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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

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Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Le chat, la souris et la panthère par Ivichki SyrVikan

[120 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous. Pour ceux qui sont là après avoir lu La Forge des Âmes, ravie de vous revoir ! Après avoir rédigé la fin de cette première fanfiction, j’avais envie d’un peu plus de légèreté et de fraîcheur, ainsi qu’une bonne dose de baston pour laisser libre cours à mon imagination. J’espère que vous apprécierez ce récit, car Alya a maintenant 16 ans et un verbe beaucoup plus débridé que ce que vous avez pu lui connaître. Ne lui en voulez pas, on est tous passé par là !

Pour les nouveaux arrivants, et bien, bienvenue. Faites comme chez vous et mettez-vous à l’aise. Pour cette histoire, j’ai eu envie de camper des personnages bien tranchés (presque caricaturaux, vous pouvez le dire) et de mettre tout ce petit monde dans un shaker afin de voir ce que ça allait donner.

 

Tadaaam ! J’espère que ça vous plaira !

Chapitre 1

 

Vous avez déjà observé un chat quand il chasse ? Il est du genre à apprécier tout ce qui n’est pas trop gros, qui vole ou qui court vite. C’est que ça aime le challenge ce genre de bébête. Ça aime quand ça se débat et quand, même à terre et exsangue, sa proie continue de lui opposer une résistance farouche. 

J’aimerais vous dire que je fais partie de ces matous avec leurs griffes acérées et leurs grosses dents avides d’une chair tendre. Malheureusement, je suis plutôt du genre souris. Une souris tenace qui s’accroche et ne lâche rien, mais une souris tout de même.

 

Le premier sort, je l’ai esquivé tout juste. Au second, j’ai levé un Protego informulé qui me vient si naturellement maintenant, alors que je ne suis toujours qu’en sixième année. Pour le dernier sort, je suis tombée dans le panneau de sa feinte et il m’a frappé de plein fouet en m’envoyant rouler dans l’herbe.

Et vas-y que ça rigole autour. Je vous y verrais, vous tous, ça fait longtemps que vous cracheriez vos dents, à ma place.

Je me relève avec la tête qui tourne et vois mon adversaire, triomphant, qui fait comme s’il ne pissait pas du sang par le nez et les oreilles. Merci Jasmine, au fait, très chouette ce maléfice.

-Bah alors Tio, t’as plus rien à dire ? Tu fermes enfin ta grande gueule ? éructe le gros Serpentard en face de moi, entouré de ses potes qui ne se permettent pas d’intervenir.

Ce jour, j’ai l’immense chance de me trouver dans le patio au centre du château, en pleine heure de grande écoute. Hey, les gens, vous n’avez vraiment rien d’autre à faire que de venir encourager gras-du-bide qui se pavane maintenant comme un paon au milieu des gars de sa maison ?

À ma gauche, je vois mon amie Jasmine me souffler des sorts qu’elle pense utile dans ce genre de situation. À côté d’elle, Casper a mis ses mains dans ses poches et semble sûr de ma victoire. Certes, je serais plutôt d’accord avec lui en temps normal, mais là, j’ai un peu les jambes qui flageolent et la tête qui danse la zumba avec trois grammes dans le sang.

-Alya ! Hey, toi, dégage de là et laisse-moi passer !

Et voilà ma sœur. Elle adore sauver les petits animaux mignons en détresse et je crois qu’elle m’aime d’autant plus quand je lui reviens amochée, mais elle ne l’avouera jamais. Je la vois se frayer un chemin à travers les élèves de toutes maisons qui nous entourent sur le gazon, et venir vers moi avec colère. Oui, elle aime bien m’enguirlander aussi, peut-être qu’avoir un an de plus que moi lui donne l’impression qu’elle peut avoir une quelconque autorité. Mais, moi, ça me tape bien souvent sur le système.

-Salut Soneïs, s’exclame alors mon adversaire ventripotent en passant une main dans ses cheveux. 

Mais elle s’en désintéresse totalement et vient prendre mon visage en coupe avant de froncer les sourcils devant le coquard qui commence à apparaître peu à peu sous mon œil droit. 

Même contrariée, ma sœur est magnifique. Elle a des immenses yeux d’un marron lumineux et des longs cheveux bruns qui cascadent librement sur ses épaules en encadrant son beau visage hâlé. Ses longues jambes et son port de tête altier lui donnent l’air d’une reine inavouée et je ne compte plus le nombre de gars qui lui ont demandé de sortir avec eux depuis qu’elle est à Poudlard.

