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News

Journées reviews du 3, 4, 5 décembre 2021


Lire, écrire…

PAPA-NOËL : Oh oh oh ! Viens aider les lutins lors de la Journée Reviews de décembre !
MAMAN-NOËL : Elle se déroulera du vendredi 3 au dimanche 5 décembre !
LUTINS : Alors viens nous rejoindre en t'inscrivant ici !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.




De le 24/11/2021 10:54


117ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 117e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 20 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De Équipe des Nuits le 11/11/2021 14:44


Sélections du mois


Félicitations à Taka, Catie et popobo qui remportent l'enchanteresse Sélection Lieux Magiques !

Pour janvier 2022, c'est le thème de Créatures Magiques qui vous arrachera peut-être quelques frissons d'horreur... ou quelques soupirs de Boursoufflets attendris ! Vous pourrez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de novembre, pleurez, criez, lamentez-vous ou peut-être, guérissez en faisant votre Deuil. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Et on se retrouve en décembre pour la Sélection de Noël qui sera tout à fait spéciale (comme l'année dernière en fait) !


De Equipe des Podiums le 08/11/2021 12:08


26ème édition des Nuits Insolites HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 26e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 6 novembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 30/10/2021 19:21


Inscrivez-vous aux Journées Reviews !


Lire, écrire…

La Journée Reviews d’octobre se déroulera du vendredi 22 au dimanche 24 octobre. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.



De Les JR le 19/10/2021 20:31


Semaine d'adaptation ludique


La SAL revient !

Que vous ayez envie de découvrir le forum et ses sites, de braver des défis en équipes, ou de partager votre savoir de fossile de l'asso, vos pokeballs et vous pouvez vous inscrire dès à présent dans le vestibule !


De La SAL le 18/10/2021 14:50


Les Quatre Filles d'Arcturus Black par Juliette54

[18 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +

 

La deuxième s’appelait Cedrella. C’était indubitablement sa fille aussi, la deuxième qu’il avait eue avec Lysandra. Ce n’était pas une enfant d’amour, mais une enfant du désir. Il n’aimait plus Lysandra quand il lui faisait l’amour lorsque Cedrella vint au monde. Il assouvissait ses désirs d’homme primaire, et les désirs primaires de sa femme. Il essayait peut-être aussi d’avoir un fils, mais ceci venait en second lieu. Il n’était pas l’aîné, il n’avait pas besoin de donner un héritier mâle à la Maison des Black, Sirius s’en était très bien chargé. Et puis, il s’en fichait plus ou moins.

Cedrella était une enfant du désir et du plaisir et en grandissant, Arcturus crut la voir incarner ce désir. Là où Callidora était belle, Cedrella était sensuelle. Elle ne le savait pas, elle était bien trop enfantine pour cela, et Arcturus aurait été le dernier à vouloir la mettre au courant. Mais il sut dès ses dix ans que cette enfant lui causerait des soucis, qu’elle serait celle qui lui causerait le plus de soucis. Elle était bien trop intelligente pour son propre bien, et bien trop terre à terre pour rentrer dans le moule. Elle lui faisait penser aux danseuses françaises qu’il avait un moment fréquentées avec une élégance bien plus altière.

Le premier problème avec Cedrella résida dans le fait que Lysandra l’énervait de plus en plus. Le seul moment où il avait l’impression d’avoir la paix, c’était lorsqu’il la prenait au lit et qu’elle ne faisait plus que soupirer. Mais elle se comprit enceinte, et elle ne voulut plus de ces interludes où ils déchargeaient leur agacement l’un envers l’autre et la tension monta, de plus en plus. Il ne criait jamais, après personne…sauf après Lysandra. Il lui hurlait des horreurs au visage parce qu’il ne supportait plus d’entendre ses reproches. Il la gifla plusieurs fois lorsqu’il fut à cran. Et Cedrella était dans son ventre, et elle devait tout entendre. Le tout début de sa vie avait été le bercement par les cris de ses parents, des cris de haine d’être l’un coincé dans un mariage qu’il ne supportait plus, l’autre mariée à un homme qu’elle ne pouvait contrôler et qu’elle ne pouvait comprendre.

Il sauva l’enfance de sa fille sans le savoir à l’époque, grâce à une femme, qui comme lui, était malheureuse dans son mariage.

