaucoup de vent sur le Chemin de Traverse pour venir à bout du sortilège de Maintien, songea-t-elle, avant d’oublier cet incident pour se concentrer sur son Elfe.

- Grimly, dit-elle assez fort pour que le pauvre petit Elfe tremblant de peur se prosterne à ses pieds en arrivant.

- La Maîtresse a appelé Grimly ? Que peut faire Grimly pour la Maîtresse ?

- Commence à préparer la cuisine pour ce midi. Ispahan te rejoindra. Mon mari revient de son voyage d’affaire aujourd’hui, tu as intérêt à faire un repas excellent ou je te jure que ta tête terminera sur une pique comme toutes les autres, dit-elle en pointant la rampe d’escalier morbide.

Les gros yeux globuleux de l’elfe s’emplirent de larmes face à la menace et il disparut en un claquement de doigts après maintes courbettes et promesses de réussite.

Esther Selwyn frissonna de dégoût. Si cela n’avait tenu qu’à elle, cela ferait longtemps qu’elle aurait rendu sa liberté à cet être affreux, juste pour ne plus l’avoir sous les yeux à longueur de journée. Et aussi parce qu’elle savait qu’il ne supporterait pas cette humiliation. Ils étaient si… Pleutres. Idiots. Faibles. Obéissants. La Née-Moldue Granger avait beau avoir travaillé sur leurs droits, ces imbéciles ne juraient que par leurs Maîtres et leurs familles.

Ils ne comprenaient rien.


13 août 2020

Ministère de la Magie, Département de la Coopération Magique Internationale

Cela faisait maintenant trois bonnes semaines que Calder avait réussi à discuter entre deux portes avec le Ministre de la Magie à la sortie de leur réunion sur la situation des familles mixtes dans le cadre du Brexit. Depuis, il n’avait pas eu de nouvelles.

Chaque fois que les deux hommes se croisaient dans l’ascenseur ou au détour d’un couloir, Kingsley Shacklebolt était entouré d’une nuée de gratte-papiers empressés, de journalistes trop curieux ou de dirigeants étrangers du monde magique. Il commençait à s’impatienter. Il n’avait pas parlé à sa fille de sa démarche car il ne voulait pas qu’elle se fasse de fausse joie. Mais la rentrée approchait à grands pas et il était plus que temps pour le Ministre de prendre une décision, afin que les parents des jeunes Cracmols puissent trouver une solution de repli pour que leurs enfants ne restent pas à la maison toute l’année scolaire.

Ressassant ces problèmes, Calder ne parvenait pas à se concentrer sur son dossier de mise à jour de la réglementation d’import-export de baguettes magiques. Les taxes n’étaient clairement pas son sujet de prédilection et il aurait préféré se consacrer à des thèmes bien plus passionnants, comme la création d’une organisation politique magique internationale. Mais le MACUSA mettait la pression sur le Ministère britannique afin d’obtenir des accords d’échanges au plus vite à cause des promesses de financement de leur plus gros fabriquant de baguettes magiques. Et ça n’arrangeait pas Calder, qui n’était pas suffisamment happé par les normes de longueur et de diamètre des baguettes importées pour oublier ne serait-ce qu’un instant la situation de sa fille.

Il relisait pour la sixième fois la quatrième version du douzième alinéa du cinquième paragraphe du vingt-septième article de la deuxième section du projet de loi Wandery sobrement intitulée “Projet de loi visant à renforcer et réguler les échanges internationaux de matériel de concentration d’énergie magique entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis d’Amérique”, quand quelqu’un toqua à sa porte. Calder n’attendait pourtant personne.

- Entrez !

- Bonjour Calder, je ne vous dérange pas ?

La porte venait de s’ouvrir sur le Ministre en personne. De quoi voulait-il s’entretenir ? Calder pria pour qu’il s’agisse de la rentrée des Cracmols.

