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News

115 ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 115e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 18 septembre à partir de 20h. Il s'agira d'une nuit où les musiques serviront aussi d'inspiration ! Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 08/09/2021 19:17


Sélections du mois


Félicitations à Calixto, Asianchoose et Lilimordefaim qui remportent la Sélection sur la plus classe des Serpentard alias Narcissa Malefoy !

Pour octobre 2021, on retourne à Poudlard, on fait les courses sur le Chemin de Traverse, ou on voyage dans des endroits étranges et inquiétants avec le Jury des Aspics consacré aux Lieux Magiques. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de septembre, savourez un bon chocolat à la cannelle avec Molly, ou participez à une "fête" tout en cotillon (ahem) chez les Black avec la sélection famille. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Que votre rentrée soit douce et pleine de beaux projets !

 


De L'équipe des Podiums le 02/09/2021 18:48


25ème édition des Nuits Insolites


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 25e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 4 septembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !


De L'équipe des Nuits le 27/08/2021 18:50


114 ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 114e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 août à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!

 


De L'équipe des Nuits le 11/08/2021 17:27


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, MadameMueller et Violety qui remportent la Sélection sur le thème Amitié !

Pour septembre 2021, vous pouvez sortir vos arbres généalogiques avec le thème Famille. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de août, vous ferez attention à vos bonnes manières avec Narcissa Malefoy. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Que votre été soit ensoleillé et rempli de lectures !

 


De L'équipe des Podiums le 08/08/2021 22:46


113ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 113e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 31 juillet à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 20/07/2021 18:47


Mon sauveur de boue par AleynaButterfly

[36 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

Participation au concours "Les associations improbables" lancé par Hazalhia, avec le couple Astoria/Neville.

Cette fiction est terminée.

Merci pour vos reviews présentes et futures !

Note de chapitre:

Bonjour !

C'est la première fic que j'écris depuis que j'ai terminé Le Temps, cet Inconnu et ça m'a fait du bien de passer à autre chose !

Il s'agit d'une fic courte, écrite dans le cadre du concours "Les associations improbables" organisé par Hazalhia.

Je me suis beaucoup amusée en l'écrivant, vous reconnaîtrez peut-être ma principale inspiration pour ce chapitre...

Bonne lecture !

La jeune femme balaya sa chambre d’un oeil nostalgique. La pièce avait été préservée par ses parents, telle qu’elle l’avait laissée au moment de son départ. Le bleu pastel des murs, inchangé depuis sa tendre enfance, et les peluches alignées sur l’étagère au-dessus du lit témoignaient du temps passé. Cette chambre lui avait toujours procuré un certain réconfort à chaque retour chez ses parents, ce qui n’arrivait plus qu’occasionnellement depuis qu’elle avait obtenu ses ASPICs. 

 

Pourtant, elle avait toujours su qu’un jour viendrait, où il lui faudrait y mettre de l’ordre, effacer les vestiges du passé pour, en quelque sorte, rendre la pièce à ses parents. Après des mois de tergiversations, elle avait décrété que ce jour était enfin arrivé. Depuis précisément une semaine, Astoria Greengrass était une femme mariée. 

 

— Tout va bien, ma chérie ? Tu es sûre que tu n’as pas besoin d’aide ?

— Non maman, ça ira… Merci.

 

Mrs Greengrass ne quitta pas l’encadrement de la porte, le visage soucieux.

 

— Tu n’es pas obligée de t’occuper de tout ça maintenant…

— Je sais. 

 

La jeune brune se tourna vers sa mère, un sourire attendri aux lèvres. Elle savait très bien qu’il était difficile pour la quinquagénaire de la voir définitivement prendre son envol. Tant que cette chambre était là, Astoria restait la petite fille qui n’avait pas tout à fait quitté le nid.

 

— Mais je ne peux pas décemment venir ici avec Drago. Tu imagines un peu ? 