Il sauva son mariage en crachant sur celui de son frère.

Il tomba amoureux, vraiment amoureux, pour la première fois, à trente-deux ans, en un clin d’œil, d’une personne qu’il croyait connaître depuis dix ans.

Il avait entendu ses cris et ses pleurs vibrer dans toute la maison. Il n’avait jamais senti tant de désespoir dans la voix de quelqu’un. Il était sorti dans la cage d’escalier avait suivi les bruits de pas agacés. Cygnus quittait sa chambre conjugale, le visage rouge de colère. Il avait toujours trouvé bizarre que Cygnus se soit intéressé à Violetta Bulstrode. Elle n’avait rien à voir avec Tiffany Travers, la sorcière dont Cygnus était épris dans leurs années à Poudlard. Tiffany avait une prestance incroyable, une diction hors du commun et elle était brillante. Violetta… avait du charme certes, une maladresse amusante et attendrissante, mais rien de très… spirituel.

Et pourtant, lorsqu’il s’approcha de la porte de la chambre de son frère et sa belle-sœur, lorsqu’il entendit des sanglots qui ressemblaient plus à des convulsions, il ne comprit plus. Certes, Violetta ne regardait pas Cygnus avec adoration, mais elle semblait très satisfaite dans son mariage.

« Je veux mourir, entendit-il distinctement quand il la découvrit gisante au pied du lit. »

L’instant de stupeur passée, il la rattrapa à la volée. Perdu, il chercha quoi faire d’elle. Il l’appela, plusieurs fois, de plus en plus paniqué. Merlin, que se passait-il ? Qu’avait-elle fait pour mettre Cygnus dans une telle colère ? Que lui avait fait Cygnus ? Et si son frère le découvrait ici, dans sa chambre avec son épouse…

Il la porta maladroitement jusqu’au lit, rabattit les couvertures sur elle, et s’énerva à coups d’Enervatum sur le corps sanglotant de sa belle-sœur. Elle ne se réveillait pas ! Que lui avait fait Cygnus, Bouse de Dragon ?! Il s’assit au bord du lit pour reprendre son souffle et puiser dans ses dernières forces magiques pour jeter une ultime fois le sortilège. Il irait chercher Hesper si… Elle papillonna enfin des yeux.

« Par le caleçon de Salazar ! s’exclama-t-il sans pouvoir se retenir. »

Il soupira de soulagement et s’apprêta à l’assaillir de questions avant d’entendre son souffle se faire irrégulier et de voir ses yeux se gonfler de larmes. L’image lui déchira le cœur. Qu’avait fait Cygnus pour…

-Eh, Violetta... commença-t-il en posant une main secourable sur son épaule. »

Ses lèvres ne firent que trembler sous son regard attentif une poignée de secondes avant qu’elle n’explose en sanglots, d’abord avec le dos de sa main sur la bouche comme pour se contenir encore un peu, puis le visage dans les main comme si elle était vaincue, humiliée et complètement dépassée. Lysandra ne pleurait pas, elle criait et tempêtait jusqu’au moment où il réglait la tension malsaine entre eux au lit, ou bien lorsqu’il la giflait assez fort pour la faire taire pour la soirée. Là, devant tant de fragilité, il resta pantois, ému et touché.

« Violetta, regarde-moi, s’il te plaît, demanda-t-il doucement en tirant sur une de ses mains. »

Elle lui obéit presque aussitôt tout en gardant le regard sur ses mains, dans une attitude pleine de soumission qui lui tordit l’estomac. Lysandra l’insupportait à toujours la ramener, mais qu’elle soit silencieuse et soumise l’aurait sans doute encore plus fait hurler. Il posa sa main sur sa joue de femme, puis sous son menton et lui releva doucement la tête avec une précaution infinie. Que lui avait dit Cygnus… Que lui avait-il fait ?...

Elle gardait les yeux baissés et il ne voyait pas ses iris verts chercher les siens, bien plus gris. Elle semblait complètement pétrifiée et vidée de vie.

