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Concours hommage à Barbara - Ma plus belle histoire


De plus loin, que nous revienne
L’ombre de nos amours anciennes,
Du plus loin, de la première écoute…


Durant l'été 2022 (juin à août), nous, Juliette54 et Amnesie, vous proposons de déclarer votre amour à Barbara.
En un concours en trois manches, nous vous proposons de (re)découvrir ses chansons et son univers. Le premier chapitre (de 500 à 5000 mots) doit être écrit et mis en ligne d'ici le dimanche 10 juillet à 23h et doit s'inspirer d'une chanson de Barbara de ton choix et du thème Ma plus belle histoire...

Pour t'inscrire, nous donner le lien vers ton chapitre et pour plus d'info, nous t'invitons à consulter ce post sur le forum HPF !

Notre plus belle histoire d'amour, c'est toi, Barbara...


De le 03/07/2022 11:03


125éme édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 125e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 22 juillet à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Délaissez le temps d'une soirée la plage et les cocotiers,
votre clavier vous appelle, vous avez plein d'histoires à raconter !

Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De Équipe des Nuits le 03/07/2022 00:26


125éme édition des Nuits HPF


Chers membres d'HPF,

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A bientôt !
De Équipe des Nuits le 28/06/2022 07:52


Concours officiel HPFanfic


Les 25 ans de Harry Potter

 

L'équipe de modération HPFanfic vous propose un concours d'écriture afin de célébrer dignement les 25 ans de Harry Potter.

Vous avez jusqu'au 25 août 2022 pour publier votre texte ! Les votes seront lancés dans la foulée.

Laissez-vous tenter par l'aventure en suivant ce lien ! Vous y trouverez les différentes modalités de ce concours.

A bientôt !


De L'équipe de modération d'HPFanfic le 25/06/2022 17:25


Assemblée Générale Ordinaire 2022


Bonjour à toustes,

L'assemblée générale annuelle de l'association Héros de Papier Froissé est présentement ouverte sur le forum et ce jusqu'à vendredi prochain, le 24 juin 2022, à 22h.

Venez lire et discuter, et voter pour les candidats au conseil d'administration.

Bonne AG !
De Le CA le 17/06/2022 23:08


124ème édition des Nuits


Chers membres d'HPF,

Nous vous informons que la 124e édition des Nuits d'HPF se déroulera le vendredi 24 juin à partir de 20h. Vous pouvez dès à présent venir vous inscrire !
Pour connaître les modalités de participation, rendez-vous sur ce topic.

A bientôt !
De L'équipe des Nuits le 08/06/2022 18:45


Sa chienne de vie par TheHenriette

[3 Reviews]
Imprimante Chapitre ou Histoire
Table des matières

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Note d'auteur :

Ceci est le deuxième tome de ma fanfiction. Il fait suite à Ma chienne de vie ; dans la série Leur vie de chien.

 

Note de chapitre:

Bonjour à tous et toutes,

Bienvenue sur le premier chapitre de 'Sa chienne de vie'.

Je tiens à remercier très chaleureusement Sifoell et la vache qui ont reviewé le premier tome avec ferveur et enthousiame.

Bonne lecture !

- Henriette

Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours su que je serais mariée le 28 août 1977. J'ai bien souvent envisagé que mon mari soit plus âgé que moi. Mais jamais je n'avais eu peur.
Jusqu'à cette soirée mondaine qui marqua le retour de ma famille sur l'île d'Angleterre.
Mon père avait convié les grandes familles du registre des Sang-Purs, ou tout du moins avait-il confié pour mission à ma mère d'organiser cette sauterie et, en épouse respectueuse, elle s'était mise à la tâche.

