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32ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 32e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 18 février à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits en ce mois de Saint-Valentin. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic. A très bientôt !

 


De Les Nuits le 06/02/2023 15:45


128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


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A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Une deuxième chance par Elunedril

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Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Ce fut le 21 juin 2006 qu'Abigaël et Adélaïde entrèrent dans sa vie. Ces adorables petites têtes blondes lui firent savoir avec force et détermination qu'elles allaient bouleverser sa vie en hurlant à plein poumon. En les voyant, Dudley tomba amoureux pour la deuxième fois de sa vie. Il sut que quoi qu'il arrive, il protégerait ses filles envers et contre tous. Leur peau était rouge et fripée, mais pour lui, c'était les plus beaux des bébés. C’était peut-être d’un cliché, mais pour Dudley, c'était un fait. Même James et Albus qu’il avait admiré à la grande satisfaction de Harry et Ginny, ne leur arrivaient pas à la cheville. Quand il réussit à s'arracher à sa femme et ses jumelles, il courut au relais postier des sorciers pour envoyer un hibou à son cousin. Il écrivit sa joie, son triomphe, en annonçant l'arrivée de ses filles. Dudley savait que Harry ne pourrait pas allait les voir et cela l'attristait ; depuis leur réconciliation, ils avaient réussi à tisser des liens solides malgré leur passif et il aurait bien voulu qu'il fasse partie de la vie d'Abigaël et d’Adélaïde, mais la réalité était tout autre : jamais ses parents et Amy ne l'auraient accepté, il le savait. Il promit à Harry de lui envoyer rapidement des photos et de passer le voir prochainement si celui-ci n'était pas en mission. Dudley partit ensuite rejoindre les trois femmes de sa vie.

 

Leur vie à quatre allait commencer.

 

***

 

Apprendre à être père n’était vraiment pas chose facile. Les premières semaines, Dudley se faisait l'effet d'être un zombie tant il était hagard et épuisé ; Abigaël et Adélaïde pleuraient et vomissaient beaucoup, tout en dormant très peu la nuit. Leur vie était rythmée par les multiples couches, changement de linges et biberons, Amy ayant refusé de les allaiter. Pour dire les choses franchement, Dudley en était arrivé au point où il fut heureux de quitter la maison pour retourner travailler à son bureau, qui lui servit plus souvent qu'à son tour d'oreiller. Lui et Amy étaient complètement dépassés par ces petites filles. Pétunia leur donna bien quelques conseils, mais ils ne servirent malheureusement à rien, sauf peut-être à préparer les jumelles à un avenir d'enfant gâté _ apparemment, ces méthodes avaient si bien marché avec lui. Ce fut Ginny qui lui donna la solution et une potion pour les troubles digestifs des bébés ; Abigaël et Adélaïde ne supportaient apparemment pas le lait maternisé qu’ils leur donnaient et elles n'arrivaient pas à le digérer. Après leur avoir fait boire la potion (dans le dos de sa femme, cela va sans dire) et changer la marque du lait maternisé, les jumelles retrouvèrent le sourire et laissèrent leurs parents dormir la nuit. Merci Ginny !

 

Dudley et Amy avaient fait beaucoup de bêtises cela va sans dire, mais ils apprenaient de leurs erreurs. Le problème, c'était que les filles grandissaient très vite, et qu'à peine avaient-ils appris quelque chose que leur nouvelle connaissance n'était plus suffisante. Et ne parlons pas de l'enfer que cela avait été pour choisir parmi les centaines de marques de produits pour bébés, celles qui conviendraient à Abby et Addy. Dudley en aurait fait des cauchemars ! Heureusement, sa mère les aidait et gardait ses petites-filles deux fois par semaine pour permettre à Amy de souffler un peu ; Pétunia était heureuse de pouponner tandis que sa belle-fille appréciait de pouvoir sortir de la maison pour se détendre un peu.

 

Il fut question un moment de mettre les jumelles à la crèche pour leur sociabilisation, mais Pétunia leur avait conseillé de laisser la place aux enfants dont les deux parents travaillaient ; on pourrait toujours leur permettre de se sociabiliser en les emmenant faire leurs « débuts » au parc. Dudley avait été perplexe car il n'avait jamais entendu parler d’une telle pratique. On lui expliqua que les « débuts » d'un enfant qui n’allait pas la crèche étaient très importants et dépendaient généralement de la mère : les mamans se retrouvaient entre elles avec leurs enfants, discutaient des nouvelles tendances bébés ainsi que d'éducation, mais surtout des derniers potins à la mode dans le quartier ; si la maman était rejetée à cause de son comportement, sa situation ou sa réputation, l'enfant l'était également et se retrouvait isolé. Dudley trouvait ça vraiment absurde et le dit à sa mère :

« - C'est ridicule ! Comment peut-on juger un enfant de façon aussi arbitraire ? L'enfant n'y est pour rien !

   - C'est comme ça, voilà tout ! Faire partie de ce groupe permet à la maman de discuter et d'apprendre. Cela sécurise aussi le tout petit. Alors bien sûr qu'on ne laisse pas n'importe qui s’approcher de nos petits trésors ! De mauvaises influences peuvent si vite les pervertir !

   - De mauvaises influences ?! Mais ils sont tout petits !

   - Mais pas la mère !

   - C'est n'importe quoi ! Pourquoi accepter de telles mesures ?!

   - Écoute ! C'est déjà difficile d'entrer dans ce genre de cercle très sélecte, sans parler de sa hiérarchie ! On n'a pas le temps de se préoccuper des enfants des autres, alors que l'on doit survivre pour garder sa place ! Entre femmes, on ne se fait pas de cadeaux. Si on peut augmenter notre position sociale ainsi que celui de notre enfant, on le fait, et peut importe qui on laisse derrière.

   - Tu t'entends parler ?!

   - Duddy, nous faisons exactement la même chose que vous ; sauf, qu'au lieu d'être en entreprise, on est dans un parc. Pour monter dans la hiérarchie, c'est la loi du plus fort qui prime !

   - Ok, ok ! Amy, si tu as envie de faire les « débuts » des filles, fais-le… mais je comprendrais très bien si cela ne te tente pas, alors ne te force pas !

   - Tu rigoles, j'espère ! Ta mère a raison, c'est très important ! Je vais m'y préparer sérieusement pour que nous soyons prêtes, les jumelles et moi. Belle-maman, puis-je compter sur votre aide ?

