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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


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A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Meister Gierig par Westyversionfrench

[4 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Cette fanfiction a été écrite pour répondre au Concours “Mon centaure bien aimé” crée par Samantha Black. Il s’agissait de mettre à l’honneur les créatures magiques méconnues (au travers d’une relation amicale, amoureuse, antagoniste ou autre avec un sorcier) et pour ma part j’ai choisi d’écrire sur les erklings, résidant dans la Forêt Noire en Allemagne. Il s’agit d’après l’ouvrage Les Animaux Fantastiques de créatures elfiques avec un visage pointu, qui émet un caquètement aigu qui leur sert à appâter des enfants humains pour les manger. 


CONTRAINTES :

- Le personnage « créature magique » doit être identifié clairement et être nommé (avoir un prénom).

- Le personnage humain découvre une habitude culturelle propre au peuple du personnage « créature magique » qui apparaît dans le texte.

- Les deux personnages devront avoir une conversation.

- Votre histoire devra être écrite au point de vue interne (première ou troisième personne, c’est à vous de choisir).

- Une créature magique ne pourra pas être utilisée par plus de deux auteurs, donc si Bidule et Machin veulent écrire sur le centaure, ce dernier ne pourra plus être utilisé.

- Il devra faire entre 1 000 et 15 000 mots.

- Votre texte doit être publié sur HPFanfiction ou le Héron avant le 30 juillet à 23h59.

- Le rating maximum autorisé sera le « Déconseillé aux moins de 16 ans »

- Le règlement des sites s'applique bien entendu durant le concours.

-Les OCs sont autorisés.

-Pas de Demi-Créature autorisée.

 

-Le texte doit être écrit spécialement pour le concours.

 

MEISTER GIERIG

 

 

“Vous êtes une sorte de botaniste, c’est ça ?” Malgré le fort accent de l’aubergiste, Draco comprit la phrase et hocha la tête.

“J’étudie les propriétés naturelles curatives des plantes pour un laboratoire de Stuttgart.” Son discours pour les autorités moldues était rodé. Le Ministère de la Magie allemand recommandait toujours de coller au plus près de la réalité et si possible, de créer un mensonge compliqué à vérifier. En ne précisant pas le nom du laboratoire et en choisissant une ville assez grande pour posséder trop de laboratoires à contacter, Draco devait éviter les enquêteurs trop curieux.  L’homme qui lui parlait répondait au nom de Franz et sa curiosité semblait relever d’une sorte de conscience professionnelle.

“Vous savez qu’il est interdit de se déplacer sur les sentiers de la réserve entourant le lac de Schurmsee avec un véhicule motorisé ?

-Je travaille mieux quand je peux prendre le temps d’observer la flore. Je vais camper dans une clairière le temps de réaliser mon étude.” L’homme insista un petit peu :

“Vous ne semblez pas du coin. Il vaudrait mieux prendre un guide avec vous. Pour éviter d’empiéter sur les zones protégées.”


Draco hocha la tête et jeta un long regard au coucou qui surplombait le comptoir poussiéreux de l’auberge. 

“Déjà sept heures ? Je vais devoir y aller.” L’homme se retourna et fronça les sourcils :

“Oh ne faites pas attention au coucou. Qu’importe le nombre de fois où je le remonte, il avance toujours de deux heures. Il a fonctionné trois cent ans sans encombres mais il faut croire que même les vieilles machineries cessent d’être fiables après un certain temps.” Draco émit un son d’assentiment et s’excusa :

“Vous avez raison, je vais consulter l’annuaire pour trouver un guide.” L’homme sembla content qu’il suive son conseil mais Draco sourit pour lui même une fois remonté dans sa chambre. Il ne daigna même pas jeter un regard en direction de l’annuaire et à la place, s’installa à la table pour remplir son journal de recherches. Son écriture droite et ample s’étalait en lignes parfaites sur le vieux papier jauni.


Mardi 22 Juin 2004

5h15


Les informations transmises par le Dr Scamander semblent fondées. L’auberge dans laquelle je réside depuis trois semaines possède l’une de ces vieilles horloges montagnardes et elle dysfonctionne sans explication viable. Il apparaît qu’une implantation d’erklings soit récente et qu’ils aient déserté les environs les trois cent précédentes années. Ce fait ne m’étonne guère et correspond aux premiers efforts de contrôle de leur population par le Ministère de la Magie allemand. 


J’ai avec moi une carte détaillée et actualisée des massifs d’épicéas les plus éloignées des sentiers de randonnée moldus. Il existe une vieille route sorcière d’implantation celtique, encore inconnue des moldus, recouverte par des superpositions de sédiments lacustres. Le lac qui en a recouvert un coude est aujourd’hui asséché et une forêt d’épicéas sans gestion moldue ou sorcière s’y est développée. L’implantation d’une tribu à cet endroit répondrait à plusieurs problématiques de la société erkling : discrétion, futaies fournies pour camoufler le village, présence proche de plantes lacustres rares et gibier sauvage abondant. 