« Violetta, dis-moi ce qu’il s’est passé, s’il te plaît, demanda-t-il en réussissant enfin à attraper son regard. »

Il doutait que ce soit pour une histoire de chiffons ou même une histoire de maîtresse (il imaginait très mal Cygnus chercher de l’amour dans les bras de qui que ce soit) pour que Violetta en soit venue à rester inconsciente plus de dix minutes. Et il voyait qu’elle voulait parler. Pourtant elle gardait le silence pour le détailler comme si c’était la première fois qu’elle le voyait. Les larmes avaient tracé un sillon sec et misérable sur ses joues encore rondes, et sa lèvre était fendue, comme si quelqu’un la lui avait dévorée. Ses cheveux bruns et désordonnés étaient éparpillés autour d’elle comme s’ils essayaient de former une couronne sur sa tête. Il y avait une telle faiblesse dans son visage et dans ses mains agrippées aux draps du lit qu’Arcturus sentit son cœur devenir moue et battant.

Il se racla la gorge pour reprendre contact avec la réalité.

« Tu as souhaité mourir... dit-il avec hésitation. »

Les traits de son visage furent ravagés par les larmes la seconde d’après. Salazar, mais qu’avait fait Cygnus, par Morgane ! A moins qu’elle soit dépressive ou… oui, mais Cygnus n’aurait pas été en colère, il… Elle lui apparut comme un vase de cristal trop plein et qui commence à se fissurer sous les poids des larmes d’eau salée. Il s’en trouva complètement fébrile et déstabilisé.

« Non ! Ne pleure pas, la supplia-t-il presque. »

Et spontanément, il la tira dans ses bras pour lui apporter un ridicule soutien. Elle se raccrocha à lui, au col de sa robe, puis à ses épaules pour pleurer et pleurer encore. Elle tremblait de partout, sa respiration s’emballait et s’arrêtait la seconde d’après pendant qu’il lui soufflait des « chut » qu’il espérait réconfortants et qu’il lui caressait les cheveux avec douceur. Bordel, mais qu’avait foutu Cygnus ?

« C’est Cygnus, bredouilla-t-elle enfin. »

Qu’avait-il fait ?

« Mon frère ? demanda-t-il à mi-voix.

- Oui. »

Elle ne le lâchait plus, et il se voyait mal la repousser à présent. Et pourtant, la position était loin d’être habituelle pour lui. Il ne se souvenait pas avoir réconforté une femme par le passé. Et il ne se souvenait pas avoir tenu une femme dans ses bras autre que Lysandra depuis deux ans.

« Et qu’a-t-il fait ? demanda-t-il encore moins fort.

- Il... Je...

- Explique-moi tout calmement, reprit-il en la sentant paniquer à nouveau. »

Il la sentit inspirer et expirer lentement et profondément avant de le repousser et de tenir ses doigts entre eux devant elle. Sa fébrilité était si évidente, entre ses coups d’œil autour d’elle et vers la porte, qu’il ne fut même pas étonné de sa première requête.

« Tout restera ici, n’est-ce pas ? »

Il se contenta d’acquiescer, de plus en plus intrigué.

« Je suis enceinte... »

Quoi ? Mais où était le problème alors ? Cygnus ne voulait pas d’autres enfants ?

« ... de cinq mois, poursuivit-elle.

- Mais...

- Je le sais depuis quelques temps.

- Pourquoi ne lui as-tu pas dit, dans ce cas ? demanda-t-il, prêt à la féliciter puisque Cygnus semblait agacé de cet état de fait. »

Il ne comprit plus rien lorsqu’il la vit pleurer à nouveau.

« Il... Il m’a lancé ce sortilège à chaque fois. Il fait si mal ! J’ai l’impression qu’on tente de m’arracher mon bébé ! Je ne voulais pas qu’il recommence !

- Calme-toi ! dit-il précipitamment tout à fait confus. Un sortilège qui fait affreusement mal, d’accord. Mais pourquoi fait-il ceci ?

- Ce sortilège permet d’avoir un fils, lui expliqua rapidement Violetta, en baissant les yeux.

- Mais... bredouilla-t-il, pris au dépourvu. Cassiopeia...

- Il y a une marge d’erreur de 1/7, selon le livre que j’ai lu.

- Il sait que ce sortilège te fait souffrir ? préféra-t-il demander. »

Violetta éclata d’un rire sans joie, très loin de ceux qui ressemblaient aux gloussements qu’elle produisait habituellement.

