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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Les Fleurs du Mal par lossifovna

[12 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour !

Ma première fanfiction était une enquête/thriller, avec un style un peu policier, chose que je n’aurais jamais pensé écrire. Je me suis dit que ce n’était que pour une fois. Et j’y ai pris goût, du coup j’ai remis le couvert avec celle-ci en faisant une fusion avec le drama Tunnel, qui est top (et je dois avouer que je suis fascinée par les tueurs en série, alors je me suis dit “pourquoi pas mélanger avec Harry Potter ? ^^).

Une petite note explicative: l’histoire est décalée de 20 ans dans le passé: les événements du livre ont bien eu lieu mais pas à la même époque! Harry est né en 1960, il a vaincu Voldemort en 1978, tout pareil mais juste 20 ans plus tôt. Les personnages sont les mêmes, les relations ne changent pas, j’ai aussi décidé de garder (quelques éléments de) l’épilogue.

Bref, si vous aimez les enquêtes policières, les mystères, les tueurs en série, l’humour (parce que oui, il y en a!), vous êtes au bon endroit. L’histoire est complète, il y a 25 chapitres en tout. N’hésitez pas à laisser un petit mot pour me donner votre avis, ça fait toujours plaisir ! Bonne lecture ! ( ᐛ )و

- 1 -

 

Novembre 1985

 

La nuit commençait déjà à tomber, précipitée par le temps maussade visible à travers les fenêtres de leur espace de travail. Les quelques Aurors encore présents se hâtèrent de ramasser leurs dossiers, les scellant dans les tiroirs de leurs bureaux avant de se préparer à sortir, souhaitant bonne nuit à leurs collègues d'astreinte ce soir-là.

Harry éteignit la petite lampe sur son bureau avant d’enfiler sa cape et rejoignit Ron qui l’attendait au niveau de la grande porte d’entrée du Département. Après la défaite de Voldemort et la fin de la Seconde Guerre des Ténèbres, en 1978, les deux jeunes hommes avaient immédiatement entamé leur formation d’Aurors, sortants diplômés de l’Académie deux ans plus tard. Avec cinq ans d’expérience, ils n’étaient maintenant plus des apprentis et étaient partenaires dans la division des crimes violents du Département des Aurors. 

Leur équipe comptait six hommes et femmes. Le plus jeune membre était encore en formation, il s'appelait Jack Sloper, était âgé de dix-neuf ans ; Harry l'avait pris son aile et il tentait d’apprendre tout ce qu’il savait. Le jeune stagiaire leur avait été assigné quelques semaines plus tôt, se présentant timidement à eux, des cheveux noirs courts coiffés en brosse et sa veste trois fois trop grande le faisant paraître encore plus jeune qu’il ne l'était. Il avait rapidement été intégré à l’équipe et se montrait extrêmement impliqué dans son travail ; Harry l’appréciait beaucoup.

 Leurs autres coéquipiers, deux femmes et deux hommes étaient tous des sorciers compétents, plus âgés et plus expérimentés, se chargeant généralement des affaires les plus difficiles, parfois au désarroi des deux jeunes hommes qui se retrouvaient le plus souvent à enquêter sur des crimes moins intéressants. Ils venaient justement de conclure leur dernière affaire, la période était plutôt paisible, et ils pouvaient se permettre de quitter le bureau à une heure relativement correcte.

Ils traversèrent ensemble les couloirs presque déserts du Ministère jusqu’aux ascenseurs, qu’ils empruntèrent, tout en discutant de leurs plans pour le week-end. 

-Ginny insiste pour qu’on aille visiter quelques maisons samedi, commença Harry. On en a pas encore trouvé une qui nous plaise à tous les deux.

-Vous avez essayé du côté du Devon ? lui demanda son ami.

-Je sais bien qu’on a dit qu’on voulait se mettre un peu plus au vert, mais j’avoue que je n’ai pas envie d’aller m’enterrer au fin fond de la campagne non plus. Je préférerais un endroit proche de la côte.

