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Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


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Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Sélections du mois


Félicitations à AliceJeanne et TeddyLunard, qui remportent la Sélection Action/Aventure !

Vous voulez revenir dans le Futur ? Lors du mois de novembre c’est possible avec la Sélection Next-Gen ! Vous avez jusqu'au 30 novembre pour lire les 10 textes proposés par les lecteurs et les lectrices et voter ici.

Et pour le mois de décembre, le thème et les textes vous attendent déjà avec la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez découvrir ces 12 histoires jusqu’à la fin de l’année et vous pourrez voter à partir de décembre. Pour en savoir plus, rendez-vous ICI !


De L'équipe des Podiums le 01/11/2022 19:00


15ème Échange de Noël


Le traditionnel Échange de fics de Noël est de retour pour sa 15ème édition !



Et cette année, vous pouvez écrire et recevoir : des fanfictions Harry Potter, des histoires originales... mais aussi des fanfictions sur d'autres fandoms ! Envie de nous rejoindre ?


Ça se passe d'ici le 31 octobre sur ce topic du forum HPF !


De L'équipe de modération le 23/10/2022 17:22


126ème Nuit d'HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 126 édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 21 octobre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
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De L'équipe des Nuits le 16/10/2022 11:07


Chroniques par Spiritos

[40 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

Hey! Me revoici avec une nouvelle fic longue qui, je l'espère, vous plaira. 

Les personnages, les époques et les genres seront assez variés, donc je ne savais pas vriament quoi mettre dans les catégories de résumé.

Bref, je me tais et vous laisse savourer (je l'espère) mon prologue et premier chapitre.

Bonne lecture!

Un éclair topaze déchira la voûte sombre pour en faire retomber une myriade de gouttelettes bleutées.

Marietta Edgecombe soupira, le dos meurtri contre son fauteuil éliminé. Ses courges incarnadines étaient maculées d’eau grisâtre et une boue pâteuse, entre l’orangeâtre et le brun, avait recouvert les pauvres cucurbitacés.

La commerçante agita paresseusement sa baguette, inutile face au déluge qui s’abattait sur les aliments souillés.

Mrs.Edgecombe balaya du regard la grande place nue, dépourvue d’arbres ou d’ornements, aux pavés irréguliers qui suintaient de relants nauséabonds.

Le village de Pré-au-lard était presque entièrement vide en ce soir pluvieux, et les rares téméraires qui avaient osé s’aventurer sur la place du marché étaient repartis bien vite, découragés par les citrouilles brunâtres imprégnées d’eau.

La vielle dame soupira de nouveau et leva un œil morne et agacé vers le ciel d’ébène, strié d’éclairs sans fin.

La pluie s’intensifiait et de grosses gouttes opaques martelaient désormais le toit fin de son échoppe de fortune.

A travers les voiles d’eau étain qui s’abattaient devant elle, Mrs.Edgecombre crut apercevoir un éclair plus puissant que les précédents qui retentit avec force.

Les yeux plissés, elle poussa un cri lorsqu’une silhouette noire chuta des cieux pour venir s’écraser douloureusement contre la chaussée boueuse. La femme porta une main anxieuse à ses lèvres et claudiqua vers la masse sombre qui gisait désormais dans la boue brunâtre.

Elle retint un cri de surprise: une jeune femme était étendue sur le trottoir, et gémissait de douleur.

Vêtue d’une grande cape sombre et intégralement habillée de noir, elle leva vers la vendeuse un visage ensanglanté et sale.

Mrs.Edgecombe fut frappée par sa jeunesse, et par sa beauté. Malgré la crasse qui recouvrait manifestement les joues de l’inconnue, elle dégageait une froideur et une prestance qui firent frissonner la vieille femme.

Mais il était évident que celle-ci n’était pas en état de lui causer le moindre mal.

Dans un sursaut, la commerçante s’aperçut que les gémissements de la jeune femme s’étaient mués en de franches exclamations de douleur.

Mrs. Edgecombe remarqua avec stupéfaction que les sanglots d’un enfant se mêlaient aux râles de la malade, dont le beau visage était striée de larmes pâles. Sous sa cape d’ébène gémissait un nouveau-né à peine sorti du ventre de sa mère.

Avec un petit cri, la jeune femme recracha des gerbes rougeâtres sous le regard horrifié de la vieille sorcière, impuissante.

Les mains tremblantes, elle éleva sa baguette puis marmonna d’une voix faible:

« Epliskey ! Heu... Episley. Non... Episkey ! »

Quelques minces égratignures disparurent du visage blême de la mère, qui darda un regard meurtrier sur l’épicière, honteuse de sa propre incompétence.  La jeune femme hoqueta des caillots écarlates puis leva ses bras tremblotants vers Mrs.Edgecombe.

Elle enroula son enfant dans un pan immaculé de sa cape et la donna à la vieille sorcière, qui le pris gauchement. Ses râles s’accentuèrent et la vendeuse la regarda avec impuissance expirer, dans un silence seulement troublé par ses cris, de plus en plus faibles.

La pluie avait cessé et la place sombre était baignée d’un halo de lumière blanchâtre, qui éclairait sinistrement le visage livide de la mourante.