La famille Black était présente, Walburga tentant vainement de vendre son fils cadet à mon père comme futur gendre. Sirius, l'aîné, avait ponctué son refus de me prendre pour épouse de ni plus ni moins qu'une fugue. Cela m'avait d'abord un peu vexée, certaine qu'il y avait de pires destins que celui de me prendre pour femme, et cela m'avait déçue. Au moins Sirius Black avait le mérite d'avoir mon âge, à quelques mois près, et même ses pires détracteurs ne pouvaient nier que c'était un beau jeune homme. Des raisons certes superficielles de se réjouir ou non du choix d'un mari, mais, aussi riche que je puisse être, aussi noble qu'ai été mon éducation, depuis ma place de femme je ne pouvais exiger plus.

C'était ce que j'appelai le paradoxe. Comme bon nombre de mes consœurs, j'étais riche, j'étais intelligente, plus que bien élevée. Pourtant on n'attendait de moi rien d'autre que de devenir une bonne épouse et, plus tard, une bonne mère. De pondre un héritier mâle pour perpétuer ma lignée et celle de mon conjoint, de faire bonne figure lors des dîners et d'obéir à mon père puis à mon époux. C'était mon paradoxe. J'étais la digne héritière de mon père, j'avais toutes les qualités requise pour tenir d'une main de fer son empire... A un pénis près.

Le mois de juillet commençait à peine, permettant à cette fête de se tenir en extérieur dans notre jardin, au bord de l'étang. Les banalités d'usage étaient échangées mais un sujet de conversation revenait fatalement...

_ « Rassurez-vous très chère. » Me ronronna Narcissa Malefoy, que je soupçonnai d'être rassurée que son mariage ait déjà eu lieu. Lucius Malefoy, comme bien d'autres, avait longtemps été convaincu que mon père me trouverait un époux en France ou même aux Etats-Unis, où il avait de nombreux contacts de renom. Mais Darius Boleyn n'était pas du genre prévisible et avait surpris tout le monde en faisant part de ses projets concernant mon union à ses vieux contacts en Angleterre. C'est ainsi que plusieurs d'entre eux, tels que Lucius Malefoy ou Rodolphus Lestrange, avaient été surpris à se dire que s'ils avaient su ils auraient attendus. « Le geste absurde de notre cousin n'a rien à voir avec vous. »
_ « Sirius n'est qu'un traître. Un Gryffondor. » Continua Bellatrix Lestrange en crachant le mot Gryffondor comme une insulte ultime.

Je me retins de mentionner leur propre sœur, Andromeda, qui avait elle-même fuit le domicile familial deux ans plus tôt, à peine sortie de l'école de magie, pour aller se marier avec un certain Ted Tonks, né-moldu de son état.
Je me retins également de soupirer devant l'importance démesurée que les jeunes sorciers et sorcières d'Angleterre accordaient à leur maison de Poudlard. Je faisais ma scolarité à Beauxbâtons où les élèves sont répartis en différentes factions au hasard, en tâchant simplement de respecter une certaine parité et un certain équilibre.

Les deux sœurs minaudaient, me racontant comme leur cousin était différent de nous et comme il devrait avoir honte de m'avoir ainsi insulté.

_ « Pour ma part je ne saurais que l'en féliciter. » Fit alors une voix grave et suave derrière moi.

Je me retournai pour faire face à Rabastan Lestrange. C'était un homme âgé déjà d'une trentaine d'année, veuf depuis peu. Je savais pertinemment que mon père lui avait parlé fiançailles à peine la fugue de Sirius Black avait-elle été confirmée. Élégamment il me prit la main, y déposa un chaste baiser et en caressa furtivement le plat avec son pouce.
Si j'avais eu le choix il n'aurait pas été très haut dans mon classement, un des jumeaux Prewett ou même Regulus Black l'auraient coiffé au poteau. Mais je savais que c'était ce que mon père avait décidé, alors même si j'aurais préféré un mari plus jeune je m'étais résignée.

Les femmes de mon rang sont les championnes de la résilience.

