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Les votes pour le thème d'août 2021 sont ouverts ! Venez choisir entre : Moldu ou Narcissa Malefoy.

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De L'équipe des Podiums le 16/06/2021 18:19


2ème édition du Tour du monde des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que le Tour du monde des Nuits d'HPF se déroulera du vendredi 25 juin à partir de 20h au samedi 26 juin jusqu'à 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
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A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 15/06/2021 12:48


Sélections du mois


Félicitations à Calixto et AnthusPratensis qui remportent la Sélection sur notre Traîtresse-à-son-Sang préférée alias Andromeda Black-Tonks !

Pour juillet 2021, place aux parties d'échecs endiablées ou aux confidences dans les dortoirs avec le thème Amitié. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de juin, découvrez toutes les facettes de la troublante Pansy Parkinson. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Très belles lectures à vous !


De L'équipe des Podiums le 07/06/2021 19:51


Sélections du mois


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Les votes pour le thème de juin 2021 sont ouverts ! Venez choisir entre : Amitié, Scorose (Scorpius/Rose) ou Moldu.

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De L'équipe des Podiums le 18/05/2021 00:06


112ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 112e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 22 mai à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 13/05/2021 13:15


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Félicitations à Amnesie, Guette et Wapa qui remportent la Sélection sur Regulus (aka le meilleur personnage de tous les temps) !

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Très belles lectures à vous !


De L'équipe des Podiums le 02/05/2021 16:39


Historiae Amoris par Juliette54

[71 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

J'ai passé une bonne partie du premier confinement (puis un peu des vacances) à réécrire cette fanfic, la toute première que j'ai écrite il y a cinq ans. Et donc j'avais dans l'idée de la développer un peu, d'approfondir un peu le personnage de Dorea, celui de Charlus et même changer l'histoire pour qu'elle corresponde un peu plus à la vision que j'ai aujourd'hui d'eux, blablabla. Et finalement, de cinq chapitres, je suis passée à dix, puis à quinze... à vingt avec le pdv de Charlus... vingt-cinq... et puis j'ai arrêté de compter pour en être finalement à trente-cinq déjà tous écrits... Ce qui veut dire que la publication sera régulière ! Un chapitre le lundi, un le mercredi et un le samedi, ça passe pas mal pour un second confinement, non ? :D Mais je n'oublie pas Miss Elizabeth ! pour autant hein, qui est en cours d'écriture celle-ci !

 

Ah encore une chose : il y a cinq ans, on ne savait pas encore que les parents de James s'appelaient Fleamont et Euphémia donc, dans ma tête, Dorea et Charlus étaient les parents de James... En soit, ça ne change pas grand-chose, mais ça permet de parler de la très noble et très vieille Maison des Black (ce qui me plait bien et qui a sa petite importance dans la fic) !

 

Bref, bonne lecture !

HISTOIRES D'UN AMOUR

 

.

 

PREMIERE PARTIE : ELLE AIME SON IMPERTINENCE

 

.

 

Chapitre 1 : Miss Dorea Black

 

.

 

Mercredi 29 septembre 1943,

 

.

 

Si on avait dit une minute plus tôt à Dorea Black qu'elle épouserait un jour un joueur de Quidditch, elle en aurait sauté de joie et se serait mise à rire comme une idiote en disant que son plus grand fantasme secret se réalisait.

 

N'allez pas croire que c'était une stupide jeune sorcière, pourrie gâtée et capricieuse. Elle excellait en Défense Contre les Forces du Mal, c'était son dada (Defense Against Dark Arts), elle s'y intéressait vraiment, et s'essayait parfois à diverses expériences de pensée et même à des expériences sur elle-même. Elle lisait les essais et les ouvrages des plus grands, dont Leonard Goldstein qu'elle espérait rencontrer un jour. En bref, elle était passionnée et promise à un brillant avenir dans ce domaine et dans celui des Arts Noirs, qu'elle ne pouvait pour l'instant pas dissocier. La Magie Noire ne lui paraissait en ce temps-là qu'une magie un peu cruelle mais pas aussi terrible que certains peureux le disaient.

 

Pas idiote et même brillante, Dorea Black… mais soumise à l'éducation que sa mère lui avait inculquée concernant l'amour et le mariage. Amour et mariage que sa mère avait pris soin de différencier dès le plus jeune âge de sa fille préférée, de sa petite dernière. Parce que sa mère, Violetta Black, née Bulstrode, n'avait pas ce qu'on pourrait appeler un mariage des plus paisibles. Mais ceci est une autre histoire.

 

Donc Dorea avait très tôt appris à différencier amour et mariage. Elle avait eu des amourettes à Poudlard, mais jamais elle n'aurait même songé à se compromettre avec l'un des garçons avec lesquels elle avait flirtés. Elle se contentait de leur cour gracieuse, parfois insistante, mais avec cet ultime critère qui la faisait rêver : que ce fût un joueur de Quidditch, grand, avec un beau sourire, des épaules bien développées et une certaine discussion. Et Serpentard de préférence. L'amour, selon sa mère, était une belle chose, mais une chose prompte à vous retourner le cerveau et à vous faire commettre les pires folies s'il se portait sur un homme. Il fallait s'en méfier, et même en douter car il n'était souvent qu'illusion. Dorea comprenait. A cette époque, on peut même affirmer qu'elle était d'accord avec ce que sa mère lui enseignait.

 

Amourettes : d'accord. Amour : illusion. Elle avait compris la leçon. Alors, il fallait bien faire une sélection parmi les garçons qui pouvaient lui tourner autour. Son amie Sylvestra Selwyn lui avait donné la possibilité d'évoquer ces critères sur un plateau d'argent. L'argent ? Le pouvoir ? Ce n'était pas encore utile puisqu'elles étaient encore à Poudlard et pas encore en âge de se marier. Le physique en revanche, était un élément clé. Et Dorea s'était rendu compte, avec Sylvestra, que rien ne lui plaisait plus que les joueurs de Quidditch. Elle se plaisait à penser que leurs victoires, chaque but qu'ils marquaient l'étaient un peu pour elle. Elle prenait soin de glisser son mouchoir dans la poche de son ami comme au temps des tournois, pour que son courtisan portât sa couleur.

 

Puis elle avait quitté Poudlard, et elle avait enfermé tous ses fantasmes dans un coffre fermé à double tour. A présent, il n'était plus temps de chercher un joueur de Quidditch pour la faire se sentir toute chose et puissante, il fallait qu'elle se trouve un mari avec de l'argent, du pouvoir, et bien sûr, un sang aussi pur que le sien, comme s'il était utile de le préciser. Le pouvoir, si ce n'était qu'elle, elle aurait pu s'en passer. Si elle trouvait quelqu'un d'aussi passionné qu'elle par la Magie Noire et les moyens de la contrer, elle serait à peu près satisfaite. Son père n'était pas vraiment de cet avis. Mais de manière étonnante, il ne lui parlait pas de mariage depuis qu'elle avait quitté Poudlard cinq ans plus tôt. Enfin, pas vraiment.

