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Les votes pour le thème d'août 2021 sont ouverts ! Venez choisir entre : Moldu ou Narcissa Malefoy.

Rendez-vous sur ce topic pour voter jusqu'au 30 juin 2021, 23h59.


De L'équipe des Podiums le 16/06/2021 18:19


2ème édition du Tour du monde des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que le Tour du monde des Nuits d'HPF se déroulera du vendredi 25 juin à partir de 20h au samedi 26 juin jusqu'à 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 15/06/2021 12:48


Sélections du mois


Félicitations à Calixto et AnthusPratensis qui remportent la Sélection sur notre Traîtresse-à-son-Sang préférée alias Andromeda Black-Tonks !

Pour juillet 2021, place aux parties d'échecs endiablées ou aux confidences dans les dortoirs avec le thème Amitié. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de juin, découvrez toutes les facettes de la troublante Pansy Parkinson. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Très belles lectures à vous !


De L'équipe des Podiums le 07/06/2021 19:51


Sélections du mois


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Les votes pour le thème de juin 2021 sont ouverts ! Venez choisir entre : Amitié, Scorose (Scorpius/Rose) ou Moldu.

Rendez-vous sur ce topic pour voter jusqu'au 31 mai 2021, 23h59.


De L'équipe des Podiums le 18/05/2021 00:06


112ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 112e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 22 mai à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 13/05/2021 13:15


Sélections du mois


Félicitations à Amnesie, Guette et Wapa qui remportent la Sélection sur Regulus (aka le meilleur personnage de tous les temps) !

Pour juin 2021, place à la troublante Pansy Parkinson. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce personnage en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de mai, suivez les pas d'une Traîtresse-à-son-Sang, la noble et audacieuse Andromeda Black-Tonks. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Très belles lectures à vous !


De L'équipe des Podiums le 02/05/2021 16:39


Et la vérité l'emportera par jouet19

[5 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note de chapitre:

Me revoilà avec une nouvelle Fanfiction. En espérant qu'elle vous plaise.

 

Bonnie déambulait dans le hall désert du Ministère, soupirant avec irritation. Comment se faisait-il que le seul portoloin en provenance de la Sibérie arrivait près de deux heures avant l’ouverture du Département de la justice magique ? Bonnie trouvait l’ambiance du Ministère sous-terrain lugubre, bien loin du MACUSA qui baignait dans la clarté du jour. Elle lissa les quelques plis de sa robe verte et s’installa sur un siège près de la fontaine qui surplombait l’entrée du Ministère. Elle détestait porter ce genre d’accoutrement, mais cette robe était le seul vêtement qui convenait à la température estivale. Elle avait passé les trois derniers mois dans la toundra sibérienne à chasser un mage noir qui occupait ses temps libres à décapiter des membres du Ministère local. Le pays avait ainsi demandé l’aide de la brigade des sorciers dangereux, afin de trouver l’homme et de cesser sa folie meurtrière. À peine avait-elle mis la main sur ce dégénéré qu’Anderson, à la tête de la brigade, lui avait annoncé sa mutation au Ministère britannique ; une Guerre y faisait rage et un fanatique de la pureté du sang était à la tête d’un groupe extrémiste qui faisait régner la peur dans le pays.

 

Elle avait d’abord refusé la mutation : elle savait trop bien les raisons qui avaient mené sa famille à l’exil plusieurs décennies auparavant et elle ne désirait pas être mise à l’écart par haine ou par méfie. Elle connaissait sa propre valeur et être mis sur la touche gaspillerait son talent. Seulement, elle était la benjamine de la brigade et la seule sans époux ni enfants. Son refus obligerait ainsi un de ses collègues à quitter sa famille pour une durée indéterminée, faisant d’elle un monstre sans-cœur. Elle avait donc accepté et, quelques heures plus tard, avait atterri dans une petite salle du Ministère. Et maintenant qu’elle attendait que quelqu’un arrive, elle regrettait amèrement son choix. Au moins, elle pourrait enfin aller encourager Anthony au Quidditch, pensait-elle. Son frère aîné jouait depuis trois ans pour les Chauves-Souris de Fichucastel, l’une des meilleures équipes d’Irlande. Avec sa formation d’Auror intensive, puis ses missions à l’étranger, elle n’avait jamais encore eu la chance de s’asseoir dans un gradin et regarder son frère lancer des cognards à la figure de ses adversaires. Ce sport violent lui manquait terriblement et elle se réjouissait déjà, juste à y penser.

 

Le Ministère commençait doucement à sortir de sa torpeur. Quelques sorciers arrivaient de par les cheminées et d’autres par la cabine téléphonique qui constituait l’entrée des visiteurs. Lorsqu’un brouhaha se fit entendre dans le hall et qu’enfin le Ministère grouillait de monde, la jeune sorcière se décida à suivre la foule de sorciers vers les nombreux ascenseurs à l’extrémité de la salle. Elle s’arrêta dubitative et observa les sorciers autour d’elle, incertaine de la marche à suivre. Il n’y avait aucun panneau indiquant l’emplacement du Département de la justice magique et elle ne désirait pas s’aventurer éternellement dans le Ministère.