   - Absolument ! »

 

Et elles partirent, bras dessus bras dessous, le laissant ébahi. Il regarda ses filles et ne pût s'empêcher de les câliner, tout en espérant qu'elles s'en sortiraient ; mais pour le cas où, il leur promit qu'elles resteraient toujours ses petites princesses.

 

Mais il n'avait apparemment pas à s'inquiéter : Abby, Addy et Amy réussirent leurs « débuts » haut la main. Il les félicita en leur disant qu'elles pouvaient être fières d'elles et qu'elles pouvaient souffler un peu vu que c'était terminé. Amy le regarda comme s’il venait de sortir la plus grosse ânerie qu'elle ait entendu :

« Ce n'est que le début, Dud ! Il faut maintenant que nous maintenions notre position, voire nous hisser dans la hiérarchie. Pour cela, il faut… »

 

Dudley s’enfuit avant qu'Amy ne lui ait énuméré chaque point de son plan de bataille pour son nouveau saint Graal. Décidément, les femmes étaient de bien étranges créatures.

 

Quand il raconta à son cousin et sa femme la préparation et l'épique bataille d'Amy, Abby et Addy, ils explosèrent de rire. Une fois calmée, Ginny lui demanda si c'était comme ça pour tous les moldus. Dudley lui expliqua qu'avant cet épisode, il n'avait jamais entendu parler de « débuts » au parc. Harry réfléchit un instant à ce qu’il venait d’entendre avant de dire :

« - C'est peut-être un rituel de mère au foyer pour qu'elles ne se sentent pas isolées.

   - Ouais… peut-être… mais de là à vouloir délibérément entrer dans un nid de vipères, je n'en vois pas l'intérêt ! Je trouve ça plutôt flippant !

   - Et toi ? Est-ce que tu as fait tes « débuts » ?

   - Je les ai peut-être fait avant ton arrivée, dit-il en réfléchissant. Comme ma mère a dû avoir trop peur que tu fasses de la magie en public et que je devienne un paria au yeux de la société de Privet Drive, elle n'a sans doute pas voulu prendre ce risque.

   - C'est possible, voire même probable », acquiesça Harry.

 

Pendant que Ginny et lui regardaient les photos d'Abby et Addy qu’il leur avait amenées, Dudley joua avec James et Albus : James était un petit sacripant irrésistible et Albus un paisible bébé. Il les aimait énormément et espérait qu'un jour ses filles pourraient les rencontrer. Après tout, ils étaient eux aussi de leur famille. Pendant qu'ils jouaient, Dudley observa James faire de la magie ; bien sûr, du haut de ses deux ans, il ne contrôlait pas le phénomène, mais c'était toujours aussi étonnant de voir de quoi était capable un jeune sorcier. Il savait que Harry et Ginny étaient soulagés de voir ces manifestations : leur fils ferait partie du monde sorcier. Ils lui avaient appris que tout comme sa tante Lily qui était une sorcière Née-Moldue, il existait aussi des enfants nés de parents sorciers qui ne pouvaient pas faire de magie : on les appelait les Cracmols. Quel triste destin pour ces enfants : ils avaient attendu avec tant d'impatience de faire de la magie et d'entrer à Poudlard pour découvrir que cela ne serait jamais le cas. Quel déchirement cela devait être de voir les portes de ce monde se fermer sous leurs yeux. Pour les Nés-Moldus, c'était différent : ils découvraient un nouveau monde avec des possibilités nouvelles ; cela devait être aussi effrayant que grisant. Pour les parents, c'était plus compliqué, bien sûr, et un peu difficile à appréhender : ils laissaient leurs enfants faire un bond dans un inconnu qu'eux-même ne connaissaient pas, et les regardaient quitter le nid un peu plus tôt que prévu. Bon, évidemment, dans ce cas-là, il ne valait mieux pas faire partie de la famille Dursley ! L'intolérance zéro envers la magie était plus que jamais de mise maintenant qu'Amy et les jumelles étaient là. Et dire que ce monde avait pourtant le pouvoir de faire rêver ses filles. Il réussirait à le leur montrer, ce monde de tous les prodiges.

 

Après avoir saluer Harry et sa famille, il partit rejoindre les siens. Sur le chemin, il oublia les problèmes des parents des Nés-Moldus et des Cracmols. Il rentrait chez lui, dans son petit monde.

 

 

***

 

Cela faisait six mois qu'Abby et Addy étaient entrées dans leur vie. Être accueilli chez soi par les sourires de sa femme et ses filles était pour lui la meilleure des récompenses après une journée de travail. Après avoir posé ses affaires et câliné Abby et Addy, il entamait avec Amy leur petit rituel du soir : il l'aidait à préparer le repas, puis ensemble, ils allaient prendre un petit apéritif sous la véranda, tout en regardant leurs filles gazouiller dans leur transat. À chaque fois que Dudley les regardait toutes les trois, il mesurait sa chance et profitait pleinement de ces instants.

 

On pourrait penser qu’ils avaient tout de la famille idéale, ce qui n'était absolument pas le cas. Amy aimait l'idée d'un statut social élevé et mettait énormément la pression à Dudley. De plus,elle savait se servir des mots comme d'une arme qu’elle n’hésitait pas à utiliser quand elle en ressentait le besoin. Évidemment, il savait qu'elle l'aimait et qu'elle adorait leurs filles, mais elle n'arrivait pas à se satisfaire de ce qu’ils avaient déjà. Quant à Dudley, il n’était pas facile à vivre, ses vieux travers reprenant parfois le dessus : il n'avait pas beaucoup de patience, et quand ses crises de rage explosaient, même si elles n’étaient pas nombreuses, il avait besoin de casser quelque chose. Du coup, pour éviter de briser un des précieux bibelots d'Amy, il installa dans le jardin un abri assez spacieux qui abritait des centaines de poteries qu’il pouvait casser, et sa salle d'entraînement de boxe. Le punching-ball, quelle merveilleuse invention ! Abby et Addy, n'étant que des bébés, ne leur laissaient présager que leurs deux caractères seraient assez différents en grandissant, mais une chose était certaine, elles savaient se faire entendre. Malgré toute cette concentration de fortes personnalités, Amy et Dudley arrivaient quand même à trouver un juste milieu et pratiquaient sans modération l'exercice du compromis ; lorsque cela ne marchait pas, ils allaient chacun de leur côté, lui dans son abri et elle en faisant du shopping, pour laisser s'exprimer leur colère, puis pour relativiser avant de réessayer. Évidemment, Abby et Addy, elles, pleuraient, puis se calmaient une fois le problème résolu.