J’ai pu quadriller entièrement la zone à cinq reprises et si je dois établir un contact avec les créatures, il se fera aujourd’hui, sixième occurrence de ma présence sur leurs terres éventuelles. Je me sens optimiste mais prudent, et me suis versé à nouveau dans les travaux des Dr Kauderwelsch et Zoll qui ont tous deux étudié les moeurs et langages des erklings. 


Cette entrée touche à sa fin et je me vois obligé de préciser que je prendrai le départ avec toutes mes affaires à 7h30 précises. Dans le cas d’un succès, je ne pense pas revenir sur Stuttgart avant une ou deux semaines. En cas d’échec aujourd’hui, je ferai une dernière tentative demain matin et rentrerai le jour d’après sans succès de ma part. 


D.M


A sept heures sonnantes et trébuchantes, Draco passait le seuil de l’auberge, un sac à dos surmonté d’un sac de tente vissé sur ses épaules. L’aubergiste lui fit un signe enthousiaste d’au-revoir, agitant une esquisse que Draco lui avait offerte et qui représentait la fleur préférée de son épouse. Le jeune homme par cet acte faisait d’une pierre deux coups : il éteignait les derniers feux de suspicion de son hôte et laissait pour d’éventuels sorciers, un indice potentiel pour le retrouver en cas de disparition. Les erklings n’étaient pas à proprement parler des créatures dangereuses pour un sorcier adulte. Mais il avait été dans leurs habitudes, avant une violente répression ministérielle, d’attirer les enfants dans les bois pour les dévorer. Draco éprouvait donc tout naturellement une méfiance naturelle face à ce genre d’instinct carnivore. De plus, ayant grandi en Angleterre, toute créature s’apparentant à un elfe ou un farfadet lui inspirait malice et ingéniosité, qualités qu’il préférait découvrir chez ses amis que chez d’éventuels adversaires. 


De ses lectures préparatoires sur les sournoises créatures, Draco savait que bien que hostiles et plutôt portés sur la viande, les erklings occupaient la Forêt Noire depuis des temps immémoriaux. Ils la parcouraient tant qu’ils en connaissaient les moindres représentants de sa faune et de sa flore. Ce savoir était l’objectif de sa mission. Si les botanistes et potionnistes connaissaient assez les essences lacustres et forestières des environs, leur transformation et leur usage par d’autres êtres intelligents promettaient des découvertes révolutionnaires dans un futur à portée de main. Draco pariait gros en fondant son mémoire de fin d’études sur l’éventualité d’un tel partage de connaissances mais il savait que seul un travail audacieux et novateur lui assurerait un avenir digne de ce nom dans la discipline des Potions. 


Ses pensées se dissolurent tandis qu’il passait le grand épicéa foudroyé qui marquait l’entrée du territoire supposé des erklings. Leur présence en ces lieux ne faisait plus aucun doute pour lui. Il avait observé leurs traces de dents dans certains tas de bois, reconnaissant des inscriptions de chiffres et des sculptures qu’il avait dû déchiffrer à l’aide d’une loupe si performante qu’elle aurait pu percevoir l’iris des yeux de la plus petite araignée du monde.  Il avait admiré les motifs et la précision des détails et avait même souri en observant des feuilles taillées et liées d’une herbe tressée qui ressemblait à un jeu de cartes. Il avait scrupuleusement notées toutes ses observations et prévoyait d’en envoyer certaines, relevant des domaines d’anthropozoomagie et de linguistique surnafaunesque appliquée. Il connaissait des gens mieux versés dans ces matières qu’il ne l’était. Naturellement curieux, il trépignait d’impatience à l’idée de dialoguer avec un erkling. Il avait eu l’occasion, à l’Ecole Supérieure de Sciences Magiques de Stuttgart de prendre l’erkling oral et écrit comme enseignement d’option et il se félicitait de sa curiosité d’alors au regard des applications présentes dans sa propre discipline. Après avoir passé l’épicéa foudroyé et relevé quelques spécimens de spores de jérémiane piquetée dans une clairière, il s’enfonça dans un sentier qui menait à un ruisseau. Il y avait repéré des roches moussues lors de sa dernière excursion et savait qu’en faisant ses prélèvements le matin, il n’obtiendrait pas les mêmes fleurs d’eau. 