- Non, non, pas du tout. Bonjour Kingsley. Asseyez-vous. Je peux vous offrir une tasse de thé ? proposa Calder en agitant sa baguette pour présenter une chaise au Ministre et approcher la théière.

- Avec plaisir, accepta-t-il en attrapant une tasse au vol. Mmm, excellent, merci Calder.

Kingsley s’assit sur la chaise face à lui.

- Enfin un peu de calme, l’agitation est permanente en ce moment et je viens de réussir à me débarrasser de la horde de journalistes qui me poursuit sans discontinuer depuis plus d’un mois. Je les ai envoyés aux archives, ils avaient l’air absolument ravis.

- Vous avez bien fait, vous risquez d’être tranquilles pour quelques heures voire quelques jours.

- Oh, peut-être pas tant que ça… Je ne leur ai pas précisé que le nouveau Gardien des Archives était particulièrement à cheval sur les personnes autorisées à consulter les dossiers. J’estime en avoir pour une petite heure. Le temps pour eux de descendre, de tenter de négocier, de renoncer puis de retrouver ma trace.

- Vous ne perdez pas le Nord ! s’amusa Calder.

- Il ne vaut mieux pas, “Vigilance constante !” comme se plaisait à le dire l’un de mes collègues et amis…

Un vent de nostalgie passa sur le visage du Ministre, bien vite balayé par un élan de détermination.

- Mais je ne suis pas venu ici pour vous raconter ma jeunesse. Du moins pas avant de vous avoir annoncé la nouvelle.

Le coeur de Calder se mit à battre plus fort. Il se força à garder son calme et croisa ses mains pour les empêcher de trembler.

- J’ai autorisé le renouvellement des bourses pour votre fille et ses trois camarades pour la rentrée de septembre.

- Oh, merci beaucoup, elle sera enchantée !

- Ne me remerciez pas, c’est bien normal. Maintenant que cet Antoine Wiertz est sous les barreaux et que de nouvelles enquêtes ont été menées sur les anciens et nouveaux personnels de Poudlard, la sécurité de vos enfants est assurée.

- La bourse sera-t-elle ouverte à de nouveaux élèves ?

- Pas encore malheureusement… Je le souhaite, mais je n’ai pas réussi à convaincre le Conseil. Si aucun incident ne se produit cette année, plus rien ne se tiendra sur le chemin d’une ouverture de Poudlard à plus d’enfants Cracmols.

- Je comprends tout à fait.

- Heureux de voir que nous sommes d’accord. Je vais envoyer un courrier pour autoriser le Professeur Fawley à déclencher l’envoi des classiques listes de fournitures dès demain soir, en y joignant une lettre de ma part.

- Je pense que je vais garder le secret d’ici là. Les enfants concernés se retrouvent tous pour l’anniversaire de la petite Erin Shields après demain. Ils auront une bonne surprise !

- J’imagine très bien la situation ! Mais parlez-moi donc un peu de vos enfants, Calder. Cela me changera de mes dossiers pendant une petite demi-heure encore.

- Absolument, Kingsley. Mais quelqu’un pourrait avoir besoin de vous.

- Oh, si jamais nous sommes interrompus, nous pourrons toujours faire croire que nous discutions de… s’interrompit-il en se penchant pour lire le titre du projet de loi posé sur le bureau, ... la loi Wandery sur les échanges de baguettes. Cela devrait suffir à faire fuir n’importe quel journaliste ou secrétaire. Et maintenant, parlez-moi donc de votre petite Daralis…


15 août 2020

Samlesbury Hall, Samlesbury, Lancashire, Angleterre

- T’as eu une télévision ? s’exclama Eric, à peine jaloux, en admirant l’objet qui trônait sur un petit meuble dans la chambre d’Erin.

Celle-ci acquiesça, les yeux brillants tout en caressant Jasper sans y penser.