L’enfant s’était tue et dévisageait pour la dernière fois sa mère agonisante, de curieux yeux vairons, or et cyan, fixés sur sa chevelure d’ébène. Dans un ultime soupir, mère et fille échangèrent un dernier regard, où semblait transparaître amour et tristesse.

La jeune femme poussa un soupir et ferma ses iris cyan. Sa poitrine se stabilisa peu à peu, et son visage torturé prit peu à peu un air serein.

Marietta Edgecombe sentit quelque chose se briser en elle, au fur et à mesure qu’une dernière larme opaque coulait lentement sur la joue émaciée de la morte.  

 

La place était balayée d’un vent doux qui remuait paresseusement les derniers relents de flaques qui brillaient à la lueur de la lune. Le nouveau-né récemment acquis dans ses bras, Mrs.Edgecombe regardait fixement la chaussée boueuse maculée de crasse.

Les derniers relents du liquide écarlate disparaissaient peu à peu, éparpillés dans l’eau et la bourbe.

Toute trace des événements passés avaient été lavée, évaporée dans le ciel étoilé.

La sorcière dévisagea une dernière fois les pavés irréguliers, tressaillant à chaque battement de cœur de l’enfant contre sa poitrine.

Rien ne semblait s’être passé sur la place du marché de Pré-Au-Lard, au point que Mrs. Edgecombe se serait demandé si elle avait rêvé.

Seul le nouveau né qui dormait paisiblement était témoin de la scène extraordinaire qu’elle venait de vivre.

Ce n’aurait pu finalement n’être qu’une hallucination due à la fatigue. Une scène imaginée de toutes pièces. Une bizarrerie de son esprit nerveux, de seulement quelques secondes.

Le temps d’un soupir.

Le temps d’un orage.

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Un fin rayon de soleil filtra à travers les fenêtres entrebâillées, pour venir me caresser les joues avec douceur. Je me retournai dans mes draps de lin en marmonnant de plaisir. La lumière s’intensifia jusqu’à m’arracher un grognement agacé. Les yeux résolument clos, je tâtonnai pour trouver mon calendrier.

J’en saisis les bords gondolés et ouvrit prudemment une paupière. En voyant la date qui s’affichait sur le petit cadre blanc, je poussai un énorme soupir, soulagée.

Les murs crèmes de ma petite chambre me parurent soudain beaucoup plus agréables et je m’allongeai sur mon matelas éliminé, heureuse. Le chiffre un qui trônait, majestueux, sur ma table de chevet me mis du baume au cœur. Cela faisait trois fois que je revivais la même journée, et j’attendais avec impatience l’arrivée de la date fétiche du 1er Septembre.

Perdue dans des rêveries d’avenir, je n’entendis pas tout de suite la porte de ma chambre tressaillir sous trois coups brefs.

Je me redressai vivement tandis qu’une voix fluette l’interpellait:

« Saphir ? Tu es réveillée ? »

Je levai les yeux à la mention de mon stupide prénom, et répondis sèchement à ma meilleure amie: « Oui, ALICE est réveillée! » 

Un éclat de rire retentit à travers la cloison et j’allai ouvrir la porte de fort mauvaise humeur.

J’y trouvais une fillette blonde, au visage poupin encadré de longues boucles dorées et aux iris noisette qui tentaient en vain de contenir leur hilarité.

Au regard noir que je lui jetai, Ambre gloussa de plus belle et j’attendis plus ou moins patiemment qu’elle finisse, habituée à ses ricanements soudains.

Elle se redressa enfin et jeta ses longs cheveux aurore en arrière pour me faire face, souriante:

« C’est donc Alice aujourd’hui? Pas de Sophie ou de Louise ?

-Non, répliquai-je, glaciale. Je trouve que Alice est un très beau prénom. » 

Mon amie leva ses iris bruns au ciel.

« Enfin, il l’est assurément mais ce n’est pas le tien ! Tu t’appelles Saphir, rappelles toi. 

-À ce qu’il parait, rétorquais-je, agacée. Les changements de noms existent tu sais .

-Mais c’est ton nom ! Tu ne peux pas le changer. »

Malheureusement, Ambre avait raison sur ce point. Mais elle m’agaçait avec son bon sens et son air calme, aussi je répondis:

« Toi, tu peux bien parler. Tu t’appelles Ambre ! Tu as hérité du meilleur prénom du pensionnat! »

Ma meilleure amie ouvrit la bouche, la referma et resta en plan sur le palier de ma porte, les bras ballants.

Nous nous dévisageâmes quelques secondes en silence, avant d’éclater de rire dans un commun accord. Nous nous prîmes dans les bras, amusées de cette sempiternelle dispute, excitées des perspectives de la journée.

Nous nous mîmes à sautiller dans le couloir au parquet grinçant, indifférentes aux têtes ébahies qui se pointaient à travers les portes entrouvertes. 

« On va à Poudlard ! On va à Poudlard ! » 

Un garçon maigre, aux cheveux roux en bataille et à la peau constellée de taches de rousseur, se planta en plein milieu du corridor, les mains sur les hanches.