Mais, lorsqu’il atteignit la rive, joyeux de la tâche à venir, il s’arrêta net. Sur le plus gros des rochers moussus qui créaient un passage en travers du ruisseau jusqu’à l’autre rive, étaient réunis trois créatures de petite taille. Draco les observa minutieusement. Il s’agissait de petits êtres relativement humanoïdes à menton pointu, avoisinant les quatre vingt dix centimètres. Leurs trois yeux étaient petits et perçants, l’un couleur d’or, l’autre couleur argent et le dernier couleur bronze. C’était ce regard d’une précision redoutable, et leurs longs doigts extrêmement fins et pointus, qui leur permettaient d’exécuter de si belles et infimes sculptures dans le bois de leurs forêts. Leurs cheveux étaient d’un châtain rappelant l’écorce des arbres alentours et ils les coiffaient de barrettes composées de feuilles et de bourgeons de sapins nouveaux. Ils portaient des vêtements, cousus d’herbes tressées et de divers éléments en bois. 


Clairement, celui de droite, qui arborait un plastron d’écorce serti de pierres pointues, était un militaire ou quelque fonction s’y apparentant. Il avait sur la tête un casque en bois sculpté et en main un arc. Son carquois, laissait apparaître derrière son épaule quelques flèches aux plumes brunes. Celui de gauche était davantage taillé pour courir les sentiers et escalader rocs et branchages. Il était fin et musclé, vêtu d’une riche veste de cuir ornée de motifs colorés, très près du corps. Il avait sur les épaules une cape de fourrure et à la ceinture plusieurs bourses de cuir. Enfin, celui qui se tenait entre eux, incontestablement le chef, était le plus âgé, ses cheveux poivre et sel au niveau des tempes, une couronne de lianes fleuries surplombant ses boucles foncées, avec dans une main un sceptre sculpté et dans l’autre une épée d’apparat en bois peint. Ses jambes étaient habillées d’un collant bariolé qui répondait à la tunique qui enserrait son torse. 


Le fait que le chef se fonde si peu dans le paysage ne pouvait signifier qu’une chose. Ils tenaient à être visibles, ils venaient à sa rencontre. Draco déglutit. Il inclina lentement la tête en signe de salut et dans une série de caquètements caractéristiques de la langue erkling, il se présenta :

“Bonjour. Je suis Draco Malfoy. Je suis potionniste. J’espère ne pas enfreindre vos lois en étudiant sur votre territoire.” Le chef se tourna vers l’erkling à sa droite qui inclina lentement la tête. Leur discours silencieux sembla apaiser le guerrier qui les accompagnait puisqu’il relâcha la pression sur le manche de son arc. Puis, celui qui portait les vêtements de cuir ouvrit la bouche. Un flot très rapide de sons en sortit et Draco plissa les yeux en essayant de comprendre le plus de mots possibles. C’était une chose d'étudier une langue dans une salle de cours avec quelqu’un qui articule pour faciliter votre compréhension. La pratique réelle de cette même langue avec un locuteur natif était bien moins simple, d’autant plus que l’erkling avait un certain accent nasal.


Draco parvint cependant à comprendre les données essentielles. Son interlocuteur s’appelait Meister Gierig et se présentait comme cuisinier. Le Chef, qu’il appelait Zuerst par déférence se nommait Friedlich et le dernier n’était pas mentionné ce qui devait signifier qu’il leur était considérablement subalterne. De légers bruissements dans les feuillages alentours firent supposer à Draco qu’ils étaient davantage, soigneusement maquillés et camouflés, qui observaient leur entrevue. Meister Gierig répéta un enchaînement de caquètements que Draco put mieux comprendre cette fois :

“Pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ?” Draco savait que la réponse à cette question serait déterminante pour la suite de sa carrière.

“Vous possédez sur ce territoire des espèces qu’on ne trouve pas ailleurs. Elles font l’objet d’une étude qui me permettra d’obtenir un statut de guérisseur chez les sorciers.” Il émit une courte pause et comme aucun changement d’humeur ne transparaissait chez les erklings, il précisa :

“Guérisseur spécialisé dans ce qui se boit.” Aussitôt, une ou deux têtes apparurent dans le feuillage de l’arbre le plus proche, et des silhouettes se détachèrent sur l’autre rive. Le Meister semblait intrigué voire curieux de cette information et le Zuerst croisait à présent les bras avec un air songeur. 


Draco fit de lents mouvements pour sortir son carnet de croquis. Il l’ouvrit et en montra les pages illustrées en expliquant :

“Ce sont des dessins de plantes et des recettes de boissons guérissantes qu’il est possible de faire à partir d’elles.” Le mot “recettes” agita les derniers erklings qui étaient cachés et qui tous de vêtements et de maquillages différents en raison de leur camouflage, parlaient entre eux en s’interpellant. Les quelques mots qui parvenaient à Draco étaient les suivants : “dîner”, “repas”, “cuisinier”, “goûter”, “succulent”. En levant son sceptre, le Zuerst fit cesser toute discussion. Meister Gierig hocha la tête et s’avança d’un pas. Draco referma le cahier mais le lui tendit. Le cuisinier alla jusqu’à lui et saisit le livre avec précautions. Il l’ouvrit et le feuilleta, s’arrêtant sur les illustrations surtout, son doigt suivant les inscriptions mais au lieu d’en suivre les alignements de lettres, il tentait de comprendre les mots qu’elles formaient en colonnes. Draco reprit la parole :

“Je sais un peu votre langue et je pourrais expliquer ce qui est écrit.” Le cuisinier se tourna vers le chef et de sa main droite, il fit une série de signes que Draco ne comprenait pas. Visiblement, ils pratiquaient entre eux une langue signée, qu’aucun sorcier n’avait évoqué dans les traités que Draco avait lu. Il se demanda s’il s’agissait d’une singularité régionale.


