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128ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 128e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 20 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits comme bonne résolution pour 2023. vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A très bientôt !


De Les Nuits le 12/01/2023 23:25


Sélections du mois


Félicitations à MadameMueller, Lossifovna, CacheCoeur et Juliette54qui remportent la Sélection Fanfictions Longues !

Et pour le mois de janvier, venez lire la Sélection Remus Lupin ! Vous pouvez découvrir ces cinq histoires et voter jusqu'au 31 janvier ici.

Persévérance, loyauté, courage… Les valeurs de Hermione Granger vous inspirent-elles ? Lors du mois de février mettez-les à l’honneur lors la Sélection Hermione Granger ! Vous avez jusqu'au 31 janvier pour proposer des textes (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/01/2023 19:18


31ème Nuit Insolite


Chers membres d'HPF,


Nous vous informons que la 31e édition des Nuits Insolites se déroulera le vendredi 16 décembre à partir de 20h. N'hésitez pas à venir découvrir les nuits pour la dernière de 2022. vous inscrire !


Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.


A très bientôt !



De Les Nuits le 16/12/2022 12:52


Sélections du mois


Félicitations à CacheCoeur, Bloo et Kuli qui remportent la Sélection Next-Gen !

Et pour le mois de décembre, venez lire la Sélection Fanfictions longues ! Vous pouvez encore découvrir ces 12 histoires et voter jusqu'au 31 décembre ici.

Vous aimez les fourrures à poil doux ? Lors du mois de janvier vous en trouverez une toute douce avec la Sélection Remus Lupin ! Vous avez jusqu'au 31 décembre pour proposer des textes sur notre loup-garou favori (vos deux fanfictions favorites, ou votre favorite si elle fait plus de 5000 mots) sur ce thème. Pour ce faire, rendez-vous ici ou bien répondez directement à cette news.


De L'équipe des Podiums le 02/12/2022 20:53


127ème Nuit d'écriture


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 127 édition des Nuits d'HPF se déroulera le samedi 19 novembre à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire.
Profitez du nanovember pour (re)découvrir les nuits !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.
A bientôt !


De Les Nuits le 15/11/2022 18:50


Journée Reviews de novembre !


Les reviews, vous aimez en écrire et en recevoir ?

Entre deux textes pour le nano, nous vous invitons à participer à la Journée Reviews de novembre qui aura lieu du vendredi 18 au lundi 21 novembre. Vous pouvez venir vous inscrire sur cette page du forum jusqu'au mercredi 16 novembre. On a hâte de vous accueillir avec une bonne tasse de thé, des gâteaux et de nouveaux textes à découvrir !

A très vite !


De Le duo des Journées Reviews le 05/11/2022 20:37


Autre chose par Celiag

[9 Reviews]
Imprimante
Table des matières

- Taille du texte +
Note de chapitre:

Bonjour à tous !

Je suis partie en vacances en Corse et cela m'a donné envie d'écrire une histoire qui s'y passe. Comme j'avais la flemme d'écrire toute une fanfiction là-dessus et que je n'avais pas d'idée de scénario, j'ai écrit un OS. C'est un exercice auquel je n'excelle pas, je m'en excuse d'avance ^^ Je trouve cela très difficile d'écrire quelque chose qui ait de l'intérêt et qui soit construit avec un contenu aussi court. Bref ! J'espère que ce sera divertissant à défaut d'être intéressant !

On se retrouve prochainement pour une fic plus longue et construite que je suis en train d'écrire et que je publierai sans doute à la fin de l'été.

Bonne lecture et à bientôt !
Harry est concentré sur le flacon, observant le liquide verdâtre avec un mélange d’impatience et de perplexité. C’est la première fois qu’il fait lui-même la potion qui permet d’analyser l’ADN d’un suspect et il n’est pas certain d’avoir réussi. A côté de lui, l’Auror qui le forme et surveille ce qu’il fait, semble beaucoup plus confiant. Harry ressent un soulagement important quand la potion fait enfin effet. Sur l’étiquette du flacon, un nom apparait lisiblement, dans une petite écriture serrée dont personne ne connait l’auteur.

- Edwin Monday, lit Harry. Nous tenons notre coupable !

Deux jours plus tôt, il s’était passé quelque chose d’incroyable : un sorcier avait réussi à s’introduire dans la banque de Gringotts, avait ouvert plusieurs coffres et volé des millions de Gallions. Les coffres appartenaient tous à de vieilles familles riches et le voleur savait parfaitement ce qu’il faisait. Harry, fraichement diplômé, s’était vu confier l’enquête, sa toute première. Un voleur, c’est moins grave et angoissant qu’un meurtrier, ce qui rassure beaucoup Harry. Enthousiaste et excité, il jette à son collègue un regard triomphant.

- Je vais tout de suite chez lui !

- Tu veux que je vienne ? demande l’Auror.

- Non, répond fermement Harry. J’ai envie d’y arriver seul.

- Très bien.

Après s’être informé sur Edwin Monday, Harry transplane jusqu’à son domicile, situé en périphérie de Londres dans un vieil immeuble un peu miteux qui pousse Harry à se dire qu’il comprend qu’Edwin ait ressenti l’envie de voler de l’argent. Harry ouvre la porte de l’immeuble avec un sortilège et monte jusqu’au deuxième étage. Là, il hésite. Il sait qu’en général, il faut frapper et s’annoncer. Le problème, avec les sorciers, c’est qu’ils transplanent dès que les Aurors font cela. Quand ce n’est qu’un interrogatoire de témoins, Harry frappe. Mais là, il sait qu’il tient son coupable et préfère ne pas prendre de risque. Il déverrouille la porte d’un coup de baguette et est vaguement surpris qu’elle s’ouvre immédiatement, sans résister. La plupart des sorciers ensorcèlent leur porte pour la protéger.

Harry entre dans l’appartement, silencieusement. Dès les premiers pas, il sent que quelque chose ne va pas. Il a l’impression que l’appartement est vide et en même temps, qu’il n’est pas tout seul. Avec précaution, Harry pénètre dans le petit salon qui fait aussi office de cuisine. Il se fige, stupéfait. La pièce a été fouillée, il n’y a pas de doute. Les tiroirs sont ouverts, des tonnes de papiers et de bibelots trainent sur le sol, même les coussins du canapé ont été retournés. Nerveux, Harry serre sa baguette et tend l’oreille. Il entend du bruit dans la pièce d’à côté, surement la chambre. Il s’y dirige lentement, se cogne malgré tout contre un vase tombé sur le sol et constate que le bruit s’est brusquement arrêté. Harry prend une profonde inspiration et rejoint la chambre, baguette tendue.

Quand il pénètre dans la chambre, Harry se retrouve face à un homme qui le menace de sa baguette, lui aussi. Ce n’est pas Edwin, c’est Drago Malefoy. Harry le fixe, surpris et méfiant. L’autre semble en proie aux mêmes sentiments.

- Qu’est-ce que tu fais là Potter ? demande Malefoy.

- Je suis Auror, j’enquête, répond Harry avec agacement. Et toi ?

- J’enquête aussi.

Harry le regarde sans comprendre et n’abaisse pas sa baguette. Il n’a aucune confiance en Malefoy.

- Tu recherches Edwin Monday ? demande Harry.

- Exact.

- Pourquoi ?

- Parce qu’il m’a volé 125000 Gallions et que je veux les récupérer.

Harry aurait dû s’en douter, il sait parfaitement qu’Edwin a volé les coffres des Malefoy en plus des autres. Il se sent stupide de ne pas avoir compris immédiatement et met cela sur le choc de se retrouver face à Drago de cette manière.

- Tu es rentré par effraction chez quelqu’un, tu n’as pas le droit de faire ça… fait remarquer Harry pour reprendre le contrôle.

- Et alors quoi, tu vas m’arrêter, Auror Potter ?

Il y a tellement de mépris et de condescendance dans la question de Malefoy que Harry se sent rougir et devenir de plus en plus énervé.

- Je pourrais parfaitement, rétorque-t-il.

Maintenant, il se sent puéril. Face à lui, Malefoy abaisse légèrement sa baguette. Il semble réfléchir, hésiter puis prendre une décision.

- Tu enquêtes sur le cambriolage de Gringotts, n’est-ce pas ? demande Drago.

- Oui.

- Tu vas rechercher Edwin où qu’il soit ?

- Oui sans doute. Qu’est-ce que tu veux ?

- Je sais où il est allé. Si je te le dis, je veux que tu me laisses t’accompagner.

Harry fixe Drago, bouché bée.

- Quoi ?

- Je veux venir avec toi et le retrouver. Avec tes méthodes d’Auror, nous y arriverons sans doute plus facilement que si j’y vais seul.

- Je n’ai pas besoin de toi pour le retrouver et l’arrêter, tu n’as pas besoin de venir, rétorque sèchement Harry.

- Je veux venir pour m’assurer qu’il me rende l’argent.

- Si je l’arrête, il va te le rendre.

- Non, si tu l’arrêtes, il ne va rien dire du tout, il va faire ses quelques mois à Azkaban, va ressortir et se tirer définitivement avec mon argent ! Je veux être certain qu’il me dise où il a caché l’argent.

- Et donc ? Tu comptes sur moi pour le retrouver et puis tu espères que je vais te laisser le torturer pour qu’il te dise où est l’argent ?

- Je n’ai jamais dit que j’allais le torturer, répond Malefoy avec agacement.

- Peu importe, hors de question qu’un civil m’accompagne dans une enquête, les choses ne se passent pas comme ça.

Malefoy lance à Harry un regard profondément exaspéré et finit par hausser les épaules.

- Tant pis, je ne te dirai rien, débrouille-toi. J’irai le chercher moi-même.

- Tu n’as pas le droit de cacher une information essentielle à un Auror ! Dis-moi où il se cache.

- Non, tu peux toujours rêver Potter !

- Ne sois pas absurde, je te convoquerai au Ministère et tu seras bien obligé de parler !

Malefoy regarde Harry avec un mélange de pitié et d’amusement, l’air de penser qu’il est bien naïf de croire qu’il va se rendre au Ministère et parler. Cette attitude agace Harry encore plus. Il n’a pas parlé avec Malefoy depuis plusieurs mois maintenant, ils se croisent simplement de temps en temps au Ministère lorsque Drago vient y faire dieu sait quoi. Ce sont toujours des rencontres pénibles, des échanges glacials, des piques humiliantes et une sensation de rancune qui ne disparait pas. Harry trouve donc très irritant que Malefoy continue à lui pourrir la vie, même aujourd’hui, en pleine enquête.

- Je te laisse Potter, annonce Drago de sa voix trainante et supérieure. Bonne chance pour la suite… J’espère que tu parles français.

- Quoi ? demande brutalement Harry. Il est en France ?

- Il est dans un endroit où ça parle français en tout cas et je doute que tu connaisses un traitre mot de cette langue…

- Ça n’a aucune importance !

- Moi, je parle français, déclare Drago avec un sourire moqueur.

Harry et Drago se regardent dans les yeux quelques secondes, l’un fébrile, l’autre patient. Harry sait ce qui va se passer. Malefoy va transplaner, prendre ses affaires, se rendre dans le pays où se cache Edwin, le trouver, l’obliger à lui rendre son argent puis rentrer tranquillement en Angleterre. Et Harry, lui ? Il va se casser la tête à chercher un homme comme un idiot alors qu’il pourrait l’arrêter facilement s’il cédait à la demande de Malefoy.

- D’accord, dit Harry d’une voix sépulcrale. Tu peux venir avec moi.

- Jure-le, demande Drago.

- Je te le jure, tu as ma parole ! s’énerve Harry. Alors, où est Edwin ?

- En Corse.

- Comment le sais-tu ?

- J’ai trouvé une brochure avec les horaires des Portoloins pour la Corse. Elle est à moitié brûlée, je pense qu’il a loupé son sortilège pour la faire disparaitre.

- Montre-moi.

Drago sort la brochure de sa poche et la lui tend. Harry constate qu’il dit vrai, Edwin y a mis le feu mais le papier n’a pas entièrement brûlé et on peut y deviner quelques indications.

- D’ailleurs, comment savais-tu que c’est Edwin qui a cambriolé Gringotts ? demande Harry, méfiant.

- J’ai mes sources.

- Réponds-moi, ordonne Harry.

- Mon coffre est surveillé, que crois-tu ? Depuis ta petite escapade dans le coffre de ma tante… Je sais qui y entre sans mon accord.

- Et tu ne pouvais pas confier cette information aux Aurors j’imagine ? demande Harry, indigné.

- Et pourquoi est-ce que je collaborerais avec les Aurors ? rétorque Malefoy d’une voix glaciale.




Harry frissonne en attendant le Portoloin. Ils ne sont qu’en septembre et il fait encore beau mais le soleil n’est pas levé et l’air est frais. En plus, Harry est nerveux. Il a insisté pour y aller seul, sans chaperon ou collègue plus expérimenté. C’est sa première enquête, il veut montrer qu’il est capable de réussir sans l’aide de personne. Hermione a dit que c’était absurde et vaniteux, Ron a dit qu’il comprenait parfaitement. Et puis, Harry a menti à tout le monde, cachant le fait que Malefoy allait l’accompagner. Il ne savait franchement pas comment justifier une telle chose à sa cheffe, il n’a aucune raison valable de partir avec un civil. La cheffe des Aurors, Isabella Keats, a insisté pour que Harry lui envoie des rapports réguliers.