- C’est ma tante qui me l’a offerte pour mon anniversaire. C’est trop génial hein ? Comme ça, on va pouvoir vous montrer le film que je vous parlais la dernière fois…

- Dont je vous parlais, ne put s’empêcher de corriger Amelia qui passait justement devant la porte de la chambre de sa fille avant de rejoindre la sienne.

- Dont je vous parlais la dernière fois, répéta Erin, Les Noces Funèbres… Bon il manque Ispy et Nash, mais on leur racontera tout ce qu’ils ont manqué, ça vous va ?

L’engouement à la fin de la phrase semblait un peu forcé mais les enfants votèrent bruyamment pour ce projet. Tous avaient répondu présent, Daralis, Eric, Lily et Hugo, exceptés Nash, qui était parti visiter l’Allemagne avec ses parents, et Ispahan, dont personne n’avait de nouvelles depuis le début de l’été. Le coeur d’Amelia se serra à cette pensée tandis qu’elle entrait dans sa chambre pour se changer. Quel genre de parents pouvait ainsi cloitrer un enfant parce qu’il ne correspondait pas à leurs attentes ? Et encore, Erin était trop jeune et protégée pour pouvoir imaginer des choses plus graves, mais avec son passé Amelia ne cessait d’y penser. Et si Ispahan subissait des sévices corporels, voire psychologiques ? Il n’y avait pas que les bleus qui pouvaient faire pleurer un enfant. Mais que pouvait-elle faire ? La famille était reine sur l’éducation de sa descendance. Et de toute façon, qui s’intéresserait au cas d’un pauvre Cracmol ? En essayant d’intervenir, elle risquait de rendre la situation encore pire qu’en ne faisant rien. Si elle accusait la famille sans preuve, celle-ci pouvait tout à fait choisir de mentir, lancer un sort d’elle ne savait quelle magie noire sur Isapahan pour qu’il mente ou encore…

Des cris et des aboiements depuis la chambre de sa fille lui parvinrent, la tirant de ses sombres pensées. Un instant inquiète, elle fut aussitôt rassurée par le ton docte de sa fille qui commençait à expliquer à Daralis, secondée par Eric, comment des gens pouvaient se trouver à l’intérieur de la boîte noire appelée télévision. Il semblait bien que les cours d’Etude des Moldus avaient encore un long chemin à parcourir avant d’atteindre la cervelle des jeunes sorciers…

La mère de famille redescendit doucement les escaliers pour ne pas déranger les enfants, après avoir changé son pull taché par la sauce qu’elle était en train de préparer. Amelia adorait faire la cuisine, mais n’importe quel plat pouvait se changer en arme mortelle contre elle. Pourquoi ? Elle l’ignorait, mais ne désespérait pas de réussir un jour à faire à manger sans que cela ne se finisse en guérilla contre le gâteau au chocolat qui se prenait pour une choucroute ou contre un plat en sauce qui décidait d’aller voir si l’assiette d’à côté n’était pas meilleure.

Alors qu’elle allait réussir à lancer le sort pour nettoyer les ustensiles utilisés pour préparer le dîner, un coup contre la fenêtre de la cuisine la fit sursauter et dévier sa baguette. Angus, arrivant dans la cuisine et alerté par le bruit, vit donc avec stupeur une éponge nettoyer avec acharnement un torchon qui essayait de s’échapper en rampant le long du plan de travail de sa femme. Ne cherchant pas à comprendre ce qui avait pu se passer, il annula le sort et le relança d’un simple mouvement de baguette tandis qu’Amelia ouvrait la fenêtre pour accueillir un hibou du Ministère.

Une deuxième lettre jointe à la première et estampillée lui fit froncer les sourcils.

- Angus… murmura-t-elle.

Elle avait l’impression de revenir un an en arrière, alors qu’ils apprenaient avec surprise que leur benjamine était admise à Poudlard.

Angus prit doucement les deux lettres des mains tremblantes de sa femme et décacheta d’abord l’enveloppe provenant du Ministère et adressée à leur nom.