Les portes de l’ascenseur s’ouvrirent et ils s’avancèrent dans l’atrium.

-Vous pourriez toujours essayer de trouver à côté de chez nous. Imagine ça, on pourrait créer un village entier de Weasley, avec Fred et Angelina qui n’habitent pas très loin, Percy qui compte se rapprocher et mes parents à quelques kilomètres de là !

-C’est tentant, mais je passe, répondit Harry en rigolant.

Ils se séparèrent devant les grandes cheminées, se souhaitant bonne soirée, chacun regagnant son domicile respectif. Harry et Ginny habitaient depuis plusieurs années une petite maison ancienne, située dans un quartier résidentiel de Londres. Ils s’y étaient installés provisoirement au début, mais à cause de leurs professions chronophages, lui en tant qu’Auror et elle comme joueuse de quidditch professionnelle, ils n’avaient pas eu le temps de trouver autre chose. Jusqu’à maintenant du moins, car depuis quelques semaines, ils arpentaient les agences immobilières magiques en quête du bien parfait, l’endroit où ils pourraient enfin s’établir définitivement et envisager d’y fonder leur famille.

 

Lorsqu’il sortit de l’âtre de la cheminée et apparut dans le petit salon faiblement éclairé, une odeur de brûlé assaillit les sens de Harry. Il déposa son sac et ôta sa cape, la déposant sur le canapé en passant à côté pour se rendre dans la cuisine, où sa compagne semblait se débattre avec le repas du soir. Une fumée sombre s'échappait du four et du plat qu’elle tenait entre ses mains. Elle le plaça sur le rebord de la fenêtre ouverte et tenta de chasser la fumée à grands renforts de gestes de mains et du torchon qu’elle agitait vainement. Il l’observa un instant en souriant, puis sortit sa baguette de sa poche et d’un sort, fit disparaître toute trace du désastre. 

Ginny se retourna vivement, un air de surprise peint sur son visage, et ses cheveux roux en désordre virevoltèrent avec son mouvement brusque.

-Harry ! Tu es déjà là ? Je voulais te faire une surprise en préparant le dîner, mais je crois que c’est un peu raté.

Il la prit dans ses bras et embrassa son front, il pouvait sentir l’odeur de brûlé imprégnée dans sa chevelure rousse.

-L’élément de surprise est là, c’est sûr ! On dirait que tu viens de te battre avec un troll. Qu’est-ce que c’était ? demanda-t-il en jetant un regard vers le contenu noirci du plat au bord de la fenêtre.

-Des lasagnes, j’ai essayé de suivre la recette de Maman. Pour une fois que je voulais cuisiner !

-Ce n’est pas grave, c’est l’intention qui compte, la rassura-t-il devant son air dépité. Un restaurant, ça te dit ?

Elle lui répondit par un sourire, ses yeux emplis d’affection. Lorsqu’elle le regardait ainsi, Harry se sentait toujours comme l’homme le plus chanceux de la terre, et même après toutes ces années ensemble, il tombait chaque jour encore plus amoureux de Ginny, si cela était possible. Rien ne pourrait jamais égaler le sentiment de bonheur, de sécurité et de chaleur qu’il ressentait lorsqu’il se trouvait à ses côtés.

 

Quelques jours plus tard, par un matin froid de novembre, Harry repensa à ce moment, se disant qu’il aurait préféré se trouver bien au chaud dans leur petite maison avec Ginny plutôt que de courir le long du chemin boueux sur les bords de la Tamise. Il était à la poursuite d’un homme suspecté d’avoir empoisonné son voisin avec une potion frelatée pour se venger d’une histoire de vol de Veaudelune dix ans auparavant. L’Auror n’avait pas encore tous les détails de l’affaire.

-Arrête-toi ! Au nom du Ministère, arrête-toi !

L’homme se retourna, lança un sort en direction de Harry et lui cria “tu t’arrêterais dans cette situation, toi ?”

