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News

Journées reviews du 3, 4, 5 décembre 2021


Lire, écrire…

PAPA-NOËL : Oh oh oh ! Viens aider les lutins lors de la Journée Reviews de décembre !
MAMAN-NOËL : Elle se déroulera du vendredi 3 au dimanche 5 décembre !
LUTINS : Alors viens nous rejoindre en t'inscrivant ici !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.




De le 24/11/2021 10:54


117ème édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 117e édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 20 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt!
De Équipe des Nuits le 11/11/2021 14:44


Sélections du mois


Félicitations à Taka, Catie et popobo qui remportent l'enchanteresse Sélection Lieux Magiques !

Pour janvier 2022, c'est le thème de Créatures Magiques qui vous arrachera peut-être quelques frissons d'horreur... ou quelques soupirs de Boursoufflets attendris ! Vous pourrez dès à présent proposer vos deux fanfictions favorites sur ce thème en vous rendant ici ou bien en répondant à cette news.

Enfin, durant le mois de novembre, pleurez, criez, lamentez-vous ou peut-être, guérissez en faisant votre Deuil. Venez voter pour vos histoires préférées juste ici.

Et on se retrouve en décembre pour la Sélection de Noël qui sera tout à fait spéciale (comme l'année dernière en fait) !


De Equipe des Podiums le 08/11/2021 12:08


26ème édition des Nuits Insolites HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 26e édition des Nuits Insolites se déroulera le samedi 6 novembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir vous inscrire !
Les modalités de participation sont disponibles sur le même topic.

A très bientôt !
De L'équipe des Nuits le 30/10/2021 19:21


Inscrivez-vous aux Journées Reviews !


Lire, écrire…

La Journée Reviews d’octobre se déroulera du vendredi 22 au dimanche 24 octobre. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !

Le principe ? Réparti.e.s en binômes ou trinômes, vous écrivez au moins 10 reviews à votre binôme (5+5 pour le trinôme) pendant ces trois jours, sur HPFanfiction ou le Héron, au choix.



De Les JR le 19/10/2021 20:31


Semaine d'adaptation ludique


La SAL revient !

Que vous ayez envie de découvrir le forum et ses sites, de braver des défis en équipes, ou de partager votre savoir de fossile de l'asso, vos pokeballs et vous pouvez vous inscrire dès à présent dans le vestibule !


De La SAL le 18/10/2021 14:50


Peur des filles par Seonne

[5 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note d'auteur :

 

Il s'agit donc de ma participation à la quatrième épreuve de confort de Koh-Lanta HPF. Mes contraintes pour ce tour :

– Inclure deux genres musicaux attribués (pop et rock pour moi) :

            L'un sous forme de chanson : Peur des filles - L'Impératrice (pop).

            L'autre doit être « physiquement » présent et important dans le texte : le rock.

Endurance (2) : Écrire plus de 1700 mots (plus ou pile 1700).

Sensibilité (3) : Insérer (au moins) trois verbes de chaque sens.

            Vue : visualiser, jeter un coup d'œil, dévorer des yeux, voir.

            Ouïe : écouter, résonner, entendre, agresser les oreilles, percevoir.

            Odorat : respirer, humer, sentir.

            Toucher : effleurer, cogner, égratigner.

            Goût : savourer, piquer la langue, goûter.

– Mot-métier à insérer : analyser. Mots interdits : aider, anatomie, observation, psychologie, santé, urgences, symptômes, opération.

 

Note de chapitre:

 

Je ne vous cache pas que j'ai eu du mal à choisir ma chanson parce que j'écoute beaucoup de pop-rock (des bisous à CacheCoeur j'espère que tu ne seras pas trop déçue que je n'ai au final pas utilisé de titre de Therapie Taxi, mais iels sont à la frontières pop/rock donc j'avais peur que ça me retombe dessus derrière) et d'autres sons à la frontière entre plusieurs genres (d'ailleurs L'Impératrice est un peu à cheval entre pop et électro mais ahem, passons là-dessus). J'ai changé beaucoup trop de fois d'idées, aussi. Je me suis lancée dans l'écriture de ce texte mardi à 14h59 exactement donc j'espère que ça le fera quand même !