 

Elle avait assisté à de nombreux bals, à des cérémonies, des mariages, des fêtes, mais à chaque fois, son regard s'était lassé en quelques secondes de ce qu'elle voyait. Pire, si son cousin Théophilius Beurk était présent, elle passait son temps à chercher à le fuir par tous les moyens possibles et imaginables tant il la répugnait. Elle aurait épousé n'importe qui d'autre plutôt que son cousin qui semblait vouloir la dévorer lorsqu'il la regardait. Finalement, elle ne trouvait de l'intérêt aux hommes que lorsqu'elle assistait à un match de Quidditch et qu'elle voyait les joueurs sur leurs balais. Là, elle devenait une véritable supporter, et elle retrouvait cette sensation qui la prenait au creux du ventre.

 

Donc depuis qu'elle était sortie de Poudlard, elle tâchait de ne plus rêver, et de ne plus dévorer les romans que lui prêtait en douce Sylvestra. D'ailleurs, elle essayait tant bien que mal de lire un roman des plus sérieux que sa mère lui avait conseillé. Mais de son avis, il était mortellement ennuyeux. Cette vieille teigne de Maléficia Nott en était l'auteur, et elle racontait le grandiose mariage d'une jeune fille Sang-Pur avec un homme au sang tout aussi pur. Elle tenait leur maison d'une main de maître, lui donnait de beaux enfants dont un fils en premier et le rendait fière d'elle en organisant les plus beaux bals de Londres. Lui, il était riche au possible, la couvrait de cadeaux et lui offrait toutes les parures et les robes du monde. En bref, la jeune sorcière avait la vie auxquelles toutes les jeunes filles aspiraient.

 

C'était beau, sa vie était tout ce qu'il y avait de mieux, mais c'était si plat, si… si sans Quidditch et joueurs de Quidditch ! Elle ne pouvait décemment pas le dire à sa mère, celle-ci en ferait une syncope et Dorea serait tenue de faire la lecture à sa mère de ce livre de bout en bout afin que sa mère s'assurât qu'elle l'eût lu jusqu'au bout. Alors elle priait Merlin et Morgane qu'un signe du destin se manifeste, la tire de sa lecture, et lui assure de ce fait que ce livre ne valait pas son admiration pour une Noise.

 

Lorsqu'elle tourna la vingt-et-unième page, le signe tant attendu se manifesta par la voix de son père.

 

« Dorea, voudrais-tu venir dans mon bureau ? »

 

Elle claqua son livre sans se retenir de soupirer de soulagement et de joie mêlés. Son père lui parlait peu, si ce n'est pour qu'elle lui parle de ses dernières lectures sur les Arts Noirs lors du dîner. Il préférait parler avec son frère, Pollux, de dix ans son aîné, de finance et influences.

 

Elle s'empressa de traverser le palier pour se rendre dans le bureau de son père avce satisfaction. Elle ne finirait pas le livre de Maléficia Nott, quoi que puisse en dire sa mère.

 

« Père, vous m'avez appelée ? demanda-t-elle distinctement après avoir ouvert la porte, certaine qu'il voulait lui donner le dernier mensuel de Défense Contre les Arts Noirs. »

 

Elle fit un pas ou deux dans la pièce.

 

« Dorea, reprit aussitôt son père en se passant un mouchoir en tissu sur son front luisant de sueur. Mr Potter ici présent a une demande à te faire. Bien sûr, je voudrai en discuter avec toi après. »

 

Elle tourna légèrement la tête vers la droite, et remarqua effectivement le sorcier dans le fauteuil en face du bureau de son père. Elle le fixa avec attention, certaine de l'avoir déjà vu quelque part sans pour autant pouvoir se souvenir de son prénom. Il y avait quelque chose de familier chez lui, et en même temps, elle ne parvenait pas à…

 

Il fit ce geste négligent. Il passa la main dans ses cheveux d'un noir de jais un peu longs et très désordonnés.

 

Charlus Potter. Mais oui. L'Attrapeur de l'équipe de Quidditch de Flaquemare. Et d'Angleterre. Vingt-cinq ans. Elégant. Sang-Pur. Assez riche. Sûr de lui. Impertinent. Meilleur de sa…

 

« Voilà Miss Black, commença-t-il d'une voix grave et agréable qui se mariait admirablement bien avec son visage aux traits francs. J'aimerais vous épouser. Aussi, il mit un genou à terre, sous l'œil stupéfait de la jeune fille, Miss Dorea Black, voulez-vous m'épouser ? »

 

Sa première réaction, outre la surprise et la stupéfaction, fut de rougir comme une adolescence. Elle ne sut que dire. Elle cru même rêver.

 

« Euh je…

 

- Oui, Dorea, nous savons que tu veux réfléchir, la coupa son père. Aussi Mr Charlus Potter a proposé de revenir demain pour connaître ta réponse. C'est très gentil de sa part ! »

 

C'était bel et bien lui. Et il venait de la demander en… en mariage ? Et son père semblait approuver ? Mais elle disait oui tout de suite ! Un joueur de Quidditch (et pas n'importe lequel) ! Son fantasme d'adolescente ! Elle pourrait en faire la réalité !

 

Elle resta, elle en fut sûre, la bouche entrouverte à le contempler comme la véritable adolescente qu'elle redevenait. Les mots restaient coincés dans sa gorge comme s'ils avaient gelé. Elle lui laissa sa main qu'il embrassa en lui souriant avec tant d'assurance qu'elle crut tomber en pâmoison. Il salua son père d'une poignée de main ferme, et elle en profita pour le détailler des pieds à la tête. Il était grand, un peu plus qu'elle, avec un visage avenant, une moustache brune qui rebiquait joyeusement, des gestes assurés, les épaules plutôt carrées malgré son poste d'Attrapeur et ses cheveux… Bon sang, elle mourrait d'envie d'y passer la main pour les ébouriffer. Rien à voir avec cet imbécile de Dardus Chotter qui l'avait suivie comme son ombre aux dernières réceptions où elle l'avait rencontré même si…

 

Son mal de crâne reprit d'un coup et elle ferma les yeux le plus fort qu'elle put pour le chasser. Depuis plusieurs jours, sans raison, un élancement la prenait aux tempes et lui moulinait le cerveau. C'était insupportable. Elle en avait parlé à sa mère, mais celle-ci avait commencé à s'affoler et à vouloir l'emmener à Ste-Mangouste. Comme Dorea avait Ste-Mangouste en horreur, elle avait affirmé que cela lui était passé.

 

« Alors Dorea ? Qu'en dis-tu ? reprit son père. »

 

Zut, elle avait manqué le départ de Charlus. Charlus Potter, oups.

 

« Je... commença-t-elle mais son père la coupa.

 

-Tu ne sais pas ? Voyons ma chère, il y près de cinq ans que tu es sortie de Poudlard ! Il serait temps de penser au mariage !

 

-Mais je... veux accepter sa demande ! voulut-elle dire mais son père la coupa.

 

-Sauf si tu veux garder le nom de Black et ne pas te marier, ce que je comprends parfaitement !

 

-Non non c'est que... c'est bon, je lui dis oui !

 

-Eh bien ! Tu auras sans doute d'autres garçons charmants qui viendront. Tu es une Black après tout !

 

-Ce n'est pas ça, mais... Mais je n'en veux pas d'autre ! Bougre de Pitiponk, laissez-moi parler je vous en prie !

