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De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


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De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Entre Autre par AliceJeanne

[42 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Bonjour! Voici le second chapitre de cette fanfiction, j'espère qu'il vous plaira.

Merci à Hazalhia pour sa review sur le premier chapitre :)

Bonne lecture!

Crédits illustration: Warner Bros Studio - montage par moi-même

oOo


Hermione avait encore les yeux rougis lorsqu’elle se présenta dans la grande salle le lendemain matin. Elle avait quitté la tour de Gryffondor bien avant que ses camarades de chambre ne se réveillent et s’était exilée dans une salle vide à proximité de la bibliothèque afin d’avancer ses devoirs et surtout de s’isoler de Ron et Harry. Elle en voulait terriblement au premier pour ce qu’il avait insinué, encore plus au second pour ne pas avoir démenti ses propos. Il avait pourtant été élevé par des moldus! Si quelqu’un pouvait comprendre son désarroi face à certains aspects de la culture des sorciers, c’était bien lui.


Serrant contre elle ses livres de cours et le traité qu’elle avait étudié jusque tard dans la nuit, elle se dirigea d’un pas traînant jusqu’à la table de Poufsouffle. Un petit groupe d’étudiants la salua poliment et lui demanda qui elle cherchait. Lorsqu’elle indiqua qu’elle en avait après le capitaine de l’équipe de Quidditch, une onde positive traversa les adolescents, chacun ne tarissant pas d’éloges à propos de leur préfet. Une jeune fille de quatrième année lui proposa de s’asseoir avec eux tandis qu’elle l’attendrait, afin de faire passer le temps et qu’ainsi elle ait tout de même l’occasion de prendre son petit-déjeuner. À la fois touchée et surprise par cette délicate intention, Hermione ne réagit pas immédiatement, se contentant de rester raide comme une piquet au milieu de l’allée, se faisant bousculer par quelques Serpentard plutôt pressés.


Lorsque la préfète en chef de la maison de Helga lui offrit une tartine, elle s’assit cependant, jugeant impoli de décliner l’invitation plus longtemps. Et bien qu’elle ne se sentait guère très à l’aise à l’idée que Ron ou même Harry ne la voient au milieux d’autres étudiants que ceux appartenant à Gryffondor, elle ne passa pas un si désagréable moment. Ils étaient presque tous incroyablement gentils avec leurs sourires francs et leurs histoires amusantes. Si les joueurs de l’équipe de Quidditch de sa maison se méfiaient dès qu’une oreille indiscrète faisait irruption dans la pièce dans laquelle ils se trouvaient, il n’en était rien dans celle-ci, tout juste baissèrent-ils le volume de leurs babillages lorsqu’elle tourna la tête vers eux. Sans qu’elle n’ait rien à demander, Hermione se vit servir un verre de jus de citrouille et une fumeuse tasse de thé accompagnée de biscuits recouverts d’une couche de marmelade. La jeune-fille à ses côtés répondit à ses sincères et surpris remerciements, qu’elle semblait en avoir bien besoin. Elle réalisa à cet instant qu’elle devait vraiment donner l’impression de quelqu’un qui avait pleuré toute la nuit. Harry lui poserait certainement des questions lorsqu’ils se croiseraient pour le premier cours de la journée, dans l’atmosphère feutrée et oppressante de l’antre du professeur Trelawney, et Ron, dans son incommensurable délicatesse ne remarquerait certainement pas son trouble.


Jusqu’à cette année, Hermione affectionnait particulièrement les lundis, signes du début d’une nouvelle semaine de cours et d’apprentissages. Mais les lundis de ces deux derniers mois avaient été particulièrement épuisants avant leurs sept cours au lieu des quatre réglementaires. Et la jeune-fille devait se rendre à l’évidence, les jours de plus de vingt-quatre heures étaient véritablement très longs. Heureusement, elle finissait l’après-midi par un cours de défense contre les forces du mal, ce qui la ravissait car elle affectionnait tout particulièrement le professeur Lupin. Malgré les mystères qui l’entouraient, elle s’identifiait beaucoup à cet homme réservé et travailleur, bien qu’elle ne se jugeait certainement pas pourvue de la même bonté que lui.


