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128ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


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De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


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De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Bats toi comme une fille par ECM

[2 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Coucouuu ! Bon, je n'ai pas trouvé les persos principaux dans la liste, donc je vous le dis ici, il s'agit d'Emmeline Vance & Mary MacDonald :)

 

 

« Qu'est-ce que tu regardes, Vance ? »

 

 

Le ton sec d'Agatha Timms sortit Emmeline de ses rêveries. Elle déglutit et réorganisa maladroitement ses parchemins devant elle. Les filles de Poufsouffle, quelques tables plus loin, se mirent à glousser en se chuchotant des choses à toute vitesse. Elle n'entendait rien, mais elle pouvait deviner ce qu'elles se disaient et cela la rendit malade.

 

Elle enfouit rapidement ses affaires dans son sac, renversant au passage son encrier sur sa jupe, et traversa la bibliothèque dans la précipitation, manquant de percuter Mary MacDonald qui y pénétrait tout juste avec Lily Evans. Son cœur manqua un battement. Elle bafouilla une excuse et fit un pas en arrière, incapable de la regarder dans ses jolis yeux bleus. Il y avait des jours où tout allait bien, et d'autres où elle aurait tout donné pour avoir une cape d'invisibilité.

 

 

« Tu veux une photo de moi pour accrocher au dessus de ton lit, Vance ?! reprit Agatha avant d'éclater de rire avec ses copines. »

 

 

Emmeline ne répondit pas, elle se hâta à l'extérieur de la grande pièce avec la ferme impression qu'un brasier venait de se réveiller en elle. Elle focalisa toute son attention sur les bruits qui l'entouraient. Timms et sa clique la suivaient parfois. Cette fois-ci, elle leur échappa.

 

Elle détestait avoir à fuir tout le temps. Elle se détestait elle-même de ne pas savoir les affronter. Elle se détestait aussi de s'être enfermée dans ses convictions, s'empêchant elle-même de déballer tout ce qui lui pesait sur le cœur à quelqu'un en qui elle avait confiance. Elle aurait bien eu besoin de se confier à une amie, là, maintenant.

 

Oh elle en avait. Elle s'entendait bien avec absolument toutes les filles de son dortoir et elle était éperdument amoureuse de MacDonald, mais elle s'était toujours refusée à leur parler de ce qui était, pour elle, un sujet qu'elle n'avait pas à aborder, un sujet sur lequel personne n'avait à s'expliquer ni à se justifier. Elle aimait les filles et elle n'avait jamais compris pourquoi la société insistait autant sur l'importance de « sortir du placard ».

 

Elle maudissait l'expression en elle-même. Elle n'avait pas l'impression de se cacher, on ne lui donnait simplement pas le choix. Si elle était dans ce placard, c'est qu'on l'y avait poussée. Pourquoi les gens ne partaient-ils pas tous du principe que chacun pouvait aimer qui il voulait sans avoir besoin de le préciser ou de le clamer au monde entier ? Personne ne demandait à un homme qui aimait une femme de préciser qu'il aimait les femmes. Personne ne demandait à une femme qui aimait un homme de préciser qu'elle aimait les hommes. Pourquoi n'avaient ils pas besoin de sortir du placard, eux ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas tous être enfermés dans la même fichue armoire ? Ou pourquoi ne pouvaient-ils pas tous vivre en dehors, libres, fiers, et bienveillants ?

 

Elle se rappelait d'une discussion qu'elle avait surprise entre Mary MacDonald et Peter Pettigrow un soir dans la Salle Commune quand cette dernière sortait encore avec Sirius Black l'année précédente. Le meilleur ami de Potter plaisantait sur le fait d'essayer quelque chose avec une autre fille, Mary avait répondu qu'elle n'était pas contre et Pettigrow lui avait posé cette stupide question.

 

 

« Tu aimes les filles ? »

 

 

Et MacDonald avait répondu « Pourquoi pas ? » avec un simple haussement d'épaules qui avait fait sourire Emmeline de là où elle se tenait malgré la remarque du maraudeur. Pourquoi avait-il ressenti le besoin de poser la question ? Avait-il seulement posé la même à Sirius Black quand il avait commencé à sortir avec MacDonald ? Oh, elle en doutait parce qu'évidemment, l'hétérosexualité coulait de source dans le monde dans lequel ils vivaient. Parfois, elle se demandait s'il y avait seulement une chose qu'elle pouvait accomplir pour faire en sorte que toutes les préférences sexuelles soient sur le même pied d'égalité.