 

-       C’est votre première visite ? demanda une voix à sa gauche.

 

Elle acquiesça et regarda l’homme qui se trouvait à côté d’elle. Il avait de courts cheveux bruns coiffés de la coupe Spike de l’époque, de magnifiques yeux bleus qui semblaient transpercer son âme et il avait une carrure impressionnante. Il semblait être plus âgé qu’elle de quelques années et la bague dorée qui ornait son annulaire, lui annonçait que l’homme était marié. Dommage.

 

-       J’ai rendez-vous avec un certain Bartemius Croupton, avoua-t-elle en lisant le nom sur le bout de papier que lui avait tendu son supérieur peu de temps avant qu’elle ne prenne le portoloin.

 

L’homme à ses côtés sourit grandement en l’écoutant parler.

 

-       À son accent, elle doit être la fameuse Américaine qui vient nous prêter main-forte.

 

Elle inclina la tête pensive. Est-ce que tous les membres du Ministère étaient au courant de sa mutation ? L’homme devant elle, toujours armé de son magnifique sourire, lui tendit la main.

 

-       Frank Longbottom, se présenta-t-il. Je travaille au bureau des Aurors et le bureau de Barty se trouve au même étage.

 

Elle sourit en retour, rassurée de savoir que la nouvelle de son transfert n’avait pas encore fait le tour du Ministère. Ce n’était cependant qu’une question de temps avant que son nom ne soit sur les langues des commères.

 

-       Enchantée Frank. Je suis Bonnie, dit-elle en omettant volontairement son nom. Puisque nous nous dirigeons tous les deux au même endroit, pourrais-tu me guider jusqu’au bureau de monsieur Croupton ?

 

Avant qu’il ne puisse lui répondre, un « ding » sonore se fit entendre. Ils se tenaient désormais à l’avant de la file et un des ascenseurs s’était ouvert devant eux. Frank lui fit signe de s’introduire en premier, tel un parfait gentleman. Il lui indiqua ensuite de bien s’accrocher aux cordelettes suspendues et l’ascenseur se mit en branle filant à toute allure. Alors que tous les sorciers de la cabine restaient stoïques sous les tourmentes de l’ascenseur, le corps de Bonnie gigotait à chaque mouvement brusque. Elle rougissait d’embarras sous le regard moqueur de Frank.

 

-       J’espère que tu sais mieux te battre que de te tenir droite.

-       Elle est si fragile, pensa-t-il. Un coup de vent pourrait la faire tomber.

 

Elle grinça des dents face aux pensées de l’homme et ignora les autres sorciers qui riaient du commentaire. L’ascenseur arrêta brusquement et les portes s’ouvrirent.

 

-       Niveau 2, Département de la justice magique, cria une voix stridente.

 

Elle suivit Frank qui venait de s’extirper de l’ascenseur. Elle s’arrêta quelques secondes afin d’observer s’il y avait un escalier qu’elle pourrait prendre à l’avenir. Il était hors de question qu’elle ne prenne à nouveau cet instrument de malheur. Les sorciers qu’ils croisèrent sur leur chemin dévisagèrent la jeune femme tout en saluant chaleureusement Frank. Ils arrivèrent rapidement devant le Bureau des Aurors et l’homme se tourna vers Bonnie avec un petit sourire contrit.

 

-       Nous voilà arrivés gente dame. Le bureau de Barty est au bout du couloir à droite, termina-t-il en lui pointant du doigt ledit couloir.

-       Merci beaucoup monsieur Longbottom, répondit Bonnie avant de partir.

 

Elle trouva rapidement le bureau et s’installa sur le siège devant la porte. Elle avait donné son nom à la secrétaire et elle se doutait que l’homme viendrait probablement à sa rencontre dans les prochaines minutes. Outre les deux femmes, le couloir était plutôt désert. En détaillant son environnement, elle avait remarqué que deux salles d’interrogation étaient aménagées près du bureau et une cheminée se trouvait à l’extrémité du corridor. Il était donc possible d’apparaître et de disparaître par poudre de cheminette. Intéressant.

 

Des hurlements stridents, mais incompréhensibles, se firent entendre à l’entrée des ascenseurs. Dégainant sa baguette, elle se leva rapidement de son siège et remarqua plusieurs sorciers qui sortaient du Bureau des Aurors pour se diriger vers la source des bruits. Puis, dans son champ de vision apparut un homme robuste, couvert de sang, qui maintenait dans sa poigne un homme encapuchonné qui se débattait en hurlant tout son soûl. Elle n’eut pas le temps de s’effacer du chemin, que l’homme la bouscula hors de sa vue.

 

-       Fais la belle et pousse-toi de là, grogna l’homme.

 

Les yeux se Bonnie s’ouvrirent sous la surprise. Choquée, elle le regarda traîner le Mangemort jusqu’à une salle d’interrogatoire, avant de le projeter dans la pièce et de l’enfermer à l’intérieur. Il s’en alla ensuite de l’autre côté, lançant un regard méfiant à la jeune sorcière lorsqu’il arriva à sa hauteur. L’homme lui donnait froid dans le dos. Il devait avoir tout au plus 40 ans. Il avait de longs cheveux auburn qu’il fixait dans une lanière de cuir sur sa nuque. Ses yeux étaient sombres et son visage portait les traces de nombreuses cicatrices. L’homme était tout simplement terrifiant. Elle maintenu tout de même le regard, ne désirant pas paraître faible aux yeux de l’homme.