Le Chef s’avança à son tour mais loin de s’intéresser au livre, il pointa du doigt le sac que Draco portait en bandoulière. Draco posa un genou à terre ainsi que le sac qu’il ouvrit. Le chef s’approcha et jeta un oeil à l’intérieur. Draco, d’un coup d’oeil furtif, distingua la série de dents très pointues qui peuplait sa bouche. Entre l’une d’elles, il distingua un tendon de biche. Il réprima un frisson de gêne. Le chef avait détourné son attention du sac et le fixait désormais avec curiosité. Puis, subitement, il lui saisit le menton. Draco se força à ne pas réagir. Il n’y avait aucune mention dans les thèses de  Kauderwelsch et Zoll  d’un tel comportement. Était-ce une menace ? Une marque de sympathie ? Puis, il fut surpris lorsque le chef toucha son propre menton et lui sourit. Draco comprit alors. Tout comme les erklings, il avait lui aussi un menton pointu. Bien sûr, le sien n’aurait pas permis d’ouvrir le cou du gibier comme celui des petites créatures. Mais cette caractéristique physique qui avait souvent été un objet de moquerie de la part de ses semblables, paraissait chez ce peuple être un atout. D’une certaine manière, il leur ressemblait : il avait un menton pointu, des mains fines et un goût prononcé pour les plantes et les potions. Draco expira doucement, rassuré. 


Le cuisinier s’était rapproché et rendait son ouvrage à Draco. Il caqueta :

“Vous pouvez cuisiner vos recettes au village.” Draco n’en attendait pas tant. Pourtant, quand l’autre répéta sa phrase, en marquant le dernier caquètement de manière plus grave, il comprit qu’il s’agissait d’une question.

“Bien sûr. Si vous avez tous les ingrédients, du feu et un chaudron.” Comme il n’y avait pas, à sa connaissance, de mot erkling pour désigner un chaudron, il avait utilisé le mot allemand. Le cuisinier fronça les sourcils. Il se demandait de quoi il voulait parler. Dans le sable de la rive, Draco dessina un feu et au dessus un récipient avec une version schématique de lui même qui jetait des herbes dans le récipient. Alors, le cuisinier dessina une flèche qui partait du chaudron et inscrivit en caractères complexes un mot. Draco ne le connaissait pas et il était certain qu’il ne l’avait croisé dans aucune méthode d’erkling si récente soit-elle. Le cuisinier le répéta plusieurs fois et c’était un mot qui ressemblait à “Kukakokè”. Draco répéta sa phrase avec le bon mot cette fois et le cuisinier sembla satisfait. 


Avant qu’ils ne se mettent en route, celui qui servait d’escorte au chef s’approcha et désigna le sac de Draco. Il montra l’arc qu’il tenait et le couteau que Draco portait à la ceinture. Draco expliqua que c’était la seule arme qu’il possédait, et qu’il ne pouvait s’en séparer s’il devait cuisiner. Là encore, le mot “cuisiner” sembla immédiatement les mettre dans de bonnes dispositions. Il laissa toutefois le guerrier fouiller ses affaires pour déterminer qu’il n’était pas dangereux et habité d’intentions destructrices. Draco trouva cela ironique venant d’êtres réputés pour leur cruauté à la chasse. Il était presque curieux qu’ils ne se mangent pas entre eux étant donné leur goût prononcé pour la viande. Puisqu’il n’était pas menaçant à leurs yeux, les erklings qui jusque là avaient été discrets marchaient désormais sans prendre la peine de masquer le bruit de leurs pas ou de chuchoter. Il menaient leur compagnie, au-delà du ruisseau, dans un sentier, et de chemins en chemins.  Certains, Draco les avait déjà parcourus, d’autres, lui étaient totalement inconnus. Ils se trouvèrent bientôt dans une vallée voisine, au coeur de laquelle ils trouvèrent un vallon que Draco était certain n’avoir vu sur aucune carte, moldue ou sorcière. 