 

Elle passait des heures dans son lit le soir, à fixer le plafond de la chambre qu'elle ne voyait même pas dans la pénombre, à imaginer un monde où elle n'aurait aucun compte à rendre à personne, où elle pourrait regarder qui elle voudrait sans craindre que quelqu'un ne la remarque, et où elle se sentirait enfin en sécurité.

 

Elle tourna dans l'angle d'un couloir et manqua de percuter James Potter et Sirius Black, toujours fourrés ensemble. Pettigrow et Lupin ne devaient pas être bien loin, mais elle ne les aperçut pas. Elle réajusta son sac sur ses épaules et s'apprêta à les contourner lorsque Potter l'arrêta.

 

 

« Tout va bien Vance ? l'interrogea t-il.

- Parfait, Potter, répondit-elle d'une voix égale.

- Sûre ? la questionna Sirius. Il paraît que Timms te rend la vie dure en ce moment. »

 

 

Elle faisait partie de l'équipe de Quidditch depuis deux ans maintenant et elle s'entendait bien avec les deux garçons. Ils ne se voyaient que rarement en dehors des entraînements, mais ils avaient les mêmes centres d'intérêts et elle avait toujours pensé qu'ils ne méritaient absolument pas la terrible réputation que les serpentards cherchaient toujours à leur coller au derrière. Sous leurs airs de mauvais garçons, ils étaient plus ouverts d'esprit que la moitié des élèves de ce château réunis.

 

 

« Ce n'est rien, lui dit-elle en leur adressant un sourire qui se voulait rassurant. »

 

 

Elle ne savait pas ce qu'elle avait bien pu faire ou dire pour qu'Agatha se rende compte de son attirance envers les filles, mais les faits étaient là, elle savait, et Emmeline aurait aimé s'en ficher. Elle aurait aimé être capable de se tenir devant elle et de lui dire « Oui, et alors ? » mais ce n'était simplement pas elle. Elle se refusait à démentir quoique ce soit mais elle détestait le fait même qu'on puisse attendre d'elle qu'elle parle de la parcelle la plus intime de son être.

 

 

« Tu es au courant que je peux faire en sorte de lui faire récurer les toilettes jusqu'à la fin de l'année, n'est-ce pas ? la questionna James en tapotant l'insigne de préfet en chef épinglé sur son pull gryffondor.

- Je tâcherai de m'en souvenir, lâcha t-elle un peu amusée en leur adressant un signe de la main. »

 

 

Elle s'éclipsa pour aller s'enfermer dans son dortoir avec la sensation d'avoir un cognard logé dans la gorge. Elle ne connaissait pas la teneur des rumeurs lancées par Agatha Timms, les autres élèves étaient-ils tous au courant maintenant ? Ou savaient-ils simplement qu'il y avait une guéguerre entre elles sans en connaître les détails ?

 

Elle soupira. Pour la première fois de sa vie, elle avait l'impression de ne pas se sentir assez forte pour survivre à la vague d'angoisse qui se dressait devant elle. Non, elle ne voulait pas faire tout un plat de son orientation sexuelle. Non, elle ne voulait pas l'annoncer en grande pompe comme une sorte d'aveu honteux qui nécessiterait une discussion officielle et solennelle, mais Merlin, elle avait soudainement besoin de s'assurer qu'elle n'était pas seule.

 

Elle s'assit sur son lit et observa le ciel gris par la fenêtre. Peut-être qu'elle pourrait en parler aux filles de son dortoir. Elle grimaça légèrement. Elle n'était pas certaine de la façon dont elles recevraient cette conversation. Il y avait une seule chose qu'elle redoutait : que leur comportement ne change, et elle pensait que ce serait probablement le cas au moins pour une ou deux d'entre elles.

 

Elle savait que les gestes d'affection seraient plus réfléchis, qu'elles se poseraient même de temps en temps la question « Est-ce que je l'attire ? ». Elle savait que quelque part, elles feraient plus attention à la façon dont elles se comportaient avec elle, peut-être même inconsciemment, et c'était la dernière chose qu'elle souhaitait.