 

La porte du bureau s’ouvrit derrière elle et elle brisa le contact pour regarder le chef du Département. Un homme ordinaire dans la cinquantaine se tenait dans l’embrasure de la porte et la regardait avec sérieux. Elle lui offrit son plus beau sourire avant de se présenter et de lui tendre sa main.

 

-       Miss Goldstein, je suis enchanté de faire votre connaissance, commença l’homme en lui serrant la main. Je suis Bartemius Croupton, chef du Département de la justice magique. Entrée, je vous en prie, l’invita-t-il en s’effaçant de la porte afin que la jeune femme puisse s’introduire dans son bureau.

 

Il ferma la porte derrière elle, et Bonnie s’installa sur le siège devant le grand bureau de chêne.

 

-       Votre supérieur, monsieur Anderson, n’avait que de bons mots à votre égard, commença l’homme en s’assoyant derrière son bureau. Je dois vous avouer que lorsqu’il a proposé votre nom, j’étais un peu réticent.

 

Il devait toujours l’être, croyait Bonnie avec amertume. Elle était aussi certaine que l’homme devant elle savait pour son statut de Légilimens, car il usait d’Occlumencie et semblait regarder l’entièreté de la pièce pour éviter de plonger ses yeux dans les siens. Il ouvrit le dossier qui traînait sur son bureau et le feuilleta en lançant des petits bruits de contentement.

 

-       Mais, en voyant les résultats spectaculaires de votre formation d’Auror, je crois que vous serez une belle addition à notre équipe.

-       Les résultats de mes dernières missions sont tout aussi impressionnants, monsieur, ajouta-t-elle.

 

L’homme lui lança un petit regard, armé d’un petit sourire en coin discret. Il lissa sa grosse moustache et se cala dans son siège.

 

-       De tels résultats ne sont pas si étonnants lorsque l’on regarde votre famille, commença-t-il.

 

Bonnie se figea dans son siège. Lorsque l’on mentionnait sa famille, la discussion dérivait inévitablement sur la participation de sa grand-mère dans l’ascension du plus dangereux sorcier de l’histoire.

 

-       Si ma mémoire ne me fait pas défaut, votre mère était la première duelliste à remporter durant huit années consécutives la compétition internationale de duel de sorciers.

-       Neuf, le corrigea-t-elle.

 

L’homme hocha de la tête avec lassitude.

 

-       Et votre père est un Auror très respectable.

 

Elle commençait à ne pas apprécier l’homme devant elle. Bien qu’elle ne pouvait pas lire dans ses pensées, elle réalisait rapidement qu’il tournait autour du pot. Comme si lui dire toutes ses belles choses allait amoindrir la bombe qu’il s’apprêtait à lâcher.

 

-        Vous comprendrez que même l’excellence de vos parents ne peut effacer les actes horribles de votre aïeule.

-       Rien ne vous oblige à accepter ma mutation, monsieur Croupton, répondit-elle du tac au tac. Si pour vous la réputation est plus importante que le talent, je suis sûre que vous serez en mesure de trouver de nombreux autres Aurors prêt à vous baiser les pieds.

 

Elle se demandait si son impulsivité et son sang chaud étaient aussi indiqués dans son dossier, car l’homme devant elle ne semblait pas du tout surpris de son emportement.

 

-       J’ose imaginer que vous privilégier le talent, sans quoi je serais fort probablement déjà escorté hors du Ministère. J’aimerais donc savoir ce que l’on attend de moi ici.

 

Le sorcier sortit sa baguette, de laquelle apparût une volute de fumée blanche. Bonnie regarda le patronus non-corporel de l’homme avec pitié, se demandant comment un homme de son statut pouvait ne pas réussir un tel sort. Il murmura quelques mots à l’amas lumineux et la boule disparut de la pièce. Le directeur rangea alors sa baguette et ferma le dossier de la jeune femme, avant de croiser ses mains, l’air formel.

 

-       Nous avons perdu de nombreux Aurors depuis l’ascension de Vous-Savez-Qui.

 

Qui ?

 

 

-       Afin d’alléger les pertes, nous avons maintenant instauré les missions de groupe obligatoire. Peu importe la portée de la mission, chaque Auror travaille en partenariat avec un autre Auror. Nous avons donc réussi, pour l’instant, à réduire les embuscades de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom.

 

Mais qui était ce foutu personnage ? Avait-elle été envoyée ici pour jouer à un piètre jeu de devinette ?

 

-       Le problème que nous avons est qu’aucun de nos Aurors ne veut travailler de près ou de loin avec Alastor Maugrey.