-Espèce de- , Harry ne termina pas sa phrase et préféra jeter un sort d’entrave à son suspect, le manquant de peu et éraflant son anorak bleu ciel à la place.

L’homme tourna subitement et disparut dans les hautes herbes des berges en friche.

-Hé ! Reviens ici ! Ordure !

Harry commençait à manquer de souffle ; ils s’étaient lancés dans cette course-poursuite depuis maintenant un moment et son corps lui faisait sentir son manque d’entraînement. Il pouvait entendre les deux autres Aurors de son équipe courir derrière lui, la voix de Jack lui parvenant entre deux complaintes essoufflées.

-Gamin ! Essaye de l’intercepter en transplanant devant ! lui lança Harry.

Le pop ! caractéristique de sa disparition résonna dans le champ. L’homme devant lui accéléra, s’époumonant “ne m’approche pas ! Ah ! Reste loin de moi !”

-Bon sang, mais arrête-toi !

Harry essaya de lancer un autre sort, mais pointer sa baguette tout en courant lui fit rater sa cible d’au moins deux bons mètres. Il lâcha un cri de frustration et reprit sa course de plus belle.

-Aaah ! Laisse-moaah !

L’homme au manteau bleu avait tourné la tête pour évaluer la distance le séparant de Harry et s’était pris les pieds dans un trou sur son chemin. Son corps s’étala de tout son long dans une flaque boueuse, et il tenta de se retourner avant que Harry ne puisse l'attraper.

Alors que l’Auror s’approchait pour lui passer les menottes, le suspect se mit à se débattre, agitant les jambes et pointant droit devant lui en poussant un cri d’effroi.

-Qu’est-ce que tu fais ? Tss. Ton cinéma ne marchera pas, tu viens avec moi !

-Là ! Là !

Harry leva les yeux et suivit du regard ce que pointait du doigt l’homme.

Au milieu des herbes hautes et jaunies, se trouvait le corps sans vie d’une femme, sa peau bleuie était couverte de marques sombres, et ses mains étaient attachées tout comme ses chevilles. Ses chaussures ainsi que son sac et son contenu étaient éparpillés autour d’elle, mais ses vêtements, une jupe et un manteau blanc, étaient encore en place. Son visage était juvénile, à demi-masqué par les mèches de cheveux sombres qui s’échappaient de sa natte défaite. 

Entièrement absorbé par l’observation du corps, le jeune homme n’entendit pas ses collègues arriver et sursauta lorsqu’une main se posa sur son épaule.

-Chef ?

Harry se tourna vers le jeune Jack, qui regardait la scène avec des yeux écarquillés, son teint pâle presque aussi blanc que le ciel laiteux au-dessus de leurs têtes ; c’était probablement la première fois qu’il voyait un cadavre. L’Auror, lui-même retourné par ce qu’il voyait, prit pitié de lui et l’envoya raccompagner l’homme qu’il venait d’appréhender jusqu’au Ministère.

Une fois le gamin parti, il retourna son attention vers la jeune femme, son collègue à ses côtés.

-Il faudrait contacter les Moldus, ça relève plutôt de leur juridiction, non ? proposa ce dernier.

Harry s’approcha du corps et le contourna lentement pour l'inspecter, quand il aperçut quelque chose légèrement dissimulé sous le petit sac en cuir de la victime. Il se pencha et ramassa l’objet.

-Contacte le bureau, je crois que cette affaire est pour nous.

Entre ses doigts, il fit tourner la baguette en bois clair semblant appartenir à la jeune femme.

 

Mindy Pinfield avait vingt-et-un ans, elle était originaire de Bristol et avait disparu quatre jours auparavant, ayant été aperçue pour la dernière fois quittant le domicile de sa meilleure amie à Londres. Il s’agissait bien d’une ressortissante du Monde Magique, ancienne élève de Poudlard, peut-être même Harry l’avait-il croisée au détour d’un couloir pendant leurs études.

Dans la salle nue et impersonnelle réservée aux autopsies de l’aile Médico-légale Magique de Sainte Mangouste, le médicomage légiste, un petit homme à la peau mate d’une quarantaine d’années, avait conclu que la victime avait été tuée de façon moldue.