Cédric choisit le moment où la jeune sorcière observait nerveusement la pendule coincée dans un angle de la salle, pour faire irruption à la table des Poufsouffle. Au vu de ses joues rouges et de l’eau qui dégoulinait encore le long de sa robe, il avait couru un certain temps avant de parvenir jusqu’ici. Après avoir repris son souffle, il s’assit en chancelant et se délesta de son sac en l’envoyant à ses pieds, sous la table. Il salua Hermione rapidement, semblant particulièrement réjoui qu’elle se soit joint aux membres de sa maison et lui expliqua entre deux bouchées de porridge, plus englouties que dégustées, la raison de son retard. Le jeune-homme avait tout simplement oublié une pile de fiches dans un livre la veille au soir et avait passé un certain temps à chercher ledit ouvrage dans la bibliothèque, dès son ouverture. Malheureusement pour lui, Mrs Pince, d’ordinaire d’une ponctualité irréprochable, avait choisi ce matin précis pour se laisser embobiner par les escaliers mouvants et s’était vu proposer un détour d’une bonne vingtaine de minutes, faisant attendre ainsi, un préfet anxieux devant une porte close et parfaitement hermétique à tout sortilège de déverrouillage. Le récit de cette mésaventure eut le mérite d’alléger l’humeur de la jeune-fille qui laissa même échapper un petit sourire lorsque Cédric décrivit l’état plus qu’échevelée de leur bibliothécaire.


Lorsque la pendule sonna neuf heures moins le quart, le sorcier se rappela soudainement les raisons de la présence de la Gryffondor à ses côtés. Elle lui rendit le traité avec d’amples remerciements et il l’observa alors d’un air stupéfait, comprenant qu’elle n’avait mis que quelques heures au total pour effectuer un travail qu’il peinait à terminer depuis l’emprunt dudit volume.


«Il ne t’a vraiment fallu qu’une seule soirée? L’interrogea-t-il, ne sachant toujours pas s’il devait la croire et s’émerveiller ou douter d’elle et émettre quelques suspicions. Car après tout, cela ne serait certainement pas la première fois qu’il verrait en action la fierté parfois bien mal-placée de la maison de Godric.

- Oui, indiqua-t-elle en s’emparant d’une pomme, et en vérité, c’était plutôt facile.»


Cédric dut bénéficier de l’aide de la première année à sa gauche pour ne pas se noyer dans son jus de citrouille. Celle-ci lui appliqua de généreuses claques dans le dos tandis que ses camarades, hilares, lançaient à l’unisson quelques sortilèges de nettoyage afin d’éponger les flots de liquide orangé qui sortaient des narines de leur préfet. Hermione fronça les sourcils, ne comprenant pas vraiment ce qui faisait l’objet d’une telle réaction. Le texte du traité n’avait rien de véritablement compliqué, la politique après tout, lorsque l’on en avait appris les règles, n’avait rien de bien sorcier.


«Excuse-moi, marmonna-t-il lorsqu’il eut retrouvé un semblant de dignité. Il se trouve que je m’acharne sur ce texte depuis une semaine, alors, et je ne doute absolument pas de tes dires, je suis plutôt curieux de savoir comment une troisième année a pu réussir cet exploit en une seule soirée.»


Hermione comprit alors qu’il était parfaitement inutile qu’elle mentionne le fait qu’elle avait également eut le temps de traduire deux pages de runes et de relire quelques chapitres de son manuel de divination. Peut-être Ron n’avait-il finalement pas tort lorsqu’il sous-entendait que même un Poufsouffle n’était pas capable d’abattre autant de travail qu’elle en l’espace d’une journée. Bien que le fils Weasley ne soit pas un excellent modèle de régularité, préférant, selon ses propres mots «travailler sous pression». Harry était le juste milieu entre ses deux amis, ne s’y prenant ni trop en avance, ni trop en retard et rendant toujours des choses justes, ni excellentes, ni médiocres.


«Je m’étais déjà beaucoup renseignée sur le sujet du secret magique avant de lire ce traité fastidieux, expliqua-t-elle. Mes parents sont des moldus alors je fais partie des exceptions prévu par les lois sorcières. Je trouvais cela pertinent d’en savoir le plus possible afin de me faire un avis sur la question et de savoir exactement ce que j’ai le droit de leur raconter ou non.»