 

Elle haussa le sourcil incrédule. Elle avait été envoyée dans ce pays de malheur pour faire du babysitting ? Personne ne voulait se mettre en groupe avec un mec et ils avaient décidé d’expédier quelqu’un de l’autre bout de la planète pour lui venir en aide ? Qu’est-ce qui ne tournait pas rond chez eux ? Était-ce une mauvaise blague sexiste ? Elle était une femme dont elle devait jouer le rôle de maman pour un pauvre garçon sans acolyte ? Elle fulminait et tenta de se calmer afin de ne pas attaquer l’homme devant elle.

 

-       Je ne crois pas être la personne idéale pour ce rôle, monsieur. J’ai passé les dernières années à chasser des hommes extrêmement dangereux. Je ne peux calculer le nombre de fois où j’ai frôlé la mort et j’ai même dû combattre de nombreux adversaires, toute seule. Je ne crois pas que ce poste de gardiennage est fait pour moi, finit-elle en se levant de son siège prêt à partir.

 

Elle regardait l’homme devant elle. La moustache frétillante, il semblait sur le bord d’une syncope. Bien bon pour lui, pensa-t-elle.

 

-       Vous pouvez toujours proposer ce poste à un agent moldu ! Je suis sûre qu’un bon fusil pourra chasser la personne dont vous ne voulez pas dire le nom. Un petit pew pew, continua-t-elle imita les fusils avec ses doigts, et le tour est régler monsieur Croupton. Et puis après, il suffit d’un bon coup d’Oubliettes et c’est de l’histoire ancienne tout ça.

 

Des cognements à la porte arrêtèrent la jeune sorcière de son monologue. N’attendant pas d’être invité, le visiteur pénétra dans la pièce. Bonnie se trouva nez à nez avec le grossier personnage qu’elle avait croisé tout à l’heure dans le corridor. S’il traitait tout le monde comme il l’avait traité, ce n’était pas une surprise que personne ne voulait être avec lui.

 

-       Vous vouliez me voir M’sieur ? demanda l’homme en s’assoyant dans un siège.

 

L’homme derrière le bureau lança un regard implorant à la jeune fille.

 

-       S’il vous plaît, elle entendit dans ses pensées, laissez-moi vous expliquer la situation.

 

Elle lança un regard discrèt à l’homme qui était avachi dans le siège. Il semblait s’être nettoyé et changé, car le sang qui baignait plus tôt son visage avait disparu. Elle soupira, avant de prendre place à ses côtés.

 

-       Je vous ai convoqué, car je crois vous avoir trouvé une coéquipière Alastor.

 

Maugrey tourna son regard vers la jeune fille et la détailla de haut en bas, haussant un sourcil dubitatif en fixant d’un œil mauvais les vêtements qu’elle portait.

 

-       Je crois que vous faites erreur, M’sieur, dit-il d’une voix bourrue. Je préfère travailler seul, plutôt que de travailler avec une secrétaire.

-       Je crois aussi que vous faites erreur, monsieur Croupton, renchérit Bonnie maintenant piquée au vif. Je préfère plutôt mourir, que de travailler avec cet arriéré misogyne.

 

L’homme devant eux soupira en se pinçant l’arête du nez. Elle désirait partir immédiatement et prendre le premier portoloin qui l’amènerait chez elle, mais elle se doutait qu’Anderson devrait alors prendre sa place et elle ne désirait pas lui faire ça. Sa femme avait accouché de leur premier enfant lors de leur dernière mission et elle savait qu’il rêvait de rentrer à la maison depuis si longtemps. Elle croisa les bras sur sa poitrine, défaitiste.

 

-       Vous disiez plus tôt que vous alliez m’expliquer la situation, commença Bonnie d’un ton renfrogné. Je vous écoute.

-       Merci Miss, soupira l’homme. Monsieur Maugrey, ici présent, est notre meilleur Auror. Malgré sa jeune carrière, son taux d’incarcération est saisissant.

 

Bonnie hocha la tête, attendant que l’homme poursuivre. Elle voyait du coin de l’œil que son voisin bombait le torse, fier de recevoir ces compliments. Elle leva les yeux en l’air. Les hommes et leurs ego surdimensionnés.

 

-       Avec notre nouvelle politique, nous avons de la difficulté à trouver un Auror prêt à travailler avec Alastor.

 

Elle comprenait facilement. Il était si désagréable qu’en plein combat, elle n’hésiterait probablement pas à l’assassiner et à mettre son décès sur le compte d’un adversaire.

 

-       Maugrey est prêt à tout pour arrêter les mages noirs et il n’a aucune limite, termina le directeur du Département de la justice magique avec suspense.

 

Elle haussa un sourcil, ne comprenant pas.

 

-       Donc ?

-       Donc, lui répondit cette fois-ci son voisin, ce n’est pas tout le monde qui est prêt à mourir pour attraper ses salauds.

 

Croupton devant elle hochait la tête, alors qu’elle les regardait surprise. En Amérique, on devenait Auror pour mourir Auror. Chacun faisait tout en leurs pouvoirs pour mener au plus grand bien, ou mourrait en tentant d’y parvenir. Il n’y avait pas de demi-mesure.

 

-       C’est pour cela que vous êtes la candidate parfaite pour ce poste. Vos performances sont exceptionnelles et que dire de votre taux de réussite ! C’est pourquoi j’aimerais que vous considériez à vous joindre à notre équipe Miss Goldstein.