- Je te laisse deux semaines pour retrouver Edwin Monday, a-t-elle déclaré. Ensuite, tu rentres et si tu ne l’as pas trouvé, nous aviserons.

- Très bien, a acquiescé Harry en songeant qu’il ne pouvait rentrer sans Edwin.

A côté de Harry, Malefoy ne frissonne pas. Son impeccable veste noire le protège du vent frais et il attend sans rien dire, ce dont Harry lui est reconnaissant. Il n’a aucune envie de tenir une discussion avec Drago Malefoy a six heures du matin. Harry ne sait toujours pas pourquoi il l’a laissé venir. Il aurait très pu l’arrêter, le trainer au Ministère et le forcer à leur livrer l’information. Il s’effare lui-même de constater que cela lui répugnait un peu. A vrai dire, s’il faut avouer la vérité, la pure vérité, c’est que Harry a eu le sentiment très clair, dans l’appartement vide, qu’il ne serait pas capable d’arrêter Drago Malefoy, même s’il l’avait voulu. Parce qu’il fallait admettre qu’il n’avait jamais battu Drago en duel et que ce dernier avait toujours été plutôt doué et puissant dans ses sortilèges. Se faire battre et humilier en essayant de l’arrêter aurait été pire que tout, Harry n’aurait pas supporté. Mieux valait donc collaborer pacifiquement. Et, au moment où ils s’accrochent tous les deux à la vieille chaussure abîmée, Harry se dit qu’il est heureux de ne pas être seul.

Le Ministère s’est chargé de réserver une chambre pour Harry à Bastia, dans le vieux port. Harry et Drago se retrouvent donc devant la grande bâtisse rouge aux volets verts, datant certainement du XVIe ou XVIIe siècle.

- C’est charmant, dit Drago avec sincérité.

Harry se moque éperdument que ce soit charmant ou pas, il n’est là que pour arrêter Edwin Monday. Tout le reste n’a aucune importance. Il entre dans l’hôtel, donne son nom à la femme de l’accueil et attend son numéro de chambre. Au moment où elle le lui donne, Malefoy pousse Harry et prend sa place au comptoir.

- Est-ce que vous avez une suite avec deux chambres ? demande-t-il en anglais.

- Nous avons la suite familiale, répond l’hôtesse.

- Nous allons prendre ça, s’il vous plait.

Harry lui lance un regard sidéré.

- Quoi ? Mais pas du tout, pourquoi prendrait-on ça ?

- Parce que ce sera plus confortable. Ne t’inquiète pas, je paie.

- Ce n’est pas le problème, rétorque Harry avec exaspération. Je n’ai aucune envie de prendre une suite, encore moins avec toi. Ma chambre fera parfaitement l’affaire.

Il s’apprête à s’éloigner pour gagner sa chambre mais Malefoy l’attrape fermement par le bras et le maintient là avec une autorité qui choque Harry.

- Hors de question que tu me fausses compagnie et que tu retrouves Edwin sans moi, Potter, murmure Drago entre ses dents. Alors on va partager la suite et on restera ensemble.

Harry se dégage brutalement, sous le regard stupéfait et méfiant de l’hôtesse qui ne comprend pas un mot de ce qu’ils disent.

- C’est moi qui dois garder un œil sur toi pour éviter que tu ne tues Edwin avant que je puisse le ramener, répond Harry d’un ton cinglant. N’inverse pas les rôles Malefoy ! Je suis l’Auror et tu n’es que l’accompagnant.

Drago ébauche un sourire crispé.

- Eh bien dans ce cas, prenons la suite, nous pourrons nous surveiller mutuellement.

- Très bien, répond hargneusement Harry.

Ils se retrouvent donc dans la suite familiale, Drago satisfait et Harry de mauvaise humeur. Il y a deux chambres qui communiquent par une porte, une petite salle de bain dans chaque chambre et un balcon. Drago prend la chambre du fond, celle qui permet d’accéder au balcon et Harry prend la première, celle par laquelle on est obligé de passer pour entrer dans la suite. Il se dit qu’ainsi, Malefoy ne pourra pas lui fausser compagnie. Ils déposent rapidement leurs affaires et Harry se change. Il sait qu’il va faire chaud et il sait qu’ils vont naviguer au milieu des Moldus. Il enfile donc un sobre t-shirt blanc et un jean. Se mettre en short ou en bermuda alors qu’il enquête et se trouve avec Malefoy lui paraissait trop inconvenant. Il sursaute quand Drago ouvre la porte communicante et en sort, prêt à se lancer à la poursuite d’Edwin.

- Non, dit immédiatement Harry. Hors de question que tu te promènes habillé comme ça.

- Je m’habille comme je…

- Non, tous les Moldus vont te regarder, nous allons inutilement attirer l’attention sur nous. Si tu veux enquêter avec moi, tu te plies à mes règles.

- Soit, cède Drago. Et où puis-je trouver des vêtements moldus, je te prie ?

- Nous irons dès que les magasins seront ouverts. En attendant, parlons stratégie.

Ils s’assoient autour de la petite table de la chambre de Harry, la seule de la suite. Harry y pose une longue liste que Drago observe avec attention.

- C’est la liste des endroits sorciers qui se trouvent en Corse. Hôtels, boutiques, rues et cafés. Edwin se cachent peut-être dans l’un d’entre eux.

- Très bien, commençons par là, acquiesce Drago.

- Si Edwin est venu spécialement en Corse, il est possible qu’il y connaisse quelqu’un et que cette personne le cache. Il faudrait savoir s’il y a beaucoup de ressortissants anglais par ici.

- Et comment savoir ça ?

- En nous rendant à la préfecture sorcière d’Ajaccio. Nous trouverons bien quelqu’un pour nous renseigner.

- D’accord.

Harry est un peu étonné que Malefoy adhère à ses plans aussi facilement mais cela lui convient. Il est encore trop tôt pour se rendre dans tous ces lieux, rien ne serait ouvert. Harry suggère qu’ils prennent un petit déjeuner avant d’y aller et Malefoy hoche la tête. Ils descendent dans le réfectoire du rez-de-chaussée et se servent au buffet. On n’y propose presque que des petits déjeuners français et ils sont contraints de prendre des croissants à la confiture avec leur café. Au moins, cela change un peu. Alors qu’il étale son beurre sur son croissant, Harry lève les yeux vers Malefoy, pris d’une révélation.

- Tu as parlé anglais à la dame de l’accueil, dit-il.

- Oui, et ?

- Pourquoi n’as-tu pas parlé français ?

- Parce que je ne parle pas français, répond Drago comme si c’était une évidence. Pourquoi diable aurais-je appris cela ? J’ai simplement menti pour te donner une raison supplémentaire d’accepter ma proposition.

Harry lui lance un regard meurtrier et Drago lui sourit, presque sincèrement.



Dans la boutique moldu où les vendeurs observent Drago avec des yeux ronds, ce dernier achète un pantalon en coton léger beige et des chemises blanches à manches courtes. Avec un canotier sur la tête, il aurait l’air d’un bourgeois du début du siècle dernier, comme Harry en a vu dans les films. Il se demande vraiment pourquoi il pense à quelque chose comme ça et est soulagé de sortir de la boutique avec Drago sans attirer tous les regards. Harry s’arrête à l’ombre d’une ruelle, sort un flacon de son sac et se badigeonne les bras et la nuque.

- Mais qu’est-ce que tu fais ? demande Malefoy avec répulsion.

- Je me mets de la crème solaire, je n’ai pas envie de brûler. Tu devrais aussi, tu es blanc.

- Les sorciers ne prennent pas de coups de soleil, affirme Malefoy d’une voix hautaine.

Harry n’insiste pas et ils partent en expédition. A l’agence de Bastia, ils prennent un Portoloin qui les conduit à Ajaccio où Drago suit docilement Harry vers le bureau des Aurors de l’île, dissimulé au cœur de la vieille ville. Faisant preuve de patience face à l’Auror corse qui parle très mal anglais, Harry parvient tout de même à avoir une brève conversation. Oui, ils ont bien reçu le message de Londres leur indiquant que des Aurors anglais devaient venir, oui, ils ont bien mis des avis de recherche pour Edwin Monday. Ils ont autre chose à faire que d’aider des Anglais à trouver un cambrioleur mais s’il le faut vraiment, ils sont prêts à collaborer. Harry remercie du bout des lèvres tandis que Malefoy a une moue moqueuse, l’air de trouver drôle que les Aurors corses fassent si peu de cas du problème de Harry.

Après une éternité d’attente à la préfecture, un employé leur tend la liste des ressortissants anglais enregistrés en Corse. C’est armés de cette liste que Harry et Drago rentrent à leur hôtel.

- Il va falloir vérifier tous les noms pour essayer de trouver un lien entre eux et Edwin, explique Harry.

- Ça risque d’être long, soupire Drago.

- Si tu as une meilleure idée, je t’en prie, rétorque sèchement Harry.

Malefoy hoche la tête en silence. Finalement, heureusement qu’ils sont deux car la tâche promet d’être longue et ardue. Ils rentrent d’abord à Bastia, puisque le Portoloin d’Edwin l’a emmené ici. A Bastia, ils visitent les hôtels, les cafés, les boutiques et ne trouvent aucune trace d’Edwin Monday. Personne ne reconnait la photo que leur montre Harry, personne n’a vu cet homme. A midi, Harry et Drago font une pause pour déjeuner puis ils s’en vont à Calvi pour poursuivre leurs recherches. Là non plus, aucune trace d’Edwin.

En fin d’après-midi, ils réservent un Portoloin auprès de l’agence de Calvi et rejoignent leur hôtel. Ils reprennent place à la table de la suite et Harry fouille dans son sac de voyage. Il en sort un carnet à la couverture épaisse et cadenassée.

- Qu’est-ce que c’est ? demande Drago.

- C’est un carnet d’informations. Tu écris le nom de la personne qui t’intéresse et le carnet te donne toutes les informations qu’il détient sur elle.

- Effrayant.

Harry hausse les épaules et écrit le premier nom qui apparait sur la liste des ressortissants anglais. Il obtient de nombreuses choses, le lieu de naissance, les déménagements, les lieux de scolarité et d’étude, l’emploi, le mariage, les hospitalisations à Ste Mangouste ou ailleurs. Ils croisent avec ce qu’ils savent d’Edwin pour voir s’ils auraient pu se croiser quelque part à la même date. C’est laborieux et ils ont le temps d’en étudier cinq avant que leurs estomacs ne crient famine. En remontant du dîner, Drago se laisse tomber sur sa chaise avec un soupir douloureux.

- Je meurs de chaud, se plaint-il pour lui-même.

Harry le regarde vraiment pour la première fois depuis des heures et ne peut s’empêcher de ressentir une importante satisfaction en voyant ce qu’il voit. Il tend la main et attrape vivement le bras de Drago qui pousse un cri de douleur. Harry retire sa main, regarde la trace blanchâtre qui vient de se former sur le bras de l’autre et sourit.

- Tu as les coups de soleil les plus violents que j’ai jamais vus, commente-t-il d’un ton détaché. Tu es rouge, Malefoy, même sur le nez !

- N’importe quoi.

- Oh si…

Malefoy se lève vivement et se précipite dans la salle de bain. Harry l’entend pousser un juron et éclate de rire, songeant qu’il existe une justice en ce monde, parfois. Ressentant tout de même un peu de compassion au milieu de son plaisir, il fouille son sac, en sort un pot et le tend à Malefoy.

- C’est un onguent contre les brûlures, tu devrais t’en mettre…

Malefoy le lui arrache presque des mains, humilié, et s’en étale partout. Après cela, il ne prononce plus le moindre mot, laisse Harry étudier les cinq noms suivants sans l’aider puis finit par s’enfermer dans sa chambre quand il estime qu’il est trop tard pour travailler. Harry a rarement vu Malefoy bouder de cette manière et il n’arrive pas à déterminer s’il trouve cela amusant ou agaçant.



Le lendemain, ils continuent d’éplucher la liste obtenue à la préfecture d’Ajaccio. Ils le font sur le balcon, à l’ombre, sirotant un thé glacé. Vers midi, ils n’ont pas encore terminé mais font une pause pour déjeuner. Ils vont au restaurant sur le vieux port, comme le suggère Harry. Malefoy n’est pas très enthousiaste à l’idée de manger chez les Moldus mais il cède et avale son repas d’un air résigné.

- Tu es déjà venu en Corse ? demande Harry, pour faire la conversation.

- Non jamais, et toi ?

- Non plus. Les Dursley y sont allés mais ils ne m’emmenaient jamais en vacances avec eux, donc…

Harry hausse les épaules et Malefoy le regarde fixement.

- Qui sont les Dursley ?

Harry se lance dans une explication sobre et impartiale de sa famille qui ne trompe nullement Drago. Derrière la nonchalance de Harry, il peut sentir le mépris et la rancune.