 

La sorcière blonde étouffa un petit rire peu convaincant et croisa ses bras devant sa poitrine. Astoria déposa un baiser sur son front et sortit sa baguette. Grâce à quelques mouvements parfaitement exécutés, les peluches, les jeux et les livres trouvèrent refuge dans un grand carton destiné aux associations. Quant aux babioles, elles furent rassemblés dans une deuxième boîte plus petite intitulée « Souvenirs ». A l’intérieur de l’armoire, les vêtements accumulés au cours des années furent pliés et organisés dans une valise qui ferait sans doute aussi le bonheur de personnes défavorisées. Enfin, les quelques affiches au mur, témoignant de son affection passée pour les Bizzar’ Sisters, terminèrent sans cérémonie dans un sac poubelle. En un rien de temps, la pièce fut vidée de son essence.

 

Mère et fille restèrent silencieuses sur le pas de la porte. Plus tard, Mrs Greengrass s’occuperait de la nouvelle décoration, mais elle n’avait pas le coeur à ça, pas aujourd’hui. Elle fut d’ailleurs la première à s’éclipser, prétextant un gâteau oublié au four. La jeune brune allait quitter la pièce à son tour lorsque son regard vert pâle s’arrêta sur une lame du plancher en érable, au pied du lit. Se pourrait-il… ?

 

Cela faisait si longtemps qu’elle ne l’avait pas soulevée. Sept ans s’étaient écoulés, peut-être huit ? Après tout ce temps, elle ignorait si la cachette qui se trouvait en-dessous avait été vidée par ses soins. Astoria tomba à genoux, le coeur sautillant d’excitation, et glissa ses doigts entre les lames. 

 

Deux carnets de taille moyenne se superposaient dans le petit espace ainsi découvert. Avec délicatesse, la jeune femme les saisit et examina les couvertures bleues écornées et tachées d’encre, dans un mélange de surprise et de dérision. Astoria était persuadée d’avoir brûlé ces témoignages de ses deux premières années à Poudlard depuis longtemps déjà. Assise en tailleur au pied du lit, elle ouvrit le premier d’entre eux sur une page au hasard, prête à rougir de honte devant les états d’âme de la petite fille qui voulait devenir romancière.

 

°OoO°OoO°

 

Mardi 15 novembre 1994

A 10h04, avant le cours de sortilèges

Cher journal, 

Aujourd’hui j’ai treize ans et Daphné trouve encore le moyen de me traiter comme une gamine ! J’en ai marre… D’accord, au début j’ai trouvé ça cool d’avoir une grande soeur qui continue de prendre soin de moi. Mais franchement, venir me faire un bisou sur le front DEVANT TOUT LE MONDE ? Cette idiote d’Audrey m’a lancé un regard méprisant. Si elle croit que je ne l’ai pas vue… Je la déteste.  

 

A 16h23, dans la salle commune

Cher journal,

Il faut ABSOLUMENT que je te raconte ce qu’il s’est passé tout à l’heure. Je n’ai pas eu le temps d’écrire plus tôt parce qu’après le cours de botanique, il a fallu que j’accompagne Grace à la bibliothèque. Au moins, comme elle a trouvé le livre qu’il lui fallait, elle est en train de le lire tranquillement et ne regarde pas ce que j’écris. Tant mieux. Je l’adore, mais elle ne comprend pas toujours. Parce qu’il s’est vraiment passé quelque chose de fou.

Donc. J’ai confronté Daphné ce midi pour lui parler de la honte qu’elle m’a mise ce matin. Evidemment, elle n’a pas compris. Elle avait les larmes aux yeux, et bien sûr, je me suis sentie coupable. Avec tout ça, j’étais presque en retard pour la botanique. Du coup, j’étais énervée et je courais à moitié, quand arriva ce qui devait arriver… j’ai trébuché. J’ai littéralement VOLÉ. Je me voyais déjà recouverte de boue, histoire de bien avoir la poisse pour mon anniversaire. Mais non. Quelqu’un m’a rattrapée. Je ne sais pas trop comment il s’est débrouillé mais il m’a littéralement SAUVÉE. J’étais trop gênée.

Il m’a demandé si ça allait, si je ne m’étais pas fait mal. J’ai dit non et je l’ai remercié mais je ne sais pas s’il pouvait comprendre ce que je disais. Après, il a essayé de faire un peu la conversation, il m’a demandé si j’allais en botanique et là je me suis souvenue que j’étais en retard. Alors je l’ai planté là. Je n’aurais pas dû. J’ai trop honte de ne pas lui avoir répondu comme il fallait, il avait l’air tellement gentil. Il faut que je sache qui c’est.