 -Elle a été étranglée avec un bas de nylon qui était encore autour de son cou lorsque le corps a été retrouvé. 

Il pointa à différents endroits du corps, poursuivant son rapport aux Aurors présents.

-Des traces de coups ont été retrouvées, ici, là et là. Elle s’est probablement débattue contre son agresseur, mais je n’ai pas relevé d’autres sévices.

 L’information soulagea légèrement Harry, qui n’aurait cependant pas été surpris d’apprendre le contraire. 

-Je n’ai également trouvé aucune empreinte sur le corps, ni de signature magique individuelle, continua le légiste.

-C’est une affaire pour la police moldue, alors, finalement ? interrogea Ron. 

Ce dernier avait été assigné à l’enquête avec Harry, Jack et un quatrième Auror, Lance Williamson, le plus âgé d’entre eux et le plus expérimenté de la division.

-Pas exactement. Tiens, aide-moi à la tourner.

Le médicomage fit signe à son jeune assistant de l’aider, et une fois le dos de la victime visible, il pointa à une tâche plus sombre dont la forme rappelait une étoile à branches multiples.

-C’est un impact de sort, plus précisément un sortilège de paralysie.

Il relâcha le corps et poursuivit ses explications.

-En général, les impacts de sorts disparaissent en quelques minutes, quelques heures tout au plus. Cependant, avec la mort et la cessation de toute circulation sanguine, le processus de guérison ne se fait pas et la marque persiste. 

-C’est donc bien un sorcier. Mais pourquoi la tuer de cette façon ? Pourquoi ne pas utiliser un impardonnable ou un autre sort ? demanda Harry.

-Peut-être pour brouiller les pistes, nous faire croire à un crime moldu en espérant que leurs autorités s’en chargeront, tenta Jack.

La façon de procéder était inhabituelle, les Aurors devaient bien l’admettre. Harry sentait malgré tout une certaine excitation à l’idée d’enfin enquêter sur une affaire qui semblait plus complexe que celles qu’il avait l’habitude d’élucider et il pouvait voir que ses coéquipiers partageaient son sentiment. Quelle satisfaction ils éprouveraient lorsqu’ils arrêteraient le criminel !

 

Cependant, deux semaines plus tard, son humeur avait bien changé. L’enquête était au point mort, les Aurors n’avaient aucun indice qui aurait pu faire avancer l’affaire. L’observation de la scène de crime ne leur avait rien apporté de nouveau, leur coupable maîtrisant apparemment l’art d’effacer ses traces, et les interrogatoires des proches et connaissances de la victime s’étaient avérés être totalement inutiles. Pourtant, en règle générale, un acte d’une telle violence était le plus souvent perpétré par quelqu’un qui connaissait la personne tuée, c’était en tout cas ce que l’on apprenait aux Aurors à l’Académie.

-C’est tellement frustrant !

Harry s’enfonça dans sa chaise et leva les bras au ciel avant de laisser retomber ses mains sur son visage. En face de lui, la posture de Ron, avachi sur son bureau, renvoyait la même émotion.

-Sans parler de la Gazette du Sorcier qui vient de publier un article avec une photo de la scène du crime. Je ne sais même pas comment ils se la sont procurée, continua l’Auror brun.

-Quelle bande de vautours. L’enquête est toujours en cours, ils ne nous aident vraiment pas à publier de telles choses.

-Ils n’ont aucun égard pour la famille de Miss Penfield. Bon sang, imagine si c’était ta propre fille, ou ta sœur.

-Tu en as parlé à Ginny, toi ? demanda Ron après un instant de silence, faisant rouler sa plume sur son bureau du bout des doigts.

-De l’affaire ? Oui, vaguement. Je ne lui donne jamais beaucoup de détails quand je lui parle des enquêtes en cours.

-Hermione me pose souvent beaucoup de questions, c’est plutôt dur de rester vague.

