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113ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 113e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 31 juillet à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 20/07/2021 18:47


Sélections du mois


Les votes de thèmes pour la sélection du Jury des Aspics de septembre 2021 sont ouverts ! Vous pouvez venir voter ici pour Famille Weasley-Delacour ou bien Famille !


De L'équipe des Podiums le 15/07/2021 21:26


24ème édition des Nuits Insolites


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 24e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 10 juillet à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 07/07/2021 11:27


Sélections du mois


Félicitations à Lyssa7, Whitewolf et Seonne qui remportent la Sélection sur la plus peste des Serpentard alias Pansy Parkinson !

Pour août 2021, la maison verte et argent sera encore à l'honneur avec la mystérieuse Narcissa Malefoy. Vous pouvez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de juillet, prenez votre dose de bonne humeur grâce à nos histoires d'amitié. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Que votre été soit ensoleillé et rempli de lectures !


De L'équipe des Podiums le 05/07/2021 23:26


Sélections du mois


À voter !

Les votes pour le thème d'août 2021 sont ouverts ! Venez choisir entre : Moldu ou Narcissa Malefoy.

Rendez-vous sur ce topic pour voter jusqu'au 30 juin 2021, 23h59.


De L'équipe des Podiums le 16/06/2021 18:19


2ème édition du Tour du monde des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que le Tour du monde des Nuits d'HPF se déroulera du vendredi 25 juin à partir de 20h au samedi 26 juin jusqu'à 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De L'équipe des Nuits le 15/06/2021 12:48


Mistinguette par CacheCoeur New!

[14 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

Titre : Mistinguette

Autrice : Cachecœur

Rating : M (mentions de tortures, de maltraitances, de crises d'angoisses, de tentatives de suicide, viol, d'addiction à la drogue, scènes un peu olé olé boum boum, agression sexuelle… ) - Les chapitres sensibles auront des TW au début (du moins j'essaierais, mais je peux oublier). Mais je vous jure qu'il y a des passages doudou et choupinets !

Disclaimer : Je ne possède pas l'univers de "Harry Potter" : les personnages ne m'appartiennent pas. Je laisse seulement voguer mon imagination avec les informations de J.K Rowling sur la next-gen. Je ne prends pas en compte « The Cursed Child ».

Nombre de mots : 457 000 mots divisés en trois partiesJe poste deux chapitres par semaine, selon mon humeur, si je n'oublie pas, en ce qui concerne les trois premiers quarts de la 1ère partie (les chapitres étant relativement courts), puis, un seul chapitre par semaine pour le dernier quart de la 1ère partie, de la 2nd et 3ème partie (parce qu'après les chapitres font souvent plus de 10 000 mots. Genre le dernier en fait 18 000).

Statut : La rédaction est TERMINEE ! Merci à Ballerine91 pour ses corrections !

Note 1 : Nous sommes le 31 août 2020, et il est très exactement 21h43 quand j'écris cette note. « Mistinguette » est un récit qui me rend particulièrement fière. J'ai écrit la dernière phrase il y a une demi-heure et je me sens heureuse, soulagée, presque, un peu nostalgique, en me disant que cette histoire est terminée. Pour vous, elle ne fait que commencer. Les personnages me manquent déjà…

J'ai cette histoire dans la tête depuis, très, très, très longtemps. Je crois que mes premiers brouillons remontent à 2013, quand j'étais encore au lycée. Mais elle est concrètement née en 2015, et j'ai rédigé un chapitre en 2017, avant d'abandonner, en me disant très sérieusement que cette histoire n'intéresserait personne. Puis, elle continuait de tourner en rond dans ma tête : c'était une obsession, il fallait que je l'écrive. Alors je l'ai fait, pour moi et rien que pour moi. Je me suis lancée durant l'été 2019. J'ai toujours voulu écrire sur Louis. Le fait qu'il soit à moitié français, qu'il ait des origines vélanes, est pour moi, très inspirant. J'ai mis tout mon cœur, dans cette histoire. Il y a beaucoup de créatures magiques, beaucoup de voyages, de destinations, des personnages, beaucoup d'aventures, de rencontres, d'angoisses, de sang, de larmes, de moments doux aussi, très très cucul et romantiques (on ne me changera pas); J'espère sincèrement que vous prendrez autant de plaisir à lire cette histoire que j'ai eu à en écrire.