J’ai les mêmes cheveux épais et ondulés qu’elle mais, à côté de Soneïs, je suis clairement insipide et toute plate. On pourrait d’ailleurs douter que nous venons de la même famille, surtout quand on voit à quel point elle attire tous les regards dès qu’elle se déplace quelque part.

-Je lui règle son compte et j’arrive, je lui réponds en reprenant peu à peu une respiration normale. 

-Crescerba ! j’entends toujours Jasmine me souffler en trépignant sur ses pieds. Caput Porcus ! 

Elle tient à la main un gros grimoire dont je ne l’ai jamais vu se séparer et essaye tant bien que mal de capter mon attention. Oui, oui, Jasmine, je t’ai vu, pas la peine de te rendre plus ridicule que ça. Je prends ensuite ma sœur par les épaules et l’éloigne volontairement de ma ligne de mire sur super-prétentieux.

-Je finis ça, ok ? 

Soneïs ne répond rien et je me remets en garde devant mon adversaire qui essaye de se donner un air un peu conquérant. 

-Allez vas-y, Bulstrode, je lance au petit gros en face de moi. Ce n’est pas que ta compagnie me dérange, mais je commence à pleurer du sang à force de devoir regarder ta sale tronche.

Que c’est si facile d’énerver un Serpentard. Les Gryffondor, aussi, ont assez de fierté pour s'agacer des bons mots, c’est d’ailleurs pour ça que je n’ai des amis que dans ma propre maison de Serdaigle. Bref, en face ça devient tout rouge, ça tape du pied par terre comme si ça avait cinq ans, et ça lance un sort direct, sans même une feinte, rien. Trop fastoche. 

Mon Protego explose avec un bruit de verre brisé, lorsque qu’il est touché par le maléfice, et je riposte à la vitesse de l’éclair en criant un Crescerba sonore vers les pieds de mon ennemi. 

Avec Jasmine, on s’est vite aperçu qu’il fallait se montrer de plus en plus ingénieuse pour passer les Protego de mes différents adversaires et on a rapidement compilé tout un tas d’astuces utiles.

Le sol meuble se met immédiatement à remuer sous Bulstrode et de longues lianes sortent de terre avec vivacité pour venir s’enrouler autour de ses  chevilles et de ses genoux. 

Un cri de surprise passe ses lèvres et je lance, au même moment, un sort bénin pour faire exploser sa protection en formation, qui ne résiste pas à la puissance du coup. Puis, j’enchaine avec un Caput Porcus qui tire un petit cri de satisfaction de la part de mon amie, et la tête de mon adversaire se transforme alors en celle d’un cochon furieux. 

Je l’avoue, je n'étais pas sûre de le réussir celui-là. Mais, mis à part une oreille nettement plus petite que l’autre, ce cochon est tout à fait convaincant. Bulstrode essaye de me lancer de nouveaux sorts, mais ce ne sont que des grognements porcins qui en sortent, faisant se bidonner l’assistance.

Je me tourne enfin vers mes amis avec un grand sourire et Casper se contente simplement d’un haussement d’épaule du genre “Je le savais”, tandis que Jasmine embrasse son bouquin comme si c'était le Saint Graal. C’est moi qui ai fait tout le boulot tout de même, hein, faudrait pas l’oublier !

-MADEMOISELLE TIO ! 

Et merde.

Les élèves autour de nous, se poussent prestement pour laisser passer un professeur Mc Gonagall en colère et je range rapidement ma baguette dans la poche intérieure de ma cape de sorcier.

-Vous croyez que je ne vous ai pas vu, Mlle Tio ? s’exclame-t-elle en m’arrachant une grimace.

En arrivant à ma hauteur, je la vois jeter un œil au cochon qui s’agite toujours dans notre champ de vision et elle paraît hésiter. Elle nous regarde tour à tour, Bulstrode, puis moi, et hoche sèchement de la tête en faisant disparaître les effets de mon sort.

-Vous avez oublié le nez, professeur, je lui fais agréablement remarquer. À non, au temps pour moi. Il a toujours eu cette sale tronche.

À ce moment-là, plusieurs professeurs déboulent sur l’herbe et aucun ne paraît véritablement surpris de tomber sur moi. Le professeur Rogue s’avance rapidement vers Mc Gonagall et cette dernière lui désigne son élève, qui se tâte maintenant prudemment le visage. 