 

Les femmes de Dudley étaient aussi sa source d'inspiration. En effet, son travail dans la publicité demandait des résultats immédiats _ il fallait donc se mettre à la place du consommateur pour lui donner envie d'acheter, même s'il n'a pas vraiment besoin du produit. Qu'est-ce qui pousserait Amy à acheter ? Quelles couleurs choisir pour attirer le regard d'Abby et Addy ? Et comment concilier les deux tout en mettant en valeur le produit ? Comme il travaillait dans le secteur familial, il se fondait sur les questions qu'Amy se poserait pour les besoins du foyer ou ceux des jumelles ; en gros, qu'attendait le consommateur de tel ou tel produit ? Avec en exemple Amy, une maîtresse de la consommation, et ses filles, en tant que consommatrices des produits de ses publicités, il ne pouvait que s'améliorer, et obtint rapidement la promotion qu’il espérait, à la plus grande joie de sa femme.

 

Elle en fut doublement heureuse, car la promotion de Dudley l'éleva elle aussi auprès de ses amies, les « Mamans Vipères » du parc où Abby, Addy et elle avaient passé leur examen de passage. Si, au début, il en était heureux pour elle, il déchanta vite : son salon était de plus en plus envahi par ce nid carrément flippant. Plus d'une fois, il faillit demander à Harry s'il pratiquait la purification ou l'exorcisme… à moins que ce soit à un pasteur qu'il fallait demander… Au moins, ces jours-là, son cousin l'accueillait volontiers chez lui. Dudley avait une excuse pour disparaître tout l'après-midi sans qu'on ne lui pose de question : après tout, quel homme sain d'esprit resterait chez lui avec des vipères sifflantes dans son salon ? De toute façon, Amy n'aurait pas voulu de lui dans ses pattes : c'était son club, son monde exclusivement féminin où les hommes n'avaient pas leur place. Grand bien lui fasse ! Il n’était pas fou !

 

Ainsi s'installa une routine qui leur permit de souffler un peu et de voir du monde, ce qui entraîna plusieurs semaines sans gros orage.

 

 

***

 

Libérés du monde de la magie, ses parents s’étaient épanouis ; aujourd'hui détendus, ils profitaient pleinement de leur vie sans avoir une épée de Damoclès au dessus de leur tête. Certes, de minuscules petites piqûres de rappels les mettaient parfois mal à l'aise, mais cela ne durait pas. Sa mère pouvait savourer les ragots de son quartier et satisfaire sa curiosité sur la vie de ses voisins, sans avoir peur d'entendre qu'elle était au centre des rumeurs à cause d'un phénomène anormal. Son père, quant à lui, affichait sa prospérité avec ostentation et orgueil maintenant qu'il n'était plus nécessaire de se cacher, le vilain petit secret de sa famille s'en étant allé.

 

Son père était vraiment un homme intransigeant et hargneux avec ce qu'il considérait comme anormal. Ce qui ne correspondait pas à sa vision de la normalité n'avait aucune place dans sa vie. C'était aussi un patron arrogant et dur. Mais aussi incroyable que cela puisse paraître, il était un grand-père complètement gaga des jumelles qui se ridiculisait volontiers rien que pour les faire rire. Il se sentait également très fier et son épouse n’était pas en reste ; c’était d’ailleurs pourquoi lui et Pétunia aimaient les promener tout en se pavanant et en montrant à leur voisins leurs merveilleuses petites-filles, les plaignant ouvertement de ne pas avoir leur chance.

 

Et si Dudley les avait laissés faire, lui et sa mère, ils auraient transformé Abby et Addy en petites princesses imbuvables et gâtées, tout comme lui quand il avait été le centre de leur monde. Il comprenait leur besoin de couvrir ses filles de cadeaux : elles étaient irrésistibles. Mais Dudley savait aussi combien il était difficile de devenir quelqu'un quand on vous a rabâché toute votre vie que vous êtes parfait et que vous méritez d'être gâté et adoré. Jamais il n'avait été vraiment grondé ni repris par ses parents, laissant ainsi toute liberté à son sale caractère de s'épanouir. Il n'en voulait pas à ses parents ; ils l'aimaient et voulaient le choyer à la hauteur de leur amour. Ils pensaient bien faire et n'auraient jamais accepté une quelconque remarque sur le sujet. D'ailleurs, Tante Marge était pareille, elle agissait de la même façon _ question d'éducation ! Après ça, il était difficile de se reprendre et c'était douloureux de se sortir de là.

 

Dudley voulait autre chose pour Abby et Addy ; il souhaitait que ses filles aient des bases saines pour leur départ dans la vie : en établissant des règles et des limites, il les sécurisait et leur enseignait de ne pas tout prendre pour acquis. Il espérait qu'ainsi en grandissant, elles deviendraient des personnes qui auraient de quoi être fières de ce qu'elles étaient devenues. Il était le jardinier qui faisait pousser et protégeait religieusement ses plantes dont il ignore encore l'aspect définitif. Il était le joaillier qui taillait des diamants bruts. C’était pourquoi Dudley décida de ne pas céder à ses parents, de leur instaurer des limites. Au début mécontents, ils trouvèrent quand même quelques parades et le moyen de contourner quelques unes de ses règles. De vrais gamins !

 

 

***

 

C'était vraiment la vie qu’ils avaient souhaitée, peut-être pas aussi parfaite qu'ils le désiraient, mais suffisamment pour les rendre heureux. Et ce fut ainsi que plusieurs mois s'écoulèrent. Ils étaient tellement satisfaits de cette période de leur vie sans nuage qu’ils oublièrent une vérité immuable : tout avait une fin.

 

Leur monde commença à s’effriter avec un verre brisé. Ce jour-là, le dîner avait tiré en longueur et les jumelles commençaient à montrer des signes de fatigue ; tandis que Dudley et Amy débarrassaient la table, les filles s’impatientèrent puis s’énervèrent franchement quand un verre éclata. Amy sursauta et rit :

« - Mince alors ! Je ne pensais pas l'avoir ébréché à ce point ! Que les filles arrivent à le faire éclater en criant un peu, ça devait être de la mauvaise qualité ! Il va peut-être falloir changer tous les verres !