J'ai écrit cette histoire dans un contexte assez particulier en fait. La première partie était à moitié rédigée en mars 2020, ce qui représente à peine 50 000 mots (bah j'avançais sur d'autres trucs en même temps, et ce n'était vraiment pas ma fanfiction « prioritaire »), et j'avais cette angoisse, d'entrer dans la vie active sans avoir le temps de terminer cette fanfiction qui me tient tant à cœur. Et bim badaboum bim bim, un petit virus fait son entrée : les cours sont suspendus, le confinement est annoncé, et pour m'occuper, j'écris. J'écris beaucoup. Je ne fais que ça. J'ai donc rédigé « Mistinguette » d'avril à août. J'ai beaucoup de mal à réaliser que je viens d'écrire les derniers mots de cette histoire…

J'espère que vous apprécierez mes personnages, et ces 450 682 mots, un nombre dont je ne me serais jamais cru capable.

Note 2 : Cette histoire est liée à ma série « De meilleurs lendemains »

Il est fortement conseillé d'avoir au moins lu :

« La valeur d'Opaline »

« Fabriquer des premières fois » - Mistinguette est la suite directe de cette fanfiction, et se passe deux ans après la disparition d'Allénore, au dernier chapitre.

« Malin Nilam ! ».

De façon plus annexes, des références seront faites à :

« Laisser partir »,

« Bourlingueur »

« A demi-mots »

« Le goût-arc-en-ciel »

 

Note 3 : Bon, vous l'avez compris, toute cette histoire est écrite à l'avance, ceux qui me connaissent commencent à avoir l'habitude : j'écris tout avant de publier. J'ai un traumatisme d'abandon en tant que lectrice, que je refuse de faire vivre à ceux qui me suivent. Cependant, je perds souvent la motivation de publier, donc faut me secouer les cloches quand j'oublie.

Note 4 : En début de chapitre, il y aura une liste de chansons, qui servent un peu de playlistet sont liées à l'histoire. J'ai créé une playlist youtube, que vous pouvez me demander, sur discord ou en message privé, si ça vous intéresse (Elles sont sur spotify aussi, si jamais, il suffit de taper « Mistinguette » dans la barre de recherche et de sélectionner la playlist concernée (celle de la partie I, celle de la partie II, ou celle de la partie III)

Sur ce, je vous laisse, en vous souhaitant une agréable lecture !

Cachecœur

 

Note de chapitre:

Partie I – Ne te trahis pas

Chapitre I – Là où tout commence

 

Suns and stars – Really slow motion

Coffee Coffee Coffee – Cafe A la Carte, Kyle Krone

J’men fous - Trinix

Good as it gets – Little Hurt


Louis

Deux mois avant la disparition d'Allénore  - 2027

– Tu sais, je crois que je serais capable de tout pour que tu sois heureux.

Je lève les yeux au ciel, et me rapproche d'elle. Je l'enserre au niveau de la taille. Sa peau est froide mais douce. Au creux de son cou, je sens son parfum. Un mélange de pomme, de violette, et l'odeur des pages d'un vieux livre peut– être… Sa peau a un goût salé parfois, comme l'océan, dont je ne m'abreuve jamais. Je pose mes lèvres sur son épaule, sur ses grains de beauté, après avoir dégagé ses cheveux si longs… Parfois, j'ai l'impression de n'être jamais assez proche d'elle, et que même si je la tiens dans mes bras, elle est encore trop loin.