 

Elle n'aimait pas toutes les filles, elle en aimait une en particulier, et le faire comprendre à tout le groupe d'hétérosexuelles avec qui elle partageait son dortoir lui paraissait particulièrement compliqué. Comment faire en sorte qu'elles ne se posent jamais de question sur leur amitié ? Elle n'en avait pas la moindre idée et cela la terrorisait. Elle voulait que rien ne change, mais elle avait besoin de quelqu'un à ses côtés.

 

Elle sursauta quand la porte du dortoir s'ouvrit à la volée et que Marlène McKinnon lui adressa un sourire radieux avant d'ouvrir un tiroir et de récupérer un gros livre de Métamorphose. Elle le cala contre sa poitrine puis se retourna vers son amie.

 

 

« Je vais réviser dans la salle commune avec Dorcas, tu veux venir ? lui proposa t-elle.

- Oh non merci, je ne me sens pas très bien, j'ai dû manger quelque chose qui n'est pas passé ce midi, s'excusa t-elle.

- Comme tu voudras. On risque d'y passer des heures de toutes façon, tu pourras nous rejoindre plus tard si tu te sens mieux. »

 

 

Emmeline acquiesça tout en songeant qu'elle ne se sentirait pas mieux. Elle aurait dû arrêter Marlène, elle aurait dû lui parler de ce qu'il se passait dans sa tête, elle aurait dû lui dire qu'elle avait besoin que quelqu'un reste avec elle juste un instant même si elle n'arrivait pas à prononcer les mots, mais elle ne fit rien, et Marlène s'en alla.

 

Elle rata le dîner ce soir là, elle le réalisa quand la porte du dortoir s'ouvrit de nouveau, la sortant de sa torpeur. Elle avait fixé le ciel au dehors pendant si longtemps qu'il faisait nuit et qu'elle ne s'en était même pas aperçue.

 

 

« … Tout ce que je te dis, Mary, c'est que je ne crois pas qu'il serait raisonnable pour moi de sortir avec lui maintenant. »

 

 

La voix de Lily Evans parvint à ses oreilles alors qu'elle pénétrait dans la pièce devant MacDonald qui lâcha un rire tonitruant avant de lui répondre.

 

 

« Oh, alors ce n'est pas parce que tu ne l'aimes pas ?

- Je ne dis pas que je ne l'aime pas, je ne dis pas que je l'aime non plus, je dis juste que c'est James Potter, soupira Lily avant de sursauter en constatant la présence d'Emmeline et de devenir rouge comme un souafle.

- Je ne répéterai rien, promis, s'empressa t-elle de déclarer en levant sa main droite en guise d'assurance.

- De toutes façons, ce n'est pas comme si absolument tout le monde ne l'avait pas déjà remarqué, se moqua gentiment Mary. »

 

 

Emmeline se demanda si toute l'école avait aussi remarqué la façon dont elle la regardait. Elle déglutit et baissa les yeux vers sa couverture en laine avec laquelle ses doigts jouaient nerveusement.

 

 

« Tout va bien, Vance ? l'interrogea Lily en lui jetant un regard perçant.

- C'est marrant, il m'a posé l'exacte même question. A croire que vous êtes vraiment faits l'un pour l'autre, répondit-elle avec un sourire espiègle. »

 

 

Elle se demanda un instant si Evans allait commencer à prendre feu spontanément car elle n'avait jamais vu quelqu'un d'aussi rouge de sa vie. Pourtant, quand Mary frappa dans ses mains en lâchant le rire le plus adorable qu'elle ait entendu, elle comprit instantanément ce que ressentait Lily.

 

 

« Ça ne nous dit pas comment tu te sens, bougonna Lily en posant méticuleusement son sac près de son propre lit. Tu es partie précipitamment de la bibliothèque cet après-midi et tu n'étais pas dans la grande salle ce soir. »

 

 

Lily Evans était une fille très gentille, mais à ce moment précis, elle la détesta presque d'avoir un tel sens de l'observation. Elle s'apprêtait à lui servir le même mensonge qu'à McKinnon, mais elle se ravisa soudainement et son regard jongla entre les deux jeunes femmes. Elle était amoureuse de MacDonald pour bien des raisons, et notamment parce qu'elle l'admirait pour la façon qu'elle avait d'assumer avec force toutes ses convictions. Quant à Lily, elle n'était pas préfète en chef pour rien. Elle était digne de confiance et bienveillante. Peut-être que c'était sa chance. Peut-être qu'elle venait de trouver un moyen de reprendre son souffle.

