S'identifier | | Identifiants perdus | S'enregistrer |
Lien Facebook

En savoir plus sur cette bannière

News

Inscrivez-vous aux Journées Reviews !


Lire, écrire…

La Journée Reviews d’octobre se déroulera du vendredi 22 au dimanche 24 octobre. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.



De Les JR le 19/10/2021 20:31


Semaine d'adaptation ludique


La SAL revient !

Que vous ayez envie de découvrir le forum et ses sites, de braver des défis en équipes, ou de partager votre savoir de fossile de l'asso, vos pokeballs et vous pouvez vous inscrire dès à présent dans le vestibule !


De La SAL le 18/10/2021 14:50


Le Grand Ménage Orange 2020


Bonjour à toutes et tous, ici les Schtroumpfettes !

Nous adressons un message à nos adhérents ou anciens adhérents : le Grand Ménage Orange (plus connu sous le nom de GMO) pour la période 2012-2020 vient officiellement de prendre fin ! Ce sont plus de 9800 chapitres qui ont été passés au crible par nos yeux scrutateurs. Vous trouverez plus d'informations ici.
Pour les membres dont le compte aurait été verrouillé ou qui auraient perdu leur validation automatique suite au GMO, veuillez nous envoyer un mail à l'adresse hpf.moderation@gmail.com.

A très vite !

De L'équipe de modération d'HPFanfic le 10/10/2021 10:21


Sélections du mois


Félicitations à Fleur d'épine, Juliette54, Drachvador, Polock et Uzy qui remportent la toute mignonne (ou moins) Sélection Famille !

Pour novembre 2021, c'est le thème de Deuil qui vous arrachera peut-être quelques larmes. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois d'octobre, voyagez et rêvez dans des Lieux Magiques. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Entrez dans des grottes et des contrées jusque-là inexplorées !


De L'équipe des Podiums le 08/10/2021 13:54


116 ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 116e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 22 octobre à partir de 20h. Cette nuit sera en collaboration avec l'organisation de la SAL, la semaine d'intégration d'HPF. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 05/10/2021 19:15


115 ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 115e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 18 septembre à partir de 20h. Il s'agira d'une nuit où les musiques serviront aussi d'inspiration ! Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 08/09/2021 19:17


Loving friends par Lyssa7

[1 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Bonjour,

Cet OS fait partie de ma série sur Michael Corner et Mandy Brocklehurst. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas écrit sur eux et j'espère que cet OS vous plaira !

— Alors c’est le grand jour, hein ? J’espère que t’es prêt à te retrouver pieds et poings liés.

Terry Boot ne répond pas aussitôt à la pique de son ami. Il observe son reflet, et joue avec le col de son veston blanc qu’il essaie de mettre correctement. Michael Corner, affalé nonchalamment sur un fauteuil, l’observe avec un sarcasme caractéristique. Il semble visiblement sceptique face au mariage imminent de Terry et Padma. Selon ses dires, « le mariage, c’est clairement une grosse connerie ». Le futur marié, résigné, connaît le discours habituel sur le sujet de celui qui a pourtant accepté de devenir son témoin. Il lève les yeux au ciel, et lui renvoie un regard blasé à travers le miroir. La cérémonie commence dans une heure.

— Je suis parfaitement prêt, Michael. Merci de te soucier à ce point de mon bien-être, réplique-t-il, ironique.
— Je dis ça pour toi, mec. On ne sait jamais, tu pourrais encore changer d’avis. Peut-être que Padma a versé un philtre d’amour dans ton jus de citrouille du matin, tous les jours depuis que vous habitez tous les deux, et que c’est la raison pour laquelle tu as pris une décision aussi peu rationnelle. Ou alors, elle te tient par un chantage obscur qui t’obligerait à signer ce contrat de mariage et…
— Ou je l’aime, tout simplement. C’est la raison pour laquelle je l’épouse, que tu le croies ou non.
— Mouais, grogne son ami, peu convaincu.

Michael n’est pas du genre à croire à toutes ces billevesées, en effet. Il a des idées bien arrêtées sur le mariage et tout ce qui a trait à l’amour et aux relations sérieuses. Ses parents, en leur temps, lui ont bien fait comprendre qu’il était plus simple et moins douloureux d’être seul que d’être mal accompagné, et le jeune homme s’en tient à sa belle liberté. De belles femmes, des relations courtes, pas d’attaches ni de promesses. Simple et sans la moindre prise de tête.

Il ne comprend pas que Terry lie sa vie à celle de Padma Patil – bien que celle-ci soit également l’une de ses amies – car il s’obstine à penser que le mariage est une absurdité, des chaînes invisibles, un boulet au pied. Alors, d’accord, ces deux-là se connaissent depuis longtemps et sortent ensemble depuis bientôt sept ans, mais quand même. On ne lui enlèvera pas de la tête que le choix de son ami est une ineptie totale.

