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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Le Dîner d'Halloween d'Hassildor par Taka

[33 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Participation au concours Ticket Gratuit par Roxanne-James1.
* Vous devez écrire un texte qui se déroulera la nuit du 31 Octobre au 1er Novembre (peu importe de quelle époque).
* Votre personnage principal reçoit une mystérieuse invitation qui le convie à une cérémonie/une réunion/un événement/une inauguration/une fête/un endroit où il n'est jamais allé auparavant. Il peut en avoir entendu parler mais n'y a jamais assisté.
* L'objet de l'invitation peut prendre n'importe quelle apparence (ex : une invitation à la chasse aux fantômes d'Halloween, à une excavation d'un cimetière, une invitation pour une fête foraine ou un cirque, pour une visite nocturne dans un musée, pour une balade en forêt...) pourvu qu'une fois sur place, il évoque l'ambiance d'Halloween. Il peut sembler inoffensif au premier abord. Cette ambiance peut être perceptible dès les premiers pas du personnage dans le lieu, ou plus tard dans le récit.
* A un moment de l'histoire, votre personnage s'aperçoit qu'il est coincé dans ce lieu/cérémonie/etc. avec un (ou plusieurs) autre(s) personnage(s).
* Votre personnage doit faire face à une situation/une créature magique/autre chose qui le terrifie/l'angoisse/le stresse.
*Vous devez utiliser le champ lexical de la peur.
* Vous devez faire intervenir un travail d'équipe/un duo/un trio/un quatuor dans votre texte à un moment de l'histoire ou pendant toute l'histoire.
* Votre texte doit faire plus de 2000 mots s'il s'agit d'un OS.
* Vous pouvez aussi écrire une histoire à chapitres. Pas de limite maximale.
* Vous devez placer au moins deux mots parmi ceux-ci dans votre texte/histoire : chaussette - barbe - furoncle - vampire - potion - mortel - champignon - cave - linceul - masque - chandelier - théâtre - chrysanthème - sifflet.

Enorme merci à Roxanne-James1 pour avoir lancé ce concours qui m'a bien inspiré pour faire un thème dont j'avais toujours rêvé ! Et énorme merci également à Elyon pour la bêta !

Bonne lecture !
Note de chapitre:

La frustration ! Aucun personnage sélectionnable, pour la deuxième fois d'affilée. Quelle ironie pour une histoire avec autant de personnages.


Commençons tous ensemble le premier chapitre !

Chapitre 1 : Cocktail

Se rapprochant de la gigantesque cheminée, Rufus feignit chasser le froid de ses mains en les tendant distraitement vers les flammes. C'était sa façon à lui d'être un Auror. Se rapprocher du danger pour mieux le connaître et ainsi contrer ses attaques au lieu d'attendre que l'ennemi prenne l'initiative. À l'extérieur la pluie battait contre les hautes fenêtres de la salle de réception, une bourrasque les interrompant par moment.

La ville d'Alnwick n'était pas épargnée par le mauvais temps de cette fin d'octobre, et l'ancienne demeure des Hassildor semblait en être également victime. Bien que la salle de réception brillait de mille feux, une triste obscurité semblait avoir envahi le reste de la demeure. Architecture britannique ou mois de novembre précoce, Rufus n'aurait su dire où était la cause de cette pénombre car c'était la première fois qu'il se rendait ici.

Le dîner d'Halloween d'Hassildor à Alnwick. Le repas sorcier le plus prestigieux de tout le Royaume-Uni, à n'en point douter. Les invités étaient toujours des éminences ou des individus incontournables. Même les Ministres de la Magie n'y étaient conviés qu'à certaines conditions. Ces conditions ? Personne ne les connaissaient réellement mis à part l'hôte bien évidemment. On racontait que pour recevoir la très demandée invitation il fallait avoir réalisé des coups d'éclats dans l'année, être une personnalité à l'influence indéniable ou détenir des informations pas forcément flatteuses sur les hauts placés de cette société. L'élite et la lie donc.