Les dents des erklings, plus solides et offensives qu’elles ne paraissaient déjà, avaient creusé dans la roche un canyon dont les rives étaient surplombées par la montagne. Tout en bas, sous ce toit de rocs antédiluvien, ils y avaient caché leur village. Il y avait dans le village des erklings de tous âges comme en témoignait la présence d’enfants de très petite taille qui jouaient dans le cours d’eau qui coupait le village en deux. Aussi étonnant que cela puisse paraître, il y avait des arbres qui poussaient sous la montagne, et qui trouvaient la luminosité nécessaire à leur croissance dans des puits de lumière qui perçaient le plafond en plusieurs endroits. Les erklings avaient pendues leurs maisons dans les arbres, les reliant entre elles avec des passerelles. Draco s’étonna de trouver des feuillus dans une zone connue pour ses massifs de conifères. Mais les conditions garanties par ce vallon artificiel étaient si uniques que cet écosystème était tout à fait plausible. Il y avait d’ailleurs, dans le fond du village, des erklings bâtisseurs, qui pendant au bout de cordes grossièrement tressées, assemblaient les planches d’un nouveau bâtiment. Draco ne pouvait, par crainte d’attirer la suspicion de ses hôtes, prendre de notes sur tout ce qu’il voyait, mais il s’efforçait d’observer chaque chose assez longtemps pour les intégrer durablement dans son esprit. 


On le mena à un arbre isolé dans lequel se trouvait une petite maison qui seule, n’était reliée à aucune autre. On y accédait en escaladant les branches de l’arbre et alors la foule, le chef et le guerrier le laissèrent seul avec le cuisinier qui le fixait avec attention. Il lui fit signe de le suivre et ils gravirent le tronc, Draco craignant à chaque instant de tomber, étant bien malhabile à ce genre d’exercice. Son honneur fut sauf une fois qu’il fut installé sur un coussin de laine de mouton et qu’il tenait dans ses mains une tasse en bois fumant d’une infusion de plantes qu’il savait être inoffensives. Le cuisinier n’avait cessé d'observer ses réactions tandis qu’il préparait le breuvage. Draco savoura la boisson et s’étonna de son bon goût. Il avait, à cause de ses lectures et des croyances locales sur les erklings, pensé à tort qu’ils avaient des plaisirs culinaires primitifs. Mais tout, y compris les petits gâteaux secs que le cuisinier fit cuire dans entre deux roches dans le feu, était subtil d’un mélange d’essences aromatiques. Le foyer lui-même, faisait preuve d’un excellente capacité d’adaptation. Il était allumé dans une bassine à confiture en métal, très certainement volée dans une ferme moldue des alentours. Ce que les erklings ne produisaient pas, ils l’empruntaient à leurs voisins humains. 


Meister Gierig montra du doigt le sac dans lequel Draco avait rangé son livre d’esquisses botaniques et de recettes. Puis, saisissant un bocal en bois sur une étagère derrière lui, il le posa devant son invité. Il feuilleta le livre que Draco avait ouvert et s’arrêta à une page précisément, montrant la plante que le potionniste avait dessinée. Puis, il ouvrit le pot en bois. Là se trouvaient plusieurs tiges de Sonnegras, plus communément appelée Plante Rayonnante par les sorciers, et qui poussait sur les coteaux les plus ensoleillées de la région. Draco répéta les syllabes caquetantes que le cuisinier utilisait pour désigner cette plante. Par la suite, tout en répétant le nom de chaque action qu’il faisait et que Meister Gierig décrivait en erkling pour que Draco puisse les utiliser plus tard, le jeune sorcier lui montra comment réaliser une purée de Sonnegras qui soignait les maux d’estomac. Il lui mima un mal de ventre et lui fit comprendre à l’aide quelques caquètements et de beaucoup de gestes qu’il s’agissait d’un remède. A son tour, Gierig lui montra une recette de sa connaissance qui se réalisait avec la même plante et cette fois, Draco nota dans un carnet toutes les étapes de la préparation. Gierig lui fit comprendre qu’il s’agissait d’un thé permettant de rester éveillé plus longtemps. 


Pris dans leurs expérimentations et leur échange culturel, les deux individus ne virent pas le temps passer. Aussi, quand un jeune erkling apparut par le trou dans le sol de la maison qui permettait de descendre de l’arbre, il sursautèrent tous les deux. Cette action similaire leur arracha un rire amusé et ils suivirent le jeune erkling qui les mena dans une grotte dotée d’un grand feu sur lequel étaient disposées des branches pour servir de tournebroche. Il y avait un groupe d’erklings qui déposaient sur une table en pierre des animaux très variés. Draco vit un panel d’espèces de la région parmi lesquelles des mustélidés et des cervidés de tailles très variées. Sur les cadavres sanguinolents étaient très visibles les entailles petites mais profondes laissées par les dents des erklings. Le groupe de chasseurs déposa le fruit de son carnage avant de repartir et le cuisinier, aidé de plusieurs erklings tria le tas de gibier pour sélectionner les meilleures pièces. Lancé dans son rôle primordial pour sustenter la colonie, Meister Gierig délaissa Draco qui ne semblait plus les préoccuper et celui-ci put s’installer dans un coin avec son carnet et furieusement inscrire tout ce qu’il voyait. 