 

Il y eut un silence, puis son voisin commença à respirer rapidement, comme s’il manquait d’air. Bon débarras.

 

-       Goldstein ? demanda-t-il en la regardant d’un air effaré.

-       GOLDSTEIN ? cria-t-il en bondissant de son siège. Vous voulez ma mort ? Je refuse de travailler avec une traitresse partisane de Grindelwald.

 

Elle soupira. Voilà que ça commençait. Bienvenue en Angleterre chère Bonnie, pensa-t-elle amèrement.

 

-       J’aimerais simplement vous expliquer, mon bon monsieur, que je n’existais pas lors du règne de Grindelwald. Enfin, je dis ça, mais je ne dis rien.

 

Croupton regardait sévèrement Maugrey, pas du tout impressionné par son accès de colère.

 

-       Rassoyez-vous Alastor et cessez votre enfantillage.

 

Elle cacha son sourire difficilement. Contre toute attente, Alastor s’assit en croisant les bras sur sa poitrine. Il fixait rageusement la jeune femme qui tenta d’ignorer sa présence. Elle commençait à croire qu’elle allait apprécier travailler avec cet homme. Il était si facile à sortir de ses gonds, tel un Scroutt à pétard, qu’elle ne pourrait pas s’ennuyer facilement.

 

-       J’accepte l’offre, monsieur Croupton. Je suis certaine que nous allons être une équipe remarquable.

 

Elle offrit son plus beau sourire à son interlocuteur et regarda avec arrogance Alastor qui semblait sur le point de lui arracher la tête.

 

-       Maintenant que ceci est réglé, j’aimerais savoir à quelle étape du démantèlement de Voldemort êtes-vous.

 

L’espace d’un instant, le chef perdit toutes ses couleurs.

 

-       Ne dites pas son nom, siffla-t-il.

 

-       Ou l’ah, elle a du cran la petite, pensa l’homme à ses côtés.

 

Elle regarda Alastor confuse. Il haussa les épaules en lui murmurant qu’il lui expliquerait tout ça plus tard. De l’autre côté de la table, Croupton sembla difficilement reprendre contenance et il but une gorgée de son thé avant de répondre.

 

-       Pour l’instant, commença-t-il, la priorité est d’enfermer les Mangemorts.

-       D’accord, acquiesça-t-elle, mais quelles sont les mesures pour terrasser Vol…

-        NE DITES PAS SON NOM, hurla le quinquagénaire dans sa tête.

 

À ses côtés Alastor semblait se retenir de rire. Il toussa quelques fois pour étouffer ses ricanements. Cependant Bonnie ne trouvait plus la situation amusante. L’homme à la tête du Département de la justice magique était-il terrifié d’un simple nom ? Mais il y avait encore plus effrayant que la faiblesse de l’homme : il ne répondait pas à sa question. Son silence lui donna des sueurs froides. Le Ministère ne planifiait donc pas d’arrêter Voldemort de sitôt. Leur unique but était d’arrêter ses partisans.

 

-       J’ose croire que tout ceci n’est qu’une mauvaise blague, monsieur Croupton. Le Ministère ne peut pas être si stupide que ça ! Si ? demanda-t-elle en regardant Alastor qui acquiesçait de la tête.

 

L’homme devant elle virait au rouge. Il n’aimait décidément pas comment elle lui parlait, mais pour l’amour de Morgane, ne voyait-il pas ce qu’il faisait ?

 

-       Vous ne faites qu’arrêter ses partisans, mais il y a à l’extérieur des milliers de personnes disponibles pour prendre la place du pion qu’il a perdu. Vous devez prendre le problème à sa source. Voldemort doit…

-       JE VOUS AI DIT DE NE PAS PRONONCER SON NOM, hurla Croupton en se levant de son siège.

 

Bonnie se leva à son tour, faisant renverser sa chaise en même temps.

 

-       Vous êtes pathétique, cracha-t-elle. Votre lâcheté mènera à la perte de votre nation. Il est temps d’agir, non pas de se laisser glisser dans la terreur.

-       Sortez immédiatement de mon bureau, termina-t-il, sa baguette maintenant à la main.

 

Elle ne se fit pas prier et elle quitta en coup de vent. À l’extérieur du bureau, la secrétaire et quelques passants la regardaient inquiets, ayant probablement entendu les cris de leurs patrons. Elle entendit des pas derrière elle, mais elle continua de marcher afin d’atteindre les ascenseurs et de quitter ce stupide pays. Une main attrapa son coude et elle se stoppa dans son élan. Alastor se trouvait devant elle et il abordait sur son visage scarifié un sourire triomphant.

 

-       Ce feu que tu as en toi peut nous être utile.

 

Elle poussa un rire sans joie.

 

-       À quoi ? Arrêter des Mangemorts, jusqu’à ce qu’il y en ait trop et qu’on se fasse tuer ?

-       Je ne peux pas t’en parler ici, murmura Maugrey, mais fais-moi confiance.