Les deux catégories semblant accumuler du retard, pensa Rufus qui retint une moue de dégoût. Les bonnes manières restaient maîtresses en lui, son éducation était ainsi. Voilà pourquoi il faisait acte de présence à la place du véritable héros de ces dernières années : Alastor Maugrey s'était délesté sur lui de ses tâches de chefs des Aurors.
C'était lui qui aurait dû s'occuper de la bonne entente du Bureau des Aurors avec le reste de la société sorcière, pas son second. Pourtant il suffisait de se remémorer les capacités relationnelles de son chef pour admettre qu'il était plus sage que ce soit Rufus Scrimgeour qui se retrouve à jouer les beaux parleurs à cette soirée mondaine. C'était à se demander comment Maugrey faisait le reste du temps avec sa franchise un brin terrifiante. Tout son contraire.

En effet, Rufus avait toujours été le plus subtil des deux. Quand Maugrey préférait fracasser les cachettes des Mangemorts par des formules, celles de Scrimgeour lui ouvraient les secrets. Quand Maugrey arrivait à dévoiler des informations de force, Scrimgeour récoltait les secrets de gré. Maugrey plongeait dans l'action, Scrimgeour imposait la conversation. Chacun reconnaissait en l'autre sa valeur, chacun insupportait l'autre également. Alastor maudissait régulièrement la demi teinte de Rufus, Rufus craignait toujours les extrêmes d'Alastor. L'un connaissait l'horreur de l'inaction, l'autre la terreur de perdre.
Bien évidemment c'était Alastor le supérieur : plus âgé, plus expérimenté et surtout plus spectaculaire. Les réussites de Rufus persistaient dans l'ombre. La vraie victoire à ses yeux était d'avoir évité le combat. Bien évidemment Alastor attirait également le plus d'attaques, créant un cercle vicieux : plus de confrontations impliquaient plus de prestige et donc plus d'intérêt de la part des Mangemorts. La paranoïa de son supérieur et son envie d'agir le premier étaient parfaitement compréhensible. Chacun son environnement, chacun sa technique, pensait Rufus. Il trouvait seulement dommageable de devoir appliquer une telle méthode lorsque la discussion et l'observation pouvait mener plus loin et avec moins de pertes.

—Hey, approche ! interpella une voix à ses côtés.

Rufus jeta un coup d’œil à sa droite Son coéquipier saisit un verre en cristal d'un plateau, tenu par un elfe de maison, et en but la moitié d'une traite. Au moins semblait-il bien s'amuser pensa Rufus avec un léger soulagement teinté de condescendance en l'observant s'éloigner vers un des buffets installé le long de la pièce. Loin des horreurs actuelles, une flûte de champagne dans une main, des petits canapés trop sophistiqués pour être réellement savoureux dans l'autre. Il riait fort, souriait à tout le monde et s'émerveillait de la beauté du lieu. Chaque année les invités étaient informés au dernier moment par sécurité, et élitisme également. La demeure des Hassildor était déjà protégée avant la guerre. Malheureusement, avec la pluie, la vue sur le château de la ville et son jardin laissé à l'abandon depuis une vingtaine d'années était rendue impossible. Cependant la décoration intérieure comblait largement ce détail.

Le feu de cheminée recouvrait la salle d'une lueur orangée, insinuant une ambiance plus intime. Les lustres au-dessus de leurs têtes dégageaient moins de lumière qu'ils ne semblaient en être capable, probablement pour la même raison. Les buffets de chaque côtés, recouverts de bouteilles dispendieuses et d'alcools étonnants accordaient de nouvelles couleurs sur les nappes au prix d'un peu moins de clarté. Ces dernières semblaient composées de feuilles d'automnes. Aux citrouilles puériles et toiles d'araignées habituelles lors de cette période, l'hôte semblait avoir préféré les banderoles en dentelle noire et les sculptures menaçantes : manticores sombres, gargouilles grimaçantes et squelettes tremblotants trônaient dans chaque salle et couloir de la demeure à ce qu'il avait vu. Les ombres des quelques invités présents dansaient sur le tapis épais qui recouvrait le parquet. Dans ces couleurs chaudes, cette ombre maîtrisée et ces reflets instables, Rufus avait l'impression d'être dans une clairière en plein crépuscule, autour d'un feu de camp, à attendre que les histoires soient racontées.
Mais en robe de soirée hors de prix.