- Des Moldus charmants, conclut Drago avec une expression de dégoût.

Harry n’a rien à dire pour leur défense et il s’abstient. Ils reviennent à l’hôtel et terminent d’étudier la liste. D’après eux, il y a deux personnes qui pourraient avoir croisé Edwin Monday dans leur vie et ils se rendent immédiatement chez la première. Avant de partir, Harry tend le flacon de crème solaire à Malefoy, sans rien dire.

La femme qu’ils vont voir s’appelle Jane Savelli et s’est mariée avec un Corse quelques années plus tôt. Elle a grandi dans la même ville qu’Edwin et il probable qu’elle le connaisse. Après tout, les sorciers sont rares dans les villes anglaises et généralement, ceux qui y résident se connaissent. Jane habite un petit village perdu dans les montagnes du nom de Speloncato. Apparemment, elle ne travaille pas et ils ont donc de grandes chances de la trouver chez elle. Pour ne pas effrayer les Moldus du coin, Harry et Drago transplanent un peu à l’écart du village et s’y rendent à pied. La marche est plaisante bien que fatigante car, dans les montagnes, toutes les rues grimpent. Malefoy est essoufflé quand il arrive devant la maison de Jane, qu’ils ont eu bien du mal à trouver dans le dédale des ruelles de pierre. Harry a envie de se moquer de lui mais Jane ouvre trop vite la porte.

Elle est surprise de recevoir la visite de deux Aurors anglais, de Harry Potter qui plus est. Elle le fixe, sidérée, lève les yeux vers sa cicatrice puis écoute ce qu’il a à lui dire avec perplexité. Oui, elle connait Edwin, c’est vrai. Mais elle ne l’a pas vu depuis des années, elle n’a gardé aucun contact avec lui. Elle ne peut pas les aider, elle est désolée. Veulent-ils tout de même un verre d’eau ?

Ils repartent bredouille et déambulent dans les ruelles de maisons de crépi ocre aux volets de bois souvent mal en point. Tous les volets sont fermés, pour se protéger du soleil et de la chaleur, ce qui donne au village l’impression étrange d’être abandonné. Il n’y a pas de bruit en dehors des cigales lointaines, il y a le soleil sur les pierres et l’odeur du maquis. Harry ne peut s’empêcher de trouver le cadre plaisant et c’est avec bonne humeur qu’il revient sur la place du village. Drago se dirige vers la fontaine et prend de l’eau dans ses mains pour s’en mettre sur la nuque. Harry le regarde faire, immobile, attendant qu’il termine.

- C’est bizarre de venir vivre ici, commente brusquement Drago.

- Pourquoi ?

- C’est complètement perdu, il n’y a rien aux alentours. Elle a abandonné son pays, sa famille, ses amis pour venir se perdre ici. Je ne comprends pas.

- Elle devait être amoureuse, suggère Harry.

- Je ne pense pas que ça suffise, déclare fermement Drago.

- Qu’est-ce que tu en sais ? demande Harry avec agacement.

- Et toi ? rétorque Malefoy avec un sourire moqueur.

Harry rosit et tourne la tête. Il s’éloigne de la fontaine et Malefoy le suit, à quelques mètres, les mains dans les poches, ses cheveux blonds scintillant au soleil.

- Tu n’es pas resté plus d’un an avec Ginny Weasley, tu n’es pas resté plus de six mois avec Romilda Vane. Ensuite, retournement de situation, tu n’es pas resté plus de huit mois avec Owen Cauldwell. On pourrait croire que ta petite expérience du côté obscur aurait pu porter ses fruits mais non, même pas, tu n’es pas mieux avec un homme qu’avec une femme.

Harry se retourne vivement, furieux. Ils s’arrêtent au milieu de la place, sous le regard curieux des gens qui prennent un verre aux cafés et des Corses assis sur les marches de leur maison.

- Tu es complètement malade Malefoy ! s’écrie Harry. Comment se fait-il que tu connaisses toutes mes histoires ?

- Parce que les journaux nous bassinent avec tes histoires, Potter, répond sèchement Drago. Tu as quand même bien dû te rendre compte du scandale quand tu es sorti avec Owen…

- Ça ne vous regarde pas ! Et quand tu parles du côté obscur, j’espère que tu ne fais pas allusion aux relations entre hommes, Malefoy, parce que ce serait vraiment déplacé !

- Je disais cela pour te faire réagir, c’est tout.

Malefoy reprend sa marche comme s’il ne venait pas de se faire crier dessus et Harry lui emboite le pas, énervé.

- Et puis tu sais, j’ai toujours été attiré par l’obscurité, moi, dit Drago à voix basse.

Harry l’entend à peine et sa réaction instinctive est de lui rétorquer qu’il le sait bien, et qu’on a bien vu où cela l’a mené de jouer avec l’obscurité et la magie noire. Pourtant, les mots ne franchissent pas ses lèvres et Harry ralentit, pris d’un doute embarrassant. Malefoy ne vient pas de lui dire ce qu’il croit, n’est-ce pas ?

- Malefoy, tu… qu’est-ce que tu…

- Nous pouvons transplaner ici, ce sera parfait, le coupe durement Drago en s’arrêtant à l’entrée du village. Nous avons une deuxième personne à interroger.

Malefoy attrape le bras de Harry d’un geste autoritaire et transplane avec lui jusqu’à une autre ville, heureusement pas très éloignée, ce qui leur évite un Portoloin. Ils arrivent au bord d’une route, à un kilomètre d’Ile Rousse et Malefoy commence à marcher pour rejoindre la rue qui les intéresse. Harry le suit, furieux de s’être fait couper la parole, furieux de s’être vu faire la liste de ses échecs amoureux.

- Eh Drago ! crie Harry pour attire son attention. Et toi ? Tu n’as pas l’air tellement plus doué que moi j’ai l’impression… Les journaux ne parlent pas de tes histoires d’amour, ils parlent du reste pourtant. Ils ont parlé de ton acquittement au procès, de ta collaboration pour retrouver les Mangemorts en liberté et dresser la liste des victimes de Voldemort, ils ont parlé de tout l’argent dont tu as hérité quand ton père est allé à Azkaban, de tes dons au Ministère. Mais pas un mot sur une quelconque histoire d’amour, bizarrement.

Malefoy s’arrête et se retourne pour faire face à Harry. Il ne semble pas très affecté par sa tirade, pas humilié non plus. Il se contente de hausser les épaules d’un air hautain et de répondre avec lassitude, comme s’il faisait une faveur à Harry en daignant lui confier une information.

- C’est parce que je suis plus discret que toi. Et aussi parce que pour l’instant, je n’ai trouvé personne qui vaille le coup. Et je ne suis pas du genre à sortir avec des gens que je n’aime pas vraiment.

- Est-ce que tu as déjà aimé quelqu’un, au moins ? demande Harry avec un peu de cruauté.

- Non, répond Malefoy d’une voix vaguement menaçante. Pas plus que toi, j’ai l’impression… Revenons donc à ce qui nous intéresse, toi, tes petites enquêtes, et moi, mon argent.

- C’est la seule chose qui t’intéresse ? Ton argent ?

Drago rosit un peu et lui lance un regard méprisant.

- Bien sûr que non, Potter. Mais ce qui m’intéresse vraiment, ça ne te regarde pas.

Sur ce, il se retourne et reprend sa marche. Harry le suit sans rien dire, incapable de rajouter quoi que ce soit. Il ne sait même pas vraiment pourquoi ils se sont disputés, à croire qu’ils ne sont pas capables de communiquer différemment. Sans vraiment s’en rendre compte, ils pénètrent dans les rues d’Ile Rousse, passent devant les halles du marché, s’enfoncent dans une minuscule ruelle appelée Rue de Nuit et sonnent chez Greg Low, l’autre expatrié qui les intéresse. Greg Low était un employé du Ministère qui, du jour au lendemain, avait plaqué travail, femme et maison pour aller fabriquer des spécialités artisanales en Corse. Il avait du sang corse, du côté de sa mère, et il était retourné sur les terres de ses ancêtres pour y trouver la paix. Harry se demande s’il l’a trouvée. En tout cas, il avait fait ses études au même endroit qu’Edwin Monday, au même moment.

Malheureusement, Greg n’a jamais entendu parler d’Edwin. Il admet qu’ils se sont peut-être croisés à la formation mais ils ne se fréquentaient pas et n’avaient aucun lien. Il insiste pour leur offrir un paquet de gâteaux à la châtaigne chacun – entre compatriotes, on peut bien se faire plaisir – et leur souhaite bonne chance dans leurs recherches. Harry et Drago se retrouvent là, dans la ruelle, leurs gâteaux à la main, dépités. Sans consulter Drago, Harry revient sur la place principale d’Ile Rousse et s’assoit à la table d’un café. Malefoy l’imite, perplexe, et ils commandent tous les deux un thé glacé.

- Bon, dit Harry. Il ne nous reste plus qu’à fouiller tous les lieux sorciers de l’île en espérant que quelqu’un l’aura vu. Peut-être que l’avis de recherche portera ses fruits, sait-on jamais.

Ils passent le reste de la journée à visiter les endroits sorciers d’Ile Rousse et des environs puis reprennent un Portoloin pour rentrer à Bastia. N’ayant pas d’autres pistes pour la journée, Harry décide de rester à l’hôtel pour réfléchir à l’enquête. Ils entrent dans leur suite, Drago traverse la chambre de Harry pour regagner la sienne et se laisse tomber sur son lit avec fatigue. La chaleur ne lui réussit pas.

- Ferme la porte, Malefoy, dit sèchement Harry. Je partage peut-être une suite avec toi mais je n’ai pas envie de te voir pour autant.

- Ferme-la toi-même, rétorque Drago en s’allongeant sur son lit. Je n’ai pas envie de te voir non plus.

Harry fait trois pas, claque la porte et se sent mieux. Ils ne se sont visiblement pas pardonnés leur dispute de l’après-midi.



Les jours qui suivent se ressemblent. Ils partent dès qu’ils le peuvent, transplanent aux quatre coins de la Corse pour poser des questions, s’arrêtent pour manger et rentrent tard à l’hôtel. A Calvi, l’employé d’une auberge reconnait Edwin Monday sur la photo. Il lui a loué une chambre, trois jours plus tôt. Depuis, il n’a aucune idée de l’endroit où il peut être, si ce n’est…

- Il a posé des questions sur les Portoloins pour Corte, se rappelle l’employé.

Harry et Drago partent pour Corte, soulagés d’avoir enfin obtenu quelque chose. A l’office des Portoloins, on leur indique qu’effectivement, il y a bien eu un certain Edwin Monday, arrivé avant-hier. Harry et Drago passent quasiment la journée dans Corte, à guetter chaque café, chaque passant. Ils se rendent dans tous les hôtels et les auberges de la ville mais rien, Edwin reste introuvable. Souvent, les gens qu’ils interrogent ne parlent pas bien l’anglais et les comprennent à peine. C’est frustrant.

- C’est vraiment dommage que tu ne parles pas vraiment le français, dit Harry. J’aurais pu te pardonner.

- Me pardonner quoi ?

- D’être ici.

Chaque soir, quand ils rentrent à l’hôtel, Drago referme la porte qui sépare leurs chambres avec dureté, comme s’il était désireux de ne plus avoir de remarque. Parfois, ils dînent ensemble, parfois pas. Parfois, Harry trouve Drago supportable, parfois il le trouve désagréable. Ce soir, ils dînent ensemble dans un restaurant de Bastia. Malefoy insiste pour payer, car Harry n’est pas censé dépenser l’argent du Ministère de cette façon.

- On n’avance pas, se plaint Malefoy. A ce train-là, on ne retrouvera jamais Edwin !

- Nous ne sommes même pas là depuis une semaine et nous n’avons aucun indice, patience, répond Harry.

Mais au fond, il commence à se sentir nerveux lui aussi. Il n’a que deux semaines pour réussir et il ne veut pas échouer.

- Tu n’as pas de techniques de recherche plus performantes ou efficaces ? Décidément, les Aurors sont vraiment inutiles…

- Va te faire voir, Malefoy ! Et c’est quoi ton problème avec les Aurors ?

- Ils obéissent aux règles sans réfléchir, ils viennent te sortir de ton lit aux aurores pour t’emmener de force dans une cellule.

- Tu parles de toi, là ?

- Ce sont des brutes sans cervelle.

- Pas tous, rétorque Harry.

Malefoy lui lance un regard méprisant et peu convaincu. Harry trouve que sa dorade grillée est brusquement moins savoureuse.

- Est-ce que c’est inné chez toi d’être désagréable ou est-ce que tu le fais exprès ? demande sèchement Harry.

Malefoy semble surpris par la question et rosit un peu, allez savoir pourquoi.

- Je suis désagréable avec les gens que je n’apprécie pas, répond-il. Et je te signale au passage, Potter, que tu n’es pas particulièrement agréable non plus.

Il y a un silence pendant lequel Harry joue avec sa dorade du bout de sa fourchette. Il y a une question qu’il voudrait poser, qu’il voudrait poser depuis longtemps déjà mais il n’a jamais eu le courage de le faire.

