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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
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A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Une question de fric par MaPlumeAPapote

[4 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Ce texte a été écrit dans le cadre du concours de Seonne, "La saison du Phénix". Je suis juste en retard de 6 mois donc ce texte est posté en hors concours ^^ N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé. 

Les règles du concours étaient les suivantes : 

- le personnage doit subir une perte majeure (ici financière)

- A travers sa réaction face à sa situation, votre personnage devra en tirer quelque chose

- Mentionner la mort d'un personnage et la naissance d'un autre

- Le texte doit se dérouler à une époque où JK Rowling n'a pas écrit sur le personnage

Goyle avait toujours été un suiveur.

Les idées qu’il cautionnait étaient si bien défendues par les autres qu’il n’avait qu’à prendre place derrière les leaders pour, par sa simple présence, défendre des principes ancestraux de plus en plus bafoués par des politiques ignorants. Du moins, c’était ce que ses parents lui avaient répété durant toute son adolescence. Goyle n’y connaissait pas grand-chose en politique, mais il avait toujours acquiescé, conscient que leurs idées les mettaient sur un piédestal et que c’était tout ce qui comptait. 

Le problème c’était que tous ses leaders avaient échoué. Le Seigneur des Ténèbres avait été vaincu. Ses parents avaient été envoyés à Azkaban. Drago et tous les autres lui avaient tourné le dos, sauvant leur peau comme ils l’avaient pu. Et Goyle s’était retrouvé tout seul.

Un couinement s’échappa de la masse qui se trouvait recroquevillée sur le sol et Goyle sortit doucement de ses pensées. Certains jours, cette solitude lui pesait particulièrement. Non qu’il aurait souhaité avoir fondé une famille et être entouré d’un tas d’amis. Simplement se retrouver dans le camp des vainqueurs et pouvoir savourer la pureté et la légitimité de son sang – comme ses parents le lui avaient toujours promis. Ne pas avoir à se débrouiller seul dans une société qui ne lui laisserait jamais sa chance.

Une lueur rouge crépita durant toute la durée du sort – une demie seconde pour le bourreau, une éternité pour sa victime – avant de s’éteindre et de faire place aux ténèbres. Les cris de douleur se répercutèrent en échos contre les murs de pierres jusqu’à disparaître complètement et ne laisser qu’un lourd silence où perçaient quelques sanglots et gémissements.

Les petits yeux de Goyle se focalisèrent sur sa cible. Le sorcier était devenu taciturne. Non qu’il n’ait jamais eu une grande conversation, généralement il laissait cela aux autres. Mais il ne prenait plus goût à rien. Ni à la puissance qu’il pouvait ressentir à se tenir debout au-dessus de ces moins que rien. Ni aux récompenses qu’il pouvait toucher à la suite des différentes missions qu’il réalisait. Il était simplement un exécutant qui enchaînait les contrats pour pouvoir vivre un minimum.

Un suiveur.

Les halètements s’entrecoupèrent de hoquets et Goyle rabaissa sa baguette. La victime qu’il était chargé de torturer commençait à tourner de l’œil. Il avait pris l’habitude de reconnaitre les moments précis où tout basculait. Inconscience. Mort. Le corps lâchait d’une façon ou d’une autre mais le travail de Goyle n’était pas de laisser des cadavres sur son passage. Il devait récupérer les avoirs de son boss. Payer les dettes de toutes ces personnes désespérées qui avaient fait appel à lui avant de ne pouvoir se rendre compte qu’elles ne parviendraient jamais à le rembourser. Il devait donc s’assurer de trouver quelque chose de valeur avant que la femme ne lui échappe complètement. Rapporter quelque chose au boss et éviter ainsi que sa colère ne se retourne contre lui.

-        Stewart souhaite simplement le paiement d’une partie de ta dette, déclara-t-il d’une voix neutre. Il te laisse encore une semaine pour rassembler le reste. Alors dis-moi où est l’argent.

Les cheveux mouillés de sang glissèrent sur le visage écorché de la femme qui peina à garder la tête haute. Son œil droit était si boursouflé qu’elle ne parvenait plus à ouvrir sa paupière. L’autre ne tarderait pas à atteindre le même état mais avant cela, Goyle parvint à capter un léger éclat.

-        Da…

La voix fut aspirée par un sifflement inquiétant juste avant qu’elle ne s’écroule sur le sol. Aux tremblements de son corps, Goyle savait qu’elle était encore consciente, mais elle n’avait plus de force. Elle était au bord du gouffre. Morte ? Le sorcier n’allait pas perdre plus de temps que nécessaire pour le vérifier.