 

Je sais que :

- C’est un Gryffondor.

- Il a un ou deux ans de plus que moi.

- Il a les cheveux châtain clair, les yeux bleu et un visage un peu rond.

 

 

A 21h16, dans mon lit

 

Cher journal,

J’ai dû arrêter d’écrire tout à l’heure parce que Grace commençait à essayer de lire par dessus mon épaule et je ne voulais pas qu’elle se moque de moi. C’est ma meilleure amie, mais elle trouve que je m’emballe trop parfois. Elle n’a pas trouvé extraordinaire mon aventure de tout à l’heure mais c’est facile pour elle. Les garçons lui tournent autour. Quand par miracle, il y en a un qui vient me voir, c’est pour me demander de le présenter à elle ou Daphné. Je ne suis pas jalouse, parce que c’est pas de sa faute, mais bon. J’espère que je serai aussi belle que Daphné quand j’aurai son âge. 

Pendant le repas, j’ai essayé de retrouver le garçon de tout à l’heure. Il n’était pas très loin de Harry Potter, j’imagine qu’il est en 4e année comme lui et Daphné. Je ne l’avais jamais remarqué avant.  C’est vrai qu’il ne fait pas partie des plus beaux, mais ça ne me dérange pas. J’aime bien ceux qui sont gentils, discrets et un peu dans l’ombre. Comme moi, quoi. Il faudra que je regarde s’il a déjà une copine. J’espère que non.

Bon, il faut que j’aille dormir maintenant. C’était une intéressante journée d’anniversaire !

 

°OoO°OoO°

 

Mercredi 16 novembre 1994

 

A 18h37, à la bibliothèque

 

Cher journal,

Rogue me met vraiment mal à l’aise. Il me fiche la paix même si je suis à Serdaigle parce que Daphné est dans sa maison, mais le pauvre Shane n’a pas autant de chance. A chaque fois qu’il passe à côté de son chaudron, il fronce le nez comme si ça sentait mauvais. Il ne faut quand même pas exagérer et ce n’est pas comme si Shane était nul… Mais bon.

Concernant mon sauveur-de-boue (oui c’est comme ça que je l’appelle maintenant avec Grace, mais il faut qu’on trouve un meilleur surnom), je l’ai vu en arrivant à la bibliothèque. Il parlait avec une fille aux cheveux bouclés, mais il m’a souri quand je suis passée devant lui. J’ai pas osé lui sourire, c’est rageant. Il va penser que je suis une pimbêche coincée avec zéro reconnaissance. Je suis vraiment nulle. Il faut que je trouve un moyen de repasser devant et de me rattraper. Je ne sais pas si je vais oser…

 

°OoO°OoO°

 

Samedi 18 novembre 1994

 

A 10h09, dans la salle commune

 

Cher journal,

Je sais, ça fait quelques jours que je n’ai plus écrit. Je n’ai vraiment pas eu le temps. Les profs nous donnent trop de devoirs en ce moment et avec Grace, on a passé des heures à travailler dessus pour ne pas se retrouver à devoir tout faire ce week-end. 

Concernant mon sauveur-de-boue, Grace s’est un peu renseignée discrètement et a appris qu’il s’appelait Neville Londubat et il est bien en 4e année. Elle m’a encouragée à demander plus d’infos auprès de Daphné, mais je n’ai pas envie qu’elle se mêle de ça ou qu’elle se moque de moi. En plus, j’ai l’impression qu’il m’aime bien. Quand je le vois dans les couloirs, il me sourit et ça me fait bizarre. Il faudrait que je trouve un prétexte pour lui parler…

 

°OoO°OoO°

 

Dimanche 19 novembre 1994

 

A 20h54, dans mon lit 

 

Cher journal,

Il s’est passé tellement de choses ce week-end, je n’en reviens pas ! Ca va être un peu long, alors accroche-toi bien.

Tout a commencé hier, en début d’après-midi, quand Grace s’est éclipsée pour rejoindre Terry, son copain du moment. Il faisait beau, je n’avais plus très envie de me pencher sur les différents usages de la fleur d’hellébore en potions avec Alicia et Shane, alors j’ai décidé d’aller me promener dans le parc. Comme ça, sur un coup de tête. 

