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Sélections du mois


À voter !

Les votes pour le thème d'août 2021 sont ouverts ! Venez choisir entre : Moldu ou Narcissa Malefoy.

Rendez-vous sur ce topic pour voter jusqu'au 30 juin 2021, 23h59.


De L'équipe des Podiums le 16/06/2021 18:19


2ème édition du Tour du monde des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que le Tour du monde des Nuits d'HPF se déroulera du vendredi 25 juin à partir de 20h au samedi 26 juin jusqu'à 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 15/06/2021 12:48


Sélections du mois


Félicitations à Calixto et AnthusPratensis qui remportent la Sélection sur notre Traîtresse-à-son-Sang préférée alias Andromeda Black-Tonks !

Pour juillet 2021, place aux parties d'échecs endiablées ou aux confidences dans les dortoirs avec le thème Amitié. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de juin, découvrez toutes les facettes de la troublante Pansy Parkinson. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Très belles lectures à vous !


De L'équipe des Podiums le 07/06/2021 19:51


Sélections du mois


À voter !

Les votes pour le thème de juin 2021 sont ouverts ! Venez choisir entre : Amitié, Scorose (Scorpius/Rose) ou Moldu.

Rendez-vous sur ce topic pour voter jusqu'au 31 mai 2021, 23h59.


De L'équipe des Podiums le 18/05/2021 00:06


112ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 112e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 22 mai à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 13/05/2021 13:15


Sélections du mois


Félicitations à Amnesie, Guette et Wapa qui remportent la Sélection sur Regulus (aka le meilleur personnage de tous les temps) !

Pour juin 2021, place à la troublante Pansy Parkinson. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce personnage en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de mai, suivez les pas d'une Traîtresse-à-son-Sang, la noble et audacieuse Andromeda Black-Tonks. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Très belles lectures à vous !


De L'équipe des Podiums le 02/05/2021 16:39


Le cimetière des éléphants par Misti

[33 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Dans ce chapitre, on retrouve Victoire et on n'oublie pas d'attacher sa ceinture de sécurité avant de partir en intervention. Un grand merci à Amelie9 pour sa review sur le chapitre précédent.

Bonne lecture et bonnes fêtes à toutes et à tous !
C'est moi qui klaxonne



La porte des Archives était ridiculement petite comparée à la pièce qu’elle desservait. Devant Walter s’étiraient des rangées d’étagères dont il ne voyait ni le bout, ni le sommet, perdus quelque part dans l’obscurité.

Une odeur de fumée vint lui chatouiller les narines, et il se demanda si les hallucinations pouvaient atteindre d’autres sens que celui de la vue. Il tourna à droite et trouva son hallucination dans la deuxième allée, cigarette entre les doigts.

— C’est mauvais pour toi, ces choses-là, dit-il.

Une main sur le cœur, Victoire se tourna vers lui et souffla :

— Ouf, c’est toi ! J’ai cru que c’était Daniel.
— Tu as de la chance que ce soit que moi – tu as vraiment choisi le pire endroit pour fumer. Imagine si tout brûle. Des décennies de dossiers, partis en fumée.

Il se demanda distraitement pourquoi Victoire n’était pas allée dans la cour comme les autres fumeurs. Presque aussitôt, la réponse lui apparut : elle ne voulait pas qu’on la voit fumer. Cela ternirait son image. Victoire serait toujours Victoire, se dit-il avec amusement et affection.

Elle suivit le regard de Walter jusqu’à sa cigarette.

— C’est juste pour me détendre, se justifia-t-elle.
— Pourquoi tu as besoin de te détendre ?
— Je sais pas… J’ai l’impression d’avoir oublié quelque chose de terriblement important. Ça ne t’arrive pas, à toi ?

Un sourire étira les lèvres de Walter.

— Quoi ? le pressa Victoire, mi amusée mi agacée.

Walter fit un geste évasif vers les étagères autour d’eux – chaque dossier synonyme d’une mémoire effacée.

— Ne me dis pas que l’ironie de ta remarque t’échappe.

Victoire plaça la cigarette entre ses lèvres souriantes. Avec ses cheveux mi-longs et sa frange, elle ressemblait à une rock-star des années 80. Walter commença à longer les étagères, ses yeux filant d’une étiquette à une autre.

