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123ème édition des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 123e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 21 mai à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De L'équipe des Nuits le 13/05/2022 17:22


Journées Reviews


Lire, écrire…

Tu as envie de lire ? De découvrir un ou une auteure ? D'échanger sur ses écrits et sur les tiens à travers quelques reviews sympathiques ?

La Journée Reviews est là pour ça, et elle aura lieu cette fois-ci du 13 au 16 mai !

Viens nous rejoindre en t'inscrivant ici !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.

 


De le 04/05/2022 19:14


29ème édition des Nuits Insolites HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 29e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 6 mai à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De Équipe des Nuits le 04/05/2022 13:35


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, AliceJeanne, ECM et Sifoell, qui remportent la Sélection Univers Alternatif !

Changement chez les Podiums : désormais, vous pourrez proposer deux fictions de moins de 5000 mots ou une fiction de plus de 5000 mots. À vos propositions pour le thème Fondateurs ! Ça se passe ici ou bien en répondant à cette news.

Il vous reste encore un mois pour proposer votre fiction longue favorite par ici ou sous cette autre news.

Et en mai, les Sélections vont 100 aucun doute faire 100sation. Les textes de 100 mots sont à l'honneur ! Onze Drabbles et recueils de drabbles vous attendent. Vous avez jusqu'au 31 mai pour lire et voter par ici.



De Equipe des Podiums le 03/05/2022 07:11


122ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 122e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 23 avril à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De L'équipe des Nuits le 06/04/2022 21:40


Sélections du mois


Une grande nouveauté fait son arrivée aux Sélections des ASPICS ! En plus des sélections mensuelles, découvrez désormais la sélection annuelle "Fictions longues".

Vous adorez une fiction, vous avez envie de partager votre coup de cœur, mais vous n'avez jamais osé ou eu l'occasion de la proposer ? C'est le moment ou jamais ! Le thème est totalement libre, la seule contrainte sera de proposer une fanfiction de minimum 50 000 mots.

Une seule proposition par personne... alors réfléchissez bien ! Vous avez jusqu'au 31 mai pour proposer votre fanfiction longue favorite en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

À très vite dans cette nouvelle aventure,

L'équipe des Podiums


De Equipe des Podiums le 02/04/2022 17:50


La princesse de bon augure par Bloo

[9 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Les personnages appartiennent à J.K Rowling.
Note de chapitre:

Pour celles et ceux qui connaissent ma série Les amours rimbaldiennes sur Lavande et Seamus : cet OS en est officiellement le tout premier (chronologiquement). Il me trottait dans la tête depuis bien deux ans mais je ne recommence à vraiment écrire que depuis quelques temps, et j'espère que vous apprécierez !

Une petite dédicace à Selket dont j'adore la Lavande et qui prend toujours le temps de me laisser des reviews si encourageantes ♥

Bonne lecture !

Il était une fois, dans un pays fort lointain dont les plus grands explorateurs n’avaient jamais réussi à franchir les antiques frontières, une princesse qui s’appelait Brooke et un lapin bleu qui n’avait pas de nom. Les parents de Brooke régnaient sur le royaume de Bonaugure depuis dix-sept ans, comme autant d’années qui avaient passé depuis la naissance de leur précieuse fille. Brooke n’était pas uniquement la digne fille de ses parents : elle était l’enfant chérie de tous ses sujets, de toutes ces âmes qu’elle serait un jour amenée à gouverner, parce qu’avec sa naissance étaient venues la paix, la joie, dix-sept années de douce quiétude qui n’avaient encore jamais été narrées dans le moindre livre d’histoire. Assurément Brooke était une étoile tombée sur Bonaugure et on respectait les étoiles. On les adorait, même.

On ne les abîmait pas.

On prenait soin de Brooke et de son joli visage, de ses yeux bleus comme la Méditerranée un jour d’été, de ses cheveux soyeux comme la plus délicate des étoffes royales, de ses joues pâles mais roses à la fois, de son petit nez aquilin et de ses deux jolies fossettes qui accompagnaient le moindre sourire. Brooke était belle, si belle.

Brooke n’avait pas la chevelure encrassée.