 

-Je sais que le frère de Charlus n'est pas un modèle de Sang-Pur, mais lui m'a paru très bien ! Et puis les Potter sont une famille assez puissante et influente au ministère. Ils sont assez riches également.

 

-Père... s'exclama-t-elle inutilement.

 

-Bon je te laisse réfléchir cette nuit ! Tu me diras demain, il revient pour dix heures ! »

 

Sans qu'elle ait pu dire une seule phrase complète, son père la poussa hors de son bureau. Bon sang, son père voulait tout faire capoter ou quoi ? Une demande d'un joueur de Quidditch, il fallait qu'elle l'accepte tout de suite avant qu'elle ne lui passe sous le nez ! Bougre de Pitiponk, son père avait tout gâché ! Jamais Charlus Potter ne reviendrait demain, sûr qu'elle refuserait puisqu'elle n'avait pas répondu immédiatement par l'affirmative !

 

Elle fila jusqu'à sa chambre rageusement. Ce n'était pas juste ! La première demande en règle qu'on lui faisait était tout à fait gâchée par son père qui ne semblait même pas s'en rendre compte !

 

Elle se laissa tomber sur son lit et fixa le plafond avec une profonde contrariété.

 

Il fallait qu'elle se calme. Charlus Potter était un stupide Gryffondor, se rappela-t-elle. Il n'avait sûrement qu'une parole. Il était encore possible qu'il revienne demain. La question de la raison pour laquelle il l'avait choisie elle lui effleura l'esprit. C'était vrai, cela, pourquoi avait-il arrêté son choix sur elle ? Elle ne savait pas d'où il la connaissait. Elle ne se souvenait pas lui avoir parlé depuis… depuis… son mal de crâne pointa à nouveau le bout de son nez, et elle soupira de rage. Il revenait toujours au pire moment !

 

Elle expira puis inspira à fond plusieurs fois jusqu'à retrouver l'esprit clair.

 

Où en était-elle ? Ah oui. Charlus Potter. Elle avait forcément été à Poudlard avec lui puisqu'il avait vingt-cinq ans même si elle n'en avait aucun souvenir. Il était à Gryffondor, c'était pour cela. Elle avait fait en sorte de les éviter comme la peste. Bien trop indécents pour leur propre bien, les garçons de Gryffondor à Poudlard. Aujourd'hui, ce n'était plus pareil. Ils avaient tous un peu grandi, et puis ils n'étaient plus à Poudlard. Les Maisons avaient moins d'importance. Un peu moins. Allez essayer de négocier avec un Gryffondor, de vrais tête de pioches ceux-là.

 

Pour en revenir à Charlus (Elle pouvait l'appeler comme ça maintenant qu'ils étaient… qu'ils seraient fiancés ? Sauf s'il avait pris son absence de réponse pour un refus…), elle avait aussi vu un match assez récemment où il avait attrapé le vif d'or presque sous son nez. C'était là qu'il avait dû la voir. Il n'y avait pas d'autre explication. Et puis il avait dû avoir un coup de foudre. Elle lui demanderait plus tard. Enfin, si elle osait. Mais cela faisait si longtemps qu'un garçon ne lui avait pas fait la cour et qu'elle ait été intéressée aussi ! Elle se sentait toute chose rien qu'à l'idée de le revoir !

 

Bon et si ce n'était pas à ce match, alors il devait la connaître par amis ou par connaissances interposés. Elle était une Black après tout, tout le monde voulait s'associer aux Black. Oui, ce devait être cela. La renommée de sa famille avait dû le convaincre qu'elle serait une bonne épouse.

 

Nooon… C'était un Gryffondor, et un Potter… Il était forcément comme tous ces peureux à ne pas comprendre que la Magie qu'ils appelaient Noire était seulement une magie très puissante. Elle allait devoir se cacher de lui pour en faire.

 

Par Merlin, elle parlait de lui comme s'ils étaient déjà fiancés ! S'il ne revenait pas le lendemain, elle en pleurerait toutes les larmes de son corps jusqu'à devenir sèche et vieille. Et puis elle en tiendrait son père pour responsable pour tout le reste de sa vie !

 

La porte de sa chambre s'ouvrit dans un grincement. Elle sauta à bas de son lit pour prendre une position plus décente si jamais sa mère entrait. Mais ce n'était que Lucretia, sa cousine de cinq ans sa cadette avec qui elle partageait tout, même sa chambre, sur qui elle se jeta aussitôt.

 

« Lucretia, Lucretia, il faut que je partage avec toi le bonheur qui vient de me tomber dessus ! s'exclama-t-elle aussitôt en attirant sa cousine à elle pour l'asseoir sur leur lit. »

 

Dorea resta devant elle.

 

« Dorea, que te prend-il ? s'étonna sa cousine. Je ne t'ai pas vue si enthousiaste depuis que j'ai reçu mes résultats des ASPIC deux mois plus tôt.

 

-Demain dix heures, je serai fiancée, souffla Dorea en guettant l'expression de sa cousine. »

 

Ses grands yeux interdits menacèrent de la faire rire comme une idiote.

 

« Mais… Avec qui ? bafouilla Lucretia.

 

- Avec un homme dont tu as forcément déjà entendu parler, lui assura Dorea.

 

-Mais personne ne te courtise officiellement, réfuta Lucretia avec inquiétude. Je t'en prie, ne me dis pas que ton père te marie contre de l'argent.

 

-Quoi ? s'offusqua Dorea. Mais non, tu n'y es pas. C'est lui qui est venu trouver mon père ce matin pour lui demander ma main. Alors, cherche ! Un indice : il est beau comme un dieu, souffla Dorea en se sentant rougir.

 

-Attends, je ne comprends plus rien, la coupa Lucretia.

 

-Oh bougre de Pitiponk ! jura Dorea en levant les bras au ciel. »

 

Elle se laissa tomber sur leur lit, ferma les yeux, et s'imagina au bras de Charlus dans quelques mois pour leur mariage.

 

« Le grand Attrapeur de l'équipe de Flaquemare et d'Angleterre vient de me demander en mariage. Je vais épouser un joueur de Quidditch, souffla-t-elle avec extase.

 

-QUOI ? hurla Lucretia. »

 

Dorea releva un coup d'œil étonné vers sa cousine.

 

« Qu'y a-t-il ?

 

-Mais… Tu ne le connais pas ! s'exclama Lucretia avec un mine si horrifiée que Dorea prit sur elle pour s'expliquer.

 

-Si, il s'appelle Charlus Potter, souffla-t-elle en savourant ce nom dans sa bouche. Dorea Potter, qu'est-ce que ça sonne bien, soupira-t-elle avec envie. »

 

La gifle que lui administra Lucretia lui fit perdre l'équilibre précaire qu'elle avait trouvé sur son bras.

 

« Mais qu'est-ce qui te prend ? s'étonna-t-elle en relevant la tête.

 

-Ne commence pas à fantasmer à nouveau sur les joueurs de Quidditch ! se mit à crier Lucretia avec hystérie. Tu… Tu ne le connais pas ! Lui il arrive, il te demande ta main et hop, tu dis oui ? Mais pour qui se prend-il ? Ce n'est pas parce qu'il est joueur de Quidditch que tout lui est dû…

 

-Un peu quand même, commenta Dorea à mi-voix.