Les erklings semblent préférer la viande grillée, mais celle-ci n’est pas disposée sur les broches tant qu’elle n’est pas entièrement recouverte d’une croûte composée de farine de glands, de gras de canard et d’une grande quantité d’aromates. Une fois sur le feu, un erkling s’occupe soigneusement de faire rôtir les pièces de viande de manière uniforme, et Meister Gierig vient vérifier que tout soit parfaitement exécuté tous les quarts d’heure. Il passe le reste de son temps à reprendre ceux qui semblent être des apprentis cuisiniers et à leur montrer comment améliorer leur geste. Il y a dans cette grande cuisine des erklings qui semblent être de la profession des bâtisseurs et qui récupèrent os, tendons et fourrures qui pourraient être utilisées comme rideaux, menus objets de décoration et de construction. Ils vont et viennent et disparaissent bientôt quand toute cette matière première a été récupérée. 


Il semble compliqué de déterminer qui est mâle et qui est femelle comme de précédentes études l’ont démontré. En effet, la société des erklings ne semble pas scindée en fonction d’un quelconque caractère anatomique et pour ce que j’en sais, Meister Gierig ou Zuerst Friedlich pourraient tout aussi bien être mâles que femelles. Les traits de tous les erklings sont fins, androgynes, et leurs vêtements ne laisse guère supposer si certains sont dotés d’appendices mammaires par exemple. Par ailleurs, je vois peu de lait utilisé dans leurs préparations, et les enfants sont friands du sang tiède des animaux qui sont préparés pour le dîner. Il en apparaît un toutes les dix minutes qui, s’étant interrompu dans leurs jeux sur le pas de la porte, vient réclamer en caquètements autoritaires un petit verre de sang. Ils semblent préférer celui des renards qui est plus foncé. Ils s’en barbouillent la bouche en riant et essuient le coin de leurs lèvres sur leurs manches ce qui leur donne l’air de petits assassins. 


Toutefois, s’ils utilisent assurément leurs dents pour tuer leurs proies, ils préfèrent les cuisiner en se servant de leurs ongles acérés, pratiques pour détacher la peau et couper des morceaux finement qui seront jetés dans un pot en terre cuite posé sur le feu. Ils ne sont pas cultivateurs et n’accompagnent donc leurs venaison que de fruits cuits et de bouillies de fleurs. Quelques racines ramollies sont aussi consommées et leur alimentation est composée autant d’espèces moldues que magiques. Ils n’y a presque aucun déchet. Les os servent à créer des outils, des bijoux ou des objets facilitant le quotidien et les épluchures et graines sont rendues aux sols pour permettre la pousse de futurs plants nourriciers. Ils semblent bien plus proches des êtres que des créatures par bien des aspects. En les observant, il paraît évident que leur pensée est organisée et dépasse l’instant présent. Ils sont civilisés dans le sens où ils disposent d’habitudes propres, d’un artisanat varié et peut être même de croyances. Leur comportement à mon égard est un autre indicateur de leur degré de développement. Ils semblent curieux d’apprendre davantage et son conscients de l’intérêt d’échanger pour accroître leur savoir. 


Meister Gierig interrompit Draco au moment où il écrivait ces dernières lignes. Emporté par ses considérations anthropologiques, Draco n’avait pas prêté attention au changement de rythme de la cuisine. Le repas semblait prêt et à part quelques aides qui restaient surveiller les fourneaux, tout le monde était sorti et Draco et le cuisinier leur emboîtèrent le pas. Tout le monde se dirigeait vers une autre salle, plus haute de plafond que la cuisine, et bien plus large, et qui pouvait accueillir la colonie au complet. Ils y retrouvèrent le chef qui parlait d’une voix aiguë mais puissante, toujours dans ce charabia de caquètements si difficiles à distinguer les uns des autres. Pourtant, Draco comprit qu’il évoquait le repas qui avait été préparé par le plus illustre des erklings du clan, Meister Gierig. Il y eut grand bruit ensuite, d’abord pour remercier le maître coq et ensuite car chacun était occupé à manger et discuter avec son voisin. 


Draco accepta l’assiette de viande qu’on lui servit et le petit bol de soupe où flottaient les tiges de plantes médicinales qu’il connaissait et qui facilitaient la digestion. Il apprécia chaque bouchée, notant la manière dont les saveurs étaient finement intégrées par la lente préparation sur la broche. Il était étonné de la précision et du raffinement de tels mets, bien que la présentation laissât à désirer. Le contraste entre la brutalité et les manières primaires apparentes des erklings et leur sophistication culinaire était saisissant. Leur capacité à réajuster leur régime alimentaire, et à le rendre plus appréciable était époustouflante. Les essences florales elles mêmes travaillées dans de l’eau et broyées dans des mortiers en bois grossièrement façonnés, avaient été ingénieusement utilisées pour colorer certaines pièces de viandes. Draco, après une longue observation des erklings les plus proches, comprit que tous mangeaient les viandes dans un certain ordre. Il accepta la deuxième assiette qu’on lui tendit quand il eut finie la première et par curiosité, avala les denrées dans le même ordre que les autres. Il avait d’abord cru à un rituel peut être superstitieux ou religieux mais il n’en était rien. Les viandes étaient colorées pour en distinguer les différents degrés de cuisson et ainsi déterminer l’ordre dans lequel elles seraient plus facile à manger et ainsi appréciées chacune à sa juste valeur. 