Il prit donc les choses en main, sentant qu’il ne pourrait plus rien en tirer. A la faible lueur de sa baguette, le sorcier retourna l’appartement. Déversant tous les tiroirs et placards qu’il trouvait sur le sol. Piétinant vêtements et documents, il mit la main sur quelques bijoux sans doute sans grande valeur. Ce ne serait pas suffisant. Mais il n’avait a priori que cela à se mettre sous la main.

Lorsqu’il se dirigea vers l’entrée, Goyle repassa par le salon et aperçut le corps allongé sur le sol. Il ne tremblait plus.

 

¤

 

La musique jazzy résonnait dans tout le pub sans que Goyle ne parvienne à déterminer d’où elle provenait exactement. Accoudé au comptoir, le sorcier sirotait son whisky pur feu, l’esprit complètement vide. Il avait rapporté de quoi contenter Stewart, tout en le prévenant qu’il n’aurait sûrement pas le remboursement du reste de sa créance au vu de l’état de l’appartement de la cliente, avant de tourner les talons et de laisser le soin aux autres brutes de son patron de récupérer son dû.

Goyle intervenait toujours en amont, lorsque les choses pouvaient peut-être encore être arrangées. Son caractère fermé et sa maitrise des sortilèges interdits étaient souvent très efficaces pour accélérer le paiement sans que Stewart n’ait à se salir les mains. Mais lorsque ce n’était pas suffisant, les autres faisaient une véritable razzia de tout ce qui pouvait rester aux clients qui n’honoraient pas leur contrat. Ces deniers n’avaient pas le droit à de seconde chance.

-          Une dure journée ?

Goyle baissa les yeux sur sa droite pour apercevoir la tête brune d’une femme qui lui arrivait tout juste aux épaules. Son visage tiré par une vie difficile lui donnait deux fois son âge – bien que Goyle n’ait jamais demandé l’âge exact qu’elle avait, après tout il n’en avait rien à faire – mais son sourire avenant laissait entrevoir la jeunesse qui s’estompait doucement.

-          Qui es-tu allé embêter aujourd’hui ?

Goyle ne répondit pas, se contentant de reporter toute son attention sur son verre et montrer qu’il ne souhaitait pas spécialement discuter de tout cela.

-          J’espère que ta pauvre victime a pu te donner ce que tu lui demandais, ricana la femme en prenant place à ses côtés.

Elle leva le bras et commanda un scotch serré au barman. Goyle resta de marbre. Devant son stoïcisme, la femme se calma automatiquement et attendit son verre. Lorsque le barman se fut éloigné, elle fouilla le fond de sa robe pour en sortir une petite bourse qui tinta pauvrement sur le comptoir lorsqu’elle la fit glisser jusqu’à Goyle.

-          Je sais que c’est peu, mais c’est ce que j’ai pu rassembler cette semaine. Si tu veux, je peux te faire un petit extra comme la dernière fois.

En baissant les yeux sur la bourse, Goyle vit la femme ouvrir les cuisses et remonter sa robe, lançant une chaleureuse promesse qui réveilla un bref instant une envie primaire chez le sorcier. Mais Goyle se détourna. Coucher avec cette fille n’était pas la chose la plus désagréable qu’il eut faite. Bien au contraire, elle s’y connaissait très bien.  Cependant il avait plus besoin de l’argent qu’il lui avait prêté que de ses caresses.

-          Tu n’es pas très bavard aujourd’hui, remarqua la femme en posant une main sur sa cuisse. Je suis sûre qu’une belle petite soirée en ma compagnie pourrait te faire du bien.

Goyle serra les dents.

-          Je veux mon argent Cynthia, répondit-t-il d’une voix rauque d’avoir si peu parlé.

La femme enleva vivement sa main et rabaissa ses jupes.

-          Je me démène pour te le trouver figure-toi. Mais ça ne court pas les rues, cracha-t-elle.

Goyle avala le fond de son verre d’une traite puis se tourna vers la sorcière. Depuis quelques années, il avait pris en musculature et perdus en graisse si bien que sa stature était impressionnante. Il savait combien Cynthia était une battante et qu’elle ne se laissait pas intimidée par n’importe qui. Mais à cet instant précis, elle eut un mouvement de recul alors que leurs regards s’accrochaient. Goyle ne put retenir un petit sourire.

-          Il va falloir que tu te débrouilles mieux que ça Cynthia.

Elle soutint son regard avant de se redresser de toute sa hauteur – toute trace de peur ayant disparu de ses pupilles.