Allénore ressent tout fois mille. Ça me fascine chez elle. Je sais qu'elle n'aime pas ça, que son hypersensibilité lui fait subir tellement de choses et que, comme tout est décuplé, les sons, les odeurs, les sensations, les émotions, elle a du mal à tout gérer. Elle est parfois excessive. Excessive dans ses joies, ses peines, ses vulnérabilités, ses angoisses, dans l'amour qu'elle porte à ses amis, à sa famille, dans celui qu'elle me porte… La vérité, c'est qu'elle est aussi créative, perfectionniste, très empathique et qu'elle est une véritable éponge émotionnelle. Personne n'est capable de me calmer mieux qu'elle, ou de me comprendre mieux qu'elle. Elle est intuitive. Elle observe et c'est tout… Elle sait sans parler. Pour moi, son hypersensibilité est un peu un super– pouvoir, même si elle le considère comme une malédiction, et souvent, elle sort ce genre de phrases mielleuses, étranges, sans aucun contexte, et me regarde avec cet éclat dans les yeux.

– Pourquoi tu me dis ça ? Je lui demande.

Elle se retourne et me sourit gentiment, en prenant soin de couvrir nos deux corps avec le drap que nous partageons.

– Parce que je le pense. Et que j'ai besoin que tu le saches. Ta peau contre ma peau, tes lèvres sur le point d'embrasser les miennes, ça vaut toutes les prières, à tous les Dieux que les Hommes ont vénéré un jour sur cette planète.

Parfois, elle me dit des trucs bizarres comme ça. Parce qu'elle est étrange, Allénore. Mais ce n''est pas grave. Ça m'attire. J'aime bien me moquer gentiment d'elle en disant qu'elle ferait une poétesse vraiment exceptionnelle. Ne pas être capable de deviner quelle sera sa prochaine phrase est grisant. Elle pose sa tête sur ma poitrine et écoute les battements de mon cœur.

– T'es vraiment fleur bleue et cucul parfois, c'est à vomir ! Je m'exclame en continuant de passer mes doigts dans ses cheveux.

Elle s'esclaffe légèrement, nullement vexée.

– C'est quoi ton signe astrologique, déjà ? M'interroge– t– elle.

Elle joue à nouer et dénouer nos doigts. Ses cheveux chatouillent mon torse à mesure qu'elle se blottie davantage contre moi.

– J'en sais rien, je ricane.

– Tu es né le quinze mai, donc tu es taureau, répond– t– elle après avoir réfléchit quelques secondes.

– Tu crois à tous ces trucs de moldus ?

Elle me frappe gentiment au niveau des côtes.

– J'ai été élevée comme une née– moldue, je te signale ! Ma mère et ma grand– mère sont fanas d'astrologie.

Je caresse la démarcation, entre son front et ses cheveux, là où pleins de petits cheveux partent dans tous les sens, indomptables.

– Nos signes astrologiques sont– ils compatibles ? Je me moque légèrement.

– S'ils ne l'étaient pas, je ne serais pas ici, me taquine– t– elle.

– T'es quoi, toi ?

– Cancer.

Vingt– cinq juin. Allénore adore fêter son anniversaire. Ce qui est assez paradoxal, quand on sait qu'elle déteste être le centre de l'attention. Je crois qu'elle aime tout simplement s'accorder cette journée, recevoir des cadeaux, réunir les gens qu'elle aime… Quand nous étions à Poudlard, nous le fêtions rarement : très souvent, les vacances scolaires approchaient, nous étions encore en examen et Allénore n'avait pas la tête à ça. Nous nous réunissions simplement tous à la table des Serdaigle, et on chantait fort, ses joues rougissantes et elle cachait sa tête dans son assiette qu'elle n'avait pas terminée, Scorpius prenait des photos… Depuis Poudlard, on le fête tout le temps tous les deux. Même quand nous n'étions pas ensemble. Le vingt– cinq juin, c'est encore dans quatre mois… Ce sera la première fois qu'on le fête en tant que couple… Je sais qu'elle a déjà prévu plein de trucs pour le mien. Elle n'est pas très discrète.