Alors qu'il me souriait d'un air fier je l'examinai. Il était plus grand que la plupart des autres hommes, du haut de mes chaussures à talons je peinai à atteindre ses épaules. Ses cheveux noirs étaient coupés très courts donnant à ses traits une dureté excessive. Il avait, dans son regard vert foncé, une perpétuelle malice fourbe. Mais, après tout, finalement, il n'était pas si mal. Un immense corps musclé, des yeux verts, des cheveux noirs...

La résilience vous dis-je !

Les conversations allaient bon train, Rabastan félicitant Sirius Black d'avoir refusé ma main, ce qui lui permettait de l'accepter avec gratitude. Si je n'ignorai rien de son regard sur moi, je n'y accordai aucune attention. Les filles à marier savent qu'elles sont regardées.

L'un dans l'autre je passai une bonne journée. Il faisait beau, je buvais du thé... Jusqu'à un événement que mon père, comme bien d'autres hommes, appellera « l'incident ».

Je m'étais rapidement éclipsée pour me rafraîchir, un euphémisme signifiant que j'allais aux toilettes, et je m'apprêtai à rejoindre les convives. Je descendais les dernières marches de pierres accédant au jardin, j'étais encore assez éloignée des invités pour me considérer comme seule, quand soudain on m'empoigna le bras et on me plaqua douloureusement contre le mur.
J'eus à peine le temps de distinguer la silhouette imposante de Rabastan Lestrange qu'il m'embrassa violemment, tentant de forcer l'entrée de mes lèvres sans aucune tendresse. Pressant mes poings sur ses larges épaules, j'essayai de le repousser. Ma bouche pourtant collée à sa mâchoire je parvins à émettre des 'Lâchez-moi' et des 'Non' qui n'eurent aucun effet. Je ne pus m'empêcher de hoqueter de surprise quand, se collant plus encore contre moi malgré toute ma contestation, je sentis la main de mon assaillant s'atteler à soulever ma robe pour atteindre mon entrejambe. De plus belle je tentai de me défendre ce qui sembla le faire ricaner alors que ses grands doigts se frottaient férocement contre le tissu de ma culotte.
Mon salut pris le son de la voix de son propre frère, Rodolphus, qui le héla d'un ton sans appel ce qui l'incita, enfin, à s'éloigner de moi. Rabastan, les yeux rendus fous par des violents désirs, échangea un regard avec son frère avant d'approcher à nouveau son visage méprisable du mien.

_ « Allons ma douce. » Susurra-t-il. « Quel est donc ce regard ? » Je ne répondis même pas, tétanisée que j'étais. Ce fut Rodolphus qui se chargea de répondre, s'avançant vers nous et prenant mon agresseur par l'épaule.
_ « Mon frère, vos fiançailles ne sont même pas encore officiellement annoncées. » Rabastan se dégagea de l'emprise de Rodolphus d'un geste sec. J'eus l'impression qu'ils eurent une grande conversation simplement avec leurs yeux. Rodolphus enjoignant à son aîné de ne pas commettre d'imprudence.
_ « Très bien, je patienterais. » Gronda mon futur époux en caressant mes lèvres du pouce. « Et lorsque nous seront mariés, vous serez à moi. » Continua-t-il, laissant sa main glisser, son index caressant sournoisement ma gorge puis la ligne de mon maigre décolleté... « Entièrement, à moi. »

Et ils me laissèrent là, contre le mur de pierre des escaliers, cachée de tous. Je restai contre ce mur pendant un temps qui me parut infiniment long avant de m'élancer vers le manoir. Arrivée à ma chambre je me précipitai vers ma salle de bain pour examiner mon reflet. Rien ne transparaissait de l'événement à l'exception de mon regard et de ma lèvre inférieure quelque peu meurtrie. Je devais également avoir quelques bleus et des éraflures sur le dos et les épaules. Je sursautai en voyant soudainement le reflet de mon père dans mon miroir. Je me tournai vers lui, il s'avança vers moi, me souleva le menton et me fixa de ses yeux glacials.