— Qu’est-ce que tu viens chercher ici ? l’interrogea Victoire en exhalant.
— Tu sais, pour le dossier Navinsky ?

Walter cala un dossier sous son bras et continua ses recherches. D-E-F… Fabian… Fairchild… Farmer… Victoire le suivit, la démarche paresseuse, à une distance de quelques mètres derrière lui.

— Bien sûr que je sais – ce dossier, c’est ma première expérience sur le terrain, je m’en rappelle très bien. On m’avait chargée de seconder Elphias.

De nombreux Oubliators avaient été sollicités, y compris Walter ; le dossier Navinsky était l’une de leurs plus grosses opérations depuis l’Incident d’Ilfracombe en 1932 (lorsqu’un Vers gallois commun avait attaqué un groupe de vacanciers).

— La fuite remet en question chaque effaçage de mémoire effectué après l’incident, dit Walter. Si on veut trouver son origine, tous les sujets doivent être vérifiés.
— Ça en fait du monde. Vous n’avez pas d’autre piste ?
— Le point de vue de la vidéo ne révèle rien sur l’endroit d’où elle a été filmée. Ah, Fisher !

Walter tira un dossier étiqueté « Fisher » de l’étagère. Tant de Moldus avaient perdu la mémoire cette semaine-là... Ça leur prendrait bien une journée, voire deux, de s’assurer qu’aucun d’eux ne se souvenait de l’inondation.

— Tu as vraiment choisi le pire moment possible pour t’associer professionnellement à James, fit remarquer Victoire.

Il y avait quelque chose dans sa voix qui poussa Walter à se retourner vers elle, mais elle avait le regard viré sur les annotations d’une étagère.

— J’ai promis de l’aider, dit-il, sur la défensive.
— Tu n’étais pas obligé.
— Ce n’est pas juste sa réputation qui est en jeu, c’est la mienne aussi.

Cigarette oubliée, Victoire pencha la tête sur le côté, semblant peser le pour et le contre, puis elle dit :

— Ce n’est pas juste sa réputation qui est en jeu… c’est aussi son poste.
— Comment ça ?
— Il y a des rumeurs de licenciement qui circulent.

Walter leva les yeux au ciel.

— Si tu passais moins de temps à écouter les commères du QG et plus de temps à remplir tes dossiers, tu serais déjà ma supérieure.
— Je suis déjà ta supérieure, répliqua Victoire, insensible à son attitude dédaigneuse. Depuis que je suis née. Il me suffit d’exister.

A la recherche d’une échelle qui pourrait lui donner accès à la lettre H, Walter partit dans le rayon suivant. De l’autre côté de l’étagère, le visage encadré par les dossiers, Victoire lui lança un sourire prétentieux.

— Si tu passais moins de temps à remplir tes dossiers et plus de temps à écouter les commères du QG, tu le saurais.

Walter avança sa tête dans l’espace entre les étagères et lui vola un baiser.

— En attendant, c’est toi qui fais les cafés et c’est moi qui pars en opération.

Victoire fronça le nez, offensée.

— Va-t’en donc réparer les erreurs des autres, ça me fera des vacances.

Mais ni elle ni lui n’était pressé de remettre de la distance entre leurs deux visages ; leurs yeux attentifs en caressaient les contours (des pupilles dilatées de Victoire à la cicatrice que Walter avait au coin des lèvres), savourant cette proximité inattendue et la présence de l’autre dans l’intimité étrange que leur offrait l’étagère.

Walter fit semblant de considérer la suggestion de Victoire.

— Bof… Je préfère rester avec toi dans les Archives bien trop longtemps pour que ça ne paraisse pas louche, et laisser nos collègues penser ce qu’ils veulent. Avec un peu de chance, ça parviendra aux oreilles de Connor et il arrêtera une bonne fois pour toutes de loucher sur toi.

Il lui fit un clin d’œil insolent. Victoire décala une pile de dossier, refermant leur fenêtre improvisée. Son ton léger résonna de l’autre côté de la séparation.

— J’ai le droit d’être amie avec d’autres hommes que toi, tête de troll. Tu es trop vieux pour me faire le numéro du copain possessif. Et puis Connor a une copine, tu racontes n’importe quoi.

Même s’il plaisantait à moitié, Walter se garda de faire remarquer que ça ne démentait pas son allégation. Il lança un Accio échelle qui lui fit la surprise de fonctionner. Victoire le rejoignit alors qu’il commençait à grimper les échelons.