   - Mais… ce verre abîmé… tu ne l'avais pas déjà jeté ?

   - Hein ?… Maintenant que tu le dis… »

 

En regardant dans la poubelle et en constatant qu’il disait vrai, elle en conclut qu'il fallait vraiment acheter des verres de meilleure qualité. Dudley ne se posa pas trop de questions et cet incident isolé tomba vite dans l'oubli tant Amy et lui étaient occupés à préparer l'anniversaire des jumelles : celles-ci allaient avoir quatre ans. Comme ils n'avaient pas pu fêter leurs premiers anniversaires avec panache, au début par manque de moyens et ensuite parce que les jumelles avaient été malades, Amy souhaitait que tout soit parfait, et que ses amies les « Mamans Vipères » et leurs enfants soient invitées à la party, qui commençait à tourner à l'événement. L'organisation de cette fête mobilisa tellement leur attention qu’ils n'avaient que très peu de temps à consacrer aux filles et étaient épuisé. Ce fut sans doute pourquoi la fatigue leur fit faire quelques petites étourderies : laisser la lumière de la chambre des filles allumée pendant leur sieste ou la télé alors qu'elles jouaient au salon, perdre leurs clefs, leur téléphone et les retrouver dans les mains des jumelles,… Ce n’était que de petits détails dus sans aucun doute à leur distraction. Mais plus le temps passait et plus ces faits s'accumulaient. Amy devenait de plus en plus nerveuse ; elle sursautait au moindre bruit suspect, s'irritait plus facilement contre les filles, et même s'en détournait. Le problème, c'était que plus elle s’énervait et s'éloignait, plus la situation s'aggravait. Amy fut bientôt contrainte de se reposer sur ordre du médecin ; son apathie l'épuisait et la rendait émotionnellement instable. Elle devait prendre des médicaments pour dormir mais aussi pour réguler correctement ses émotions. Pendant ce temps, Dudley rassura autant qu’il pût Abby et Addy tout en les surveillant du coin de l’œil ; seraient-elles comme Tante Lily, des sorcières Nées-Moldues ? Mais, tandis qu’il veillait sur les jumelles et leur donnait de l'amour pour deux, les petits riens cessèrent. Peu de temps après, Amy pût enfin sortir de leur chambre et recommença à s'occuper des filles, après que Dudley lui fit remarquer qu’ils les avaient négligé pour préparer leur anniversaire. Au début, il la sentit tendue avec les jumelles, mais comme rien ne se passa, elle finit par se détendre et lui dire :

« -Tu sais, je crois que nous étions beaucoup trop stressés, à tels point que nous avons fait pas mal d'erreurs. J'avais besoin de dormir. Tu as bien fait d'appeler le médecin… Non mais quelle idiote ! Bien sûr que des portes claquent dans une maison _ du moment qu'il y a un petit courant d'air ou qu'on pousse un peu trop fort la porte. Nos filles ne peuvent en aucun cas être des sorcières, n'est-ce pas ?

   - Hein ?! Tu as dit quoi là ?!

   - Tes parents m'ont dit la vérité quand leurs voisins m'ont demandée des nouvelles d'un cousin dont je n'avais jamais entendu parler. Ils m'ont expliquée quel monstre avait vécu sous leur toi.

   - Un monstre ? Mais…

   - Je ne permettrais pas que ce genre d’êtres abjects passent le seuil de ma maison !

   - …

   - J'ai eu peur un moment que ce monde répugnant se soit introduit chez nous. Je m'en veux ! J'ai abandonné mes bébés !

   - Bien sûr que non ! Tu l'as dit toi-même : tu étais fatiguée. Mettons la pédale douce avec l'organisation de la party et redevenons des parents avant tout.

   - Tu as raison mon chéri ! Et tu sais quoi ? Je vais aller au parc avec les filles !

   - Bonne idée ! Va te préparer pendant que j'habille les jumelles.

   - Merci ! »

 

Elle lui envoya un baiser et partit se changer. Quant à Dudley, il alla voir Abby et Addy et fit une petite mise au point avec elles tandis qu’il les préparait : il leur demanda de retenir si possible leurs petits tours, si c'était bien elles qui étaient à l'origine de tout ce bazar, car leur maman n'était vraiment pas du tout prête pour ce genre de choses ; il leur dit également que leur magie serait leur petit secret à tous les trois et qu’il ne fallait rien dire à personne. Les jumelles sourirent puis tendirent leurs petits bras dans sa direction. Pendant leur câlin collectif, il les rassura en leur disant combien il les aimait et qu’il les protégerait toujours.

 

Amy vint chercher les filles et Dudley l'aida à leur enfiler leurs chaussures et leur veste. Il voulait profiter de leur promenade pour prévenir Harry, mais Amy lui laissa une liste de choses à faire pour l'anniversaire d'Abby et Addy. Cela l'occupa toute l'après-midi. Quand ses trois femmes rentrèrent à la maison, revigorées par cette sortie, Amy le remplaça pour qu’il puisse passer du temps avec les jumelles. Et ce fut ainsi que, jusqu'à la fête d'anniversaire, ils continuèrent de cette manière : quand Dudley était au travail, Amy s'occupait de l'organisation seulement pendant la sieste, et quand il rentrait à la maison, ils permutaient souvent pour rester auprès de leurs filles pendant que l'autre continuait les préparatifs. Dudley n'en voyait pas le bout, il en avait vraiment assez. Il lui tardait que cet anniversaire soit passé pour qu’ils puissent retrouver leur rythme familial de croisière.

 

La veille, tout était enfin prêt et ils se couchèrent tous très tôt pour être en forme le lendemain.

 

 

***

 

La décoration avait transformé son jardin en un débordement girly grâce à une profusion de rose, de blanc et de paillettes dorées. Le thème princesse souhaité par Amy était respecté : après être passé sous les arcades de ballons, un monde de conte de fée se révélait avec ses centaines de bulles qui voletaient ici et là, ses papillons de papiers colorés disséminés par ci par là et sa table richement ornée qui trônait au centre avec sa nappe rose et son chemin de table doré. Comme rien ne devait gâcher cette journée, il avait également fallu penser à ce que la sécurité des enfants ne soit pas compromise par quoique ce soit. Tout devait être parfait : les « Mamans Vipères » n'allaient laisser échapper aucune erreur, car bien évidemment, elles n'attendaient que ça.