Quand le deuxième service fut achevé pour tout le monde, certains erklings, mais peu, se saisirent de fruits sauvages qui étaient disposés dans des paniers d’osier local. Il semblait que ces mets soient réservés au cuisinier et au chef et à leurs proches. Meister Gierig était assis à côté d’un autre erkling et ils semblait par leur proximité et leur manière de se regarder quand ils parlaient, qu’ils étaient liés par une sorte de relation de compagnonnage ou de concubinage. Il en était de même pour le chef et l’erkling qui se trouvait à sa gauche, et il était évident qu’ils élevaient ensemble les quatre erklings enfants qui les entouraient. Bientôt, les discussions prirent fin et tous se tournèrent en direction du cuisinier qui se leva et alla se placer au centre de la grande salle voûtée. La nuit était tombée, Draco réalisa, et les lueurs du feu sur le visage de Meister Gierig allongeaient ses dents pointues en ombres inquiétantes. Il caqueta d’une voix basse et lente, et son discours fut bien plus aisé à comprendre que tout ce que Draco avait pu décrypter jusque là. 


Le prestige de la fonction de cuisinier me paraît à présent toute justifiable. Sa connaissance des plantes et des animaux de la forêt fait de lui l’homme le plus instruit du clan. Il possède à leur yeux un pouvoir supérieur puisqu’il est capable de rendre la nourriture vulgaire délicieuse (ils entendent par “vulgaire” tout ce qui n’est pas chair de jeune humain). De plus, de par sa connaissance de tout ce qui fait l’écosystème des environs, ils est plus à même de remédier à leurs soucis de santé. Il ne semble pas y avoir de religion dans leur culture qui s’approche pourtant des premières civilisations humaines. Les similitudes dans le stade d’avancement avec certaines ethnies qui peuplent encore des coins reculés du monde moldu, laisse à croire que le monde sorcier a grandement sous estimé ces êtres au même titre que les gobelins et loup-garous pour ne citer qu’eux. Preuve en est le manque d’hostilité qu’ils me témoignent. Certains enfants sont venus pendant le repas comparer leur menton avec le mien et l’un d’eux m’a demandé comment je faisais pour tuer mes proies avec un menton si peu affûté. Un autre a renchéri en me demandant comment mon peuple pouvait inspirer la crainte aux anciens alors que nous sommes si peu pourvus d’armes naturelles. Pour ne pas risquer d’attirer l’attention sur ma baguette, j’ai effectué un petit tour qui requiert peu de concentration magique et cela a semblé répondre à leurs questions. 


Le cuisinier a pris le temps de raconter tous les événements de la journée, y compris notre rencontre près du ruisseau. Il n’est pas avare de détails et certains mots me sont inconnus. Au vu de la structure de ses phrases, j’en déduis que leur vocabulaire est bien plus étendu et nuancé que ne le croient les ethnomages. A la fois nourricier et guérisseur, le cuisinier semble aussi être le barde ou tout au moins l’éducateur qui instruit ses semblables sur le monde en dehors du village. Probablement pour m’impressionner, le cuisinier a présenté les différentes fonctions existant chez les erklings, et qui sont simples à résumer. Le Zuerst est le chef, le meister est le cuisinier. Il existe des bâtisseurs appelés Nester et dont l’appellation se traduirait davantage comme “nicheur”. Puis, et leur fonction est aussi très respectée, il y a les chasseurs, appelés Jäger et les sentinelles désignées sous le terme de Wächter. Si les Jäger et le Zuerst sortent pour chasser tout le jour, les autres erklings hormis le cuisinier sont cantonnés au village. Le chef et ses chasseurs sont trop occupés à traquer et ramener le gibier pour s’intéresser outre mesure à la vie de la région et cela explique la position unique du cuisinier. 