 

-… et en particulier les femmes ! Tu ne le connais ni d'Eve, ni d'Adam ! Et ne me dis pas qu'il était avec toi à Poudlard, il y avait des centaines de personnes avec toi à Poudlard, et si tu te rappelle de dix personnes parmi celles-là, c'est le bout du monde ! continua Lucretia en faisant les cent pas devant elle.

 

-Lucretiaaa, la coupa Dorea. Un jour, je me marierai, je le sais, j'en ai envie parce que je veux des enfants, posa-t-elle d'abord. Je suis sortie il y a cinq ans de Poudlard, et pas un homme n'a accroché mon attention. Pas un digne de moi n'a tenté de me courtiser non plus. Je ne suis pas comme toi, je ne cherche pas le grand amour car il n'existe pas. Il n'existe pas, pour moi, d'accord. Je veux un mari dont le physique me plaît, qui ait un peu d'argent, un peu de conversation, et que je puisse respecter sans avoir besoin de me forcer. Si en plus il me laisse lire des grimoires de Défense, je suis heureuse. Si en plus il aime jouer au Quidditch, je m'extasie. Mais s'il est joueur de Quidditch professionnel, je suis comblée ! conclut-elle en s'étalant en étoile sur son lit. »

 

Le silence de Lucretia surprit plus encore Dorea que si sa cousine s'était remise à vociférer.

 

« Dorea, reprit Lucretia lorsqu'elle eut relevé la tête vers elle. Comment peux-tu savoir que sa qualité de joueur de Quidditch te donnera envie de le respecter toute une vie ?

 

-C'est mon rêve et mon fantasme d'adolescente d'épouser un joueur de Quidditch, confia-t-elle à sa cousine en se sentant à nouveau rougir.

 

-Tu parierais ta vie entière sur un fantasme ? s'exclama sa cousine.

 

-Il faut bien que je la parie sur quelque chose, et Charlus Potter semble prometteur, insista Dorea. Qu'est-ce que ce doit être de l'embrasser… rêva-t-elle. Oui, je pourrai… Je pourrai le laisser faire ce qu'il veut de moi. Il ne me dégoûtera jamais. »

 

Elle pensait à la nuit de noces et à ce que Sylvestra appelait avec amusement le devoir conjugal.

 

« En parlant de ça, tu sais bien que Sorcière Hebdo ne parle que de ses déboires amoureux et du tapage nocturne qu'il fait sur le chemin de Traverse avec son équipe lorsqu'il a bu ? lui rappela Lucretia l'air de rien et Dorea grimaça enfin.

 

-Certes.

 

-Il a dû en connaître un grand nombre, de filles.

 

- Cela ne me regarde pas, tenta de se convaincre Dorea.

 

-Et qu'il doit toujours connaître, appuya Lucretia.

 

-Lorsqu'il m'épousera, il me jurera fidélité, lui rappela Dorea.

 

-Tu sais bien que les hommes, comme les femmes d'ailleurs, n'ont que faire de ce serment, fit négligemment Lucretia. Oncle Arcturus…

 

-A une femme insupportable, rappela Dorea.

 

-Tu le défends toujours de toute façon, s'agaça Lucretia.

 

-C'est mon parrain, lui dit-elle avec défensive.

 

-Soit. Mais dans tous les cas, tu ne le connais pas ce Charlus Potter. Imagine qu'il refuse que tu lises tes livres de Défense Contre les Forces du Mal et de Magie Noire. Imagine qu'il soit tyrannique et qu'il refuse de te laisser sortir de chez lui sans t'accompagner ? Imagine qu'il n'ait aucune conversation ?

 

-Mais non, protesta faiblement Dorea en prenant peur.

 

-Tu n'en sais rien, martela Lucretia. Toi qui es si brillante pour monter des raisonnements ahurissants sur la magie, dès qu'on parle de joueurs de Quidditch tu deviens complètement idiote ! s'emporta Lucretia. »

 

La honte gonfla lentement dans son cœur jusqu'à ce qu'elle enfonce son visage dans ses mains pour en cacher les rougeurs.

 

« Mais il pourrait me plaire, bredouilla-t-elle au bout d'un silence interminable.

 

-Je n'ai pas dit le contraire, soupira Lucretia en retournant s'asseoir sur le lit. »

 

Dorea posa sa tête sur ses genoux, et Lucretia lui caressa les cheveux.

 

« Je dis juste qu'il ne faut pas que tu t'emballes comme cela, et que tu lui demandes plutôt de te courtiser publiquement pour que vous puissiez apprendre à vous connaître. Ou alors, demande-lui de longues fiançailles pour ce faire. Mais discutes-en bien avec lui auparavant. Nous sommes dans les années 40, on n'épouse plus un homme sans le connaître un minimum. Ne retourne pas à ce schéma aberrant qu'on suivi nos parents, s'il te plaît. Nos mères te diront toutes qu'elles en sont très heureuses, mais je t'en prie, elles auraient pu l'être mille fois plus en épousant des hommes un peu moins autoritaires que nos pères. »

 

Dorea finit par hocher la tête, tout à fait revenue sur terre. Elle lui demanderait de la courtiser, oui, ce serait une très bonne idée. Elle pourrait rapidement se faire une idée du personnage de toute façon.

 

Le son d'une démarche qu'elle connaissait bien la sortie de sa réflexion. Oh non, ne lui dites pas que…

 

Elle se leva de son lit en faisant signe à Lucretia de se taire et en évitant la latte de parquet grinçante, et appuya prudemment sur la poignée. Elle pria pour que les gonds ne grincent pas, et par miracle put sortir dans le couloir sans aucun bruit.

 

« Beurk… fit-elle avec dégoût. »

 

Beurk, c'était Beurk, Théophilius, de son prénom. Corps squelettique, robe sale et démodée, son maudit cousin qui ne pouvait s'empêcher de lui tourner autour comme le vautour qu'il était. Mais comme c'était le filleul de son père, qui l'adorait et chantait ses louanges constamment alors que ce n'était qu'un petit asticot répugnant, elle ne pouvait pas vraiment dire du mal de lui sans se prendre une soufflante de son père.

 

Mais que faisait-il ici ? Il venait sûrement voir Cygnus Black, son père à elle et parrain de cet imbécile. Il avait deux ans de plus qu'elle, et il avait scellé son destin auprès d'elle dès qu'il était entré en cinquième année à Poudlard. Elle était, pour sa part, en troisième année à ce moment-là, et mis à part le fait qu'il avait sans cesse essayé de l'inviter à Pré-au-Lard cette année là, il avait fait perdre des dizaines de points à Serpentard parce qu'il se prenait constamment la baguette avec les Gryffondors et surtout, parce qu'il prenait les professeurs de haut et ne faisait pas un effort pour obtenir ses BUSEs, qu'il avait d'ailleurs bien manquées, tout à fait fier de reprendre la boutique de son paternel.

 

Elle fit signe à Lucretia de ne pas bouger et le suivit à pas de loup, curieuse de connaître la teneur de leur discussion. Il était déjà venu la veille, et avait parlé à son père toute l'après-midi. C'était étrange. Très étrange. Trop étrange.