— Et tu sais, les ragots ont du bon parfois. Grâce à eux je sais des tas de choses que tu ne sais pas. Par exemple, Evelyn m’a dit que son mari avait été invité à une réunion d’anciens camarades.

Walter faillit tomber de l’échelle. L’excitation mal contenue de Victoire crépitait jusqu’à lui.

— Vous êtes de la même année, non ? poursuivit-elle. C’est bizarre qu’on n’ait pas reçu l’invitation…

Walter considéra brièvement l’idée de mentir, puis décida contre.

— Je l’ai brûlée, avoua-t-il.

Silence. Du haut de l’échelle, il baissa les yeux vers l’expression confuse de Victoire.

— Pourquoi ?
— Je ne veux pas y aller.
Pourquoi ?

Walter haussa les épaules et se remit à lire. Herbert, Higgins…

— Walter, l’appela Victoire. Walter ! Tu ne peux même pas me donner une raison ?

Des raisons, il en avait des tas : de ses souvenirs du soi-disant « bon vieux temps » à sa rancœur instinctive envers toutes ces personnes, en passant par le fait (et ce devrait être suffisant) qu’il n’avait pas envie. Il préférait laisser le passé là où il était, tout le monde s’en portait mieux.

— Victoire ? appela soudain la voix de Connor, un écho venant de partout à la fois. Daniel te cherche !
— Troll, jura Victoire. « Victoire ceci, Victoire cela… » Je préférais quand il ne connaissait pas mon nom. (Elle pointa un doigt vers Walter.) On en reparlera plus tard.

Nom suivant sur la liste : Ramsey. Ce dossier-là était classé dans un autre rayon. Walter sauta la ligne et se pencha sur le nom qui lui succédait.

Il en parlerait peut-être plus tard, ou disons jamais.




***



— Et… tadam ! C’est ici que la magie s’opère, annonça James.

De jour comme de nuit, le siège de la Brigade était en effervescence. Walter suivit James entre les bureaux – collés les uns contre les autres sans séparation, intercalés d’étagères surchargées – et les Brigadiers pressés qui surgissaient ou s’engouffraient dans les cheminées. Une grande carte du Royaume-Uni se déployait sur la longueur d’un mur ; toutes les quelques secondes, des alertes apparaissaient sur la carte sous forme de petits drapeaux bleus. Cinq opérateurs recevaient des appels devant une longue table recouverte de matériel radio vieux d’un demi-siècle.

— Comment sont assignés les dossiers ? s’enquit Walter.
— Les gros dossiers, on nous les confie personnellement. Les petits accidents, c’est à qui est le plus proche et le moins occupé. Hé, Angela !

James tapota l’épaule d’une opératrice. Celle-ci baissa le casque qui lui recouvrait les oreilles – Walter crut entendre les premières notes d’une chanson qu’il détestait – et tourna son siège vers eux. Walter lui donnait trente ans et des balais ; son rose à lèvres débordait du coin de sa bouche.

— Tu pourrais expliquer à Walter ici présent comment le réseau fonctionne ? lui demanda James.

Ils l’avaient interrompue dans la dégustation d’un croissant. Elle leur fit signe d’attendre alors qu’elle mâchait sans se presser, puis elle déglutit et interrogea Walter :

— Vous connaissez la formule qui permet aux sorciers d’avertir la Brigade en cas d’accident ?

Quand Walter hocha la tête, elle expliqua d'un ton désintéressé :

— Ici, on reçoit tous ces appels, ainsi que les grosses concentrations de magie dans des lieux anormaux, et on envoie un message radio aux unités motorisées les plus proches de l’accident pour qu’elles s’y rendent en un temps record et règlent le problème.
— Pourquoi plusieurs unités ?
— En cas de décès d’une unité, dit gravement James.

Angela lâcha un ricanement que Walter aurait jugé très morbide si elle n’avait pas ajouté :

— Dans le cas où certaines unités seraient déjà sur un autre dossier.

Elle reprit le cours de son activité précédente – rayer des coordonnées de cheminette sur un carnet d’adresses –, remontant son casque sur ses oreilles. Incidemment, le volume sonore de la pièce baissa : la Brigadière-en-chef venait de faire son entrée dans le siège. Elle toisa ses employés (ou peut-être était-ce l’impression que donnait sa taille) jusqu’à ce qu’elle trouve celui qu’elle cherchait.