– Dans la mythologie grecque, le cancer, un tout petit crabe, était l'ami de l'Hydre. Dans le combat opposant ce– dernier à Hercule, et voyant que son ami allait perdre, le cancer tenta de l'aider, quitte à se sacrifier lui– même et dans un geste désespéré, piqua le pied d'Hercule. Agacé, Hercule l'écrasa sans ménagement, lui offrant une mort indigne et horrible. Pour le remercier d'avoir combattu aussi vaillamment, Hera, le plaça au nombre des constellations, marmonne– t– elle en continuant de jouer avec mes doigts.

– C'est une belle histoire.

– Je l'aime bien, sourit Allénore. Même s'il savait qu'il allait mourir, le cancer a tout fait pour défendre son ami, et lui donner du temps.

– C'est triste, je commente simplement.

– Ce n'est pas parce que c'est triste que ce n'est pas beau.

Je la renverse, pour passer au– dessus d'elle et chasser ses pensées parfois trop sombres. Je parsème sa gorge de baisers, jusqu'à l'entendre soupirer. Son désir et le mien éclosent. Elle tapisse mon torse de baiser par milliers, qui fleurissent le long de ma peau.

Quand elle est là, je vois des fleurs brodées sur des jeans, des jupes, je vois des colibris, des patronus, des origamis, j'entends un air de ukulélé et cette phrase qu'elle répète tout le temps dans le noir qui l'effraie, quand j'éteins la lumière pour dormir… : « La nuit permet aux étoiles de briller »

oOo

2029

Je me réveille en sursaut, la bouche pâteuse et les yeux lourds. Je lutte pour les garder bien ouverts. Mon rêve s'efface déjà, et je le laisse s'en aller avec plaisir. De toute façon, je ne me souviens jamais de mes rêves… J'essaie d'émerger doucement de mon sommeil. Les draps sont froissés et je tâte la place à côté de moi en grommelant. Elle est vide. Pourtant, hier, j'aurais juré qu'une femme s'y trouvait…

Je me relève maladroitement et aperçois une grande blonde, les cheveux coupés au carré, en train de se rhabiller. Remarquant qu'elle est observée, la jeune femme continue d'enfiler sa robe et se tortille dans tous les sens, avant de remettre ses lunettes sur le bout de son nez, un peu long :

– Elle en a de la chance cette Allénore…, me sourit– elle en s'approchant de moi.

Ça fait presque deux ans que je refuse d'entendre son prénom.

– Qu'est– ce que tu viens de dire ? Je m'étrangle presque.

Elle me vole un dernier baiser et je me laisse faire. Une vague de culpabilité monte dans ma gorge : je ne connais même pas son prénom. Il commence par un « b » peut– être, ou bien un « p »… Brenda ? Penny ? Qu'importe. Elle peut prendre tout ce qu'elle veut de moi… Je suis prêt à lui donner.

– C'était chouette ! Déclare– t– elle avant de faire claquer la porte de ma chambre. Et j'aime bien ce tatouage derrière ton oreille. Il est vraiment superbe…

Je laisse échapper un soupir et passe une main dans mes cheveux, que je secoue pour mieux me réveiller. J'ouvre mes volets, après avoir enfilé un pantalon et un t– shirt et me dirige vers la cuisine, ma baguette dans les mains. James y est déjà, en compagnie d'Albus, qui boit un café. Les deux frères restent silencieux, sentant probablement mon air morose…

– Comment va Nilam ? Je demande.

– Bien, répond Albus. Elle boude depuis trois jours parce que j'ai osé lui dire qu'elle avait un caractère de cochon…

– Ce qui est vrai…, assure James.

– Entièrement vrai ! Approuve son cadet.

– Mais tu n'es pas en reste non plus, je souris légèrement.

– Eh ! Y'a que moi qui ai le droit de critiquer mon frère ! Grogne son aîné.