Émeraude grimaça lorsque je lui sautai dans les bras et me réceptionna en chancelant.

« On aimerait bien dormir, ici, grommela le jeune garçon en m’ébouriffant les cheveux.

-Mais on va à Poudlard ! répéta Ambre, des étoiles pleins les yeux. »

Notre presque frère leva les yeux au ciel, avant de se fendre d’un grand sourire qui fit ressortir sa dentition irrégulière. 

« Mes petites sœurs deviennent grandes, sanglota-t-il en faisant mine d’essuyer une larme. »

Je lui administrai une petite tapette, auquel il répondit par un ricanement amusé.

Ambre et moi recommencions à sauter de joie et il passa sa main dans sa chevelure de feu.

« Tu peux aller réveiller les autres, Émeraude, m’enquis-je, moqueuse, en appuyant sur son prénom. »

Mon aîné leva ses iris verts au ciel, soudainement sérieux.

« Moi, c’est Em, et tu le sais très bien, Saphir, contra-t-il. »

A mon tour de plisser les paupières, sous les marmonnements amusés de ma meilleure amie: « C’est Alice aujourd’hui. »

Émeraude, Ambre, Saphir, Topaze...

Dans le pensionnat Smith, nous faisions partis d’une catégorie à part.

Nos stupides prénoms de pierres précieuses à faire pâlir de honte n’importe lequel d’entre nous était le signe de notre appartenance à l’orphelinat. Nous étions sans parents, sans famille.

Dans nos longs cours d’histoire, on nous rabâchait sans cesse que le pensionnat Smith avait été le premier orphelinat pour sorcier orphelin créé en Grande-Bretagne.

Les fils et filles de mages décédés ou disparus se retrouvaient inlassablement dans ce petit orphelinat, privé d’une enfance heureuse dans les murs immaculés des salles désertes.

Mais il s’était avéré que les orphelins sorciers étaient plus rares qu’il n’y paraissait. Aussi, la journée, Mr et Mrs Smith accueillaient des enfants de mages et les éduquaient avec rigueur et justesse.

Nous, les orphelins trouvés dont personne ne voulaient, formions un groupe à part.

Nous, les enfants aux noms de diamants.

C’était le directeur et fondateur Zacharias Smith, un vieillard acariâtre et rachitique, qui avait eu la singulière idée de nous nommer d’après des pierres précieuses. Son propre nom, peu commun et pas très esthétique, avait sûrement dû le dégoûter, nous moquions nous parfois, hilares.

Il n’empêche que nous nous retrouvions tous affublés d’hideux patronymes, bien que, sur ce point, je n’étais pas la plus à plaindre.

Je parcourrais du regard l’étroit corridor désormais rempli de mes autres frères et sœurs qui piaillaient avec animation.

Lapis et Lazuli, les deux jumelles de trois ans mes cadettes, plaisantaient gaiement avec Ambre tout en arborant une moue jalouse. Elles étaient vraiment mignonnes, avec leurs joues rondes, leurs tresses brunes et leurs iris azur parfaitement identique. Je courus les prendre tour à tour dans mes bras, tandis qu’elles contenaient des larmes d’émotion.

De son côté, mon amie se débattait avec Topaze, un garçon grassouillet aux grands iris jaunes et aux cheveux d’un blond paille, qui la dévisageait avec adoration. J’éclatai de rire et aidai Ambre à se débarrasser de son éternel prétendant en prétextant devoir saluer une dernière personne.

Ce n’était pas totalement faux: Mrs Smith, vieille femme en surpoids et implacable gouvernante, nous attendait de pied ferme pour mettre au point les derniers détails.

Debout sur le tapis soyeux, devant son bureau, nous échangions des sourires complices à chaque fois qu’elle tournait le dos et camouflions notre hilarité derrière des toussotements forcés.

La gouvernante nous dévisagea par dessus des lunettes rondes, impassible.

« Ambre, Saphir, commença-t-elle, indifférente à ma grimace. Vous êtes sur le point de débuter votre formation de sorcier. Vos années à Poudlard seront, je vous le promets, les meilleures de votre vie. » 

Elle marqua une pose et son regard se fit vague, comme pour tenter de se souvenir de son propre passé d’étudiant.

Je n’arrivais pas à visualiser la vieille et grasse Mrs.Smith, engoncée dans des jupes courtes, exhibant ses charmes de jeune fille.

Au regard goguenard de ma meilleure amie, je vis qu’elle pensait à la même chose que moi. Nous voilà donc reparties dans un fou rire, sous l’œil sévère de la sorcière revenue à elle-même.

« Cependant, continua-t-elle sèchement, ce n’est pas une raison pour vous disperser. Poudlard est un lieu formidable mais n’en reste pas moins une école, un lieu de travail et de rigueur. Si vous causez trop d’ennuis, je peux vous dire que vous serez sévèrement réprimandées. Par les professeurs et par moi-même, précisa-t-elle. » 

Elle laissa planer un regard noir sur chacune d’entre nous, s’attardant particulièrement sur moi, qui déglutis.