— Jonathan, tu prends le dossier Hudson.

Elle tendit un dossier à un homme qui devait avoir la cinquantaine, trapu, les épaules légèrement voutées et sa chevelure en voie de disparition.

— Attendez une seconde… lâcha James, les sourcils froncés.
— Tati, tu t’occupes de l’évasion d’hypogriffes, dit Donna sans prendre compte de son intervention. Vois avec la Commission d’examen des créatures dangereuses pour les détails des dommages collatéraux.
— Hudson et les hypogriffes, ce sont mes dossiers ! s’écria James.

Donna leva un sourcil, comme pour dire : « Et ? ». A la place de James, Walter ne s’y serait pas frotté, même s’il comprenait son indignation. Si Daniel commençait à refiler ses affaires à ses collègues, Walter ne le prendrait pas bien.

— C’est une punition, c’est ça ? protesta James.
— Je veux que tu fasses du dossier Navinsky ta priorité, répliqua Donna en tendant un dossier dans la direction de sa nouvelle propriétaire.
— Je suis désolé, James, dit Jonathan.

Il semblait sincère, Walter le lui accorda.

— Pas moi, intervint une jeune femme – ce devait être la dénommée Tati –, et elle attrapa le dossier d’un geste vif.

Elle était grande, avait la peau brune, et ses fines tresses noires étaient relevées en un large chignon sur le sommet de sa tête. Les yeux de James lançaient des petits Avada Kedavra dans sa direction.

— Quoi, le fils à papa n’est pas content qu’on ne lui serve plus ses dossiers sur un plateau d’argent ? se moqua Tati. Tu ne peux t’en prendre qu’à toi-même, Junior, la prochaine fois essaie de ne pas tout foirer et peut-être qu’on te laissera garder ta sucette.

Plusieurs Brigadiers pouffèrent de rire. Walter retint un sifflement admiratif ; elle avait certes insulté James, mais elle l’avait insulté dans les règles de l’art.

— Ça suffit, trancha Donna avant que James ne puisse répliquer. On s’y remet, allez.

L’attroupement se dispersa. Walter jeta un regard hésitant vers James, s’attendant à le voir fulminer, mais James semblait vidé de toute envie de se battre.

— Donna a raison, dit-il d’un ton résigné. Chaque minute qui passe… Je dois trouver d’où vient la fuite avant qu’elle ne détruise complètement ma réputation.
— Et qu’elle ne révèle le Secret magique, ajouta Walter. Accessoirement.
— Oui, ça aussi.

James tourna le dos à la carte du Royaume-Uni et se dirigea vers le mur opposé. En son centre, entre deux cheminées, se trouvait une pendule à l’écran aussi large qu’un couvercle de chaudron XXL. Trois aiguilles ordinaires indiquaient l’heure, mais leur course avait été rejointe par des dizaines d’autres aiguilles. Chacune était gravée du nom d’un Brigadier, indiquant leur position : domicile, siège, terrain.

James posa ses doigts sur l’horloge et enjoignit Walter à faire de même. La sensation d’être aspiré s’attacha à son nombril et le tira vers le mur ; Walter reconnut les effets secondaires d’un Portoloin et se concentra à stabiliser son corps. Bientôt, ses pieds touchaient la terre ferme. Il ravala un haut-le-cœur et regarda autour de lui. Il était dans un hangar – murs de briques nues, bas de plafond. Une voiture jaune se multipliait à l’identique autour de lui, comme en proie à un sortilège de Réplication qui avait dégénéré.

— Vous avez des voitures de service ?
— On est obligés, vu qu’on doit souvent se rendre dans des endroits inconnus, et très souvent dans des endroits moldus, et ce n’est pas toujours facile de s’y rendre. Pas de cheminées raccordées au réseau, pas de transplanage possible ou même autorisé… Et grâce à la radio on peut être avertis des accidents de sorcellerie en temps réel, ce qui permet une intervention plus rapide.

James se dirigea vers une des voitures jaunes sans la moindre hésitation.

— Elles n’ont pas l’air de dernière jeunesse, commenta Walter.

James rit et sortit ses clefs de sa poche. De multiples babioles y étaient accrochées et s’entrechoquaient à chaque mouvement : un petit stylo-plume, un vif d’or, un décapsuleur, un chat noir en peluche.