- Malefoy… pourquoi est-ce que tu me détestes tellement ?

Drago arrête de manger et relève la tête, surpris par la question. Surpris aussi peut-être par la sincérité avec laquelle elle a été posée. Il se recule et s’adosse contre sa chaise, comme s’il réfléchissait.

- Je ne sais pas trop, dit-il d’un ton nonchalant, comme si ça n’avait pas vraiment d’importance. Par jalousie, peut-être ? Et puis, je suis un Malefoy, c’est de bon ton de détester, du moins ça l’était. Imagine un peu que nous soyons devenus amis, cela aurait été une pure tragédie, non ?

Malefoy a un rire cynique qui ne trompe pas tout à fait Harry. Il comprend ce que Malefoy veut dire ou du moins, il le devine. Mieux vaut détester la personne que son père veut tuer, ça rend les choses plus faciles.

- Nous aurions pu nous éviter et être indifférents l’un à l’autre, répond Harry.

- C’est dur d’être indifférent quand une personne est perpétuellement au centre de l’attention. Harry Potter a tué le monstre de Serpentard, Harry Potter est comme par hasard le quatrième champion du Tournois, Harry Potter a vu le Seigneur des Ténèbres revenir, Harry Potter dit n’importe quoi, Harry Potter est l’Elu, Harry Potter nous a tous sauvés, bla bla bla !

Malefoy a parlé d’un ton tellement méprisant et exaspéré que Harry rougit malgré lui. Il regrette d’avoir posé sa question.

- Et alors ? C’est de cela que tu es jaloux ? Tu aurais voulu que toutes ces choses t’arrivent à toi ?

- Non, répond immédiatement Malefoy avec un brusque sérieux. Ce que j’aurais voulu, moi, c’est qu’il n’arrive rien à personne.

Et par « personne », il parle de lui, Harry le sait parfaitement. Il ne sait pas quoi répondre à cela, il ne se sent plus très bien. La haine qu’il partage avec Drago ne peut être séparée de toutes les horreurs qu’ils ont vécues et Harry a conscience qu’elle les dépasse, qu’elle leur est presque tombée dessus sans qu’ils n’y puissent rien, qu’on la leur a imposée comme on leur a imposé tout le reste.

- Je n’y suis pour rien, répond enfin Harry à voix basse, tout appétit envolé.

- Peut-être, peut-être pas, rétorque durement Malefoy. Tu aurais aussi bien pu laisser Black et Lupin tuer Peter, tu aurais aussi bien pu laisser Cédric prendre cette satanée coupe, tu aurais aussi bien pu laisser gentiment mon père s’emparer de la Prophétie. Mais non, il faut toujours que tu joues les héros. Et ton héroïsme, Potter, il a transformé ma vie en enfer.

Harry se fige, avec un mélange de stupeur et d’effroi. Il ne se demande pas comment Malefoy est au courant de tous ces détails, sans doute Peter et son père les lui ont-ils racontés. Tout ce qu’il voit, c’est que c’est la première fois qu’on lui reproche aussi ouvertement d’avoir permis à Voldemort de revenir. C’est une culpabilité qu’il a déjà éprouvée, souvent, mais on ne la lui avait jamais balancée à la figure de cette manière. Devant son silence, Drago lève les yeux pour le regarder. Il observe le teint livide de Harry, ses yeux légèrement écarquillés et l’expression de douleur sur son visage, comme s’il avait reçu un coup lui coupant la respiration. Malefoy a presque pitié de Harry, pendant une seconde.

- Et c’est ton héroïsme qui m’a sauvé de cet enfer, aussi, ajoute Drago d’une voix plus douce. Alors tu vois, c’est dur de rester indifférent.

Harry ne répond pas et Malefoy commence à se sentir mal à l’aise. Il aurait préféré une réplique cinglante et méchante, comme Harry sait si bien le faire.

- Je sais que je n’ai plus vraiment de raisons de te détester aujourd’hui mais je ne sais pas, c’est l’habitude.

Malefoy a un autre rire cynique, pour détendre l’atmosphère mais Harry ne réagit pas. Il se lève lentement et repousse sa chaise.

- Qu’est-ce que tu fais ? s’étonne Malefoy.

- Je rentre.

- Quoi ? Mais tu n’as même pas fini ton…

Harry lui tourne le dos et quitte le restaurant sans rien ajouter, laissant Drago seul à la table, sidéré. Il hésite à finir son plat mais le cœur n’y est plus. Il se lève à son tour, paie et rentre à l’hôtel. Quand il ouvre la porte de la suite, tout est plongé dans l’obscurité mais il distingue Harry, assis sur l’une des deux chaises de la chambre. Malefoy referme soigneusement la porte et traverse silencieusement la chambre, comme s’il craignait de déclencher une explosion. Il croit avoir réussi quand l’explosion se produit.

- J’aurais pu faire ci ou j’aurais pu faire ça, dit Harry d’une voix dure, en regardant Drago dans le noir. Ce n’est jamais assez bien de toute façon. La vérité c’est que j’ai fait ce que j’ai pu avec les moyens que j’avais. Des moyens souvent ridicules, en partie à cause de toi, qui veillais soigneusement à ce que tout le monde me déteste le plus possible à l’école. J’aurais pu, j’aurais pu, finalement, j’ai réussi à le vaincre non ? Et toi, tu as fait quoi Malefoy ? Tu aurais pu faire quoi, toi ? Tu n’as absolument rien fait et tu oses me reprocher mes erreurs ? Occupe-toi donc de tes erreurs à toi ou des erreurs de tes parents !

Malefoy ne répond rien, ce n’est pas la peine. Et puis, il ne trouve brusquement plus rien à répliquer. Harry continue sa tirade, il en a visiblement besoin. Peut-être que ça fait des années qu’il veut la crier. C’est le moment.

- J’aurais pu laisser Peter mourir et laisser Cédric prendre la coupe ? Comment peux-tu me reprocher ça ? Ce n’est quand même pas ma faute si Voldemort est revenu, s’il a tué des tas de gens et s’il t’a utilisé comme une marionnette ! Je ne suis pas responsable de tout, tout ne dépend pas de moi. J’en ai assez d’être toujours le seul à devoir me battre et à porter le poids de tout ! J’ai dû le combattre tout seul, j’ai dû le détruire tout seul, j’ai même dû mourir tout seul ! Ce n’est pas ma faute si tu as souffert pendant cette guerre, tu n’as pas à me détester pour ça ! Qui devrais-je détester moi, alors ? J’ai fait ce que j’ai pu !

Harry a crié les deux dernières phrases et pendant un instant, Malefoy a l’impression qu’il va se mettre à pleurer. Peut-être pleure-t-il, car il se tait pour de bon. Dans le noir, Drago ne peut pas voir s’il y a des larmes ou non. Il n’entend que la respiration de Harry, désordonnée et un peu trop rapide. La main de Drago se crispe sur la poignée de la porte.

- Je sais que ce n’est pas ta faute, souffle-t-il.

- Alors pourquoi est-ce que tu le dis ? demande Harry d’une voix éraillée.

Malefoy est maintenant certain que Harry pleure et cela le perturbe plus qu’il le croyait.

- Parce que c’est ce qu’il y a de plus facile à dire.

Harry ne répond rien et laisse Malefoy avec sa lâcheté. Ce dernier ouvre la porte de sa chambre et s’y enferme, le cœur battant. Harry et Drago restent tous les deux éveillés tard, de chaque côté du mur qui les sépare, sans trouver la moindre solution pour le franchir.



Le lendemain se passe étrangement, dans une ambiance tendue et factice. Harry et Drago évitent de se regarder, ils ne se parlent que pour se dire l’essentiel et sont faussement polis. Le jour suivant se déroule dans la même atmosphère, comme si chacun faisait extrêmement à attention à ses paroles, ses gestes et ses pas. Ils continuent d’interroger et de fouiller les villes où ils ne sont pas encore allés, ne trouvent rien et essaient de cacher le fait qu’ils perdent patience. Harry a mortellement envie de rentrer chez lui, Drago ne prononce quasiment plus un mot. Ils sont en Corse et partagent une suite mais sont très loin du voyage romantique dont n’importe qui rêverait. Après avoir pensé ça, Harry se sent un peu mieux.

Enfin, Harry reçoit un message des Aurors d’Ajaccio. Quelqu’un a fait un signalement correspondant à leur suspect, dans le sud, vers Solenzara. Enfin, pas tout à fait à Solenzara mais dans un village minuscule appelé Chisa, en pleine montagne. Harry et Drago s’empressent de réserver un Portoloin à Bastia qui les emmène à destination. D’après les informations qu’ils ont, Edwin serait caché dans une ancienne bergerie abandonnée et c’est ce qu’ils se mettent à chercher. Grâce aux indications du témoin, que les Aurors leur ont communiquées, ils ne tardent pas à trouver la bergerie, au bout d’un sentier de terre qui disparait dans la montagne.

Harry et Drago s’approchent, baguettes à la main, impatients et tendus. Le plus silencieusement possible, ils rejoignent la porte, échangent un coup d’œil entendu puis Harry ouvre violemment la porte. Edwin est là et sursaute en les voyant entrer. Son premier réflexe est de lancer un sortilège à Harry qui le pare facilement et pénètre dans la petite maison. S’en suit un combat désordonné pendant lequel Harry réussit à crier à Edwin qu’il ferait mieux de se rendre. Edwin essaie de transplaner, un sortilège de Harry le cloue sur place et il pousse un cri rageur. Il semble furieux qu’on l’ait retrouvé et apeuré de voir Malefoy. C’est à lui qu’Edwin lance un nouveau sortilège, avec amertume et désespoir. Par réflexe, Harry pousse Drago contre le mur.

- Attention ! crie-t-il sans le regarder.

Le sortilège fait éclater ce qui restait d’une mangeoire en bois mais loupe Malefoy. Profitant de la seconde de latence que cela lui laisse, Edwin transplane sous les jurons de Harry. Il reste là, dans la bergerie, avec Malefoy qui se décolle du mur.

- Ça va ? demande distraitement Harry.

- Oui. Mais il nous a échappé ! Tu aurais dû…

Malefoy se tait et Harry se tourne vers lui, interrogateur.

- J’aurais dû quoi encore ?

- Rien, oublie. Merci de m’avoir protégé.

- De rien.

Ils sortent de la bergerie et, contre toute attente, Harry sourit. Malefoy le regarde sans comprendre.

- Nous l’avons trouvé, nous y étions presque ! Nous avons la certitude qu’il est là, pas loin, c’est une grande avancée.

- Si tu le dis, marmonne Drago.

- Marchons un peu avant de transplaner, propose Harry.

- Pourquoi ?

- Parce que c’est beau, non ?

Ils se promènent sur le petit sentier de montagne avant de traverser une petite route et d’emprunter un autre chemin qui s’enfonce dans la forêt. Ils sont à l’ombre, il fait frais et ils n’ont de toute façon aucune idée de l’endroit où Edwin a pu aller. Ils peuvent donc bien profiter un peu du décor. La terre sèche et les pierres du sentier les obligent à faire attention à leurs pas et ils avancent lentement, au milieu du silence. Ils n’entendent rien d’autre que le bruit du vent dans les arbres et le léger clapotement de l’eau, un peu plus loin. Harry sent son t-shirt coller à son dos, il fait chaud malgré l’ombre. Il se sent bien cependant, en paix avec lui-même depuis la première fois depuis trois jours. En se penchant pour éviter une branche, Harry s’aperçoit qu’ils arrivent au bout du sentier.

- Il y a un petit torrent, dit-il avec satisfaction. Allons-y !

Il accélère un peu, glisse sur une pierre et essaie de se rattraper à la branche. C’est la main de Malefoy qui le rattrape, derrière lui.

- Regarde où tu marches, Potter !

- Merci.

Ils atteignent le torrent sans encombre et Harry se dépêche d’enlever ses chaussures sous le regard perplexe de Drago. Peu lui importe, il a chaud et ses pieds étouffent dans ses chaussures. Il retire également ses chaussettes, remonte son pantalon et entre dans l’eau. Elle est si transparente qu’il peut voir les galets en dessous et il regarde ses orteils avec plaisir. L’eau est glacée mais c’est incroyablement agréable. Il se retourne vers Drago.

- Tu devrais aussi…

Harry s’arrête en voyant que Drago a déjà retiré ses chaussures et il l’observe mettre ses pieds dans l’eau en grimaçant sous la fraicheur du torrent. C’est étrange de se retrouver là, songe Harry. Ils semblent perdus au cœur du monde, totalement seuls, débarrassés de tout ce qui n’est pas l’eau sur leur peau et l’odeur des pins. Soudain, Edwin devient moins important, l’enquête devient moins importante, la vie de Harry à Londres lui semble floue et lointaine. Harry sort de ses pensées en entendant un bruit et redirige son attention sur Drago. Il a jeté un galet dans l’eau, d’un geste un peu enfantin et inutile, pour le simple plaisir de le faire. Cela lui arrache un sourire inattendu et Harry le regarde sourire, avec une douceur qu’il ne lui connait pas. Il se demande à qui Drago Malefoy a déjà souri de cette manière, si tant est qu’il l’ait déjà fait. Il regarde le soleil se prendre dans les cheveux de Drago et les faire scintiller comme des fils d’or, la chemise de Drago qui colle à son dos, ses bras toujours aussi pâles malgré les promenades en plein air, à croire que la peau des Malefoy était destinée à rester blanche. Il se demande ce qu’il fout là avec Drago Malefoy et il est surpris de constater qu’à cet instant, cela ne le dérange pas vraiment.