Je respectais d’avance mes futurs mentors, mais - j’étais bien placée pour en parler - doutais sérieusement de leur capacité à rivaliser avec Mrs.Smith en matière de punition. 

Celle-ci me sourit d’un air faussement angélique qui ne trompa personne et je maintins son regard, sereine.

« Sadique, marmonnais-je à Ambre qui ricana silencieusement. »

Tandis que nous nous dirigions en silence vers la porte massive de son bureau, elle nous adressa une énième recommandation:

« Une dernière chose: Poudlard peut parfois être un endroit dangereux. Même si Émeraude et Améthyste veilleront sur vous, je veux que vous me promettiez de ne pas chercher les embrouilles. On ne sait jamais ce qui peut arriver lorsque l'on se frotte de trop près à une affaire qui nous dépasse. »

La gouvernante planta son regard noir dans mes iris vairons, me faisant frissonner malgré moi. Je savais qu’elle appartenait à la génération de la Seconde Guerre et que Poudlard était en cette époque un lieu instable et, quoiqu’en disent certains, peu sécurisé.

Il me paraissait impensable aujourd’hui que ma future école comprenne le moindre risque, hormis de futiles disputes avec des apprentis sorciers.

Mais le ton particulièrement grave de Mrs.Smith me fit hocher frénétiquement la tête, obéissante. Je tacherais pour cette fois de contrôler mon caractère casse-cou et de ne pas attirer les catastrophes comme à l’habitude.

Dans l’entrée bordée de chanceliers et de chandelles scintillantes, nous retrouvâmes Émeraude et Améthyste qui attendaient patiemment, une énorme malle à leur pied.

Em leva les yeux au ciel devant nos sourires éclatants tandis que la jeune fille nous regardaient froidement, impassible.

N’y tenant plus, je me jetai dans ses bras et ris lorsqu’elle me repoussa sèchement.

« Tu n’es pas contente de nous savoir avec toi, Am’ ? la taquinai-je, mesquine. »

Mon aînée leva ses iris violets au ciel.

« Pour la énième fois, je m’appelle Améthyste. » 

Ambre gloussa devant mon hilarité.

Améthyste Thompson était la plus âgée de notre orphelinat, et représentait aux yeux de tous une grande sœur ronchonne qui se plaisait à nous dédaigner. Froide et parfois très sèche, elle était pourtant dotée d’un cœur d’or et quelques uns des meilleurs moments de ma courte vie étaient avec elle.

Mais en ce moment, c’était surtout une aînée grincheuse qui nous prenait de haut, aussi répliquai-je en battant des paupières, faussement angélique:

« Pourtant, ce surnom te va comme un gant ! Imagine si je suis envoyée avec toi, à Serpentard. Tu devras me supporter plus longtemps que prévu, non ? 

-Ne parle pas de malheur, marmonna Am’ , et Émeraude et Ambre éclatèrent de rire. »

Je ramassai mon énorme valise qui gisait à mes pieds et, dans un suprême effort, parvins à la soulever à deux mains.

Je tournai la tête vers mon frère aîné pour vérifier s’il avait observé mon exploit mais celui ci me regardait avec amusement, sa propre malle nonchalamment hissée sur son épaule.

« Saphir, me fit-il remarquer, narquois. Tu sais que Mr. Smith a enchanté les valises pour qu’elles pèsent moins lourd ? »

Je devins cramoisie et maugréai, de mauvaise foi: 

« Il a dû oublié la mienne dans ce cas. »

Em secoua ses mèches auburn et souleva ma malle comme si celle-ci ne pesait pas plus lourd qu’une plume.

Je me détournais pour échapper à son regard moqueur, et croisai celui goguenard d’Améthyste. Tous contre moi...

Mon aînée prit la parole en un raclement de gorge.

« Nous devrions y aller. Ça serait dommage de rater le train. »

Ambre plaqua sa main contre ses lèvres pêches tandis que je levai mes iris or et azur au ciel.

Je savais Améthyste incapable d’arriver en retard, ne serait-ce que d’une minute.Pourtant, je ne pus empêcher mon cœur de tambouriner furieusement contre ma poitrine en regardant Em, puis Ambre disparaître tour à tour dans une gerbe de flammèches émeraude.

Lorsque, tremblante, je saisis à mon tour une poignée de poudre verte, je sentis avec étonnement une main douce de mon épaule.

D’une légère poussée, Améthyste m’encourageait en me souriant tendrement, et je sentis toute mon angoisse première se dissiper.

Alors que je m’avançais, désormais sereine, vers la cheminée grossièrement sculptée, j’entendis des pas sur le grand escalier aux marches grinçantes.

Je tournai la tête, perplexe, et aperçut mes frères et sœurs, debout sur le palier, agitant frénétiquement la main pour me dire au revoir.

Je sentis des larmes poindre au bout de mes paupières, larmes que j’essuyais d’un mouvement rageur. Je n’allais pas pleurer.

Pas maintenant, pas ici, pas devant cette famille qui me saluait avec affection et faisait naître en moi un amour grandissant.

J’étais peut être orpheline et n’avait pas de parents, mais ces enfants là étaient la seule famille qu’il me fallait et suffisaient entièrement à mon bonheur.