-          Si tu n’es pas content de la vitesse à laquelle je te rembourse, alors pourquoi tu as souhaité payer ma dette à Stewart ? Tu m’as dit me laisser tout le temps dont j’avais besoin pour te rembourser.

-          Cela va bientôt faire huit mois Cynthia, lui rappela Goyle en haussant un sourcil.

-          Je te le répète, l’argent ne court pas les rues.

Elle s’était levée de sa chaise et le toisait de son pauvre mètre cinquante-six. Sa frange brune lui tombait à moitié devant les yeux mais elle ne cilla pas lorsqu’elle approcha son visage à quelques centimètres du sien. Goyle put sentir son parfum vanille qui éveilla des souvenirs voluptueux.

Goyle ne put contrôler sa pulsion plus longtemps. Il lui attrapa fermement le poignet et l’emmena à une vitesse folle jusqu’aux toilettes de l’établissement. Dans un grognement vindicatif, il fit fuir un jeune homme à lunette qui se lavait les mains puis plaqua Cynthia contre le mur. Il ne prit même pas la peine de vérifier que les lieux étaient vides et la pénétra avec une force qui la fit crier.

Le nez plongé dans la masse épaisse de ses cheveux, il inspira avec force ce parfum qui l’enivrait. Cette fille n’était pas noble. Elle n’était même pas allée à Poudlard et avait énormément de mal à formuler le moindre sort. Elle avait commencé sa carrière au Ministère de la magie avant de se faire renvoyer pour manque de compétences. S’était retrouvée dans la rue et avait contracté une dette plutôt conséquente auprès de Stewart. Lorsque Goyle avait frappé à sa porte pour réclamer une avance de paiement, il avait procédé de la même façon qu’avec tous les autres. Pourtant, en fouillant sa misérable chambre, il n’avait trouvé rien de plus valeureux qu’une bague toute rouillée. S’il ne l’avait pas aidée, s’il n’avait pas proposé de lui donner un peu d’argent pour payer sa dette à Stewart, alors elle serait morte. Pourquoi l’avait-il traité de cette façon ?

Son orgasme lui arracha un grognement guttural et il s’affaissa contre Cynthia qui ne bougea pas. Ses mains étaient accrochées à ses hanches et avaient accompagné ses vas et viens. Elle restait immobile, attendant qu’il fasse un geste.

-          Rembourse moi Cynthia. J’ai besoin de cet argent.

Il se retira violemment et sortit avant même qu’elle ait pu se retourner.

 

¤

 

Quelques mois plus tard

 

Il faisait complètement nuit lorsque Goyle arriva devant son immeuble. Il se fraya un chemin dans la demi-pénombre de la rue pour se faufiler sans être vu – au cas où un voisin aurait eu l’idée d’épier les allers et venues du quartier. Une lourde fatigue ralentissait ses mouvements alors qu’il empruntait les marches pour grimper jusqu’au huitième étage – l’ascenseur étant en pane depuis plusieurs mois maintenant sans que personne ne daigne venir régler le problème – et se retrouver devant sa porte. La journée avait été aussi morne et sans intérêt que les précédentes, à la différence près qu’il n’avait plus aucune avance dans sa trésorerie pour aller se payer un verre dans un bar.

Il entra dans le petit deux pièces comme à son habitude, délaissant sa veste sur le canapé à portée de main, et ses chaussures au milieu du passage. Les jours, les mois puis les années s’enchainaient sans qu’il ne parvienne à tirer de sa vie quelque chose de satisfaisant. Il n’avait jamais vraiment fait d’efforts pour s’en sortir, se contentant de prendre ce que d’autres avaient réussi à obtenir. Mais depuis qu’il était seul, il réalisait que tout n’était pas aussi facile à avoir. Tout se payait. Et sans argent, il n’arriverait à rien. Or il n’était clairement pas assez qualifié pour reconstruire sa fortune. Goyle posa sa baguette sur le petit bar qui séparait la cuisine de la salle de vie puis alla s’affaler dans un fauteuil près de la fenêtre.

Il n’était pas du genre à s’appesantir sur quelques sentiments que ce soit – il préférait justement les tenir loin de lui pour ne pas risquer de regretter plus encore sa situation – mais cette nuit-là quelque chose poussait son esprit à voyager vers des souvenirs passés qui réveillaient doucement cette amertume qu’il avait essayé d’enfouir au plus profond de lui. Peut-être était-ce dû au fait que les heures avançaient doucement et qu’il se rendait compte qu’il allait bientôt avoir trente ans. Trente ans d’existence qui pouvait se résumer aujourd’hui à un ramassis d’erreurs et de malchance.