 

Il était entré dans le bureau de son père après avoir frappé, et Dorea s'empressa de coller son oreille à la porte du bureau.

 

« Donc vous voudriez épouser Dorea ? Oh... Vous n'avez pas de chance jeune homme ! Charlus Potter vient de partir avec la même attente ! Mais si jamais elle refuse la première demande elle acceptera la vôtre ! »

 

Horreur ! Sacrilège ! Damnation éternelle ! Comment cet horrible personnage pouvait-il seulement songé à n'avoir rien qu'une vue sur elle ? Alors qu'elle préférait se parjurer avec le premier venu plutôt que de ne lui céder qu'un baiser ? Ce rat d'égout ne méritait même pas de réponse tant il était…

 

La porte s'ouvrit violemment, et elle sursauta en tombant nez à nez avec Face-de-rat. Son visage lui parvint avec tant de dégoût qu'elle cru qu'elle allait lui vomir tripe et boyaux dessus.

 

« Tiens Dorea ! Comme je suis content de te voir ! siffla-t-il en essayant de s'emparer de sa main pour l'embrasser mais elle l'évita habilement. Ton père m'a justement dit que tu réfléchissais à la demande en mariage de Charlus Potter ! dit-il avec un sourire carnassier. Tu as enfin réalisé que ce n'était qu'un sale petit... »

 

D'abord, il la dégoûtait. Ensuite, à cet instant, il l'effrayait. Ses yeux injectés de sang et son visage blafard à rendre jaloux un mort lui donnaient envie de crier au Diable. Enfin, elle avait Charlus Potter qui lui avait fait une demande qui n'attendait qu'un oui pour être officielle. Même si elle ne le connaissait pas du tout, Lucretia avait raison sur ce point, elle savait qu'elle pourrait au moins le regarder avec autre chose que du dégoût et se sentir fière d'être sa femme. Oui mais si…

 

Les yeux de Beurk la fixaient toujours avec une rage démente et elle crut même le voir saliver de rage lorsqu'il resserra sa prise sur son poignet qu'elle ne parvint pas à éviter.

 

« Et je vais accepter sa demande, bafouilla-t-elle. »

 

Bon sang, mais pourquoi avait-elle dit ça ? Elle avait promis à Lucretia qu'elle discuterait d'abord avec lui pour lui demander les raisons de ce choix, et même lui demander de lui faire une cour en bonne et due forme. Ou au moins lui demander des fiançailles assez longues pour pouvoir apprendre à le connaître. Et voilà que ce Pitiponk de Beurk arrivait, souhaitait mettre la main sur elle, la mettait littéralement puisqu'elle sentait des fourmis envahir la main dont il serrait le poignet si fort qu'elle craignait de voir un hématome y apparaître, et que pour la première fois, elle prenait peur devant lui.

 

« Oh Dorea ! s'exclama son père apparemment ravi. C'est formidable ! Mais tu sais Mr Beurk, ajouta-t-il avec cérémonie, possède une jolie boutique de magie Noire ! Tu devrais y réfléch...

 

-Non, non. Ce n'est pas la peine. Je vais épouser Charlus Potter. »

 

Mais que lui prenait-il ? Sûr qu'elle voulait qu'il parte au plus vite ! Mais elle ne voulait pas épouser un inconnu ! Quoique, si elle refusait la demande de Charlus, même si c'était pour l'accepter plus tard, elle n'était pas sûre que son père la laisse faire. Il accepterait pour elle celle de Beurk, et comme il était son filleul adoré, il refuserait obstinément qu'elle rompe ses fiançailles et mette son cousin dans une position désobligeante. Autant dire que le choix était vite fait.

 

« Très bien, très bien, dit son père, apparemment déçu. »

 

Et c'est ainsi que Beurk s'en alla à son plus grand soulagement. On voyait bien à sa démarche qu'il était furieux, même s'il essayait de le cacher.

 

Elle retourna dans sa chambre comme un automate, et croisa le regard curieux de Lucretia. Elle se prit la tête entre les mains pendant que sa petite cousine lui posait mille questions. Par sa bêtise, en moins d'une heure, son avenir avait été décidé. Elle bredouilla ce qu'elle avait fait à Lucretia et à force de regarder dans le vide, sous les caresses que sa cousine appliquait à ses cheveux, elle oublia la situation et s'endormit.

 

.

 

« Dorea ! Lucretia ! Réveillez-vous, nom de nom ! C'est l'heure du dîner ! s'exclamait sa sœur, Cassiopeia en les secouant sans ménagement. »

 

Dorea se redressa brusquement en ouvrant violemment les yeux. Elle les frotta avec ses poings en baillant.

 

« Bon sang, ne te frotte pas les yeux comme une enfant, Dorea ! la rabroua sa sœur. Maman chante sans cesse tes louanges, mais tu n'as aucune tenue ! Ce n'est pas étonnant que tu fasses fuir tous les prétendants ! piqua sa sœur en la tirant du lit pour remettre sa tenue en ordre.

 

-Ce n'est pas toi qui…

 

-Moi, je veux garder le nom de Black, c'est tout à fait différent ! la coupa méchamment sa sœur. Je travaille au ministère aux côtés de Regulus. Je ne suis pas comme toi à rêver d'un mari riche et mondain et à soupirer comme en fille en mal d'amour.

 

-Cass', calme-toi, bredouilla Lucretia en les poussant vers les escaliers.

 

-Oh toi, Lucretia, tu es pareille, même pire ! Walburga m'a raconté quelles personnes tu fréquentais à Poudlard, et ce n'est pas beau à entendre ! Je me ferais toute petite quelques temps si j'étais toi à moins que tu ne veuilles que ton père l'apprenne ! »

 

Dorea regarda Lucretia serrer les poings. Elle savait que Lucretia était comme elle, et reconnaissait parfois le mérite de certains sorciers au sang un peu moins pur que le leur, sans pour autant en faire ses amis et ou les inclure dans sa famille. Mais Cassiopeia ne pouvait pas comprendre. Elle n'aimait pas autant étudier les secrets de la magie que Lucretia et elle.

 

Dorea et Lucretia se glissèrent à leur place le plus discrètement possible. Dorea fit abstraction du rire méprisant de Tante Lysandra, qui la détestait cordialement, et du froncement de sourcil contrarié de sa mère. Elle se contenta de se servir des légumes qui étaient dans le plat le plus proche d'elle et de manger en silence, essayant de se faire oublier. Elle aurait dû se douter que son père ne manquerait pas cette belle occasion de la mettre à l'avant de la scène, de la faire briller. Elle le guettait du coin de l'œil depuis le début du repas. Il souriait bien plus que de coutume et la regardait avec une connivence qui la faisait se tortiller sur sa chaise avec malaise. Ses fiançailles n'étaient encore en rien actées, signées ou même conclues. Elle lui fit un léger signe de tête négatif et craintif, mais ceci ne servit qu'à faire se gonfler un peu plus d'orgueil son père.

 

« Dorea aimerait prendre la parole pour vous annoncer une excellente nouvelle, fit-il avec une fierté perceptible.