Je les saluai à mon tour et renversai gauchement la moitié de la poudre verdâtre sur mes mèches désordonnées, provoquant leur hilarité. Je souris et lançais le reste de la Poudre de Cheminette dans le feu, qui se tenta d’une couleur mélèze.

La dernière image que je gardai du pensionnat Smith fut les visages joyeux de mes frères et sœurs, les yeux aussi scintillants que deux pierres précieuses.

 

Le reste de la journée passa à vitesse grand V, et je perdis peu à peu le fil des événements.  Nous arrivâmes dans une gare saturée de l’odeur âcre de la fumée, des nuages de vapeurs dispersés dans l’air.

Une énorme locomotive écarlate crachotait ces volutes de fumée et je plissait les yeux, perdue dans la foule.

Le départ se fit dans un désordre complet, entre les mères éplorées qui larmoyaient avec leurs enfants et les cris surexcités des adolescents braillards.

Je montai prestement dans le train et m’engouffrai dans le premier wagon qu’Ambre aperçut, un début de nausée se faisant sentir. 

Émeraude allait nous suivre mais fut abordé par un groupe de troisième année de Serdaigle. Heureux de retrouver des camarades, il se tourna vers nous:

« Ça vous dérange si je vous laisse seules? »

Ma meilleure amie hocha la tête tandis que j’esquissai un sourire forcé.

Le jeune garçon m’ébouriffa les cheveux et rejoignit ses amis, indifférents à la grimace que m’arracha leurs rires insouciants. Toute la joie que j’avais ressentie à l’approche de mon entrée à Poudlard semblait s’être évaporée, remplacée par une énorme appréhension qui me faisait trembler.

Je me tournai vers la meilleure amie pour lui faire part de mon anxiété, mais celle-ci souriait tellement que je n’eus pas le cœur de lui faire de la peine en partageant mes futiles préocupations. 

"On y est enfin, Saphir, me souffla-t-elle doucement et je sentis mon moral remonter, mes doutes balayés par son sourire."

Je n'eus cependant pas le emps de répondre lorsque la porte s'ouvrit avec fracas, ébranlant les murs de notre compartiment.

Ambre et moi tournâmes la tête en un même mouvement intrigué et ma machoire se décrocha devant la nouvelle arrivée.

Une fillette de première année, aux grands iris ambrés et à la peau pâle nous souriait en entortillant un doigt fin dans sa chevelure.

Celle-ci était d'une beauté rare: des reflets argentés parsemaient ses mèches aurores qui encadraient avec grâce son visage rond. Aucun noeud ne semblait logé dans ces boucles presques irréelles et je passai nerveusement ma main dans mes propres cheveux hirsutes, noirs comme la nuit. 

L'inconnue sourit en exhibant de magnifiques dents d'ivoire et s'assis avec élégance sur notre banquette sans nous quitter du regard.

Je me tournai vers Ambre, prête à appuyer sur les manières de la filette mais m'apperçus que mon amie fixait celle-ci avec des yeux ronds, admirative.

"Je m'appelle Maud, commença la nouvelle d'une voix horriblement suave. Maud Lupin."

Lupin... ce nom me disait quelque chose.

Je n'eus cependant pas le temps de chercher plus loin qu'Ambre bondit presque de son siège pour s'écrier:

"Lupin! Tu es la fille de Teddy Lupin et Victoire Lupin, née Weasley ?

- Oui, fit la dénomée Maud - un prénom d'une délicieuse banalité, remarquai-je avec dépit. Mon père est le filleul d'Harry Potter et ma mère une de ses nièces."

Harry Potter. Ce nom, lui, me rappellait mes barbants cours d'histoires sur la Seconde Guerre et le rôle du Survivant.

Cette Maud faisait donc partie de la famille proche du célèbre sorcier, et alors ?

"Moi, renchérit ma meilleure amie, radieuse, c'est Ambre. Ambre Greengrass."

Elle grimaça, comme à chaque mention de son patronyme.  Ambre n'avait plus de famille proche, hormis une vieille tante aigrie qui avait préféré donner sa nièce à notre pensionnat que changer les langes d'un nourrisson braillard.

S'occcuper de la fille de sa soeur décédée était sûrement trop en demander à une dame au Sang-Pur. 

"Et elle, continua mon amie en me désignant, c'est Saphir Hood."

À mon tour de grimacer.

Déjà que mon prénom était particulièrement ridicule, je haïssais viscéralement mon nom de famille.  Étant donné que j'avais été trouvée et que l'identité de mes parents n'avait jamais été révêlée, je me retrouvais affublée du pitoyable patronyme réservé aux orphelins sans nom. Cela me faisait souvent l'effet de ne pas avoir d'identité, seulement un masque grotesque brandi en permanence.

Je fus sortie de mes sombres pensées par un gloussement.

Lupin avait éclaté d'un rire particulièrement aigu et peinait désormais à reprendre son souffle, hilare.

"Désolée, fit-elle devant nos regards interloqués. Saphir... c'est juste tellement ridicule. Sans rancune, hein, m'interpella-t-elle en souriant."