Franchement, ça m’a fait du bien. Il faisait un peu froid, mais la neige n’est pas encore arrivée. J’ai hâte que ce soit le cas ! Au début, j’ai voulu faire le tour du lac mais j’ai vite changé d’avis. Des étudiants de Durmstrang avaient décidé de se baigner et un groupe de filles les regardait en gloussant. Pathétique. Je ne sais pas ce qu’elles leur trouvent… Je pense qu’il y avait Viktor Krum dans le lot. Je ne connais pas bien le Quidditch de toute façon. Du coup, je suis allée vers les serres à la place. J’aime bien l’odeur qui s’en dégage et il n’y a jamais personne dans le coin. Là, je me suis calée contre les parois vitrées et je t’ai sorti, pour écrire un peu. Mais comme tu le sais, je n’ai rien pu écrire. Parce qu’il y a eu une coïncidence incroyable.

Oui, je suis sûre que tu as déjà deviné. Mon sauveur-de-boue (argh, il faut vraiment que je trouve un meilleur surnom ! Je note d’en parler à Grace, elle est super forte pour ça) est passé au même moment, avec une plante bleue dans les mains. Cette fois, je ne me suis pas démontée et je lui ai dit « Bonjour ». Il a sursauté, un peu surpris et quand il m’a reconnue, il s’est détendu. Je retranscris la conversation telle que je m’en souviens :

« Oh, bonjour !

Je ne t’ai jamais vraiment remercié pour la dernière fois… (je me suis levée et je lui ai tendu la main) Moi c’est Astoria Greengrass. Et toi ? (Je n’allais pas passer pour une psychopathe et lui dire que je connaissais déjà son nom !)

Neville Londubat. Greengrass ? Tu… tu es de la famille de Daphné, à Serpentard ? 

Oui (j’étais trop déçue). C’est ma grande soeur.

Tu ne lui ressembles pas du tout, je ne l’aurais pas deviné… (Je devais tirer une sacrée tête à ce moment-là car il a bredouillé des phrases que je n’ai pas comprises, puis ça :) Je veux dire que tu as l’air beaucoup plus gentille. (Il était tout gêné, c’était trop mignon.)

Oh, merci. Cette plante, qu’est-ce que c’est ?

C’est une plante à Pipaillons, le professeur Chourave m’a demandé de m’en occuper pour elle. Elle était mal en point, la pauvre… (Comment il la regardait, cette plante, il y avait tellement de tendresse en lui !)

Je ne connaissais pas… Mais c’est super joli (non, c’est faux, mais bon). Tu dois être vraiment bon en botanique pour que le professeur Chourave te fasse confiance.

(Il rougit) Je suppose que… (il bégaie un peu, en regardant ses chaussures) Je suppose que oui. Tu es très gentille.

Merci (c’est à mon tour de rougir) »

Et là, Chourave est arrivée. J’étais un peu déçue mais au moins, j’avais tenu une conversation complète. Ce n’est pas rien !

Quand j’ai raconté ça à Grace, elle s’est gentiment moquée de moi. Bon, c’est vrai qu’elle ne comprend pas ce que je lui trouve. Comme c’est ma meilleure amie, elle respecte, mais cette histoire la fait rire quand même. En même temps, elle a plus d’expérience avec les garçons, ce qui n’est pas mon cas. Elle m’a juste dit « C’est mignon ».

C’est vrai qu’à côté de Grace et de Daphné, je fais pâle figure. Grace a la peau mate, de grands yeux bruns et de longs cheveux noirs soyeux. Elle a déjà des formes, comme Daphné. Ma soeur est aussi blonde que je suis châtain clair, et même si on a les mêmes yeux vert pâle, les siens sont davantage mis en valeur. Pourtant je ne suis pas moche, enfin je crois. On dirait juste une pâle copie, comme si mes parents avaient raté un sort de Duplication. 

Bon, il est dix heures passées et mes copines de dortoir dorment déjà profondément, alors je vais arrêter là.

 

°OoO°OoO°

 

— Astoria, ma chérie ?