— L’amour… tu n’as que ce mot à la bouche. Le problème, mon vieux, c’est que Pad est ta première petite-amie, mais c’est aussi la seule. De toute ta vie. Tu te rends compte de ce que ça veut dire ?
— Non, mais je suis certain que tu vas m’éclairer dans la seconde…
— Que tu n’as pas eu l’occasion d’expérimenter autre chose… C’est comme si tu vivais en cage depuis quarante ans sans jamais avoir vu la lueur du jour ! Tu resterais forcément dans cette cage si on te proposait de sortir, parce que tu ne connais pas d’autres façons de vivre. Parce que tu es manipulé par cette situation que tu as toujours connue et que tu n’imagines pas les autres alternatives possibles…

Le plaidoyer de Michael est enthousiaste et finit par faire sourire Terry. Celui-ci sait très bien que son ami ne pense pas à mal, qu’il les aime tous les deux – Padma et lui – et ne souhaite que leur bonheur, mais il est convaincu du bien-fondé de son opinion, et surtout il se désespère de rester le seul homme célibataire de la bande qu’ils ont formée dans leur jeunesse. Une bande qui a été amputée de deux de ses six membres pendant la grande guerre de 1998.

Cette pensée, sombre et amère, provoque une bouffée de compassion chez Terry. Michael a eu du mal à se remettre de la mort d’Anthony Goldstein et de Lisa Turpin. Encore aujourd’hui, la presque totalité de ses sourires sont factices et il ne résiste jamais bien longtemps à un verre d’alcool. Alors, pour cette seule raison, Terry s’adoucit.

— Aucune alternative ne m’intéresse, et tu le sais bien, sourit-il. J’ai conscience que c’est difficile à envisager pour toi qui passe de femme en femme, mais j’ai trouvé celle qui me correspond et je ne compte pas la lâcher.
— Soit, mais ne viens pas chialer sur mon épaule si tu t’en mords les doigts, abdique finalement Michael.
— Je me souviendrai de ne pas venir « chialer sur ton épaule », ne t’en fais pas pour cela, rétorque son ami avec un rictus. En attendant, tu pourrais m’aider à attacher ce fichu col ?



***


La cérémonie de mariage vient de se terminer. Padma Patil et Terry Boot se sont dit « oui » pour la vie. Du moins, c’est ce que tout le monde croit et c’est ce que Mandy Brocklehurst se plaît à penser. Des étoiles plein les yeux, elle observe le couple de jeunes mariés qui entame la première danse de la soirée. Un slow, évidemment. La jeune femme les contemple tournoyer au centre de la pièce, et elle songe qu’ils ont bien de la chance de s’être trouvés, de pouvoir compter l’un sur l’autre chaque jour que Merlin fait.

Or, elle a conscience que la situation n’avait pas été simple pour le couple, notamment par rapport à la famille de Padma qui souhaitait trouver elle-même le futur époux et n’acceptait pas que leur fille se marie avec un anglais. Il avait fallu toute la volonté de la jeune indienne pour parvenir à les convaincre – elle les avait menacés de ne plus jamais leur adresser la parole et de les renier – et pour que les deux familles parviennent à un accord concernant la dite cérémonie. Ainsi, certaines traditions sont hindoues et d’autres sont protestantes.

La cérémonie a ainsi vu défiler un échange de bagues et de consentement mutuel, mais aussi le jaimala qui est un rituel sacré de guirlandes de fleurs au rythme d’incantations religieuses, et le lien éternel scellant leur union d’un sortilège magique produisant un filament entourant les épaules du marié et la taille de la mariée. Le père de Padma, cependant, ne semble pas particulièrement heureux malgré sa bénédiction et manifeste son mécontentement par un silence résolument glacial à la table où il est installé, prenant un malin plaisir à mettre dans l’embarras les parents de Terry.

Mandy soupire et lisse machinalement le tissu de sa robe d’un blanc immaculé. Elle ressemble presque à une véritable mariée. C’est Padma qui l’a choisie pour elle, chassant sa culpabilité d’un revers de la main : « Elle est faite pour toi, prends-la. Et puis, ce n’est pas comme si tu allais me faire de l’ombre vu que je me marie avec Terry dans la plus pure tradition indienne », avait-elle dit, désignant son magnifique sari traditionnel, rouge brodé de fils d’or. La jolie blonde a fini par accepter et s’est contemplée pendant des heures dans cette tenue, bien que sachant parfaitement que son rêve de conte de fées est loin d’être devenu réalité.