Je suis donc partie sur une song-fic de Peur des filles de L'Impératrice, qui traite à la base de misogynie (et je vous recommande le clip hyper rétro-kitch 60's si vous ne l'avez pas vu, il est extra) pour en faire quelque chose de complètement différent dans une ambiance rock...

Bonne lecture !

 

 

Dominique est assise à même le sol. Pas un coussin sous ses fesses pour amortir la dureté du parquet un peu crasseux ; mais ça, elle s'en contre-fout. Ça fait partie de l'ambiance. Ce qui donne son charme à la pièce – sa pièce, son repère, celle qui se plie à ses désirs sans broncher. Tout cet univers qui se redessine à chaque entrée, ce monde articulé sur-mesure à ses pensées, ses rêves.

Elle est adossée au mur, de trois quarts, la tête contre le montant de la fenêtre. Posture lascive et négligée. Un peu comme elle. Lascive et négligée, c'est bien un truc que pourrait dire sa mère. Ça la fait sourire, Dominique. Leurs remarques, leurs remontrances. Presque des compliments, pour elle. Elle est bien contente que ça ne leur plaise pas.

Elle ne rentre pas dans le moule et c'est très bien comme ça.

 

T'as peur des filles

 

Très bien comme ça, vraiment ?

Oui, elle essaye de s'en convaincre.

Il le faut bien.

Sa jambe gauche est tendue et la droite est repliée. Elle est avachie et le manche de sa guitare repose sur son genou. Elle en aurait aimé une électrique, mais les ondes magiques de Poudlard les détraquent toutes. Elle effleure les cordes du bout des doigts sans vraiment en écouter le timbre. Des rires résonnent jusqu'à ses tympans, lui parviennent à travers les carreaux entrouverts - pour lui redonner un peu d'air.

Si la Salle sur Demande, grimée en chambre d'adolescente des années 90, se pare d'un esprit rock aux goûts de Dominique, elle en devient presque étouffante. Les murs sombres couverts d'un papier peint à moitié déchiré pour le côté grunge ; des dizaines de posters rétro pour l'esprit « fan ». Le sentiment d'appartenir à une communauté. Ici, elle se sent à sa place, sous les regards de Bob Dylan, des Beatles et autres AC/DC. Plusieurs décennies se côtoient, des sixties aux nineties. Un bond de vingt à soixante ans dans le passé. Ce n'est pas sa faute, elle n'est pas née à la bonne époque ; elle en est persuadée.

Sauf qu'en ce début d'été – fin d'année scolaire, enfin – s'enfermer ici n'est pas la meilleure idée. Après tout, c'est la saison des festivals. Elle n'aura jamais connu Woodstock mais elle se trouve chaque année dans la foule de Glastonbury. Une tête rousse noyée parmi les centaines, les milliers de Moldus qui s'y pressent. Elle a hâte que la fin de juin arrive à nouveau pour sentir le soleil brûler sa peau et les basses des amplis cogner jusque dans son cœur.

Dominique ferme les yeux et essaye de visualiser cette atmosphère si chère à son cœur, si différente des murs policés de son école. Pour un peu, elle en entend les mélodies remonter de ses souvenirs. Ou est-ce la platine qui s'est mise en marche ? Un vinyle rayé la fait crachoter.

C'est son oncle Charlie qui l'a initiée à la bonne musique ; le rock Moldu, si différent, si décalé. Elle en savoure chaque note, chaque morceau. Plus iconique et plus trash que celui des sorciers. Plus universel, aussi. Les Bizarr' Sisters et leurs homologues ne sont que de pâles copies ; des imposteurs. Elle s'est plongée à la source, Dominique. Et puis, c'était mieux avant – elle déteste lorsque les adultes prononcent cette phrase ; pour autant, elle est nostalgique d'un temps qu'elle n'a pas connu. D'un monde dans lequel elle n'a pas vécu.

 

Ah, si seulement c'était des gars

 

Un crissement agresse ses oreilles – d'un coup de baguette, elle retire le disque usé. Le silence retombe sur la pièce et Dominique perçoit malgré elle les rires suraigus des pimbêches, dehors. Elle ne peut résister et elle jette un coup d'œil. Elle ne sait pas pourquoi la Salle sur Demande persiste à fixer sa fenêtre magique sur une telle vue. Pour un peu, elle respirerait presque les parfums lourds et sucrés de ses camarades de dortoir qu'elle fuit comme la peste.