– Eh y'a que moi qui ai le droit de critiquer ma fabuleuse copine ! Ajoute Albus l'air indigné.

Je partage un appartement avec James depuis plus d'un an et demi maintenant, et les bienfaits de la collocation à la Weasley m'ont vite pris de court. James a repris des études pour devenir auror et il avait eu besoin de quitter ses parents, son foyer habituel, autant que moi j'avais eu besoin de changer d'air et tirer un trait sur certaines choses. Albus toussote maladroitement avant de boire une gorgée de son café :

– Elle était mignonne…

– Elle était bruyante surtout, ricana James.

– Elle était chiante, je marmonne finalement. Qu'est– ce que tu fais encore là ? j'interroge Albus

– Rose m'a demandé de venir. Elle s'inquiète pour vous deux, parce que vous ne donnez pas de nouvelles.

– Je lui ai montré que notre frigo était plein, m'apprend James. Je lui ai aussi fait visiter l'appartement propre comme un gallion neuf, et il a même pu constater que tu avais une vie sexuelle comblée, se moque James en se tournant vers Albus. Tu pourras faire ton rapport à Rose.

– Elle est persuadée que vous passez vos soirées à boire des bières, à vous goinfrer de chips et à réviser ou travailler, soupire Albus.

Je ris intérieurement, parce qu'en fait, comme d'habitude, Rose a raison. La plupart de nos soirées se résument, à peu de choses près, à ça. James révise tous les soirs pour ses dernières épreuves à la formation d'auror, et moi j'accepte toutes les missions que le Ministère me donne, parcourant ainsi toute la Grande– Bretagne à la recherche de créatures magiques à soigner, apprivoiser, ou à recenser. Parfois, il m'arrive de penser que James et moi allons vivre ainsi pour le restant de nos jours.

– Elle n'a pas d'autres chat à fouetter en ce moment, Rose ? Je demande à Albus.

Albus hausse les épaules :

– Elle stresse pour son examen final et même Scorpius a bien du mal à la calmer. Alors du coup, elle pense à vous, et au bordel de vos vie, avant de penser au bordel de la sienne. Elle pense à d'autres choses…

– Et on fait parties de « ces autres choses » ? plaisante James.

Son frère hoche la tête :

– Elle est devenue totalement parano. Elle a déjà désinfecté l'appartement trois fois ce mois– ci, parce qu'elle est persuadée qu'il y a des mites. Et elle a emmené cinq fois Gribouille chez le véto moldu parce que…

Albus se tait. J'ai posé la tasse de café et je l'ai fait tellement fort, que les deux frères s'étonnent probablement de voir qu'elle n'est même pas ébréchée. Il n'est pas dix heures, et c'est déjà la deuxième fois qu'on fait référence à elle aujourd'hui. Je contemple mes pieds, le visage pâle. Parler de Gribouille, c'est parler d'Allénore et parler d'Allénore, c'est interdit.

– Molly rentre bientôt non ? Tente de détendre l'atmosphère James.

– Cette après– midi, je réponds laconiquement. Je la retrouve vers quatorze heures normalement. Mais la connaissant je doute de la voir avant la demie !

C'est Molly, ma meilleure– amie et cousine qui m'a forcé à faire cette colocation avec James. Parce qu'après le départ d'Allénore, je suis devenu un concentré de colère et de tristesse. J'étais agressif avec tout le monde, je repoussais ma famille, mes amis. Molly avait appelé ça ma phase « Louis Drama Queen », et ça m'avait fait rire. Même si la présence de James m'a aidé, je m'en suis sorti seul. J'ai surmonté ça… Quatre mois après son départ, j'ai emménagé avec James ici.

– Elle dort ici ?

– Non. Chez Janet et Tommy, je lui explique. Tommy s'en va en mission dans une semaine donc elle prendra sa chambre.

– Tout le monde part en mission, bougonne James.

– Papa ne te laisse pas partir ? Fait Albus surpris.