Elle n’a personne dans sa vie. Pas le moindre petit-ami en vue. Le dernier en date l’a quittée abruptement, lui reprochant de n’être qu’un subterfuge pour se sentir aimée. C’était blessant, elle essaye de ne pas y penser et se concentre sur l’homme qui vient s’asseoir sur la chaise vide à sa droite. Corner. Michael Corner. L’un de ses meilleurs amis. Le plus proche malgré leur conception de vie radicalement différentes. Celui qu’elle adore – peut-être plus ? – autant qu’il l’agace.

— Je leur donne trois ans maximum avant de vouloir divorcer. Et toi, princesse ?
— T’es qu’un connard, Corner, réplique-t-elle sans tourner la tête vers lui.
— Un connard réaliste alors. Terry passe son temps à se soumettre aux caprices de Padma. Il finira par se casser. Ou bien c’est elle qui en aura assez qu’il cède à toutes ses lubies. L’un dans l’autre – et je suis désolé de te l’annoncer – ils ne passeront pas l’éternité ensemble, enlacés dans le même caveau, persifle-t-il, moqueur.
— T’es glauque et pessimiste, en plus d’être un connard. Je te rappelle que c’est un mariage, assène-t-elle froidement.
— Je sais, Andy, justement.

Michael se rengorge et elle lui lance un regard en coin. Ses cheveux noirs sont, pour une fois, plutôt bien coiffés et, dans ce costard il a l’air cent fois plus mature qu’habituellement. C’est juste une impression, bien entendu. Sa nonchalance exemplaire reprend vite le pas sur l’aura de charme que l’élégance de la tenue lui confère. Le bras posé sur le dossier de la chaise de Mandy, il reluque les jolies femmes de la salle sans discrétion aucune. La jeune femme secoue vaguement la tête, légèrement blasée, tandis que ses yeux se posent un peu trop longtemps sur la ridule au coin de la lèvre inférieure de son ami. Elle n’a pas le temps de se détourner qu’il surprend son regard et qu’il lui renvoie un sourire narquois.

— Comment tu me trouves ?
— Ce costume te va plutôt pas mal, Corner, répond-elle, quelque peu gênée.
— Plutôt pas mal ? Tu te fiches de moi, Andy ? Je suis fantastique !
— Fantastique, mes fesses, oui, rétorque la jeune femme, levant les yeux au ciel.
— Très jolies fesses, par ailleurs ! la taquine-t-il, sarcastique.
— Pervers, assène-t-elle, lui mettant un léger coup de coude dans les côtes.

Michael éclate d’un petit rire rauque, démontrant qu’il se fiche particulièrement qu’elle lui colle cette étiquette. Elle est véridique après tout. Il aime les jolies femmes et son amie en fait partie. Quel mal peut-il y avoir à le lui dire ? A part, évidemment, le fait que c’est déstabilisant par moment, et que la limite entre amitié et amour est de plus en plus fine, de plus en plus floue. Mais c’est aussi ce qui fait le sel de leur relation, le charme de leurs discussions. Cette ambiguïté, ce fil en équilibre entre eux qui menace de les faire tomber à chaque instant fait toute la saveur de ces instants passés ensemble. Alors, oui c’est mal de flirter avec Mandy, pourtant il est bien incapable de s’en empêcher.

— Tu as préparé ton discours, j’espère ? s’enquiert-elle, soudainement inquiète.
— Tu parles de mon discours de témoin ?
— Non, je parle de celui en remerciement du titre du « plus bel abruti de la société sorcière », réplique-t-elle, ironique.
— Au moins, tu reconnais sans équivoque que je suis bel homme, la nargue-t-il, clin d’oeil à l’appui.
— Tu es surtout un abruti de première classe, Corner. Donc, ce discours ?
— Relax, Andy. En deux temps, trois mouvements, ce sera plié.

Le jeune homme semble trop sûr de lui pour que Mandy soit rassurée. Elle connaît sa position sur le sujet du mariage et elle craint le pire. En tant que demoiselle d’honneur de la mariée – Parvati étant le témoin de sœur – elle n’a pas eu à s’occuper du discours de mariage. Comme Terry est fils unique et que Michael est son plus proche ami, l’honneur est revenu à celui-ci d’écrire quelques mots et de les déclamer sur scène, ce qui effraie la jolie blonde plus encore que de danser avec le cousin des sœurs Patil qui la reluque depuis le début de la soirée. Elle craint le pire et se maudit de ne pas avoir pensé à lui écrire elle-même et à lui souffler de ce qu’il devait dire plutôt que de le laisser parler à l’assemblée. Ses doutes sont confirmées lorsque Michael sort de sa poche de costume un minuscule bout de parchemin qui ressemble étrangement à un post-it.

— L’improvisation, c’est mon credo !
— Pardon ?!