Elle n’avait pas les yeux trop rouges et le visage trop blanc.

Elle n’avait pas de sang sur ses vêtements.

Elle ne portait pas la même robe depuis deux jours, quarante-huit heures et près de trois milliers de minutes parce qu’elle n’avait jamais été enfermée tout ce temps dans un obscur cachot décrépi.

Comme elle avait de la chance, Brooke.

— Miss Brown refuse de répondre à mes questions, dit Amycus Carrow à sa sœur Alecto.

Ce n’était pas la première fois et pourtant cela étonnait toujours les deux nouveaux professeurs de Poudlard – ils n’avaient de professeur que le nom, si flatteur, bien trop flatteur pour eux. Lavande était une de leurs étudiantes les plus jolies, c’était un fait, même s’ils répugnaient à trouver des qualités aux élèves dont les parents n’étaient pas des sorciers depuis dix bonnes générations au moins. Lavande avait trois grands-parents sorciers, c’était assez pour échapper à la prison, visiblement pas suffisant pour gagner l’estime du frère et de la sœur Carrow. Elle s’en moquait : ils ne comprenaient rien de toute façon. Ils avaient cru, parce qu’elle était toujours si bien habillée, parfaitement apprêtée et joliment coiffée, ils avaient cru que Lavande était une de ces filles qui parlent, parlent et parlent encore, mais dont les actes ne suivent pas les mots. Ils avaient cru qu’il suffirait d’une once de douleur et d’un sortilège bien placé pour fissurer le masque de la résistante.

Lavande n’était pas une de ces filles et, à vrai dire, elle était persuadée que cette fille qu’avaient cru voir les Carrow en elle n’existait que dans l’esprit arriéré et conservateur des Mangemorts. Lavande était une fille parmi beaucoup d’autres au sein de l’Armée de Dumbledore. Il y avait Hannah qui avait toujours des rubans dans ses cheveux et maîtrisait les sortilèges de guérison comme personne. Il y avait Parvati, bien sûr, qui savait marcher sur les talons les plus hauts et forcer la serrure la plus ardue quand la magie n’était d’aucun secours. Il y avait Susan qui mettait des cœurs sur ses « i » et des potions de sommeil en cuisine dans les pichets qui allaient aux petits soldats des Carrow à Serpentard. Il y avait Ginny qui savait charmer les garçons et qui avait réussi à introduire des lutins de Cornouailles dans le bureau d’Amycus sans laisser la moindre trace d’effraction – Parvati avait joué son rôle. Il y avait Padma qui ne lisait que des romans d’amour et retenait des quantités impressionnantes d’informations sans avoir besoin de rien noter, qualité des plus utiles au château envahi. Dehors il y avait Luna, Hermione, Katie, Angelina, Cho, des filles en résistance.

Et il y avait Lavande, coquette, superficielle Lavande, qui avait déjà pleuré parce que son sang avait tâché sa veste préférée mais qui n’avait jamais livré la moindre information aux Carrow sur les agissements de ses camarades.

— Alors j’ai décidé de recourir à une nouvelle méthode et tu maîtrises ce sortilège mieux que moi, poursuivit Amycus tout en laissant sa place à Alecto.

La main étroitement serrée autour de sa baguette, Alecto avait les lèvres étirées en un sourire qui ne présageait rien de bon. Elle échangea un long regard avec son frère, un regard pour partager sa colère, sa haine, son sadisme, un regard pour les lier tous les deux dans l’horreur, puis elle prononça la formule.

Impero !

Lavande se sentit légère. Elle ne s’était pas sentie légère depuis la mort de Dumbledore au moins. L’été qui avait suivi avait été le plus triste de toute sa vie. La rentrée avait amené son lot de dangers, de peurs, de douleurs et surtout ses fantômes, le fantôme de leurs visages, de ces amis qui n’étaient plus, contraints de prendre la fuite, perdus dans la nature. Dean était peut-être mort. Ils étaient peut-être tous morts.