Elles sont bruyantes, futiles, volages. Dominique est un peu sexiste ; dans un sens, elle se sent plus garçon que fille. Elle sait bien que ces attributs de genre ne sont que des constructions sociales – sa chère cousine Molly lui a fait tout une thèse dessus lors des dernières vacances – mais cette idée finit toujours par lui revenir en tête. Les tresses et les robes à volants, ce n'est pas pour elle. Elle préfère ses bottes au bout éventré par lequel sortent ses semelles, ses blousons en cuir et ses jeans Moldus à trous. Quoi qu'en dise sa mère.

Elle est vulgaire, décalée, pas à sa place. Avec ses lunettes noires et ses cheveux rouges. Tout le cliché de l'adolescente rebelle de la demi-décennie précédente.

Certains disent qu'elle veut se faire remarquer. Peut-être. Elle fait du bruit, Dominique.

Et c'est très bien comme ça.

 

Peur des filles

 

D'ailleurs, le rock, c'est un peu un monde de mec. En y réfléchissant, cette norme-là a bien changée, elle aussi, depuis ce temps dans lequel Dominique voudrait se transporter. Est-ce une des raisons pour lesquelles elle y n'adhère pas aux musiques d'aujourd'hui ?

Son regard finit par revenir sur ses camarades. Elles sont cinq - Amy, Phoebe et Imogen, de sa maison, avec deux élèves de Poufsouffle dont elle n'a pas envie de rechercher les noms dans sa mémoire brumeuse. Puis elle se détourne, encore, alors qu'une chair de poule remonte sur ses bras.

Leurs voix sont cristallines et leurs visages sont baignés des rayons du soleil, éclatants. Elles rayonnent d'une insouciance qui lui déplait, à Dominique.

 

Elles préparent un sale coup, ça s'voit

 

Qu'est-ce qu'elles peuvent bien se raconter ? En vérité, Dominique n'en n'a aucune idée. Elle n'a jamais été intégrée dans leurs discussions. Peut-être parce qu'elle n'en a jamais fait l'effort, peut-être parce qu'elles ne lui ont pas laissé sa chance. Gamine sapée en noir de la tête aux pieds, aux yeux soulignés de traits de mascara épais et à la dégaine atypique, elle sait qu'elle ne renvoie pas une image avenante. Tant pis. Elle s'est enfermée dans propre noirceur pour se faire pardonner d'être seule, d'une certaine façon.

Elle sert si fort le manche de sa gratte que les cordes lui égratignent la peau.

 

Peur des filles

 

Pourtant, elle finit toujours par y revenir. Elle s'est tenue loin des autres pendant longtemps sans que cela ne la peine trop. Elle a seize ans, aujourd'hui. Six ans qu'elle dort dans la même pièce qu'elles – ces filles sont presque encore des inconnues, pour elle. Elle en sait plus sur la vie de Mick Jagger que sur celle de Phoebe, par exemple.

Elles l'intriguent, au final. De plus en plus.

En réalité, elle sait bien pourquoi la Salle sur Demande lui offre une telle vue, par sa fenêtre qu'elle peut faire apparaître n'importe où. À un moment, Dominique finit toujours par se désintéresser du portrait de Led Zeppelin et de la photographie aussi ensorcelée qu'ensorcelante de Nirvanna pour dévorer des yeux les filles attroupées au bord du lac.

 

Ça pourrait faire des dégâts

 

Mais cette curiosité, Dominique, elle ne sait pas trop si c'est une bonne chose ou non. À vrai dire, elle la déteste. Tout était beaucoup plus simple, lorsqu'elle n'en avait rien à fiche, des autres. Des filles.

De Amy, surtout.

Dominique se mord les lèvres à cette pensée. Elle n'arrive même plus à savoir quand tout ça a commencé. En revanche, elle sait quand elle s'en est aperçue. Le jour où ils ont étudié l'Amortensia en cours de potion. Le jour où elle a humé les vapeurs du philtre d'amour ; à l'instant où elle a réalisé que parmi ces effluves, celle qui se distinguait le plus sentait la même odeur que le parfum d'Amy.