— Le Ministère n’a pas remplacé ses voitures de service depuis les années 70. Elles ont été améliorées, bien sûr, avec les avancées de la magie mécanique, mais ce sont toujours les mêmes, des Austin A40 Farina.

Tout en parlant, James ouvrit la portière – le grincement résonna dans le garage – et s’assit derrière le volant. Walter prit la place du passager.

— En voiture, Simone ! brailla une petite voix stridente.

Walter sursauta violemment. Une harpie miniature à cheval sur un balai pendouillait joyeusement du rétroviseur. Elle adressa un sourire crâneur à Walter et compléta :

— C’est toi qui conduis, c’est moi qui klaxonne !
— Merlin, souffla Walter.
— Fais pas attention à elle, dit James.

Il mit la voiture en marche et sortit dans les rues londoniennes. Walter reconnut quelques-unes des fresques qui adornaient les murs : ils étaient dans l’East-End, à des kilomètres du Ministère.

— J’habite dans le coin, l'informa James.
— Sympa, comme quartier.
— Oui, c’est très vivant, Suzie surtout s’y sent très bien. J’espère qu’on va pas trop poireauter aujourd’hui, vu que c’est ton premier jour… Parfois, il se passe des heures avant qu’une –

Une voix grésillante s’échappa soudain de la radio :

— Explosion au numéro 412, Applegarth Drive.

Le visage de James s’éclaira d’un grand sourire.

— Coup de chance !

Il appuya sur un bouton de la radio, se pencha vers celle-ci et lança :

— Unité 7 sur le coup !
— Bien reçu, répondit la radio – Walter crut reconnaître la voix trainante d’Angela.
— Walter, tu pourrais sortir la carte de la boîte à gants ?

Walter, qui prenait son rôle de co-pilote très au sérieux, déplia la carte sur ses genoux.

— Tape-la une fois avec ta baguette pour agrandir l’échelle, deux fois pour la réduire, dit James.

Sur la carte, un point jaune orné de l’inscription « Unité 7 » se déplaçait à bonne allure vers sa destination… mais ce n’était pas le seul.

— Quelqu’un d’autre avance dans la même direction que nous… Et vachement vite… l’Unité 3 ?

James blêmit.

— Tati, cette fourbe ! Elle essaie de me piquer mes dossiers ! Accroche-toi…
— Mais Donna n’avait pas dit que –

James tourna brutalement à gauche ; Walter se cramponna à son siège ; la petite harpie se balança furieusement sur son balai.

— On est au-dessus de la limite de vitesse, fit remarquer Walter, empêchant sa voix de monter dans les aigus.
— Elle va voir de quel bois je me chauffe, marmotta James.

Les feux arrière d’une A40 Farina apparurent devant eux.

— La voilà, cette sale harpie ! Je vais lui faire mordre la poussière !
— Hé, protesta la harpie du rétroviseur, croisant les bras sur sa poitrine, vexée.
— Désolé, c'est pas ce que je voulais dire, dit James.

Les roues droites de la voiture montèrent cahin-caha sur le trottoir. Un lampadaire s’écarta sur leur passage. Walter essuya son front recouvert de sueur. James appuya sur l’accélérateur et doubla la voiture 3 dans un carrefour. Il fit un salut moqueur à Tati dans le rétroviseur avant de freiner sèchement devant le numéro 412.

Walter supposa que c’était le numéro 412 parce qu’il y avait un énorme trou dans la façade et qu’un homme ventripotent vêtu d’un caleçon et d’un caleçon uniquement se tenait sur le palier, l’air de s’être levé du pied gauche.

A peine furent-ils sortis de la voiture que l’homme leur jeta :

— C’est pas trop tôt ! Je croyais que vous étiez censés rappliquer vite ?
— On a fait aussi vite que possible, Monsieur, assura James, conciliant.

Il jeta un charme de Camouflage sur la maison.

— Quelqu’un a vu ce qu’il s’est passé ?
— Juste ces morveux. Je les ai Stupéfixés bien vite.

Ce disant, l’homme pointa le doigt vers deux enfants Moldus, un garçon dont la jambe était levée au-dessus de son vélo et une petite fille pétrifiée un peu plus loin.