A l’attention de Monsieur et Madame Shields,

Nous avons le plaisir de vous annoncer que la bourse permettant l’admission de quatre Cracmols à Poudlard a été renouvelée cette année, permettant ainsi à Erin Shields de continuer son apprentissage dans la meilleure école de sorcellerie d’Europe.

La bourse ne sera malheureusement pas proposée à de nouveaux enfants à la rentrée, compte tenu du petit incident qui a clôturé l’année scolaire de votre fille. Le programme doit montrer un certain succès avant que de nouveaux élèves Cracmols ne puissent intégrer Poudlard.

Sentiments distingués,

Le Ministre de la Magie,

Kingsley Shacklebolt

La deuxième lettre était adressée à Miss Erin Shields et contenait sans aucun doutes la liste des fournitures nécessaires à sa prochaine rentrée.

Angus soupira d’énervement.

- “Petit incident” ? Ils nous prennent pour quoi ? Des idiots ? Et l’école est assez sûre pour que nos enfants continuent leur scolarité mais pas pour que de nouveaux Cracmols l’intègrent ? demanda-t-il en agitant le parchemin sous le nez de sa femme.

Amelia posa une main sur son bras pour le calmer sans rien dire. Ils savaient tout les deux que quoi qu’ils disent, Erin partiraient prendre le Poudlard Express à la rentrée. Et malgré toute son envie de mère poule d’enfermer sa fille à double tour dans sa chambre pour être sûre qu’il ne lui arrive rien l’an prochain, la simple pensée d’un jeune garçon qui devait prier pour sa libération depuis une des salles de torture de son manoir la fit renoncer.

- On ne peut pas l'empêcher de vivre ses rêves Angus… Même s’ils ne sont parfois pas à la hauteur de nos espérances, finit-elle par murmurer.

- Tu as sans doute raison, répondit-il, il n’empêche que tout aurait bien plus simple si cette foutue bourse n’avait pas été renouvelée.

- Oui en effet… Mais maintenant que c’est fait, autant lui donner la lettre… J’en connais là-haut qui vont faire trembler les murs de la maison !

La tirade d’Amelia tira un fin sourire sur les lèvres de son mari avant qu’elle ne le fasse disparaître d’un baiser fugace.

Lorsqu’ils arrivèrent devant l’embrasure de la chambre d’Erin, le générique du film venait juste de se terminer et certains spectateurs arboraient des yeux un peu rouges.

Scott fut le premier à s’apercevoir qu’ils n’étaient plus seuls.

- Maman ? demanda-t-il, surpris. C’est déjà l’heure de manger ?

La mention de nourriture fit lever cinq têtes dans un parfait ensemble et Amelia ne put s’empêcher de rire doucement.

- Oui aussi, mais nous sommes montés pour vous donner autre chose.

Et elle tendit la lettre du Ministère à Erin qui s’était levée d’un bond.

Elle avait à peine déchiffré les premières lignes qu’elle releva les yeux, un grand sourire plaqué sur les lèvres.

- Alors, ça dit quoi ? demanda impatiemment Daralis tandis qu’Amelia et Angus se prenaient par la main.

- On retourne à Poudlard !

 

Note de fin de chapitre :

 

Et voilà pour le prologue ! :D

On s’est tentées sur le point de vue des adultes et on a plutôt hâte de savoir ce que vous en pensez !

D’ailleurs, vous pouvez donner votre avis sur pleins de trucs :

- Erin, son blues post-Poudlard et le passé de sa mère Amelia

- la phrase traduite par Eric et son sens pragmatique

- le pauvre Ispy et sa tortionnaire de mère (ainsi que les activités réelles de Phyllis pour qu’elle se retrouve décoiffée ;) )

- le père de Daralis et sa volonté d’instaurer une égalité entre Cracmols et Sorciers…

Et tout le reste ;)


A bientôt les amis !

 

Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.