Et cet après-midi, perchée à sa lucarne, de si loin, Dominique a presque l'impression de pouvoir sentir encore ce fichu Brise de printemps.

 

Peur des filles

 

Et ça l'emmerde, toute cette histoire, Dominique. Elle n'arrive pas à savoir ce qu'elle ressent, à l'intérieur : un mélange de colère qui lui bout dans le ventre ; chassée par les papillons qui batifolent en elle. Analyse compliquée.

Elle se demande, parfois. Si elle pourrait y faire quelque chose.

Tenter.

Oser.

 

Pour toi ni mots doux, ni rendez-vous

 

Sa rage remonte. Elle s'en veut de se créer des faux-espoirs.

Être victime de moqueries, elle sait bien ce que c'est. Elle le vit depuis des années ; parce que son allure de rockeuse n'est pas au goût de tout le monde.

Mais ce serait tout autre chose.

Avouer ses sentiments.

À une fille.

Coupler une vulnérabilité dans laquelle elle ne se reconnaît pas et un coming-out alors qu'elle-même ne sait pas vraiment comment elle se caractérise.

Impossible. Rien qu'à se le représenter mentalement, un goût amer lui pique la langue.

Bordel, tout était bien plus simple, avant.

Foutu cours de potion.

Pourquoi ne peut-elle pas se contenter de fantasmer sur ses rockstars préférées, comme des milliers d'adolescentes avant elle ? Elle a un regard triste pour l'affiche depuis laquelle Bob Dylan lui envoie un clin d'œil. Il a pourtant un sourire adorable – même s'il a bien soixante ans de plus qu'elle.

 

T'as peur des filles

 

Des larmes lui brouillent la vue et Dominique les essuie de son poing fermé.

Elle a beau être différente, décalée, hors des clous, une part d'elle voudrait qu'elle rentre au moins dans l'une des cases.

Elle aime être cet extra-terrestre, débarquée du passé dans une époque trop moderne, imprégnée de sons Moldus alors que les sorciers se complaisent dans des remakes. Mais quand elle écoute Amy faire les éloges de Celestina Moldubec, Dominique se sent presque une envie de découvrir la pop.

Pourquoi les choses doivent-elles être si difficiles ?

Elle ne sait pas – elle ne sait plus – ce qu'elle veut.

 

Ah, si seulement c'était des gars

 

Des fois, Dominique voudrait rentrer dans le moule.

Parce que ce serait plus facile.

Elle ne veut pas finir seule – ou devoir se cacher pour ne pas décevoir sa famille comme a pu le faire l'oncle Charlie.

D'en bas, Amy doit se rendre compte de l'insistance de ses œillades. Elle lève les yeux vers elle ; leurs regards se croisent un instant. Dominique sent son cœur s'affoler et dans un mouvement de panique, elle se jette à l'intérieur et claque le battant.

Elle glisse, tombe ; elle trébuche et elle fait s'effondrer une pile de vinyles à l'équilibre précaire. Elle voit un peu trouble et il lui semble que les pochettes se métamorphosent. Les visages imprimés changent. Tina Turner, Janis Joplin. The Runaways, groupe exclusivement féminin.

Bien sûr, que les femmes ont aussi eu leur place dans le rock. Dominique le sait. Ces vinyles-là étaient seulement dans une pile à part car il lui est trop difficile de les regarder.

Au centre des disques éparpillés, il y a Zombie, des Cranberries. Dominique pleure, maintenant, ses larmes coulent et sa vision revient à la normale. Juste à temps pour qu'elle se réalise à quel point le visage de Dolores O'Riordan, la chanteuse, lui rappelle celui d'Amy.

Les mêmes pommettes anguleuses, le même nez droit.

Les mêmes lèvres fines et dessinées qu'elle brûle tant de goûter.

Incapable de soutenir la comparaison, Dominique s'enfuit. Elle claque la porte de la Salle sur Demande derrière elle – vivement les vacances.

 

 

Note de fin de chapitre :

Merci de m'avoir lue et j'espère surtout que ce texte vous aura plu ! J'avoue que ces contraintes musicales m'ont donné du fil à retordre, je ne suis pas très song-fic. En tout cas n'hésitez pas à me laisser une petite review ;)

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