 

Elle ne désirait pas faire confiance en cet homme qui s’était avéré être désagréable plus tôt, mais à ce moment, elle sentait qu’elle pouvait se fier à lui. Elle tenta de regarder dans son esprit, mais tout ce à quoi il pensait était relié à la vigilance afin de ne pas être découvert. Elle hocha la tête et lui fit signe de mener le chemin. Il se dirigea alors à l’entrée du Département, où les ascenseurs attendaient de martyriser son pauvre corps. Elle grinça des dents et suivit l’homme dans la cabine.

 

Ils traversèrent le Ministère en silence et ils se retrouvèrent rapidement à l’extérieur du bâtiment sous-terrain. La ville était en ébullition. Les trottoirs regorgeaient de moldus et les rues étaient bondées de véhicules qui klaxonnaient. De timides rayons de soleil transperçaient les épais nuages qui surplombaient Londres et Bonnie se réjouissait de l’absence de pluie. Alastor les fit tourner dans une allée déserte à quelques centaines de mètres plus loin du Ministère. Discrètement, elle prit sa baguette dans sa paume, prête à toute éventualité. Avec les mots qui s’étaient échangés dans le bureau de Croupton, elle était certaine qu’advenant sa disparition, l’homme donnerait volontiers un alibi à Maugrey. Lorsqu’il fût certain qu’ils étaient seuls dans l’allée, l’homme se retourna vers elle.

 

-       Tu veux arrêter ce salaud de fanatique ?

-       On m’a transféré ici juste pour ça, avoua-t-elle.

 

Maugrey secoua de la tête agacée.

 

-       Je te demande ce que tu veux faire toi, répondit-il sèchement.

 

Elle ne répondit pas immédiatement. Elle voulait aider les autres. Elle voulait que tous puissent vivre sans peur, dans l’amour et la liberté. Ce n’était pas uniquement contre Voldemort qu’elle en avait, elle voulait détruire tous les mages noirs comme lui qui voulait asservir la population magique.

 

-       L’Ordre a besoin de plus en plus de combattant, je suis certain qu’Albus sera d’accord.

-       Oui je veux aider, répondit-elle.

 

L’homme lui tendit son bras d’un air content et devinant qu’il allait les faire transplanter, elle s’accrocha à lui en fermant les yeux. Elle sentit ses pieds quitter le sol, puis elle eut la sensation d’étouffer. Son cœur lui monta dans la gorge et rapidement, ses pieds reprirent contact avec le sol. Elle prit de grandes respirations avant d’ouvrir les yeux. Elle détestait définitivement les transplanages d’escortes. Maugrey à côté d’elle riait dans sa barbe. Elle le maudit discrètement et observa les environs. Devant eux se trouvait une vieille maison décrépite. Des arbustes morts arboraient la maison et la porte était barricadée. Charmant, pensa-t-elle.

 

-       Tu dois dire Revelium, lui murmura Maugrey avant de s’avancer vers la maison et de disparaître.

 

Elle murmura le mot et devant elle, la maison prit vie. De beaux rosiers étaient plantés devant la demeure, et une porte d’un rouge vibrant apparut devant elle. Elle avait espéré qu’Alastor l’attende, mais elle n’était pas surprise qu’il ait continué son chemin sans elle. Elle s’avança doucement, puis ouvrit la porte. Elle se retrouva dans un long couloir, au bout duquel se trouvait Maugrey qui murmurait avec un vieil homme. Se disant qu’ils préféraient un peu d’intimité, elle resta immobile dans l’entrée. Après quelques minutes, qui lui semblèrent être une éternité, Alastor s’approcha d’elle.

 

-       Je vais vous laisser discuter.

 

Il ouvrit la porte et elle le regarda paniquer. Allait-il réellement la laisser ici ?

 

-       Lorsque tu auras fini, termina-t-il en se tournant vers elle, rejoins-moi au pub au coin de la rue.

 

Il fit un signe de tête à l’homme derrière Bonnie, puis sans plus de cérémonie, il partit. La jeune sorcière observa la porte close quelques secondes, calmant son esprit alarmé. Dans quoi s’était-elle embarquée ? Elle souffla puis se retourna pour s’approcher de l’homme à l’autre bout du couloir. Il portait une robe de sorcier pourpre, et sa longue barbe blanche était attachée d’un ruban de la même couleur. Il la fixa intensément de ses iris bleus parés de ses lunettes en forme de demi-lunes. Elle lui sourit timidement, gênée de la persistance de son regard.

 

-       Queenie Goldstein, murmura Dumbledore en secouant la tête.

-       Vous y êtes presque monsieur, répondit la jeune sorcière. Je suis sa petite-fille Bonnie.

 

L’homme devant elle ria doucement avant de lui prendre la main et de la tapoter.

 

-       Vous me voyez désolée de la confusion Miss Goldstein. Vous êtes le sosie de votre grand-mère, c’est à s’y méprendre.

 

Elle ria doucement. Durant son enfance et ses études à Ilvermorny, elle avait détesté son apparence, maudissant les plus grands magiciens de lui avoir octroyé le corps que cette femme méprisée par la société. Elle qui vivait déjà dans l’ombre de par son nom, elle devenait un paria aux yeux de tous. Elle avait ainsi passé de nombreuses années à changer certains aspects de son apparence avec de nombreuses potions de beauté. Lors de sa formation d’Auror, ses amis et collègues lui avaient appris à aimer ses boucles blondes et ses yeux verts.