Ils étaient peut-être vivants, tous, et tout pouvait être bien, si bien, il suffisait de parler. Elle n’avait qu’à parler, c’était si simple. Il suffisait de se redresser, de prendre appui sur ses deux jambes et de faire face aux Carrow, puis d’entrouvrir la bouche et d’articuler distinctement : « C’est Seamus qui a fait le coup ». Elle n’avait qu’à faire ça et rien que ça et alors tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes mais quel était au juste le meilleur des mondes ?

Elle s’était redressée, elle avait pris appui sur ses deux jambes et planté son regard dans celui d’Alecto et Amycus, mais maintenant Lavande doutait, la légèreté s’était encore envolée. Il y avait cette petite voix en elle qui lui disait de parler, qui lui criait de parler, qui hurlait à lui en faire mal aux oreilles, mais il y avait aussi cette autre voix qui ressemblait à celle de sa mère et qui lui narrait un si joli conte.

Il était une fois une princesse qui s’appelait Brooke de Bonaugure et qui régnait sur un royaume paisible dans lequel personne n’était traqué à cause de son sang, dans lequel personne n’était menacé de mort et dans lequel Seamus ne risquait pas d’être torturé si Lavande parlait.

— Qui a placardé le portrait de Potter dans la Grande salle en utilisant un maléfice de glue perpétuelle ? demanda Alecto d’une voix doucereuse.

— C’est Brooke, répondit Lavande le plus naturellement du monde.

Amycus et Alecto échangèrent un regard, comme pour s’assurer qu’ils avaient bien entendu la même chose, ou peut-être pensèrent-ils sincèrement que Lavande leur avait donné la réponse attendue. Ils n’étaient à Poudlard que depuis quelques mois, après tout, ils ne connaissaient pas les prénoms de tous leurs étudiants et ils ne pouvaient pas savoir que Brooke n’existait que dans les souvenirs d’enfance de Lavande.

Il y eut un moment de flottement puis l’hésitation des Carrow amena la libération.

Une violente explosion retentit dans les couloirs et, persuadés déjà de connaître l’identité des responsables, Amycus et Alecto décidèrent de concert que Lavande leur avait dit ce qu’ils voulaient et ils l’abandonnèrent à son sort pour se précipiter au-dehors. Elle prit alors appui contre l’un des murs de la pièce avant de se laisser lentement glisser au sol, les membres douloureux tout à coup, le corps parcouru de tremblements, et elle se rappela ce cours incongru de quatrième année pendant lequel le faux professeur Maugrey les avait tous soumis au sortilège de l’Imperium. Ses mains avaient tremblé toute la journée et elle se souvenait encore de la colère du professeur McGonagall. L’Imperium avait pris le contrôle de son corps et c’était comme si celui-ci ne lui appartenait plus : la journée n’avait pas été de trop pour se le réapproprier.

Cette fois Lavande avait résisté et elle n’avait pas imité un écureuil mais elle se sentait bien plus faible encore qu’en quatrième année. C’était peut-être l’angoisse des deux journées écoulées, les plaies sur son visage qui s’étaient à peine refermées, alors Lavande laissa son esprit divaguer au lieu de s’en aller.

Seamus n’avait pas accroché seul le portrait de Harry dans la Grande salle. Elle montait la garde devant la porte, ce soir-là, et Neville patrouillait non loin des appartements des Carrow avec Susan. La mission s’était déroulée à la perfection, ce qui était plutôt rare d’ailleurs, alors Neville avait invité Susan à rentrer avec eux dans la salle commune des Gryffondor et, à la lueur de la cheminée, ils avaient bu pour célébrer et bu pour oublier. Après, Lavande ne savait plus très bien ce qui s’était passé. Elle se rappelait simplement s’être réveillée dans les bras de Seamus au matin. Il était allongé sur le canapé, elle était affalée sur lui, ils respiraient au même rythme et leurs mains s’étaient rencontrées pendant la nuit pour ne plus se lâcher.