 

-Père, rien n'est encore certain, souffla-t-elle assez fort pour qu'il l'entende à l'autre bout de la table. »

 

Elle chercha le regard de sa mère qui était seulement intrigué. Celui de Lucretia était fuyant, mais elle glissa sa main dans la sienne.

 

« Nous sommes en famille, Dorea, il n'y a rien à craindre, insista son père avec son regard aussi gris pâle que le sien.

 

-Oncle Arcturus dit toujours qu'il ne faut pas vendre la peau de l'hippogriffe avant de l'avoir tuée, fit-elle avec un peu plus d'assurance en cherchant le regard de son oncle. »

 

Il était étonnement attentif, par rapport à son air absent habituel. Il la fixa avec une impassibilité inhabituelle et inquiétante.

 

« Dorea, tu n'en as même pas averti ta mère, puisque tu t'es endormie comme une enfant, fit son père avec une voix chargée de menace. Annonce à ta famille la bonne nouvelle, lui ordonna-t-il. »

 

Elle avala difficilement sa salive. Et si Charlus Potter ne revenait pas demain ? Et si… Elle ne parvint plus à soutenir le regard de son père.

 

« Charlus Potter m'a demandée en mariage, souffla-t-elle en sentant son cœur faire un bon malgré elle.

 

-Et elle a accepté, précisa Cygnus Black avec une satisfaction perceptible.

 

-Toutes mes félicitations, Dorea ! s'empressa de la féliciter sa mère en joignant ses mains devant elle.

 

-Il doit revenir demain pour que je lui donne ma réponse, s'empressa-t-elle de préciser pour ne pas paraître présomptueuse s'il ne revenait pas parce que son père avait tout fait capoter. Enfin, j'espère qu'il reviendra demain, puisque vous ne m'avez pas permis de lui donner immédiatement une réponse positive, Père, ne put-elle s'empêcher de rapporter avec rancœur à son père malgré elle. »

 

Lucretia lui administra une petite tape sur la cuisse pour lui rappeler leur discussion à ce sujet, et elle s'empressa de nuancer son propos.

 

« Mais c'est pour le mieux, il ne faut pas qu'il pense que je lui suis d'ores et déjà dévouée, insista-t-elle.

 

-Tu as tout à fait compris, mon enfant, reprit Cygnus Black avec un regard perçant. Les Potter sont de nature inconstante, je ne pouvais pas te céder à lui sans le faire patienter au moins une nuit.

 

-Ce sont surtout de stupides Gryffondors aussi têtus que des ânes, critiqua d'emblée Tante Lysandra. »

 

Vipère, pensa Dorea en lui offrant un immense sourire de façade. Comment son adorable Oncle Arcturus avait-il pu se lier par le mariage avec une femme pareille ?

 

« Au moins ce n'est pas un Weasley, Lysandra, attaqua sa mère en volant à sa rescousse.

 

-Qu'insinues-tu, Violetta ? siffla littéralement sa tante entre ses dents. »

 

Là, ce n'était pas bon. Dorea sentait la querelle de famille approcher à vitesse balai de course. Lucretia se pencha à son oreille.

 

« Ils vont encore parler de Cedrella et de son Weasley ! Ce n'est pas permis de le rappeler sans cesse alors qu'on fait tout pour qu'elle soit oubliée !

 

-Ce n'est pas ma fille ! Elle ne l'a jamais été ! éructait Lysandra.

 

-Gryffondor ou Poufsouffle : peu importe. Mes enfants à moi n'épousent pas de Traître-à-leur-Sang, eux ! chargeait à son tour Cygnus Black.

 

-Mr Cygnus Black est le parfait sorcier ! Mais Mr Cygnus Black a fait un fils Cracmol à son épouse ! contrattaquait Lysandra, faisant grimacer Dorea.

 

-Ce n'est pas mon fils ! Il ne l'a jamais été ! hurlait Cygnus.

 

-Donc tu insinues que ta femme est allée fricoter ailleurs ? disait-elle avec un sourire carnassier. »

 

Violetta dégainait sa baguette pour la pointer sur sa belle-sœur.

 

« Tu vas trop loin, Lysandra ! s'écriait à son tour Violetta. Ce n'est pas parce que tu as honte de la trahison de ta fille que tu dois dire de pareilles ignominies !

 

-Violetta, range ta baguette, sifflait son mari.

 

-J'en ai assez qu'elle parle tout le temps de… cela ! explosait sa mère. Ce n'est pas une femme qui n'a donné que trois filles à son mari qui critiquera mon intégrité ! Au moins, moi, je t'ai offert Pollux, un fils ! Personne ne me dira que je ne suis pas une épouse exemplaire ! »

 

Personne n'osa en effet rien ajouter à cela. Dorea soupçonnait son Oncle Arcturus d'avoir soumis sa femme à un sortilège de Mutisme au vu du regard chargé de haine que sa tante lançait à son mari mais ne commenta pas.

 

« Je vous souhaite toutes mes félicitations par avance, Dorea, reprit posément son Oncle Sirius. Ce sera un très beau mariage.

 

-Je me joins à ton oncle mon époux pour vous souhaiter tous mes vœux de bonheur, continua sa Tante Hesper avec un sourire sincère.

 

-Moi de même, ma chère sœur, lui cracha presque Cassiopeia malgré elle.

 

-J'espère que tu as songé à la vie qu'est celle d'une épouse de joueur de Quidditch national, rappela son frère Pollux avec inquiétude.

 

-Je suis toute disposée à m'y plier, s'empressa de répondre Dorea en se sentant rougir. »

 

La nouvelle claque que Lucretia lui administra sur la cuisse manqua de la faire crier.

 

« Alors je vous félicite, et Irma aussi, reprit son frère avec un sourire bienveillant.

 

-Un Potter, vraiment ? fit son cousin Arcturus.

 

-Il m'a semblé que ce ne pouvait qu'assurer à notre famille une meilleure position au ministère, intervint Cygnus.

 

-Ils sont incorruptibles, rappela d'un ton froid son oncle Arcturus.

 

-Tout un chacun est corruptible, fit son cousin Arcturus sans perdre son inquiétude. Surtout le vieux Priscus Potter. Non, ce qui m'inquiète, ce sont leurs fréquentations.

 

-Leurs fréquentations ? s'étonna Cygnus.

 

-Enfin, mon Oncle, reprit son cousin Arcturus, Darius Potter, le frère de Charlus, est lié d'amitié avec ce Sang-de-Bourbe du Magenmagot, Trincket !

 

-Dorea est fiancée…

 

-…sera… rappela Dorea dans un souffle.

 

-… à Charlus Potter, non à son frère ! Il m'a semblé très fier de son sang pur et prêt à défendre nos valeurs ! protesta son père.

 

-Dites-nous à quel montant vous avez poussé la dot de Dorea, demanda son cousin Regulus avec un sourire mesquin.

 

-Je n'y ai pas touché, assura son père pendant que Dorea retenait son souffle.

 

-Vous avez refusé de l'augmenter de combien ? insista son cousin Arcturus.

 

-Arcturus, souffla son épouse, Melania. On ne demande pas ces choses-là.