« Bien sûr qu’il le sait ! Il semblerait qu’il y prenne plaisir ! »

Alors son frère… Son frère battait sa femme à coups de sortilèges ? Il sortait une arme contre sa femme ? Arcturus n’était pas fier de perdre patience et de gifler Lysandra quand elle lui cassait le chaudron, mais il n’aurait jamais levé sa baguette contre elle ! Une gifle sonnait un peu, d’accord, mais il ne le faisait pas pour lui faire mal ! Il le faisait pour avoir la paix !... Valait-il mieux qu’il utilise un sortilège de Mutisme finalement ? Ou un Assurdiato pour lui-même ? Et dire… et dire…

« Et moi qui pensais qu’il t’avait épousée sous l’emprise d’un philtre d’amour... avoua-t-il en ressentant la honte pour la première fois de sa vie.

- Je suis si laide que cela ? demanda-t-elle avec une offuscation teintée de dégoût.

- Non ! Tu es très belle ! Regarde tes cheveux

Noirs de jais, brillants et toujours en mouvement !

Ou bien tes yeux, verts, tels les bourgeons au printemps,

C’est comme un millier de bougies : lumineux ! »

Il voulait peindre ces yeux-là, ces lèvres-là et son visage si rond et adorable à la fois. Il voulait… Oh non, il ne pouvait pas… C’était la femme de son frère… C’était une femme… pleine de charme… et dans la détresse et… Non, il venait de faire des alexandrins, rimes embrassées, spontanément, comme lorsqu’il était jeune et amoureux trois fois par jour, comme lorsqu’il avait épousé Lysandra, comme lorsqu’il se sentait vivant !

« Merci, souffla-t-elle, la voix encore plus faible. »

Elle ne s’offusquait pas ?... Elle… Elle se rapprochait de lui ? de ses bras ?

« De rien, dit-il sans y croire. »

C’était comme ces fois-là, où il avait fini un portrait et où les remerciements dérapaient et qu’il finissait par aider la femme face à lui à délacer sa robe. C’était…

C’était bon de découvrir une bouche hésitante contre la sienne, une bouche maladroite et qui s’offrait à lui.

Il redécouvrit l’intimité avec de la tendresse. Il découvrit l’amour avec Violetta, sans s’en rendre compte d’abord, puis avec une force qu’il ne pensait pas possible. Il voulait être aimé de cette femme. Il voulait qu’elle vienne à lui, elle et tout son courage, sa grandeur d’âme. Elle restait aux côtés de Cygnus, sans se plaindre simplement pour protéger ses enfants de la violence de leur père. Elle supportait la baguette de son mari pour voir grandir ses enfants et qu’il ne lève pas sa baguette sur eux. Car c’était sa plus grande hantise, que Cygnus s’en prenne à leurs enfants. Elle préférait le laisser disposer d’elle que de voir ses enfants tomber sous la baguette de Cygnus. Et lui… lui, il aurait voulu l’épouser et dire à tout le monde qu’elle l’aimait, lui, un homme égoïste et plus préoccupé par sa tranquillité qu’autre chose. Pour la première fois, il voulait se glorifier d’être à la hauteur de la confiance qu’on lui accordait.

Elle accoucha le même jour que Lysandra d’un garçon qu’elle prénomma Marius. Lorsqu’il prit Cedrella dans ses bras, il connut le même sentiment d’amour que lorsqu’il avait porté Callidora. Il machina : il indiqua à Lysandra que Violetta serait la marraine de leur fille, car il serait le parrain du fils de son frère. Elle râla, mais il tint bon, et ceci permit sûrement à Violetta d’apprécier l’enfant qu’il avait eue avec Lysandra.

Cedrella resta son enfant d’amour longtemps. Longtemps, même, elle ressembla tant à Marius qu’il s’imaginait, dans ses rêves, que Marius et Cedrella étaient jumeaux, et qu’ils étaient les enfants de Violetta et les siens. Longtemps, les deux enfants jouèrent ensemble, s’aimèrent et firent de la magie ensemble… Enfin, c’est ce qu’il crut, que tout le monde crut… jusqu’au jour où le hibou de Poudlard arriva… et que Cedrella perdit son presque-frère. Quelque chose se brisa dans sa deuxième fille ce jour-là. Elle n’avait plus son frère de cœur, son cousin, son… Cracmol. Violetta passa sous la baguette de Cygnus. Arcturus crut devenir fou devant tant d’impuissance. Puis plus rien. On n’entendit plus parler de Marius… Violetta l’avait mis en sureté, apparemment… chez Phineus, son non-frère… Enfin, c’est ce qu’il comprit à travers ce que Violetta lui en dit, malgré le sortilège de Fidelitas.