Harry se souvient de leur dispute de l’autre soir, il se souvient de chaque mot qu’ils ont prononcés. Sur le moment, cela lui avait fait mal mais maintenant, il a assez de recul pour se rendre compte de certaines choses, des choses que Malefoy avait essayé de lui dire sans y parvenir. Drago avait essayé de dire « J’ai souffert à cause de Voldemort moi aussi », « Tu m’as sauvé », « Je te reproche tout par lâcheté, parce que je sais bien que je suis coupable ». Des choses que Harry n’avait pas su entendre sur le moment. Il les entend maintenant, dans le clapotis de l’eau, dans le sourire que Drago ne réserve qu’au silence de la montagne, dans son attitude qui n’est plus hautaine alors qu’il relève son pantalon de coton. Il aurait aimé les entendre plus tôt.

- Pourquoi est-ce que tu me regardes comme ça ? demande Drago en le sortant de ses rêveries.

- Je me demandais si tu n’avais pas du sang de vampire. Tu n’as pas pris une seule couleur en une semaine !

- Les Malefoy ont une peau d’albâtre, c’est ainsi.

- Les vampires aussi, rétorque Harry en souriant.

Drago lui lance un regard courroucé.

- Occupe-toi donc de ta cicatrice, je ne suis pas sûr que le soleil soit très conseillé…

- Attention aux coups de soleil, tu as mis de la crème j’espère…

Drago donne un coup de pied dans l’eau pour arroser Harry qui ne peut retenir un juron quand l’eau glacé entre en contact avec sa peau. Malefoy éclate de rire, un rire sincère et libérateur. Il continue à arroser Harry, comme s’il en avait besoin, comme si cela lui permettait de contenir son envie de le noyer pour de bon. Harry lui rend ses coups, parce que cela lui fait du bien de faire crier Malefoy et de lui foutre de l’eau dans la figure. Il pourrait le jeter dans la cascade, plus loin, ça lui ferait du bien aussi. Quand ils s’arrêtent, personne n’est mort mais ils sont complètement trempés et rafraichis. Après s’être séchés d’un coup de baguette, ils reprennent leur route, le cœur un peu plus léger qu’avant.

Ils dînent au restaurant, une fois de plus. Cela fait une semaine qu’ils sont en Corse et Edwin leur a échappé de peu. Harry est plutôt rassuré d’avoir quand même été tout près du but, il se sent un peu moins incompétent. Au fil du repas, c’est Drago qui semble se rembrunir et déprimer. Il touche à peine à ses beignets de brocciu et ne fait aucune remarque sur le vin.

- Qu’est-ce qu’il y a ? finit par demander Harry.

- Nous n’avons aucune idée de l’endroit où est allé Edwin, nous revenons au point de départ. Maintenant, il va se cacher ailleurs, ce qui veut dire qu’il pourrait très bien aller dans un endroit que nous avons déjà fouillé. Nous devons tout recommencer.

- Non, les employés des hôtels ont sa photo et nous contacteront s’ils le voient.

- Il pourrait aller dans un hôtel moldu…

- Oui, c’est vrai, admet Harry.

- Il pourrait même quitter la Corse.

- Non, je ne pense pas, tous les Portoloins sont surveillés, ainsi que les moyens de transports moldus. Ma cheffe a également prévenu les Aurors de Sardaigne, ils le choperont s’il transplane là-bas.

- Mmh… murmure Drago, pas très convaincu.

Harry finit son sauté de veau aux olives avec appétit. S’il y a vraiment une chose positive à leur séjour ici, c’est la cuisine. Malefoy, lui, est toujours sombre.

- Il t’a vraiment pris beaucoup d’argent ? demande doucement Harry.

- Oui, beaucoup.

- Tu… tu n’es quand même pas pauvre maintenant, ose Harry avec hésitation.

- Non, je ne suis pas pauvre.

- Alors, en quoi est-ce si important ? Je veux dire, ce n’est que de l’argent…

Malefoy soupire et joue avec son verre de vin.

- Non, justement, ce n’est pas que de l’argent. Il y a aussi des bijoux anciens qui appartiennent à ma famille depuis des siècles. Ma mère y tenait, c’est son héritage. Elle disait… il y a un collier et des boucles d’oreilles magnifiques, en perles, avec des motifs floraux de rubis et de diamants. Ma mère disait qu’elle l’offrirait à ma femme, le jour où je me marierais.

Drago a un rire désabusé, vaguement dépité.

- Ça ne risque pas, commente-t-il. Je sais que tu dois trouver ça stupide mais… c’est l’héritage que j’aurais eu de ma mère, c’est… je ne sais pas…

- Je ne trouve pas ça stupide, rétorque Harry. Je crois que ça m’aurait plu de garder quelque chose de ma mère.

- Ah… oui, sans doute. Elle ne t’a rien laissé du tout ?

- Non. Enfin, j’ai leur argent, bien sûr mais ce n’est pas… J’ai juste une couverture.

- Une couverture ?

- Oui, la couverture dans laquelle Hagrid m’a enroulé quand il est arrivé chez mes parents après que… il m’a déposé devant chez les Dursley dans cette couverture, c’est tout ce que j’ai.

Harry se rend compte qu’il ne l’a jamais dit à personne jusqu’à maintenant. Il lève les yeux vers Malefoy, s’attendant à des moqueries mais ce dernier fixe son verre de vin d’un regard un peu voilé et pensif.

- Ça doit être vraiment bizarre de n’avoir rien, dit-il. Mais peut-être est-ce mieux que d’avoir un héritage déshonorant. Ils t’ont laissé une couverture, moi, ils m’ont laissé une Marque sur le bras. Je ne sais pas ce qui est le mieux.

- Je ne sais pas non plus.

Harry regarde la Marque sur le bras de Drago. Il l’a souvent aperçue depuis une semaine mais il a toujours pris soin de regarder ailleurs. C’est un détail que Malefoy a parfaitement remarqué et qui le blesse, sans qu’il sache vraiment pourquoi.

- Elle te dégoûte, n’est-ce pas ? demande-t-il à voix basse.

- Non, ce n’est pas du dégoût.

- Alors c’est quoi ?

- Elle… me fait peur, répond Harry en rougissant.

- Peur ? s’étonne Drago.

- Je veux dire, pas vraiment peur mais… elle me rappelle des souvenirs pas très agréables et, ça me fait peur d’y penser.

- Je crois…

Drago s’interrompt et finit son verre de vin cul sec avant de le reposer sur la table.

- Je crois que ça me fait peur aussi, avoue-t-il.

Harry et Drago retournent à leur hôtel, en passant par les petites ruelles éclairées. Au-dessus d’eux, les étoiles sont bien visibles dans le ciel et l’air est encore chaud. Dans la suite, Drago entre dans sa chambre et referme soigneusement la porte, comme tous les soirs.

- Bonne nuit Potter, dit-il au dernier moment.

- Bonne nuit.

Harry se rend compte que c’est la première fois que Malefoy lui souhaite une bonne nuit. Et cela lui fait plaisir.



Harry a envoyé son rapport à sa cheffe, Isabella Keats, pour la tenir informée de leur échec à attraper Edwin. Ils reprennent leurs recherches, faisant le tour des aéroports, des ports et des agences de transplanage pour vérifier que personne n’a laissé passer Edwin. Dans les aéroports, Malefoy observe tout, les yeux écarquillés, combattant entre curiosité, mépris et fascination. Harry trouve ça amusant, pour une fois, et il ne reproche pas à Malefoy son air coincé. Il rit quand Drago contemple bouche bée le décollage d’un avion d’Air Corsica à travers la vitre. Il devine les questions qui se bousculent dans sa tête et qui n’osent pas en sortir, il a presque pitié de lui. Cela doit être si dur et fatigant de rester bloqué dans des préjugés qui empêchent de s’élever…

- Ça prendrait combien de temps, tu crois, pour aller jusqu’à Londres en avion ? finit-il par demander, tout de même.

- Mmh, pour faire Bonifacio-Londres, je ne pense pas que ce soit direct, il y aurait des escales, ça ferait perdre du temps. Peut-être quatre heures ?

- Quatre heures… C’est vraiment long, les Moldus n’ont pas de chance.

Harry sourit et ils transplanent vers le port de Bonifacio pour continuer leurs recherches. Ils font la même chose le lendemain, visitant les lieux de transports où ils ne sont pas encore allés. Harry est de bonne humeur, rassuré de constater qu’Edwin n’a visiblement pas quitté l’île. Après s’être assurés à Ile Rousse qu’Edwin n’est jamais monté à bord d’un ferry pour le continent, Harry et Drago reviennent vers leur prochain Portoloin en longeant le remblai et la plage. Harry regarde les gens allongés sur le sable et il les envie un peu. Il pourrait peut-être prendre une heure pour venir à la plage, lui aussi… Il n’est pas là pour ça, bien sûr, mais est-ce que ça changerait véritablement quelque chose qu’il fasse une heure de pause ? Harry se reprend, évidemment qu’il ne va pas aller à la plage en plein service et en pleine enquête, ce serait totalement déplacé !

- Que font tous ces Moldus allongés sur la plage ?

Harry se retourne pour regarder Drago qui vient de poser la question. Il se rend compte qu’il l’a posée avec sincérité et perplexité.

- Eh bien, ils sont à la plage, répond Harry sans vraiment savoir quoi dire d’autre.

- Merci pour cette évidence, Potter, rétorque Drago. Je veux dire, que font-ils réellement ? A quoi ça sert de rester allongés là pendant des heures ?

- Tu le saurais si tu avais assisté aux cours d’étude des Moldus, dit Harry en souriant.

- Très bien, si tu ne veux pas répondre, tant pis. Ce n’est pas comme si ça m’intéressait vraiment de toute façon.

Harry sourit largement à la réaction boudeuse de Malefoy. Allez savoir pourquoi, il ne trouve plus cela aussi désagréable qu’au début.

- Ils viennent pour bronzer, pour profiter des vitamines apportées par le soleil, pour se baigner, pour se reposer après des heures de travail, pour admirer la beauté de l’eau, pour des tas de raisons.

Malefoy médite en silence la réponse de Harry, marchant à côté de lui sur le remblai – il n’a aucune idée de ce que peuvent être des vitamines. Leur Portoloin est dans trente minutes, ils ont un peu de temps à tuer. Entre deux restaurants qui font face à la mer, il y a une petite baraque de bois qui vend des glaces artisanales. Harry s’y arrête et prend une glace à la mangue. Drago choisit celle aux noisettes, laissant à Harry le soin de payer avec son argent moldu. Ils dégustent leurs glaces en finissant leur promenade le long de la plage, admirant la couleur turquoise de la mer, sa transparence lorsqu’elle vient lécher le sable, le scintillement du soleil sur les vagues. Il y a une vague odeur de crème solaire et de figuier, Harry aime cela. La glace est bonne, sa fraicheur lui fait du bien.

Arrivés au bout du remblai, ils s’assoient sur des rochers et attendent l’heure du Portoloin en terminant leur glace. Instinctivement, ils se tournent tous les deux vers la mer, n’ayant rien d’autre de mieux à contempler.

- Il faudra que je revienne en vacances ici, dit Harry avec conviction.

- Pour aller à la plage, bronzer, profiter des vitamines et te reposer ? demande Malefoy avec un sourire moqueur.

- Oui, toutes ces choses-là. Et me promener dans la montagne, comme on l’a fait l’autre jour.

- Oui, c’est vrai. Moi aussi ça me plairait d’y retourner.

- Mmh… commente Harry en croquant le cornet de sa glace.

Il jette un coup d’œil à Malefoy en se demandant avec qui il aurait envie d’y retourner. Malefoy va-t-il venir ici avec un de ses amis ? Avec la personne dont il tombera enfin amoureux ? Tout cela ne plait pas trop à Harry, bizarrement. La Corse, c’est un peu leur découverte à eux, il n’aimerait pas que Drago revienne ici avec quelqu’un d’autre, joue dans les torrents avec quelqu’un d’autre, mange une glace avec quelqu’un d’autre, dîne au restaurant avec quelqu’un d’autre, partage une suite avec quelqu’un d’autre. Brusquement, il se dit qu’il aimerait voir Drago à la plage, dans un maillot de bain moldu, allongé sur une serviette, s’étalant de la crème solaire. Ce serait forcément délicieux et décalé. Il l’imagine déjà se plaindre du sable qui colle, du vent qui soulève le parasol, des enfants qui crient à côté. Il imagine le soleil dans les cheveux de Drago, l’air que ça lui donnerait de ressortir de l’eau après s’y être baigné, ses cheveux trempés tombant sur son visage. Il voudrait voir tout cela.