 

La voix de Mrs Greengrass, provenant de l’escalier, tira la jeune femme de sa lecture. Elle referma précipitamment son journal et le cacha derrière son dos alors que sa mère apparaissait dans l’encadrement de la porte. Celle-ci lui lança un regard interloqué mais ne fit aucune remarque. 

 

— Tout va bien, maman, j’arrive !

 

La jeune femme attendit que les pas s’éloignent dans l’escalier pour lancer un sort d’attraction et récupérer son sac à main, dans lequel elle glissa les deux carnets. Puis, elle descendit à son tour, un léger sourire sur les lèvres. Astoria avait complètement oublié cette histoire. Elle se souvenait bien avoir eu ce qu’on appelle un coeur d’artichaut aux débuts de son adolescence. Les divagations de la petite fille qu’elle avait été la faisaient rire autant qu’elle la mortifiaient. 

 

Neville Londubat… En y repensant, elle plongea dans la nostalgie. Certes, il n’était pas le plus bel homme de Poudlard, mais il était très courageux. Elle avait entendu ce qu’il avait fait lors de la Bataille de Poudlard. Grace, qui s’était gentiment moquée d’elle à l’époque, devait avoir changé d’avis à présent ! Astoria se promit de lui envoyer un hibou pour en reparler, cela la ferait bien rire.

 

Au bas des escaliers de la maison familiale, un grand homme blond l’attendait. Le coeur de la jeune femme sautilla aussitôt de joie à la vision de son mari, dont elle était profondément amoureuse. 

 

 — Drago ! Quelle surprise ! 

 

L’ex-Serdaigle dévala les dernières marches pour se jeter dans ses bras, ce qui arracha un petit rire au jeune homme. 

 

 — J’ai quitté le travail plus tôt et je me suis dit que tu aurais peut-être besoin de soutien moral.

 

Astoria rougit. La veille au soir, elle s’était longuement épanchée sur la difficulté de la tâche qui l’attendait. Il devait sans doute y avoir eu une exagération ou deux… 

 

 — Tout est prêt ? 

 

Elle acquiesça et le couple se dirigea dans le salon familial pour prendre le thé avec Mrs Greengrass. Après une bonne demi-heure de discussions à bâtons rompus, ils prirent congé, laissant le soin à Tipsy, l’elfe de maison des Greengrass, de transporter les cartons aux destinations prévues.

 

A l’extérieur, le soleil illuminait le jardin familial. Astoria s’arrêta un instant pour respirer l’air frais à plein poumons. Son regard se perdit dans la végétation. 

 

 — D’ailleurs… Ne te moque pas de moi, s’il te plaît.

 

Drago arqua un sourcil, surpris de voir son épouse rougir de gêne.

 

 — Pourquoi le ferais-je ?

 — Non, c’est stupide, je ferais mieux de ne rien te dire.

 

Malgré ses promesses, Astoria resta inflexible et ils regagnèrent leur domicile. L’ex-Serpentard était perplexe. De quoi s’agissait-il ? Avait-elle décidé d’emmener des peluches ? Si c’était le cas, il aurait sans doute fait une petite remarque narquoise mais rien de méchant. Elle le savait très bien…

 

Ce ne fut qu’au moment du dîner que la jeune femme changea d’avis. Ils étaient attablés en face l’un de l’autre avec un verre de vin rouge, dégustant un délicieux magret de canard, éclairés par les chandelles fixées aux mur. L’atmosphère était tendre, propice à véhiculer toute confidence entre les jeunes époux.

 

 — J’ai retrouvé des carnets où j’écrivais quand j’étais plus jeune, à Poudlard.

 — C’est ça que tu ne voulais pas me dire tout à l’heure ?

 

Elle acquiesça silencieusement. Il prit garde de ne pas montrer le moindre signe d’hilarité, de peur que sa femme se referme à nouveau. A présent qu’il y songeait, il se souvenait qu’Astoria était toujours sensible lorsque cela touchait à son talent d’écrivain. Un jour, elle lui avait confié qu’elle rêvait de devenir romancière. Il l’avait alors encouragée à montrer ses écrits, mais elle avait refusé  en bloc. Drago eut alors le malheur de dire que c’était le comble pour une romancière de ne pas partager ses histoires, un sourire en coin. Astoria n’avait pas apprécié. Pas du tout, même.