C’était Seamus qui avait pris ses cours pour elle ce fameux jour de quatrième année où Lavande avait expérimenté l’Imperium pour la première fois. Il l’avait subi lui aussi, pourtant, mais il ne tremblait pas autant et il avait même porté son sac pour elle le reste de la journée. Après, il l’avait invitée à aller au bal avec lui et elle avait accepté. Elle avait passé des heures à éplucher les catalogues de mode avec Parvati pour dénicher la robe idéale qui la transformerait en princesse le temps d’une soirée. Ils s’étaient embrassés et elle n’avait jamais aussi bien dormi que dans les semaines qui avaient suivi. Mais leur relation, qui n’en était pas vraiment une parce qu’après tout ils étaient jeunes, n’avait pas survécu à l’été et au retour de Voldemort. Seamus n’avait pas cru Harry. Lavande l’avait cru. Elle ne l’avait peut-être pas clamé haut et fort parce que ce n’était pas la témérité qui l’avait envoyée à Gryffondor mais elle avait rejoint l’Armée de Dumbledore dès sa création et elle s’était lassée des disputes avec Seamus. Ensuite il y avait eu Ron et, malgré lui sans doute, le meilleur ami de Harry les avait à nouveau rapprochés. Lavande était amoureuse de Ron – pas idiote. Elle voyait bien qu’il ne vivait pas leur histoire comme elle et qu’il n’attendait que la déclaration d’Hermione Granger mais elle avait voulu en profiter malgré tout, un peu égoïstement, très tristement surtout. Seamus lui avait dit plus d’une fois qu’elle méritait mieux que ça quand tous les autres se moquaient d’elle et de ses sentiments exubérants et c’était Seamus qui avait séché ses larmes, Seamus qui l’avait consolée, Seamus qui l’avait rassurée. Lavande n’était pas mesurée, elle riait aux éclats ou pleurait à chaudes larmes, ses émotions étaient décuplées, les bonnes comme les mauvaises, Lavande vivait ses sentiments intensément et ce n’était pas grave parce que Seamus l’aimait bien comme ça.

Ils avaient échangé tellement de lettres après la mort de Dumbledore qu’elle en avait perdu le compte dès la fin du mois de juillet. Elle l’avait aidé à reformer l’Armée de Dumbledore avec Neville, Ginny et Luna et il l’embrassait sur le front chaque matin en guise de salutation. Elle beurrait machinalement ses tartines, il révisait la tête sur ses genoux et Lavande et Parvati finirent par élire domicile dans le dortoir de Seamus et Neville parce que ça atténuait un peu – un tout petit peu – l’absence de Dean et Harry et Ron et Hermione.

Se réveiller dans les bras l’un de l’autre n’était qu’un autre geste du quotidien, quelque chose de doux et rassurant, c’était la suite logique de leur relation mais Lavande s’était sentie troublée, pourtant. Elle était parfaitement consciente de ses sentiments, elle l’était toujours, elle savait aussi ceux de Seamus, et leurs camarades n’étaient pas vraiment discrets quand ils pariaient à leur sujet. Mais il y avait une raison pour laquelle les lèvres de Seamus ne se posaient pas sur les siennes et Lavande croyait que c’était tacite.

Les Carrow avaient torturé psychologiquement Ginny plus d’une fois en utilisant sa relation passée avec Harry, sur laquelle Pansy Parkinson les avait longuement renseignés. Ginny était forte et mettait un point d’honneur à ne pas craquer devant eux, mais Ginny était humaine et Lavande avait trop souvent vu ses larmes, tard le soir, dans la salle commune des Gryffondor. Elle ne voulait surtout pas offrir aux Carrow un tel moyen de pression sur elle parce qu’elle n’était pas certaine de pouvoir le supporter. Ils n’avaient pas encore eu l’idée de torturer quelqu’un d’autre à la place des élèves qui ne voulaient pas parler mais elle ne doutait pas une seconde que, s’ils découvraient une relation amoureuse parmi ces élèves, ils franchiraient une nouvelle limite qui était celle de Lavande.

Lavande avait résisté à l’Imperium pour ne pas trahir Seamus.

Lavande parlerait pour épargner Seamus.

Et Seamus, pour sauver Lavande, Seamus provoquerait une explosion dans les couloirs du château sans se préoccuper une seconde de sa discrétion, Seamus maîtriserait enfin son sortilège de désillusion pour fendre la foule d’élèves paniqués sans trop se faire remarquer, Seamus ouvrirait grand la porte du cachot où elle était évanouie pour l’arracher à sa prison et offrir au conte sa fin heureuse.