Un mélange de chaleur et de crainte convenait parfaitement à cette soirée, pensa Rufus. Cependant, le plus terrifiant restait les invités.

—Vous êtes les Aurors, n'est-ce pas ? lança une voix dynamique derrière lui.

Il ne sursauta pas : il avait entendu ses pas bruyants. Cela semblait être le propre de beaucoup de joueurs de Quidditch : ils volaient comme des oiseaux de proies et marchaient comme des canards. En se tournant il offrit un sourire aimable à son interlocutrice : Elena Baker, championne de ligue depuis maintenant deux ans. Provenant d'une famille moldue, sa présence à cette soirée surprenait beaucoup : des joueurs et joueuses de Quidditch avaient déjà été invités mais une née-moldue... Celles et ceux de cette origine n'avaient pas reçu d'invitation depuis des lustres.

—Tout à fait. J'espère que notre rôle ici restera simplement celui d'invités et non d'employés du Ministère, plaisanta poliment Rufus avec une légère courbette.
—Avec le paquet de protections que vous avez bidouillées, ça m'étonnerait qu'il y ait un souci. J'ai failli me casser le nez sur vos sortilèges en arrivant, rigola Elena, dévoilant un sourire dévoreur malgré un léger déséquilibre dans sa mâchoire probablement dû à un cognard. J'ai rarement fait une telle dégringolade !

Peut-être que sa présence révélait une tentative de l'hôte de paraître plus tolérant en ces temps de guerre : inviter une née-moldue populaire, sympathique, directe. Diminuer les rumeurs d'élitisme. Ou alors, et c'était une possibilité, faisait-elle chanter quelqu'un. Or qui disait chantage disait informations déplaisantes mais précieuses pour le travail de Rufus.

—Oui, un sort de protection entoure la demeure Hassildor pour empêcher les intrusions magiques, les transplanages et, ainsi, éviter les intrus.
—C'est vrai, c'était dit sur l'invitation. Par contre je me suis pris une douche dont je me serais bien passée entre le moment où je suis sortie du Magicobus et la porte d'entrée, répliqua une jeune femme qui s'incrusta dans la conversation. Enchantée, je m'appelle Keen. J'ai eu beaucoup de chance de venir donc je ne me plains pas. On peut dire que je suis la représentante de Gringotts, termina-t-elle maladroitement avec un grand sourire.

Et déjà un élément sortant de l'ordinaire. Leopold Medlar, l'homme le plus haut placé de Gringotts et le plus maniaque de la propreté du monde sorcier, aurait dû être invité. À la place se présentait une jeune femme qui, dans son châle coloré et avec son bronzage, semblait davantage revenir de vacances que du travail. Il était su de tous qu'il se passait quelque chose d'étrange à la banque pour sorcières et sorciers mais il était impossible de savoir quoi exactement. Medlar était un homme qui tenait les autres à distances, au sens propre et figuré. Son poste recherché et sa tendance hypocondriaque ne l'incitaient pas à se faire des amis. Au moins cette Amice Keen semblait-elle assez malléable pour qu'il arrive à la faire parler sans trop de problèmes. Avec de la chance, il arriverait à faire d'elle un agent dormant pour le Bureau des Aurors qui étaient toujours mal vu de Gringotts, avec leurs innombrables demandes de fouiller les coffres constamment refusées. Tout de même étrange que ce soit elle qui se présente et non pas son chef. Était-elle une complice des secrets qui se tramaient à Londres ? Ou une diversion ?