Cédric hocha la tête, compréhensif. Une pointe de compassion sembla comme luire dans ses yeux lorsqu’elle insista sur le fait qu’ils étaient des moldus. Le jeune-homme ne pouvait qu’imaginer ce qu’elle pouvait ressentir. Et bien que des milliards de questions se heurtèrent contre ses lèvres, il ne céda pas à la tentation. Après tout, nul ne pouvait réellement savoir comment Hermione vivait la situation, même s’il y avait fort à parier que la solitude et elle devaient être de fidèles compagnes. Quelle avait donc été sa réaction et celle de ses parents en recevant les lettres de Poudlard? Étonnement? Peur? Soulagement? Un camaïeu de ces trois précédentes émotions?


«Si tu veux, je pourrais t’expliquer ce que j’ai compris, murmura-t-elle d’une toute petite voix, regrettant sur l’instant même ce qu’elle venait de proposer.»


C’était totalement absurde. Elle venait de prétendre qu’elle était plus à même qu’un cinquième année de comprendre un document. C’était déplacé, extrêmement vexant pour Cédric et encore plus vaniteux que l’attitude de Ron qui l’avait tant agacée la veille. Elle voulut se justifier et s’excuser, mais le jeune-homme ne lui en laissa pas le temps. Et alors qu’elle rougissait à en rendre jalouse une tulipe, il s’exprima sur un ton très calme et amical. S’il était atteint par ses paroles, il n’en montra rien.


« Ce serait avec plaisir!»


Cédric Diggory n’était décidément pas quelqu’un de normalement constitué. N’importe qui d’autre l’aurait envoyée sur les roses en la rabrouant d’un intransigeant «miss je sais tout» et en ne lésinant pas sur le dédain. Mais ce sorcier là semblait véritablement enchanté qu’elle lui propose son aide. À tel point qu’elle s’en voulut de ne jamais faire de même vis-à-vis de ses camarades de promotion. Il y avait bien un peu d’entraide chez Gryffondor, mais celle-ci se constituait généralement d’une intense copie du devoir de son voisin ou d’une dictée improvisée par un élève de l’année supérieure. Elle n’avait que très rarement vu quelqu’un expliquer quoique ce soit à quelqu’un d’autre.


«J’ai entraînement de Quidditch de dix-sept heures à dix-neuf heures, poursuivit Cédric sans sembler apporter une grande importance à la gêne de la jeune-fille. Si tu le souhaites nous pouvons nous retrouver à vingt heures devant la salle de travail des préfets au deuxième étage, sous la bibliothèque. Elle ferme à vingt-trois heures pour les préfets qui ne sont pas de garde. Si je te raccompagne à ton dortoir, cela ne devrait pas poser de problème particulier.»


Si Hermione n’avait pas été assise à cet instant, elle aurait certainement rencontré le sol avec une certaine violence. Un élève de cinquième année lui demandait à elle, l’horripilante tête de classe, des conseils et l’invitait à discuter autour d’un sujet qui l’intéressait. C’était beaucoup trop merveilleux pour demeurer sans conséquences, Cédric devait forcément avoir une idée en tête, cela ne pouvait en être autrement. Et pourtant, malgré ses appréhensions, la proposition se révélait être extrêmement intéressante et la jeune-fille ne pouviez nier nourrir une certaine curiosité vis-à-vis de la salle de travail des préfets dont elle ignorait l’existence jusque là. De plus, être entourée de personnes préparant leurs BUSES et leurs ASPICS ne pouvait qu’être épanouissant, loin des bavardages incessants de ses compagnes de chambre. Elle redoutait cependant la réaction de ses amis lorsqu’elle ne manquerait pas de leur indiquer où elle comptait passer la soirée. Ron lui sortirait certainement une de ses répliques dont il avait le secret et comme d’ordinaire elle compterait beaucoup sur Harry pour arbitrer et mettre une terme à leur immanquable dispute.


«Qu’en dis-tu? Insista-t-il.

- Vingt heures c’est très bien, bégaya Hermione en reprenant enfin son souffle. Et au diable Ronald Weasley.

- Parfait! S’exclama-t-il visiblement ravi avant de se lever, voyant l’heure tourner. Tu trouveras facilement, c’est la seule pièce qui a l’air accueillante dans ce couloir, indiqua-t-il.»