Quand ils se lèvent pour rejoindre leur Portoloin, Harry évite le regard de Drago, mal à l’aise et nerveux. Il craint sincèrement de se mettre à rougir si leurs yeux se rencontraient.

Plusieurs jours passent encore, en recherches infructueuses et début de désespoir. Harry commence à s’angoisser, réalisant qu’il n’est pas plus près de retrouver Edwin qu’au début. C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin, c’est ridicule. En plus de cela, il est envahi de pensées totalement déplacées et indécentes qui le laissent choqué de lui-même. Il ne peut pas empêcher ses yeux de glisser sur la chemise de Drago, sur la peau de sa nuque, sur sa bouche, sur ses fesses, sur ses bras, sur ses jambes. Ce matin même, il a failli dire « Tu veux que je mette de la crème solaire dans la nuque ? » juste pour pouvoir le toucher. Heureusement qu’il ne l’a pas fait. Il espère de tout cœur que Malefoy ne se rend pas compte qu’il le regarde de cette manière, il espère qu’il est au moins discret. Harry n’a jamais été discret.

Il est bien content quand il reçoit un signalement, de la part d’un aubergiste sorcier travaillant près de Propriano. Il pense que c’est Edwin qui est venu lui louer une chambre ce midi. Harry et Drago s’y précipitent, fébriles. Attendre le Portoloin est frustrant et ils rongent leurs freins, espérant de tout cœur qu’Edwin sera encore là. Quand ils arrivent enfin à l’auberge, le propriétaire les attend et leur donne le numéro de la chambre. Harry et Drago s’y rendent, baguette à la main. Apparemment, Edwin n’a pas quitté sa chambre et il doit être là. Il est deux heures de l’après-midi, c’est le moment le plus chaud de la journée, celui où il est de bon ton de faire la sieste et Harry compte bien là-dessus. Sans trop de surprise, Drago est d’accord pour ne pas frapper et entrer sans prévenir. Ils veulent éviter un nouveau transplanage inapproprié.

Harry ouvre brusquement la porte en criant « Aurors, restez où vous êtes ! » et entre dans la chambre. Allongé sur son lit, les rideaux tirés pour se protéger du soleil, l’homme se fige de stupeur, abandonnant ce qu’il était en train de faire. Le regard de Harry descend sur le short baissé de l’homme et remonte vers son visage. De toute évidence, ils l’interrompent en plein plaisir solitaire. En plus, Harry constate avec dépit que ce n’est pas Edwin Monday. L’homme lui ressemble, c’est vrai, mais ce n’est pas lui. S’excusant platement, Harry ressort de la chambre, se sentant complètement idiot.

- L’aubergiste s’est trompé, commente inutilement Harry en longeant le couloir.

- Encore un incapable ! lâche Drago avec exaspération.

- Il a cru bien faire, ce n’est pas grave.

Harry et Drago échangent un regard et se mettent brusquement à rougir. Ils reprennent leur contemplation du couloir et s’arrêtent devant l’ascenseur. Il est toujours là, comme s’il les attendait. Pendant qu’ils redescendent vers le rez-de-chaussée, Harry reste appuyé contre la paroi de l’ascenseur, loin de Drago.

- Tu crois qu’il a réussi à reprendre son activité après notre interruption ? demande Drago en souriant.

- Peut-être bien, après tout… répond Harry en souriant à son tour.

- Tu crois ? Je pense que si tu rentrais dans ma chambre alors que je suis en pleine masturbation, j’aurais du mal à me reconcentrer.

- J’aurais du mal à me remettre de cette vision aussi, rétorque Harry avec un faux air dégoûté.

Malefoy ébauche un sourire cynique mais pas malveillant, un sourire qui a perdu de son mépris et de sa haine. Harry aime bien ce sourire-là. Ils se regardent un instant, pendant lequel Harry ne peut s’empêcher d’imaginer Drago se masturber dans sa chambre, à seulement quelques mètres de lui, pendant lequel Malefoy ne peut s’empêcher d’imaginer Harry rentrer et le regarder. Ils rougissent à nouveau, détournent le regard et sursautent presque quand l’ascenseur s’arrête. L’aubergiste se répand en excuses dans un mauvais anglais, Harry assure que ça ne fait rien, le remercie d’avoir pensé à les alerter. Puis ils se retrouvent dans Propriano, près de la plage.

- Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait ? demande Drago sans regarder Harry.

- Euh…

Harry bloque. Et maintenant, qu’est-ce qu’ils font ? Il a vraiment cru qu’Edwin résidait dans cette auberge et qu’ils allaient l’attraper enfin. Il a eu tort, Edwin n’est pas là. Harry n’a aucune idée de l’endroit où il est et il leur reste quatre jours à peine. Il se sent brusquement envahi par une panique sans nom, sans odeur, sans couleur, celle d’échouer et de ne pas être à la hauteur. Il la connait bien cette panique, elle ne l’a jamais vraiment quitté durant toutes ces années.

- Je ne sais pas, bégaie Harry. Je… Nous devrions… Je pensais qu’il serait là.

- Oui, moi aussi.

- On ne va pas le trouver, déclare durement Harry, pessimiste.

- Tu n’en sais rien, rétorque Drago.

- Nous n’allons pas le trouver. Ça fait déjà deux échecs, on ne sait pas où il est, je ne sais plus où chercher. C’est absurde, comment suis-je censé le trouver avec si peu d’indices ?

Drago se tourne vers Harry, un peu surpris de le voir se plaindre de cette manière. Harry se laisse tomber sur un banc, face à la mer, sous les pins du remblai.

- Nous allons le retrouver, dit fermement Drago. Et dans le pire des cas, ce ne serait pas si dramatique, si ?

- Il a les bijoux de ta famille, rétorque Harry d’une voix déconfite.

- Je parle pour toi.

- Si, ce serait dramatique…

- Pourquoi ? demande Drago d’une voix blasé, l’air de trouver que Harry en fait trop.

- Parce que c’est ma première enquête ! s’écrie Harry d’un ton exaspéré. C’est ma première enquête et je ne peux pas la rater ! Je dois montrer que je suis capable de réussir, qu’ils ont eu raison de me faire confiance, que je suis un bon Auror ! Si je rate ma première enquête, que vont-ils penser ? Ce serait ridicule, je…

Debout devant lui, Drago baisse les yeux pour le regarder. Ah… comme c’est agréable de voir Harry douter de cette manière, rien qu’une fois. Il s’en veut de penser cela, il sait que c’est vil et il a bien conscience qu’il ne déteste plus Harry comme avant. Mais tout de même, c’est bon, c’est réconfortant.

- Tout le monde échoue de temps en temps, Potter, répond Drago d’un ton ferme. C’est la vie, c’est comme ça.

- Je sais parfaitement ce que cela fait d’échouer, Malefoy, je ne réussis pas toujours tout !

- Eh bien dans ce cas, tu sais qu’on n’en meurt pas. Si tu rates cette enquête, tu résoudras la suivante et tout ira bien. Si c’est ta première, personne ne sera surpris que tu n’y arrives pas parfaitement. Et puis, ce n’est pas fini, il te reste encore quatre jours il me semble.

Harry ne répond rien mais se sent un peu soulagé par la froide rationalité de Drago. Il se sent surtout rassuré que l’autre l’ait écouté et réconforté sans être méprisant ou rabaissant une seule fois. Harry fixe le sol, recouvert de sable que le vent a porté jusque-là.

- Alors, qu’est-ce qu’on fait ? demande-t-il.

Drago tique, étonné que Harry lui pose la question. Il s’apprête à répondre « Je ne sais pas, c’est toi l’Auror ! » mais il se retient juste à temps. Si Harry a besoin que quelqu’un prenne une décision à sa place, pour lui éviter de tout porter sans arrêt, Malefoy veut bien être ce quelqu’un. A vrai dire, cela lui plait.

- Rentrons à l’hôtel, buvons quelque chose de frais et réfléchissons calmement à la suite.

- Très bien, répond Harry en se levant du banc.

Il suit Drago dans les ruelles de Propriano, jusqu’à l’endroit de leur Portoloin. Il regarde la nuque de Drago, sa chemise, ses fesses, le mouvement de ses jambes. Il lui est reconnaissant d’avoir décidé pour lui. Pendant qu’ils attendent l’heure du Portoloin, dans deux minutes, Harry se dit qu’il a envie de se rapprocher de Drago, de se coller contre son dos, de presser son sexe contre ses fesses et de poser ses lèvres sur sa nuque. Puis il chasse ces pensées, inquiet que ça le fasse bander s’il s’y perd un peu trop, inquiet de ressentir tout ça, également.

A l’hôtel, ils s’assoient sur le balcon pour remettre leurs idées en place. Ils savent qu’Edwin n’a pas de contact ou d’aide particulière en Corse et que personne ne l’héberge. Si c’était le cas, il ne se cacherait pas dans des bergeries abandonnées. Il est fort à parier qu’il se terre quelque part.

- A sa place, que ferais-tu ? demande Drago.

- Je me cacherais dans une autre bergerie, pas très loin de celle où on l’a trouvé. Je me dirais que les Aurors ne reviendraient surement pas fouiller dans le même coin deux fois, qu’ils penseraient que je suis parti loin et j’attendrais qu’ils se lassent.

Harry et Drago se rendent à Ajaccio pour demander l’aide des Aurors corses. Ils leur donnent une carte magique, indiquant de façon très précise les petits sentiers de montagne, les bergeries et étables qui s’y trouvent. En fait, cela sert surtout aux randonnées mais c’est exactement ce dont Harry a besoin. Ils empruntent la carte et reviennent près de Solenzara. Suivant les tracés, ils suivent les sentiers, fouillent chaque bâtiment à l’aspect abandonné.

Ils font cela toute la journée et la suivante aussi. Ils quittent la montagne pour redescendre sur les falaises, le long de la côte. Il y a plus de vent ici et cela leur permet de mieux supporter la chaleur. Drago semble épuisé, il n’est clairement pas habitué à faire autant d’efforts physiques en plein soleil. Harry résiste mieux mais il s’arrête régulièrement pour boire, les lèvres sèches. Il aurait dû acheter un chapeau. En fin de journée, ils ont longé la côte sur plusieurs kilomètres, regardant la mer en bas des falaises, tout aussi bleue et tentante qu’ailleurs. Lassé, Harry emprunte un chemin qui descend vers la mer et marche aussi loin qu’il le peut. Le sentier s’arrête au niveau d’une falaise, qui surplombe la mer de deux ou trois mètres. Sur le côté, les rochers ne sont pas très accueillants mais Harry pense pouvoir y grimper. Il pose son sac sur la pierre et retire vivement son t-shirt.

- Qu’est-ce que tu fais ? demande Drago, essoufflé.

- Je vais me baigner, je n’en peux plus.

- Ici ? C’est à pic Potter, c’est dangereux.

- Ça va.

Harry enlève ses chaussures avec délice, son pantalon et ne garde que son caleçon. Il est bien conscient que Drago le regarde et il essaie de ne pas trop y penser. Après hésitation, il enlève également ses lunettes, les pose sur ses affaires et avance au bord de la falaise. La mer est floue, ce qui rend la chose plus facile encore.

- Tu ne vas quand même pas…

Harry saute avant que Malefoy finisse sa phrase. Il est brusquement submergé par la fraicheur de l’eau, par son goût salé et c’est incroyablement bon. Il ressort de l’eau et fait quelques brasses, bien heureux d’être là. Il devine Drago, au sommet de la falaise, se penchant pour vérifier qu’il est en vie. Harry sourit et fait la planche, laissant l’eau le porter et rafraichir tout son corps. Il ne sait pas combien de temps il reste là, les yeux fermés, il aimerait que le temps s’arrête.

- Potter ! crie la voix de Drago, en haut.

Harry ouvre les yeux. Visiblement, Drago s’impatiente. Harry nage vers les rochers et les escalade précautionneusement pour rejoindre son compagnon. Malefoy est là, sur la falaise, les bras croisés. Il jette un coup d’œil au caleçon trempé de Harry qui colle à son sexe et ne laisse pas beaucoup de place à l’imagination puis détourne le regard, rougissant.

- C’est bon, tu as fini ? Je meurs de chaud, on devrait repartir et rentrer.

- Tu aurais pu venir te baigner.

- Non, je ne vais pas de déshabiller en pleine nature et sauter d’une falaise, c’est…

Malefoy ne trouve pas les mots pour qualifier cela mais toute son éducation aristocratique hurle d’indignation. Cela agace Harry et l’amuse en même temps. Encore une fois, il plaint Drago et la prison que toutes ces bêtises ont construite autour de lui. Il se rapproche de Drago, lentement, observant son visage agacé, ses lèvres serrées et ses joues rougies par le soleil. Il a envie de faire quelque chose d’idiot, une fois de plus.

- Tu devrais vraiment aller te baigner, insiste Harry.

- J’ai dit non.

Harry marche jusqu’à Drago et s’arrête devant lui, un léger sourire aux lèvres.

- Qu’est-ce que tu fais ? demande vivement Drago.