-C’est parce qu’elle travaille à côté, elle est un peu de la maison, ça la touche plus que Gin.

-Vivement qu’on trouve quelque chose à se mettre sous la dent en tout cas, et vite. N’importe quoi, du moment que ça fasse avancer les choses.

 

“N’importe quoi” n’auraient pas été les mots que Harry aurait choisi, surtout quand un deuxième corps fut retrouvé par un promeneur matinal, quelques semaines plus tard, sur un chemin isolé passant sous un pont. Tout comme la première victime, il s’agissait d’une jeune sorcière d’une vingtaine d'années, Emily Browning, visiblement tuée de la même façon. La première chose qu’avait aperçue le jeune Auror en arrivant sur les lieux furent ses cheveux mi-longs, d’un roux éclatant, entourant sa tête comme une couronne de feu. Il avait dû forcer son regard à se détacher du corps après quelques minutes avant de rejoindre son senior. Tout autour du cordon de sécurité installé par les Aurors, une foule de badauds et de journalistes tentaient d’apercevoir ce qu’il se passait.

Pendant que les officiers et l’équipe médico-légale tentaient de trouver des indices sur la scène de crime, relevant chaque objet avec précaution, Harry et Williamson les observaient.

-Ça ne fait que quatre semaines depuis le dernier incident, lâcha le plus jeune, resserrant sa cape autour de ses épaules après une bourrasque particulièrement glaçante.

Williamson passa la main dans ses cheveux grisonnants d’un geste las.

-Je sais. Robards va être à la limite de la crise de nerf.

-Quel genre de criminel agit ainsi ? On a déjà enquêté sur les délinquants connus du Département.

-Hé bien, il va falloir recommencer. 

Ils furent interrompus par Jack, qui s’approcha lentement d’eux, le teint légèrement verdâtre. Harry lui avait demandé d’interroger les témoins.

-Alors, qu’est-ce qu’ils ont dit ? 

Le stagiaire posa une main sur sa poitrine avant d’inspirer un grand coup et de lui répondre.

-Elle n’était pas là hier soir.

-Ça s’est passé la nuit dernière alors, dit Williamson, le regard pensif.

-Tu penses qu’il peut s’agir du même criminel ?

-Ne dis pas de bêtises. Rentrons, on a du pain sur la planche. 

 

Enlacés dans leur grand lit dont les draps défaits s’enroulaient autour de leurs jambes, Harry et Ginny allaient enfin pouvoir passer leur première nuit dans leur nouvelle maison, les bruits de la mer proche se faisant entendre malgré les fenêtres closes.

C’était la maison dont ils avaient toujours rêvé, bien qu' éloignée de la ville, mais cela n’avait pas d’importance tant qu’ils avaient la possibilité de se déplacer en transplanant ou avec le réseau des cheminées. Il y avait un petit village sorcier à proximité, et le couple savait que c’était l’endroit idéal pour élever leurs futurs enfants.

Harry passait pensivement la main dans les longs cheveux roux de Ginny dont la tête reposait sur sa poitrine, son visage était serein, ses yeux fermés et elle semblait sur le point de s’endormir quand le jeune homme murmura.

-Gin.

-Mh.

-Tu me promets de faire attention à toi quand tu vas seule à Londres, hein ?

La jeune femme ouvrit les yeux, tournant légèrement la tête vers le plafond.

-Pourquoi est-ce que tu me demandes ça tout d’un coup ?

-C’est juste que… Avec les meurtres récents, et le fait que le ou les suspects courent toujours, je ne peux pas m’empêcher de penser à toi.

Ginny changea de position afin de se trouver face à lui.

-Bien sûr que je fais attention, et puis je ne suis pas sans défense, je sais me battre, ajouta-t-elle avec un sourire.

-Je sais.

Il l’embrassa avant de la serrer contre lui, l’image du corps retrouvé la veille encore vivace dans son esprit.

-Je sais, répéta-t-il tout bas.