—Je dois avouer que ça a causé un bon nombre de souci, se permit un homme d'âge moyen avec une barbe brune bien taillée tandis que Miss Keen tentait par tous les moyens d'attirer l'attention de Baker. Cette maison était déjà inaccessible par poudre de cheminette, la voilà désormais coupée du monde.
—Monsieur Fenwick, vous savez très bien quels sont les ordres : aucune intrusion magique sur tout le périmètre. Si vous souhaitez vous plaindre, contactez mon supérieur. Ou le vôtre à tous les deux et on verra ce qui se passe, marmonna Rufus avec légèrement moins d'amabilité que l'étiquette le réclamait.

Benjy Fenwick, le Directeur du Département des Transports Magiques, leva un sourcil aussi noir que les nuages à l'extérieur mais ne répliqua pas à la provocation. Son calme était une force reconnue au Ministère. Son invitation ici n'avait rien d'étonnant contrairement à celles des deux jeunes femmes. Sa présence en ce lieu était appréciée de tous, même de Rufus en théorie : il représentait une clé essentielle à l'espionnage et la protection pour les Aurors. En pratique, Rufus savait très bien qu'il était à la botte de Dumbledore. Tout comme son chef, il en était conscient mais il avait l'étrange sensation que Maugrey était moins passif, qu'il tenait à mettre en valeur ses principes avant ceux du directeur de Poudlard. Rufus, comme beaucoup, croyait en Dumbledore mais il savait également que l'humain restait une créature faillible.
Ou peut-être que son rejet provenait de son plus gros défaut, celui qu'il partageait justement avec Dumbledore : il pensait sincèrement pouvoir mieux faire que les autres.

—Espérons seulement que toutes ces sécurités ne seront pas mises à l'épreuve, soupira Fenwick en secouant la tête et ses cheveux sombres avant de s'éloigner. Sinderion ! Juniper ! Comment allez vous ? J'ai croisé votre fille il y a peu, elle ne cesse de grandir.
—Benjy, comment allez-vous mon cher, répondit la sorcière âgée qu'il avait rejoint. On aurait pu croire que sortie de Poudlard Marlene cesserait de pousser mais elle va finir par dépasser Sinderion.
—Je vois que vous vous mettez au sport national qui consiste à se moquer de moi, soupira Sinderion en feignant être vexé, provoquant les rires de sa femme et de Fenwick.

Juniper et Sinderion McKinnon auraient pu paraître décalés par leurs tenues mais Rufus avait fini par s'y habituer. Plus jeune, il voyait souvent leurs portraits dans les pages de la Gazette du Sorcier. Un jour, leur professeur de botanique avait même montré un des articles en classe suite à une de leurs découvertes qui concernait le cours. En effet, ce couple de grands sorciers désormais à la retraite avait acquis une forme de célébrité par leurs études sur l'archéologie des ruines sorcières par delà le monde. Jungles, déserts, contrées lointaines ou terrains vagues du Pays de Galles, ils avaient tout fait. Autant du côté moldu que sorcier : les découvertes avaient selon eux un apport pour les deux sociétés.
Ce qui était moins raconté, ironiquement, était leur tendance à dissimuler leurs découvertes au monde magique. Ce désir du secret provenait soi-disant d'une volonté de protéger les autres. Rufus n'en avait pas la certitude.

—Whoua, je vous ai vu parler avec Baker, M'sieur ! Vous pensez qu'on pourrait lui demander des places pour le prochain match ? lui demanda son second qui était revenu du buffet, l'alcool ayant diminué son appréciation de la hiérarchie.

Rufus lui envoya son regard le plus noir. Matthew en frissonna presque puis se redressa correctement en répondant :

—Pardon. Oubliez ça M'sieur. Tout semble calme pour le moment.