Leur esprit n’opposa aucune résistance au sortilège d’Amnésie de Walter. Il leur rendit ensuite le mouvement. Le garçon chevaucha son vélo, jeta un coup d’œil hagard autour de lui et s’en fut. Walter le suivait encore des yeux quand une conversation houleuse parvint à ses oreilles.

— Comment ça, vous pouvez pas réparer ma maison ? C’est pas votre boulot de réparer les choses ?
— Comme je vous l’ai dit, les dommages sont trop importants, répondit James d’un ton las. Le toit s’est littéralement effondré. Je peux contacter une équipe de Brigadiers qualifiés mais je ne peux pas garantir qu’ils arrivent sur le champ –
— Ah, vous admettez que vous n’êtes pas qualifié et donc que vous me faites perdre mon temps ! A quoi servez-vous si vous êtes incapable de faire ce que je vous demande ?
— Mon rôle est avant tout de sécuriser le secteur et d’évaluer les dégâts. Les débris sont encore brûlants de magie. D’après ce que vous m’avez dit, on ignore l’origine et la nature de l’explosion, on pourrait avoir affaire à de la magie noire –
— De la magie noire ? Et puis quoi encore ? Vous n’allez pas me dire que…

Walter admirait la patience de James. S’il était confronté à quelqu’un qui remettait en question chacun de ses dires, il les aurait remis à leur place depuis longtemps. Il redirigea son attention vers les alentours : les hautes grilles en fer forgé qui encadraient le palier des maisons, un chat errant sur le trottoir, le bruit lointain du trafic qui ne perturbait pas le calme du quartier résidentiel.

— Possédez-vous des objets magiques puissants et/ou dangereux ? demanda James. Je pense par exemple à un Quod… une bouteille périmée d’Explosard…. des Feuxfous Fuseboum de chez Weasley&Weasley… ou des potions inflammables ?
— Il y aurait bien ma corne d’Eruptif –
— Comment ?! s’étrangla James. Vous avez une corne d’Eruptif chez vous ? Mais Monsieur c’est très dangereux, les cornes d’Eruptif sont classées B dans la charte du matériel commercialisable !
— C’est un trophée de chasse – avez-vous seulement idée d’à quel point il est difficile de capturer un Eruptif ?
— Oui, parce que leur corne explose au moindre contact ! s’écria James, écartant ses bras vers les débris de tuiles et de briques amoncelés devant eux.
— Je la gardais derrière une vitrine protégée par des sortilèges, rendant tout contact impossible.
— Où étiez-vous quand l’explosion a eu lieu ?
— Sur les chiottes. Vous insinuez que je suis responsable ? Votre rôle c’est de réparer ma maison, pas de conduire un interrogatoire.

James se massa les tempes et l’homme repartit de plus belle :

— Non seulement votre temps d’intervention est déplorable, mais vous n’êtes pas fichu de…

Walter en avait assez entendu.

— Hé, tête de troll. Mon collègue sait de quoi il parle. Il t’a dit quinze fois que c’était pas possible de réparer ta baraque, donc entre toi dans le crâne que c’est pas possible. J’espère que tu as une bonne assurance maison. Sur ce, bon vent.

Walter attrapa James par la manche et le tira derrière lui jusqu’à l’A40 Farina.

— T’es fou, lui dit James, mais un sourire lui fendait le visage.
— Tu aurais mieux fait de laisser ce guignol à Tati.
— N’empêche, Walter, je sens qu’aujourd’hui sera une bonne journée.




***



— Je suis fini, déclara James, prostré contre le volant de la voiture.
— Allons, dit Walter, lui tapotant le dos avec toute l’empathie dont il était capable.
— Je ferais mieux de démissionner tout de suite.
— Cette solution me paraît légèrement excessive.
— Ou je pourrais me procurer des faux papiers d’identité, altérer mon apparence physique avec un sortilège et disparaître de la surface de la terre.
— Oui, voilà qui me semble plus raisonnable.