Mandy est trop choquée pour réaliser qu’il n’a rien préparé. La bouche légèrement entrouverte, elle ne sait que dire alors que l’échéance de l’événement se rapproche sans qu’elle ne puisse rien y faire. Déjà, la première danse se termine et une seconde s’enclenche. Dans moins de vingt minutes – juste avant que les entrées ne soient servies sur les tables – les discours des témoins seront prononcés. Un frisson d’horreur transperce Mandy tandis que Michael ne paraît pas le moins du monde mal à l’aise. Pire, il est visiblement dans son élément.

— Qu’est-ce que… qu’est-ce que tu vas dire, Corner ?
— La vérité, Andy, la vérité.
— Je te préviens, Corner, si tu gâches ce mariage, je t’arracherais ce qui te sert à procréer pour m’en faire…
— Miss Brocklehurst ? Est-ce que vous m’accorderiez cette danse ?

C’est un cauchemar, un véritable et impitoyable cauchemar. Amish, le cousin des jumelles, a finalement acquis du courage et se tient devant elle. Il lui tend la main, l’invitant à danser la prochaine valse qui vient tout juste de commencer à résonner dans la salle. Les couples se pressent sur la piste, et Mandy lutte pour trouver une excuse valable et refuser son invitation.

Le jeune indien n’est pas vraiment laid, mais ses yeux globuleux et ronds comme des bulles de savon lui font peur. Elle jette un regard de supplication profonde à Michael Corner qui sourit un peu plus, apparemment indifférent à ses souffrances, se moquant même de son sort. Pire, il jette de l’huile sur le feu et la réduit en cendres.

— Elle en serait ravie. Pas vrai, Andy ?
— Je… je danse vraiment très mal, réplique-t-elle, mal à l’aise, se dandinant sur sa chaise.
— J’ai souvenir que tu te débrouillais très bien lors du bal de Noël, tu n’avais pourtant que quatorze ans… intervient Corner, son fameux sourire en coin démontrant à quel point il s’amuse de la situation.
— Tu as mauvaise mémoire, assène-t-elle, verte de rage.
— Ne vous en faites pas, vous n’aurez qu’à suivre mes pas. Je suis très bon danseur, dit Amish, nullement découragé.
— C’est parfait alors, n’est-ce pas Andy ?

La dénommée Andy, plus couramment appelée Mandy, rêve à cet instant de le tuer. Elle le fusille du regard, espérant parvenir à cet état de fait mais rien ne se passe, son salaud d’ami étire d’ailleurs un peu plus son sourire malicieux. Il sait très bien qu’elle ne peut plus se défiler et se réjouit de la voir se lever de son siège, chuchotant à son égard quelques menaces bien choisies tandis qu’elle pose sa main dans celle, horriblement moite, d’Amish.



***


Mandy se laisse tomber sur sa chaise avec l’air d’une femme qu’on vient de libérer après des mois d’enfermement à Azkabhan. Durant toute la danse, Amish n’a cessé de vouloir se coller toujours plus à elle, au point qu’elle a dû le repousser plusieurs fois et inventer des stratagèmes improbables pour qu’il évite de la toucher. Cela n’a duré que quelques minutes, mais elle a l’impression que la valse a duré des années. Michael Corner, affalé sur sa chaise comme précédemment, l’observe se rasseoir, un rictus sarcastique aux lèvres.

— Et moi qui pensais que cet homme avait tout du prince charmant…
— Ferme-la, Corner, ou je t’envoie goûter le punch de plus près.
— C’est violent pour une princesse, commente-t-il, sardonique.

La jeune femme ne réplique pas, elle se contente de détourner les yeux pour se concentrer sur le discours de Parvati Patil qui vient tout juste de commencer. Quelque peu amère que son ami l’ait laissée aux mains d’Amish, elle décide de ne plus accorder la moindre importance à Corner. S’il veut se ridiculiser sur scène, grand bien lui fasse, elle le laissera se débrouiller seul. Et tant pis si cet abruti se fâche avec ses plus proches amis et qu’il doit fuir par la porte de service, ce n’est plus son problème.

— Nous sommes ici ce soir pour le mariage de ma sœur, de ma meilleure amie, de ma moitié, de mon double, déclare Parvati après avoir fait en sorte d’augmenter le volume de sa voix d’un coup de baguette sur sa gorge. Depuis toute petite, Padma a été celle qui m’a montré la voie à suivre. Elle est un exemple pour moi et je suis si heureuse qu’elle…
— Andy, ne boude pas, c’était pour rire… Ce mec n’était pas si répugnant, murmure Michael, se penchant vers Mandy.
— Ce n’est pas toi qui as été forcé de danser avec lui. Ne t’avise plus jamais de choisir à ma place, Corner, rétorque-elle froidement, sans tourner la tête vers lui.