 

-Ton épouse a raison, Arcturus, on ne parle pas de ceci devant les femmes. Mais je vais tout de même t'assurer qu'il ne m'en a même pas touché un mot, fit Cygnus avec satisfaction.

 

-Que t'a-t-il demandé alors ? Protection contre Grindelwald ? demanda son oncle Arcturus avec ce ton froid inhabituel.

 

-Il le fera sûrement, et je suis tout disposé à la lui accorder, en convint Cygnus en découvrant ses dents dans un sourire qui fit froid dans le dos à Dorea. Sirius, mon frère, pouvons-nous continuer cette discussion au salon avec un verre de Whiskey-Pur-Feu et des cigares, s'il te plaît ? Dorea n'a pas besoin d'entendre ces détails.

 

-Soit, accepta son Oncle Sirius, le patriarche de la Noble et Très Ancienne Maison des Black. Je vous souhaite une agréable soirée, mesdames. »

 

Dorea suivit le mouvement et se leva en même temps que les membres de sa famille. Elle suivit les autres femmes dans le salon d'hiver où elles s'installèrent confortablement pour discuter. Sa mère s'empressa de prendre la place à côté d'elle et de prendre ses mains dans les siennes.

 

« C'est fabuleux, ma chère petite fille, lui dit-elle d'emblée avec des larmes de joie dans ses yeux verts. Lorsque je l'ai conduit au bureau de ton père, Mr Potter semblait te chercher dans chaque recoin de la maison. Tu aurais dû me prévenir qu'il te faisait la cour, j'aurais fait en sorte de l'inviter à se joindre à nous pour dîner plus tôt. Ou bien j'aurais fait en sorte que la Guérisseur Annabella Potter, sa mère, nous invite à prendre le thé. Quand a-t-il commencé sa cour ? Et dire que je ne l'ai même pas remarqué alors que je veille sans interruption sur toi ! se réjouit sa mère.

 

-Je… Je ne me souviens pas, mentit-elle à moitié tout à fait déboussolée.

 

-Depuis si longtemps ? s'étonna sa mère. Seigneur, tu aurais dû le hâter dans ce cas, la rabroua gentiment sa mère.

 

-Non, non ce n'est pas ça… c'est juste que je n'en sais rien, voulut-elle dire mais sa mère, comme son père plus tôt dans la journée, la coupa.

 

-Oh mais je sais ! C'est à ce match, au début du mois de juillet, auquel Cygnus nous a emmenées ! C'était bien lui qui jouait dans l'équipe de Flaquemare contre celle des Frelons, c'est cela ? lui demanda sa mère.

 

-C'est cela, oui, dit Dorea parce qu'elle ne voyait aucune autre occasion de donner un sens à cette demande et que sa mère commençait à la mettre mal à l'aise. Enfin je pense, voulut-elle nuancer mais sa mère reprit la parole.

 

-Il t'aura vue là-bas lorsqu'il a attrapé le Vif d'or, c'est sûr, il l'a attrapé devant nous. Et puis il y a eu le pot après le match, avec les joueurs et les VIP, parmi lesquels nous étions. Tu as discuté avec lui ce soir-là ? insista sa mère. »

 

Pourtant, cela ne disait rien à Dorea. Peut-être que…

 

Sa tête lui fit mal à nouveau et elle se retint de grimacer. A la place, elle se frotta distraitement la tempe et prit de profondes inspirations.

 

« Je ne crois pas, dit-elle à la place.

 

-Alors il t'a vu, et ton charme a fait le reste, c'est évident, lui assura sa mère. Il a dû te revoir il y a deux semaines au mariage d'Aristote Parkinson, le meilleur ami de ton frère. Il me semble que la Guérisseur Potter vient de la famille Fortescue. Elle est sûrement la tante d'Ambuela qu'a épousée Aristote, donc Charlus Potter était forcément là.

 

-Oui, je l'y ai vu, commenta mollement Cassiopeia en passant son doigt sur les étagères. L'elfe a encore oublié de faire la poussière dans cette pièce, c'est un incapable, s'agaça-t-elle en regardant son doigt noirci de poussière. Il me semble même t'avoir vue danser avec lui. »

 

Dorea fronça les sourcils pour essayer de s'en souvenir, mais seul le regard imbécile de Dardus Chotter lui revint en mémoire avant que son mal de crâne ne reprenne avec violence et elle fut obligée de fermer les yeux et d'appuyer ses paumes sur ses yeux.

 

« Dorea ? s'inquiéta sa mère.

 

-Deux secondes, s'il te plaît, la pria-t-elle en soufflant tout l'air de ses poumons.

 

-C'est encore ce mal de crâne ? s'inquiéta sa Tante Hesper qui avait été Guérisseuse. Laisse-moi t'examiner. »

 

Dorea secoua la tête.

 

« Ce n'est rien, souffla-t-elle en ouvrant les yeux. Trop d'émotion, c'est tout, en convint-elle en souriant difficilement.

 

-Tu vas aller te coucher alors, lui indiqua sa mère en se levant. Demain, tu mettras ta belle robe vert émeraude…

 

-La bleu roi plutôt, préféra Dorea, c'est la couleur de l'équipe de Flaquemare, expliqua-t-elle en rougissant sous le regard excédé de Lucretia.

 

-Oh oui, bien sûr, heureusement que tu t'en es souvenue ! Quel impair ç'aurait été ! Lucretia, veille à ce qu'elle dorme tout de suite, s'il te plaît. Il faut qu'elle soit la plus fraîche possible demain, insista Violetta Black avec sérieux. Je viens vérifier que vous dormez bien dans une demi-heure. »

 

Lucretia lui attrapa le bras et la tira sans ménagement jusqu'à leur chambre. Elle claqua la porte derrière elle et Dorea eut la mauvaise idée de rougir un peu plus et de ne pas réussir à se retenir de sourire.

 

« DOREA MILLICENT BLACK ! s'écria Lucretia ce qui la fit sursauter. Arrête de rougir comme une adolescente ! Qu'est-ce que je t'ai dit tout à l'heure ?

 

-Mais…

 

-Il ne peut pas mettre la main sur toi comme ça ! rétorqua Lucretia. »

 

Dorea la regarda sortir un Sorcière Hebdo de sa table de nuit, et l'ouvrir sur un article dédié à Charlus. Lucretia ne se contenta pas du coup d'œil que Dorea y jeta, et se mit à le lire à voix haute.

 

« Charlus Potter, le grand Attrapeur de l'équipe de Flaquemare a été arrêté hier soir, c'est le Sorcière Hebdo de la première semaine de juillet, sur le Chemin de Traverse, après le match qu'il a fait gagner à son équipe, pour état d'ivresse sur la voie publique. Mais paraît-il qu'il n'était pas seul. La Brigade Magique a fermé les yeux sur la position embarrassante dans laquelle l'Attrapeur a été trouvé. Apparemment, il était occupé avec l'une des… employées de la Cave du Détraqueur entre deux maisons de l'Allée des Embrumes. Il te faut plus de détails ? Comment peux-tu te réjouir…

 

-Ce ne sont que des élucubrations ! le défendit Dorea. Il a été arrêté pour état d'ivresse sur la voie publique, c'est tout ! C'est un joueur de Quidditch, c'est normal…

 

-Normal ? NORMAL ? Est-ce que ça te plaira que ton mari passe ses soirées post-match à la Cave du Détraqueur, hein ? Mais qu'est-ce qui t'arrive ! Je ne te reconnais plus ! »

 

Dorea secoua la tête et tourna le dos à Lucretia. Elle ne dit rien pendant le temps qui lui fut nécessaire pour se mettre en robe de chambre et se glisser de son côté du lit. Lucretia soupira rageusement avant de l'imiter. Lorsque la lumière fut éteinte, Dorea se tourna vers sa cousine pour lui livrer ses pires pensées.