 

Plusieurs jours durant, ils passèrent des heures à interroger des dizaines d’hommes au bureau, allant des familles des victimes aux simples connaissances, sans aucun résultat probant. Les journées semblaient interminables et leur travail ne progressait pas, ce qui les rendait moroses et irritables.

Le cinquième jour, une sorcière fit irruption dans le bureau, paniquée, interpellant chaque Auror qu’elle croisait sur son chemin.

-S’il vous plaît ! Je vous en prie ! Aidez-moi ! Il faut la retrouver !

Williamson fut le premier à réagir, se levant brusquement de sa chaise.

-Madame Culbert ? Que se passe-t-il ?

La femme se précipita vers lui, clairement agitée et angoissée. Harry reconnut la tenancière du petit salon de thé au coin de la rue qui faisait face à la boutique de Madame Guipure, sur le Chemin de Traverse.

-C’est ma fille, Lena, elle n’est pas rentrée hier soir ! Je vous en prie, il faut la retrouver !

Les quatre Aurors se regardèrent. Williamson guida la femme vers un bureau un peu plus à l’écart et ses coéquipiers le rejoignirent. Harry fit apparaître un verre d’eau et le lui tendit. Elle devait avoir une quarantaine d’années, ses vêtements semblaient avoir été enfilés à la hâte et ses cheveux blonds, ramassés en un vague chignon, s'en échappaient pour retomber sur ses épaules.

-Quel âge a votre fille déjà ? lui demanda l’Auror le plus âgé.

-Vingt-deux ans, elle vit avec moi en ce moment, elle travaille au salon de thé et le soir, elle m’aide à livrer les plats chez mes clients.

-C’est inhabituel qu’elle ne rentre pas ? Elle est peut-être sortie avec des amis, dit Jack.

-Elle m’aurait prévenue. 

Les mains tremblantes de la sorcière se resserrèrent autour du verre qu’elle tenait.

-Elle est toujours très ponctuelle, toujours de retour pour neuf heures précises. Avec les incidents dont parle la Gazette du Sorcier… Je suis si inquiète ! Je vous en prie, vous devez la retrouver !

-Ne vous inquiétez pas, nous allons voir ce que nous pouvons faire, tenta de la rassurer Ron.

 

Le corps de Lena Culbert fut le troisième à être découvert, tôt le lendemain matin dans un champ situé à la périphérie de la ville. Les pleurs de sa mère emplirent le bureau des Aurors lorsqu’ils lui annoncèrent la nouvelle, retournant le cœur de Harry dans sa poitrine. Le sentiment d’impuissance qu’il ressentait ne faisait que croître de jour en jour, le rendant furieux, contre le criminel, et contre lui-même et son incompétence.

-Comment avez-vous pu laisser ça lui arriver ?! Pourquoi est-elle morte ?! Pourquoi ? Lena !

Les questions que criait la mère de la jeune femme tout en secouant Williamson faisaient écho à celles que se posait le jeune Auror. Pourquoi ne parvenaient-ils pas à trouver les suspects ? Comment était-ce possible que plusieurs personnes puissent commettre des actes d'une telle violence si rapprochés dans le temps ? Ce genre d'actions était habituellement motivé par des sentiments profonds de haine ou de rancœur à l'égard des victimes, souvent perpétrées par des personnes de leur entourage. Pourquoi les Aurors ne parvenaient-ils pas alors à cerner de suspect

 

-Nous retrouvons le même mécanisme que pour les deux victimes précédentes, étranglée avec un bas de nylon, pieds et mains attachés.

Le médicomage et son assistant s’affairaient autour du corps dans la salle froide, tout en faisant part de leurs observations aux Aurors.

-Alors ce serait le même meurtrier dans les trois affaires ? demanda Harry.

-C’est absurde, tu ne peux pas baser tes théories uniquement sur la méthode utilisée pour tuer, rétorqua Williamson d’un ton bourru.