 

 

« Pas vraiment bien, répondit-elle alors. Il y a quelque chose dont j'aimerais vous parler... »

 

 

Elle pivota légèrement pour s'asseoir en tailleur et ses yeux passèrent de Lily à Mary avant de revenir se visser sur la couverture rouge qui glissait entre ses doigts.

 

 

« Enfin, pour être franche, je n'avais pas vraiment envie d'en parler, mais...

- Ne t'inquiètes pas Emmeline, Mary adore faire parler les gens sur des sujets qu'ils ne veulent pas aborder de toutes façons, intervint Lily avec un coup d'oeil mauvais vers sa meilleure amie qui leva les yeux au ciel. »

 

 

 

Cela eut le mérite de faire sourire Emmeline. Elle prit une profonde inspiration, peu sûre de ce qu'elle allait dire, de ce qu'elle voulait ou ne voulait pas dire, et alors qu'elle commençait à avoir l'impression que son lit se dérobait sous elle, elle se mit à pleurer. Elle ne s'y attendait pas vraiment. Ses larmes l'avaient prises par surprise. Tout était devenu trop oppressant, trop compliqué, insurmontable, et la vague s'était éclatée contre elle avec une violence inouïe.

 

Aussitôt, elle avait entendu un « Oh, Emmeline ! » sortir de la bouche de Lily, et puis elle avait sentit son lit s'affaisser, et quatre mains s'étaient posées sur ses épaules, sur ses bras, sur ses genoux, et elle s'était laissée étreindre par ses deux camarades jusqu'à ce qu'elle se sente capable de prononcer un mot sans avoir de nouveau la sensation de s'effondrer totalement.

 

 

« Est-ce que vous avez entendu ce qu'Agatha Timms m'a dit tout à l'heure ? leur demanda t-elle en essuyant les dernières larmes qui perlaient au coin de ses yeux.

- Non, mais pour ma défense, je crois que mes oreilles filtrent les âneries de Timms pour qu'elles ne me parviennent jamais, lui répondit Mary. »

 

 

Lily, elle, secoua simplement la tête, la main toujours sur son épaule qu'elle serrait légèrement comme pour lui montrer qu'elle ne la laisserait pas dans un tel état sans au moins essayer de l'aider. Jusque là, c'était rassurant.

 

 

« Je crois qu'elle sait, pour moi, reprit-elle la voix légèrement tremblante.

- Qu'elle sait ? répéta Lily, perplexe. Qu'elle sait quoi ?

- Que j'aime les filles, lâcha Emmeline au prix d'un effort colossal.

- Oh Merlin merci ! s'exclama Mary MacDonald avant d'ajouter précipitamment : Je croyais que tu allais m'annoncer que tu en pinçais pour James Potter toi aussi.

- Je n'ai pas dit que j'en pinçais pour lui ! protesta aussitôt Lily en lui jetant un regard courroucé. »

 

 

Sa main était restée sur son épaule et l'autre dégagea tendrement les quelques mèches brunes qui étaient collées à ses joues à cause du torrent de larmes qui s'y était écoulé un peu plus tôt. Emmeline se sentit soudainement profondément ridicule d'avoir eu si peur de se confier à elles. Visiblement, elles ne comptaient pas changer d'attitude pour autant.

 

 

« Est-ce qu'elle t'a fait des remarques là dessus ? l'interrogea Mary qui était toujours assise sur son lit avec elle et Lily,  qui s'était appuyée contre la tête de lit un peu plus loin. »

 

 

Quand Emmeline osa lever les yeux vers elle, elle constata que son visage était totalement fermé. C'était le cas à chaque fois qu'elle était en colère, et elle s'en voulut instantanément d'avoir effacé son sourire. Elle haussa les épaules pour toute réponse, soucieuse de ne pas en rajouter, et cette fois, ce fut Lily qui parla.

 

 

« Tu sais que je peux lui faire nettoyer les toilettes jusqu'en juin, n'est-ce pas ?

- Oh Merlin, souffla Emmeline en laissant échapper un rire.

- Quoi ?