Je lui administrai en retour une oeillade si meutrière qu'elle se tassa sur sa banquette, soudainement appeurée.

Il fallait dire que je maitrisais les regards noirs à la perfection, foudroyant ma victime de mes iris vairons flamboyants de colère.

Mais pour qui cette gamine se prenait-elle? Elle débarquait ainsi, à l'improviste dans notre compartiment pour fanfaronner et insulter les gens ?

C'était officiel, je ne l'aimais pas.

Je la classai en mon for intérieur dans la liste des Gens Détestés, déjà garnie des noms de Mr Smith et du fléreur du libraire.

Un silence pesant s'était installé dans le compartiment et l'on n'entendait plus que les sifflements lointains de la locomotive.

Le train filait à vive allure sur les rails rouillés, traversants des contrées verdoyantes et humides. Ambre soupira et tenta tant bien que mal de relancer la conversation:

"J'adore tes cheveux, sourit-elle, crispée, à l'intention de Lupin."

Celle-ci retrouva immédiatement son sourire de m'as-tu-vu et se pencha d'un air conspirateur qui me fit lever les yeux au ciel.

"Voyez vous, susurra-t-elle, ses boucles dorées délicatement posées sur ses épaules, je suis Demi-Métamorphomage.

-Non? souffla mon amie, excitée.

-Je peux donc changer à ma guise la couleur et la forme de mes cheveux."

Lupin se concentra un instant et sa chevelure cendrée se changea en une casacade de boucles écarlates, nous laissant bouche bée. 

"C'est... incroyable, balbutia Ambre, ébahie."

Plutôt cool en effet, même si j'aurais préféré avaler un Veracrasse que le lui avouer.

Aussi, je lançai, dédaigneuse:

"Enfin, c'est un peu inutile de ne pouvoir changer que tes cheveux...L'interêt du Métamorphomage, c'est le camouflage. Jouer ton propre coiffeur est totalement dépourvu d'intérêt.

La fillette pâlit et retransforma ses cheveux en leur couleur initiale. Ambre ferma les yeux.

"C'est dommage que toi, tu n'aies pas ce don. Ça t'aurait fait du bien de changer ta tignasse noirâtre, de temps en temps."

Elle ricanna tandis que je rougissais, de honte et de fureur. Ma tignasse noirâtre ? C'était vrai que mes mèches n'étaient pas des plus ordonnées, mais pour qui se prenait-elle?

Mes poings se serrèrent et je fixai avec haine le beau visage satisfait de Lupin.

Soudain, une ride creusa son front parfait, bientôt suivie d'une autre. Une myriade de petits plis ornèrent tout à coup la peau autrefois si parfaite de la fillette, qui n'en était plus une. Ses magnifiques cheveux devinrent grisâtres et son dos se courba, écrasé par le poids de l'âge.

Lupin commença à pousser des cris, de la voix chevrotante d'une vieille femme et Ambre s'écria, catastrophée:

"Saphir! Arrête ça tout de suite!"

Je sortis de la transe dans laquelle je m'étais inconsciemment plongée et dévisageai à mon tour Lupin qui pleurait désormais à grosses larmes, méconnaissable.

Mes iris cessèrent de briller, mes cheveux- enfin, ma tignasse noirâtre- retombèrent sur mes frêles épaules et je contemplai, terrifiée mon oeuvre. Car la peau ravagée de la fillette-vieillarde était assurément de ma faute.

Je sentais encore mon sang bouillir de rage contre elle, mon étrange magie avait fait le reste. Je fermai les yeux et me concentrai.

Lorsque je les rouvris, j'observai avec une immense soulagement le retour de la jeune Maud, qui regarda avec bonheur et incompréhension ses belles mains retrouvées. 

"Désolée, marmonnai-je, penaude."

Lupin leva la tête et je n'eus que le temps d'appercevoir son regard horrifié avant que celle-ci recule précipatemment, les iris emplis de terreur.  Ambre la prit dans ses bras tandis qu'elle pleurait à chaudes larmes et je baissai la tête devant le regard indigné de ma meilleure amie.

"Je...commençai-je avant de m'interrompre."

Il n'y avait rien à dire. Avant même d'arriver à Poudlard, j'avais agressé une élève. Horriblement agaçante, certes, mais cela n'en restait pas moins un acte grave.

Je marmonnai un énième "Désolée" et sortis en trombe du wagon, indifférente aux cris d'Ambre. 

J'errais dans les couloirs du train, baissant la tête devant les regards interrogateur de certains élèves plus âgés, surpris peut-être de voir une petite fille à la mine d'enterrement se balader seule dans un véhicule en mouvement.

J'entrai dans le compartiment le plus éloigné de l'entrée, une cabine sombre et humide où le bruit des tuyaux se faisait entendre à travers la mince cloison. 

Je n'avais jamais été normale. Enfin, aussi "normale" qu'un enfant sorcier pourrait prétendre l'être.

J'avais toujours eu des sursauts d'humeur plutôt banals, mais qui se traduisaient inlassablement par des catastrophes de ce genre.

Ainsi, je me "téléportais" parfois sans raison, ou clignotais pendant plusieurs minutes.