Hermione hocha la tête, s’imaginant déjà ouvrir toutes les portes du secteur afin d’attester de la chaleur des pièces, qu’elles refermaient, lui renvoyaient. Voyant son air circonspect, Cédric précisa que s’il ne la voyait pas arriver, il partirait à sa rencontre afin qu’elle ne se perde pas ce qui rassura Hermione mais l’angoissa également étrangement, comme si l’idée que l’on la voit discuter seule avec le garçon dans un couloir, le soir, la dérangeait. Après tout, elle avait bien pris son petit déjeuner à une table qui n’était pas la sienne, et de cela, elle était certaine d’entendre parler pendant bien longtemps. Il ne faudrait surtout pas que quelques curieux prompts à la rumeur s’imaginent des choses. Le cas échéant, Hermione ne donnait pas bien cher de sa peau, le succès de son nouveau collègue de travail auprès de la gente féminine ayant dépassé la qualification de légendaire.


«Et puis, en contrepartie, je pourrais t’enseigner le sort de la bulle de coton, j’ai cru comprendre qu’il t’intriguait, hier, murmura-t-il à son oreille avant de s’éclipser.»


Hermione déglutit et mit plusieurs minutes avant de parvenir à totalement chasser la vague de chaleur intense qu’elle ressentait depuis que Cédric avait effleuré sa joue de ses cheveux. La jeune-fille secoua la tête, persuadée qu’il avait juste fait cela pour la gêner davantage, par jeu. Mais au vu des conversations autour d’elle, ce n’était vraisemblablement pas son genre de se livrer à ce type d’imbécilités. Elle chassa cette idée de son esprit et se leva pour aller rejoindre les Gryffondor qui partaient sans grand entrain vers le couloir menant aux interminables escaliers permettant l’accès à la salle de divination.


La jeune sorcière se glissa furtivement entre Harry et Ron. Ce dernier ronchonnait à la perspective de cet exercice matinal tandis que son ami tentait de ne pas rire, tout en conservant une partie de ses pensées en direction de sa principale préoccupation du moment: Sirius Black. Hermione avait épluché tous les périodiques relatant quelques informations à son sujet sans guère de résultat probant. Plus le temps passait, plus Hermione soupçonnait que quelqu’un cherchait à dissimuler une partie de la vérité.


«Tiens, mais qui voilà! Se réveilla soudainement Ron alors que Harry saluait Hermione avec entrain. Mademoiselle nous fait l’honneur de se joindre à nous pour les cours. Je croyais que tu allais en défense contre les forces du mal avec les Poufsouffle!

- J’aurais peut-être mieux fait d’y aller au vu de l’accueil que ma propre maison me réserve! Lui répondit-elle, piquée au vif, avant de prendre la direction de cours d’étude des moldus


Harry tenta de la rattraper en fusillant son ami du regard mais la jeune-fille avait déjà pris sa décision, elle commencerait sa journée par une matière plaisante, les élucubrations fumeuses de Mrs Trelawney patienteraient jusqu’à son dernier voyage temporel, le temps qu’elle parvienne à calmer ses nerfs.


Hermione arriva renfrognée en cours et lança ses affaires contre sa table sous les regards médusés de ses camarades et du professeur, tant habitués à la voir si calme et posée. Toute cette histoire la mettait hors d’elle. En quoi le fait qu’elle ait parlé deux fois à Cédric Diggory était-il si outragé? Il n’était pas un évadé d’Azkaban comme pouvait l’être ce Sirius Black qui obsédait tant Harry. Et pourtant leur ami semblait donner un bien meilleur accueil à cet homme parjure qu’à un élève de cinquième année, c’était complètement insensé. Et d’ailleurs, pourquoi diable Cédric Diggory se montrait-il si engageant avec elle? Pourquoi voulait-il se rendre agréable? Ne pouvait-il juste pas vivre sa vie de Poufsouffle et laisser celle de la pauvre Gryffondor en paix? Pourquoi avait-il engagé la discussion à la bibliothèque ce dimanche alors qu’ils s’étaient probablement croisés à plusieurs reprises durant ces deux dernières années? Pourquoi ne s’était-il pas contenté de l’ignorer comme chacun le faisait si souvent?