 

Quant à Dudley, cette avalanche de couleur le rendait malade, en particulier ce rose flashy. C'était seulement pour Abby et Addy qu’il acceptait de subir ça. Au moins, Amy avait accepté de ne pas toucher à son abri ; aucune couleur, aucun papillon ou ballon ornait son repaire : l'honneur était sauf. Par précaution, il avait fermé à clef son refuge afin de prévenir toute invasion.

 

Vernon, Pétunia et la Tante Marge qui avaient été invités à manger ce midi-là pour un déjeuner léger, s’extasièrent comme il se doit face à la décoration. Une fois les félicitations et les compliments échangés, ils se mirent rapidement à table ; son père et sa tante firent quelque peu la grimace devant leur maigre repas, mais se déridèrent quand ils apprirent la profusion de nourriture qui avait été commandée pour la party auprès du traiteur. Une fois le déjeuner terminé, Dudley et Amy décidèrent de coucher les jumelles plus tôt que d'habitude afin qu'elles soient en forme et qu’ils puissent terminer les derniers préparatifs : gérer le traiteur, préparer la table des cadeaux et les jeux pour les enfants. Pétunia s'amusa comme une folle ; elle était comme une petite fille au matin de noël. Vernon ne pût s'empêcher de sourire à ce spectacle. Ils ne cessèrent de répéter la chance qu'ils avaient d'avoir un merveilleux fils, une belle-fille parfaite et d'adorables petites-filles. Tante Marge, elle, déplora l'absence de ses molosses qui avait été expressément interdits de séjour : hors de question qu'un des chiens de sa tante attaquent les invités et leurs enfants. Du coup, la Tante Marge bouda un peu jusqu'à ce que Dudley lui offrit un digestif. Il connaissait très bien sa tante.

 

À 15h30, les filles étaient vêtues de leur robe de princesse et attendaient leurs premiers invités. Enfin, elles attendaient surtout la possibilité d'aller découvrir ce nouvel environnement. Abby portait une robe Aurore bleu et Addy une robe Aurore rose. Amy n'ayant pas voulu être en reste se déguisa en Belle. Pétunia accepta de porter une tiare en plastique, tandis que Dudley et son père, comble du ridicule, durent porter la couronne des rois en carton. Tante Marge, elle, refusa tout net ; pour le coup, Dudley l'envia beaucoup. Les invités arrivèrent et s'égaillèrent rapidement dans le jardin. Ils avaient tous respecté le dress-code : princesse pour les filles et prince pour les garçons. Du point de vue de Dudley, c’était les parents qui s'étaient le plus amusés à déguiser leurs enfants ; ils ne cessèrent de prendre leur progéniture en photo comme s'ils étaient les rois de la fête. Abby et Addy, elles, n’avaient pas l'air de se sentir trop concernées par la party, trop occupées par les décorations : elles étaient sans cesse attirées par les arcades de ballons qui se balançaient doucement quand on les poussait un peu, par les bulles qui éclataient quand on les touchait ou les jolis papillons qu'elles auraient bien voulu attraper. Tout se déroulait pour le mieux.

 

Lorsqu'il fut temps d’ouvrir les cadeaux, Abby et Addy s’empressèrent de déchirer les papiers cadeaux pour découvrir ce qui se cachaient derrière : de nouveaux livres, des poupées, des jouets, de nouveaux vêtements,… Après quoi, les jumelles soufflèrent leurs quatre bougies qui se trouvaient sur un magnifique gâteau au chocolat que les enfants se firent un plaisir de réduire à l'état de ruine ; ils firent également un sort aux jus de fruits et aux bonbons. Un vrai goûter d'anniversaire d'enfant en somme ! Les jeux plurent aussi : entre la petite piscine avec un fond d'eau pour jouer, celle remplie de balles en plastique et le petit château gonflable, c'était le paradis du jeux. On entendait des rires, des pleurs, des cris,… En gros, une fête réussie pour des enfants de quatre ans ! Les « Mamans Vipères » ne trouvèrent rien à redire et félicitèrent Amy du bout des lèvres. Dudley ricana, tant leur désappointement était désopilant. Sa mère lui donna un coup de coude comme pour le gronder, mais il n’était pas dupe : elle avait aussi très envie de rire, bien que fière de la réussite de sa belle-fille.

 

Vers la fin de l'après-midi, les invités commencèrent à partir quand Dudley vit les filles bouder tandis que son père riait. Il s'approcha et lui demanda ce qu'il se passait. Il lui répondit en souriant :

« - Tes filles savent ce qu'elles veulent !

   - Je sais, oui. Et que veulent-elles ?

   - Ces jolis papillons qui les narguent depuis le début de l'après-midi. Crois-tu qu'Amy m'en voudrait si je leur en décrochais un chacune ?

   - La party est terminée. Maintenant, un ouragan pourrait passer que cela ne la dérangerait pas. Elle a obtenu tout ce qu'elle souhaitait de cette journée.

   - C'est vrai. Tu as vraiment bien choisi ta femme Duddy ! »

 

Son père décrocha alors deux jolis papillons dorés et les donna aux jumelles. Les yeux d'Abby et Addy se mirent à scintiller tant elles étaient heureuses d'avoir entre leurs petites mains l'objet tant convoité. Dudley sourit devant leur visage émerveillé et partit dire au revoir au derniers invités, tout en les remerciant de leur présence à cette party. Cette journée s'était très bien déroulée et Amy était aux anges. Qui aurait cru que ce n’était que le calme avant la tempête et que ce serait le cri d'horreur de Vernon qui l’annoncerait ? En entendant le hurlement de son père, Dudley se retourna vivement et le vit sur les fesses, pointant quelque chose du doigt. En s’approchant, il perçut quelque chose d'inhabituel : les deux petits papillons dorés en papier étaient en train de voler autour des filles. Il jeta un coup d’œil rapide derrière lui : Amy, sa mère et son père étaient absolument horrifiés; sa tante, elle, était sous le choc et ne comprenait pas vraiment ce qu'il se passait. Se tournant à nouveau vers ses filles, il attrapa rapidement les papillons pour les faire disparaître, mais cela ne plût pas aux jumelles qui se mirent à pleurer. Comme pour répondre à la détresse d'Abby et Addy, plusieurs animaux vinrent les entourer dans l'intention de les protéger : différentes sortes d'oiseaux, des chauves-souris, des serpents, des hérissons, des écureuils,… S’il avait su qu’il allait aggraver la situation, Dudley aurait agi différemment. Il se risqua à nouveau à regarder sa famille : son père était maintenant écarlate, prêt à éclater, sa mère et Amy blanches comme neige et sa tante éberluée.