A la fin de leur quart de travail, Walter et James avaient rendu visite à chaque ancien résident de l’immeuble Navinsky, et à leurs voisins, et aux passants qui avaient eu le malheur d’emprunter la Lloyd George Street par un soir d’été trois ans plus tôt. Plus l’unité 7 avait avancé dans ses recherches, rayant un à un les noms de la liste, plus James s’était montré agité… et plus Walter s’était détendu. Depuis que cette satanée histoire d’inondation était remontée à la surface, tout au fond de lui, il avait eu peur que l’erreur soit la sienne. Que l’un de ses sujets ait gardé souvenir de l’évènement, ce qui rendrait Walter indirectement responsable de la fuite. Non seulement il aurait compromis la carrière de James, mais cela prouverait aussi qu’il ne pouvait pas faire la seule chose à laquelle il croyait être bon. Cependant ils avaient vérifié toutes les mémoires que Walter avait effacées, et il pouvait être rassuré : son travail était impeccable.

— Si la fuite ne vient pas d’un effaçage répertorié, ça veut dire qu’on a manqué quelqu’un, attesta Walter avec pragmatisme.

James se redressa sans lâcher le volant.

— Mais comment c’est possible ? Les périmètres ont été fermés dès notre arrivée sur les lieux, et on a pris nos précautions – voisins, passants, tous ceux qui auraient pu voir, entendre…

Ce n’était pas le seul mystère qui entourait l’inondation. Bien que le dossier lui-même ait été clôturé, la cause de l’inondation n’avait jamais été identifiée. Leur meilleure hypothèse : un maléfice raté de Mrs Navinsky, une vieille sorcière qui occupait un appartement du dernier étage et qui – selon sa famille, les propriétaires de l’immeuble – débloquait un peu.

— Si seulement il y avait moyen de revenir au jour de l’inondation et de revoir ce qu’il s’est passé… se lamenta James.

Il écarquilla les yeux comme s’il avait eu une idée fulgurante.

— Tu penses la même chose que moi ?
— Je ne crois pas, non.
— Walter, il y a moyen de revoir ce qu’il s’est passé. Avec une Pensine !

Walter percevait déjà dans quelle mesure cette idée était une très bonne idée pour James et une très mauvaise idée pour Walter.

— En se plongeant dans nos souvenirs, on pourrait revoir l’accident d’un point de vue différent, s’enthousiasma James. Et peut-être remarquer un détail que l’autre n’a pas vu, ou qu’on n’avait pas vu nous-même dans le feu de l’action.
— Et comment comptes-tu mettre la main sur une Pensine ? Ça ne se vend pas sur le Chemin de Traverse, ces machins-là...

James lui fit un clin d'œil complice.

— J'ai un contact au Département des Mystères. Fais-moi confiance.

Il n’eut pas le temps d’expliciter cette affirmation mystérieuse : la radio se mit à grésiller, les rappelant à la réalité.

— Accident au quai 9 ¾, King’s Cross.
— Tu veux le faire ? demanda James, tout sourire et fossettes au rendez-vous.

Walter mit quelques secondes à comprendre ce qu'il l'invitait à faire. Puis il se pencha vers le microphone et dit :

— Unité 7, en route.
— En route, Simone ! lança la harpie.
— En route, bébééééé ! s'écria James.

Arrivés à King’s Cross, ils se garèrent sur le trottoir et accoururent jusqu’au quai 9 ¾. Ce n’était jamais venu à l’esprit de Walter que l’on pouvait s’y rendre en dehors des jours de rentrée et de fin des cours. Un cheminot en uniforme violet se tenait devant la barrière qui menait au quai ; les mains sur les hanches, il jetait des regards nerveux autour de lui et se déplaçait de quelques centimètres sur la droite ou sur la gauche dès qu’un Moldu s’approchait – il semblait cacher quelque chose derrière lui. Lorsqu’il aperçut James et Walter, une expression de soulagement descendit sur son visage et sa posture se détendit.

— Merlin merci, vous voilà ! Je fais partie du personnel de gare du Poudlard Express. Il y a eu une défaillance de l’enchantement qui permet aux sorciers d’accéder au quai. Je pense que ce Moldu a dû s’appuyer par hasard sur la barrière et…

Il se décala, dévoilant à leur vue un spectacle des plus curieux : une paire de fesses et de jambes dépassait de la barrière et s’agitait faiblement. Le reste du corps de l’infortuné était présumablement coincé de l’autre côté, sur le quai 9 ¾.

— Haha ! s’exclama James, triomphal. Je savais que cette journée s’améliorerait !

Note de fin de chapitre :

J'espère que ça vous a plu ! Le prochain chapitre se nomme Déjà-vu, et c'est l'un de mes préférés ;)
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