Il m'arrivait de suspendre sans le vouloir une scène, de ralentir les mouvements des autres ou au contraire d'accélérer les évènements, comme sur une félévision Moldue que nous avait montrée Mrs. Smith.

Je revivais certains jours une, deux voire trois fois et observais inlassablemet les mêmes actions répétées, ou sautais au contraire tout une semaine.

Je ne savais pas comment je faisais cela, mais Mr.Smith m'avait bien fait comprendre que j'étais loin des manifestations spontanées des jeunes sorciers.

J'étais "anormale", mes iris vairons, or et cyan, en étaient le meilleur signe.

Une petite fille si étrange, avec sa peau halée si peu assortie à ses intenses cheveux noirs et à ses yeux ambrés et azur que ça en devenait effrayant.

Un monstre

J'avais naïvement cru pouvoir refouler qui j'étais, me fondre dans la masse d'enfants excités par la perspective d'apprendre.

En vain. 

À peine arrivée, j'avais fait une victime, qui pleurait bruyamment dans les bras de ma meilleure amie. Une larme solitaire coula sur ma joue rougie et je reniflai doucement.

Assise sur la banquette poussièreuse, mes bras enroulé contre mes genoux tremblants, je pleurais silencieusement en regardant défiler le paysage.

"Pourquoi pleures-tu?"

Je me retournai brusquement et effaçai prestement mes larmes pour faire face au nouvel arrivé. 

Un jeune garçon se tenait nonchalement dans l'encadrure de la porte, les bras croisés et les sourcils levés en signe d'interrogation. Il arborrait une chevelure chataîn désordonnée et de surprenants iris bleu-verts qui débordaient de malice.

"Je ne pleure pas, me défendis-je d'une voix chevrotante qui me fis moi-même grimacer."

Hors de question d'étaler ma vie devant un inconnu, aussi me giflai-je mentalement pour me redonner contenance.

"C'est à cause de ce qui s'est passé avec la Métamorphomage, c'est ça ?

-Comment..?

-J'ai tout vu, me coupa le garçon.

-Tu nous espionnais? m'étranglais-je à moitié."

Bon, le terme espionner était peut-être un peu fort, mais j'étais outrée. Je ne voulais pas être définivement catégorisée comme "la fille qui agresse les gens". "

"J'avais entendu des voix et j'étais seul, rectifia-t-il. J'ai voulu entrer mais quand j'ai vu ça... J'ai préféré me cacher."

En voyant mon expression s'assombrir, il s'empressa de continuer:

"Bah oui, je n'aurais pas voulu te gêner dans ton oeuvre. C'était de la très belle magie. Flippante, mais très belle."

J'haussais un sourcil, sceptique. Question de point de vue.

"Tu sais, reprit le graçon qui me semblait particulièrement bavard, Poudlard te fera du bien. Chaque sorcier a ses particularités, ses qualités comme ses défauts. Effectivement, nos points négatifs ne sont pas tous de faire vieillir les gens, mais...

-Tu t'enfonces là, fis-je remarquer."

Mais la tristesse qui m'étreignait le coeur avait disparue et je contemplais avec amusement ce drôle de première année, aux manières brusques et directes, qui m'enseignait la vie.

"Moi, quand ils m'ont dit que j'étais sorcier, je n'y croyais pas, continua-t-il. Mais j'ai compris que j'étais quelqu'un de spécial, et pas seulement à cause de mes pouvoirs. Toi aussi, tu es spéciale."

J'hochai poliment la tête mais ne l'écoutais plus, perdue dans la contemplation des arbres touffus qui défilaient à travers la vitre sale, enveloppé d'une dense obscurité qui faisait ressortir leur feuillage émeraude.

Cet étrange garçon avait raison.

Poudlard représenterait pour moi un nouveau départ, une occasion de me fondre dans la masse d'élèves joyeux tout en cultivant ma différence. 

J'essuyai les dernières traces de larmes sur ma joue hâlée, emplie d'un regain de détermination.

Je réussirai.

"Tu me trouves beau?"

Je levai les yeux vers le garçon qui avait fini sa tirade et me dévisageait d'un air sérieux.

J'ouvris des yeux ronds. Pardon ?

"Je repère juste mes prochaines conquêtes, se justifia-t-il. Avec mon corps de dieu et mon intelligence fulgurante, j'en briserai, des coeurs!"

J'écarquillai mes iris, choquée. Que..?

Devant le regard inquisiteur du première année, j'éclatai de rire, les côtes nouées par une hilarité impossible à contenir. Je ris tellement que des larmes nouvelles dévalèrent le long de mes joues, dans les sillons creusés par les anciennes.

Le garçon attendit patiemment que je me calme, légèrement vexé, un sourire en coin trahissant néanmoins son amusement.

"Pas intéressée, désolée, fis-je enfin en essuyant mes yeux embués. À qui ai-je l'honneur?

- Shay Cooper, souria-t-il en me tendant une main amicale que je serrai avec enthousiasme. Et toi..?

-Saphir Hood"

Il ne put s'empêcher de grimacer mais, étrangement, cela me toucha beaucoup moins que les gloussements de Lupin.