 

Après un silence assourdissant, son père se leva et ordonna le départ immédiat. Il ne jeta même pas un œil à ses petites-filles. Sa mère, mue par l'habitude, le suivit sans discuter ainsi que sa tante complètement dépassée. Il regarda ensuite Amy et comprit que cela n'allait pas être facile. Il lui dit de ton très calme et précautionneux :

« - Amy… tout va bien… tu n'as rien à craindre… la journée à été longue… tu devrais aller t'allonger un peu dans notre chambre…

   - Oui… tout va bien… tu as raison… je suis épuisée… je vais me coucher… »

 

Dudley la vit se diriger vers la maison en titubant. Sa femme refusait la réalité et préférait se réfugier dans le sommeil. Il savait qu’il ne pouvait pas la laisser se voiler éternellement la face, mais il devait d'abord s'occuper des jumelles.

 

« - Abby… Addy… vous voulez bien venir voir papa ?

   - Non ! T'es méssant !

   - Je suis désolé mes petites puces, mais il fallait cacher les papillons.

   - Pouquoi ? Y sont zolis ! Y volent !

   - C'est vrai qu'ils sont jolis quand ils volent, mais c'était un secret.

   - Un secret ?

   - Oui. Ils voulaient être là pour la fête, mais ils ne voulaient pas qu'on les attrape. Parce qu'ils sont jolis et qu'ils volent, vos copains auraient voulu les avoir.

   - Pouquoi y z'ont pas droit ?

   - Parce que les papillons doivent aller retrouver leur papa et leur maman. Vous comprenez ?

   - Oui.

   - Bien. Maintenant, je vais les libérer, et vous, vous allez renvoyer tous ses animaux vers leur famille, d'accord ?

   - Oui ! »

 

Il relâcha les papillons qui s'envolèrent vers les cieux tandis que les filles firent s'égayer leurs petits protecteurs. Il prit ses petites princesses et les serra dans ses bras. Il savait que l'avenir était maintenant incertain et qu'il allait devoir être fort pour les protéger.

 

« - Papi est fâssé ? demanda Addy apeurée au souvenir du visage déformé par la haine de son grand-père.

   - Mais non mon cœur. Il devait rentrer à sa maison.

   - Y faisait peur, continua Addy. Y nous z'aime p’us ? »

 

Dudley regarda sa petite fille et comprit que son enfance protégée et choyée par la famille qu'elle avait toujours connue venait de voler en éclats. Son cœur se brisa à cette idée. Il était terrorisé à l'idée de ne pas être à la hauteur.

 

« - T'inquiète pas Addy, dit Abby. Moi, je te protézerai. Papa aussi a promis. Hein, papa ?

   - De quoi ma princesse ?

   - Que tu nous z'aimeras et que tu nous protézeras touzours !

   - Tu as raison, dit-il en les embrassant toutes les deux. Tu as absolument raison ! »

 

Abby et Addy lui sourirent. Oui, il allait protéger ses deux petits trésors quelque soit la décision d’Amy et de ses parents.

 

 

***

 

Après avoir couché les jumelles, Dudley vérifia qu'Amy dormait, puis descendit au salon où il se servit un scotch. Il le but en quelques lampées, puis s'en resservit un autre. Il avait besoin de se défouler, mais il sentait que ce n’était pas une bonne idée que de laisser Amy et les filles seules à la maison. Dieu seul savait comment allait réagir Amy une fois qu'elle ne pourrait plus se voiler la face. Qu'est-ce qui allait se passer quand la réalité reprendrait ses droits ?

 

Dudley était là avec ses pensées moroses quand le téléphone sonna. Il se leva lourdement et alla répondre :

« - Allô ?

   - Débarrasse-t-en !

   - Hein ?!

   - Je te dis de t’en débarrasser !

   - Tu n'es pas sérieux, papa ?!

   - Débarrasse-toi de ces monstruosités ! Tout de suite ! Donne-les à ceux de leur espèce !

   - Tu es fou ! Ce sont mes filles ! Tes petites-filles !

   - NON ! Ce sont des monstres !

   - Jamais je n'abandonnerai mes filles ! Peu m'importe ce que tu penses ! Elles sont la chair de ma chair, le sang de mon sang et j'ai juré de toujours les protéger et de les aimer ! Tel est mon serment !

   - Tu parles comme ce garçon, cracha-il.

   - Comme Harry, tu veux dire ? Eh bien tu vois, j'en suis fier ! Je suis fier que tu me compares à Harry qui est un héro ! Tu ne pouvais pas me faire plus beau compliment !

   - SILENCE ! Pour la dernière fois, abandonne ces monstres ou tu n'es plus mon fils !

   - Je choisis sans hésiter mes filles ! C'est parce que je suis père que c'est elles que je choisis ! »

 

Seule la tonalité lui répondit. Son père venait de le rayer de son existence aussi facilement que l'on souffle une bougie. Lui, son fils unique ! Vernon l’avait rejeté de sa vie, car Dudley refusait de se plier à sa philosophie, parce qu’il avait choisi de protéger les monstres de son placard. Il avait toujours su que son père n'accepterait pas si aisément, mais de là à renier celui qu'il avait chéri et gâté pendant tant d'années, ça non, il ne s’y attendait pas. Vernon venait de se débarrasser de lui, aussi facilement qu'une vieille chaussette. Il comptait donc si peu ? N’était-il son fils que s’il faisait et pensait comme lui ? C'était tout se qu’il représentait à ses yeux ? N'avait-il donc pas le droit d'être lui-même et son fils en même temps ?

 

Dudley retourna au salon, s'écroula sur son fauteuil avant de se prendre la tête entre ses mains. Sa famille venait vraiment de se briser en mille morceaux. Il ne restait qu'Amy et les filles. Mais Amy… Amy n'arriverait pas à faire face ; il l'avait vu dans ses yeux : elle aussi avait rejeté leurs filles. Il n'attendait plus que le couperet tombe.