_ « Est-ce Rabastan ? » Demanda-t-il sans émotion. Je hochai doucement la tête, morte de honte alors que j'étais victime. « Je vais en parler avec lui. » Je sentis ma poitrine se soulever et se baisser de soulagement. « Tant que vous n'êtes pas mariés, ce genre d'incident ne sera pas toléré. »

Tant que vous n'êtes pas marié.

Cette phrase raisonna dans mon esprit alors que mon propre père m'ordonnait de me rendre présentable pour rejoindre nos convives.

Tant que vous n'êtes pas marié.

Depuis ma plus tendre enfance, j'ai toujours su que je serais mariée le 28 août 1977. Je savais que mon futur époux pourrait être plus âgé que moi. Je savais que mon mariage serait un mariage arrangé, non un mariage d'amour. Je l'ai su, toujours, depuis longtemps. Et je m'y étais faite. J'avais accepté cette idée, cette vie que mon rang m'imposait.
Cela ne m'avait jamais effrayé, avant.

Avant que je ne sente les doigts brutaux de Rabastan Lestrange aussi près de mon intimité, avant que je ne comprenne qu'une fois mariée à lui mon père ne me serait d'aucune aide, avant...

Je n'avais jamais eu peur.

Je passai la nuit à réfléchir, le souvenir de mon agression revenant me hanter à intervalle régulier ainsi que le souvenir du regard de Rabastan Lestrange sur moi. Si au départ j'avais ignoré ses yeux, après l'épisode des escaliers je ne pouvais plus feindre de ne pas voir son regard descendre sur mon décolleté pourtant très léger.
Cet homme, violent, lubrique et méprisable, était venu à bout de ma résilience. Je ne pouvais l'épouser, il me fallait trouver une alternative. Or, je savais que la seule option qui serait acceptable aux yeux de mon père avait catégoriquement refusé d'entendre parler de mariage, tant et si bien qu'il s'était fait la malle.

Sirius Black était ma seule chance d'échapper à Rabastan Lestrange. Le séduire de sorte à ce qu'il revienne sur sa décision n'était pas ma préoccupation première. Il me fallait d'abord convaincre mon père de ne pas accepter ce refus trop vite, de me laisser une chance de faire valoir mes atouts, ce qui était une mission déjà ardue, Darius Boleyn ayant été très vexé de la réaction disproportionnée de Sirius. Mais qu'à cela ne tienne, je connaissais assez mon paternel pour trouver les arguments qui feraient mouche, ma vie en dépendait !

Je rejoignis le petit salon un peu plus tard qu'à mon habitude, la nuit ayant été particulièrement difficile. Je traversai les couloirs du manoir le pas lourd. J'aimais beaucoup cette demeure, domaine symbolique de la famille Boleyn depuis plusieurs siècles elle était surtout devenue notre résidence secondaire après le départ en France de mon arrière-grand père. J'y passais cependant chaque vacance, hivernale ou estivale, et, étant enfant, je jouais avec les Abraxans dans la carrière. Etant donné que j'épouserai forcément un anglais, restait à déterminer lequel, je savais que ce manoir serait ma maison et cette idée me réconfortait. Ici, j'étais chez moi.

_ « Père, j'ai beaucoup réfléchi. » Annonçai-je sans perdre une seconde à la table du petit-déjeuner, une fois passées les salutations d'usages.
_ « Réfléchis à quoi ? »
_ « A mon mariage, et notamment à l'identité de mon futur époux. »

Mon père leva les yeux de son assiette d'œufs brouillés. Ayant toujours été une fille docile et obéissante, il n'avait guère l'habitude que je me dresse ainsi contre lui. Le simple fait de réfléchir, d'envisager le fait de peut-être contester sa décision, aussi personnelle soit-elle, était un acte d'insubordination.