Et Cedrella… continua à lui parler de Marius, à lui et Violetta, jusqu’à son premier retour de Poudlard. Il perdit aussi sa fille cette année-là. Elle ne parla presque plus. Elle resta sage et travailleuse, sensuelle et provocante, mais blessée et fissurée. Il ne le comprit pas immédiatement. Marius avait dû partir, Violetta le savait aussi puisqu’elle l’avait elle-même emmené loin d’ici sans chercher à discuter avec quiconque. Il avait pensé que Cedrella avait compris elle aussi, que Marius n’était pas à sa place chez les Black au 12, Square Grimmaurd, comme Phineus et quelques autres. Il ne comprit que trop tard que ce silence était du mépris, et qu’elle n’avait jamais oublié Marius. Il ne le comprit même pas lorsqu’il commença à entendre des rumeurs selon lesquelles elle aurait été vue en compagnie d’un Weasley à Pré-au-Lard.

Il la convoqua dans son bureau, comme il l’avait fait avec Callidora, pour lui demander des explications. Cedrella était intelligente, elle ne pouvait pas avoir approché un Weasley Traitre au sang Sorcier, c’était absurde. Qu’elle le prenne pour amant, passait encore, mais ces rumeurs de fiançailles commençaient à l’agacer et à le mettre en fâcheuse position vis-à-vis de ses frères et de leur famille.

Cedrella n’avait pas les seize ans de Callidora. Elle en avait déjà vingt, et elle n’était pas impressionnée ou gênée pour une Noise. Elle ne baissait pas le regard et gardait cette sensualité exceptionnelle dans son menton relevé et ses lèvres rouges sang. Ses longs cheveux noirs qui faisaient d’elle la plus Black d’entre ses sœurs étaient ramenées dans un chignon savamment tressé sur sa tête. Sa robe tombait impeccablement, et ses gestes étaient assurés.

Elle ne s’assit pas lorsqu’il le lui indiqua, et Arcturus sentit quelque chose se casser et lui échapper dans son cœur.

« Tu sais pourquoi tu es là, n’est-ce pas ? demanda-t-il. »

Il n’était pas inquiet comme avec Callidora six ans plus tôt. Il était agacé et presque effrayé en la voyant sourire avec mépris.

« Je crois, dit-elle lentement sans baisser les yeux, avec toute la provocation qu’elle pouvait montrer.

-Dis-moi que ces rumeurs de fiançailles ne sont pas vraies, s’entendit-il la supplier.

-Des rumeurs ? Tu penses que la Gazette colporte des rumeurs sur la page des annonces ? continua-t-elle sans cacher son mépris.

-Cedrella, descends de tes grands hippogriffes, veux-tu, et explique-toi rapidement, s’impatienta-t-il en venant la saisir par l’épaule. »

Elle se dégagea d’un coup sec, grimaça et haussa les épaules avec une insolence qu’il avait autrefois trouvée digne de la Maison des Black.

« Il m’aime, je l’aime, je vais l’épouser, point à la ligne, dit-t-elle sans perdre sa grimace méprisante qui mit Arcturus hors de lui.

-Bon sang, Cedrella, tu t’entends ? Tu as vingt ans, tu…

-J’ai déjà été intime avec lui, avant que tu me le demandes, le coupa-t-elle avec moquerie. J’ai même était très intime avec lui, déshonorée, je crois que tu vas dire. »

Elle le provoquait. Elle avait toujours été dans la provocation déjà enfant, puis tout avait disparu à son premier retour de Poudlard, et il avait l’impression atroce d’avoir à nouveau sa fille, la vraie, devant lui. Il avait l’impression affreuse qu’elle était devenue folle de douleur quand Marius était parti, qu’il ne l’avait pas compris, pas assez écoutée, et qu’aujourd’hui il était trop tard, elle était…

« Ce n’est pas l’important ! explosa-t-il. Le mariage est une union publique ! Ce n’est pas une amourette, une relation ou… Garde-le comme amant si ça te chante, ça m’est complètement égal ! Mais ne te marie pas avec quelqu’un comme lui ! »