 

Dudley entendit remuer dans leur chambre. Soit Amy était en train de se réveiller et elle le rejoindrait sûrement ici, soit elle faisait un cauchemar. Il écouta attentivement les bruits à l’étage, tout en se demandant quelle serait la décision de son épouse au sujet des jumelles. Ah ! Amy était réveillée. Mais au lieu de descendre comme il le pensait, elle alla dans la chambre des jumelles. Un bref espoir naquît dans sa poitrine, un espoir bien vite balayé : dès qu’il entendit les gémissements étouffés et paniqués de ses filles, il se leva d’un bond ; ce mouvement précipité et brutal lui fit perdre quelque peu l’équilibre, mais une fois celui-ci rétabli, il monta quatre à quatre l’escalier et ouvrit la porte de la chambre avec fracas. Amy était là, en train d'étrangler de ses propres mains leurs petites filles. Dudley la repoussa brutalement et prit les jumelles dans ses bras. Elles se serrèrent contre lui en versant toutes les larmes de leurs petit corps. Il les rassura en leur disant qu’il était là et qu’il serait toujours là pour les protéger. En entendant ses paroles, Amy devint folle de rage :

« - Les aimer ?! Les protéger ?! Ces monstres !

   - Tais-toi ! Si tu n'as rien de mieux à dire, tais-toi ! Tu étais en train de tuer tes propres filles !

   - Ce ne sont pas mes filles ! Ce sont des monstres ! Elles doivent mourir ! Comme ça, on pourra recommencer ! Avoir des enfants normaux ! Avoir la vie qu'on rêvait !

   - Tu es folle, ma parole ! Le monstre ici, c'est toi ! »

 

Tandis qu’il l'observait, Dudley comprit qu'il n'y avait plus rien de rationnel chez elle ; son instabilité émotionnelle avait pris le dessus. Ce fut donc avec les yeux emplis d'une folie furieuse qu’elle s’élança pour se jeter sur eux, avant de piler brusquement en poussant un cri d'effroi. Dudley se tourna vivement pour voir ce qui l’avait effrayée à ce point : il vit alors que les pupilles des jumelles ressemblaient à présent à celles d'un chat et que leurs yeux crucifiaient leur mère du regard. Amy décampa en courant sans demander son reste avant de partir en trombe avec sa voiture. Dudley savait qu’il aurait dû l'arrêter, mais Abby et Addy étaient sa priorité.

 

Sans attendre, il les amena dans son bureau. Là, Dudley les déposa sur son fauteuil puis se dirigea vers un tableau représentant un vieux château écossais en ruine. Amy le détestait et lui avait fait jurer de le laisser dans cette pièce, et c'était tant mieux, car celui-ci gardait pour lui le moyen rapide de contacter Harry où qu'il soit en cas d’urgence. Il sortit de derrière le tableau un petit tas de feuillets, prit un stylo et écrivit :

« Harry, c'est un appel au secours. Abby et Addy ont fait de la magie. Mon père m'a renié et Amy a tenté d'assassiner nos filles. Je t'en prie, aide-moi s'il te plaît. Dudley. »

 

Dès que il eut signé, la feuille sur laquelle il avait écrit se transforma en oiseau sous le regard émerveillé des jumelles puis disparut dans un « pop ».

 

« - Il est où l'oizeau ?

   - Il est allé voir mon cousin.

   - Pouquoi ?

   - Lui aussi fait de la magie. Il est comme vous.

   - Un monftre ?

   - Non ! Pardon, je n'aurais pas dû crier, dit-il contrit quand il les vit sursauter, apeurées. Harry, c'est quelqu'un d'extraordinaire ! Comme vous !

   - Mais maman a dit que…

   - Et papa lui, il dit qu'il a beaucoup, beaucoup de chance de vous avoir ! Alors je veux que vous m'écoutiez : je suis votre papa et je vous aimerai toujours ; vous n’êtes absolument pas des monstres, d'accord ?

   - D'accord », dirent-elles dubitatives.

 

La sonnette d'entrée retentit. Harry était arrivé. Dudley prit ses filles avec lui et ils allèrent lui ouvrir ensemble. À la vue de son cousin, il sentit qu’il allait craquer. Non, Abby et Addy avaient besoin qu’il soit fort pour elles ; il ne devait pas se laisser aller. Se reprenant, il salua Harry :

« - Salut.

   - Dud. Je devrais te demander comment tu vas, mais je crois que je le sais déjà.

   - Entre. Sois le bienvenu. »

 

Harry entra, regarda les jumelles et sursauta :

« - Des yeux de chat !

   - Oui. Ils ont changé quand Amy nous a attaqués.

   - Je vois. Est-ce que, par hasard, tes filles attireraient les animaux ?

   - En effet ! Elles l'ont fait pas plus tard que cet après-midi pour se protéger. Pourquoi ?

   - Parce que tes filles sont une espèce rare de sorcière, mais Hermione pourra t'expliquer ça mieux que moi. Tout ce que je peux te dire, c'est qu'elles sont encore plus précieuses que tu ne le penses.

   - On va vouloir se servir d'elles comme avec toi, demanda-t-il inquiet.

   - Je ne vais pas te mentir. On va essayer. Mais ne t'inquiète. Comme elles font partie de ma famille, ils y réfléchiront à deux fois. Je ne permettrais pas qu'il leur arrive quoi que ce soit. Tu as ma parole, Dud.

   - Merci ! »

 

Harry se mit à la hauteur des jumelles et leur demanda en les voyant grimacer où elles avaient mal ; Abby et Addy montrèrent leur cou. Il voulut ensuite savoir si elles seraient d'accord pour qu'il regarde leur bobo. Elles se tournèrent vers leur père, comme pour lui demander son avis. Il acquiesça d'un air encourageant. Alors, se tournant vers Harry, elles hochèrent de la tête pour signifier leur accord. Celui-ci leur fit baisser leur doudou et relever le menton. Le sang de Dudley ne fit qu'un tour : une main rouge marquait la peau blanche de ses filles. Sans pouvoir se contenir, il frappa dans le mur le plus proche laissant une marque ensanglantée. Aussitôt, les jumelles pleurèrent en voyant la colère de leur père et Dudley se mit à genoux pour les regarder en face en leur demandant pardon : pardon de leur avoir fait peur, pardon de ne pas être arrivé plus tôt. Elles se calmèrent petit à petit tandis qu’il parlait puis lui entourèrent son cou de leurs petits bras. C'était lui l'adulte et c'était ses petites filles de quatre ans qui le consolaient :

« Si ce n'était pas pitoyable, ça »pensa-t-il avec amertume.