_ « Il me semblait pourtant qu'il n'y avait plus rien à réfléchir, la décision a été arrêtée. » Répondit-il finalement d'une voix ferme.
_ « Justement, je me demande si nous ne sommes pas allés un peu vite en besogne. »
_ « Morgane, ma chérie, que nous vaut ce revirement ? » M'interrogea ma mère.
_ « Si c'est à cause de l'incident d'hier... »
_ « Ce que vous appelez incident, père. » Le coupai-je avec une fermeté que je n'avais encore jamais osé tourner contre lui. « Était loin d'en être un. Et si la pudeur ne me gardait pas de vous révéler les détails je puis vous assurer que vous avaleriez votre baguette. »
_ « Il suffit ! » Gronda mon père en tapant du poing sur la table. « Je ne tolèrerai pas que l'on me parle sur ce ton. »
_ « Darius très cher, calmez-vous. » Fit ma mère, la seule personne à ma connaissance à réussir l'exploit de raisonner son époux. Elle tourna la tête de mon côté, puis à nouveau vers mon père. « Il y a donc eu un incident ? » Questionna-t-elle en insistant sur le dernier mot. Son mari soupira.
_ « C'est exact oui. Hier pendant le cocktail. Mais c'est un sujet clos, j'ai parlé avec Rabastan Lestrange et il se comportera désormais en gentleman. »
_ « Tant que nous ne serons pas mariés. » Grondai-je en reprenant ses mots de la veille. Aussitôt je me levai et pris la direction de ma chambre, entendant derrière moi la voix de ma mère qui enjoignait à son mari de ne pas me corriger.

Une fois de retour dans ma chambre je n'y tins plus. Je pris en main un flacon de ma crème pour le corps et l'envoyai valser contre le mur, il s'y brisa et son contenu se déversa au sol.
Je me maudis moi-même, j'avais été trop impulsive, trop émotive et j'avais desservie ma propre cause. Je n'avais pas su garder mon sang froid et mon père était désormais furieux.

Mais c'était ce mot. Incident. Ce mot m'avait fait l'effet d'un coup de poing dans le ventre. Un incident.

Toute ma vie j'avais été une fille docile, obéissante. J'avais pris soin d'apprendre tout ce que l'on avait cherché à m'enseigner. Je n'oubliais jamais les bonnes manières que l'on m'avait apprise. Je respectai mes parents, mes aînés, je respectai nos traditions même celles dont beaucoup de ceux de notre propre rang disaient qu'elles étaient obsolètes.
J'avais tout fait pour que mon père soit fier de moi ; pour que, à défaut d'un garçon, il sache qu'il avait une héritière digne de lui. Et je pensais y être arrivée, je pensais que j'avais réussi à mériter, si ce n'est son affection au moins son intérêt. Mais voilà, il avait vu ma lèvre rougie, il avait vu mon dos endolori et mes yeux apeurés. Il avait vu et il avait qualifié cela d'incident.

Ma mère entra quelques minutes plus tard tandis que je tournai en rond dans ma chambre, fulminant de colère et de détresse. Je la fixai du regard, en silence. D'un coup de baguette je mis fin aux sortilèges qui camouflaient mes blessures et elle soupira.

_ « A-t-il prit ta vertu ? »
_ « Non mère. Il n'est pas allé si loin. » Grognai-je, accablée par cette première question. Elle répondit 'bien' et je pris rageusement place sur ma chaise devant le miroir de ma coiffeuse.
_ « Morgane, ma chère enfant. » Soupira à nouveau ma mère en venant se mettre derrière moi, prenant mes épaules dans ses mains. « Je comprends ta déception. Mais comme nous toutes, avec le temps, tu apprendras à aimer ton mari. »
_ « Mère je... » Dis-je dans un souffle en baissant les yeux. A travers mon miroir je la regardai dans les yeux. « Vous avez entendu les rumeurs sur... sur ses appétences. Après ce qu'il s'est passé hier je peux vous assurer que ces rumeurs sont fondées. »

Tandis qu'elle tournait mon visage vers elle, me caressant furtivement la joue, je vis passer dans ses yeux un rapide voile de tendresse. J'ai toujours été convaincue de l'affection de ma mère, à la différence de mon père. Bien sûr elle ne se montrait jamais aussi aimante ni aussi maternelle que les autres mères, comme la mère de mon amie Apolline, mais elle était une alliée en toutes circonstances. Bien que même en privé elle ne garde toujours des allures de convenances, je décelai parfois des gestes discrets d'affection.