Il avait voulu lui attraper le poignet, mais elle avait explosé de rire en se laissant tomber dans le fauteuil. Elle était devenue folle, et il ne l’avait pas vu. Elle, une Black, avec toute l’éducation qu’il lui avait offerte, avec…

« Tu me dégoûtes, dit-elle avec un mépris encore plus évident tant il tiraillait ses traits. Je te dis que je l’aime et qu’il m’aime, et toi, tu me dis de le prendre comme amant ? C’est déjà fait depuis longtemps, rassure-toi. J’aimerais qu’il soit plus que mon amant, j’aimerais qu’il soit le père de mes enfants et mon époux pour la vie. Je veux le rendre heureux.

-Le rendre heureux ? se moqua-t-il à son tour en perdant les rênes. Tu crois que l’amour rend heureux ?

-Que tu es hypocrite, reprit-elle en explosant d’un rire faux. Tu es tordu, Papa. Tu es un putain de tordu. Ta vie entière repose sur des mensonges. La seule femme qui te rend heureux est la femme de ton frère, tu te rends compte ?

-D’où…

-Vous n’étiez pas discrets devant moi quand j’étais petite, cracha-t-elle. »

Elle posa un de ses pieds chaussés de bottes à talon haut sur le bord du bureau pour reculer le fauteuil sur lequel elle était assise d’un mouvement impertinent.

« Tu me refuses un mariage heureux alors que tu n’attends qu’une chose, que ma mère meurt, que ton frère meurt, et que tu puisses épouser Tante Violetta et l’avoir à ton bras. Tu es lâche. Tu préfères l’avoir comme maîtresse et laisser Oncle Cygnus lui lancer des maléfices – oui, je sais ça aussi – plutôt que de divorcer de ma mère et de dénoncer ton frère pour ses manigances avec Grindelwald et en dépêtrer ma tante. Tu ne veux pas perdre ton petit confort même si c’est au détriment de la soi-disant femme que tu aimes. Tu ne vois l’amour que dans l’illégalité et la manipulation. »

Comment osait-elle… elle ne savait pas, elle ne pouvait pas comprendre, elle…

« Et tu es tellement lâche, que tu me laisseras partir d’ici tranquillement par ta cheminée sans même essayer de ma faire entendre raison, conclut-elle en se levant avec élégance du fauteuil. »

Elle… Il ne pouvait pas, il ne pouvait pas la laisser partir comme ça, et laisser son ventre se faire dévorer par la semence d’un Weasley, il ne pouvait pas…

Elle éclata de rire à nouveau.

« Septimus ne voulait pas que je revienne ici lorsque j’ai reçu ton hibou. Je lui ai dit que je ne craignais rien, car je te connais trop bien et que je connais trop bien tes secrets. J’ai une lettre toute prête dans le coffre de Gringott’s que j’ai avec Septimus qui contient toutes tes cachoteries religieusement recopiées dessus. Un geste à l’encontre de ma future famille, et je te donne en pâture, toi et Tante Violetta, à la société sorcière. »

Comment pouvait-elle…

« Et même si tu ne sais pas si tu dois me croire, tu ne vas rien faire parce que tu as peur et que tu désires vivre tranquillement. »

Il l’avait aimée, mais l’amour était en train de la lui voler. Enfant du désir qui le comprenait trop bien. Elle avait désiré, elle avait aimé, et désirait aimer et encore aimer. Il avait désiré une vie calme, mais il désirait une femme à présent, une femme qu’il ne pouvait pas aimer au grand jour. Cedrella ne pouvait pas comprendre. Elle n’avait pas fait une suite de mauvais choix. Elle était trop jeune et trop folle, elle ne voulait plus comprendre la tâche qu’incombait à la Maison des Black de rester unie et d’avoir une vision d’ensemble sur la vie.

« Va-t-en, ne réussit-il qu’à dire. »

L’enfant du désir avait voulu aimer. Et lui… il avait perdu une fille d’amour.

 

Note de fin de chapitre :

(... Deuxième chapitre pour la deuxième fille... Je crois que vous étiez beaucoup à apprécier Arcturus mais j'imagine que ce n'est plus beaucoup le cas... Enfin bref, si vous avez une remarque ou une question, n'hésitez pas ! 

Merci d'avoir lu jusqu'au bout et à très vite !) 

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