Au bord de l’œil de son amie, il discerne une larme se former et il se fige. Soudainement, il se sent si mal qu’il en a la nausée. C’est comme si, tout à coup, il revenait des années en arrière. C’est comme si ce n’était plus Mandy, mais Lisa qu’il avait face à lui. Glaciale et emplie de déception. Derrière elle se tenaient Mandy, Terry, et Padma. La petite blonde l’avait fixé jusqu’à ce qu’il regrette le moindre de ses mots, et puis elle avait regardé Anthony avec plus de déception encore. « Ce n’est pas drôle, Michael. Tes blagues ne sont pas drôles. Elles ne font rire que vous deux, et cette peste de Megan Jones. C’est cruel de rire de quelqu’un à ses dépens, et je ne pensais pas que je devrais vous l’apprendre. » Il s’était senti comme une merde. Littéralement. Il avait seulement seize ans. Il avait trouvé l’excuse de la jeunesse. Il a vingt-deux ans maintenant, et il n’a plus aucune excuse.

— Andy, je…
— Je ne veux pas t’écouter. Tu es toujours désolé, le coupe-t-elle en secouant la tête de tristesse.
— Cette fois, c’est…
— Si tu as envie de raconter n’importe quoi sur cette estrade, vas-y, je ne t’en empêcherai pas, mais n’oublie pas que, contrairement à toi, les autres ont des sentiments. Tes amis s’aiment et ils t’aiment, peu importe ce que tu penses de leur mariage, alors je te supplie de ne pas tout gâcher, d’accord ?
— C’est cruel… se plaint-il, sa bouche se tordant en une grimace.
— Tu m’as donné de bonnes leçons en la matière, Corner.

Michael éclate d’un rire un peu triste, un peu rauque, et elle ne peut s’empêcher de lui jeter un regard en coin. Il passe une main gênée sur son front et lui offre un sourire désappointé. Sur les lèvres de la jeune femme, un minuscule sourire se dessine. Elle ne peut jamais lui en vouloir longtemps. Elle pense que c’est une malédiction et qu’il mériterait qu’elle le laisse souffrir de son absence pendant toute la durée de ce mariage, mais elle ne peut s’y résoudre. Depuis la fin de la guerre, l’un ne va pas sans l’autre. Malgré les reproches, les échecs, et les douleurs. Malgré les doutes, les peurs, et les pleurs. Envers et contre tout.

— Tu as raison, je suis un abruti fini, Andy.
— Contente que tu le saches, réplique-t-elle un peu sèchement.
— Tu me pardonnes ?

Elle le laisse mijoter quelques secondes de plus. Juste histoire de lui faire payer cette danse de l’horreur avec Amish. Pas assez longtemps pour qu’il croit qu’elle ne le pardonnera pas. Quelques secondes, pas assez pour résister son air de chiot en perdition.

— Je suppose que oui, finit-elle par répondre, légèrement lasse.
— T’es la meilleure, lui souffle-t-il tout en se levant de sa chaise. Parvati vient de terminer son discours.
— C’est à toi ? s’enquit Mandy, angoissée.
— C’est à moi, acquiesce-t-il, souriant. Mais ne t’en fais pas, princesse, je n’ai pas l’intention de gâcher le mariage de mes amis. Enfin… j’espère.

Sur ces quelques mots et avec un clin d’oeil charmeur, il se détourne, laissant Mandy en proie à ses questionnements désespérés. Elle espère simplement qu’il saura se tenir. En tournant la tête vers la droite, elle constate qu’il n’a bu qu’un seul verre et pousse un bref soupir de soulagement. Le pourcentage de honte qu’il est capable de s’infliger multiplié par le degré d’alcool qu’il a dans le sang vient de baisser. C’est au moins ça de pris. Mandy, les fesses ancrées dans sa chaise et les sourcils froncés par l’inquiétude, l’observe grimper sur l’estrade dans un silence presque religieux. En cet instant, et pour l’une des rares fois de sa vie, elle prie.



***


— Mesdames, mesdemoiselles et messieurs, bonsoir. Certains d’entre vous me connaissent, d’autres non, mais je vais quand même prendre la peine de me présenter. Il me semble que c’est une règle de bienséance essentielle et je suis un gentlemen, cela va sans dire, commence-t-il, sourire éclatant aux lèvres.

Le jeune homme s’éclaircit la voix, et son regard parcourt l’assemblée. Il croise le regard d’une dizaine d’inconnus. de Terry et de Padma, de Parvati. De leurs parents. D’anciens camarades de promotion dont il a oublié les noms. Celui des parents de Terry. Et celui de Mandy. Pendant un laps de temps très court, il envisage de leur mentir. De leur servir sur un plateau d’argent un discours niais et des anecdotes quelque peu gênantes que tout le monde gobera sans se poser de questions. Toutefois, Michael Corner n’est pas homme à s’inventer un tempérament. Alors, il reprend.