Ses yeux fatigués dérivèrent sur la petite baie vitrée et observèrent le ciel noir où ne perçaient que quelques lueurs étoilées. Il n’avait plus la force de rien. Enfermé dans son petit appartement d’à peine trente mètres carrés depuis bientôt trois ans, il ne se voyait aucun avenir certain et glorieux. Il n’était qualifié en rien et ne pouvait plus compter que sur lui-même pour s’en sortir. Or, il savait mieux que personne qu’il n’était bon à rien. Alors que pouvait-il espérer de son futur ? Trente nouvelles années dans ce débarras, seul à essayer d’arrondir ses fins de mois ?

Plongé dans ses regrets et ses espoirs inatteignables, Goyle sentit un frisson lui parcourir l’échine juste avant d’apercevoir dans le coin de son salon un mouvement qui lui fit tourner la tête. Habitué à cette pénombre, il ne mit que quelques secondes à identifier une silhouette immobile qui semblait l’observer. Il se releva d’un bond, manquant tomber à la renverse et plongea la main dans la poche de son pantalon pour n’y rencontrer que du vide. Sa baguette était sagement posée sur le comptoir, entre l’intrus et lui.

Un flot d’adrénaline se déversa dans ses veines et une panique inhabituelle le fit sortir de ses gongs. Qui était cette personne et comment avait-elle pu s’introduire chez lui ? Mais par-dessus tout, pourquoi ? Une série d’hypothèses lui traversèrent l’esprit en une fraction de secondes sans qu’il ne fasse le moindre mouvement.

-          Bonjour Goyle, chuchota une voix qu’il connaissait maintenant très bien.

L’adrénaline retomba violement et les images des nombreuses victimes qu’il avait pu croiser ces dernières semaines, voire ses derniers mois, se dispersèrent pour ne laisser qu’un sentiment de vide profond. Il retomba dans la demi-léthargie qui le caractérisait depuis plusieurs années maintenant.

-          Que fais-tu la Cynthia ? grogna-t-il de sa voix rauque. Et qui t’a permise d’entrée ?

La femme s’approcha d’un pas lent, dévoilant sa silhouette aux bras chargés d’une épaisse couverture noire.

-          Je ne voulais pas te faire peur Goyle.

Il détesta son sourire moqueur me n’ajouta rien, attendant qu’elle poursuive et en finisse avec ce qu’elle avait à lui dire – ça devait sûrement être important pour qu’elle se permette de pénétrer chez lui de la sorte.

-          Je viens t’annoncer une bonne nouvelle, déclara-t-elle avec force. J’ai de quoi te rembourser, et même les intérêts ! J’ai trouvé la solution.

Il ne l’avait pas vue depuis plusieurs mois maintenant, comme si elle avait disparu de la circulation. Goyle avait même pensé qu’elle s’était faite tuée à force de fréquenter les mauvaises personnes et de devoir des dettes à tous les individus qui croisaient son chemin. Mais la trouver ce soir-là devant lui n’était pas forcément pour le rassurer.

-          Tu ne donnes plus signe de vie pendant des mois et tu me dis que tu as trouvé une solution pour me rembourser ? résuma lentement Goyle. Qu’est-ce que c’est ?

-          J’ai trouvé un couple d’honnêtes gens qui sont très intéressés par une chose en ma possession. Ils m’ont proposé une somme astronomique.

Goyle haussa un sourcil. Il n’était pas intéressé par le moyen que trouverait Cynthia pour le rembourser. Il avait juste envie de voir la couleur de son argent. Le reste, elle pouvait se débrouiller seule. Pourtant, quelque chose retint les mots qu’il aurait pu lui lancer pour la faire abréger. Malgré l’obscurité de la nuit, la couverture qu’elle tenait dans les bras semblait brillée étrangement.

-          Mais tout ça c’est grâce à toi Goyle. Alors… Je vais pouvoir te faire un remboursement comme il se doit. Mais je voulais juste… te montrer ça avant.

Elle s’était approchée de deux pas sans qu’il ne s’en rende compte et lui dévoila doucement le contenu de la couverture.

Le corps était minuscule et si pâle. Goyle avait l’impression qu’il s’agissait d’un cadavre. Pourtant, la chose se mit à bouger alors qu’elle réalisait que la chaude couverture ne la protégeait plus. Un bras puis une main émergèrent pour tenter de saisir quelque chose en ne rencontrant que du vide. Puis un gargouillis s’éleva pour venir rompre le silence.