«Tout va bien Miss Granger? Retentit la voix anxieuse de Charity Burbage qui jetait de petits regards peinés à son élève depuis le début du cours.»


Ce fut à cet instant, et uniquement à celui-ci que Hermione comprit que ses nerfs lâchaient. Elle pleurait. Reniflait pitoyablement à cause d’une malheureuse réflexion et d’un dilemme d’enfant. Elle étouffait dans cette pièce trop petite avec tous ces regards qui se tournaient vers elle, elle avait envie de s’enfuir, loin, très loin, dans un endroit où tous ses choix n’étaient pas critiqués par Ronald Weasley. Il n’acceptait pas le fait qu’elle suive tant de cours, refusait de la croire lorsqu’elle en parlait, riait en silence en la voyant s’arracher les cheveux sur ses dictionnaires de runes. Pourquoi n’était-il pas comme Harry? Lui ne posait que peu de questions, se contentait de ce qu’elle lui énonçait comme étant la vérité, il respectait cela. Elle se sentait trahie au plus profond d’elle-même et elle se surprit à se questionner sur les raisons qui la poussaient à accorder tant d’importance aux paroles de Ron. Après tout, ils n’étaient amis que parce que Harry faisait le lien entre eux, tout du moins c’est ce que la majorité pensait.


«Miss Granger? Voulez-vous sortir prendre l’air un instant? Reprit la sorcière avec bienveillance en posant doucement une main sur son épaule.

- Je vous remercie professeur, murmura-t-elle avec honte, mais ce n’est pas la peine, je vais me reprendre, vous pouvez continuer votre cours.»


L’adulte hocha la tête et reprit sa place près de l’estrade. Hermione hésita à prétexter des difficultés à supporter le cours en raison de ses origines moldues et du sujet particulièrement sensible qu’ils étaient en train d’aborder, mais mentir à tant de gentillesse la répugnait. Alors elle ferma les yeux, un instant, se focalisant uniquement sur la voix qui parlait avec énergie de toutes ses mesures mises en place pour préserver le secret autour de l’existence des moldus. De toutes ces barrières et de tous ces lieux qu’ils ne pouvaient voir et auxquels ils ne pourraient jamais accéder. Une partie d’elle était effectivement profondément meurtrie par cette différence qui creusait un énorme fossé entre la jeune-fille et ses parents. Parfois elle regrettait d’être une sorcière, cela lui avait tant porté préjudice avant Poudlard, la conduisant de psychologue en psychiatre afin de comprendre l’origine de son mal-être et de l’horrible certitude qu’elle n’était pas à sa place. Et les brimades des autres enfants n’étaient rien à côté de l’incompréhension de ses propres géniteurs.


Lorsqu’elle avait reçu sa lettre et la visite du professeur McGonagall, elle s’était enfin sentie exister. Toute sa vie prenait soudainement un sens et elle s’était promis de se fondre dans ce nouvel univers, de s’y jeter à cœur perdu. Elle avait lu livre sur livre, manuel après manuel pour être la hauteur, terrifiée d’être en retard par rapport aux, si extraordinaires à ses yeux, jeunes qui savaient depuis leur naissance qu’ils étaient sorciers et pour qui le monde magique n’avait aucun secret. La désillusion avait été rude et le rejet était revenu au galop après quelques semaines d’accalmie. Sans Harry et Ron elle serait probablement encore en train de se morfondre dans les toilettes des filles, si tant est qu’elle ait pu échapper au Troll en première année. Ils étaient ses amis et leur manque de considération la meurtrissait au plus profond d’elle. Que Malefoy la traite de sang de bourbe passait encore, mais que Ron la moque à chaque coin de couloir, elle ne pouvait le supporter.