Son supérieur acquiesça. Très calme. Les autres invités arriveraient bientôt normalement. Il ignorait combien ils seraient exactement : leur hôte pouvait changer d'avis à tout moment. Voilà pourquoi Maugrey avait insisté pour que deux Aurors soient invités.
Lui et Matthew Mantlelob, son collègue très volontaire. Tout juste sorti major des examens, très bon en potions et sortilèges, ingénieux mais pas aussi futé que Rufus aimerait. Si seulement il était un peu plus calme, un peu comme Frank... Frank Londubat, l'Auror par excellence : serein, chaleureux, décidé, réfléchi, fort, parfait. Tout le monde voulait quelqu'un comme Frank. Pas étonnant qu'Alice l'ait préféré à lui pensa Rufus en buvant dans son verre pour tenter de penser à autre chose. Il fut surpris de l'absence de goût avant de se rappeler qu'il avait immédiatement remplacé l'alcool par de l'eau. Réflexe élémentaire pour survivre en terrain inconnu.
Au moins Matthew n'avait pas une once de magie noire en lui. Cette soirée était une mise à l'essai pour le calmer un peu, le Bureau le trouvant trop inspiré par les coups d'éclats de Maugrey. Maugrey lui même l'avait collé dans les basques de Rufus car il était le premier à savoir qu'un Auror trop volontaire pouvait être aussi dangereux qu'un Mangemort déterminé.

—Ah. On dirait que je ne suis pas le seul à essayer d'obtenir les préférences de Baker, plaisanta Matthew en pointant Miss Keen du menton.

Celle-ci venait d'être abandonnée assez sèchement par la joueuse de Quidditch qui en avait probablement eu marre de son attention un peu trop accentuée. La jeune femme s'approcha de la cheminée pour cacher son dépit aux autres invités.

—Vous tentiez de vous faire bien voir de Baker ? demanda Matthew.
—Oui, je pense que je n'ai pas été très subtile. C'est juste que c'est la première fois que je rencontre une star du Quidditch alors je me suis un peu oubliée, rigola faiblement la sorcière.
—Je vous comprends. Alors si ce n'est pas le Quidditch qui vous a amené ici, quelle est la raison de votre présence ? demanda le jeune Auror.

Rufus restait silencieux, feignant ne pas prêter attention à leur conversation et observer les autres invités. Pourtant ses oreilles restaient alertes et il ne put s'empêcher de ressentir une légère fierté face au tact de son second. Il semblait sincère, honnête, avait réussi à établir un terrain d'entente et posait les bonnes questions sans possibilité de fuir, à moins de vouloir paraître très soupçonneux. Naturel, dégagé, simple. Rufus, légèrement plus âgé et reconnu comme un Auror aguerri en plein travail, n'aurait probablement pas réussi à créer un lien si aisément ou, du moins, si innocent en apparence.

—Je me présente : je m'appelle Amice Keen...
—Alice ? l'interrompit Rufus.

Il se maudit immédiatement, autant pour son impolitesse que sa maladresse. Il avait été mieux élevé et entraîné que ça. Il se vantait de sa capacité à être un bon diplomate et un excellent espion.
Mais ce nom l'avait perturbé car il y pensait encore à l'instant. Alice.

—Non, Amice, mais tout le monde m'appelle Amity : on se trompe moins et c'est moins sujet aux surnoms idiots, grimaça la sorcière avant d'afficher un sourire amusé.
—Moi c'est Matthew, répondit l'Auror en tendant la main. Et mon chef à côté c'est Rufus Scrimgeour.
—Enchantée Matthew, répondit elle en serrant la main du jeune homme et en imitant la légère courbette de son supérieur.

Le jeune Mantlelob restait vigilant, probablement parce qu'il avait perçu le trouble de Rufus. Maintenant qu'il la regardait de plus près, cette jeune femme ressemblait à Alice par ses sourires et sa façon de se tenir. Même le prénom...

—Je dois avouer qu'on est plusieurs à être surpris de votre présence. On s'attendait tous à rencontrer Alastor Maugrey ce soir.

… Et la même façon de dire des vérités qui froissent les ego.

—Mais à ce que j'ai entendu dire, il n'est pas très...mondain donc vous serez sûrement plus efficaces, ajouta-t-elle en baissant la voix avant de terminer sur un rire embarrassé.