 

Dudley invita Harry à passer au le salon, où celui-ci s'installa dans un fauteuil tandis que son cousin accompagné de ses deux petits trésors, s’assit sur le canapé. Harry fit alors apparaître deux bièraubeurres et deux jus de citrouilles sous les yeux éberlués des jumelles. En goûtant leur jus, elles poussèrent un petit cri ravi et savourèrent leur boisson jusqu'à la dernière goutte. Harry et Dudley sourirent à ce spectacle. Puis, épuisées par les événements, les jumelles posèrent leur tête sur les jambes de leur père et s'endormirent en se tenant la main.

 

Une fois sûr qu’elles dormaient profondément, Harry posa la question qui lui brûlait les lèvres :

« - Où est Amy ?

   - Aucune idée. Elle a pris la voiture et elle est partie. Je te jure Harry, elle était comme folle… « comme », non, elle est folle ! Il n'y avait que de la folie pure dans ses yeux… Tu sais ce qu'elle m'a dit après avoir tenté d’étrangler les filles ?

   - Non.

   - Elle m'a dit qu'une fois qu'elles ne seraient plus là, on pourrait recommencer, avoir des enfants normaux et la vie qu'on rêvait… enfin… qu'elle rêvait !

   - Je suis désolé, Dud.

   - Ma femme a tenté d'assassiner mes filles et était prête à recommencer sous mes yeux ! C'est un cauchemar !… Au moins, on peut dire qu'elle était sur la même longueur d'onde que mon géniteur !

   - …

   - Il m'a appelé pour m'ordonner de me débarrasser des filles. De les abandonner. Quand j'ai refusé, il m'a lancé un ultimatum : soit je m'en débarrassais, soit je n'avais plus de père.

   - …

   - Ce n'était pas un choix, Harry. Il n'y avait pas de choix à faire. C'était évident. Et en tant que père, il aurait dû le savoir ! Mais non ! Parce que je n'adhère pas à sa philosophie, parce que je ne pense pas comme lui, je ne suis pas digne d'être son fils.

   - … Et tante Pétunia ?

   - Elle n'osera pas aller à l'encontre de papa. Plus tard, peut-être, aura-t-elle suffisamment de courage pour venir nous voir en cachette.

   - En cachette ?

   - Ce sera déjà beaucoup pour elle.

   - Soit. »

 

Ils restèrent longtemps à discuter de tout et de rien, Dudley n’étant pas encore prêt à faire face à ce qui l'attendait.

 

On frappa à la porte. Harry se leva pour aller ouvrir, les filles étant toujours endormies sur les jambes de Dudley et revint en précédant deux policiers en uniformes. Ce n'était vraiment pas bon signe. Ils saluèrent poliment Dudley. Celui-ci leur proposa de prendre place tout en s'excusant de ne pas pouvoir se lever. Une fois qu’ils furent installés, il leur demanda la raison de leur visite tardive :

« - Amy Dursley est bien votre femme ?

   - En effet. Pourquoi ? Elle a provoqué un accident ?

   - Cela ne semble pas vous étonner.

   - Elle est parti d'ici, folle de rage.

   - Pourquoi ?

   - Ma femme est émotionnellement instable. Elle est apathique et prend des médicaments. C'est tout récent. Ça date de quelque semaines.

   - Pourquoi l'avez-vous laissée prendre le volant dans ce cas ?

   - Mes filles avaient besoin de moi. Je ne pouvais pas les laisser pour courir derrière Amy.

   - Vous ne pouviez pas l'arrêter avant qu'elle ne sorte de la maison ?

   - À votre avis, entre votre femme qui a tentée d'étrangler vos filles et celles-ci terrorisées par leur mère et qui s'accrochent à vous comme à une bouée, qui choisiriez-vous, demanda-t-il abruptement.

   - Je vous demande pardon ?!

   - Venez voir par vous-même. Harry, si tu veux bien m'aider. Sans les réveiller, si c'est possible.

   - Bien sûr. »

 

Les policiers et Harry se levèrent. Son cousin l'aida à dégager le cou des jumelles, là où les doigts fins d'Amy avaient laissé leurs marques. Les hommes au service de la loi reculèrent :

« - Pourquoi ne nous avez-vous pas appelés ?

   - Mes filles avaient besoin de moi. J'étais trop choqué et j'avais besoin de soutien. C'est pour ça que j'ai fait venir mon cousin ici présent. J'aurais fini par vous appeler… je suppose…

   - Bien, dit l’un d’eux en soupirant. On va prendre votre déposition, et prendre les photos des cous de vos filles. Il faut aussi appeler une ambulance pour qu’elles soient transportées à l'hôpital d’urgence ; même si elles semblent aller bien, il est plus prudent de les faire examiner.

   - Très bien, dit-il avec lassitude. Mais pas dans le même que ma femme, s'il vous plaît. Je ne veux pas qu'elle les approche.

   - Pour ça… ce ne sera plus un problème…

   - Pourquoi, trembla-t-il en redoutant d'entendre la réponse.

   - Votre femme est décédée lors de l'accident. Elle est morte sur le coup. Je suis désolé.

   - Non, ce n'est pas possible… ma femme ne peut pas être… non, je ne peux pas le croire… »

 

Ce n'était pas possible. C'était surréaliste. Ça devait être une erreur.

 

Comment accepter que la femme qu’il aimait était morte ainsi ? Ça n'aurait jamais dû se passer comme ça. Il ne pouvait pas lui pardonner son geste, mais elle était la femme qu’il avait épousée. Il ne souhaitait pas sa mort, il voulait juste qu'elle ne s’approche plus des filles tant qu’elle n’était pas guérie. Il ne désirait pas qu’elle sorte de leur vie de façon irrémédiable, et pourtant, c’était ce qu’elle avait fait, les abandonnant tous les trois.

 

Les larmes coulèrent en abondance tandis qu’il caressait inlassablement la chevelure de ses filles, ses filles aujourd'hui orpheline de mère.

 

 

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