 

 — Pendant mes deux premières années à Poudlard, j’ai tenu une sorte de journal intime… 

 

Peu sûre d’elle-même, elle leva les yeux vers son mari, prête à y déceler la moindre étincelle de sarcasme. Mais il n’y avait rien. Il l’écoutait avec attention, sirotant de temps à autre dans son verre de vin. Les joues cuisantes, elle reprit une gorgée de vin supplémentaire pour l’aider à délier sa langue.

 

 — J’ai retrouvé les carnets cet après-midi en débarrassant ma chambre. Ils étaient dans une trappe au sol, j’avais complètement oublié qu’ils étaient là. Je pensais les avoir brûlé depuis longtemps… En tout cas, je suis retombée dessus et c’était si drôle ! Je ne me souvenais pas d’avoir été aussi mièvre à treize ans.

 

Astoria poussa un soupir indulgent, les yeux perdus dans le vague, un sourire fleurissant sur ses lèvres. 

 

 — Je parie que tu fantasmais déjà sur moi à l’époque, déclara Drago, encouragé par son enthousiasme grandissant.

 — Oh si tu savais… Je n’étais même pas au courant de ton existence !

 

Elle éclata de rire devant la mine déconfite de ton époux. 

 

 — Tu étais dans la promo de ma soeur, donc oui, je t’avais déjà vu, mais je n’avais pas une très belle image de toi.

 — C’est vrai que je n’étais pas un enfant de choeur, concéda-t-il.

 — J’étais quand même un vrai coeur d’artichaut. Je suis tombée sur un passage où j’avais le béguin pour un Gryffondor. Je ne me souvenais même plus de cette histoire.

 — Un Gryffondor ? Pas Potter j’espère… Ou pire, Weasley…

 — Non, non. Neville Londubat.

 

Un jet de vin rouge traversa la table constellant la nappe de taches grandissantes. Drago s’étouffa dans une quinte de toux, inquiétant son épouse qui se précipita auprès de lui et lui tapota le dos.

 

 — Tu as avalé de travers, mon coeur ? 

 — C’est une blague ? Londubat ? réussit-il à articuler, les yeux baignés de larmes.

 

Londubat ? Sa magnifique et douce épouse avait eu le béguin pour Neville Londubat ? Il ne pouvait y croire. Lors de leurs premières années à Poudlard, Londubat était un garçon joufflu et pataud, le souffre-douleur des Serpentard. Il ne savait s’il devait en rire ou en pleurer. Astoria en fut fortement vexée.

 

 — J’avais treize ans… Au moins, c’est une bonne personne.

 

Le silence s’installa entre eux, à peine troublé par les toussotements de Drago, qui se remettait toujours de sa réaction. Astoria se dit qu’elle aurait mieux fait de se taire. Elle n’avait absolument pas anticipé une telle réaction de son mari. Visiblement, il connaissait Neville lui aussi, mais leur relation ne devait pas avoir été au beau fixe. Décidant de laisser le passé où il était, elle débarrassa la table et apporta le dessert.

 

 — Sinon, tout est prêt pour notre voyage de noces ?

 

Le lendemain matin, Astoria profita de l’absence de Drago pour ouvrir à nouveau le petit carnet. Certes, elle n’avait plus abordé le sujet avec Drago, mais la curiosité était plus forte. Elle ne se souvenait plus de la raison pour laquelle elle avait cessé de s’intéresser à Neville. S’étaient-ils disputés ? S’était-elle simplement lassée ?  Ou alors, avait-elle soudainement jeté son dévolu sur quelqu’un d’autre ? Impossible de s’en rappeler. 

 

Sans plus attendre, elle feuilleta le journal, le lisant en diagonale et s’arrêtant uniquement sur les passages qui l’intéressaient.

 

°OoO°OoO°

 

Lundi 5 décembre 1994

 

A 12h05, dans un couloir

 

Cher journal,

Flitwick nous a annoncé une grande nouvelle ! Il y aura un bal à Poudlard pour les vacances de Noël ! Seuls les élèves de quatrième année et plus peuvent y aller. Ca tombe bien, Neville est en quatrième année ! J’espère qu’il m’invitera…

Un bal ! J’adore ça ! Maman en organise un tous les ans, pour récolter de l’argent pour des associations. C’est l’occasion d’être bien habillée, bien coiffée, bien maquillée, comme une princesse… Bon c’est vrai que jusqu’à présent, je devais être au lit super tôt, avant même que la fête ne commence vraiment. Cette fois, c’est ma chance !