Rufus ne pu retenir un sourire à cette vérité et le dissimula en prétendant s'intéresser à un élégant pot en fer posé près de la cheminée, contenant probablement de la poudre de cheminette. Cette sorcière ne manquait pas de cran, osant dire ce qu'il pensait tout bas. Il reprit ses esprits : sa similitude avec sa collègue, sa charmante, courageuse, sincère et douce collègue ne devait pas l'empêcher de se méfier d'elle. Et de toute façon Alice avait accouché il y a peu, il devait passer à autre chose.

—Vous alliez nous dire la raison de votre présence, reprit Rufus autant pour assouvir sa curiosité professionnelle que pour détourner l'attention sur sa maladresse.
—Ah oui. En fait je suis ici par pure chance ! Je viens d'une famille mixte, mère moldue et père sorcier. Je travaillais à Gringotts en tant que briseuse de sortilèges il y a encore peu et durant un passage à Londres, je parlais à Monsieur Medlar au sujet de la soirée à laquelle il devait assister. C'est alors qu'il m'a avoué qu'il était souvent malade lorsqu'il mangeait chez les autres et ne comptait pas y assister. Il est maniaque de la propreté et ne mange que certains mets au point qu'il est incapable d'ingérer quoi que ce soit d'autre. En voyant mon intérêt pour cette soirée, il m'a proposé sa place afin de ne pas vexer notre hôte. Je suis tellement chanceuse d'être ici !

Une histoire bien manigancée, pensa Rufus en feignant boire une lampée de son verre tandis que son collègue et « Amity » discutaient allègrement de Quidditch. Certes, tout le monde savait que l'obsession de la propreté de Medlar était bel et bien maladive, refusant le moindre fruit avec une trace de bec ou un bonbon mal emballé. Maugrey également semblait respecter ce genre de pratiques plus par peur des poisons que des microbes. Cependant les invitations étaient nominatives. Si Rufus était venu avec Matthew au lieu d'être aux côtés de Maugrey à cette soirée, c'est parce que le Bureau des Aurors avait réalisé toutes les protections. Maugrey pouvait donc, en tant que chef des Aurors, aisément modifier son invitation pour qu'un autre y aille à sa place, malgré les boucliers et vérifications.
Leopold Medlar n'en aurait pas été capable, ou alors il était plus dangereux que le croyait Rufus.

Malgré le mensonge évident auquel il avait assisté, Rufus était satisfait. Il détenait une information gênante pour Amice « Amity » Keen et il n'hésiterait pas à en jouer pour mieux connaître la situation. Il arrivait ainsi à la détacher de l'image d'Alice qui le troublait et remettait cette invitée au rang d'éléments éventuellement nuisibles. Cette soirée était parfaite pour exploiter sa méthode, sa façon de faire et non celle de Maugrey. Il se sentait comme un joueur d'échecs au-dessus d'un plateau, déplaçant les pièces à son avantage.

—Vous avez vu notre hôte au fait ? Vous croyez qu'il va faire quelque chose d'extraordinaire ce soir également ? Non, en fait ne répondez pas à cette question, je veux garder la surprise ! s'exclama Amity.

Matthew éclata de rire tandis que Rufus observait autour de lui. Leur hôte. Celui qui les avait invités, ou pas, se faisait attendre.
Lazare, le célèbre Lazare Hassildor, connu de tous, vu de peu. Un sorcier dont la renommée dépassait les frontières. Il aurait été éduqué par des précepteurs hors du commun selon certains, aurait visité plusieurs écoles de magie dont Beauxbâtons et Ouagadougou selon d'autres. Ses sorts étaient plus impressionnants que tout ce qui était possible selon les privilégiés qui l'avaient vu à l’œuvre, sa magie sans baguette était à couper le souffle. Héritier d'une famille aussi ancienne que riche, généreux philanthrope et mystérieux personnage. Beaucoup à cacher, beaucoup à découvrir.
Rufus ne l'avait pas rencontré durant l'organisation des protections pour sa demeure. Maugrey avait reçu un courrier contenant l'invitation et une demande de protection contre les intrusions magiques en tout genre, expliquant que la soirée devait avoir lieu mais qu'elle nécessiterait davantage de secrets à cause du conflit actuel.
Un homme avec une telle influence mais une telle culture du secret devait avoir beaucoup à raconter. Or Rufus s'était préparé tout particulièrement pour lui.