– Non. Et il n'y aura bientôt plus aucun auror en Grande– Bretagne, à cause de toutes les missions du moment… Teddy est au Mexique, Isaak Hartley est en Russie, Tommy recevra son affectation demain… Je ne sais pas vraiment ce qui se passe, mais je crois bien que les Autres n'en ont plus pour très longtemps, se réjouit James. Ils désertent tous pour partir ailleurs en ce moment !

– Ils ont l'air plutôt organisés, je soupire. Et ça fait plus de cinq ans qu'ils se préparent… Je n'en serais pas si sûr à ta place.

– T'es trop négatif Louis, ronchonne le brun.

Je hausse un sourcil, me voulant un peu menaçant. Mais je ne peux pas tricher avec eux. Ils sont ma famille, me connaissent par cœur. Alors, James et Albus explosent de rire et je les imite.

Le reste de ma journée est fastidieux. Ça fait un an et demi que je suis diplômé et que j'exerce en tant que magizoologiste. Comme d'habitude, j'ai un rapport à fournir au Ministère, sur la migration des psychards qui envahissent les plages de Grand– Bretagne. Je m'y suis rendu pour les observer et m'assurer avec plusieurs collègues que les psychards s'étaient bien acclimatés. Eux qui raffolent de la chaleur et ne peuvent vivre sans soleil, semblaient aller parfaitement bien. Ce phénomène m'inquiète pourtant énormément, presque autant que les licornes que l'on a retrouvé vidées de leur sang, ou les Oiseaux– Tonnerres qui sont introuvables… J'ai écrit une dizaine de pages, et je me demande si elles seront vraiment lues. Les créatures magiques ne sont pas vraiment les priorités du moment. Plus tard, dans la journée, je retrouve Molly dans notre bar favori. Cela me fait toujours un peu bizarre d'y être sans Tommy, Janet ou même David. Tommy se prépare à partir en mission, Janet est toujours interne à Sainte– Mangouste et David est encore au Japon… Le temps où nous nous voyions tous les jours quand nous n'étions que des élèves à Poudlard me manque parfois.

– Tu as une drôle de tête, me salue Molly.

– C'est de famille ! Je rétorque en l'embrassant.

Molly lève les yeux au ciel et prend ma main dans la sienne.

– Tu travailles trop.

– Parce que beaucoup de créatures magiques ont besoin de moi, je souris. En ce moment plus que jamais. Je ne sais pas vraiment ce qui se passe, mais ce n'est pas bon…

– Il y a plusieurs rumeurs à ce sujet, grimace Molly.

– Je ne les écoute pas vraiment. Je n'ai pas envie de perdre mon temps, je préfère m'occuper de ces créatures magiques…

Molly éclate de rire.

– Et qui s'occupe de toi ?

– Personne. Jen''ai pas besoin qu'on s'occupe de moi tu sais. Je suis un grand garçon !

Molly hoche la tête, sans trop le croire. Je la connais par cœur et quand elle plisse les yeux comme ça, c'est qu'elle a des doutes. Elle tripote son hélix, nerveuse.

– Je repars bientôt. J'espère bien profiter de mon cousin préféré… Tu me manques.

– Tu me manques aussi, j'avoue doucement. Parfois, j'aimerais redevenir adolescent … C'était chouette de ne pas avoir de responsabilités !

– A qui le dis– tu, rit Molly. Mais je trouve qu'on s'en sort bien.

– Oui.

Oui, nous nous en sortons bien, j'imagine. Molly est une bonne journaliste, moi un bon magizoologiste. On s'épanouit tous les deux dans ce qu'on fait. Molly est heureuse avec Camélia, sa petite– amie, et moi, je me plonge corps et âme dans mon travail.

Ma vie pourrait être bien pire.

Mais elle pourrait être bien meilleure…

Passer du temps avec Molly me fait toujours du bien et ça l'anime un peu, ma vie.

oOo

Je fulmine contre James et Albus, toujours à l'appartement. Les deux frères font énormément de bruit… S'ils ne s'entendaient que très moyennement enfants et adolescents, aujourd'hui, les deux frères Potter sont inséparables… La nuit vient de tomber. Cette journée a été comme les autres.