-Ah, Filius ! je l’entends ensuite dire au professeur de sortilège qui s’occupe de ma maison. Permettez que j'emmène votre élève devant le Directeur ?

Le petit homme acquiesce et ne semble pas du tout affecté par ma situation. Il va même jusqu’à me faire un petit sourire sous sa moustache. Je ne vous savais pas si sadique, professeur Flitwick ! Vous pourriez au moins faire semblant d'être affecté !

-Ce n’est pas elle qui a commencé ! s’exclame alors Casper de sa voix de ténor. 

-Ce n’est pas la question, Monsieur Mc Tavish, lui répond sèchement Mc Gonagall. Maintenant, suivez-moi, Mlle Tio !

Je lance un petit sourire à mon pote qui a tout de même essayé de me défendre, mais on commence à plus trop se leurrer, en vrai. À chaque fois qu’il se passe quelque chose dans ce bahut, je finis invariablement en retenue avec les glandus qui ont foutu le bordel, même si je n'étais pas dans le coup. 

Casper appelle ça “La prévoyance Tio”. Parce que, même si les profs me collent injustement, ils se disent que ce n’est pas grave et que ça compte pour toutes les fois où je ne me suis pas faite prendre. Et, malheureusement, je ne peux pas leur donner tort.

 

Je marche d’un bon pas pour ne pas me laisser distancer par la grande femme devant moi et nous arrivons rapidement en vue de l’escalier en colimaçon, délimitant le domaine du Directeur. Celui-ci s'élance rapidement vers les hauteurs lorsqu’il reçoit le bon mot de passe et je tire nerveusement sur les manches de mon pull d’uniforme. 

Je crois que je suis assez souvent allée dans le bureau du Directeur pour connaître le nom de tous les tableaux accrochés sur les murs. Non pas que j’en retire une certaine fierté hein… Bon, en vérité, je me sens toujours un peu rebelle en pénétrant ce lieu. Mais j’ai pour habitude de déchanter rapidement.

-Ah, Minerva, j’entends soupirer le grand Albus Dumbledore lorsqu’il nous voit entrer.

Le Directeur est, comme toujours, assis derrière son bureau et il nous regarde arriver de derrière ses petites lunettes en demi-lune en lissant sa longue barbe blanche qui descend bas sur son torse.

-Désolé, professeur, mais je ne l’ai pas trouvée tout de suite. 

-Aucun problème, vous auriez gâché ce grand moment et j’en aurais été un peu déçu, je l’avoue. Bonjour Mlle Tio, je vous en prie, prenez donc un siège. 

Je ne cache pas la septicité que leur dialogue me tire et prends place sur un fauteuil confortable en face de lui. Pour sa part, le professeur Mc Gonagall repart par où elle est venue et je me fais toute petite sur mon siège. 

Et oui. Les souris ça s’accroche à la vie en couinant de protestation le plus fort possible, mais ça fait moins la fière quand ça rentre dans l’antre du plus gros des matous. Même un matou avec un regard conciliant.

-Réglisse ? me demande Dumbledore en poussant un petit bol rempli vers moi.

-Non merci.

Le vieil homme me regarde par-dessus ses verres et sourit de plus belle, puis il s’adosse à son large fauteuil.

-Très jolie tête de cochon, me dit-il alors, en avalant une réglisse tout rond.

-Merci, je réponds poliment en cachant mon étonnement. Mais l’oreille gauche était ratée, j’aurais dû choisir la tête de Gorgone, celle-là, je la réussis à tous les coups.

-Vous connaissez de biens nombreux sorts pour une jeune femme de seize ans. Même quand vous ne finissez pas dans mon bureau, j’entends parler de vous très souvent, vous le savez ?

-Heu...

-Je n’irais pas jusqu'à dire que votre cher professeur de sortilège s’enorgueillit de vous avoir dans sa maison, mais presque.

J’ai le mode poisson qui s’active. Vous savez, ce mouvement un peu naturel de la bouche, qui s’ouvre et se ferme bêtement quand vous ne savez absolument pas quoi répondre. 

Je ne devais pas simplement me prendre une soufflante, comme d’habitude ? Et ensuite me faire renvoyer à ma salle commune avec une ou deux heures de colle en cadeau ?

Dumbledore se lève de son siège et marche jusqu’à Fumseck, son phénix tueur. Un jour, ce truc a voulu m’arracher le bras alors que je voulais juste le caresser et, croyez-moi, ça n’est pas agréable. Depuis, il a toujours un regard noir pour moi, à croire que je lui ai fait quelque chose dans une vie antérieure, à ce fichu volatile.