- Rien, c'est juste que James Potter m'a aussi dit la même chose tout à l'heure. »

 

 

MacDonald explosa à son tour avant de transformer son hilarité en toux quand le visage de Lily se renfrogna, et puis elles échangèrent un regard complice et Emmeline savoura un instant cette sensation de partager enfin quelque chose de plus avec elle. Elle sentait qu'un fou rire violent menaçait de les prendre au corps, mais Evans était si gentille, Emmeline ne voulait pas lui faire ça alors qu'elle avait passé son bras autour de ses épaules et avait essuyé ses larmes.

 

 

« Oh parfait, puisque c'est comme ça, je vais vous laisser parler toutes les deux ! s'exclama la préfète en se levant du lit, feignant clairement être contrariée.

- C'est ça Evans, encore une belle excuse pour aller te vautrer contre Potter dans le canapé de la salle commune, lui renvoya Mary alors que Lily se dirigeait vers la porte.

- Je vais juste prétendre que tu ne comprends pas à quel point je te rends service, répondit-elle en actionnant la poignée.

- Lily ? l'appela Emmeline. Merci pour...

- Ne me dis pas merci, Vance, la coupa t-elle. Que nous resterait-il si l'on ne se soutenait pas, entre filles ? »

 

 

Emmeline lui lança un sourire et hocha doucement la tête avant que Lily ne disparaisse derrière la porte, la laissant seule avec Mary. Elle sentit son cœur commencer à s'emballer, et sa camarade de classe la regardait d'une drôle de façon. Elle avait ramené ses genoux contre sa poitrine et elle entortillait pensivement une mèche de ses cheveux bruns autour de son index.

 

 

« Est-ce que ça va mieux maintenant ?

- Je n'en sais rien, répondit Emmeline en esquissant un demi sourire. J'aurais préféré ne pas avoir à le dire.

- Pourquoi ? s'étonna Mary.

- Parce que je pense que l'univers entier devrait partir du principe qu'on a tous le choix dans la vie, que nous ne sommes pas prédestinés à n'aimer qu'un seul type de gens, de cette façon personne ne se sentirait mal à l'aise et obligé d'expliquer vers quel genre se porte sa préférence.

- Tu n'es pas obligée d'expliquer quoi que ce soit à quiconque.

- Je sais que je ne le suis pas. J'ai juste l'impression de l'être, et c'est déjà trop. »

 

 

Mary acquiesça d'un air songeur et le regard d'Emmeline tomba sur ses lèvres un peu contre sa volonté. Si elle avait été au bout des choses, elle lui aurait avoué qu'il y avait une raison bien précise pour laquelle elle s'asseyait toujours derrière elle en cours. C'était le seul moment où elle pouvait la regarder sans craindre qu'elle ne la surprenne.

 

 

« Moi qui pensais que j'allais devoir m'interposer entre Lily et toi pendant que vous vous battiez pour Potter... reprit Mary avec un sourire en coin.

- Aucun risque.

- Tant mieux. J'aurais détesté ça. »

 

 

Emmeline leva des yeux curieux sur elle et ils trouvèrent instantanément les siens. Elle se sentit un peu fiévreuse sur le coup. Il n'y avait qu'avec Mary qu'elle perdait tous ses moyens. Aucune autre personne sur cette terre n'avait provoqué chez elle ces drôles de sensations qui la prenaient au corps. Elle ne se sentait jamais plus désespérée que quand elle la regardait en se martelant que ça n'arriverait jamais. Pourtant, ce soir là, pour la première fois, elle se laissa croire qu'elle s'était peut-être trompée. On ne regardait pas quelqu'un de cette façon sans avoir des papillons dans le ventre.

 

 

« Est-ce que je peux te poser une question ? lui demanda t-elle en rassemblant le peu de courage qu'il lui restait encore.

- J'imagine que je sais ce que tu vas demander, mais vas-y, dit Mary sur un ton égal.

- Est-ce que tu... Est-ce qu'il se passe quelque chose entre nous, là ? Ou est-ce que je me trompe complètement ? Merlin, je suis vraiment désolée si je suis à côté de la plaque, c'est juste que... »

 

 

Elle s'interrompit parce que Mary se mit à rire une nouvelle fois et rejeta ses beaux cheveux bruns en arrière, et elle se sentit totalement perdue pendant l'espace d'un instant beaucoup trop long à son goût. Puis, sa camarade de chambre bascula sur ses genoux et s'approcha d'elle, ses yeux toujours solidement fixés aux siens.