—Ridicule. Vous avez le privilège d'assister à cette soirée auprès de l'élite sorcière, privilège que vous ne méritez pas de toute évidence, et tout ce qui vous intéresse c'est de voir un spectacle ? Retournez au théâtre de marionnettes et laissez les vrais sorciers entre eux, ronchonna une voix rauque à côté d'eux.

Rufus se tourna pour saluer humblement Roderick Rometire. Ce n'était pas leur première rencontre et Roderick lui retourna son geste de façon bien plus courte et méprisante.
Si la famille Hassildor surpassait largement celle des Rometire en ancienneté, en richesse il était difficile de les départager. Ami de longue date, invité habituel, peu de gens pouvait prétendre connaître aussi bien Lazare que Roderick. Rentier appréciant donner son opinion sur tout, surtout lorsqu'on ne lui avait rien demandé, il était avant tout un sorcier au caractère de cochon. Jamais marié et toujours à râler. Célébrité mondaine qui arrivait à se faire inviter malgré son apport rarement agréable, c'était probablement son lien avec Lazare Hassildor qui faisait de lui un sorcier à ne pas négliger. Il restait quelqu'un de respecté dans certains milieux et avait été mécène de nombreux projets célèbres.
Rufus, de par sa famille et ses nombreux contacts, comptait en particulier sur lui pour en savoir davantage sur Hassildor et ses secrets. Il comptait principalement sur la discussion plutôt que la paranoïa ou la filature.

—Et où est cette bonne à rien d'Elfe. Mon verre est vide ! Par la barbe de Merlin, Lazare ne se tromperait pas en lui infligeant davantage de corrections.
—Voyons Roderick, Gnoulmi ne peut pas être partout ! Tenez, laissez-moi vous servir, je peux bien faire ça pour vous, lança un bel homme avec puissance en plaçant un bras autour des épaules du sorcier ronchon.

Widogast Tussaud, collectionneur selon ses propres mots.
Tout le Ministère savait qu'il traînait plus de casseroles que les cuisines de Poudlard. Des années que différents départements tentaient de le coincer et qu'il s'en sortait sans le moindre avertissement. Ses contacts étaient partout : clients, fournisseurs, complices... Ses trafics divers et variés étaient connus mais impossible à prouver. Il semblait plus facile de faire rire un centaure que de le mettre sous les verrous. L'arrêter ou en faire un agent pour le bureau des Aurors serait un atout fabuleux pour Rufus mais il se doutait que c'était un projet un peu trop ambitieux. Si au moins il arrivait à lui faire dire quelques noms ou qu'il lui accorde quelques miettes d'informations, il serait déjà bien avantagé.
Sa façon de prendre ses aises dans cette salle de réception luxueuse, son sourire chaleureux malgré l'ambiance lugubre à l'extérieur, l'aisance avec laquelle il appelait l'elfe de maison, tout désignait qu'il avait ses habitudes dans la demeure des Hassildor. Mais à quel point ? Et pourquoi ? Rufus aurait donné beaucoup pour une réponse à ces questions.

—Ne vous vexez pas pour ce que raconte ce vieux bougon, Miss. Et je suis certain que ce soir encore, Lazare Hassildor va nous laisser sans voix !

Amity lui sourit en guise de réponse, ne semblant pas trouver les mots, puis se dirigea vers Juniper McKinnon, fuyant ouvertement un possible retour de Roderick et ses remarques empoisonnées. Rufus jeta un regard désapprobateur à la tenue de qualité mais volontairement débraillée du nouveau venu qui vida son verre avant de se tourner vers lui.

—Alors les Aurors, on profite de l'invitation gratuite ? lança Widogast avec un sourire en coin provocateur.
—Et vous de notre protection, se contenta de répondre Rufus.
—Certes, certes. Cependant qui pourrait bien nous attaquer ici. Personne n'a intérêt à cesser ces petites fêtes annuelles. Tout ira bien.
—Des personnes haut placées sont ici et représentent une cible de choix. Il y a eu des attaques pour moins que ça.
—Regardez-vous, toujours à voir la vie en noir. C'est Halloween, détendez vous, buvez quelque chose ! Gnoulmi, apporte un verre à ces messieurs.