Il était une fois une princesse qui dormait dans de beaux draps colorés, qui était entourée et aimée et dont la chevelure venait chatouiller les narines de son prince.

Lavande trouva plus naturel de se réveiller dans les bras de Seamus la deuxième fois que la première. Elle avait encore du sang dans les cheveux, pourtant, et la même robe sale et des plaies sur le visage que Parvati n’avait pas su faire disparaître tout à fait – il faudrait demander à Hannah. Ce n’était pas vraiment romantique et ce n’était certainement pas Bonaugure mais, pour quelques heures au moins, les Carrow étaient loin alors Lavande pouvait être ce qu’elle voulait être et pas ce qu’elle devait être.

— Salut, lui dit Seamus avec un grand sourire.

Il l’embrassa sur le front et elle sourit à son tour mais il lui posa ensuite une question qui la ramena pour de bon dans son monde.

— Tu tremblais dans ton sommeil pendant que Parvati te soignait, qu’est-ce qu’ils t’ont fait ? demanda-t-il en serrant un peu plus fort sa main dans la sienne.

Lavande se demanda s’il se souvenait comme elle du cours de quatrième année, s’il chérissait lui aussi le souvenir des moments partagés, après, s’il se remémorait la peur, aussi, la peur et la douleur.

— Ils ont utilisé l’Imperium pour me faire avouer qui avait collé le portrait dans la Grande salle.

Les yeux marron de Seamus croisèrent les yeux bleus de Lavande et elle comprit qu’il s’en rappelait, mais la nostalgie céda rapidement sa place à l’inquiétude et, ce qui était peut-être pire, à une terrible résignation.

— Ils ne sont pas encore venus me chercher.

— C’est parce que j’ai dit que c’était Brooke.

— Brooke ?

— Tu te souviens du lendemain matin ? J’avais tellement mal dormi après ce cours de Défense contre les forces du mal. Tu l’as remarqué tout de suite à mes cernes et je t’ai raconté mon cauchemar et tu m’as dit que ton père te lisait de vieux contes peuplés de héros pour t’aider à te rendormir et à combattre les mauvais rêves. Je t’ai dit que ma mère inventait ses propres contes et il y avait un, c’était mon préféré, je te l’ai raconté en entier, c’était l’histoire de ma princesse préférée, c’était l’histoire de…

— De Brooke de Bonaugure – je m’en souviens.

Le silence n’était pas pesant mais il n’apaisait pas vraiment Lavande non plus. Elle n’avait jamais aimé le silence. C’était pourtant le fardeau d’une fille unique. Lavande aurait voulu grandir au milieu des cris et des éclats de rire, même les pleurs, tout plutôt que ce silence oppressant qui la dévorait lorsque ses parents s’en allaient et ne lui laissaient pour seule compagnie qu’une austère gouvernante. Hermione appréciait le silence parce qu’il lui permettait de se concentrer. Lavande, elle, avait toujours été plus créative avec de la musique dans les oreilles et des amies autour d’elle. Elle avait besoin de se savoir entourée et aimée.

— Pourquoi est-ce qu’elle s’appelle comme ça, déjà ? s’enquit Seamus avec un sourire.

Seamus savait tout ce qu’il y avait à savoir de Lavande : ses craintes, ses angoisses, ses défauts, ses légers tics et ses mauvaises habitudes, ses qualités aussi. Il savait sa gentillesse, son courage, son attrait et son talent pour les arts, sa loyauté et cette façon qu’elle avait d’assumer tout ce qu’elle faisait, ce qu’elle ressentait. Parfois elle se trompait, ou elle s’emballait, c’était même fréquent avec Parvati, surtout quand elles lisaient les feuilles de thé, mais elle savait aussi le reconnaître. Elle savait s’excuser sans prendre de détour et passer à autre chose. Seamus lui enviait cet aspect de sa personnalité – il avait beaucoup plus de mal à admettre ses erreurs.

Il connaissait même de Lavande ses silences, les rares mots qu’elle n’osait pas formuler, les demandes inavouées et les appréhensions refoulées.