-          Voici ton bébé Goyle.

L’homme se recula d’un pas, frappé de plein fouet par cette nouvelle réalité. Il pensait comprendre le déroulement de la situation, même s’il ne savait pas exactement dans quelles circonstances un bébé pouvait naître. Mais cela faisait plusieurs mois qu’il n’avait vu Cynthia. Plusieurs mois d’absence où elle avait pu lui cacher sa grossesse.

La curiosité lui fit tendre le cou pour en apercevoir un peu plus tandis que la peur le figeait sur place. Cet être minuscule était donc le fruit de leurs chaires. Il y avait du sang de son illustre famille qui coulait dans ses veines. Un héritage parti en fumée. Un avenir noir.

-        J’aurais suffisamment pour te rembourser. Puis, ne nous mentons pas, il aura une bien meilleure vie au sein d’une famille capable de lui offrir plus qu’un avenir incertain et bancale.

Goyle sentit sa gorge se serrer. La panique le prit à la gorge et il se sentit suffoquer. Les événements s’enchainaient soudain à une vitesse vertigineuse alors que sa vie n’avait été jusque-là que d’une monotonie paresseuse. Lui qui, quelques instants plus tôt, tentait d’apercevoir de quoi serait fait son avenir, venait de découvrir un véritable changement. Du moins, le crut-il de prime abord avant de comprendre ce que Cynthia lui proposait.

- Vendre l’enfant.

Le remboursement tomberait enfin et il se retrouvait dans une situation plus confortable. Mais pour combien de temps encore ? Combien de temps avant qu’il ne liquide tout en jeux et en boissons alcoolisées ?

-        Donne-le-moi.

Sa voix brute et cassée fit reculer la jeune femme d’un pas. Automatiquement, Cynthia serra le nourrisson contre sa poitrine, comme si elle avait soudain peur qu’il le lui arrache. Son assurance se fissura et la peur vint assombrir ses traits, lui donnant l’air d’une proie acculée.

-        Que veux-tu en faire ? couina-t-elle en s’adossant au mur, les bras resserrés sur les couvertures.

-        Il est autant à moi qu’à toi, gronda-t-il.

Il s’avança d’un pas sûr et menaçant mais au fond de lui il était incapable de dire ce qui le poussait à agir ainsi. Après tout, ses problèmes pourraient être réglés en un claquement de doigt et Cynthia pourrait enfin disparaître de sa vie – bien qu’il ait bien aimé leurs petites aventures. Mais il y avait quelque chose dans la situation qui l’exaspérait. L’enfant n’était pas à Cynthia. Elle ne pouvait donc pas payer sa dette avec quelque chose qui lui appartenait.

-        Que veux-tu en faire ? répéta-t-elle en glapissant misérablement. Il pourra arranger tous nos problèmes.

-        Les problèmes viennent de toi Cynthia, répliqua Goyle en tendant les bras. Tu dois les régler par toi-même et non avec quelque chose qui m’appartient.

Il mentirait s’il n’avouait pas que la voir trembler de peur lui procurait un malin plaisir. Il ne se retint donc pas de lui attraper le bras et de lui arracher le bébé. Elle poussa un cri qui fut très vite suivi par les pleurs du nourrisson qui se mit à s’agiter dans ses bras.

-        Disparaît Cynthia.

-        T’es un grand malade ! hurla-t-elle en se glissant le long du mur pour s’éloigner de lui. Qu’est-ce que tu vas bien pouvoir faire d’un gosse ? Tu n’es même pas capable de t’occuper de toi-même !

Le regard noir qu’il lui adressa suffit pour la faire partir en courant.

Très vite, Goyle se rendit compte de ce qui venait de se passer. L’enfant continuait de pleurer et il n’osait bouger de peur de le faire tomber. Ses bras gauches tenaient fermement les couvertures mais ne savaient comment ajuster leur prise. Pourquoi avait-il fait ça ?

L’ombre de son futur se dessina devant lui et un but nouveau et presque inaccessible apparaissait dans son champ de vision. Il avait finalement réussi une chose dans sa vie : perpétuer le nom des Goyle. Mais est-ce que ça en valait vraiment la peine ? Après tout, il ne reverrait jamais l’ombre de son fric en retour.

Note de fin de chapitre :

Voilà, un petit aperçu du futur de Goyle. N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé, aimer ou pas aimer ! En tout cas je vous remercie pour votre lecture ! 

Plume

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