Et, pendant la seconde où il comprend, une lueur de panique traverse ses yeux gris. C’est trop tard cependant, Harry le pousse de toutes ses forces et le regarde tomber dans l’eau en poussant un hurlement. Au haut de la falaise, Harry éclate de rire, content de lui. Il saute à son tour pour rejoindre Drago qui est ressorti de l’eau et crie des jurons à n’en plus finir. Quand Harry ressort la tête de l’eau, il est agressé de reproches.

- Tu es complètement malade Potter ! Tu veux me tuer ou quoi ?

- Tu n’es pas mort à ce que je sache, répond calmement Harry.

- J’aurais pu, espèce de cinglé !

- La ferme Drago, ordonne Harry. Je t’ai rendu service, je suis sûr que tu mourais d’envie de sauter mais que tu n’osais pas. Maintenant tu y es, apprécie un peu !

Drago ne répond pas et se mure dans un silence buté. Cela ne l’empêche pas de replonger sous l’eau pour réapparaitre un peu plus loin et de se laisser porter par les vagues à son tour. Peu à peu, il se détend et perd son air renfrogné. Il n’avouera jamais que Harry a raison, ce serait trop humiliant. Ils nagent tous les deux longtemps, sans se parler, pour ne pas gâcher le moment avec des provocations ou des moqueries. Harry devine que Drago est heureux d’être là, c’est tout ce qui compte. Et Drago est heureux que Harry ait rendu sa vie plus belle, rien qu’une minute.

Ils finissent par remonter sur la falaise, après une longue baignade qui leur a fait du bien. Drago n’est pas très à l’aise sur les rochers, gêné par ses vêtements dégoulinants qui pèsent sur son corps. Arrivés en haut, il s’empresse d’attraper sa baguette et de se sécher. Il regrette un peu de perdre la sensation de fraicheur et d’avoir brusquement chaud mais tant pis. Harry, lui, remet son t-shirt et son pantalon sans se sécher, déclarant que le soleil s’en chargera bien. Ils remontent à pied jusqu’à la route, pour profiter une dernière fois de la vue magnifique qui s’étend sous leurs yeux. S’arrachant à cette contemplation de l’eau bleuté et scintillante, le regard de Drago se fixe sur Harry dont le t-shirt colle à son dos mouillé, laissant deviner sa peau et les contours de ses muscles. Il se rend compte que Harry l’a poussé du haut d’une falaise et qu’il ne lui en veut même plus.

Ils prennent un Portoloin à Solenzara et regagnent leur hôtel. Même s’ils sont secs, ils sont impatients de prendre une douche pour se débarrasser du sel et de leurs vêtements inconfortables. Drago entre dans sa chambre, laisse tomber son sac sur le sol et défait vivement les boutons de sa chemise. Harry pose également son sac et se tourne instinctivement pour le regarder. Il fixe les doigts de Drago qui défont les derniers boutons, la chemise qui s’ouvre sur son ventre. Malefoy lève les yeux et croise ceux de Harry. Ce dernier s’attend à ce que Drago aille fermer la porte, comme il le fait à chaque fois mais Drago ne bouge pas. Il semble hésiter une seconde puis il se tourne pour faire face à Harry qui reste totalement immobile près de son lit. D’un geste qui semble lent à Harry et en même temps beaucoup trop rapide, Malefoy retire sa chemise et la laisse tomber sur la moquette de l’hôtel. Harry le regarde faire, indécis, son cœur s’accélérant à chaque battement. Les yeux toujours fixés sur Harry, Drago entreprend de défaire sa ceinture puis l’agrafe de son pantalon.

Quand le choc de constater que Malefoy est en train de se déshabiller devant lui, pour lui, est passé, Harry se met en mouvement. Il traverse d’un pas fébrile la porte qui les sépare et rejoint Drago dont le regard s’est assombri. Il y a de l’anxiété dans les yeux de Drago, comme s’il avait peur de ce qu’il venait de faire. Et en même temps, il y a de l’impatience et du désir. Il laisse tomber son pantalon sur le sol, en retire doucement ses pieds et lève les yeux vers Harry qui s’est immobilisé devant lui. Drago tend la main et la pose sur le t-shirt de Harry, au niveau de son torse.

- Enlève-le, ordonne-t-il.

Harry obéit, attrape le bord de son t-shirt et le retire vivement. Il le jette dans un coin de la chambre, sans trop savoir où puis il se penche vers Drago. D’un geste autoritaire et affamé, Harry pose sa main sur la nuque de Drago, comme il a envie de le faire depuis des jours. Il l’attire vers lui et l’embrasse sans hésiter, sans plus penser à rien qu’à assouvir ce désir qui le brûle du matin au soir. Drago répond au baiser de la même manière, glissant ses doigts dans les cheveux noirs de Harry. Il ouvre la bouche, oblige Harry à faire la même chose, caresse sa langue avec la sienne, pousse un soupir et se serre contre lui. Ils s’embrassent longuement, perdant leur souffle, goûtant les lèvres de l’autre. La main de Harry glisse sur la nuque de Drago, l’emprisonne, le tire davantage vers lui pour ne plus le laisser partir, remonte dans ses cheveux et s’y accroche. Il a envie de Drago, depuis des jours, il ne sait plus, il en a tellement envie que ça le rend un peu fou.

Les doigts de Drago quittent les cheveux de Harry et descendent vers son pantalon. Ils le défont d’un geste fébrile et s’y glissent audacieusement. Harry sent les mains de Drago se poser sur ses fesses et les agripper un instant. Les fesses de Harry sont glaciales, son caleçon n’est pas encore vraiment sec de sa baignade et c’est agréable. Drago retire ses mains, se recule pour mettre fin au baiser et pousse Harry vers le lit avec détermination. Harry s’allonge sur le lit de Drago, le cœur battant, impatient, vaguement effrayé sans trop savoir pourquoi. Il laisse Drago lui enlever complètement son pantalon puis son caleçon et venir au-dessus de lui pour le regarder. Harry contemple le désir dans les yeux de Malefoy et cela fait naitre en lui un plaisir violent qu’il ne peut pas maitriser. Ils se regardent un instant, dans le silence de la chambre d’hôtel. La porte-fenêtre est entrouverte et le vent soulève légèrement le rideau. Il fait chaud, d’une chaleur qui les rend moites mais qui les excite également. Harry aurait presque aimé entendre les cigales.

Il ne ferme pas les yeux quand les mains de Drago se posent sur lui, il veut voir. Il veut voir les doigts pâles de Drago sur son torse, il veut voir ses yeux qui le veulent, sa bouche qui le veut aussi. Il ferme les yeux quand les doigts de Drago se resserrent sur son sexe et le caressent. Drago garde les yeux ouverts, lui, il veut voir. Il veut voir la verge de Harry durcir dans sa main, il veut frissonner du plaisir que cette idée lui procure, il veut voir l’excitation sur le visage de Harry, sa bouche qui s’entrouvre et ses hanches qui le veulent. Il veut tout ressentir, le souffle d’air chaud sur son dos, les poils de Harry quand sa main se rapproche de ses testicules, l’odeur de la mer sur leurs corps, l’odeur du sexe de Harry, sa respiration qui s’emballe.

Harry ouvre les yeux, passe un bras autour du cou de Drago pour l’attirer vers lui et l’embrasse avec urgence. Il approfondit le baiser, laisse la langue de Drago pénétrer sa bouche et sent ses doigts se resserrer autour de lui, juste sur son gland, lui arrachant un soupir que Drago aspire avec satisfaction. Harry a peur de jouir trop vite et de ne pas avoir le temps de faire ce qu’il veut, il veut profiter de cet instant, en savourer chaque seconde. Posant ses mains sur les épaules de Drago, il le renverse sur le lit et se met au-dessus de lui. C’est une sensation de contrôle incroyable, délicieuse et pas très noble, que d’avoir le corps de Drago sous lui de cette manière. Ça lui donne envie de faire des choses qui le font rougir et transpirer.

Harry se penche, lèche doucement le creux, à la base du cou de Drago et remonte jusqu’à sa clavicule, pour s’imprégner du goût de sa peau. Il embrasse son torse, referme ses lèvres sur ses mamelons, descend encore, sent les abdominaux de Drago se crisper d’impatience et d’anticipation quand il pose sa bouche sur son ventre, autour de son nombril. La peau de Drago est salée, à cause de la mer. Ça brûle la langue de Harry et lui donne soif mais il continue, il a envie que la peau de Drago soit à lui, qu’il se souvienne que c’est Harry qui l’a touché dans cet hôtel du vieux port de Bastia. Si un jour Drago Malefoy retourne en Corse avec quelqu’un d’autre, Harry veut qu’il se souvienne de cela.

Les lèvres de Harry continuent leur chemin sur les cuisses de Drago puis s’arrêtent. Harry attrape les jambes de Drago et les lui écarte doucement. Il se penche à nouveau, embrasse l’intérieur de sa cuisse, remonte vers son sexe et braque ses yeux vers lui pour le regarder. Drago ne bouge pas, allongé sur l’oreiller, sa poitrine se soulevant rapidement. Ses yeux gris soutiennent ceux de Harry, dans une attente difficilement supportable et un désir évident. Rassuré, Harry continue. Il passe sa langue sur les testicules de Drago puis sur son sexe, lentement, jusqu’au gland qu’il prend entre ses lèvres et aspire doucement. Drago pousse un soupir et frissonne, les yeux toujours fixés sur Harry. Il soupire à nouveau quand Harry prend son sexe dans sa bouche et quand sa chaleur l’envahit brusquement. Sous lui, le drap semble brûlant et Drago s’y accroche en fermant les yeux pour ne plus rien sentir d’autre que la langue de Harry sur lui. Harry serre le sexe de Drago sa main et le caresse en même temps qu’il le suce, remontant et descendant de concert, resserrant sa prise quand il ressert ses lèvres, passant son pouce sur le gland de Drago, le pressant doucement. Il peut sentir Drago durcir plus encore contre sa joue, grossir, il se sent bander encore plus, même s’il ne se touche pas. Sucer Drago de cette manière l’excite.

Drago lâche le drap et passe ses doigts dans les cheveux de Harry. Il s’y accroche, maintient la tête de Harry là où elle est et soulève légèrement ses hanches pour venir au-devant de sa langue. Drago a envie de gémir et de jurer mais il ne sait bizarrement plus ce qu’il dit, en général, dans ces moments-là. Peut-être n’a-t-il jamais vécu un tel moment, justement. Les mots se bloquent dans sa gorge, n’en sortent pas. Il ne sait plus ce qu’il veut dire, il a chaud, il sent son dos coller au drap et ses cheveux coller à son front. Il sait qu’il ne va pas tarder à jouir et qu’il veut le faire là, exactement où il est, dans la bouche de Harry.

- Harry, halète Drago, parce que c’est finalement le seul mot qui passe ses lèvres.

Harry devine que Drago va jouir et relève la tête, abandonnant le sexe de l’autre. Drago tire sur ses cheveux pour l’arrêter.

- Reste là, supplie-t-il.

Harry obéit et le reprend dans sa bouche, au grand soulagement de Drago. Il continue à le sucer et à le caresser jusqu’à ce que la main de Drago se crispe dans ses cheveux et qu’il jouisse dans sa bouche. Harry se redresse et s’agenouille entre les jambes de Drago qui reprend son souffle, une main négligemment posée sur son front. Il recrache une bonne partie du sperme de Drago dans sa main et la pose sur son propre sexe pour se masturber. Drago le regarde faire, les pupilles toujours dilatées et les joues toujours rougies de ce qu’il vient de ressentir.

- Tu veux que je le fasse ? demande-t-il.

- Non, reste comme tu es, ordonne Harry.

Drago ne bouge pas et Harry se masturbe entre ses jambes, regardant le corps de l’autre. Ça l’excite d’être là, au-dessus du corps nu de Drago, de regarder son torse se soulever un peu moins vite, de regarder ses cheveux défaits, la peau de son ventre, ses cuisses autour de lui, son sexe encore humide de sa salive. Ça l’excite de sentir sa main glisser sur sa verge grâce au sperme de Drago, ça l’excite que Drago le regarde faire cela. Harry pousse un soupir rauque et éjacule sur le bas-ventre de Drago, dans une tension insupportable et un soulagement indescriptible.

Ils restent comme ils sont pendant quelques secondes, le temps de reprendre leur souffle et leurs esprits. Harry ne regrette pas ce qu’il vient de faire, cela lui parait presque naturel. Il pensera aux conséquences plus tard. Il pose sa main gauche à peu près propre sur la cuisse de Drago et joue avec ses poils.

- Je vais prendre une douche, déclare Drago. Tu devrais faire la même chose.

Harry le regarde disparaitre dans sa salle-de-bain et revient de son côté de la suite pour l’imiter. Il se douche en prenant son temps, la tête encore bourdonnante des soupirs de Drago et de son propre plaisir. Quand il revient dans la chambre, Drago n’est pas encore sorti de la douche et Harry l’attend, prenant le temps de boire un grand verre d’eau fraiche. Il se contente d’enfiler un caleçon propre, il fait trop chaud pour mettre autre chose. Ce soir, ils pourraient commander quelque chose et manger dans leur chambre, il n’a pas envie de ressortir. Il se tourne vers la porte de la salle-de-bain quand Drago apparait, uniquement vêtu de sa serviette blanche qu’il a nouée autour de sa taille.