-Savez-vous ce qui fait la renommée d’une école, Mlle Tio ?

-Heu…

-Ses élèves. Bien sûr, le niveau scolaire est très observé par les autres écoles étrangères qui veulent tous faire briller leurs noms à travers le continent. Mais ce n’est pas la seule chose. 

Il se tourne à nouveau vers moi, après avoir gratifié son gros pigeon orange d’une ou deux tapes sur la tête, et prend un long parchemin dans un tiroir de son buffet encombré.

-Avez-vous déjà entendu parler des compétitions inter-écoles, Mlle Tio ?

-Heu… Non, enfin peut être vaguement.

-La prochaine a lieu ici même et verra s’opposer les élèves de toute l’Europe dans un concours de Duel.

-Un concours de Duel ? je répète bêtement en emmagasinant l'information.

-Tout à fait, Mlle Tio. Vous vous doutez bien que nombreux sont ceux qui souhaitent faire briller leur école, mais Poudlard ne fera concourir que deux champions, tout comme Drumstrang et Beauxbâtons d’ailleurs. 

Je le vois s’asseoir à nouveau dans son fauteuil rembourré et il me tend le parchemin. 

-Je ne voudrais pas influer sur une quelconque décision de votre part mais, si vous souhaitez affronter des adversaires à votre mesure, afin d’assouvir votre  irrépressible envie de bagarre, je vous enjoins à lire ceci. 

Je prends le long papier roulé qu’on me tend et hoche vaguement de la tête en réfléchissant aux paroles du Directeur. Une compétition entre écoles ? Ça sonne vachement bien ma foi. J’ai déjà le cerveau qui s’agite, mais je me reconcentre vite sur les paroles du vieil homme derrière son bureau.

-Les sélections parmi les élèves de Poudlard auront lieu dans trois semaines et la compétition officielle se déroulera mi-avril. Je ferais l’annonce d’ici quelques jours.

Je hoche de nouveau de la tête, de manière entendue cette fois-ci, et il me donne congé.

-Et… Ma retenue ? je demande d’une petite voix, alors que je vais pour passer la porte du bureau.

-Bonne journée, Mlle Tio.

Je ne demande pas mon reste et descends le colimaçon en courant, avant de déboucher dans le couloir comme une furie.

-On ne court pas dans les escaliers, me rabroue la statue qui garde l'entrée du bureau. 

Mais je ne l'écoute pas et file jusqu'à la grande salle en tenant le parchemin serré contre moi. À travers les hautes vitres qui se déroulent devant mes yeux, j’aperçois le ciel qui hésite entre un bleu lumineux et un bon gris bien menaçant, annonçant un mois d’octobre pourrit... Pour changer. Vive l’Écosse !

 

Lorsque j’arrive, la grande salle est comble et un brouhaha joyeux s'élève jusqu’au plafond en se répercutant sur les hautes arches qu’un ciel mitigé cache en partie. Je me faufile le long de la table de Serdaigle et rejoins Jasmine et Casper en train d’attaquer leur dessert. 

Ce dernier à l’air de ronchonner tandis que son amie ne l’écoute que d’une oreille en jetant de fréquents coups d’œil sur son gros volume de sortilège posé devant elle. Elle ne lève d’ailleurs même pas la tête lorsque je me glisse à côté d’elle et que j’attrape plusieurs pilons de poulet qui n’ont pas encore disparu.

-J’ai un message de ta sœur, me dit Casper lorsqu’il me voit dévorer mon repas avec l'appétit d’un troll.

-Elle ne veut toujours pas sortir avec toi ?

Jasmine lève finalement le regard de son bouquin et agite ses fines boucles châtain en hochant la tête de dénégation.

-Mais non, Alya. Ça c'était le mois dernier, me dit-elle, faussement sévère. Maintenant c’est Tracy !

Casper fronce les sourcils et rétorque avec un grognement.

-Nancy.

-C’est pareil.

-Mais je croyais que tu étais toujours amoureux de la nana de Poufsouffle,  je réponds en les interrompant. Comment elle s’appelle celle-là, déjà ? 

-La petite sœur Privet ? me répond Jasmine en étant plus rapide que notre ami. Non, ça c’est plus d’actualité. Il faut que tu suives un peu, Alya. Heureusement que je suis là ! 

-Vous êtes nulles, les filles, grogne Casper en reportant son attention sur son fondant au chocolat.