 

 

« Regarde-toi, Vance. Tu viens juste de nous annoncer que tu aimes les filles et tu en as déjà une dans ton lit, plaisanta t-elle. Ce serait beaucoup trop facile s'il se passait quelque chose avec la première qui te passe sous la main, non ? »

 

 

Emmeline eut l'impression que son cœur venait de lui tomber au fond de l'estomac. Elle prit une profonde inspiration mais c'était comme voler en plein hiver, quand le vent lui fouettait tant le visage qu'elle parvenait à peine à prendre une bouffée d'air.

 

 

« Ce n'est pas ce que je voulais dire, articula t-elle avec difficulté. Tu n'es pas la première fille qui me passe sous la main.

- Alors il y en a eu d'autres ? l'interrogea Mary avec toujours le même sourire, mais cette fois, elle lui frôla le visage en dégageant doucement une mèche de cheveux de devant ses yeux.

- Non, s'empressa t-elle de répondre. Je suis désolée je... »

 

 

Elle perdit ses mots au fond de sa gorge et elle se maudit intérieurement de ne pas être capable d'aligner deux phrases cohérentes quand Mary était si près d'elle et quand elle la regardait de cette façon. Elle était belle et elle s'en voulait presque de s'imaginer qu'il était possible qu'elle s'intéresse à elle.

 

 

« Tu... ? l'encouragea t-elle.

- Je t'ai toujours mis sur une espèce de piédestal, admit-elle avec une audace toute nouvelle.

- Moi ? fit Mary sur un ton qui trahissait largement sa surprise.

- Évidemment. Tu es gentille, drôle, tu as toujours le courage d'assumer ce que tu dis et ce que tu fais, tu es forte et indépendante, et...

- Je crois que j'ai saisi, Vance, la coupa t-elle, son sourire s'était élargi. »

 

 

Elle ne savait pas à quel moment elle s'était autant rapprochée d'elle, mais son visage était seulement à quelques centimètres du sien et elle était à la fois terrifiée et excitée par ce qu'il se passa quand elle pencha sa tête presque imperceptiblement et que ses lèvres se retrouvèrent sur les siennes.

 

Une seconde plus tard, la main de Mary était sur sa nuque et son baiser était plus assuré. Les craintes étaient toujours là et Emmeline doutait qu'elles partent un jour mais à ce moment précis, un tambour bruyant tapait dans sa poitrine et il couvrait momentanément les plus infimes de ses peurs. Peut-être qu'elle avait eu tort de croire que le monde entier partirait en ruines autour d'elle, car rien ne semblait plus prodigieux que ce moment précis.

 

Elle savait que sa détresse ne s'envolerait pas du jour au lendemain, elle était bien consciente qu'elle devrait toujours affronter le regard d'Agatha Timms et d'autres pendant le reste de leur dernière année à Poudlard mais maintenant, elle était au moins sûre qu'elle aurait des alliées à ses côtés. Cela ne faisait pas tout, cela n'effaçait pas la peur en elle-même, mais elle savait au moins qu'avec Lily et Mary, elle pouvait respirer. Elle avait trouvé un havre de paix et quelque part, elle avait aussi l'impression d'avoir gagné son premier combat.

Note de fin de chapitre :

Heyyy ! Wouhou vous avez lu cet OS jusqu'au bout ! Mercii. 

Et oui, je sais, je suis encore sortie du Jily (quoi que j'en ai lâché des morceaux par ci par là parce que je ne peux pas m'en empêcher) mais je crois que je trouve ça vraiment drôle de faire autre chose, même si je suis toujours (super) (hyper) stressée quand je publie.

Enfin bref, voilà le p'tit dernier OS de la famille avant le prochain. Je vous avoue que je sais pas encore sur qui je vais me lancer, ce sera la surprise. (J'espère qu'elle sera bonne)

Merci encore à ceux qui lisent absolument tout ce que je fais (je vous vois et je vous aime :) ) et aussi à ceux qui me découvrent, j'espère que je ne vous décevrai jamais. Sinon j'en mourrai (j'ai des tendances à l'éxagération)

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