— Je me nomme Michael Corner, et je suis le meilleur ami du marié. Ce soir, je suis aussi son témoin. Un rôle qui – laissez-moi vous le confier – ne me sied pas du tout au teint. Pourquoi ? C’est sûrement ce que vous vous demandez, et je vous répondrais avec la plus grande des sincérités que je ne crois pas au mariage et à ses liens sacrés. Terry en était parfaitement conscient, mais il a pris ce risque malgré tout. J’ai toujours su qu’un côté Gryffondor rugissait en lui.

Quelques rires. Certains sont vrais, d’autres plus forcés. Terry s’est redressé et semble se demander à quelle sauce il va être mangé. Padma vient de perdre son sourire et fixe Michael avec son air de professeur coincé. Tous deux savent à quoi ils peuvent s’attendre avec leur ami.

— Toujours est-il que je ne vais pas vous dresser le portrait parfait des mariés pendant plus de vingt minutes comme l’a fait Parvati. Sans rancune, ma belle, ajoute-t-il en mimant un toast dans la direction de la jeune femme. Mes amis ne sont pas parfaits, et ils sont loin de l’être. Et croyez-moi, le fait d’être ensemble n’a jamais pallié à leurs défauts. Je vous dirais même que cela a une grosse tendance à les amplifier, mais je ne voudrais pas forcer grossièrement le trait. Terry est un être flegmatique. Typiquement anglais. Lorsque nous avions onze ans, je devais faire des pieds et des mains pour lui arracher trois mots et ça ne s’est guère arrangé en grandissant. Padma, elle, c’est tout le contraire. Elle a le sang chaud. Si vous lui demandez son avis sur un sujet, vous avez des chances que la conversation dure une décennie. Et je n’exagère presque pas. Alors, vous vous doutez bien que – une fois qu’ils sont sortis ensemble – ils n’ont pas changés du tout au tout pour autant. Ce qu’on vous fait croire est faux, la magie de l’amour ne les a pas transformés en quelque chose de mieux ou de plus beau. Terry n’est pas devenu un incorrigible bavard, et Padma n’a jamais su se taire. Ce qui est regrettable pour mes oreilles…

Michael essaie de ne pas prêter attention à Terry qui prend une grosse gorgée de son verre pour noyer sa déception et à Padma qui lui lance un regard venimeux. Il tente d’oublier les airs offusqués des parents de Padma, et ceux choqués des parents de Terry qui l’ont invité plusieurs fois à passer l’été avec eux. Il ne veut pas voir le désenchantement dans les yeux bruns de Mandy, ni sa lèvre inférieure qui tremble trop et qui dénonce qu’elle est au bord des larmes. Il poursuivra son discours, même si ce n’est pas celui qu’ils imaginaient.

— En vérité, l’amour ne les a pas transcendés. Ils sont restés tels qu’ils étaient. Ils se sont acceptés avec leurs qualités et leurs défauts, et ils ont passé les épreuves que leur a dressé la vie avec mention très bien. Et finalement, c’est peut-être ce qui me fait dire qu’ils sont faits pour être ensemble, pour avancer main dans la main. Parce que Terry et Padma ont su se relever, ne jamais se laisser tomber, et se faire confiance. Comme deux amis avant d’être des époux. Alors oui, c’est vrai, je ne crois pas à l’amour tel qu’on me le vend – on raconte d’ailleurs qu’il dure trois ans – mais j’ai envie de penser que leur version est la bonne et que – on peut l’espérer – ils réussiront à vieillir tous les deux sans se séparer. Je ne crois pas à l’amour, je ne crois pas au mariage, mais je crois sans aucun doute en mes amis ! Vive les mariés !


***


— Merlin, j’ai bien cru que j’allais devoir défendre ton honneur auprès de mon épouse, déclare Terry après le discours de Michael. Fort heureusement pour toi, la dernière partie lui a beaucoup plu. Et je la cite : « Cet idiot ne pouvait de toute manière pas faire mieux ! »
— Drôle de remerciement, grince Michael en saisissant le verre que le brun lui tend.
— Estime-toi heureux, tu sais comment elle est. Elle aurait pu se vexer pour moins que ça, d’autant que dans son esprit tout devait être parfait… et ton discours était loin de l’être, réplique Terry avec un sourire désappointé. Et puis, je doute que ses parents l’aient apprécié autant que nous. Quant aux miens, ma mère a été très touchée par ta vision de l’amour et mon père a beaucoup ri de ton approche peu commune. Enfin bref, tout ça pour dire que tu t’es plutôt bien débrouillé.
— Et Andy ? Où est-ce qu’elle est ? Je ne l’ai pas revu après mon envolée lyrique…

Terry hausse les épaules malgré le fait qu’il en ait une petite idée. Il ne sait pas où se trouve la jolie blonde, mais il parierait qu’elle essaie de contenir ses émotions quelque part, à l’abri des regards indiscrets. Mandy a toujours été hypersensible, et entendre ce genre de paroles de la bouche de Michael Corner a dû probablement la chambouler.