Il la connaissait, elle le connaissait, assez pour savoir qu’il se souvenait parfaitement de son histoire, de la princesse au lapin bleu, et qu’il ne lui demandait de la raconter à nouveau que pour apaiser les battements de son cœur et le laisser battre au même rythme que le sien.

— C’est parce que mes parents ont travaillé en France et ils m’ont soufflé l’idée la première fois que j’ai dessiné Brooke. Dans les livres des il y avait toujours des sorcières de mauvais augure, des voyantes de mauvais augure, des femmes de mauvais augure mais moi, pour une fois, je voulais juste une fille extraordinaire qui provoquait son bonheur et qui n’attendait pas que quelqu’un lui offre sa liberté.

Seamus s’était allongé à son tour, juste derrière elle, elle était blottie contre son torse et leurs doigts entremêlés se soulevaient en même temps qu’ils respiraient.

— J’ai un peu échoué à devenir Brooke, ajouta Lavande du bout des lèvres.

— N’importe quoi. Tout le monde aurait besoin d’aide après avoir passé deux jours dans ces cachots. Tu aurais fait la même chose pour moi si les rôles avaient été inversés. Parvati l’aurait fait pour Neville et Hannah pour Ernie.

— Quand même, merci de m’avoir sauvé la vie.

— Tu as sauvé la mienne en ne me dénonçant pas aux Carrow.

— Mais je ne provoque pas très bien mon bonheur.

— Qu’est-ce que tu veux dire ?

— Tu sais ce qui me rendrait très heureuse tout de suite ?

Il s’en doutait un peu mais il n’osait pas le formuler. Lavande avait été sa première petite amie et la seule. Il avait d’autres soucis en cinquième année que les filles et, en sixième année, il avait réalisé qu’il avait encore des sentiments pour son amie. Mais elle était sortie avec Ron, elle était plus expérimentée, plus courtisée que lui. Elle avait été plus mature, aussi, face au retour de Voldemort. Il craignait parfois qu’elle n’ait grandi plus vite pour lui et qu’il ne puisse jamais tout à fait combler cette distance.

Lavande la combla pour lui.

Elle se retourna brusquement pour lui faire face et, les mains toujours dans les siennes, elle plaqua ses lèvres sur celles de Seamus et l’entraîna dans un baiser passionné, qui n’avait rien à voir avec les timides baisers qu’ils échangeaient parfois après le bal de Noël. Il répondit à son baiser, à son étreinte, il laissa ses mains libres juste pour les poser sur ses joues lisses, sur sa hanche, elle enroula les siennes derrière sa nuque et ils s’embrassèrent, enfin, sans la crainte du lendemain.

— Je serais la fille la plus heureuse du monde si je pouvais être officiellement ta copine, affirma Lavande avec sérieux.

La fille la plus heureuse du monde n’était certain pas engagée dans une guerre qui risquait bien de lui coûter la vie mais Seamus n’avait jamais eu envie de tempérer l’impétueuse Lavande, encore moins aujourd’hui.

— Alors est-ce que tu veux bien être ma copine ? proposa-t-il en reprenant une de ses mains contre son cœur.

— J’ai peur que ça nous fasse du mal.

— Mais tu n’as pas besoin de l’annoncer dans la Grande salle pour que ce soit officiel. L’important c’est Parvati, c’est Padma, c’est Neville, c’est Ginny et tous les autres, c’est nous. On peut leur dire à eux. Ils s’en doutent déjà, tu sais, et je fais pleinement confiance à chacun d’eux.

— Ce n’est pas sérieux, Seamus, c’est…

On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans.

Lavande s’apprêtait à lui dire que c’était trop risqué, qu’un ami pouvait bien parler s’il y était forcé et qu’elle ne voulait pas lui mettre une telle responsabilité sur les épaules. Mais Seamus venait de la projeter en enfance avec plus d’aisance encore que Brooke.