-Habituellement, on résout les affaires en investiguant les alentours, en relevant des indices et des preuves, ou encore en interrogeant les proches, mais si tu prends les cas de Browning et Pinfield, nous n’avons absolument rien trouvé et ce n’est pas faute d’avoir cherché, dit le jeune auror, avant de retourner son regard vers le corps de la jeune femme. C’est la même chose pour elle. Si ça se trouve, on se trompe depuis le départ.

-Assez. Tu dis n’importe quoi, on galère déjà assez comme ça sans aller inventer des scénarios à la mord-moi-le-noeud. Va plutôt chercher la liste des clients qu’elle a livrés le jour où elle a disparu.

Le ton sec de son senior était sans appel et Harry se garda bien de faire d’autres remarques même s’il n’en pensait pas moins.

 

Les interrogatoires dans le Département des Aurors se poursuivaient et l’enquête piétinait toujours. Les enquêteurs eurent un bref instant l’espoir d’avoir trouvé une piste solide grâce à la liste des clients de Miss Culbert avant de se retrouver dans une impasse. L'intégralité de l'équipe de Harry avait désormais été affectée à l'affaire, dans le but d'accélérer les investigations. 

Après une journée éprouvante à interroger les derniers clients de la liste, Harry se rendit sur les lieux du dernier crime, accompagné de Jack. La nuit était déjà tombée et la lune brillait faiblement dans le ciel de janvier, l’air froid transformant chacune de leur respiration en nuages de condensation. Ils s’accroupirent côte à côte et observèrent silencieusement les alentours, la seule source de lumière provenant de leurs baguettes. Harry jeta un coup d'œil à sa montre.

-Neuf heures, c’est à peu près l’heure estimée des meurtres.

Il leva les yeux vers le ciel avant de laisser promener son regard sur le paysage.

-C’est un endroit bien sombre pour que quelqu’un qui ne connaisse pas les lieux s’y aventure par hasard. Alors que plusieurs personnes y choisissent d’y tuer quelqu’un… Ça n’a pas de sens.

-Tu penses que c’est quelqu’un du coin, alors ? intervint Jack, soufflant dans ses mains avant de les frotter pour les réchauffer.

-Quelqu’un qui connaît cet endroit en tout cas, oui.

-Donc un seul et même suspect pour les trois meurtres ?

-Je pense qu’on ne peut pas ignorer cette théorie, même si c’est la première fois que je vois ce type de crime.

Certes, il y avait eu des séries de meurtres à l’époque de la Guerre contre Voldemort, mais tous avaient été commis à l’encontre d’un certain type de population, par des sorciers différents bien qu’adhérant aux mêmes valeurs ; il s’agissait de crimes de haine et ne pouvaient être comparés à la situation actuelle.

-Tu crois qu’il y en aura d’autres ? Des meurtres, je veux dire, demanda timidement le stagiaire, son regard inquiet sondant l’expression sérieuse de Harry.

-J’espère que non, mais mon instinct me dit que c’est une possibilité.

 

Quelques semaines plus tard, alors qu’il s’apprêtait à quitter le bureau, Harry fut appelé tardivement pour rejoindre son équipe dans une banlieue sorcière de la capitale. C’était à l’écart d’un quartier résidentiel, en bordure de voie ferrée, que le corps d’Elisabeth Bickford avait été retrouvé peu après dix heures.

Lorsque Harry transplana sur place, le lieu était en pleine effervescence, illuminé par les baguettes des Aurors collectant autant d’indices qu’ils le pouvaient sous la bruine nocturne, tentant de reconstituer le déroulement des événements à l’aide d’un Appare Vestigium. Les silhouettes dorées fantasmagoriques révélées par l’enchantement semblaient s'évanouir presque aussitôt qu’elle étaient apparues, ne permettant pas d’analyser le crime. Il trouva aisément Ron, qui supervisait les opérations, le visage grave.

-Elle a été identifiée ?

-Oui, Elisabeth Bickford, vingt-cinq ans, elle habite ici, dans l’une de ces maisons, répondit l’Auror aux cheveux roux en pointant vaguement vers les bâtiments au loin.