La cloche retentissante la sortit de ses pensées et elle fuit la salle sans se retourner. Une fois parvenue à l’étage du cours d’arithmancie, elle s’autorisa à reprendre son souffle et se laissa tomber sur le sol dans l’ombre de la statue derrière laquelle elle avait coutume d’effectuer ses sauts dans le temps. Le contact de la pierre froide dans son dos l’aida à se ressaisir et elle essuya ses larmes avec la manche de sa robe. Une fois sa respiration revenue à un rythme moins effréné, elle sortit le retourneur de temps de sa poche et le caressa du bout des doigts avec circonspection. Lorsque la directrice de Gryffondor le lui avait remis le premier soir, elle avait mille fois béni cet objet qui lui ouvrait les portes du savoir. Mais aujourd’hui, avec le recul, elle comprenait à quel point les avertissements de ses professeurs étaient justifiés. Jouer avec le temps était dangereux et pouvait même conduire à la folie. Plus les jours s’égrainaient, plus grande était sa fatigue et moins justes étaient ses pensées. Cet objet lui apportait presque plus de mal que de bien, à moins qu’elle ne trouve un nouveau moyen de l’utiliser.


L’idée jaillit dans sa tête avec fracas: Ron serait toujours fortement agacé qu’elle voit Cédric ou même qui que ce soit d’autre, et la dernière chose qu’elle souhaitait, c’était se fâcher avec lui ou Harry. Pour n’importe qui cette situation serait parfaitement inextricable, sauf pour la jeune sorcière qui avait en sa possession un objet lui permettant d’être à deux endroits à la fois. Une vague d’espoir la traversa avant de se muer en détermination. Elle menait déjà une triple vie scolaire, rien ne l’empêchait de mener une double vie sociale!


Ce fut ragaillardie par de nouvelles certitudes que la jeune-fille suivit ses autres cours de la journée sans accroc. Elle réussit même à ne pas soupirer durant le cours de divination, durant lequel Trelawney effraya à nouveau quelques élèves avec ses prédictions toutes plus invraisemblables les unes que les autres et face au visage endormi de Ron qui faisait semblant de ne pas la voir. Tout se passa véritablement à merveille jusqu’au dîner durant lequel Parvati lui demanda avec curiosité ce qu’elle avait demandé à Cédric le matin même. Aucune méchanceté ne se lisait dans le regard de la jeune indienne, pas même un soupçon de jalousie, elle semblait véritablement intriguée, ce qui était une grande première. Hermione mentit et expliqua sans trop entrer dans des détails superflus qu’ils s’étaient simplement retrouvés tous les deux à lire le même ouvrage à la bibliothèque et avaient donc échangé sur le sujet.


«Tu as beaucoup de chance! S’exclama Parvati. Cédric est vraiment quelqu’un de très intéressant, j’aimerais bien qu’il me parle également lorsque je me rends à la bibliothèque. Tu sais qu’il est, comme toi, le premier de sa promotion depuis son arrivée à Poudlard? Il réussit tout ce qu’il entreprend...

- Sauf gagner la coupe de Quidditch de toute évidence! La coupa Fred Weasley avec moquerie.»


Parvati lui lança un regard exaspéré et Hermione sentit une vague d’appréciation la gagner, elle n’était donc pas la seule à ne pas placer le sport des sorciers en haut de sa pyramide de priorités. L’adolescente reprit ses explications béates avec entrain, vantant les mérites du jeune-homme et faisant, tout de même, promettre à Hermione de toucher deux mots au garçon à propos de Lavande et elle, à l’occasion.


«Il n’est pas si bien que cela, grommela Ron en posant sa cuisse de poulet. Tout le monde a des défauts.

- Et certains plus que d’autres Weasley! Rétorqua la voix traînante de Malefoy qui venait de pénétrer dans la grande salle et se dirigeait vers la tables des Serpentard flanqué de ses deux éternels acolytes.»


Le fils de Lucius ne dut la survie de son impeccable brushing qu’à l’action vive de Harry qui rattrapa son ami par sa ceinture lorsque celui-ci amorça le geste de se jeter sur l’impertinent garçon aux cheveux blonds. Suite à cet incident, le nom du Poufsouffle fut définitivement banni de leurs conversations. Et lorsque sonnèrent dix-neuf heures, les élèves rejoignirent la tour de Gryffondor en silence. L’absence de bruit et les derniers évènements firent émerger de nouveaux doutes chez Hermione qui hésitait de plus en plus à se rendre au rendez-vous fixé par l’objet de tant de tourment. Une partie d’elle mourait d’envie d’y aller et d’apprendre ce sort si utile qu’il lui avait promis et l’autre était terrifiée à l’idée de perdre ses amis définitivement, pour quelqu’un avec qui elle n’avait échangé en tout et pour tout qu’une petite heure de discussion.