Entre les invités serpenta un plateau d'argent dont dépassaient deux grandes oreilles : Gnoulmi, l'elfe de maison de la demeure Hassildor, offrait ainsi des verres en cristal sans renverser la moindre goutte de leur contenant. Rufus Scrimgeour refusa d'un signe de la main la proposition silencieuse ce l'elfe. Il ne fut cependant pas imité par Matthew qui se resservit.

—Allez vous mêler aux autres invités au lieu de faire le planton ici, voyons ! On risque de croire que vous tentez de subtiliser cette peinture, murmura Widogast avec malice.

Rufus ne répondit pas à cette nouvelle provocation. Voilà un moment qu'il était debout à cet endroit, et il ne pouvait plus prétendre avoir froid mais il ne souhaitait pas non plus obéir à un bellâtre trafiquant. Il jeta simplement un regard à la peinture au dessus de la cheminée : elle représentait une cascade creusant des roches et coulant jusqu'à un petit lac à la base de la toile. L'eau rendue lumineuse par le soleil du crépuscule, et les roches pâles créaient un contraste très marqué avec les arbres sombres et le ciel obscur. Une jolie peinture, de bon goût, sans être prétentieuse comme les familles sang pur ont pourtant l'habitude avec leurs portraits d'ancêtres ou de trésors familiaux. Rufus se retourna vers les invités, hésitant encore un peu quant au groupe qu'il allait rejoindre.

Benjy Fenwick prit un verre du plateau de Gnoulmi et le porta à ses lèvres après avoir répondu à une remarque de Sinderion McKinnon. Juniper en prit deux, un pour elle et l'autre pour son époux tout en parlant, un sourire apparaissant sur son visage âgé mais chaleureux. Amice retentait sa chance auprès de Baker tandis que Widogast les rejoignait, un sourire charmeur déjà sur les lèvres, sa main glissant dans ses mèches élégantes. Roderick restait près d'un buffet, jetant des coups d’œil mauvais à la foule d'invités peu orthodoxes puis vers la porte, comme attendant l'arrivée de son seul ami. Rufus croisa son regard et décida d'en profiter pour discuter avec lui, à l'écart. Ils avaient beaucoup à dire, il en était certain.

À peine avait-il fait la moitié du chemin qu'une exclamation détourna son attention.

—Chéri ? Que se passe-t-il ?

Juniper serrait l'épaule de son mari d'une main, l'autre tenant encore un verre de cristal. Sinderion était plié en deux, comme saisi d'une terrible douleur au ventre. Puis ses mains se mirent à agripper la robe de sa femme avant qu'il ne tombe à genoux sur le tapis. La tête en arrière, comme suppliant son épouse, tous purent voir que quelque chose sortait de sa bouche. Quelque chose de verdâtre...

—Laissez-moi passer ! ordonna Matthew baguette à la main, se précipitant vers Sinderion dont les doigts griffaient désormais sa propre gorge.

Rufus ne bougea pas d'un pouce par réflexe : Matthew savait quoi faire tandis qu'il était trop occupé à surveiller les réactions de chacun. Roderick semblait alerte, Baker se précipita vers le couple pour tenter d'apporter une aide. Malheureusement les autres lui tournaient le dos et, les secondes passant, certains s'approchaient silencieusement du corps de Sinderion McKinnon qui ne bougeait désormais plus, étouffé par la plante étincelante qui continuait de pousser par sa bouche.

Note de fin de chapitre :

Nous terminons donc ce premier chapitre et nous avons déjà perdu un personnage.
J'avoue que tuer Sinderion fut source de plaisir pour moi...

Que se passera-t-il au prochain chapitre ? Y aura-t-il d'autres morts ?
Comment réagiront les invités ?
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