 

-       Je vois que vous connaissez ma famille, commença Bonnie doucement. Je suis navré, mais je ne crois pas avoir connaissance de votre nom.

-       N’ayez point de tel sentiment, ma jeune enfant. Je suis Albus Dumbledore, lui annonça l’homme en la regardant de ses yeux pétillants. J’ai eu l’honneur d’enseigner à votre père lors de son apprentissage à Poudlard.

 

Elle se sentit stupide. Comment se faisait-il qu’elle n’eût pas reconnu le grand, le célèbre Dumbledore ? Il avait combattu Grindelwald plusieurs décennies auparavant et il avait mis fin au règne de terreur que l’homme exerçait en Europe. Ce n’était pas un homme qu’on ne reconnaissait pas. Dumbledore, qui lui tenait toujours les mains, bloqua son bras sous le sien et les dirigea dans un petit salon près de l’entrée.

 

-       Je suis heureux de constater que ses rêves se soient exhaussés en Amérique, répondit-il énigmatique.

 

Elle ne releva pas le commentaire, ne désirant pas s’attarder sur le sujet de sa famille. Elle regarda autour d’elle. Les murs du petit salon étaient peinturés de couleur rouge et au fond de la pièce, un feu crépitait dans l’antre du foyer. De lourds rideaux dorés décoraient les hautes fenêtres de la pièce et deux sièges de velours noirs étaient installés de part et d’autre de la cheminée. Au milieu de la pièce se trouvait une table basse, où attendaient deux tasses de thé fumantes ainsi que des bonbons jaunes. Vraisemblablement, Dumbledore attendait cette visite. L’homme abandonna son bras et il lui fit signe de prendre place dans un siège alors qu’il s’installa dans le second.

 

-       Un bonbon au citron ? lui proposa-t-il en lui tendant le plateau de friandises moldus.

 

Elle refusa poliment et trempa ses lèvres dans son thé. Dumbledore haussa les épaules avant de prendre un bonbon et de mettre le plateau sur la table. Bonnie déposa la tasse dans sa coupelle avant de se racler la gorge.

 

-       Je suis bien heureuse de prendre le thé avec vous, monsieur, mais j’aimerais savoir ce que je fais ici.

-       Je n’en demandais pas moins de vous Miss Goldstein, répondit Dumbledore avec malice. Je crois comprendre que vous êtes insatisfaite de la gestion du Ministère au sujet de Voldemort ?

 

Elle hocha la tête, incapable de lui répondre. Elle était troublée par ce qu’elle découvrait dans l’esprit de l’homme devant elle. Il était impossible de lire une quelconque pensée dans l’esprit de Dumbledore, mais elle entendait la voix d’une petite fille qui chantonnait une douce berceuse. La voix ne cessait pas de chanter, même lorsque l’homme lui parlait. Bonnie était perturbée par la voix de la fillette.

 

-       Il y a quelques années, j’ai fondé une organisation pour agir contre sa montée en puissance. Nous sommes maintenant près de trente sorciers à combattre Voldemort.

 

Elle le regardait choquer. Trente ? Selon la documentation qu’elle avait lue au sujet des Mangemorts, il avait atteint ce nombre de fanatiques plus de dix ans auparavant. Le désavantage numérique était fulgurant. Comme s’il lisait dans ses pensées, Dumbledore lui lança un regard navré.

 

-       Plusieurs sorciers ne peuvent se permettre de se lancer dans une guerre ouverte contre les forces du mal Miss Goldstein. Certains ont trop à perdre, d’autres sont terrassées par la peur.

-       Si un peuple est gouverné par des sorciers terrifiés par le simple nom de Voldemort, je ne peux être surprise qu’ils ne désirent pas participer à sa destruction.

 

Il y eut un silence. Bonnie était perdue dans ses pensées, frapper par la réalité : les chances de gagner étaient minimes. La fillette dans l’esprit de Dumbledore chantait toujours, mais cette fois-ci, un air mélancolique était entamé. Elle ressentait la solitude, la peur et l’agonie de l’enfant. Qui était cette jeune fille qui hantait l’homme devant elle ? Pourquoi se torturait-il à entendre ses chants glauques et tristes ?

 

-        Lorsque j’étais enfant, j’ai été bercée par les histoires de votre exploit contre Grindelwald, avoua Bonnie. Je voulais devenir comme vous et avec mes frères nous jouions souvent à la Guerre en essayant de vous imiter.

 

L’homme sourit en buvant son thé.

 

-       Lors de ma formation d’Auror, continua-t-elle, j’ai réalisé combien certains de mes collègues trouvaient difficile de vous imiter. Vous auriez pu détruire Grindelwald, mais vous avez décidé de l’enfermer dans une cellule.

-       Il n’y a pas de justice dans la mort, Miss Goldstein.