Alors que Ron se chamaillait avec ses frères, Harry se glissa à côté d’elle dans le canapé moelleux disposé devant l’âtre, la faisant sursauter. Elle fixait jusque là les flammes dont le crépitement et la danse l’apaisaient. Le garçon remonta ses lunettes sur son nez avant de lui adresser un grand sourire compatissant.


«Tu sais Hermione, même s’il se comporte parfois comme un parfait abruti, Ron tient beaucoup à toi, dit-il. Il ne croit pas en la moitié de ce qu’il dit. Et ce qu’il pense ne devrait pas t’empêcher de faire ce que tu as envie.»


La jeune-fille posa sur lui un regard infiniment reconnaissant, il voyait juste et surtout il parlait exactement de la bonne façon. Peut-être était-il plus attentif à son environnement qu’elle ne l’avait supposé? Et Malgré ses préoccupations personnelles il semblait donner une véritable importance à son désarrois.


«Et Cédric est quelqu’un de bien. D'après Olivier Dubois c'est un formidable attrapeur, très habile et intelligent qui sait parfaitement mener ses hommes. Jusqu'à cette année il était dans leur réserve de joueurs et n'avait un avis que consultatif sur le jeu, mais j'ai entendu dire qu'il avait travaillé d'arrache-pied cet été pour trouver de nouvelles stratégies. De plus, les maths joués contre Poufsouffle ont toujours été d'un fair-play exemplaire, alors je pense qu'il n'échappera pas à la règle, reprit-il.

- Pourtant à entendre Ron, il est pire que Malefoy! Riposta Hermione.

- Pour l’instant il ronchonne parce qu’il est jaloux, indiqua Harry avec sérieux, mais s’il voit que parler de livres avec Cédric te permet d’être heureuse, il finira par se taire.

- Jaloux? Ron est jaloux que je parle de livres avec quelqu’un d’autre que lui? Le questionna la jeune-fille éberluée.

- Non, répondit-il en baissant le ton, Ron est jaloux de Cédric. Il est dans l’équipe de Quidditch, c’est un élève très apprécié des professeurs et qui fait la fierté de ses parents. Tout ce que Ron aimerait être, alors il l’envie. En plus, les Diggory vivent très près du Terrier et le père de Cédric travaille avec celui de Ron au Ministère de la Magie. Apparemment il ne cesse de vanter les mérites de son fils à qui veut bien l’entendre...

- Il te l’a dit? Demanda Hermione suspicieuse.

- Il me l’a avoué hier soir, confia Harry en triturant le bas de son pull.»


Hermione hocha la tête, compréhensible. Cela n’excusait pas son comportement, mais savoir tout ceci l’apaisait, d’une certaine façon. Au moins savait-elle pourquoi il était si irritable sur le sujet. Elle remercia son ami et ils papotèrent de tout et de rien pendant quelques minutes avant que l’heure ne vienne subitement troubler leur quiétude. Hermione jeta un coup d’œil anxieux à l’horloge et ses mains se mirent à trembler sur ses genoux. Harry le remarqua et s’empressa de la questionner sur les raisons d’une telle agitation. Lorsque celui-ci comprit l’ampleur du problème, il éclata d’un petit rire nerveux et taquina Hermione sur son rendez-vous nocturne. Le regard noir qu’elle lui lança suffit cependant à le faire taire.


«Tu devrais y aller, trancha-t-il après quelques minutes à tergiverser. En plus je suis certain que ce sortilège te serait très utile pour te concentrer au milieu du brouhaha de la salle commune.

- Et Ron? S’inquiéta-t-elle.»


Le garçon roula des yeux, menaçant de lui réexpliquer en quarante points pourquoi l’avis de son ami ne devait pas prévaloir sur ses choix personnels. Son expression exaspérée tira un faible sourire à Hermione qui rendit les armes et céda à la tentation bien trop grande d’une discussion intéressante.


«D’accord, je vais y aller, mais...

- Je t’attendrai dans la salle commune jusqu’à ton retour et je veillerai à ce que tes oreilles ne sifflent pas trop lorsque Ron sera immanquablement au courant de tout ceci, la coupa-t-il.»