 

« Il faut que je me réjouisse parce que je ne peux pas faire demi-tour, commença Dorea à voix basse. Si je n'épouse pas Charlus Potter, mon père me fiancera à Theophilius Beurk. Et je préfère épouser n'importe qui plutôt que Beurk.

 

-Dorea, soupira Lucretia, si tu parles à ton père…

 

-Tu ne connais pas mon père, Lulu, souffla-t-elle. Ma dot… Il a divisé le montant de ma dot par deux lorsque je suis sortie de Poudlard, et encore par deux le mois dernier parce que ses finances ne sont pas au beau fixe. Il me l'a dit comme si ce n'était pas grave pour mon avenir, mais c'est grave, Lucretia. Il a refusé que je tente le concours pour entrer au Service des Langues de Plomb lorsque je suis sortie de Poudlard, et il n'y a que cela que j'aurais pu faire et qui m'aurait permis d'augmenter le montant de ma dot et peut-être même de consacrer ma vie à faire des recherches sans avoir besoin de l'argent d'un époux pour vivre. Je veux faire des recherches, et je veux des enfants, Lucretia. Mais surtout, je ne veux pas épouser Beurk. Alors je vais faire en sorte que Charlus Potter soit le mari qui me convienne même si tu crains qu'il fasse de ma vie un enfer, d'accord ? »

 

Elle vit les sourcils de Lucretia se froncer dans la semi-obscurité de la nuit.

 

« Là, je te reconnais mieux, souffla Lucretia en retour. Enfin tu penses avec ta tête sans te laisser obnubiler par le Quidditch.

 

-Oh le Quidditch m'est un peu égal. Ce sont les joueurs qui me grisent, souffla Dorea en pouffant comme une idiote.

 

-Dorea, la rabroua à mi-voix Lucretia.

 

-C'est bon, j'arrête d'essayer d'être légère. Il n'empêche que si ce matin on m'avait dit que j'épouserai… Que j'avais l'espoir de me fiancer avec un joueur de Quidditch, j'aurais ri aux éclats, confia-t-elle en riant.

 

-Tu as ri aux éclats, rappela Lucretia.

 

-Certes, en convint Dorea. »

 

La porte de leur chambre s'ouvrit, alors elles firent semblant de dormir.

 

« Bonne nuit, ma Dorea, souffla la voix de sa mère. »

 

Dorea sourit au vide lorsque la porte se referma derrière sa mère.

 

« Je m'inquiète pour toi tout de même, reprit Lucretia.

 

-A quel propos ? demanda patiemment Dorea.

 

-Tu as toujours fantasmé sur les joueurs de Quidditch, d'accord, mais tu n'as jamais vécu leur vie.

 

-C'est-à-dire ? demanda Dorea en fronçant les sourcils.

 

-Alcool, filles, voyages… Tu n'es pas ce genre de personne, Dorea.

 

-Ils ne sont pas tous ainsi, tenta de se rassurer Dorea.

 

-Tu veux que je te relise l'article de Sorcière Hebdo ? Et puis, je doute qu'il ait beaucoup de neurones encore valides.

 

-Il est Attrapeur, pas Batteur ou Poursuiveur, rappela Dorea.

 

-Eh bien j'attends de te voir en grande discussion métaphysique avec lui, se moqua Lucretia.

 

-Tu crois qu'il est stupide ? s'inquiéta vraiment Dorea pour la première fois. Pourtant, il est si élégant et si distingué !

 

-Je n'en sais rien, je croyais que tu avais dansé avec lui, se moqua Lucretia.

 

-Je ne m'en souviens pas, donc Cassiopeia a dû se tromper, imagina Dorea. »

 

Elle laissa un petit silence passer avant de penser à autre chose et de soupirer d'impuissance.

 

« J'ai été tellement stupéfaite de le voir dans le bureau de mon père et de sa demande, que je n'ai même pas réussi à lui adresser un mot, Lulu.

 

-Tu es sûre que tu n'étais pas muette d'admiration et de contemplation devant lui ? se moqua Lucretia. »

 

Dorea enfouit son nez dans son oreiller pour étouffer un cri de rage contre elle-même qui fit bien rire Lucretia.

 

« Je crois que je ne saurais pas quoi faire d'autre que bredouiller devant lui tant il m'impressionne, avoua-t-elle. »

 

Lucretia se mit à rire compulsivement sous les menaces et les cris outrés de Dorea. Elles se calmèrent aussitôt lorsque la porte de leur chambre s'ouvrit. Le sortilège de Mutisme qui les frappa les obligea à cesser leur discussion et bon gré, mal gré, elles se résolurent à s'endormir.

 

.

 

.

 

Arcturus Black n'avait jamais passé une aussi mauvaise journée. Et pourtant, sa vie était loin d'être un long fleuve tranquille. L'élément auquel il pensait actuellement était sa double vie qui durait depuis vingt-cinq ans. Enfin, double vie, c'était un bien grand mot. Disons qu'il y avait une sorcière qu'il aimait plus que tout depuis vingt-cinq ans, mais que ce n'était pas son épouse.

 

Mais elle portait son nom, puisque c'était l'épouse de son frère.

 

Sa douce Violetta.

 

Sa douce Violetta que son frère traitait comme une vulgaire Sang-de-Bourbe lorsqu'il l'assommait à coups de sortilèges. Sa douce Violetta qui craignait Cygnus et ce qu'il pourrait leur faire. Sa douce Violetta qui ne croyait plus à l'amour lorsqu'il avait compris quelle force et quelle grandeur elle couvait en elle, à supporter un mari pareil pour protéger ses enfants. Sa douce Violetta qu'il avait aussitôt aimée comme aucune autre avant elle vingt-cinq ans plus tôt.

 

Sa douce Violetta qui croyait si peu en l'amour dans le mariage qu'elle lui avait fait jeter un sortilège à Cygnus pour qu'il accepte de laisser Dorea se marier avec Potter et non avec Theophilius. Sa douce Violetta qui était persuadée que leur Dorea, leur cadeau de la magie, leur cadeau d'amour, serait protégée pour toujours de Cygnus et de la Magie Noire si elle épousait un Potter.

 

Comment avait-il pu faire fi de l'opinion de sa fille adorée qu'il ne pouvait pas appeler autrement que « ma petite » sans éveiller les soupçons ? Comment avait-il pu négliger ses sentiments au profit de l'opinion de l'amour de sa vie ?

 

Sa douce Violetta. Sa petite Dorea.

Note de fin de chapitre :

(J'attends toutes vos remarques avec impatience ! ! Bon courage pour le confinement et à très vite !)

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