Celui-ci paraît justement préoccupé par le sort de la jeune femme, et Terry laisse un sourire discret fleurir sur ses lèvres. C’est assez comique de les voir si proches alors qu’ils étaient plutôt à couteaux tirés à Poudlard. Anthony serait probablement étonné de les voir se chercher ainsi sans plus aucune animosité. Et il serait également le premier à les charrier. Toutefois, Anthony n’est plus là pour le faire, et Terry se voit parfois contraint de reprendre son rôle.

— Je suppose que tu es déçu qu’elle ne t’ai pas sauté au cou pour te féliciter, dit-il avec son cynisme habituel.
— Elle paraissait tellement sûre que j’allais foirer que je voulais juste avoir le plaisir de me vanter, rétorque Corner.
— En même temps, je la comprends. Qui aurait cru que tu aurais réussi à faire preuve de sentiments ?
— Vas te faire foutre, Terry ! ricane Michael, bon joueur.
— Tu m’excuseras, mais j’ai d’autres projets…. riposte le jeune marié, goguenard.

Et Terry Boot lui fausse compagnie. Michael ne s’en vexe pas. Il est parfaitement conscient que son ami a des tas de personnes à voir aujourd’hui, des tas de mains à serrer, des tas de verres à proposer, et des toasts à porter pour la postérité. Il se dit qu’il va en profiter pour flirter un peu avec Mira, l’une des cousines éloignées des jumelles. C’est la sœur d’Amish, mais il semble qu’elle ait récupéré tous les bons gênes de sa famille. Parée d’un sari bleu nuit et de broderies argentées, elle a un visage et un corps à se damner.

Il s’apprête à se diriger vers elle quand il aperçoit Mandy dans un coin de la pièce, et Amish juste à côté. Ce dernier est trop près d’elle. Son amie, mal à l’aise, tente de se dépêtrer de la situation, mais l’autre ne semble pas comprendre qu’elle ne souhaite pas se trouver en sa compagnie. Cet homme est visiblement aveugle et sourd, songe ironiquement Michael. Tant pis pour Mira, elle attendra.

— Te voilà ! Tu sais que je t’ai cherché partout, Andy ? J’ai bien cru que tu t’étais volatilisée !
— J’étais ici, répond Mandy, profitant de l’occasion pour mettre de la distance avec Amish.
— Nous étions… commence Amish, visiblement mécontent de l’intervention.
— Pardonnez-moi de vous le faire remarquer mais il n’est pas nécessaire d’avoir des pouvoirs magiques pour discerner que mon amie n’apprécie pas votre conversation. Pourriez-vous, par conséquent, prendre congé ?
— Comment osez-vous…
— Je pourrais oser de manière drastique si je perdais mon sang-froid.

La froideur du ton et la menace sous-jacente de Michael paraissent avoir un effet sur Amish qui ne demande pas son reste et disparaît à travers la foule des invités. Juste après sa disparition, Mandy pousse un profond soupir qui trahit la tension qu’elle a dû ressentir avant l’arrivée providentielle de son ami. Tout en relevant les yeux vers lui, elle pose une main sur son bras.

— Merci, je croyais que je n’allais jamais réussir à m’en séparer, dit-elle, reprenant sa main presque aussitôt.
— Pas de quoi. Ce type commençait sérieusement à me taper sur le système à insister de cette façon.
— C’est pas toi qui voulais me jeter dans ses bras ? le taquine-t-elle sur un ton désabusé.
— Pourras-tu un jour me pardonner cette cruelle infamie ? réplique-t-il, faussement moqueur.

Mandy ne répond pas, elle se contente de baisser la tête et de croiser les bras sur sa poitrine. Michael se maudit d’avoir cru qu’il pourrait en plaisanter avec elle. Il aurait dû deviner que c’était trop tôt, trop vif dans l’esprit de son amie. La mâchoire du jeune homme se serre et ses yeux se posent sur les vitres reflétant les jardins extérieurs.

— Tu ne voudrais pas prendre un peu l’air, princesse ?
— Maintenant ? s’enquit-elle, prise au dépourvu.
— Oui, à moins que tu n’aies autre chose de prévu.
— T’es hilarant, Corner.
— On me le dit souvent.



***


Il fait chaud en ce mois de juin, et Michael ne supporte plus sa veste de costume. Alors, il l’enlève et la dépose sur son épaule tout en continuant de marcher aux côtés de son amie sur le petit chemin qui contourne le bâtiment loué par les parents de Terry pour la cérémonie. C’est un bel endroit situé dans la campagne aux abords de Londres. Entouré d’un grand parc fleuri, ombragé par les saules pleureurs, c’est idyllique pour un mariage.