Je sursaute, en entendant toquer à l'entrée. Je me lève du canapé pour aller ouvrir. Quelqu'un maltraite de toutes ses forces la porte, et je traîne des pieds jusqu'à elle. J'ai un mouvement de recul, en laissant entrer mon oncle Charlie et son psychard, Faramond, éternellement niché dans ses cheveux.

– J'ai quelque chose à te proposer Louis.

– Bonjour, j'articule lentement, les yeux écarquillés. C'est un plaisir de te voir pour moi aussi, Charlie !

– Oui, oui…

Charlie fait quelques pas dans l'appartement et salue James et Albus, un peu interloqués :

– Tu n'es pas censé être en Russie ?

– Si. Mais je suis rentré hier, avec Isaak Hartley. Il est à l'hôpital. Il s'est fait prendre par… Bref, nous avons reçu un nouvel ordre de mission.

– Vous voyez ! Piaille James. Tout le monde part en mission sauf moi !

– Non pas moi, essaye de le réconforter Albus.

– T'étudies l'histoire de la magie Al ! Évidemment que tu n'as pas de missions ! s'emporte son aîné.

Charlie m'agrippe le bras pour me conduire jusqu'à ma chambre, qu'il ferme à double tour. Il agite sa baguette, pour insonoriser la pièce et je le regarde faire, les sourcils plus froncés que jamais, avant de croiser les bras sur ma poitrine :

– Qu'est– ce qui se passe ?

– Ça fait plus de quatre ans qu'on remarque des phénomènes étranges chez les créatures magiques. Les centres de soins sont plein à craquer, on trouve de plus en plus d'animaux magiques blessés par la magie et la main de l'Homme et nous, comme des crétins finis, on s'est douté de rien du tout…

– Charlie… Tu veux bien m'expliquer ?

– Tu te souviens de ce dragon ? Le tout premier que tu as touché ? Continue Charlie.

– Au Japon ? Il y a trois ans ?

Comment oublier ? J'ai vu un homme brûler vif sous mes yeux.

– On s'était tous demandé ce qu'un Boutefeu Chinois faisait au Japon, pourquoi il était aussi agressif, presque fou, pourquoi il avait migré… ?

– Euh oui… Et ? Je fais, toujours aussi perdu.

– Les centaines d'Oiseaux– tonnerres qui ont disparus, toutes les licornes que nous avons retrouvés blessées, les niffleurs qui volent de plus en plus, sans parler des trafics d'œufs de dragon qui n'ont jamais été aussi nombreux et bien organisés… C'est pour ça que les Autres vendaient du conscidisti en masse ! On savait que c'était pour se faire de l'argent, pour acheter des armes… Mais c'était surtout pour acheter des créatures magiques à Main Rouge, au marché noir !

Mon cœur bat étrangement un peu plus vite. L'inquiétude de Charlie est contagieuse. Sûrement parce que mon parrain est d'ordinaire, de nature assez calme et posée. Mais son affolement me gagne. Je n'ai pas écouté les rumeurs … J'aurais peut– être dû.

– Qu'est– ce qui se passe, Charlie ?

– Avec Isaak on les a trouvés. Enfin, ils nous ont trouvés. Ils l'ont capturé, puis je ne sais pas par quel miracle, il a réussi à se libérer. Il était en piteux état, ils ont même cassé sa baguette …

– Charlie ! j'insiste.

Il sursaute, et sur tourne vers moi. Je vois une goutte de sueur perler sur son front.

– Les Autres sont en train de dresser une armée de créatures magiques pour s'en servir contre nous.

Putain.

 

 

Note de fin de chapitre :

En fonction de votre impatience, je peux éventuellement publier le chapitre 2 dans la foulée. A vous de voir :)

 

 

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