Sa mère adorait par-dessus tout ce poète Moldu qui s’appelait Arthur Rimbaud. Il y avait un beau portrait de lui dans le salon et toute son œuvre dans la bibliothèque. Lavande s’endormait souvent le soir au rythme de ses poèmes. Sa mère savait les lire comme personne et Lavande appréciait leur musicalité et toutes ces images qu’ils lui inspiraient. Puis l’entrée à Poudlard avait sonné le glas de la poésie. Lavande aimait imaginer des histoires et lire certains romans mais les mots n’exerçaient plus le même attrait sur l’adolescente que sur la petite fille qu’elle avait été. Elle préférait dessiner, coudre, personnaliser ses vêtements, créer un univers coloré de ses dix doigts et ne plus se contenter des mots couchés sur le papier.

Mais il y avait des phrases qu’elle n’avait jamais oubliées et qui lui évoquaient tant de choses sur elle-même, sur sa vie, sur ses amis, des phrases qui l’avaient suivie malgré tout, une phrase que Seamus venait de prononcer sans même savoir à qui il l’empruntait.

Sa septième année aurait dû être la plus belle de toutes avec l’été la précédant. Ils étaient majeurs, ils étaient grands, ils avaient soif de bonheur, de liberté, ils avaient des rêves et des projets, ils s’adoraient, ils étaient vivants. Elle aurait dû s’aventurer dans les couloirs la nuit sans craindre d’être agressée, c’était maintenant ou jamais, elle aurait dû se baigner dans le lac avec Parvati et Dean et Seamus, elle aurait dû ressortir éméchée des Trois Balais et rire aux éclats dans la neige, elle n’aurait pas dû pleurer, elle n’aurait pas dû avoir peur, tout le temps peur, elle n’aurait pas dû avoir mal, elle n’aurait pas dû avoir de cicatrice sur le front et de Mangemorts dans ses songes.

Ils avaient pris ses amis. Ils avaient pris sa joie de vivre. Ils avaient pris sa légèreté. Demain, ils prendraient son corps. Ils prendraient ses parents. Ils prendraient sa santé. Ils prendraient le futur coloré qu’elle avait tant rêvé. Ils prendraient pour toujours son optimisme.

Ils ne lui prendraient pas Seamus.

— On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, répéta-t-elle, ses grands yeux bleus plongés dans le regard marron de Seamus.

— Et je crois qu’on est amoureux.

— Bien sûr qu’on l’est.

— Et qu’est-ce te dit ton troisième œil ? demanda Seamus en se redressant.

— Que l’amour est toujours de bon augure ! s’exclama-t-elle théâtralement.

Ils rirent pendant des minutes qui paraissaient des heures et ils s’embrassèrent plus longtemps encore cette après-midi-là. Lorsque Parvati les rejoignit, elle avait des chocolats avec elle et ils les partagèrent joyeusement en se remémorant leurs plus beaux souvenirs avec Dean. Ce n’était même pas triste, juste un bonheur qui avait été et qui venait panser les cœurs blessés. Neville amena d’autres souvenirs à la nuit tombée et il jeta un regard triomphant à Parvati quand Lavande et Seamus s’embrassèrent sous leurs yeux ébahis, ravis. Il faisait partie de ceux qui avaient parié que le couple se reformerait avant la Saint-Valentin et pas le jour-même et Parvati avait été trompée par sa boule de cristal. Elle se concentra sur l’interprétation de ses rêves dans les semaines qui suivirent et Lavande l’assista dans chacune de ses recherches.

Les Carrow crurent que Brooke était le nom de code de Neville ou de l’un de ses amis mais ils ne surent jamais lequel. Ils avaient pris trop au sérieux la confession de Lavande, si certains du succès de leur sortilège qu’ils ne pouvaient pas même imaginer courir après une princesse et son lapin bleu. Lavande et Seamus ricanaient parfois à cette pensée mais, la plupart du temps, ils se contentaient de s’aimer. Le temps était compté et ils le savaient. Ils n’auraient pas toujours dix-sept ans et, un jour, le sérieux de la guerre les rattraperait pour de bon, il les rattraperait à les briser, mais ils ne laisseraient pas de regrets derrière eux, jamais, juste beaucoup d’amour. C’était le présage de Brooke.

Note de fin de chapitre :

Merci d'avoir lu !

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