Les yeux de la jeune-fille s’embuèrent de larmes et elle se jeta au cou du sorcier qui la réceptionna maladroitement et essaya de ne pas rougir aux trop nombreuses éloges que lui fit son amie, heureuse d’être comprise et soutenue. Elle le remercia un nombre incommensurable de fois et Harry se sentit tout particulièrement gêné lorsqu’elle l’embrassa sur les deux joues avant de s’éloigner pour reprendre sa place, droite, sur le canapé. Harry défroissa sa chemise et jeta un regard tendu vers l’horloge.


«Tu devrais y aller, indiqua-t-il à voix basse, sinon Cédric va te chercher dans tout le château.»


Hermione regarda également en direction du cadran et sauta sur ses jambes. Elle détestait être en retard et il ne lui restait qu’une dizaine de minutes avant de l’être ce qui était bien peu pour parcourir la moitié de Poudlard. Sa main gauche remonta mécaniquement vers sa poche sous le regard surpris de Harry. La tentation de remonter juste de quelques minutes dès son arrivée dans le couloir était très tentante. Mais voyant que son ami fixait bien plus que nécessaire la cachette de son retourneur de temps, la jeune-fille opta finalement pour une option bien plus sage, courir. Elle esquissa une petite moue, éloigna sa main de l’objet interdit et après avoir salué son ami, franchit le tableau de La grosse dame. Elle eut juste le temps d’entendre Ron questionner Harry sur les raisons de son empressement avant que le passage secret ne se referme.


Lorsqu’elle parvint, après presque vingt minutes de course effrénée dans les couloirs de l’école, devant la porte de la salle de travail des préfets, à bout de souffle et les joues rougies par l’effort, elle hésita. Il n’était pas trop tard pour faire demi-tour et retourner dans la tour de Gryffondor, prétextant à Harry que ce rendez-vous n’était finalement pas si intéressant que cela et qu’elle préférait avancer ses devoirs et servant aux autres membres de sa maison une version des faits à base de livre oublié dans une salle de cours ou d’emprunt de dernière minutes à la bibliothèque. Sa main se dirigea à nouveau vers sa poche et la tentation gagna en ampleur. Le professeur McGonagall l’avait mis en garde quant à l’utilisation de l’objet et lui avait promis une sévère punition si elle tentait de s’en servir pour d’autres raisons que celles qui avaient été convenues au début de l’année.


Un vent de panique prit possession d’elle, elle ne parvenait à se décider quant à la marche à suivre et demeurait figée sur place, incapable du moindre battement de cil, comme si on lui avait soudainement lancé un maléfice du saucisson. Les murs du couloir lui paraissaient trop proches et semblaient se rapprocher à chaque seconde d’elle, créant un étau invisible autre de la jeune-fille et l’étourdissant. Dans son esprit, une dure lutte entre la facilité et le courage s’était engagée et aucun ne voulait prendre le pas sur l’autre. Hermione leur intima le silence et s’autorisa le droit de choisir ultérieurement qu’elle voie elle emprunterait. Elle déglutit péniblement, inspira de toute l’amplitude de ses poumons et leva sa main vers la porte. Avant qu’elle n’ait pu amorcer le geste de toquer, celle-ci s’ouvrit sur Cédric qui parut aussi heureux que soulagé de la voir.


«Entre donc! La convia-t-il avec entrain.»


oOo

Note de fin de chapitre :

 

  • Note: Je ne pense pas qu’une salle de travail spéciale existe pour les préfets, mais je me suis dit que ce n’était pas forcément impossible comme on ne sait pas exactement tout ce qu’ils font (hormis patrouiller parfois dans les couloirs, mais je doute qu’ils le fassent toute la nuit).

 

  • Note bis: J’ai fait quelques recherches pour vérifier l’existence ou non d’un sortilège tel que celui de la bulle de coton, je n’ai rien trouvé de plus probant que celui qui consiste à ne pas se faire entendre de l’extérieur, mais je n’ai pas l’impression qu’il isole également du bruit. Je me suis donc permis de l’inventer si on peut dire.

 

  • Note tris: Je considère les noms des maisons de Poudlard comme des noms propres, aussi je ne les accorderai normalement jamais dans mes textes. Donc par «les Serpentard», il faut entendre «les élèves de la maison Serpentard.

 

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