-       Il n’y a pas de justice dans la clémence non plus, monsieur Dumbledore. La clémence dans cette situation-ci pourrait nous être mortelle. J’ai beaucoup lu sur ce Voldemort avant d’atterrir au Ministère et il a tant de partisans qui le suivent aveuglément, que je crains que l’emprisonnement ne soit pas possible pour lui. Il ne faut pas non plus sous-estimer la puissance de certains de ses alliés.

 

Elle avait en horreur le meurtre. En devenant Auror, elle avait porté un serment de protéger la société, et qu’importe les actes cruels de certains mages, ils faisaient partie de cette société. À chaque fois qu’un sorcier s’effondrait, sans vie à ses pieds, une partie d’elle savait qu’elle ne respectait pas son engagement. Dumbledore sembla réfléchir à ce qu’elle disait. Il caressait sa baguette du bout des doigts, son regard perdu dans les flammes qui crépitaient.

 

-       Mais bon, termina-t-elle en appuyant ses coudes sur ses genoux pour approcher son visage du Directeur, tout cela est une discussion pour un autre jour. Ce dont je veux savoir, ici et aujourd’hui, est le prix que vous êtes prêt à payer pour atteindre la paix ?

 

Les yeux bleus du sorcier quittèrent les flammes pour se percuter dans les iris verts de la jeune fille. Il y avait dans le regard de cette dernière un feu encore plus ardent que celui qui brulait dans le foyer. Il voyait dans ce regard la férocité qui l’animait lui-même à l’époque et la fougue de la femme lui mit un baume sur le cœur. L’Ordre avait besoin de Bonnie. Le feu qui l’animait saurait motiver les troupes.

 

-       Miss Goldstein, il n’y a point de prix que je ne saurais payer afin de voir ce pays libéré de l’emprise de Voldemort.

 

Elle hocha la tête en se calant dans son fauteuil. Il venait d’avouer qu’il accepterait la mort de tous si elle menait à la victoire. Bien que cette vérité doucereuse aurait effrayé de nombreuses personnes, Bonnie se sentait rassurée par cette réponse. Elle regarda le bas de sa robe qui montait sur ses cuisses, se demandant ce que ses parents penseraient s’il la savait en train de faire un pacte avec la mort. Sa mère la supplierait de revenir à la maison alors que son père tenterait de se sacrifier à sa place.

 

-       Je dois vous demander Miss Goldstein, êtes-vous prête à payer ce lourd prix ?

 

La question était plus tôt, si elle pouvait vivre avec elle-même si elle n’aidait pas l’Ordre. Elle ne pouvait dorénavant plus s’imaginer quitter le pays et laisser ces sorciers sous le joug de Voldemort.

 

-       La liberté et le libre arbitre des hommes sont plus importants que la vie d’une seule personne. Nous avons vu avec Grindelwald, et même avec les guerres moldus, que la haine et le pouvoir mènent au chaos et à la destruction.

 

Elle lia ses mains et regarda Dumbledore avec détermination.

 

-       Il n’y a pas un matin où je ne pense pas au caractère éphémère de ma vie. En choisissant de devenir Auror monsieur, j’ai fait la paix avec cette mort certaine. Il n’y a pas de plus grand honneur pour moi, que de mourir pour mes convictions. Et j’espère que le sacrifice de ma vie saura redorer le nom de Goldstein.

 

Le sourire que lui envoya Dumbledore lui tourna l’estomac. L’homme la regardait avec pitié et tristesse, comme si sa réponse n’était pas ce qu’il espérait. Aurait-il été plus heureux si elle lui avait répondu qu’elle ne voulait pas mourir et qu’elle désirait vivre sans ennuis ni anicroche pour le restant de ses jours ?

 

-       Je n’aurais pas été plus heureux Miss Goldstein, répondit Dumbledore à sa question mentale.

 

Il pouvait donc lire ses pensées, en déduit-elle.

 

-       Ce qui me chagrine, c’est qu’à l’instant, vous ressemblez plus que jamais à votre grand-mère. Elle espérait réellement changer la vision des sorciers quant au mariage sorcier-moldu et elle était décidée à mourir pour ses croyances. Seulement, parfois le bien et le mal ne peuvent être différenciés l’un de l’autre et l’âme la plus pure peut causer des torts inestimables.

 

Elle ne répondit rien. Elle connaissait les raisons qui avaient poussé sa grand-mère à joindre Grindelwald. Elle savait aussi qu’elle s’était enfuie avec son père dès que le mage noir avait commencé à s’en prendre aux moldus et qu’il sombrait dans la folie du pouvoir. Le monde sorcier avait lynché Queenie pour sa participation à l’ascension du sorcier, mais personne n’osait parler du rôle important qu’elle avait joué à son arrestation.

 

-       Je crois cependant que vous serez bénéfique à notre organisation. Si vous le désirez toujours, bien évidemment.

-       Bien sûr monsieur, répondit-elle d’un ton solennel en se levant de son siège.

 

Le sorcier se leva à son tour en la regardant avec bienveillance. Il lui tendit aa main et elle la lui serra avec vigueur.

 

-       Bonnie Goldstein, je vous souhaite la bienvenue dans l’Ordre du Phénix.

 

Elle venait ainsi de signer son arrêt de mort.

 

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