_ « Morgane, j'ai fait de mon mieux pour te préparer à ce jour... » Et c'était vrai, depuis ma plus tendre enfance elle avait balayé mes illusions de petite fille sur le mariage et sur l'amour. « Aujourd'hui ton père t'a choisi un mari. »
_ « Rabastan n'est pas ma seule option. » Elle fronça les sourcils. « Sirius Black serait un prétendant bien plus honorable. »
_ « Sirius Black a refusé les fiançailles et a quitté sa famille. »
_ « Mais il reste un Black. » Fis-je en sentant l'espoir me gagner à nouveau. « Je suis certaine que si on me laissait l'occasion de me rapprocher de lui je pourrais le faire revenir sur sa décision. » Elle me fixa, fronça encore un peu plus les sourcils créant ainsi une légère ride sur son front.
_ « Pour pouvoir séduire Sirius Black, il te faudra intégrer Poudlard. » Souligna ma mère. « Changer d'école au milieu de ta scolarité, ce sera beaucoup de démarches administratives, tu t'en rends compte ? »

Non, en fait je n'y avais absolument pas pensé jusqu'à cet instant. Mais elle avait raison, pour approcher Sirius Black il me faudrait aller à Poudlard. Quitter Beauxbâtons alors que j'y avait construit ma vie. De plus à l'école anglaise j'avais cru comprendre que les examens avaient lieux en cinquième année et non en sixième année, il me faudrait passer une équivalence très probablement. C'était beaucoup de changements, un investissement administratif énorme, des démarches compliquées pour ce que beaucoup prendraient pour un caprice de jeune fille.

_ « Je comprends. » Fut ce que je lui répondis, sur un ton catégorique.

J'enjoignis ensuite ma mère à plaider ma cause auprès de mon père, j'avais grillé toutes mes cartes avec mon comportement au petit-déjeuner et elle seule était en mesure de le faire plier. Ce ne fut, apparemment, pas une mince affaire mais à la fin de la journée, alors que j'avais fait profil bas, mon père accepta de me recevoir dans son bureau.

_ « Père, je tiens tout d'abord à m'excuser pour mon comportement de ce matin. » Commençai-je. « J'étais encore troublée par l'incident d'hier. » Ce mot me brûla presque la langue, je n'en montrai rien. « Cela ne se reproduira plus. »
_ « Ta mère considère que tu as des arguments valables pour justifier ce soudain entêtement. Je suis prêt à les écouter. » J'allais me lancer quand il me coupa. « Saches cependant que je ne tolèrerai pas que tu ailles supplier Sirius Black. Nous valons mieux que cela. »
_ « Je vous assure, père, qu'il n'est nullement question de supplier qui que ce soit. Je suis une Boleyn et je n'ai guère l'intention de quémander un mari. » Il leva le menton, signe qu'il était relativement satisfait de cette réponse. « Je pense cependant que nous ne devrions pas renoncer si vite à une alliance aussi prestigieuse que celle qui lierai notre famille à celle des Black. »
_ « Le concerné est particulièrement réticent à un mariage. »
_ « Ce n'est qu'un jeune homme fougueux, je suis certaine que vous-même à son âge vous n'étiez pas pressé de vous faire passer la corde au cou. » Je tentai une désinvolture mesurée, ma mère me fit comprendre d'un regard qu'une nouvelle insolence scellerai mon destin. « Il pense que par son refus il fait acte de rébellion contre sa famille dont il ne partage pas les valeurs ; d'ailleurs nous ne les partageons pas toutes non plus. »

Darius lança un regard vers sa femme qui sembla valider mon dernier point. Il est vrai que la famille Black, comme bien d'autres famille de Sang-Purs anglaises, faisait preuve d'un racisme évident à l'encontre des moldus et des sorciers d'ascendance moldue. J'avais, pour ma part, été élevée dans une pensée quelque peu différente ; à savoir que conserver la pureté de ma lignée était primordial mais les Boleyn ne ressentaient pour ceux d'un autre rang ni haine ni mépris. L'on pourrait dire que la politique de la famille Boleyn à ce sujet était : on ne fait pas de politique.