 

°OoO°OoO°

 

Mercredi 7 décembre 1994

 

A 17h28, à la bibliothèque

 

Cher journal,

J’ai croisé Neville. Comme tous les soirs, j’étudie une petite heure à la bibliothèque sur une table pas très loin de la sienne. Quand il n’est pas avec ses amis, on échange quelques phrases. Donc là, comme d’habitude, il me demande si je vais bien et on papote un peu. Il est toujours aussi timide, mais moins sur la retenue, ce qui me fait plaisir. Il me plaît de plus en plus, et j’espère qu’il ressent la même chose.

Du coup, j’ai lancé mon plan infaillible et ultra-secret. Je t’explique :

1) Sortir, par pur hasard (évidemment), mon devoir de botanique, placé bien en évidence sur la table.

2) Soupirer théâtralement, le regard perdu, jusqu’à attirer l’attention de N. 

3) Se plaindre de la difficulté du devoir lorsqu’il demande ce qui ne va pas.

4) Accepter son aide avec beaucoup de reconnaissance, mais en insistant ne pas vouloir le déranger.

5) Prévoir un moment dans la semaine pour travailler sur le devoir.

6) Lui parler du bal de Noël, avec beaucoup d’enthousiasme, en expliquant à quel point je rêve d’y aller.

7) Lui dire que j’ai deux personnes qui m’ont proposé d’y aller ensemble, mais que je préférerais y aller avec quelqu’un que j’apprécie vraiment.

8) Accepter son invitation.

Et voilà ! D’une simplicité enfantine, n’est-ce pas ? Pour l’instant, tout se déroule sans accroc, j’en suis à la phase 5, et il m’aidera vendredi après les cours. J’ai hâte !

 

°OoO°OoO°

 

Vendredi 9 décembre 1994

 

A 11h05, dans la salle commune

 

Cher journal,

Je suis en pleine panique. Et si tout ne se passait pas aussi bien que je l’ai prévu ? Et s’il se moquait de moi et racontait à tout le monde que j’ai le béguin pour lui ? 

Il faut que je me ressaisisse. Ce n’est pas son genre. C’est plus ce que ferait quelqu’un comme Drago Malefoy par exemple, mais pas Neville. Il n’est pas comme ça. Je dois me calmer. Tout va bien se passer. 

Dans quelle galère me suis-je embarquée ???

A 19h05, dans la salle commune

Bon, mon plan infaillible ne fonctionne pas si bien que ça.

Pourtant, tout avait bien commencé. A 17h tapantes, je suis entrée dans la bibliothèque, très très nerveuse. Neville m’a vue arriver de loin et m’a fait un petit signe qui m’a instantanément calmée. Encore une fois, je me suis excusée de le déranger ainsi, mais il m’a fait signe que c’était rien. Ca lui faisait même plaisir de m’être utile, il me l’a assuré avec un aplomb surprenant. 

Après quelques minutes, j’ai commencé à parler du bal. Je ne sais pas si j’ai réussi à être aussi enthousiaste que je l’aurais voulu, car je me suis sentie intimidée. En tout cas, il m’a répondu qu’il avait hâte lui aussi, mais qu’il devait encore trouver une cavalière. Alors que j’allais passer à la phase 7 de mon plan, il a soupiré : « Il y a quelqu’un que j’aimerais bien inviter, mais je ne sais pas comment elle va réagir… Ca m’étonnerait qu’elle accepte… »

Tu penses bien que j’ai tout de suite imaginé qu’il parlait de moi ! Alors, je me suis légèrement rapprochée et je lui ai chuchoté (parce qu’à la bibliothèque, je ne peux pas trop faire autrement) : « Qui ne tente rien n’a rien ! Tu pourrais être surpris. » Puis je lui ai offert mon plus beau sourire. Il a répondu : « Tu as sûrement raison, mais je ne sais pas si je vais oser… » Avec un clin d’oeil, je lui ai rappelé qu’il était à Gryffondor, n’est-ce pas censé être la maison des plus courageux ? Avec un petit rire, il a acquiescé. Puis il a réfléchi et s’est tourné vers moi avec un grand sourire : « Tu as tout à fait raison, Astoria ».