- On pourrait commander et manger ici ? propose Harry.

- D’accord.

Harry prend le téléphone de la chambre de Drago, appelle, commande ce qu’ils ont choisi sur la carte et raccroche. Il rejoint Drago qui est allé s’asseoir sur le balcon de leur suite. De là, ils ont une vue imprenable sur le vieux port de Bastia, sur les bateaux amarrés juste en-dessous, sur l’église de pierre ocre, sur les restaurants et même sur les montagnes, en arrière-plan.

- Je vais devoir rentrer dans trois jours, avec ou sans Edwin, dit Harry. Si on ne le trouve pas, est-ce que tu resteras pour le chercher encore ?

- Je ne sais pas, peut-être bien.

- Je… je crains qu’on ne le trouve pas, murmure Harry.

- Oui, je le crains aussi, reconnait Drago.

Harry se sent un peu triste mais il chasse cette impression. Il ne veut pas penser à son enquête maintenant, il voulait simplement savoir ce que Drago comptait faire. Harry se rapproche de lui, incertain.

- Tu ne regrettes pas ce que nous venons de faire, n’est-ce pas ? demande-t-il.

- Non, répond Drago. Et crois-moi, c’est plutôt rare.

Drago rit, d’un rire pas très joyeux. Harry grimpe sur les genoux de Drago et s’assoit face à lui. Il sent les mains de Drago se poser sur son dos et le caresser, descendre vers ses fesses et les tenir fermement pour le presser contre lui. Drago se penche, embrasse le cou de Harry, le mordille un peu, remonte jusqu’à sa bouche. Il lèche ses lèvres avec le bout de sa langue, sent qu’il se met à durcir à nouveau et dénoue un peu la serviette autour de lui. Harry s’avance davantage, se colle contre Drago, bouge légèrement pour frotter son sexe contre lui, à travers son caleçon. Il veut recommencer, soupirer encore contre Drago, sentir sa peau contre la sienne, poser ses mains sur son corps.

Un coup à la porte les fait sursauter et Harry se lève pour aller ouvrir à l’employé de l’hôtel qui leur apporte leur commande. Il espère que sa demi-érection ne se voit pas trop et il est soulagé quand l’employé s’en va. Il se tourne vers Drago qui vient de rentrer dans la chambre et le regarde. Il a envie de le plaquer contre le mur, maintenant, de lui retirer sa serviette blanche, de l’embrasser comme un perdu. Il a envie de caresser leurs sexes ensemble, pour les sentir durcir l’un contre l’autre. Il voudrait retourner Drago contre le mur, embrasser son dos et ses fesses, les lécher, entrer ses doigts en lui, le faire gémir. C’est exactement ce qu’il va faire, ils ont le temps, rien ne presse.



Quand Harry se réveille le lendemain matin, il fait déjà jour depuis longtemps et il se reproche immédiatement d’avoir dormi si tard. Il est allongé dans son lit, seul, et malgré sa légère culpabilité, il se sent parfaitement bien. Il est retourné dormir dans sa chambre la veille, après avoir refait l’amour avec Drago et Harry ressent de délicieuses lourdeurs dans ses jambes ainsi qu’un état de fatigue agréable. Il se lève, enfile un t-shirt et un caleçon puis s’approche de la porte qui le sépare de Drago. Ce matin, elle est ouverte et cela change tout. Drago boit un verre de jus de fruit, appuyé contre le montant de la porte-fenêtre. Harry fixe son dos, caché par le peignoir de l’hôtel qu’il porte et ses jambes qui en dépassent. Il le rejoint, s’arrête juste derrière lui et hésite, brusquement un peu inquiet.

- Bien dormi ? demande Drago d’une voix aimable.

- Oui, très bien et toi ?

- Aussi.

Harry est rassuré et serre son torse contre de le dos de Drago. Il enfouit son visage dans le cou de l’autre, respire le parfum de sa peau endormie. Drago se laisse faire, appréciant visiblement cette salutation matinale bien plus agréable que toutes les autres. Harry écarte légèrement le peignoir, dévoile l’épaule de Drago, l’embrasse puis lève les yeux vers Bastia. Il regarde les maisons du vieux port, le soleil qui illumine les mâts des bateaux et fait scintiller l’eau, sa lumière sur les montagnes, au loin. Il adore cette vue, il pourrait la contempler encore et encore, sans s’en lasser.

Harry et Drago reprennent leurs recherches dans les maquis de la Corse du sud, désespérant de trouver quoi que ce soit. Edwin a bien préparé son coup et n’a laissé quasiment aucun indice, laissant les Aurors impuissants. A la fin de la journée, ils n’ont rien trouvé de concret et Harry commence à réaliser pleinement le fait qu’il va lamentablement échouer à arrêter le cambrioleur de Gringotts. En attendant, il rentre à l’hôtel, fait l’amour avec Drago, oublie un peu son échec. Il reste allongé face à Drago, fatigué d’avoir joui, fatigué d’avoir chaud. Du bout des doigts, il dessine le contour des sourcils de Drago qui se laisse faire, immobile. Harry aimerait dire quelque chose comme « Je t’aime » mais il ne sait pas s’il aime vraiment Drago. Il ne sait pas ce qu’il ressent exactement, ni ce qu’il veut. Il voudrait que Drago dise quelque chose, lui aussi, même s’il ne sait pas quoi.

- Quand as-tu eu envie de moi pour la première fois ? demande brusquement Drago.

Lui aussi a besoin qu’ils disent quelque chose, visiblement. Harry réfléchit un peu, pas très longtemps.

- Quand nous nous sommes arrosés dans le torrent, répond-il. Et toi ?

- Moi aussi, je crois.

Harry sourit. Il a envie de lui dire qu’après cela, il n’avait pas arrêté de le dévorer des yeux et d’imaginer toute sorte de choses en le regardant mais il songe qu’il aurait l’air idiot et il ne dit rien. Il voudrait demander si Malefoy lui en veut encore pour le passé, pour ce qui est arrivé, mais ce n’est pas la peine. Il ne voit plus de haine et de ressentiment dans les yeux de Drago, il y voit des sentiments différents qu’il n’arrive pas très bien à analyser et qui lui plaisent quand même. Et puis, le sourire de Drago n’est plus le même, il est devenu doux et sincère. Harry est heureux que Drago lui sourie de cette manière. Il s’avance vers lui et l’embrasse lentement, presque avec tendresse.

Enfin, après une nouvelle journée de recherches infructueuses, Harry reçoit un message d’Isabella Keats lui ordonnant de rentrer. L’escapade en Corse est terminée, elle attend son rapport. Harry ramasse ses affaires, fait son sac et se tourne vers Drago, qui le regarde s’activer sans rien faire.

- Tu vas rester alors ? demande Harry.

- Non… répond Drago après une longue hésitation. Je pense que je vais rentrer. Je n’arriverai pas mieux à le retrouver tout seul et j’en ai assez.

- Tant mieux.

Drago lui lance un regard interrogateur et Harry s’immobilise, ses t-shirts à la main. Il rougit un peu, fourre ses vêtements dans son sac et le ferme d’un geste déterminé.

- Ce collier de perles et de diamants que ta future femme doit recevoir à votre mariage…

- Oui, eh bien ?

- Je n’ai pas envie que tu le retrouves.

Malefoy fixe Harry sans répondre et ce dernier donne un coup de baguette au lit pour défaire les draps sales et faciliter la tâche des employés de l’hôtel. Drago se détourne de lui.

- Je vais faire mes affaires, annonce-t-il.

Il entre dans sa chambre, lance un sortilège de Failamalle et regarde toutes ses affaires s’ordonner soigneusement. L’opération dure à peine une minute et il rejoint Harry dans sa chambre, prêt à partir. Harry ne bouge pas, hésitant à dire quelque chose, mal à l’aise.

- Que va-t-il se passer maintenant ? demande-t-il enfin, d’une voix mal assurée.

- C’est-à-dire ? rétorque Malefoy.

- Pour nous.

- Pour nous ? répète Malefoy.

Sa voix n’est pas vraiment froide mais elle n’est pas chaleureuse non plus. Drago donne l’impression de ne même pas comprendre ce que Harry essaie de lui demander. En réalité, il est simplement un peu perdu, lui aussi, mais Harry n’a jamais été très doué pour saisir les sentiments des autres.

- Laisse tomber, ordonne-t-il sèchement. C’est l’heure de partir.

Ils rejoignent un Portoloin à Bastia et arrivent à Londres en début de soirée, un peu sonnés par le dépaysement. Ici, il fait gris et il pleut, un vrai temps d’automne anglais. Harry doit se rendre au Ministère et Drago veut rentrer chez lui. Ils se disent au revoir, embarrassés, sans trop oser se regarder dans les yeux. Harry regarde Drago transplaner avec un trou au cœur et une sensation nauséeuse dans l’estomac. En plus, il a peur de rentrer au Ministère, de devoir expliquer son échec et d’affronter le regard de sa cheffe. Il donnerait n’importe quoi pour retourner en Corse, sur le balcon, au soleil, avec le corps de Drago contre le sien.



Isabella Keats écoute son rapport sans sourciller, sans grande surprise non plus. Harry a cherché dans tous les endroits où Edwin pourrait se cacher mais n’a rien trouvé.

- Je suis désolé, conclut Harry.

La pluie tombe contre la fausse fenêtre du bureau, dans un bruit déprimant qui donne encore plus à Harry l’impression d’être nul. Il attend une remarque, n’importe laquelle. Etrangement, il aimerait que Drago soit là, à ses côtés, pour lui assurer que ce n’est pas si grave d’avoir échoué.

- Cela m’aurait grandement surprise que tu sois capable de retrouver Edwin tout seul, déclare enfin Isabella.

Harry lève les yeux vers elle, interrogateur.

- Tu as refusé que ton formateur t’accompagne, tu as voulu y aller seul et enquêter par tes propres moyens pour essayer de prouver je-ne-sais-quoi. C’était stupide.

Harry rougit violemment. Il a l’impression d’entendre Hermione.

- Tu devrais savoir mieux que quiconque qu’on ne gagne jamais en combattant tout seul, ajoute Isabella. Ici, chez les Aurors, nous réussissons ensemble ou nous échouons ensemble, c’est comme ça que ça fonctionne.

- …

- Tu vas te reposer demain matin puis tu vas y retourner, avec ton formateur et plusieurs policiers de la Brigade et vous allez me retrouver ce voleur ensemble. Suis-je claire ?

- Oui… souffle Harry. Vous… vous m’avez laissé y aller seul en sachant que j’allais échouer, n’est-ce pas ?

- Tu avais l’air d’en avoir besoin, répond Isabella Keats. Un bon Auror ne prend pas tout sur lui, il est capable de demander de l’aide. N’oublie jamais ta première enquête, Auror Potter.

- Oui, cheffe.

Harry rentre chez lui, encore plus sonné qu’en arrivant mais étrangement réconforté. Isabella a raison, tout n’est pas terminé. Il va y retourner et cette fois-ci, ils seront plus nombreux. Ils traqueront Edwin Monday et ils le retrouveront. Harry meurt d’envie de le dire à Drago mais ce dernier n’est pas là. Un peu dépité, conscient que Drago lui manque, Harry éteint la lumière et se couche.

Il dort tard le lendemain matin et se réveille peu avant midi. Il se prépare avec résignation, prêt à retourner au Ministère pour faire son rapport à son formateur et décider avec lui de la démarche à suivre. Il déjeune avec appétit, désireux de prendre des forces. Que fait Drago ? se demande Harry en mettant ses chaussures. A-t-il pensé à lui avant de s’endormir ? Harry transplane au Ministère et rejoint l’équipe qui va l’accompagner en Corse. Harry leur raconte tout ce qu’il a fait, tous les endroits où il est allé. Son formateur l’écoute attentivement, comme le reste des policiers. En tout, ils seront une quinzaine à revenir en Corse et une quinzaine de sorciers, ça change tout. L’élaboration d’un plan à suivre leur prend toute l’après-midi et il est l’heure de dîner quand Harry rentre enfin chez lui, motivé et impatient de rattraper son erreur. Il se fait réchauffer un plat qui lui fait regretter les restaurants corses et pense à Drago. Il le mange seul, en feuilletant la Gazette, pour voir ce qu’il a loupé depuis ces derniers jours. Apparemment pas grand-chose.

Il tourne vivement la tête en entendant un bruit contre le carreau de la fenêtre et se lève précipitamment en apercevant un hibou. Harry lui ouvre, fébrile et le cœur battant contre sa poitrine. C’est un hibou grand-duc, un hibou qui appartient à Drago, Harry le sait. Il arrache presque le message des pattes du hibou qui lance un hululement indigné et le déplie, les mains tremblantes. Ce n’est pas très long, c’est juste une question, mais cela suffit à Harry.

Que va-t-il se passer pour nous, maintenant ?

Avec un large sourire qui lui échappe, Harry va chercher une plume pour répondre. Il n’a peut-être pas trouvé Edwin Monday en Corse mais tant pis. Il a trouvé autre chose.
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