Je pouffe et attrape la cruche de jus de citrouille en conservant un regard attendri sur le jeune homme dont les cheveux blonds lui tombent quelque peu devant les yeux. Casper n’est pas un mauvais bougre, il est même plutôt beau garçon avec son mètre soixante-quinze et son visage carré, ainsi que ses grands yeux verts. Le problème, c’est que son comportement est un poil flippant face aux filles. 

Dès qu’il croise une élève qui lui plaît, son cerveau vrille et il en devient complètement fou en ne jurant plus que par elle… Alors même qu’il ne lui a jamais parlé de sa vie. Ses éternelles “crises d’amour”, comme on les appelle, finissent invariablement de la même manière. Il va voir la jeune femme de ses pensées, lui déclame un truc sans queue ni tête parce que tout s’embrouille dans sa tête, et se fait mettre un râteau plus ou moins gentiment.

On a déjà essayé différentes stratégies avec lui. On a tenté de le coacher ou bien de prévenir l’heureuse élue discrètement, mais rien n’a jamais donné de résultats probants. Jasmine a même suggéré l'hypnose, mais Casper l’a mal prit en disant qu’il n’était pas fou.

 

Je me sors de mes pensées et me rappelle le parchemin. Mes deux amis ne m’ont rien demandé à propos de ma convocation chez le Directeur - ils ont l’habitude maintenant - et je sors alors le papier de manière triomphante. 

-Ta lettre de renvoie ? me demande Jasmine avec un haussement de sourcil las.

-Non ! Essayez de deviner un peu ce que c’est !

-T’as fait ta retenue en avance ? propose Casper. Quoique ça serait une bonne idée ça. Tu rédiges plein de parchemins et, dès qu’on te file une colle, tu leur donnes direct le papelard. Comme ça, ça t’évite de perdre une heure à un moment où ça ne t’arrange pas.

-Je vais soumettre l'idée à la vieille Mc Go, je lui réponds d’une voix pensive. Même si je ne suis pas sûre que ça donne de bons résultats.

-C'est une lettre de tes parents ? propose Jasmine à court d'idée. Une lettre dans laquelle ils supplient le Directeur de ne pas te renvoyer ?

-Pourquoi tu veux absolument que je sois renvoyée ?

Elle hausse des épaules et reporte son attention sur son livre dont elle tourne une page.

-J’ai un nouveau sort de contrôle, au fait, me dit-elle, alors que Casper essaye d’attraper le parchemin et que j’esquive habilement ses tentatives.

-Je t’écoute.

Agacé, mon ami se lève de son banc et attrape mon poignet pour m’arracher le vélin d’un cri victorieux.

-Spirifrigus. Ça congèle toute sorte de surface. Sol, eau, individus, et ça peut même faire baisser la température d’une pièce de manière assez significative et précise pour geler tout ce qui s’y trouve.

-J’aime déjà, je lui réponds, alors que Casper commence à lire. Comment tu dis ? Spirifrugus ?

-Non, Spirifrigus. Le mouvement de baguette à la forme d’un bretzel.

-Spirifrigus.

Tu dois mettre l’accent sur le U. Maintenant, répète avec la bonne prononciation.

-Spirifrigus.

-Bien !

-C’est sérieux ce truc ?

Casper nous sort de notre conversation en me fixant avec un air perplexe.

-Oui mon petit, c’est notre très cher et très aimé Directeur qui me l’a donné en personne. Les sélections sont dans trois semaines.

-Sélections de quoi ? demande Jasmine en se penchant par-dessus la table et en attrapant le papier. 

Casper la laisse faire et pose son menton dans sa main avec un air soucieux. 

-C’est quoi le problème, Casp ? je lui demande en jetant, à mon tour, un œil aux écritures officielle que Jasmine a étalées entre nous. Ça ne te plaît pas ?

-Chais pas. T’as pas arrêté de te faire taper dessus ces dernières années et, même si tu gagnes à la fin, tu reviens toujours avec une tronche pire qu'avant.

-Moi aussi je t’aime, mec.

-C’est vrai quoi, continue-t-il alors que Jasmine lui envoie un regard sévère. T’as vu le bleu que t’as sous l’œil aujourd’hui ? Je suis sûr que tu vas encore oublier de passer voir Pomfresh pour te faire enlever ça.

-Si elle écoutait un peu plus ce que je lui dis, peut-être qu’Alya ne se retrouverai pas constamment boxée par le premier Serpentard venu.