De par sa manière de décrire les activités des moldus des environs, et des quelques sorciers de passage, il est évident que je ne suis pas le premier à entrer en contact avec lui. Mais, en revanche, je semble être le premier à avoir été emmené au village. Le cuisinier insiste fortement sur nos ressemblances et passe sous silence nos différences. Ainsi, il me qualifie de Meister Mensch et cela explique pourquoi on m’a traité avec respect jusque là. Il précise également que son discours de ce soir m’est autant adressé qu’il leur est destiné et qu’il a grand espoir que notre rencontre change le rapport qui existe entre les erklings et les humains. Ces derniers propos me font me détendre légèrement et je hoche vivement la tête pour signifier que je partage son souhait. Enfin, et je peux ainsi avoir un aperçu de leur fonctionnement politique, il demande à la communauté une autorisation spéciale pour que je reste en leur compagnie quelques jours afin que nous puissions mutuellement apprendre de la culture de l’autre. Cette initiative, que j’espérais, mais que je ne savais formuler dans leur langue, me prend par surprise. Il m’accorde un regard rapide, et me voyant me détendre davantage encore, reporte son attention sur l’assemblée. Des bras ont commencé à se lever, d’abord timidement puis, plus fermement. Bientôt, à l’exception d’un petit groupe d’erklings, la majorité m’autorise à rester parmi eux quelques temps. 


** ** **


“Bien. Merci Docteur Malfoy pour cette lecture tirée de votre thèse parue l’an passée sur votre séjour dans un village d’Erkling de la Forêt Noire. Maintenant, quelques questions de l’auditoire qui est venu aujourd’hui à l’occasion de votre venue exceptionnelle en Angleterre. Oui, vous Monsieur, au premier rang.

-Bonsoir. Comptez vous retourner voir les erklings dans un futur proche ?” Draco pointa le bout de sa baguette sur sa gorge et put ainsi parler d’une voix forte qui résonna dans l’amphithéâtre de la Faculté d’Etude des Êtres Magiques de Londres. 

“Comme je l’ai souligné plus tôt, je suis potionniste. Je ne suis donc pas qualifié pour effectuer des missions d’ordre anthropomagique ni ethnomagiques. J’ai quelques lacunes en linguistique également. Toutefois, comme gage de paix et pour garantir aux erklings des rapports respectueux et amicaux entre humains et erklings, je me suis engagé à être présent chaque fois qu’un nouveau chercheur devrait entrer en contact avec eux pour la première fois. Je leur ai présenté les Dr Kauderwelsch et Zoll il y a six mois de cela. Et il est prévu que ces derniers retournent étudier la culture erkling l’été de l’année prochaine.” Une deuxième main se leva et une seconde question lui fut adressée :

“Pensez-vous que les erklings soient réellement des êtres ? Leur nature violente ne devrait-elle pas les classer immédiatement du côté des Bêtes comme les Trolls par exemple ?

-Vous avez pu comprendre, je pense, quelle est ma position sur le sujet. Les erklings sont dotés d’atouts physiques dangereux, c’est chose vraie. Je ne suis pas spécialiste. Mais il me semble qu’un être capable de contrôler ses pulsions et d’établir des rapports cordiaux avec une espèce qui est naturellement sa proie et qui est devenu son prédateur, mérite d’être célébré pour son intelligence présente et non pour ses crimes passés.” 


D’autres interventions suivirent et finalement, lorsqu’il n’y eut qu’un public dont la curiosité était totalement assouvie, Draco salua et la salle se vida. Le Professeur qui l’avait convié à participer à ce colloque sur Les Apports Inter-Disciplinaires dans les Sciences Sorcières Contemporaines le remercia encore chaleureusement et s’éclipsa à son tour. Il ne resta plus qu’une seule autre personne dans la salle et Draco ne fut pas étonné de l’identité de celle-ci. Il s’avança vers elle et inclina le menton :

“Granger.

-Bonsoir Draco.” La jeune femme ignora sa froideur et lui serra la main, ce qui bien que formel paraissait être d’une familiarité inconsidérée si on prenait en compte leurs rapports passés. 

“J’ignorais que tu étudiais ici.

-Oh ce n’est pas le cas. Je suis assistante ministérielle au Département de Régulation et Contrôle des Créatures Magiques.” 


Il la scruta longuement.

“Ceci explique cela.

-En effet. Ceci n’est pas qu’une simple salutation polie. Tes travaux peuvent servir une cause qui m’est très chère.

-Je ne suis pas un militant. 

-J’ai tout à fait conscience de ça.

-Et je ne suis pas le sorcier le plus populaire d’Angleterre.

-En réalité, ce point là pourrait jouer en notre faveur.” Draco ouvrit la bouche mais se ravisa. Puis, haussant les épaules il lâcha :

“Je t’accorde une heure de mon temps et un dîner dans le Londres moldu. Si je ne suis pas convaincu dans une heure, je ne veux plus entendre parler de ta cause.” Granger lui accorda un grand sourire et il se pinça l’arrête du nez en croisant son regard déterminé. 

Note de fin de chapitre :

“Meister Gierig” (allemand) peut se traduire en français par “Maître Gourmand”. 

“Kauderwelsch” (allemand) signifie “charabia”. 

“Zoll” (allemand) signifie “coutumes”. 

“Friedlich” (allemand) signifie “pacifique”. 

“Sonne” (allemand) signifie “soleil”.

“Gras” (allemand) signifie “herbe”.

“Mensch” (allemand) signifie “humain”.

 

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