" Aïe.

- Effectivement."

 

"Saphir Hood!"

Je tressaillis lorsque mon nom résonna dans la Grande Salle.

D'une démarche que je voulais assurée- mais qui ne l'était assurément pas- je me dirigeai en tremblant vers le tabouret où tronaît, heu, pitoyablement un couvre-chef rapiécé de toutes parts.

Le vieux directeur adjoint, le professeur Hagrid, plaça un peu brusquement le fameux Choixpeau sur ma chevelure d'ébène et j'attendis le verdict.

Hum...cela faisait longtemps que je n'avais pas réparti une fillette aussi intéressante que toi.

Interessante? C'est-à-dire? 

Tes pouvoirs sont plus purs. Plus bruts. Plus archaïques.

Qu'il explique sa pensée, je ne parlais malheureusement pas le chapeau.

Enfin bref... Où vais-je donc mettre une jeune fille de ta trempe? Tu as de l'intelligence, de la logique et beaucoup de créativité. Mais ton caractère de feu te consumme également.

Je pensai de toutes mes forces à Poufsouffle. Ambre y avait été envoyée et j'aurais préféré ne pas être séparée de ma seule amie.

Loyale avec ça... Mais tu manques d'empathie. Poufsouffle n'est pas une maison pour toi.

Sympa ce Choixpeau. Si j'étais si méchante, autant me mettre à Serpentard.

Pas assez rancunière pour la maison des Serpents...

Poufsouffle était une très bonne maison dans ce cas. Et je me jurai en mon fort intérieur que j’allais en vouloir à vie à ce stupide chapeau s’il ne m’envoyait pas chez les blaireaux. Pas rancunière, moi ?

Un tempérament de feu..je sais où je vais te mettre !

Poufsouffle ? Pensais-je de toute mes forces en croisant les doigts.

Tu auras parfaitement ta place à... GRYFFONDOR!

Je remis le couvre chef en place et me dirigeai en bougonnant vers la table des rouge-et-or, où ma nouvelle maison applaudissait poliment. Avant de m’asseoir, je jetai un regard triste à Ambre qui me sourit en retour. Je contemplais alors mon assiette dorée, vide pour ne rien arranger.

Un coup de coude me sortit de ma léthargie. Shay Cooper me dévisageait joyeusement, attablé à mes côtés. 

« C’est génial qu’on soit dans la même maison, sourit-il et je sentis mon moral remonter légèrement."

Je lui adressai une grimace qui se voulait sourire et nous commençâmes à parler gaiement, indifférents aux premières années tremblantes qui n’étaient pas encore repartis.

Je grimaçai néanmoins lorsque que Lupin, Maud fut envoyée à Poufsouffle.

La jalousie me fit plisser les yeux devant son embrassade ravie avec ma meilleure amie, comme si elles se connaissaient de longue date.

Shay agita une main agaçante devant mes iris furieux jusqu’à ce que je daigne détourner le regard, exaspérée.

« Tu veux mon avis ? commença-t-il, indifférent à mon « Non » catégorique. Ton amie aux cheveux jaunes à l’air vingt fois plus gentille que toi. Ça doit être pour ça qu’elle est à Poufsouffle et que tu n'y es pas.

-Tu sais vraiment remonter le moral des gens, bougonnai-je.

-Et pour Lupin, continua-t-il, au moins elle ne sera pas dans tes pattes.

-Seul point positif, effectivement. »

Shay ricana.

« Et tu devrais être honorée de rester avec moi, fit-il remarquer, rayonnant.

-Quelle chance, en effet, ironisai-je. »

De succulents plats étaient apparus dans la vaisselle dorée et je m’empressai de remplir mon assiette, humant le délicieux fumet qui s’échappait des rôtis, pâtés et pomme de terre grillés à point.

Le brouhaha des conversations mêlés au bruit des mastications avait plongé la Grande Salle dans une apparente léthargie, seulement troublée par les violents remous dans le ciel tumultueux.

Des éclairs fugaces zébraient la voûte nuageuse et une pluie battante martelait le plafond, diluvienne. 

Je respirai profondément, le cœur empreint d’une étrange nostalgie.

Les nuits d’orage avaient toujours revêtues une apparence particulière à mes yeux. Je me sentais liée au fracas des gouttes opaques, aux nuages étain, sombres et menaçants, à la foudre tonitruante qui déchirait la voûte.

Je fermais les yeux et savourai l’atmosphère pesante qui ne plaisait qu’à moi. 

Les déluges et moi semblions presque partager un secret enfoui par des siècles d’oubli, qui ressurgissait en de rares occaisons, quelques fois.

Quelques temps.

Le temps d’un orage.

Note de fin de chapitre :

Voilà! 

N'oubliez pas de me dire ce que vous avez pensé ( le cadre magnifiquement immaculé, un peu trop à mon goût, est là pour ça ).

C'est le seul chapitre où mes persos seront en première année.

On les retrouvra bientôt en cinquième année avec une intrigue plus poussée.

Joyeux Noël, joyeuse fêtes, profitez !

À bientôt :hug:

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