-Quelqu’un a prévenu sa famille ?

-Nous avons tenté de les contacter avec le réseau des cheminées, mais il n’y pas eu de réponse, l’informa Jack qui venait de les rejoindre.

-Elle a été tuée et tu veux leur annoncer ça par cheminée ? Qu’est-ce qui ne va pas chez toi, gamin ?

Après avoir vérifié l’adresse de la jeune femme, Harry prit la direction du quartier résidentiel. Il marcha une dizaine de minutes avant d’apercevoir une silhouette étrange se détachant sous la lumière d’un lampadaire, attendant visiblement quelque chose. En s’approchant, l’Auror réalisa qu’il s’agissait d’un homme qui tenait dans ses bras un bambin. L’enfant se mit soudainement à pleurer et Harry s’arrêta, priant, suppliant qui voulait bien l’entendre - Merlin, Morgane ou un autre - pour qu’il ne s’agisse pas de la famille de la victime.

-Excusez-moi ! l’interpella l’homme, se dirigeant vers lui. Vous n’auriez pas croisé une jeune femme en venant ici ?

De près, les traits de son visage faiblement illuminé par le lampadaire lui semblaient familiers. Corner. C’était son nom, Michael Corner, élève de Serdaigle dans la même année que lui à Poudlard. Les yeux du jeune père s’écarquillèrent quand il reconnut l’homme face à lui.

-Potter ? C’est bien toi ? Qu’est-ce que tu fais là ?

-Michael ? Est-ce que… Est-ce que tu connais Elisabeth Bickford ?

-C’est ma femme, pourquoi ? Tu l’as vue ? Elle est incroyablement en retard, j'étais inquiet, je suis sorti pour l’attendre.

-Michael, je suis désolé… 

Annoncer le décès d’un proche à une famille avait toujours été ce que Harry détestait le plus dans son métier. Ce jour-là, il apprit que cela l’était encore plus lorsque l’on connaissait ladite famille.

Le cri de Michael, lorsqu’il se précipita vers le corps sans vie de sa compagne, déchira la nuit silencieuse, et Harry resserra les bras autour du bambin qu’il avait attrapé des bras du jeune père à son arrivée sur les lieux de l’incident. Il tenta de calmer les pleurs débutants de l’enfant en sautillant doucement et en lui murmurant des paroles rassurantes, pendant que Michael se laissait tomber à genoux près du corps de la jeune femme.

 

Le regard vide, Harry fixait le mur de la petite pièce froide, un air de déjà vu dont il se serait volontiers passé devant la scène qui s’offrait à lui. Le corps d’Elisabeth Bickford était étendu là, sous un mince drap blanc après avoir été inspecté sous toutes les coutures.

-Vous vous en doutez, mais la cause de la mort est similaire aux précédentes victimes. Étranglée avec…

-... Un bas de nylon, termina Harry d’une voix morne.

À ses côtés, Williamson laissa échapper un long soupir, les yeux fixés vers le plafond.

-Ce seraient vraiment les actions d’un même meurtrier ? demanda-t-il.

-Je t’avais dit que ce n’était pas normal.

-Mais ça n’a pas de sens ! Pourquoi tuer ainsi des femmes sans raison ? Je n’y crois pas.

-Comment peux-tu encore dire ça après tout ça ? s’énerva Harry.

-Dis donc, surveille ton ton, sale gosse ! le réprimanda le senior, faisant mine de lever le bras pour le frapper.

-Dites, au lieu de vous battre, regardez plutôt ses poignets, lança le légiste. Elle s’est débattue si fort, se blessant jusqu’au sang. Pendant qu’une personne insistait pour tuer, l’autre luttait pour vivre.

Il passa une main fatiguée sur son visage avant de reprendre la parole, son regard dirigé droit vers les Aurors.

-J’ai vu passer beaucoup de corps, mais une personne ne devrait pas faire subir de telles choses à une autre. S’il vous plaît, faites en sorte de l’attraper le plus vite possible cette fois.

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