-Et le premier Poufsouffle venue, renchérit Casper. On en parle de ce crétin d’Arkwood ? 

-Ça vous va bien de parler de moi comme si j'étais pas là ? je demande d’une voix atone. Bon, t’as fini de lire ?

Jasmine prend encore deux minutes pour terminer le parchemin et le roule avec un long sourire ravi.

-On est d’accord que c'est moi qui serais ton second, hein, Alya ?

-Tu rigoles ? s’exclame immédiatement Casper. Non, non, ça sera moi son second !

-Et puis quoi encore ! Toi, tu veux juste pouvoir te la péter pour draguer plus facilement. Alors que, moi, mon but est plus noble !

Je lève les mains devant moi et tente de calmer leurs chamailleries. 

-Ça suffit les enfants ! je m’exclame, assez fort pour déranger les voisins et voisines, qui ne sont plus à ça près depuis le temps. Premièrement, inutile d’envisager les finales, car il y a peu de chance que j’aille ailleurs que pleurer dans les toilettes, après m'être fait rouler dessus aux sélections. Deuxièmement, second ou pas, vous serez de la partie quoiqu’il arrive.

-Certes, mais le rôle de second me correspond beaucoup plus qu’à Casper.

Je dois avouer que, depuis que je connais Jasmine, c’est à dire un peu plus de cinq ans, je ne l’ai jamais entendu parler d’autre chose que de sortilèges et de métamorphose. À croire qu’elle fait une fixette, elle aussi. 

Pourtant, dès qu’on parle de duel, il n’y a plus personne. Je ne dirais pas que, contrairement à elle, j’ai le courage d’aller affronter le tout-venant, mais disons que ma grande gueule finit invariablement par en énerver quelques-uns qui en viennent vite à la baston.

Casper, quant à lui, est un ami d’enfance puisque nos parents sont voisins. C’est lui qui m’a toujours soutenu et encouragé dans tout ce que j'ai toujours entrepris, en me donnant l’impression d’avoir une confiance totale et absolue en moi. Il a toujours su trouver les bons mots pour me faire avancer et je crois que, même si je n’ai jamais été bien courageuse, je garde une ténacité qu’il m’a insufflé avec le temps.

-Au fait, que voulais Soneïs ? je demande à Casper pour faire dévier la conversation.

-Ah oui, elle m’a demandé de te dire d'arrêter de lui envoyer les relous.

-Elle t’a compté dans le lot ?

J'écope d’un regard noir mais ne m’en formalise pas. Que voulez-vous, à chaque fois qu’un idiot se prend d’affection pour la splendide Soneïs, c'est par moi qu’il passe pour lui faire porter un mot ou des fleurs. Si j’avais fait payer mes services, je roulerais sur l’or depuis le temps. 

Mais bon, jusqu’ici il a eu beaucoup de prétendants et peu d'élus et je crois que ma sœur commence à en avoir ras la casquette. Oui, parce que Madame est une diva et elle s’en plaint. On aura tout vu. 

 

Nous quittons bien vite la grande salle, en décryptant la tonne d’instructions qu’il va nous falloir retenir pour cette compétition, et je crois que notre effervescence ne passe pas inaperçue. 

Nous n'écoutons pas grand-chose du cours d’histoire, pourtant passionnant. Oui, je sais, je dois être l’une des seules de cette école à boire les paroles de Binns et à me souvenir sans problème de toutes les dates clefs dont il nous abreuve. Mais ça ne fait malheureusement pas de moi son chouchou pour autant.

Nous nous séparons ensuite et je file à mon cours sur les Moldus, tandis que Casper et Jasmine montent en Divination. Ce cours ne m’a jamais intéressé, mais mon père est né de deux parents non sorciers et il tient absolument à ce que Soneïs et moi ayons des notions de base. Je passe donc mon cours à réfléchir à divers sorts et contre sorts, que Jasmine a évoqué l’heure précédente, et à envisager leur utilisation. 

Puis, je quitte la salle de classe et me dirige vers l’aile Est où je ne croise, au bout d’un moment, plus personne. 

 

-Salut, Tio !

Oh non, encore lui...

 

 

Note de fin de chapitre :

Ps : Toutes les remarques, vacheries et jugements de valeurs énoncés par notre héroïne, dans ce récit, envers les personnes corpulentes, n’engagent absolument pas son auteur (Si si, je vous jure, c’est simplement pour vous faire rire et parce que Bulstrode est un sale type qui mérite qu’on malmène son égo).

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