_ « Sirius Black n'est qu'un garçon à qui l'on a voulu imposer une femme qu'il n'a même jamais rencontré. » Continuai-je avec ferveur. « Laissez-moi une chance de me rapprocher de lui, de faire valoir mes atouts. Je lui ferai changer d'avis et une fois mariée je pourrais alors vous donner ce dont nous avons rêvé, un héritier qui aura non seulement votre sang mais également celui des Black. »

L'héritier Boleyn-Black, le grand rêve de mon père. Depuis plusieurs années déjà il me vantait sans cesse les mérites de cette famille dont la devise, 'Toujours purs', reflétait ses propres ambitions. Cet enfant qui unirait nos deux lignées était ma carte joker, mon argument phare.

Après un silence de plomb, il me congédia d'un geste nonchalant de la main et, obéissante, je me retirai après un respectueux signe de tête.

Trois jours passèrent sans que nous n'évoquâmes le sujet à nouveau, du moins entre mon père et moi. Sur les conseils avisés de ma mère je ne fis pas le premier pas, malgré mon inquiétude grandissante. J'obtins tout de même quelques informations.
Darius Boleyn était entré en contact avec Orion et Walburga Black, cette dernière semblait vouloir à tout prix favoriser son cadet, Regulus, mais ne pouvait refuser une opportunité de maintenir une alliance avec mon père.
Le souci principal venait de Rabastan Lestrange qui n'apprécia guère d'être aussi ouvertement traité comme prétendant de second choix, il menaça de refuser à son tour, et définitivement, les fiançailles si je continuai à lui préférer Sirius. Cet ultimatum était le principal obstacle à mes projets, mon père respectant l'adage qui dit qu'un tien vaut mieux que deux tu l'auras. Il capitula finalement, acceptant d'attendre plusieurs mois avant de, peut-être, officialiser nos fiançailles. J'appris bien plus tard qu'il avait accepté sur les conseils de sa belle-sœur, Bellatrix, cousine de Sirius. Elle lui avait assuré que mes ambitions concernant l'aîné des Black étaient vouées à l'échec tant son cousin méprisait les sorciers de mon rang, que ce ne serait qu'une question de patience avant que je ne sois sienne et que, de fait, il pourrait ensuite légitimement me faire payer cet affront.
Ce dernier point m'inquiéta et termina de fortifier ma détermination. Il est vrai que, si je venais à échouer, nul doute que Rabastan Lestrange, une fois officiellement mon mari, ne manquerait pas de se venger.

L'échec n'était, pour ma propre survie, pas une option, ce que confirma la dernière phrase de mon père lorsqu'il m'annonça qu'il avait accepté ma requête.

_ « Mais je te préviens Morgane, tu seras mariée le 28 août de l'année prochaine. Peu importe qui se trouvera à tes côtés devant l'autel. »
Note de fin de chapitre :

Nous allons, à travers la première partie de ce tome, faire un petit retour en arrière afin de revenir sur l'histoire de la série 'Leur vie de chien', cette fois-ci du point de vue de Morgane Boleyn.
Je tiens à vous rassurer, il ne sera pas question faire une redite du 1er tome ! Certains événements seront évoqués, mais il sera surtout question de montrer tout ce que Sirius ne voyait pas. Tout ces moments qui, je l'espère, vous rendront le personnage de Morgane attachant ou, au moins, intéressant.
Bref, ici on reviens sur l'élément déclencheur et sur la vision que Morgane peut avoir d'elle-même, de sa situation, de sa famille et de son rang. J'espère que cela vous plaît :)

- Henriette
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