Est-ce qu’il m’a proposé d’y aller avec lui ? Non. 

Il s’est levé et s’est dirigé vers une table un peu plus loin, où son amie aux cheveux bouclés était assise, entourée d’impressionnantes piles de livres. Je l’ai regardé se tordre les doigts et bégayer des mots que je ne pouvais pas entendre. La fille a rougi puis lui a offert un regard désolé. Il est revenu, penaud : « Elle y va déjà avec quelqu’un. »

Je me suis seulement entendue répondre, d’une voix blanche : « Ne t’inquiète pas. Il y en a sûrement d’autres qui n’attendent que ça, que tu les invites. » Il a haussé les épaules, dubitatif et s’est replongé dans ses explications. 

C’était affreux. Est-ce que je me suis plantée sur toute la ligne ? Sûrement… Je devrais sans doute laisser tomber.

 

 

°OoO°OoO°

 

Samedi 10 décembre 1994

 

A 10h55, dans la salle commune

 

Cher journal,

J’ai finalement parlé de mon plan à Grace hier soir. Je pense qu’elle a dû voir que je n’allais pas très bien car elle n’a pas ri une seule fois. Elle s’est contentée de soupirer et de me rappeler que la subtilité et les hommes, ça fait deux. Elle m’a encouragée à lui demander carrément de m’accompagner au bal. 

Mais elle est folle, je ne pourrai jamais faire une chose pareille !

A 14h10, dans un couloir vide

Cher journal, 

Je pense que Grace a raison. Qu’ai-je à perdre ? Pourquoi se moquerait-il de moi alors que je l’avais vu essuyer un refus ? Peut-être qu’il pense que je ne m’intéresse pas à lui et que c’est pour cette raison qu’il ne m’a pas invitée ?

Cette histoire de bal commence sérieusement à m’obséder…

 

°OoO°OoO°

 

Mardi 13 décembre 1994

 

J’ai laissé passer ma chance. Grace m’a annoncé qu’il y allait avec une autre fille, une Weasley. Clairement, je me suis trompée sur toute la ligne. Ca ne m’arrivera plus.

Personne ne m’aimera jamais. 

Je déteste ma vie. 

°OoO°OoO°

 

Astoria feuilleta les pages suivantes, mais il ne fut plus jamais question de Neville Londubat. Un sourire ému sur les lèvres, elle cueillit une larme naissante du revers de la main. Elle s’en souvenait à présent, de cette humiliation secrète. A l’époque, elle avait cessé d’écrire pendant des semaines, accusant intérieurement son journal d’avoir alimenté ses illusions. Daphné était restée pour le bal de Noël et Astoria était retournée chez ses parents. 

 

Comme elle aimerait pouvoir rassurer la petite fille qu’elle était ! Bien sûr qu’elle serait aimée, et ce par un homme merveilleux qui n’avait d’yeux que pour elle. Son époux la comblait plus qu’elle n’aurait jamais osé l’espérer à treize ans. Et il était probable que le pauvre Neville n’avait probablement aucune idée de ce qu’il s’était passé entre eux en cette fin d’année 1994… La petite Astoria pensait avoir été transparente, mais à présent, elle doutait qu’il ait soupçonné quoique ce soit. 

 

Saisie d’une inspiration soudaine, elle se rendit vers son bureau et attrapa sa plus belle plume aux reflets mordorés. Avec un sourire amusé, elle trempa la pointe dans l’encre et commença à écrire sur un parchemin vierge.

 

Cher Neville…


Note de fin de chapitre :

Alors, qu'est-ce qu'Astoria va bien pouvoir lui écrire ? Auriez-vous réagi comme Drago en l'apprenant ?

Avez-vous reconnu l'inspiration qui m'a guidée dans l'écriture de ce chapitre ?

Merci d'avoir lu jusqu'au bout et n'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !

Je vous invite également à aller lire les autres participations ! :D

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