Mandy, des étoiles dans les yeux, pense que Padma ne pouvait pas rêver mieux. Son amie a de la chance et elle est heureuse pour elle mais, au fond, elle l’envie aussi un peu. Padma a eu tout ce qu’elle désirait. Elle a le métier qu’elle voulait, un mari qui l’aime, et un beau mariage. Son existence est plus stable que celle de Mandy ne le sera jamais, et ça fait mal. Ça fait mal de se dire qu’elle reste figée dans le passé, à ressasser les mêmes cauchemars en boucle, à douter constamment, et à gâcher tout ce qu’elle touche.

Ses relations avec les hommes sont un échec. Un échec franc et total. Celles avec ses amis sont presque éteintes. L’invitation de Padma et Terry n’est qu’une façade. Ils ne se voient plus autant qu’avant. Le couple fait sa vie et s’éloigne des ondes négatives que Michael et elle peuvent leur renvoyer. Elle ne peut même pas leur en vouloir, elle leur donnerait presque raison. Le seul qui vaille la peine, le seul qui reste avec elle, c’est Corner. Elle n’aurait jamais parié sur leur amitié avant. Avant la guerre, les morts, et les douleurs. C’est pourtant lui qui est revenu d’Amérique après un an de congé sabbatique et qui a tout fait pour revenir dans sa vie. Il lui a juste dit qu’il avait besoin de sa meilleure amie. Cet abruti est doué pour les grands discours, elle aurait dû s’en douter puisqu’il sait baratiner les filles.

— Tu n’avais vraiment rien préparé pour ce discours ? demande-t-elle, sceptique.
— Rien de rien. J’ai du talent, c’est tout.
— Et un orgueil démesuré, assène-t-elle avec un sourire.
— Il faut reconnaître la perfection quand on la voit, princesse.

Mandy lève les yeux au ciel, et il éclate de rire. On voit ses dents. Elle aime bien ses dents. Les deux de devant sont écartées et ça lui fait penser à Lisa qui disait que Corner avait les dents du bonheur. Elle espère que son amie avait raison et que Michael finira par l’être vraiment. Ces dernières années ont été difficiles pour lui. Le revers de la guerre.

— J’admets qu’il était touchant ton discours, Michael, finit-elle par confier.
— Oh, tu m’appelles par mon prénom ? C’est toujours un signe d’émotion quand tu le fais, dit-il, attendri.
— N’y prends pas trop goût, je ne compte pas en faire une habitude, réplique-t-elle, sarcastique.
— Dommage, j’aime t’entendre le prononcer…

Mandy préfère ne pas répondre. Chaque fois qu’ils vont trop loin dans leurs mots, l’un ou l’autre se tait. Lorsqu’il s’agit d’elle, ses joues rosissent et elle trouve toujours le moyen d’enchaîner sur un autre sujet ; quand il s’agit de lui, il finit par le détourner en dérision. Cependant, cette fois, le jeune homme ne rattrape pas sa phrase. Il la laisse voler en suspension entre eux, les yeux fixés vers le bout de l’allée et sa rangée de rosiers. Le corps engourdi par la gêne et le coeur qui bat trop fort, la jeune femme détourne la tête. Le petit muret de pierres sur sa gauche lui semble être la parfaite diversion pour cacher son malaise. Elle s’arrête, obligeant Michael à faire de même.

— Qu’est-ce que tu fais ? interroge-t-il.
— Tu m’aides à monter ? demande-t-elle en désignant le muret.

Corner paraît surpris et amusé à la fois, mais il s’exécute. Le jeune homme pose ses deux mains sur sa taille et la dépose sur le muret. Le contact ne dure que quelques secondes avant qu’il ne la lâche mais le contact l’électrise. Ce n’est pas la première fois qu’ils se touchent. Après la guerre, ils ont passé des nuits à dormir dans le lit l’un de l’autre sans que rien ne se passe. Seulement, aujourd’hui, il y a entre eux une intimité qui diffère de tous les autres moments. Peut-être que c’est le lieu. Peut-être que c’est en partie à cause du discours qu’il a prononcé. Ou à cause de cette stupide phrase sans aucune importance. Ou bien… c’est la manière dont il la regarde quand elle marche en équilibre sur ce muret dans sa belle robe blanche.

— Finalement, tu l’as eue la robe blanche de tes rêves, commente-t-il avec un sourire en coin.
— Mais pas le marié, rétorque-t-elle dans un petit rire qui sonne faux.
— Tu finiras par le trouver, Andy, j’en suis persuadé.

Mandy l’espère également. En attendant, elle sait qu’elle peut compter sur son meilleur ami pour la soutenir. Que ce soit sur ce petit muret si jamais elle s’avisait de tomber, ou après chacune de ses déceptions. Elle lui fait confiance pour être présent à ses côtés même si elle est encore en équilibre.

Vous devez s'identifier (s'enregistrer) pour laisser une review.